Post has published by Colonel_Orlik

Ce sujet a 9 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  Dersou Ouzala, il y a 1 an et 1 mois.

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
  • Participant
    Posts373
    Member since: 17 juillet 2016

    Bonjour à touts.

    Beaucoup connaissent le fonctionnement d’une armée médiéval occidentale, avec les chevaliers et l’ordre vassalique, les hommes de troupes de type sergents, les compagnies et autres mercenaires …

    Mais je me suis demandé “comment celas se passait-il en face ? Pour Saladin par exemple ? Comment regroupe-t-il une armée ?”.

    Voilà, donc cette question, je la partage, et la complète en demandant si il y a un système de vassalité pareil qu’en Occident ou est-ce totalement différent ?

    "La critique de l'art est aisément difficile mais l'art de la critique est difficilement aisé".

  • Participant
    Posts1016
    Member since: 17 juin 2014

    Le système de recrutement ne diffère pas beaucoup entre Orient et Occident. Les troupes orientales reposent sur un système d’esclaves militaires. Les Musulmans ont contourné l’interdiction de guerre entre eux en construisant des armées d’esclaves comme les Ghulams, les Saqaliba, ou d’affranchis comme les Mamelouks.

    Le système s’apparente quand même à celui de la chevalerie, des enfants sont élevés dans le but de constituer une armée. Sauf que du côté de l’occident, la noblesse va transformer le service militaire en charge héréditaire, alors que du côté de l’orient, ça passe par l’achat d’enfants qui seront formés pour constituer l’armée.
    Après, au niveau des chefs, le système est globalement le même que pour l’occident: des émirs, chefs territoriaux ont un contingent à fournir en fonction de leur richesse et du territoire qu’ils administrent, et doivent rejoindre ou choisir le chef de l’armée parmi les meilleurs ou les plus influents d’entre eux.

  • Modérateur
    Posts8251
    Member since: 14 mai 2013

    Ca fait quand même une différence! malgré le système des esclaves soldats, j’imagine qu’il y a pour les croisades et les guerres contre les Byzantins au moins, un système de levée de combattants Arabes et/ou musulmans natifs?

    Sinon, connait-on une différence au niveau des rivalités entre les chefs qu’on peut voir côté croisé ?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1016
    Member since: 17 juin 2014

    Ca fait quand même une différence! malgré le système des esclaves soldats, j’imagine qu’il y a pour les croisades et les guerres contre les Byzantins au moins, un système de levée de combattants Arabes et/ou musulmans natifs?

    Sinon, connait-on une différence au niveau des rivalités entre les chefs qu’on peut voir côté croisé ?

    Sans avoir beaucoup de précision sur l’histoire médiévale du Moyen Orient,je pense qu’il y a les même conflits internes entre seigneurs que chez les croisés. Le système des esclaves soldat est d’ailleurs là pour ça à la base, puisqu’il permet de contourner l’interdit religieux de guerre entre musulmans. Ce système est assez coûteux, il faut acheter les esclaves, les entraîner, avec une perte inévitable entre le début et la fin de l’entrainement. Puis il faut les équiper. Donc, je ne pense pas qu’il y ait un système de levée parmi la population. Et les seigneurs n’en ont pas forcément intérêt, leurs troupes d’esclaves ou d’affranchis sont plus disciplinés, et avec un meilleur esprit de corps que des levées de milice. Après, éventuellement des nomades peuvent venir grossir les rangs des armées.

  • Modérateur
    Posts8251
    Member since: 14 mai 2013

    Mais la levée est quand même un moyen efficace d’avoir une armée nombreuse pour laisser des garnisons ? Alors certes dans le cas des croisades on a pas vraiment la problématique de grands territoires à prendre et tenir pour les Arabes, mais il faut laisser une armée “à domicile”.

    Je comprends pas trop le lien entre les esclaves soldats et les conflits entre commandants?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts804
    Member since: 14 septembre 2013

    Le lien vient que la plupart des esclaves viennent normalement de milieux non musulmans. Ainsi les chefs de guerre musulmans pouvaient les utiliser pour leurs querelles intestines puisque d’après les enseignements de Mahomet un Musulman ne peut faire la guerre à autre Musulman (faudra peut-être qu’on aille leur dire au Moyen-Orient d’ailleurs).
    Après moi même je me contente de reprendre les propos de Ambarequiem, je ne m’y connais pas assez sur le sujet. Et de toute façon les esclaves-soldats étaient convertis à l’Islam.

    Après je sais qu’il y a eu recours aussi à des mercenaires, notamment les nomades turcomans venus d’Asie.

  • Participant
    Posts505
    Member since: 2 septembre 2012

    D’après ce que j’en ai lu et appris des historiens de l’époque des croisades (côté arabe), les conflits entre seigneurs étaient vraiment fréquents et similaires à ce qu’on trouve en occident. J’ai par contre toujours eu l’impression qu’en plus des dits esclaves ou affranchis, on retrouvait quand même des levées classiques parmi les armées musulmanes, mais c’est peut-être une mauvaise compréhension de ma part.

    PS : Sur le sujet des croisades côté arabe (conflits politiques, état d’esprit, événements de la période, …), il y a toujours l’excellent roman “Les croisades vues par les arabes” de Amin Maalouf. Il se base notamment sur les propos des historiens arabes de l’époque (comme Ibn al-Qalanisi de Damas). C’est toujours intéressant de voir comment l’autre camp a vécu la période des croisades (et leur représentation du Franc 😛 ).

  • Participant
    Posts1016
    Member since: 17 juin 2014

    (faudra peut-être qu’on aille leur dire au Moyen-Orient d’ailleurs).
    Après moi même je me contente de reprendre les propos de Ambarequiem, je ne m’y connais pas assez sur le sujet. Et de toute façon les esclaves-soldats étaient convertis à l’Islam.

    Pour le parallèle avec la situation actuelle, une bonne partie des combattants de l’EI sont des convertis, pour un certain nombre, venant du foyer historique des esclaves soldats du moyen âge (Turcs, Caucasiens…), la nouveauté étant qu’il y ait aussi des convertis venant d’Europe de l’Ouest. Le phénomène d’esclave-soldat perdure d’une certaine manière, dans le sens où on emploi des personnes nées non musulmane dans des pays non musulmans.
    Après, je ne connais pas assez l’islam pour appréhender les origines de cette pratique. Il me semble qu’elle tient au fait que les dirigeants musulmans ne font pas forcément confiance pour les opérations militaires à une population d’origine musulmane qui est susceptible de leur désobéir sous motif religieux, mais je ne sais pas lesquels.
    Le mystère étant aussi pour moi le type de conversion pratiqué sur ses esclaves-soldats qui fait qu’ils semblent avoir une conception différente de la religion que les autres musulmans (et c’est toujours valable à l’heure actuelle).

    J’ai par contre toujours eu l’impression qu’en plus des dits esclaves ou affranchis, on retrouvait quand même des levées classiques parmi les armées musulmanes, mais c’est peut-être une mauvaise compréhension de ma part.

    Il me semble bien qu’il existe des contingents de soldats venant de tribus, des turcomans, des soudanais, et des levées ont été réalisées notamment par Saladin il me semble lors de son appel au Djihad. Après, le maintien du système de l’esclavage au Moyen Orient fait qu’il n’y a pas forcément beaucoup d’hommes libres mobilisables, et à côté des esclaves-soldat (formé pour la guerre), il doit y avoir des unités d’esclaves réquisitionné. Les esclaves-soldats forment les unités d’élite de la cavalerie de la plupart des seigneurs. Après, il semble quand même y avoir un système de chevalerie ou de noblesse combattante, les faris, mais il peut aussi s’agir d’affranchis.

  • Participant
    Posts27
    Member since: 22 janvier 2017

    Les armées arabes ou sarrasines se divisent grosso-modo en deux périodes :

    – La période arabe stricto-sensu jusqu’à la chute des Umayyad
    – Puis l’après Umayyad

    Durant la première période, les arabes forment la quasi totalité des effectifs saufs dans les fronts les plus éloignés (Europe de l’Ouest). Les arabes gardent à peu près le même fonctionnement dans leur levées, elles sont tribales et chaque tribu envoie des hommes jusqu’à l’épuisement humain de l’Arabie. L’équipement est en grande partie issu des butins byzantins et sassanides, les arabes s’inspirent ensuite de ces modèles par la suite.

    Dans la seconde période, le Califat Abasside puis les autres sultanats/émirats arabes ne vont plus composer leurs armées de bédouins mais des peuples soumis un siècle plutôt, principalement des kurdes, des turcs et des populations du Caucase.
    On as donc des armées de lanciers et spadassins ainsi que de la cavalerie légère et un peu d’archers à cheval.
    Sous les Abassides et Fatimides, des guerriers venus d’Afrique subsaharienne (nubiens somaliens soudanais …) étaient fréquemment utilisés.

    Les turcs formaient le gros des armées régulières mais étaient très onéreux : destrier des steppes, page, arcs, sabres, dagues … Ce sont les chevaliers de l’Orient. Ils ne retournent pas chez eux et résident près des champs de bataille (raison pour laquelle la culture turque supplantera la grecque en Asie mineure) ou bien suivent le souverain et sa cour.
    Saladin avait environ 14 000 cavaliers turcs sous ses ordres.

    Ensuite il y avait des levées dans les peuples arabisés (egyptiens syriens libyens irakiens …). Dans les villes et villages, ces “jeunes arabes” n’étaient recrutés que temporairement et revenaient chez eux une fois une tâche accomplie (prendre une ville ou place forte).

    Ensuite il y a quelques contingents de vieux arabes, les bédouins, des guerriers à dos de chameaux qui forment une cavalerie d’élite redoutable lors des combats dans le désert. Ces bédouins sont des armées quasi-régulières, du moment qu’ils sont payés et combattent, sinon ils rentrent chez eux.

    Enfin il y a un nombre inconnu de volontaires, peu d’informations les concernant, de la simple chair à canon …

    Pour terminer sur les armées sarrasines, les arabes dénigraient la marine militaire, des renégats chrétiens grecs ou italiens formaient une part non négligeable des effectifs.

  • Participant
    Posts7
    Member since: 5 mars 2017

    Les armées arabes ou sarrasines se divisent grosso-modo en deux périodes :

    – La période arabe stricto-sensu jusqu’à la chute des Umayyad
    – Puis l’après Umayyad

    Oui et ce qui sépare ces deux périodes, c’est la sédentarisation des arabes, et la construction d’Etats. Une fois les états constitués, les populations sont désarmés et doivent payer l’impôt. Le pouvoir se met alors a recruter ses troupes principalement dans ses marges, c’est à dire chez les turcs, les kurdes, les berbères, les soudanais etc. D’ailleurs Saladin, qui est un militaire avant d’être un chef d’Etat, était kurde.
    Cependant, donner trop de pouvoir à tel ou tel groupe pouvait être dangereux pour la stabilité du pouvoir. Il était donc nécessaire de garder un certain équilibre entre les différents contingents, même si parfois, ça dégénérait, comme au milieu du XIe siècle en Egypte, où des heurts violents opposant turcs et soudanais ont seulement été calmés par l’intervention du général arménien Badr Al Jamali.
    Néanmoins, recruter parmi les tribus, c’était une façon efficace d’avoir une armée nombreuse et solide, déjà organisée et entrainée pour le combat.
    Et puis il faut dire que d’une manière générale, c’est la cavalerie lourde, c’est à dire l’élite, qui est au centre de l’attention des témoins et des chroniqueurs. On a beaucoup moins d’informations sur la piétaille malheureusement.

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