Post has published by Kodran

Ce sujet a 6 réponses, 5 participants et a été mis à jour par  Henri Dubret, il y a 1 an et 3 mois.

7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)
  • Participant
    Posts462
    Member since: 19 septembre 2013

    Le présent sujet a pour objectif de débattre autour des différentes méthodes de colonisation dans un contexte moderniste du XVème au XVIIIème siècle. La thématique est vaste et intéressante, allant de l’objectif coloniale recherché initialement (commerce, peuplement, exploitation, plantation…) aux moyens d’y parvenir (assimilation, extermination, conversion…) en passant par les moyens engagés (militaires, financiers…) et bien d’autres facteurs.

    La colonisation est un phénomène déjà antique avec les très célèbres colonies grecques puis romaines dans le cadre méditerranée par exemple, mais les historiens s’accordent sur le fait que l’époque moderne marque un tournant et développe à elle seule le concept moderne de la colonisation à une plus vaste échelle et avec des moyens engagés importants.

    Royaume de France, d’Angleterre du Portugal et d’Espagne, Provinces-Unies… Nombreuses sont les nations européennes à se lancer dans l’aventure coloniale avec leurs propres enjeux, limites et expérience. La France organise dès le XVIème siècle dans un contexte de guerre de religion des expéditions composées de protestants et catholiques en direction de l’actuelle Brésil alors aux mains des portugais. L’Angleterre de Jacques Ier envoie sans regrets les Pilgrim fathers ou « Pères pèlerins » à bord du Mayflower, considérés chez eux comme des dissidents religieux, ils espèrent pratiquer librement leur religion au Nouveau-Monde… En 1602, les jeunes Provinces-Unies fondent la VOC (Compagnie néerlandaise des Indes orientales) pilier de la puissance capitaliste et impérialiste néerlandaise qui bâtira ses comptoirs commerciaux jusqu’en Indonésie.

    Novembre 1620, le Mayflower quitte le port de Plymouth

    Les rapports avec les natifs font partie intégrante de l’histoire coloniale, suscitant à la fois la peur, la haine et la curiosité. Pourtant leur présence sur le sol colonial est intégrée dans le processus de colonisation, se pose alors le choix des positions à prendre quant à leur égard. La conversion, l’assimilation, le commerce, l’extermination… les options sont nombreuses et dépendent là encore de la volonté des Etats mais aussi des agissements des colons sur place, un simple accident pouvant déboucher en guerre ouverte.

    Mais développer des liens avec les natifs est-il une nécessité ? Ne vaut-il pas mieux se limiter au commerce stricto sensu ? Sont-ils des égaux ? Des déviants ? Des ennemis ? En Amérique du Nord, les colons français comprennent rapidement le besoin de tisser des alliances et de se lier à certains peuples dans un contexte de commerce de la fourrure là où les néerlandais se limitent en Afrique et en Asie à des comptoirs commerciaux. Le Nouveau-Monde offre aussi un véritable défi religieux et nombreux sont les missionnaires à s’y installer, Dieu offre à travers la colonisation des continents entiers à convertir et des milliers de membres à extraire du péché.

    1701, la Grande Paix de Montréal est signée entre la France et 39 nations amérindiennes

    Toute nation colonisatrice développe sa propre expérience de la colonisation avec des caractéristiques diverses. Mais quelle est la méthode de colonisation à privilégier, dans quel contexte et pourquoi ? Quelles sont les conséquences, les risques et les avantages ? Quelle attitude adopter sur place ? Faut-il placer les intérêts privés avant ceux de l’Etat dans cette vaste entreprise ? Ce n’est qu’une fraction de questions que nous devrons nous poser à travers ce débat pour définir ce que serait la méthode optimale de colonisation à l’époque moderne. Le tout en partageant nos connaissances autour du sujet.

    PS 1 : Le sujet doit être développé ici sous une vision de l’époque moderne et non pas avec des thématiques et notions contemporaines (pas d’ONG, pas de convention de Genève, pragmatisme de rigeur… vous avez compris, nous sommes entre le XVème et le XVIIIème siècle). Essayez de vous mettre à la place d’un ministre de l’époque pour vous donner une idée, quels seraient les moyens à engager ? Comment peser l’investissement et le bénéfice par rapport au risque ? La force brute ou la diplomatie ? Avec qui ? Quand ? Pourquoi et comment ? Les effectifs ? Trouver des colons etc…

    PS 2 : Il est à noter que j’ai centralisé ce débat autour de la colonisation européenne vers le Nouveau Monde à l’époque moderne (mais c’est aussi par exemple l’époque de la colonisation en Sibérie) mais il n’est naturellement pas exclu d’y citer d’autres modes de colonisations réalisés à la même époque par des peuples géographiquement non européens.

  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 26 avril 2013

    Je pense que le premier point à étudier pour un gouvernant concernant une éventuelle politique coloniale serait l’état de sa démographie, ainsi que la situation de la métropole en Europe même.

    Un état avec une faible démographie ne devrait ainsi pas tenter d’établir une colonisation de peuplement qui risquerait d’amoindrir les ressources dont-elle pourrait avoir besoin sur ce théâtre d’opération primordiale qu’est l’Europe. Ainsi l’Espagne, faible démographiquement parlant a été confronté à une migration importante en direction des Amériques, tout en devant assurer son hégémonie sur l’Europe Occidentale. Ce qui n’a fait que l’handicaper

  • Participant
    Posts63
    Member since: 8 mars 2017

    L’Angleterre avait un énorme besoin d’argent pour entretenir et développer sa flotte seul lien avec les colonies. La plupart de celles ci devaient être soient rentables soient stratégiques (prises à d’autre puissance comme la France avec l’Inde et le Canada )
    Pour la France le problème n’a pas évolué en 2 siècles. Les Amériques ou Indes Occidentales c’était loin, dans le meilleur des cas, un mois de mer. Je ne parle pas des Indes orientale….
    Au début des années 50 personne à part quelques politiciens et militaires ne s’intéressaient à la Guerre d’Indochine.
    Pour les colonies françaises le peuplement s’est fait beaucoup plus lentement. D’abord des explorateurs qui prenaient contact avec les indigènes. Après des prêtres pour évangéliser et ensuite seulement des colons. Il n’y avait guère de volontaires alors certaines prostitués et certains bagnards étaient désignés d’office. Il y eut aussi “les Filles du Roi”. Je ne connais pas bien, je suppose qu’elles avaient doit à un petit pécule du trésor royal

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    La france n’a jamais vraiment développé les colonies de peuplement par ce que c’est le pays le plus peuplé d’europe de l’ouest. Et les français n’ont jamais eu de lien fort avec la mer. ça aide pas les vocation d’ultra-marin d’ailleurs ce seront généralement des bretons, des normands, des corses, des basques et des charentais qui partirons. pas les francilien ou des bourguignon.
    C’est pour cette raison que les français vont s’attacher particulièrement a évangéliser : pour complété ce manque d’homme par des autochtone.
    C’est généralement ce qu’il se passe quand la démographie de la métropole est trop faible : les portugais puis les hollandais ferons la même chose.

    Les anglais, écossais et gallois ont déjà une expérience dans la colonisation au 17ème puis 18ème : l’irlande.
    Ce précédent a montrer a la population que l’on peut s’enrichir par l’émigration. Ça va aider dans l’établissement dans le nouveau monde. En plus la multiplication des sectes religieuses, la concentration des terres va favoriser l’émigration.
    En espagne c’est pareil : la paupérisation des campagnes, la concentration des héritages (délaissant les cadets).
    Et le mythe de l’eldorado, de l’or facile.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Participant
    Posts893
    Member since: 24 février 2015

    La france n’a jamais vraiment développé les colonies de peuplement par ce que c’est le pays le plus peuplé d’europe de l’ouest. Et les français n’ont jamais eu de lien fort avec la mer. ça aide pas les vocation d’ultra-marin d’ailleurs ce seront généralement des bretons, des normands, des corses, des basques et des charentais qui partirons. pas les francilien ou des bourguignon.

    Les Corses, bien que résidents permanent sur une île ne sont bizarrement pas des marins… Plutôt des aventuriers peu scrupuleux et poussés par la misère régnante au pays. Mais de toute façon, l’émigration corse date plutôt de la première moitié du XXe siècle, date à laquelle on voit apparaître les réseaux de la mafia, notamment à Marseille avec des personnages comme Paul Carbone ou les frères Guerini etc.
    Enfin, les corses, c’est en dehors de la période chronologique déterminée pour le coup. D’autant plus que jusqu’a son rattachement par Louis XV, la Corse appartient à la République de Gênes qui n’est pas reconnue pour ses entreprises coloniales, bien que Christophe Colomb soit génois.

    Bref, pour revenir à nos moutons, je dirai que le comportement des peuples colonisateurs vis-à-vis des autochtones n’est pas défini par une quelconque tolérance innée chez un peuple ou un autre, mais plutôt défini par la politique coloniale qu’adopte cette Nation.
    Prenons par exemple les britanniques. Leurs colonies américaines sont bien plus peuplées que celles des Français. Par conséquent, les Français ayant besoin d’appuis locaux devant le peu d’intérêts qu’en fait la métropole, décident de s’allier aux Amérindiens (du moins ceux qui le veulent bien). C’est ce qui mène entre autres à la Grande Paix de Montréal en 1701 évoquée précédemment.

    Toutefois, cette ligne de conduite n’est pas imputable à tous les colonisateurs. Ainsi, les Espagnols qui mettent à bas les empires Aztèque et Inca ne se rapprochent pas autant des indigènes. En effet, ceux-ci ont développé des civilisations puissantes qui seraient en mesure de leur tenir tête. Attention à ne pas prendre néanmoins les Espagnols pour des brutes aveugles. Cortes, face aux Aztèques, sut mettre derrière lui les ennemis de ceux-ci, bien souvent intégrés dans l’empire aztèque.
    Après, j’avoue ne pas connaître grand chose aux modes de colonisation portugais et hollandais.

    Enfin cela montre que les Nations européennes colonisatrices surent tirer profit des divisions locales pour tisser leur propre réseau d’alliances et s’imposer comme puissance dominante et mettre en place leur colonisation.

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    Les Espagnols vont pourtant bien finir par s’intégrer “ethniquement” dans les populations : la métropole ne pouvant fournir un nombre d’hommes suffisant pour l’émigration. Ce sera les “métis”, futur embryon de classe moyenne si précieuse pour les indépendantistes et autres révolutionnaires du XIXème.

    Les Corses partent au XXème siècle certes mais ils seront nombreux dans toutes les colonies : administration, entreprise privée, armée coloniale etc. C’est un exemple hors des limites temporelles de Kodran mais ce genre de comportant “insulaire” ou plutôt “marginal” est assez intéressant. Dans le même genre l’armée et l’administration coloniale britannique, de l’époque moderne jusqu’au indépendance était en outre les “locaux” composée a 80% d’Irlandais et d’Écossais. Soit les marges de la métropole, pas le centre. Une étude comparée serait sans doute plus parlante mais je me dit que c’est bien la marginalité de ces territoires qui les a fait partir dans les colonies.

    Les Portugais ne vont pas souvent colonisé avec un flux massif d’hommes et de femmes de la métropole : celle-ci est trop pauvre démographiquement. C’est aussi une des raisons pour laquelle le portugal va essentiellement misé sur des comptoir pour s’établir dans des zones difficiles d’implantation pour diverse raison : autochtones trop belliqueux et nombreux comme en Afrique de l’ouest. Ou trop organisé pour le cas indien et indonésien. Seul le Brésil n’offrant aucune résistance va pouvoir être peuplée. Et encore essentiellement par des esclaves africains.
    Les Pays-Bas eux ont certes une métropole pauvre démographiquement mais bien plus riches et donnant plus de moyen financier a ses expéditions. Une politique d’alliance avec les souverains locaux et de force brute va leur permettre de s’emparer de l’Indonésie. Mais c’est aussi le cas grâce a une gestion de l’entreprise coloniale comme d’une entreprise : c’est une compagnie privée qui s’en occupe, pas l’état.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Participant
    Posts893
    Member since: 24 février 2015

    Pour revenir aux compagnies privées, c’est vrai qu’elles offrent une souplesse appréciable, et même la France centralisée finit par les adopter. Il y a eu des compagnies anglaises, hollandaises, françaises, espagnoles, comme l’a fameuse Compagnie des Indes. Or, pour le cas de la France au moins, cet emploi était à double tranchant.
    D’une part cela était créateur de richesse, souple, ce qui permettait une rapidité, une flexibilité et une efficacité dans la colonisation. Cela rapportait tellement d’argent que Maurepas (ministre de la Marine de Louis XV) a même pense à un moment à associer une part des gains des armateurs à la construction de navires de guerre ! (cf.La grande fresque de la marine)
    Par ailleurs, cela avait le mérite de former marins et capitaines.
    D’autre part, cette structure avait des inconvénients, ce que les français, moins adaptés à ce genre d’organisation que les britanniques ou les hollandais ressentirent plus durement. En période de guerre, les marins pouvaient parfois faire défaut, et lorsqu’il fallait aller les chercher chez la compagnie, celle-ci faisait la tête et jouait des pieds et des mains. Tout comme les corsaires, ces compagnies nuisaient parfois (mais c’est rare) au stock de marins national. Enfin, le principal défaut est celui de l’autonomie, si elle se transforme en indépendance totale. Les compagnies font alors passer leurs intérêts lucratifs souvent à court terme sur le bien de l’Etat. C’est ce qui se passe avec Dupleix qui, aux Indes, est éconduit suite à un échec mineur d’un de ses lieutenants car sa politique nuit sur le court terme à la Compagnie.

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