Post has published by Alexander Van Reynaert

Ce sujet a 11 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 4 mois et 1 semaine.

12 sujets de 1 à 12 (sur un total de 12)
  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    C’est une question que je me suis toujours posée : pourquoi diable l’armée française de 1939 accumule-t-elle autant de retards dans des domaines où elle excellait pourtant auparavant ?

    En effet, il n’est plus à démontrer que les Français en 1918 dominent bien souvent tous les autres belligérants en terme de qualité de doctrine, de matériels, d’armement et même d’avancées technologiques majeures ! Les exemples sont légions (et je ne peux ni ne veux tous les citer), mais quand même : sonar, aero-navale, industrie militaire, aviation, unités blindées à la pointe… autant de domaines que notre pays maîtrisait plutôt bien (en tout cas, développait avec grand intérêt) au lendemain de la 1ère guerre mondiale, et dont les avancées au cours de l’entre-deux-guerres semblent lui avoir totalement / partiellement échappé.

    Alors si vous, chers amis du forum, avez des éléments de réponse à m’apporter, j’en serais très heureux 😉

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Il faudrait apporter une réponse construite, mais voici déjà deux sujets susceptibles de te fournir un portrait précis de l’état de l’armée et de la marine françaises durant l’Entre-deux-guerres.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    L’avancée dans le sonar? Embryonnaire alors, car un sonar apte à être utilisé en guerre, et en particulier en lutte anti-sous-marine, ne date “que” de la seconde guerre mondiale, et est anglais

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1418
    Member since: 16 avril 2012

    Pour ce qui est de la période post-1918, il faut savoir que l’état d’esprit de l’époque en France était des plus pacifistes, après tout, n’était-ce pas ce qu’on appelait la der des der ?
    Après pour ce qui est de l’aviation il me semble qu’on a tout de même de très bons modèles avec les Rafales et Mirages (le tutti quanti quoi).
    Après je ne pourrais en parler davantage dans le domaine navale et aérien étant donné que je n’ai pas les connaissances requises pour cela. Après pour le domaine de l’infanterie..Je dirais que pendant un certains temps c’était quand même bon ! Le FAMAS faisait bien son taf (bien qu’on souhaite le remplacer à présent et je comprend cela).

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Je crois qu’@Alexander fait davantage référence à l’idée classique “en 1918 on est fort, en 1940 on est nul” qui est pensée par beaucoup de Français (et étrangers d’ailleurs.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts528
    Member since: 18 août 2014

    Je crois qu’@Alexander fait davantage référence à l’idée classique “en 1918 on est fort, en 1940 on est nul” qui est pensée par beaucoup de Français (et étrangers d’ailleurs.

    Nan, les étrangers disent juste que l’on est nul.

    Et couards.

    La nuance est de taille.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    La grande guerre laisse pour l’armement terrestre un immense stock de munitions et d’armes. A titre d’exemple, l’armée française sort de la grande guerre avec autour de 60 000 mitrailleuses Hotchkiss 1914. Du côté de l’armement d’infanterie, on continuera à payer en 1940 la décision du général Boulanger de doter l’armée française en masse en 8mm Lebel. Cette munitions est impropre au tir automatique, et limite le développement des armes associées, voir l’exemple du Chauchat, ou du FA RSC 17.
    A aucun moment, l’armée du temps de paix n’a besoin d’autant de matériel. De même, il est impensable de tout user rien qu’à l’entrainement, les armes de l’époque c’est de l’increvable ou presque. Donc, on a des stocks, des armes. On va en distribuer aux armées qu’il faut reconstruire, les Belges, les Serbes, les polonais… Parfois même, on donne une bonne partie du meilleur matériel, comme l’artillerie de ces pays qui est réarmée en 105L modèle 1913, sans que les pièces ne soient remplacé dans l’arsenal de la France. Mais la majeur partie du stock reste en France, et on ne peut pas le remplacer de manière simple, et sans investissement massif. Et quand la technologie évolue de manière à rendre le remplacement du stock interessant, au tournant des années 30, c’est l’économie qui va s’écrouler et limiter les possibilités de renouvellement.

  • Participant
    Posts35
    Member since: 18 octobre 2015

    En gros les armes que l’on possédait ont été fatales aux armes que l’on aurait pu avoir…

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    Je crois qu’@Alexander fait davantage référence à l’idée classique “en 1918 on est fort, en 1940 on est nul” qui est pensée par beaucoup de Français (et étrangers d’ailleurs.

    Je n’ai jamais dit une chose pareille et je n’adhère d’ailleurs pas à cette opinion… mais c’est vrai qu’elle est répandue.

    Je me demandais en réalité pourquoi la France, qui avait commencé à s’intéresser et/ou à expérimenter certaines avancées technologiques dans le domaine militaire durant ou juste après la 1ère Guerre Mondiale, les avait soudainement mis de côté.
    Ainsi, c’est bien le travail du physicien français Paul Langevin (cocorico) qui est à l’origine du sonar (expérimenté en France de 1915 à 1918), bien que celui-ci sera ensuite repris et perfectionné par les Britanniques sous le nom d'”asdic” (pour “Allied Submarine Detection Investigation Committee”). Autre exemple que je donne, celui de la force aéronavale, et Wikipédia le dira bien mieux que moi : “Aussi, dans le but d’étudier l’éventuel emploi des dirigeables et des aéroplanes par la Marine, le ministre de la Marine de l’époque, le vice-amiral Auguste Boué de Lapeyrère, constitue en avril 1910 une commission formée par le contre-amiral Jules-Louis-Marie Le Pord, l’ingénieur en chef du Génie maritime Martine Radiguer, le lieutenant de vaisseau Glorieux et les enseignes de vaisseau Pierre Cayla et Jean Conneau. Cette commission rend son rapport le 1er juillet 1910.
    Dans ce texte, qu’on définit comme l’acte fondateur de l’aviation maritime, la commission affirme la primauté de l’aviation sur l’aérostation et envisage la réalisation d’un navire, base d’aviation, comportant une aire de lancement par rail à l’avant et une plate-forme d’atterrissage à l’arrière, complété par un hangar abritant les avions.” Or, en 1939, la France ne possède qu’un “vrai porte avion” : le Béarn, mis en service en 1930 puis modifié en 1937 sans que ses capacités, jugées médiocres, ne s’améliorent significativement…

    Merci à toi @Ambarequiem pour cette réponse, j’ignorais tout de ce que tu as écrit !
    Et ne peut-on pas dire que le manque d’innovations est dû au fait que le pays était plus enclin à crier “c’est la der-des-ders” plutôt que “préparons-nous pour la prochaine”… d’où les réductions budgétaires (en même temps on ne peut pas rester indéfiniment mobilisés me direz-vous) : il ne sert dès lors plus qu’à entretenir une armée qui est alors la 1ère au monde, pourquoi diable s’embêter à innover ?? ça parait logique…
    Autre point, la majorité du budget de la défense pendant l’entre-deux-guerres allait à la construction de la ligne Maginot, ne pouvant de fait pas financer les autres projets ou les expérimentations militaires. Est-ce pour cela que l’on entend souvent dire que l’artillerie était la meilleure arme que possédait les Français en 1940 ? Dans une optique de fortification et plus globalement, une stratégie de stricte défense du territoire, il paraît normal de privilégier l’arme maîtresse dans les deux cas de figure : les canons, que l’on peut “casemater” ou déployer pour empêcher le passage de l’ennemi à des points stratégiques.

    Est-ce que tout ceci est lié aux relatifs retards technologiques accumulés par la France en ce qui concerne les innovations de l’entre-deux-guerres ?

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Autre point, la majorité du budget de la défense pendant l’entre-deux-guerres allait à la construction de la ligne Maginot, ne pouvant de fait pas financer les autres projets ou les expérimentations militaires. Est-ce pour cela que l’on entend souvent dire que l’artillerie était la meilleure arme que possédait les Français en 1940 ? Dans une optique de fortification et plus globalement, une stratégie de stricte défense du territoire, il paraît normal de privilégier l’arme maîtresse dans les deux cas de figure : les canons, que l’on peut “casemater” ou déployer pour empêcher le passage de l’ennemi à des points stratégiques.

    La ligne Maginot ne coute que 5 milliards de francs de l’époque sur 6-7 ans. On est loin de la majorité du budget de l’Etat (1.6%), et ça n’empêche pas les investissements dans les autres domaines. La casemate est une solution économique, construire des casemates coute moins cher que la modernisation de l’équipement de l’armée entière, plus d’une soixantaine de divisions à moderniser (incluant les réserves), et encore, on a réduit la voilure (de 40 divisions d’active en 1914, on passe à 20 divisions d’active en 1939).
    Mais rien que moderniser et motoriser l’ensemble des divisions d’active, l’Etat ne le peut pas (7 DIM sur les 20 divisions).
    Alors, les 5 milliards de la ligne Maginot aurait pu servir à moderniser un peu plus l’armée, mais là, on se heurte aux limitation technologiques de l’époque. Les véhicules motorisés n’ont fait un bon qualitatif qu’à partir de 1935. Avant cette date, les performances des véhicules sont relativement faibles, et le cheval reste plus rustique et plus rentable. Donc, courant des années 30, la modernisation devient intéressante, mais le budget de la ligne Maginot est déjà voté, et la construction déjà bien entamée.

    L’artillerie va aussi attirer une bonne partie du Budget de l’Etat, mais je pense que la défense artichar draine pas mal de budget. La modernisation des affûts de canon pour les rendre compatibles avec la traction automobile n’est que partielle. Et la recherche d’automoteurs d’artillerie est totalement négligée alors que la grande guerre en avait souligné l’utilité. On néglige aussi le matériel simple permettant un appui feu efficace comme les mortiers de 81 et de 120 qui ne sont pas présent en assez grand nombre au sein des RI. Mais là, c’est l’existance des stocks qui empêche le développement. A quoi bon se doter de mortiers lourds (120mm) quand il reste pléthore d’obusiers de 155C 17.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    @alexander

    Je disais çà en référence au post sur les matériels modernes (rafale et mirage). Je voulais juste dire que tu t’intéressais à la période 1918-1940.

    Pour le sonar, il faut que tu sois conscient que le travail d’un physicien ne donnera pas le sonar, loin de là. Il donnera seulement des pistes scientifiques. Le travail pour en faire un engin militaire performant est long et compliqué, et c’est un pas que la France ne franchira pas (probablement par manque de considération pour la marine en regard de l’armée de terre).

    Idem pour les porte-avions, entre ce que le rapport que tu cites décrit, et les porte-avions réalisés, il y a un monde en terme de technologie et de doctrine d’emploi, tant tactique que stratégique.
    Il y a d’ailleurs le dossier de @noble7 qui en parle bien.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Il est intéressant de noter que la doctrine de l’état major français, d’un point de vue général, n’était pas fermée d’esprit. Elle n’est pas représentative des moyens mis en oeuvre en 1940, et encore moins de la performance réalisée cette année.

    Ainsi le Maréchal Foch, comme il se doit lorsqu’on considère ses actions de 1918, continuait de prôner dans les années 1930 la manœuvre.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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