Post has published by BaTBaiLeyS

Ce sujet a 3 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Henri Dubret, il y a 1 an et 6 mois.

4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)
  • Admin bbPress
    Posts6315
    Member since: 5 août 2017

    Bien qu’il ait activement participé à la révolution à ses débuts, que ce soit en tant qu’évêque ou diplomate, Talleyrand s’est fait mettre sous arrêt alors qu’il était en mission en Angleterre par la Convention Nationale. N’y répondant, celui-ci s’exila aux États-Unis jusqu’en 1796.

    Avez-vous des détails sur cet rappel. Y avait-il des accusations fondées? Quelles étaient leur nature? Bref, Talleyrand se serait-il fait couper la tête?

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Talleyrand quitte la France en septembre 1792, après le renversement de la monarchie (qui a eu lieu le 10 août par l’assaut du château des Tuileries). A ce moment-là, ça sentait mauvais pour la Révolution française et les hommes qui l’avaient soutenu (dont notre «diable boiteux») : les Prussiens ont déjà pris Longwy, Verdun et marchent sur Paris. Dans la capitale, à l’appel de Marat et des chefs de la Commune insurrectionnelle, des dizaines de personnes suspectées (royalistes, prêtres réfractaires) sont massacrées de manière barbare et sans procès. Or, s’il a un goût pour l’intrigue, l’évêque apostat ne n’a aucun talent pour la démagogie ; sans compter que ce sont des gens de «son monde» qui se font tuer. Il n’a pas envie de donner de mauvaises idées aux sicaires sans-culotte.

    Voilà pourquoi il obtient de Danton, à l’époque ministre principal-chef du gouvernement sans le titre-un passeport et un titre de mission officiel pour se rendre en Angleterre. Cette autorisation lui permettra de plaider qu’il n’a jamais émigré. Mais pour quelle mission ? Travailler sur la réforme des poids et des mesures ! On a vu mieux, surtout de sa part… Mais le ridicule ne tue pas, un Enragé si. Talleyrand arrive à Londres le 18 septembre. Il se met au vert dans la capitale britannique. Mais, le destin, ou plutôt ses magouilles, le rattrape. En effet, le 20 novembre, lors de fouilles dans le cabinet du roi aux Tuileries, est trouvé «l’armoire de fer» par le ministre de l’Intérieur Roland. Ce véritable coffre-fort abrite alors toute une série de documents qui prouvent l’existence d’un vaste réseau entre le Roi et des chefs de la Révolution. De nombreuses figures sont alors compromises : Lafayette, Dumouriez Mirabeau,… et Talleyrand. Le 5 décembre, la Convention nationale le décrète d’accusation.

    Evidemment, le «ci-devant évêque d’Autun» ne revient pas en France. Le pays est en pleine Terreur et sa tête aurait vite été séparée du reste de son anatomie s’il était revenu. A la place, Talleyrand lie connaissance avec le milieu politique, marchand et bourgeois anglais. Il tente aussi d’approcher les émigrés français qui repoussent celui qu’ils voient comme un traître à sa caste et son Roi. Officiellement, s’il reste en Angleterre en 1793, c’est pour liquider sa bibliothèque, une des plus belles de France. Pendant ce temps, son nom est inscrit à la liste des émigrés (ce qui signifie qu’il est sur la liste noire des révolutionnaires, susceptible d’exécution sans procès en France).

    Malheureusement, il n’est pas toléré très longtemps sur le sol du Royaume-Uni. L’Alien Bill de janvier 1794 l’expulse de ce pays. Le noble se rend alors aux Etats-Unis, comme agent mandaté par plusieurs banques. Il visite la jeune nation, noue des contacts, se lance dans les affaires : achats de terrains, spéculations, commerce avec les Indes. Cela lui permet de se remplir les poches.

    Le 27 juillet 1794 (ou 9 thermidor, an II), Robespierre et les jacobins sont renversés. Quand il l’apprend, Talleyrand s’empresse de demander sa réintégration dans la République. Il est en cela aidé par «madame Staël», une de ses nombreuses correspondances (il n’a jamais coupé tous les ponts avec le milieu politique français) et le conventionnel Chénier (le frère du poète). Ce dernier plaide sa cause devant la Convention. En ressortant l’ordre de mission de Danton, il fait rayer son ami de la liste des émigrés. Le «diable boiteux» retournera en France en 1796 avec un carnet d’adresses si bien remplis qu’il deviendra ministre.

  • Admin bbPress
    Posts6315
    Member since: 5 août 2017

    Merci pour cette riche précision. Donc nul doute, suite à l’ouverture de ce coffre et la découverte de ces documents, sa tête aurait assurément volée.

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Participant
    Posts893
    Member since: 24 février 2015

    Ces episodes montrent bien, s’il en etait encore besoin, la capacite de cameleon du futur ministre des Affaires etrangeres de Napoleon ! Merci guiguit !

    Pour apporter ma pierre a l’edifice sur la personnalite de notre cher Talleyrand qui, selon ses propres mots, portait “malheur aux gouvernements qui (le) negligent”, je le citerai lui-meme, dans une anecdote.

    Un jour que Mme Du Barry faisait sa toilette, plusieurs des “spectateurs” prirent plaisir a raconter des aventures galantes. Talleyrand souriait malicieusement alors qu’il aurait pu sortir une liste longue comme le bras. Mme du Barry lui demandant a quoi il pensait, il repondit :
    ” -Helas, madame, je faisais un reflexion bien triste
    -Et laquelle ?
    -Ah ! madame, Paris est une ville dans laquelle il est bien plus aise d’avoir des femmes que des abbayes.”

    Le mot fut rapporte a Louis XV qui le jugea fort bon et en recompensa Talleyrand par deux abbayes !
    Pour trouver de nombreuses autres interventions succulentes de M.de Talleyrant

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