Post has published by Comte de Dordogne

Ce sujet a 9 réponses, 6 participants et a été mis à jour par  Muelka, il y a 1 an et 4 mois.

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
  • Participant
    Posts106
    Member since: 1 mars 2017

    Depuis quelque temps, je me demande pourquoi le Royaume Uni ou la France ne son pas intervenus pour aider les états Confédérés et ainsi mettre des bâtons dans les roues des États-Unis.

    Merci d’avance pour vos réponses. 😉

  • Modérateur
    Posts2268
    Member since: 8 février 2014

    Pour la France, Napoléon III est déjà empêtré dans d’autres affaires, il n’a pas les moyens de réellement intervenir.
    Les troupes françaises sont déjà occupées au Mexique et Napoléon III fait annexer l’Indochine en 1862.

    Une tentative de rapprochement s’était faite avec les confédérés, notamment pour leur cotons et aussi vis-à-vis de leur position sur le Mexique, mais dans les mêmes années l’Egypte se fait première productrice de coton, ce qui permet de se passer des confédérés, et Napoléon III qui a conscience des risques de s’opposer aux nordistes, garde une position neutre.

    "Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve"-Euclide

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    Il y a aussi une question d’opportunités:
    Napoléon III profite de la guerre de Sécession pour s’attaquer au Mexique, car les USA cessent d’étendre leur influence sur ce dernier.
    Donc rien que la présence du Mexique dissuade Napoléon III de s’engager dans la guerre aux USA: que çà dure longtemps l’arrange.

    Quels détails sur la position britannique?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts106
    Member since: 1 mars 2017

    Il y a aussi une question d’opportunités:
    Napoléon III profite de la guerre de Sécession pour s’attaquer au Mexique, car les USA cessent d’étendre leur influence sur ce dernier.
    Donc rien que la présence du Mexique dissuade Napoléon III de s’engager dans la guerre aux USA: que çà dure longtemps l’arrange.

    Quels détails sur la position britannique?

    Je part dans de l’hypothétique mais Napoléon III aurait put en échange de son soutien aux confédérés leurs demander de l’aide au Mexique.

    Si je ne dit pas n’importe quoi, les britanniques pencher eux aussi du coter confédérés mais je ne sais pas pourquoi. :dry:

  • Participant
    Posts180
    Member since: 1 janvier 2013

    @Comte de Dordogne : Les Sudistes avaient ils les moyens (humains et matériels) pour faire un second front ?
    Je ne pense pas du tout, cette guerre civile aurait été un bourbier pour n’importe quelle nation européenne comme l’est aujourdhui l’Afghanistan.

  • Participant
    Posts893
    Member since: 24 février 2015

    Du côté de la France, en tout cas, en plus des multiples engagements de l’Empire, la question de l’opinion publique, fragile, comptait aussi beaucoup.

    L’Empereur a fort à faire entre catholiques, républicains, libéraux de tout poil ; il s’est déjà engagé en Italie, en Algérie, en Indochine, au Mexique, il lorgne sur la Belgique et a l’Allemagne à l’œil (j’entends bien entendu par là la zone géographique dans son ensemble, sur laquelle la Prusse se penche en poussant les Habsbourg).

    L’opinion publique ne lui permet pas vraiment de s’engager davantage, d’autant plus que la Patrie des Droits de l’Homme (avec un Victor Hugo républicain en exil) aurait bien du mal à approuver une telle action en faveur de dissidents esclavagistes.

    Bien entendu, certains Français ont rejoint le camp des Sudistes, mais ils ne sont pas plus nombreux que les aventuriers se battant pour l’Union.

    Au niveau du Royaume-Uni, j’avoue en savoir assez peu… La reine Victoria, tout comme les autres souverains européens, a plutôt intérêt à laisser le conflit s’embourber et contempler le tout du haut de son “splendide isolement”.

  • Participant
    Posts106
    Member since: 1 mars 2017

    @Comte de Dordogne : Les Sudistes avaient ils les moyens (humains et matériels) pour faire un second front ?
    Je ne pense pas du tout, cette guerre civile aurait été un bourbier pour n’importe quelle nation européenne comme l’est aujourdhui l’Afghanistan.

    J’imaginais un soutien confédérés aux Mexique après la fin du conflit.

  • Modérateur
    Posts8413
    Member since: 14 mai 2013

    @Comte de Dordogne

    Mais comment être sur, côté français, qu’un soutien aux Sudistes donneraient rétribution au Mexique après la guerre? Car la parole n’a pas grande valeur en diplomatie.
    Comment être sûr que l’aide sudiste au Mexique ne créerait pas une partition du Mexique entre France et CSA, ces derniers ayant l’avantage de la proximité pour prendre plus de territoires?

    Et même si les CSA tenaient parole, l’engagement de soldats français causeraient plus de pertes en hommes et matériels que l’engagement au Mexique du même contingent. Sans compter qu’il aurait fallu affronter la marine de l’Union, qui fait le blocus du CSA: une lourde tâche pour la marine française, en comparaison des opérations faciles qu’elle mena au Mexique.

    A tout cela s’ajoute les points évoqués par @Henri Dubret.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts2823
    Member since: 12 avril 2012

    Les Britanniques étaient à deux doigts d’entrer en guerre contre les Etats-Unis lors de l’Affaire du Trent. Début novembre 1861, la flotte américaine avait intercepté une embarcation britannique comprenant les deux diplomates confédérés Mason et Slidell. Ces derniers avaient été expédié en Europe dans le but d’amener Londres et Paris à reconnaître la Confédération Sudiste en tant que nation indépendante. Les réactions du gouvernement britannique furent immédiates, voyant en la capture d’un de ses navires une insulte et un appel à la guerre.

    Pendant plusieurs semaines, une escalade s’en suivit, pendant laquelle Londres déploya des troupes à la frontière Canadienne et une flotte de guerre en Atlantique. L’élite britannique avait de la sympathie pour la cause sudiste à cause d’une pénurie nationale de coton, au contraire des classes populaires qui continuaient à désapprouver le maintien de l’esclavage par la confédération.

    En Janvier 1862, sous la pression de son administration, Lincoln finit par relâcher les diplomates sudistes. Il s’agissait en effet de ne pas s’empêtrer dans une guerre supplémentaire, susceptible de mettre à mal son dispositif de guerre contre les Sudistes.

  • Participant
    Posts180
    Member since: 1 janvier 2013

    Pour comprendre le non-engagement européen dans cette guerre il faut d’abord, à mon sens, donner son contexte.

    Elle commence en 1861 pour finir en 1865 et oppose les Etats du Nord contre les Etats du Sud. Comme acte majeur qui encadre ces deux dates nous pouvons voir en 1860 la fondation de Vladivostok en Asie qui confirme l’implication de la Russie en Chine et en Corée quelques années après la confirmation de la domination de la Grande Bretagne et des puissances européennes de l’Ouest dans l’empire du milieu avec la 2nd de l’Opium qui va de 1856 à 1860. Et nous pouvons trouver comme acte majeur après en 1869 avec l’ouverture du Canal de Suez, 1 an avant la guerre Franco-Allemande.

    Déjà rien que par cette mise en contexte devrais te donner la puce à l’oreille, les Européens étaient déjà tous fort occupés au niveau de leurs intérêts étrangers 😉

    Mais je vais encore approfondir car cette occupation coloniale européenne n’est pas le seul facteur à prendre en compte car dans cette période dans lequel se trouve cette expédition française au Mexique les faits sont plus complexes. Je vais tenter d’expliquer sans non plus tomber dans le Hors-sujet…

    Les évènements qui se sont produits d’abord en France puis dans toute l’Europe entre 1789 et 1815 ont stupéfié et transformé radicalement la réalité politique et sociale européenne. En effet durant les guerres napoléoniennes, les idées de souveraineté du peuple, de liberté ou de nationalisme ont été diffusées puis perpétuées dans toute l’Europe. Le libéralisme et le nationalisme vont notamment être les deux grands mouvements du 19ème siècle. En 1815 quand le Congrès de Vienne fut organisé pour faire triompher l’ordre, il y avait 5 grandes puissances : l’Autriche, la Prusse (nouvelle puissance dirigeante dans le monde Allemand), la Russie, qui était plus que jamais associé aux affaires de l’Europe, la France certes vaincue mais néanmoins grande puissance qui continue de jouer un rôle majeur et bien évidemment la Grande Bretagne superpuissance maritime et industrielle et grand vainqueur de Waterloo. Ces hommes d’états réunis à Vienne ne portaient aucun intérêt aux désirs de souveraineté nationale qu’avait fait naitre la révolution ni aux sentiments nationalistes stimulés par la volonté de conquête de Napoléon. Ils appelaient le calme, l’ordre et l’équilibre propices à la défense des intérêts des familles souveraines régnantes. Et c’est cet antagonisme fondamental entre la volonté du peuple et les intérêts des monarchies (ou Empire pour Napoléon III) qui était source de frictions politiques et sociales permanentes qui débouchèrent sur des intervalles réguliers des révolutions. Cette instabilité empêcha les Etats Européens de se consacrer sur des questions coloniales (sauf Alger en 1830) jusqu’en 1870, réservant la conquête coloniale aux aventuriers et groupes marchands privées.

    C’est pourquoi la période allant de 1815 à 1870 est souvent appelé époque de stagnation coloniale par nombre d’historiens. Ce qui était vrai jusqu’à un certain point. Quelques-uns des pays qui joueraient plus tard un rôle majeur en tant que puissance coloniales n’existaient pas encore et d’autres n’étaient pas encore actifs dans ce domaine. L’Allemagne et l’Italie ne furent des Etats unifiés qu’en 1870 et la Belgique ne se sépara des Pays Bas qu’en 1830. Certaines anciennes puissances coloniales comme l’Espagne ou le Portugal déclinaient nettement et ne pouvaient plus intervenir dans leurs possessions sud-américaines. L’Empire Ottoman est en déclin. Les Pays Bas avaient assez de soucis avec les Indes néerlandaises. Seule la Russie menait une politique expansionniste en Sibérie et Asie centrale trouvant sur son chemin l’Empire Turc et Anglais. La France intervient notamment avec l’Angleterre contre la Russie dans la guerre de Crimée (1854-56). C’est sa dernière intervention internationale réussite avant 1870 à la guerre franco-allemande ou elle fut réadmise au sein du concert des nations en tant que membre à part entière perdant ses privilèges antérieurs. Seul apparait la Grande-Bretagne qui était en mesure, grâce à son avance sur le plan industriel et à sa suprématie sur les océans, de dominer une grande partie du globe sans devoir mobiliser toutes ses ressources pour y parvenir. Mais au-delà des statistiques sur papier survint la réalité de la géopolitique mondiale. L’Empire Bri. Etendait parfois son empire de manière classique (annexion ou assujettissant des territoires) mais elle s’y employait plus souvent par un contrôle modéré voir informel de son pouvoir.

    Premier problème pour les Britanniques, non seulement ils ne déployaient pas une grande activité sur le front colonial, mais les débats théoriques étaient dominés par les écoles anticoloniales dont les origines remontait aux philosophes des lumières et aux économistes libéraux classiques. Avec Rousseau en chef de file, « ils rejetaient la domination coloniale qui était considérée comme étant indissociable liée à l’esclavage et à la traite des Noirs. » Pour Diderot, « il se déclara solidaire avec les colonisés, la colonisation était contraire au droit naturel. (Source Larousse). Donc 0 soutien pour les confédérés.

    Deuxième problème d’une non intervention Britannique, depuis les années 30, des rebellions contre le pouvoir Anglais, qui étaient surtout causées par des problèmes financiers et économiques, éclatèrent aussi bien dans le Haut (anglophone) que le Bas (Francophone) Canada. Et il faudra attendre le British North America Act de 1867 qui prévoyait d’unir le Canada ouest (Ontario, colonie anglophone) et le Canada de L’Est (Québec, colonie Francophone) au sein d’une union dotée d’un Parlement propre donnant un degré élevé d’autonomie. Donc aucunes alliances avec les Nordistes qui ne seraient que trop heureux de voir un Canada Indépendant assujettis aux USA.
    Bref avec autant d’instabilité dans cette colonie brit qui se trouve juste au-dessus des USA ils se sentaient simplement chanceux qu’un tel conflit occupe ces ‘ricains et stop pendant un temps leurs vilités expansionnistes.

    Voilà, même si je me suis un peu étalé sur la période 1815-1870 j’espère que j’ai répondu à t’as question.

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)

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