Post has published by UlysseSLee

Ce sujet a 8 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  UlysseSLee, il y a 1 an et 1 mois.

9 sujets de 1 à 9 (sur un total de 9)
  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Le 16/4/69, Vitellius, avec l’aide des redoutables légions du Rhin, triomphe de l’empereur Othon, qui se suicide. Mais comment, moins d’une année après, Vitellius est il renversé à son tour par Vespasien, qui jusqu’ici ne se mêlait pas de la situation politique de Rome?

    I. La rebellion contre Vitellius: Avril -Juillet 69

    A. Un empereur décrié
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8d/Pseudo-Vitellius_Louvre_MR684.jpg/480px-Pseudo-Vitellius_Louvre_MR684.jpg
    Dès sa victoire, Vitellius se dirige vers Rome, sans se presser. Ses troupes ravagent tout sur leur passage, laissées en dehors de tout contrôle. Une foule de flatteurs les accompagnent. Il faut à Vitellius deux mois pour arriver à Rome dans ces conditions. Il arrive donc en juin, en plein été. Ses soldats, se dispersent dans la Ville, où ils n’ont même pas de cantonnements. Ils y répandent le pillage, tandis que la situation insalubre habituelle de Rome -surtout en été-, aggravée par leur présence, y développe des épidémies. Tout cela crée un climat d’irritation.
    Ironie -ultérieure-de l’histoire, le quartier où les soldats créent le plus de troubles est le Vatican.
    Mais Vitellius a bien d’autres soucis. Il doit gérer son nouveau gouvernement et réorganiser l’armée. Il partage les pouvoirs entre ses généraux, Valens et Caecina, qui sont les grands acteurs de sa prise de pouvoir. Mais voilà, les deux hommes deviennent de plus en plus rivaux, et Vitellius se rapproche de plus en plus de Valens au détriment de Caecina, furieux.
    Vitellius, logiquement, réforme les prétoriens. Il les licencie tous, puisqu’ils servaient fidèlement Othon, et les remplace par des soldats fidèles venant des légions du Rhin.Mais cela signifie que les légions du Rhin, les plus fortes et finalement les seules à le soutenir vraiment, sont affaiblies, puisque l’Empereur prélève plus de 10000 hommes pour constituer une garde renforcée numériquement. Vue la situation financière catastrophique (cf: La nouvelle Vie des Douze Césars), on ne recrute pas. De plus, les auxiliaires bataves et gaulois sont renvoyés à la frontière.
    L’empereur cherche à éloigner les légions othonniennes qu’il a battues et qui se sont ralliées à lui de très mauvais coeur. Il s’agit surtout des légions danubiennes. Vitellius envoie l’une en Espagne, l’autre en Bretagne. Mais il en reste 6,les VIIe Galbiana, XIIIe Germina, XIe Claudia, venues de Dalmatie et Pannonie et III e Gallica, VIIe Claudiae et VIIIe Augusta, venues de Mésie. Elles sont toutes sont renvoyées dans leur cantonnements. Mais elles détestent encore plus l’empereur: non seulement elles ne l’ont jamais soutenu, mais en plus, il est clair qu’il favorise outrageusement l’armée du Rhin. Car cette guerre civile, on le verra, met en avant les particularismes de chaque corps (Rhin, Danube, Orient). En plus, la XIIIe Germina est ulcérée d’avoir été forcée à construire des amphithéâtres. Et les 3 légions de Mésie, rappelons le, n’ont pas été battues, contrairement aux trois autres (Othon ne les avait pas attendues).
    En Orient, Vespasien http://histoire-fr.com/images/vespasien_neues.jpg, qui s’est fait une superbe réputation pour sa gestion de la guerre de Judée, s’irrite de la politique “néronnienne” de Vitellius. Apparemment, Rome ressemble de plus en plus à un lupanar. Il se rend vite compte que ses homologues sont déja prêt à en découdre avec l’empereur. C’est surtout le cas du gouverneur de Syrie, Mucien, qui, après des tractations avec Titus, réalise qu’il vaut mieux soutenir Vespasien mais c’est aussi vrai pour ce qui est du préfet d’Egypte. Mucien presse Vespasien de se déclarer, et la pression pour que Vespasien annonce sa candidature croît de jour en jour. Mais ce dernier hésite: après tout, l’armée du Rhin est un adversaire redoutable.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Content de voir que tu te plonges à nouveau dans cette période particulièrement troublée de l’histoire romaine, qui n’avait été que trop brièvement évoquée dans le « Dossier: La nouvelle vie des Douze Césars ». 🙂

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Oui, parce que je n’y connaissais pas grand-chose, mais j’ai déniché un article dessus :), et effectivement, j’étais bien conscient d’être passé en mode flash dessus.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    B. La reprise de la guerre civile

    Elle ne vient curieusement pas de Vespasien au départ, mais de la IIIe Gallica. Cette dernière n’entraine pas immédiatement ses consoeurs de Mésie. Vitellius a une attitude quelque peu dilettante: à la fois, il écoute ses conseillers qui le rassurent, lui disant qu’il n’y a pas de risques que la révolte s’accroisse, à la fois, il s’inquiète des rumeurs négatives venant d’Orient et appelle des renforts de Bretagne, d’Hispanie, de Germanie, d’Afrique. Mais hormis en Afrique, les gouverneurs ne peuvent et ne veulent pas lui venir sérieusement en aide. Vespasien “saute le pas” le 1/7, acclamé empereur en Egypte. Deux semaines plus tard, il a reçu l’allégeance des légions d’Egypte, les siennes en Judée, et celles de Mucien. Mucien leur a laissé entendre -à tort où à raison- que Vitellius songeait à les muter en Germanie dans les rustiques camps sur le Rhin, et à installer ses légions bien aimées à leur place en Syrie, où l’on est à l’aise. Cette allégeance est suivie par celle de tous les états-clients de Rome dans la région. Puis, c’est l’armée du Danube toute entière, sous l’influence de la IIIe Gallica (encore elle), qui a servi en Orient à un moment(ce qui aura un rôle important pour la suite de l’histoire) et qui a conservé des liens étroits avec les légions de l’Est et leurs chefs, qui passe à Vespasien. Finalement, c’est tout l’Orient Achaie comprise, qui passe en faveur de Vespasien. Le voilà avec 14 légions, sur les 30 approximativement de l’Empire.

    C. Quelle stratégie?

    Vespasien, Mucien et leur “état major” se retrouvent à Beyrouth pour arrêter la stratégie à adopter. Immédiatement, la flotte stationnée au Pont est envoyée à Byzantium, pour aider à la future traversée des détroits. On sait que l’on dispose de troupes auxiliaires grâce eux Etats clients, et que les Parthes et les Arméniens ne sont pas menaçants. Quant aux Juifs, ils ne forment plus qu’une poche de résistance. Ils ne pourront pas reprendre de terrain. Vespasien décide qu’il ne commandera pas personnellement l’armée. Il restera à Alexandrie, pour gérer l’Egypte, le précieux grenier à blé de Rome, désormais entre ses mains. Le commandement échoit donc à Mucien.Le problème majeur de Vespasien, c’est comment envoyer l’armée de Syrie jusqu’en Italie?
    http://www.memo.fr/Media/Empire-romain-(IIe-ap-JC).gif
    Deux plans s’opposent: le premier, c’est de combiner l’armée et la flotte. L’idée est de faire Mucien se diriger vers Byzantium, l’armée y embarque puis est débarquée en Macédoine, prend la voie Egnata vers Dyrrachium et débarque à Brindisium.
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b6/Via_Egnatia-fr.jpg/733px-Via_Egnatia-fr.jpg
    Vitellius est alors “pris en sandwich” entre les légions danubiennes au Nord de l’Italie et les légions orientales au Sud.
    Mais Vespasien est contre ce plan. Pour deux raisons très simple: la première, c’est que l’on fait beaucoup appel à la flotte flavienne. Or, les deux flottes principales de Rome, celles de Ravenne et Misène, sont -pour l’instant- vitelliennes. Et ensuite, la traversée Dyrrachium Brindisium est difficile en été.
    Vespasien a alors un contre plan: l’armée se dirige vers Aquilée, et y rejoint celle du Danube. A ce moment, elle attaque. Entretemps, durant sa progression, elle aura totalement isolée l’Italie de Vitellius.
    Mais voilà: pendant que Vespasien impose sa vision en Syrie, sur le Danube, on a décidé de passer à l’action sans attendre d’ordres.
    L’armée du Danube elle aussi a eu son conseil de guerre. Un conseil de guerre étonnant, d’ailleurs: il a lieu en plein air, et tous les soldats écoutent ce qui s’y dit. En plus, alors que les gouverneurs de Pannonie et de Dalmatie sont présents,ce sont de simples légats qui mènent les débats. Ils détestent tous profondément Vitellius.C’est le légat de la VII Galbiana, originaire de Tolosa, Antonius Primus, qui réussit à imposer son point de vue: estimant que l’armée de Vitellius est désorganisée, il convainc tout le monde d’attaquer l’Italie du Nord sans attendre. http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/80/Mus%C3%A9e_des_Augustins_-_Marcus_Antonius_Primus.jpg/220px-Mus%C3%A9e_des_Augustins_-_Marcus_Antonius_Primus.jpg Il devient dès lors le “chef” officieux de l’armée de Panonnie.C’est ainsi que les combats reprennent à l’automne 69.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    II. Vers la bataille de Bédriac.

    A. Premiers heurts en Italie du Nord

    Vitellius comprend enfin à quoi s’en tenir: ce n’est plus que la seule IIIe Gallica qu’il doit affronter, mais toutes les légions d’Orient et du Danube. Il cesse aussi d’attendre des renforts. Il envoie alors à la mi Septembre l’armée du Rhin au Nord de l’Italie, espérant réediter le scénario de Bédriac. Ses forces restent impressionnantes: on parle de 40 000 hommes, dont de nombreux vétérans. Si le nombre de légions représentées (11) pourrait laisser supposer une armée bien supérieure en nombre, il s’agit en grande partie de vexillations, et même dans les légions “entières”, de nombreux légionnaires sont devenus prétoriens et restent à Rome. Leur commandant est Caecina, puisque Valens est malade. Mais voilà, Caecina, comme on l’a déja dit, supporte mal la prééminence de Valens.

    Arrivé au Nord, Caecina décide de jouer la défensive: il crée une ligne défensive s’appuyant sur le Pô et allant de Crémone jusqu’à Ravenne.
    Ainsi, il place ses cavaliers sur son flanc ouest à Crémone, avec deux légions. Au centre, il s’installe avec le gros de son armée à Hostillia, un petit bourg non loin de Vérone. Vérone est en effet sur l’itinéraire de la via Postumia, qui commence à Aquilée, d’où ne manquera pas de surgir l’armée flavienne. Quant au flanc droit (Ravenne) c’est le port militaire principal de Rome avec Misène, donc ce n’est pas l’armée qui le protège, mais l’inverse. Bien entendu,il crée des fortifications et des retranchements sur toute la ligne.http://w0.fast-meteo.com/locationmaps/Cremona.8.gif Plus en avant, il construit un camp pour empêcher le franchissement du fleuve Adige.
    Primus, quant à lui, s’empare d’Aquilée, comme convenu avec Vespasien et Mucien. Mais il outrepasse leurs ordres en poursuivant l’offensive sans attendre les renforts et réussit a prendre le fort vitellien empêchant le franchissement de l’Adige. Vérone,Vincence (lieu de naissance de Caecina), Patavium (Padoue) tombent alors.
    En cette fin de septembre, la situation se stabilise: les adversaires se retranchent. Caecina notamment construit un camp très protégé non loin d’ Hostilia, en profitant d’une situation propice avec les marécages environnants. Sa conduite est étonnante: pourquoi une stratégie si défensive voire attentiste au moment où Primus n’a que deux légions avec lui? Pourquoi ne pas au contraire, saisir l’occasion de créer une supériorité numérique, en éliminant les deux légions de Primus, avant que les 4 autres légions danubiennes n’arrivent? Il faut dire que Caecina, depuis le début de la campagne, doute de l’avenir de Vitellius, tout comme le chef de la flotte de Ravenne, avec lequel il s’est entretenu. Valens, quand à lui, est guéri et il se rend sur le front.

    B. Trahisons chez les Vitelliens et retournement de situation

    En peu de temps, la supériorité numérique vitellienne s’efface. Les quatre autres légions du Danube ont rejoint Primus, la partie est désormais égale. De plus, grâce aux tensions secouant l’armée flavienne, ses supérieurs hiérarchiques quittent l’armée, et Primus en devient le seul véritable chef, adulé par tous.
    Et la trahison vient faire basculer le rapport de force: la flotte de Ravenne, qui était au départ très proche d’Othon, décide de rejoindre les Flaviens. Leur commandant ne fait rien pour les en empêcher, et c’est Cornelius Fuscus, un des jeunes généraux de l’armée de Pannonie, (futur désastreux préfet du prétoire de Domitien) qui prend le commandement de la flotte. Par conséquent, le flanc droit de l’armée -et surtout du camp central- passe de protégé à menacé par la flotte de Ravenne. Et Caecina en profite: il tente d’emboîter le pas à la flotte et de faire passer lui aussi l’armée dans le camp de Vespasien. Réunissant ses officiers, il tente de les convaincre, critiquant Vitellius, vantant Vespasien, et surtout, expliquant que sans la flotte, le camp est perdu. Mais les légionnaires, furieux, répliquent qu’il sous estime là l’armée du Rhin, et il est aussitôt arrêté. Il est provisoirement remplacé par Fabulas et Longus. Provisoirement, car Valens arrive avec des renforts. Les Vitelliens doivent abandonner leur camp pour Hostilia.
    Constatant ce repli, Antonius décide de s’emparer de Crémone, perçue pour la seconde fois comme un verrou stratégique qu’il faut prendre pour marcher sur Rome. En deux jours de marche forcée, l’armée flavienne est à Bédriac, non loin de Crémone. Le décor est planté pour la seconde bataille de Bédriac…..

  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 26 avril 2013

    Ta “Présentation” c’est une sorte de dossier ou quelque chose de complètement différent?

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    III.La seconde bataille de Bédriac

    A. Premières escarmouches
    Antonius, une fois arrivé à Bédriac, entame la construction de camps, et avec ses auxiliaires, fourrage et pille les alentours. Le 24 Octobre, avec 4000 cavaliers et ses auxiliaires, il tombe sur la garnison de Crémone et des cavaliers de Vitellius. Son subordonné, entraîne la cavalerie dans une charge, contre l’avis de Primus. Cette charge est finalement repoussée, mais Antonius rétablit la situation avec une partie de ses légionnaires qui arrivent et les auxiliaires. Et voilà que c’est au tour des Vitelliens, trop exalté, de subir une contre attaque flavienne. C’est alors que les deux légions vitelliennes en charge de Crémone sortent. Elles n’ont pas de chef à la hauteur, et se contentent de se mettre en ligne de bataille, sans même laisser passer leurs cavaliers battus. Les deux légions sont battues par les flaviens, et se réfugient dans Crémone. Antonius décide de ne pas insister: il ne veut pas s’hasarder dans un combat de rues, de nuit (il est 17 heures) alors que ses troupes sont fatiguées, par les combats et la marche (ses légionnaires viennent d’arriver, ils ont marché 25 km). Il décide donc de rappeler ses hommes, bien que ces derniers veulent encore en découdre.
    Bien lui en prend, car certains légionnaires vitelliens capturés l’informent que les 6 légions d’Hostilia arrivent, après une marche forcée napoléonienne (45 km en ce 24/10, 150 au total en 4 jours!).
    http://voyagesenduo.com/italie/images/rome/rome_antique_image49.jpg
    Malgré cet effort colossal et l’heure très avancée, (les Vitelliens arrivent à 21 H) ces derniers insistent pour livrer bataille immédiatement, contre toute logique. Là encore, depuis que Caecina n’est plus aux commandes et que Valens n’est pas encore arrivé, personne n’a assez d’autorité pour imposer aux soldats d’attendre.
    Il y aura donc bataille rangée, sous le clair de Lune.

    B. La seconde bataille de Bédriac

    Les deux armées se déploient à proximité de la ville. C’est le déploiement classique: légions au centre, auxiliaires et cavaliers sur l’extrémité des ailes. Pour les Vitelliens, les deux légions ayant été battues l’après midi sont dispersées sur tout le champ de bataille. C’est pareil chez les flaviens. On peut noter que les anciens prétoriens d’Othon, congédiés par Vitellius, sont de la partie, décidés à se venger.
    Le combat est engagé par les Vitelliens, dont le premier assaut est dévastateur, malgré la -confusion due à la nuit-surtout pour la gauche flavienne. La VIIe Galbiana, la légion de Primus, subit de si lourdes pertes qu’elle a perdu -puis récupéré grâce au sacrifice d’un excellent centurion- son aigle. Antonius dégarnit sa droite, faisant appel aux ex-prétoriens pour stabiliser sa gauche. Le combat s’équilibre, mais reste furieux. Pour sortir de l’impasse, les Vitelliens concentrent toute leur artillerie, et elle fait des ravages sur le centre flavien. Ils semblent condamnés, mais deux soldats prennent l’initiative de traverser les lignes vitelliennes et de saboter l’artillerie ennemie.
    A nouveau, c’est l’impasse. Toute la nuit, les combats restent furieux (sauf quand la lune est masquée) et équilibrés. Cependant, les commandants de l’armée du Danube, et surtout Primus, veillent à maintenir le moral des troupes, qui s’avère meilleur que celui des Vitelliens.
    La décision ne se fait qu’au petit matin, et de manière ubuesque. Voyant les premiers rayons du soleil, des légionnaires de la IIIe Gallica poussent des cris de joie, qui interloquent tant leurs camarades que leurs ennemis. Comme dit plus haut, ils ont des liens forts avec l’Orient. La légion a été stationnée à Emèse(actuelle Homs, en Syrie) depuis Auguste jusqu’en 68. Et à Emèse, on rend un culte au soleil (pour preuve, c’est la cité du futur empereur Helioglabal), culte auquel les légionnaires ont adhéré. Mais cela, à part eux, tous l’ignorent, et l’on cherche la cause de leur euphorie soudaine. C’est alors que l’on croit la trouver: Mucien et ses légions arrivent! La rumeur se répand comme une traînée de poudre, les Flaviens sont ragaillardis tandis que les Vitelliens sont démoralisés. Profitant de la situation, Antonius Primus lance un assaut massif, qui fait paniquer les Vitelliens. Cela provoque subitement la débandade totale des ennemis, qui fuient en désordre vers Crémone, pour ceux qui ne sont pas rattrapés par la cavalerie adverse. La ville de Crémone tombe immédiatement, sous les coups encore une fois de la IIIe Gallica. Une semaine de pillages et de massacres s’ensuit.
    Le bilan de ces deux jours de bataille ayant opposé 50 000 hommes de part et d’autre est très lourd: 35000 morts parmi les soldats, 15 000 civils. La victoire est décisive.

    C. La fin de la guerre civile.
    L’armée flavienne, après le pillage, entreprend de descendre sur Rome. Valens fuit en Gaule, espérant y trouver des soutiens et poursuivre la lutte, mais il est capturé et tué à Hyères.
    Les légionnaires de Vitellius l’abandonnent totalement à la mi-décembre, après que les troupes vespasiennes aient atteint le Tibre. Deux jours après, Vitellius voulait négocier son abdication, puis change d’avis, et les partisans de Vespasien -dont son frère- sont massacrés au Capitole. Le lendemain, 21 décembre, l’armée du Danube entre dans Rome et Vitellius est massacré. Tout cela est un immense succès personnel pour Antonius Primus, mais Mucien, une fois arrivé, s’arroge tous les lauriers, condamnant Antonis à l’oubli le plus total. Quant à Caecina, sa trahison l’a sauvé, mais momentanément. Quelques années plus tard, Titus, méfiant à son égard, salit sa réputation avec l’aide de son “cabinet noir”, et le fait exécuter.
    C’est ainsi que Vespasien devient empereur et qu’il laissa une dynastie qui mena Rome et surtout les provinces(on s’en rend compte maintenant) à la paix et la prospérité.

    Sources: Prétorien, n°29, la 2e bataille de Bédriac.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    C’est un sujet très intéressant, la fin de la bataille est presque comique tellement elle semble dérisoire par rapport à une nuit de combats.
    Mais j’imagine que des deux côtés les soldats étaient brisés par la nuit?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    C’est un sujet très intéressant, la fin de la bataille est presque comique tellement elle semble dérisoire par rapport à une nuit de combats.

    Merci de cet intérêt je réponds bien tard j’avais pas vu.
    Oui, l’issue de la bataille est vraiment rocambolesque, mais en même temps, ca illustre à quel point le moral, les sentiments, les rumeurs peuvent avoir de l’importance dans la suite des événements.

    Mais j’imagine que des deux côtés les soldats étaient brisés par la nuit?
    Oui, c’est sûr, du coup évidemment, cela n’a donné que plus d’impact à la rumeur de l’arrivée de Mucien.

9 sujets de 1 à 9 (sur un total de 9)

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