Post has published by Henri Beyle

Ce sujet a 27 réponses, 6 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 1 an et 3 mois.

28 sujets de 1 à 28 (sur un total de 28)
  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    Le 7 décembre 1916, Joffre est destitué du commandement militaire par Aristide Briand suite à l’échec relatif de la Somme et l’anéantissement de la Roumanie.

    Néanmoins, dans ses mémoires, Joffre targue que la guerre aurait pu être finie en 1917 s’il n’avait pas été remplacé. De mémoire, il voulai lancer une offensive dès le début 1917, conjointement avec les britanniques, les italiens et les russes.

    Qu’en pensez-vous ? Cela aurait-il vraiment fini la guerre ?

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    J’aurais tendance à dire qu’une grande offensive en 1917 aurait donné un chemin des dames, même en conjonction avec les Alliés: en effet, une telle coordination de fait se fait durant l’année 1916 avec l’offensive Broussilov, la Somme et je ne sais plus quelle bataille en Italie. Mais cela n’aboutit pas, on manque de renouveau tactique.

    Je vais paraitre un peu classique, mais pour moi pour répondre à ta question il y a deux critères:
    Est-ce que Joffre aurait-pu mettre en place les changements sur la vie au front face aux mutineries, comme l’a fait Pétain?
    Est-ce qu’il aurait permis les innovations tactiques et technologiques, tant structurelles (sur l’orga de l’armée) que fonctionnelles (intégration des chars..)?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts12
    Member since: 11 février 2017

    Je pense que Joffre essayait surtout de se rendre indispensable au sein du gouvernement français notamment de par son “implication relative” à la bataille de la Marne en 1914 et, il faut l’admettre, sa capacité de diplomate avec les armées alliés en particulier avec les britanniques pour planifier des offensives de grande ampleur.. comme la bataille de la Somme de 1916.

    Je ne pense pas que Joffre aurait pu mettre fin à la guerre en 1917 et il aurait été même dangereux pour la capacité de l’armée française à pouvoir continuer des offensives de l’ampleur de Verdun ou de La Somme si Joffre était encore aux commandes. Il avait une conception de la guerre complètement obsolète et ses offensives sont à la fois des désastres en vies humaines et n’ont pas apporté de gains stratégique majeur au camp allié il n’y’a qu’à voir le résultat désastreux de la réalisation du plan XVII pour s’en rendre compte.

    Lanzerac, Foch , D’espèray ,ou de Castelnau par exemple auraient eu beaucoup plus d’impact si ils avaient été utilisés correctement et au bon moment au début de la guerre.

  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    Joffre a été une catastrophe pour l’armée française.
    À la limite, ça seule bonne décision est d’avoir donné le commandement à Pétain sur le front de Verdun.
    Le problème c’est qu’on lui attribue la victoire de la Marne alors que l’artisan de la victoire c’est Gallieni et la résistance sur l’Aisne de la 5e armée de Franchet d’Espèrey.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    Pourtant Franchet d’Esperey a surtout permis de créer, par sa résistance tactique, le début de forme du front. L’idée de la manoeuvre vient de Joffre il me semble.
    Quel a été le rôle de Gallieni?

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  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    Pourtant Franchet d’Esperey a surtout permis de créer, par sa résistance tactique, le début de forme du front. L’idée de la manoeuvre vient de Joffre il me semble.
    Quel a été le rôle de Gallieni?

    Non. L’idée de la manœuvre est celle de Gallieni et parfaitement exécuté par l’excellent général Maunoury.

    Le truc en faite si on regarde de plus près c’est que la victoire sur la Marne est une succession de coup de chance pour les Français à partir d’une manœuvre très hasardeuse de von Kluck et par la lenteur de réaction de l’état-major de von Moltke.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    Je vais parler en me basant sur des sources “classiques” (wikipedia) et sur le livre de John Keegan sur la Première Guerre mondiale, principalement:

    C’est pourtant Joffre qui ne cesse, comme commandant en chef, de se déplacer vers les différents généraux pour mener la retraite progressive de la (Ve?) armée de Franchet d’Esperey, et pour se coordonner avec les Anglais.
    La manoeuvre est majoritairement menée par lui, même si c’est Gallieni qui, commandant de la région, voit la vulnérabilité allemande et la lui transmet.

    Les Allemands s’exposent en effet, et on peut dire qu’ils réagissent mal, mais je ne parlerai pas de “coups de chance” français: ceux-ci ont souvent les mêmes problèmes de réactivité de l’état-major face à l’ampleur de la bataille de France de 1914.

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  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    La manoeuvre est majoritairement menée par lui, même si c’est Gallieni qui, commandant de la région, voit la vulnérabilité allemande et la lui transmet.

    Mais seulement une fois la bataille engagée. Gallieni a dut le supplier pour engager la contre-offensive et arrêter les Allemands à cinquante bornes de Paris.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    Les Allemands s’étaient détournés de Paris.

    Je ne comprends pas pourquoi tu dis “une fois la bataille engagée”, pour engager la contre-attaque, il a fallu déplacer des renforts sur l’Ouest, la 6e armée si je me souviens bien qui a été redéployée entre le BEF et Paris-la 5e armée. C’est Joffre qui a fait cela, en tant que commandant en chef.

    Je serais curieux de savoir d’où tu tires le “Gallieni a dû le supplier”?

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  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    Les Allemands s’étaient détournés de Paris.

    Oui, il s’était détourner à 50 kilomètres de Paris. Et Gallieni a dut insister pour qu’il engage la contre-offensive contre Kluck ayant constaté le changement de direction de la Ire armée allemande.

    Je ne comprends pas pourquoi tu dis “une fois la bataille engagée”, pour engager la contre-attaque, il a fallu déplacer des renforts sur l’Ouest,

    Tu as raison, après vérification de ma part, c’est Joffre qui planifie la contre-attaque mais c’est sur l’insistance de Gallieni.

    la 6e armée si je me souviens bien qui a été redéployée entre le BEF et Paris-la 5e armée. C’est Joffre qui a fait cela, en tant que commandant en chef.

    Non, la 6e armée est à l’extrême gauche et doit attaqué le flanc de Kluck. c’est le BEF et la 5e armée qui exploitent le trou entre Kluck et Bulow jusqu’à ce que le lieutenant-colonel Hentsh (?!) conseille la retraite.

    Je serais curieux de savoir d’où tu tires le “Gallieni a dû le supplier”?

    Facile, dans le doute que tu m’as créé, j’ai vérifié dans les quatre ouvrages à ma disposition ainsi que dans le dictionnaire de la grande guerre:

    • La Grande guerre, Pierre Miquel, Fayard.
    • La première guerre mondiale, John Keegan, Perrin.
    • 1914, Jean-Yve le Naour, édition France Loisirs.
    • La grande guerre, Jean-Jacques Becker, PUF.
    • Dictionnaire de la grand guerre, Fraçois Cochet et Rémy Porte, Robert Laffont.

    Cela dit, contrairement au conneries que je lis souvent sur internet, Wikipédia est quand même une bonne source.
    Tien, en parlant de source, je ne sais pas pour vous mais moi j’ai constaté une divergence entre Keegan et les historiens français justement au sujet de la bataille de la Marne.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    C’est bien possible qu’il y ait divergence entre les deux. Rien que sur le rôle du BEF: simple unité manoeuvrée par Joffre comme les autres armées françaises, ou force indépendante, qui discute d’égal à égal avec Joffre sur la manoeuvre? La question doit faire couler de l’encre

    Pour la 6e armée, effectivement je me suis trompé, j’ai confondu son emplacement avec le BEF.
    Il reste que si Gallieni a l’idée de la manoeuvre, ce qui est plutôt normal puisqu’il commande les forces face à la brèche allemande, Joffre l’a écouté, et a mené la manoeuvre dans les détails: c’est déjà un énorme et bon travail

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  • Participant
    Posts32
    Member since: 30 janvier 2017

    Bonjour à tous,

    1° Avec des “si”, on met Paris en bouteille …

    2° Ce que certains considèrent comme de la “stratégie”, victorieuse ou désastreuse, durant la première guerre, n’est en fait que l’affrontement de la médiocrité stratégique des généraux des deux camps. Le camps le moins mauvais est généralement celui qui est retenu …

    3° Parmi tout les bouchers de la première guerre mondiale (c’est-à-dire tout les généraux, toutes nations confondues) Joffre fait parti des pires, avec une différence de morts avec l’ennemi de 63 680 hommes (nombre qui s’inversera lors des offensives qui suivront son départ…) Après si vous estimez qu’il est normal que la différence de pertes est l’équivalent de la population de Saint-Nazaire à chaque batailles, libre à vous. *****

    Ainsi si vous vous posez la question de savoir qu’elle aurait été l’issu de la guerre, dites vous que vous ne seriez sûrement pas né.

    ***** victorieuses bien sûr !

  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    Le 7 décembre 1916, Joffre est destitué du commandement militaire par Aristide Briand suite à l’échec relatif de la Somme et l’anéantissement de la Roumanie.

    La Somme n’est pas un échec relatif: c’est bien une défaite alliée.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    @Provençal

    Ca dépend, les Allemands sont fortement usés, les Alliés aussi. Peu de terrain a été conquis, mais les Aliés n’en ont pas perdu. C’est un échec dans l’attaque sur de grandes distances, mais pas une défaite.

    @cortas

    Effectivement avec des “si”… mais il est intéressant quand même de réfléchir à ce qui aurait pu se passer. En particulier parce que sur un forum comme le nôtre, cela amène à encore plus de réflexion sur la personnalité du général, et sur ses actions réelles.
    La stratégie est bien développée durant la Premère Guerre mondiale: malgré ses défauts, le plan Schlieffen est une pièce maitresse. La tactique évoluera aussi énormément.
    La 1ère bataille de la Marne est une victoire française et britannique sans conteste, et puisque tu parlais de l’ensemble de la guerre: en 1918, ce sont des approches tactiques au sommet qui se confronteront lors des grandes offensives allemandes, et les Alliés feront preuve d’une supériorité stratégique avec leurs réactions rapides et la mise en place d’un commandement unique. Parler de simple boucherie me parait exagéré.

    Pour la 1ère bataille de la marne, on compte 24 000 Alliés tués contre 43 000 Allemands tués, et 152 000 blessés contre 173 000 Allemands tués. En revanche les Français ont beaucoup de prisonniers ou de morts dans des accrochages, avec 84 000 disparus alliés contre 40 000 allemands.
    La différence au final n’est pas de 63 000 mais de 6000

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  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    @Provençal

    Ca dépend, les Allemands sont fortement usés, les Alliés aussi. Peu de terrain a été conquis, mais les Aliés n’en ont pas perdu. C’est un échec dans l’attaque sur de grandes distances, mais pas une défaite.

    Comme tu as le livre de John Keegan, je te conseille de relire la fin du chapitre “L’année des batailles” concernant la Somme (page 369).

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    A vrai dire je ne l’ai pas, je l’ai lu il y a longtemps et m’en souviens inégalement.
    Qu’y dit-il?

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  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    A vrai dire je ne l’ai pas, je l’ai lu il y a longtemps et m’en souviens inégalement.
    Qu’y dit-il?

    Que cette bataille est le plus gros désastre de l’histoire militaire britannique. Il dit que même si les Allemands ont des pertes de 600 000 hommes, les alliés en ont autant: 600 000 tués, blessés et disparus pour un résultat futile.

    Il parle d’un holocauste pour les Britanniques. Il dit aussi (ce qui est étonnant venant de Keegan), que l’honneur et le patriotisme n’est qu’une piètre consolation au vu du résultat de la bataille.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    @Provençal

    D’accord. La bataille n’est pas un motif de fierté pour les Britanniques: une conception d’offensive plutôt erronée, une manoeuvre d’infanterie très mal menée dans les premiers jours un effort d’artillerie dispersé…. L’armée britannique a mal mené son attaque, un peu comme le Chemin des Dames français.

    Pour autant, les contre-attaques allemandes ont permis cet équilibre des pertes final, et ceci permet de compenser le résultat.

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  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    @cortas

    Alors tout d’abord, je ne pense pas que c’aurait été un souci si tu avais mis ce message en public, on comprend bien le rôle d’analogie des questions/réponses que tu imagines, ne t’inquiète pas.
    J’avoue ne pas trop comprendre ce que tu me reproches :
    Est-ce que j’ai pris seulement une partie du problème ? J’ai regardé les différences de morts sur la bataille de la Marne, je n’ai effectivement pas pris en compte les autres batailles pendant lesquelles il était général en chef, car je croyais que tu parlais uniquement de cette bataille.
    Maintenant, je pense que cela reste pertinent de regarder uniquement cela, étant donné que la bataille de la Marne est une offensive de son propre chef (et Gallieni d’après @Provençal), qu’il conçoit lui-même ; les pertes sont « de sa faute » dans la mesure où il choisit où et quand attaquer.
    Pour les autres batailles, s’il reste général en chef, la différence de pertes s’exprime par la gestion locale du commandement (pour la course à la mer) et par des problèmes tactiques et techniques qui dépassent le rôle d’un seul homme, même le général en chef. Le limogeage de Joffre est la conséquence de la découverte du problème de l’attaque dans la guerre des tranchées par toute l’armée française.
    Après, si tu parles plutôt du problème de juger le travail d’un militaire sur un ratio de pertes, je te répondrai que tu l’as évoqué en premier et que je voulais seulement remettre en relief sur la bataille la plus pertinente ces chiffres.

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  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    @cortas

    D’accord, tout va bien 🙂
    C’est vrai que j’aurais dû me rendre compte que tu parlais de toutes les batailles.

    Par contre, peux-tu s’il te plait supprimer les messages où tu parles simplement de l’échange en privé, comme je l’ai fait?

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  • Participant
    Posts568
    Member since: 29 avril 2016

    la bataille de la Marne est une offensive de son propre chef (et Gallieni d’après @Provençal), qu’il conçoit lui-même ;

    Ce n’est pas “d’après @Provençal”; c’est ce que les historiens spécialistes de la première guerre mondiale écrivent.
    La bataille n’est en aucun cas de son propre chef, c’est sur insistance de Galliéni qui en est à l’origine.

    Pour les autres batailles, s’il reste général en chef, la différence de pertes s’exprime par la gestion locale du commandement (pour la course à la mer) et par des problèmes tactiques et techniques qui dépassent le rôle d’un seul homme, même le général en chef. Le limogeage de Joffre est la conséquence de la découverte du problème de l’attaque dans la guerre des tranchées par toute l’armée française.

    Son limogeage est surtout que les politiques ont enfin récupéré leur couilles pour le virer. Déjà dès 1914 Poincaré et Viviani voulaient le virer et le remplacer par Galliéni mais à cause du sacro-saint Union sacré ils avaient trop peur des conséquences sur le front mais aussi sur l’arrière. En 1915, Joffre jouit d’un énorme prestige.

    D’ailleurs Joffre vire Galliéni et Lanrezac et “expédie” Castelnau au commandement du groupe d’armée de l’Artois uniquement par calcul politique.
    Il faut aussi savoir que les deux boucheries inutile de 1915 (les batailles d’Artois puis de Champagne) ne sont montées uniquement parce que Joffre veut garder son poste.

    En bref, on a eu 100 000 soldats perdus durant les deux batailles principales de 1915 parce que Joffre voulait garder son poste.

    À noter d’ailleurs qu’en 1915 il n’y a pas une seule offensive allemande.

    ÉDIT: à ce sujet, pour ceux qui n’ont pas lu la série de Jean-Yves le Naour, je la recommande vivement.
    Je vais d’ailleurs préparer des fiches.

    • 1914, la grande illusion.
    • 1915, l’enlisement.
    • 1916, l’enfer.
    • 1917, la paix impossible.
    • 1918, l’étrange victoire.
  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    Je pense que vous oubliez tous un point crucial : la première guerre mondiale était une guerre … mondiale.

    À savoir, si l’on ne considère que le théâtre local du front Ouest, alors clairement les actions de Joffre sont absurdes : les offensives de Champagnes, d’Artois de 1915, ou bien la Somme de 1916 n’ont pas de logique et ne sont que des bains de sang.

    Mais voilà, la guerre ne s’est pas déroulée que sur le front Ouest. Si on prend un point de vue un peu plus global, avec notamment le front Est, on se rend compte que :
    – pour l’année 1915, l’offensive de Gorlice-Tarnów a complètement enfoncé le front russe et plusieurs division allemandes ont été prélevées du front Ouest pour renforcer leur offensive. Ce faisant, Joffre lance les offensives d’Artois et de Champagnes (celles de septembre) dans le but de venir en aide aux russes et d’empêcher les allemands d’envoyer plus de divisions à l’Est.
    – pour l’année 1916, la bataille de la Somme s’inscrit dans un plan plus général où tout les alliés lance des offensives durant l’été. Ce sera l’offensive Brusilov pour les russes et la 6ème bataille de l’Isonzo pour les italiens.

    Il faut également prendre en compte que durant toute la guerre, il y a une impasse technique, technologique, tactique et stratégique. Ce n’est qu’en 1918 que ce sera résolu. Et il ne faut pas croire que Joffre était un vieillard sénile ou ancré dans le passé. Il était bien au courant de ces limitations, et il a cherché à innover. Il a permis le développement du char d’assaut (d’ailleurs son limogeage a donné un coup d’arrêt), le barrage d’artillerie roulant, l’augmentation de l’artillerie lourde, etc. Bien sûr, il y a eu des moments où ils se sont cherchés et se sont plantés. Sur ça, je vous conseille le livre de Michel Goya L’invention de la guerre moderne : du pantalon rouge au char d’assaut, 1871-1918

    Pour en revenir au sujet principal, Joffre avait prévu de lancer une offensive générale avec les britanniques, italiens et russes en janvier/février 1917, soit six mois après la première.

    Le fait est qu’à ce moment, les allemands n’ont pas encore retraité sur la ligne Hindenburg (ils le feront le 24 février 1917) et, contrairement à ce qu’on peut croire, la bataille de la Somme a épuisé les Allemands : ils ne lanceront aucunes offensives majeures durant toute l’année 1917.
    Ainsi, il est, je pense, très vraisemblable qu’une offensive générale en janvier ou février 1917 aurait au contraire mise à mal les empires centraux, si ce n’est pas les vaincre.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    Merci @henry Beyle pour la remise en contexte des offensives de 1915. J’ajouterais d’ailleurs (même si tu l’as évoqué partiellement) que deux offensives en un an, ce n’est pas beaucoup par rapport aux efforts de 1914! L’impasse de la guerre de positions est encore faiblement perçue dans la mesure où les deux armées innovent constamment et améliorent leurs situations (par exemple les munitions d’artillerie côté français). Et au bout d’un moment, toutes ces évolutions appellent à la tentative d’attaque côté français, d’autant plus quand les Allemands ne peuvent le faire parce qu’ils sont occupés par d’autres Alliés, et que ces mêmes Alliés réduisent la quantité de soldats allemands!

    En 1917, il y a eu l’offensive du Chemin des Dames, je me trompe? Elle s’est heurtée à des positions allemandes basées sur des reliefs et a échoué en raison de difficultés tactiques et techniques encore trop présentes. En Janvier Février, cela me parait encore un peu tôt pour une offensive alliée, non? (je parle bien d’une offensive et pas d’une attaque limitée, à but d’usure, comme le faisaient avec succès les Britanniques à cette période)

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  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    En 1917, il y a eu l’offensive du Chemin des Dames, je me trompe? Elle s’est heurtée à des positions allemandes basées sur des reliefs et a échoué en raison de difficultés tactiques et techniques encore trop présentes. En Janvier Février, cela me parait encore un peu tôt pour une offensive alliée, non? (je parle bien d’une offensive et pas d’une attaque limitée, à but d’usure, comme le faisaient avec succès les Britanniques à cette période)

    En avril 1917, il y a bien eu la bataille du Chemin des Dames sur un secteur terriblement fortifié pendant trois ans par les allemands. Mais les français étaient prêts à attaquer dès janvier 1917. Ce sont le changement de commandant en chef et les britanniques, qui ont demandé à reporter l’offensive de Nivelle, qui font que l’offensive est décalé de 3 mois.

    À savoir que lors de la conférence de Chantilly du 15 et 16 novembre 1916 (à ne pas confondre avec celle du 6, 7 et 8 décembre 1915), les alliés s’étaient mis d’accord pour une offensive dans “la première quinzaine de février”, et pour le 1er février pour les français et les britanniques. Cette attaque devait avoir lieu à peu près au même endroit que la bataille de la Somme, avec quelques variantes (notamment, en plus, une offensive franco-belgo-britannique au Nord d’Ypres et une offensive française entre Soissons et Reims).

    Mais la destitution de Joffre a rendu cet accord caduque.

    Etonnament, il y a très peu de resources sur internet sur cette conférence. Vous pouvez trouver plus de détails à ce sujet à la page 263 des Mémoires de Joffre, tome 2 aux éditions de l’officine.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    D’accord, après cette conférence n’était pas définitive visiblement puisque la date a été changé. Quels étaient les arguments pour cette date? Y avait-il des choses en particulier?

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  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    Les arguments apportés ont été que l’année d’avant, les allemands avaient obtenu l’initiative avec l’attaque sur Verdun au mois de février.
    De ce fait, Joffre avait prévu d’empêcher les allemands de l’obtenir à nouveau en attaquant auparavant, d’où la date du 1er février.

    Au contraire, la date était belle et bien définitive, “à trois semaines près”. C’est le changement de commandant en chef français qui a rendu caduque l’accord : il ne tenait que grâce à Joffre. Une fois ce-dernier limogé, Nivelle a changé les plans, ce qui a demandé plus de préparations. Aussi bien les britanniques que les français ne devaient plus attaquer au même endroit.

    Après techniquement, Nivelle a repoussé l’attaque à la fin février, ce qui respectait encore l’accord, mais les britanniques ont repoussé la date encore plus pour différente raison. À cette date, les allemands étaient au courant de l’offensive à venir, et avait préparé le terrain, notamment en retraitant sur la ligne Hindenburg. (Après, je ne veux pas blâmer les britanniques du désastre : une fois le retrait allemand connu, quasiment tout le monde, de Llyod à Pétain en passant par Haig et Lyautey, ont voulu annulé l’offensive, mais Nivelle est resté têtu.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Pour le Chemin des Dames, il y a le Général Météo qui est aussi de la partie. L’attaque est lancée le 16 avril, et il neige, ce qui est assez exceptionnel, même pour le nord de la France. C’et aussi la neige qui repousse plusieurs fois la date de l’attaque, puisqu’elle rend difficile la préparation d’artillerie.

    Après, l’offensive du chemin des Dames a un résultat contrasté. Si la percée du front espérée avec exploitation n’est pas réussie, les français s’emparent quand même d’une bonne partie de la position défensive. Ils progressent quand même. Il en va de même pour les britanniques qui initient les offensive par un succès. Le chemin des Dames est entièrement en possession des français fin 1917 après l’attaque de la Malmaison.
    ce sont avant-out des raisons politiques qui mettent fin à l’offensive. Nivelle, devant l’échec du plan initial avait réaxé son attaque, pour reprendre depuis la Champagne. Un Député français servant dans un etat-major fait appel au président de la république avant le déclenchement de cette nouvelle attaque, et la cabale politique se déchaîne contre Nivelle qui fait soupape.

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    @ambarequiem

    Effectivement, il a neigé et cela a eu des conséquences sur tout: de la préparation d’artillerie à la progression des renforts et du matériel lourd sur le terrain conquis, en passant j’imagine par des blessés plus susceptibles de mourir avant leur sauvetage.

    Le chemin des Dames est entièrement en possession des français fin 1917 après l’attaque de la Malmaison.

    Mais l’attaque de la Malmaison est une attaque très préparée, assez indépendant de celle du Chemin des Dames (celle prévue initialement en tout cas). Même si on reste dans la même zone, le délai en temps, la différence de préparation fait qu’on reste dans l’offensive du Chemin des Dames, mais pas celle prévue.
    De même pour les raisons politiques, réaxer une offensive, changer de plan, tout çà c’est en réalité reconnaître un échec dans l’attaque et repréparer dans la foulée une autre. Nivelle n’est pas forcément à blamer de cet échec dans l’attaque (il y a un sujet pour çà sur le forum) mais il a quand même essuyé un échec.

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