Post has published by Olivier

Ce sujet a 22 réponses, 9 participants et a été mis à jour par  Pilusmagnus, il y a 3 ans et 4 mois.

  • Participant
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    Member since: 14 juin 2012

    Aujourd’hui 30 avril, Le Monde publie un article intitulé “Pourquoi l’Etat va subventionner les jeux vidéo violents”, habilement illustré par un visage féminin en pleurs. Ça sentait l’article désolément intéressant. Et finalement, après lecture, il ne l’est pas tant que cela.
    On y apprend en effet que les jeux vidéo classés +18 par PEGI (ce qui est 9 fois sur 10 honteusement abusif d’ailleurs, mais là n’est pas la question) recevront une aide économique, pour raisons… purement financières. Et en aucun cas sur l’aspect artistique (comprendre “culturel” dans le jargon politique). Pourtant, l’article ouvre presque la voie à une considération artistique des jeux en faisant remarquer que “des jeux de guerre d’apparence bas du front cachent parfois des vraies réflexions pacifistes, comme Spec Ops : The Line.”, c’est-à-dire qu’ils sont capables d’apporter un point de vue construit sur quelque chose.
    A un autre moment l’article insiste sur l’aspect “scénaristique” et “artistique”: “L’évaluation des jeux recevables au dispostif repose en effet sur un ensemble de critères apportant des points au dossier (par exemple, la présence d’un scénario, des mécaniques de jeux originale, des textes dans plusieurs langues européennes ou encore des dépenses artistiques équivalentes à 50 % du budget)”

    Finalement, l’article ne prend pas vraiment position sur le statut du jeu en tant que simple passe-temps ou que véritable art, tout comme du reste les acteurs publics et à peu près tout le monde.

    Ma question est donc la suivante: pensez-vous que le jeu vidéo relève de l’art ou non?

  • Participant
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    Member since: 14 juin 2012
  • Participant
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    Member since: 14 juin 2012

    Oui, évidemment. Si le cinéma est un art, je ne vois pas de raison pour lesquels le jeu vidéo ne le serait pas.

  • Participant
    Posts3893
    Member since: 14 juin 2012

    Plus cette question est soulevée, plus je me dis qu’elle n’a pas vraiment de sens. Peut-on vraiment dire qu’un domaine créatif particulier est un art alors qu’un autre ne le serait pas ? Je pense qu’il est bien plus productif de se demander pour chaque oeuvre individuellement si elle relève de l’art ou non.

    Tous les créateurs actuels revendiquent leur domaine comme le 8ème ou 9ème ou 10ème art, mais il faut se demander si la classification initiale en six arts est pertinente à la base.
    Certains revendiquent la cuisine comme un art. Soit. Pour autant, la crêpe qu’on fait machinalement en deux minutes en suivant la recette au dos du paquet de farine tout en regardant un jeu télévisé est-elle une oeuvre d’art ? Il serait osé de le prétendre. En revanche, la dernière recette de Jamie Oliver sur laquelle il a bossé un mois l’est certainement.

    Donc pour le jeu-vidéo, il est évident de dire que certaines œuvres relèvent bien évidemment du domaine artistique. Des milliers d’articles et de vidéos sur Internet le montrent bien mieux que moi. Ça ne veut pas dire que tous les jeux-vidéos sont des oeuvres d’art. Certains sont codés à la pisse sur commande par des développeurs que ça fait chier. Ce n’est en rien une démarche artistique.

    Pour conclure, je vous renvoie à la déclaration de Telltale Games qui expliquait qu’on se fichait de savoir si leurs produits étaient des jeux-vidéos ou non, tant qu’ils étaient de qualité. Il en va de même pour les domaines artistiques.

  • Participant
    Posts85
    Member since: 14 juin 2012

    Selon moi c’est dur de définir si le jv est un art, car si la peinture peut être définis par une représentation visuelle propre ou figuré d’événements, de personne ou tout autres choses.
    Si la sculpture peut avoir la même définition, le cinéma de même, ainsi que la littérature, le jv est un jeu avant tous il doit donc proposer un système de jeu (gameplay) propre à sont type (railshooter, TPS, fps, die and retry,etc…). Si le jv a certains titres pouvant avoir une certaine “poésie visuelle” (shadows of the colocius), il a aussi plusieurs titres cultes voulant plus provoquer du fun (Doom, etc..) que une sorte de poésie. Je dirais que le jv peut être définis comme de l’art et comme un renouveau de l’art tel qu’on le connait, car il fait interagir celui qui le découvre (le joueur) avec le monde qu’il a créé.

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 14 juin 2012

    Non le jeux-vidéo ne “réinvente” pas l’art. Regarder un tableau, une sculpture et un film reste un “dialogue” avec l’artiste. Et je pense que c’est pareil pour un jeu. Sauf que le dialogue ne passe pas par les mêmes stimuli que les autres oeuvres : en plus du visuel et du son, le jeu a un autre médium : l’interaction.
    C’est juste un autre manière de communiqué des choses.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 14 juin 2012

    Sinon, je peux proposer la bonne vieille terminologie médiévale, où artiste et artisan sont désignés par le même mot (artifex). Aucune différence entre le petit menuisier et l’orfèvre de renom me diriez-vous ? Détrompez-vous, car si l’Occident médiéval n’invente pas la figure de l’artiste tel qu’elle triomphe à la Renaissance (encore qu’avec des personnages comme Giotto on peut se le demander), il émet une distinction pratique entre l’artisan commun et le maître reconnu.
    Dans le cas présent, tout jeu vidéo appartiendrait donc à la catégorie des artium, au sens d’expressions du savoir-faire, mais certains pourraient tout à fait être reconnus comme des chefs d’œuvre. L’avantage est que cette logique intègre la dimension pécuniaire, souvent reprochée au monde vidéo-ludique (ce qui est d’ailleurs un peu hypocrite, dans la mesure où un artiste ne vit que rarement d’amour et d’eau fraîche). Évidemment, il faudrait réactualiser le vocabulaire, car le latin médiéval c’est bien, mais c’est un peu passé de mode.

  • Participant
    Posts3893
    Member since: 14 juin 2012

    Il ne faut pas oublier cependant que la définition moderne de l’art a pris un sens très précis qui renvoie à un objectif esthétique, tandis que l’artisanat a un but pratique. Même si dans les deux cas, les créations sont des produits de consommation ayant le même statut économique.

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 14 juin 2012

    La définition esthétique de l’art reste très récente (a peine 5 ou 6 siècle… c’est rien). Et même maintenant on parle de métier d’art.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Participant
    Posts1009
    Member since: 14 juin 2012

    Il suffit de voir les commentaire de l’article pour se rendre compte comment son percu les jeux video ^^

  • Leo
    Participant
    Posts154
    Member since: 14 juin 2012

    Globalement, je suis tout à fait d’accord avec Pilus.

    De plus, je pense qu’au même titre que le Cinéma, les jeux vidéos réussissent à être à la fois un oeuvre d’art et un produit commercial. Mais parfois, la balance penche un peu trop pour qu’on puisse qualifier “l’oeuvre” en tant que tel, ce qui n’empêche que les qualités scénaristiques des jeux (Bioware est un excellent exemple) ne sont absolument pas négligeables. Et puis les jeux vidéos, en tant qu’art, possèdent quelque chose qu’on ne retrouve pas forcément au même degré chez les autres formes d’arts, c’est à dire une interaction omniprésente avec l’oeuvre.

  • Participant
    Posts3893
    Member since: 14 juin 2012

    De plus, je pense qu’au même titre que le Cinéma, les jeux vidéos réussissent à être à la fois un oeuvre d’art et un produit commercial.

    Toutes les oeuvres d’art sont des produits commerciaux, sauf si leur créateur accepte de les diffuser gratuitement, auquel cas, ce sont des produits de consommation gratuits.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 14 juin 2012

    Il ne faut pas oublier cependant que la définition moderne de l’art a pris un sens très précis qui renvoie à un objectif esthétique, tandis que l’artisanat a un but pratique. Même si dans les deux cas, les créations sont des produits de consommation ayant le même statut économique.

    Je ne l’oublie pas. Cependant, la question est de savoir si la finalité du produit artistique est esthétique ou bien pratique. Dans le cas du jeu-vidéo, je pense que c’est plutôt la seconde option qu’il faut retenir, d’où mon renvoi à la définition médiévale, mieux à même de prendre en compte ce critère-ci, bien que cela implique aussi une désacralisation de l’œuvre, de l’artiste et du mécène (ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la définition moderne de l’art émerge à la Renaissance : c’est tout à l’avantage de protecteurs comme Laurent de Médicis).

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 14 juin 2012

    Je ne l’oublie pas. Cependant, la question est de savoir si la finalité du produit artistique est esthétique ou bien pratique. Dans le cas du jeu-vidéo, je pense que c’est plutôt la seconde option qu’il faut retenir

    Quelle est la dimension pratique d’un jeu ? En quoi serait-ce sa finalité ? En soit un jeu ne “sert” à rien, en dehors de l’évasion et/ou le divertissement. Je suis d’accord pour qu’on préfère une séparation entre les objets d’emploi et les objets d’arts à une séparation entre des domaines profane et des domaines de l’art, qui est plus utile pour différencier entre ce qui est de l’art ou ce qui ne l’est pas, mais dans ce cas-là il faut reconnaître que tout peut être art à partir du moment qu’il atteint un certain niveau de qualité.

    Prenons le cas d’une épée. Objet banal, assez courant, et bien que chargé d’une portée symbolique reste en général d’un intérêt pratique (blesser ou tuer le mec en face). Pourtant certaines sont des produits d’une telle qualité, chargées d’orfèvrerie ou autres décorations, découlant d’une expertise telle qu’elles deviennent des objets d’art part elles-mêmes, même si la catégorie des armes n’est pas un domaine de l’art tel que la sculpture ou la peinture. Et même pour ces deux derniers il y a un gouffre entre le potier qui fait une tasse à partir d’argile et la statue monumentale à la Michel-Ange, ou entre un peintre du bâtiment et un maître comme Rembrandt.

    Tous les jeux-vidéos ne sont pas des œuvres d’art, j’en convient, tout comme pas mal de films sont juste des divertissement sans ambition artistique. Que Tetris, même si c’est un bijou de gameplay, ne soit pas considéré comme une oeuvre, soit. Mais lorsque un jeu pousse au plus loin ses possibilité esthétiques qu’elles soient visuelles, auditives, narratives ou mécaniques (le gameplay étant le premier langage du jeu, même si celui peut être beau par sa simplicité), quand le but recherché implique un investissement émotionnel ou d’inciter le joueur à la réflexion sur le thème du jeu, je vois mal pourquoi ce ne serait ce ne serait pas de l’art au titre que cela provienne d’un “jeu”.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 14 juin 2012

    Quelle est la dimension pratique d’un jeu ? En quoi serait-ce sa finalité ? En soit un jeu ne “sert” à rien, en dehors de l’évasion et/ou le divertissement.

    En discutant de « la finalité du produit artistique », je n’en exclus aucunement les jeux vidéo, mais m’attaque plutôt à la définition moderne de l’art, qui permettrait elle de déprécier un produit dont le but ne serait pas esthétique, en prônant au contraire une vision peut-être moins hagiographique à l’égard des artistes, mais prenant mieux en compte leurs réalités pratiques, comme je le disais dans un autre message :

    tout jeu vidéo appartiendrait donc à la catégorie des artium, au sens d’expressions du savoir-faire, mais certains pourraient tout à fait être reconnus comme des chefs d’œuvre. L’avantage est que cette logique intègre la dimension pécuniaire, souvent reprochée au monde vidéo-ludique

  • Participant
    Posts3893
    Member since: 14 juin 2012

    Je ne comprend pas pourquoi pour certains, le statut de jeu des jeux-vidéos les empêchent de n’avoir qu’une fonction artistique. Au contraire, je pense que le concept de jeu est un processus de recherche profondément esthétique. Par définition, un jeu est la création d’un univers alternatif inventé et imaginaire ; c’est très artistique.

  • Leo
    Participant
    Posts154
    Member since: 14 juin 2012

    De plus, je pense qu’au même titre que le Cinéma, les jeux vidéos réussissent à être à la fois un oeuvre d’art et un produit commercial.

    Toutes les oeuvres d’art sont des produits commerciaux, sauf si leur créateur accepte de les diffuser gratuitement, auquel cas, ce sont des produits de consommation gratuits.[/quote]

    Tu ramènes tout à la consommation, là. Pour être publié, un livre ou un cd doit transiter par une maison d’édition, ou au moins quelque chose dans le gout. Et les groupes capable de distribuer ces œuvres à grande échelle ne le font pas gratis. A partir de là, je n’appellerais pas tous les œuvres monétisés des produits commerciaux. Et encore…

  • Participant
    Posts3893
    Member since: 14 juin 2012

    Je ne comprend pas bien ce que tu veux dire… Dès lors qu’un produit est échangé contre de l’argent, il est commercial. Non ?

  • Leo
    Participant
    Posts154
    Member since: 14 juin 2012

    Je pense qu’à partir du moment ou il est conçu pour être monétisé, il le devient. Mais on ne peut pas nier qu’un grand nombre d’artistes, ou plutôt d’oeuvres, ne sont pas fabriqués avec pour but de faire de l’argent.

    Ce que je voulais dire, c’est que bien que certains œuvres coûtent de l’argent, ce n’est pas forcément par volonté de l’auteur, mais simplement dans un souci de transfert de l’oeuvre : Un oeuvre unique (statue, tableau) ne se cède pas gratuitement par son détenteur (artiste ou non) et un oeuvre reproductible (faute de nom j’utilise celui la, je parle des livres, de la musique, etc) n’est pas foncièrement fait pour être vendu : mais pour qu’il soit accessible, quelqu’un doit bien s’occuper de le distribuer, et il ne fait pas ça gratuitement. Par exemple, ce n’est pas parce qu’on achète un conte philosophique de Voltaire que celui ci est commercial : simplement, faut bien que la personne qui rend accessible le livre mange, ce pourquoi le livre est payant. Mais si je lis bien ton post, cela sous entendrait que tout oeuvre vendu est commercial ; du point de vue du vendeur oui… Mais de l’artiste? Je ne pense pas.

  • Participant
    Posts1009
    Member since: 14 juin 2012

    Ne faut t’il pas que voltaire mange également 😆

    J’ai l’impression de voir un debat philosophique entre les pro-kant et les consequencialiste.
    Qu’est ce qui importe? Le but de l’auteur ou le résultat en lui même?

    Je pencherai plutot pour le resultat, Quand je vois une oeuvre, ou que je joue a un jeu-video je ne le déprécie pas en me disant que si les développeur m’ont apporté le plaisir de jouer c’est pour l’argent.

  • Participant
    Posts3893
    Member since: 14 juin 2012

    Le point de vue du vendeur ou de l’artiste n’est pas important. Seul le point de vue du consommateur l’est. S’il achète son oeuvre contre de l’argent, alors le produit qu’il achète est commercial, peu importe que ça vienne de l’auteur ou d’un autre.
    S’il l’obtient gratuitement, c’est alors un produit de consommation gratuit, peu importe le point de vue également.

  • Leo
    Participant
    Posts154
    Member since: 14 juin 2012

    Nisnis, on ne parle pas du plaisir de jouer, simplement du terme à employer ^^
    Voltaire n’avait pas foncièrement besoin d’écrire ses contes philosophiques pour manger, ni d’écrire quand il était sous la protection de Frederic II.

    Mais un objet ou un oeuvre commercial ne serait pas un oeuvre créé avant tout pour vendre? Que le consommateur l’achète ou non, ne serait ce pas plutôt la volonté du créateur, sa perception et ses objectifs, qui l’emportent sur le simple fait qu’il y ait monétisation ou pas? Il y a nombre d’oeuvres qui seraient qualifiés de commerciaux selon ta description mais qui n’ont pas été créés pour vendre.

  • Participant
    Posts3893
    Member since: 14 juin 2012

    Mais un objet ou un oeuvre commercial ne serait pas un oeuvre créé avant tout pour vendre? Que le consommateur l’achète ou non, ne serait ce pas plutôt la volonté du créateur, sa perception et ses objectifs, qui l’emportent sur le simple fait qu’il y ait monétisation ou pas?

    Absolument pas. Les intentions du créateur n’ont rien à voir là-dedans. Tant que l’oeuvre est vendue, elle est commerciale. Une oeuvre est un produit fini. On a tendance à déifier le créateur et son pouvoir sur son oeuvre, de dire qu’on a pas le droit d’interpréter telle chose comme ça parce que ce n’était pas l’intention du créateur, mais c’est ridicule. Une oeuvre étant un produit, une fois qu’elle est diffusée, son créateur n’a par définition plus aucun pouvoir dessus.

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