Post has published by Natsu

Ce sujet a 10 réponses, 5 participants et a été mis à jour par  Natsu, il y a 11 mois et 2 semaines.

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    Ports et arsenaux français et anglais

    au XVIIIe siècle

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    Introduction :

    Alors qu’au XVIIe siècle on a pu voir une révolution militaire navale, au XVIIIe siècle on voit exploser le nombre de navires sortir des chantiers et prendre les mers que se soit des navires de guerre mais surtout des navires de commerce. Et les deux pays qui vont se faire une course à l’armement de navires, et quand je dis armement, je le dis dans le sens « armer un navire » et non dans le sens militaire du terme, surtout que l’on va voir que si on prend cette définition, la France est loin derrière l’Angleterre du point de vue quantitatif. Mais si on veut mettre en pratique ce que Sir Walter Raleigh a dit « Celui qui commande la mer commande le commerce ; celui qui commande le commerce commande la richesse du monde, et par conséquent le monde lui-même. » il faut avoir les infrastructures. Et ces infrastructures sont les ports et les arsenaux. Dans les ports les navires marchands peuvent charger et décharger les marchandises, mais encore faut-il que la profondeur des ports soient assez importante. En effet, au XVIIIe siècle, on voit le tonnage des navires explosés, le tonnage étant la mesure du volume d’un bateau qui représente le volume intérieur exprimé en tonneaux. Et en fonction du tonnage, le tirant d’eau, la hauteur de la partie immergée du navire, variait et pouvait empêcher des navires d’atteindre le port. Ainsi, le port de Nantes ne pouvait accueillir des navires d’au maximum 150 tonneaux, sinon il fallait chargé et déchargé en rade. On va donc avoir des réaménagements des ports, mais aussi des arsenaux pour construire et entretenir les navires de guerre que l’on avait vu apparaître au siècle précédent lors de la révolution militaire navale qu’on avait pu voir en Europe. On peut ainsi se demander ce qui a permit à l’Angleterre et la France de se disputer le commerce avec plus de réussite pour l’un que pour l’autre. On verra dans un premier temps que ces ports sont des portes vers le monde, puis les arsenaux et enfin la rivalité commerciale entre la France et l’Angleterre.

    I/ Des port(e)s vers le monde…

    A/ Un lien vital pour l’Angleterre…

    Comme vous le savez tous, le Royaume-Uni est une puissance insulaire. De ce fait, les ports sont les seules portes avec le reste du monde. C’est la révolution anglaise de 1688 qui va tout déclenché. Guillaume d’Orange arrive sur le trône, c’est un hollandais qui déteste la France et du coup c’est un ennemi permanent. On a en 1689 la guerre de la Ligue d’Augsbourg. En 1690, la France veut se débarrasser de Guillaume d’Orange et remettre Jacques II sur le trône qui est un allié. Il faut d’abord se débarrasser de la flotte anglaise. On a la défaite anglaise de Béveziers. Cette victoire française rend crédible la menace d’un débarquement français en Angleterre. On a donc une panique totale au Parlement qui avait appelé Guillaume sur le trône. Il décide un plan naval sans précédent. A l’automne 1690, le Parlement décide unanimement la construction de 27 vaisseaux. A partir de ce moment, le Parlement met le prix pour que la Royal Navy devienne un instrument supérieur à toutes les autres que ce soit qualitativement et quantitativement. Cela devient une priorité existentielle pour le Parlement et par tous les lobbyistes. Cette peur initiale et la volonté des lobbys va faire que la Royal Navy est l’instrument indispensable à la conquête et au maintien de colonie. Cette flotte est l’objet d’une attention particulière car c’est autour de cette flotte que le pays se construit et devient une grande puissance.

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    On a un lien entre marine et nation. C’est l’arme qui va conférer les trois vertus essentielles : la sécurité, la richesse et la puissance. Dans ces conditions, il n’y a rien de plus noble en Angleterre de servir dans la Navy. C’est considéré comme une école de vie, l’école des héros. On a une considération sociale sans égale ailleurs. Fort de ces 3 éléments qui s’imbriquent, on a un pays avec une unité totale. Le port de Londres devient au XVIIIe siècle le plus grand port d’Europe. On y amène le coton qui permet à l’industrie textile anglaises de fonctionner et qui fait débuter au pays sa révolution industrielle. On a ainsi une détermination qui si le pays ne maîtrise pas la mer, il ne peut y avoir de survie pour le royaume et son économie.

    B/ …Et pour l’économie française

    Cela m’amène à parler de la France qui va être le pays qui va être le seul pays pouvant rivaliser avec elle jusqu’à la course à l’armement avec l’Empire Allemand au début du XXe siècle. Quand on parle de la France à cette époque, on parle parfois du pays des deux royaumes, une appellation qui apparaît dés cette époque. On a en effet une France rurale tournée vers la terre et une autre plus aventureuse qui s’ouvre sur la mer. Louis XIV et Colbert font parti de ce groupe aventureux, en permettant la création de la marine française qui a surpris le monde surtout qu’en une vingtaine d’année, elle a réussi à devenir la marine la plus puissante du monde que ce soit quantitativement que qualitativement. Mais la guerre de Succession d’Espagne et la régence qui suit vont lui être fatale, je l’ai déjà dit dans mon exposé sur la Régence et la mer. Pourtant, d’un point de vue commerciale, la France va réussir à concurrencer l’Angleterre à parti des années 1720. En effet, grâce à la paix qui va durer 31ans et l’alliance avec l’Angleterre, le commerce français n’a pour ainsi aucun ennemi. Le commerce colonial va grandement profiter à l’économie du pays est surtout aux négociants dont la fortune globale passe de 18 millions de livres à 120 millions en 70ans. Les principaux ports de commerce français sont La Rochelle, Saint-Malo, Nantes et Bordeaux. On trouve les négociants dans ses villes, ils sont une centaine à Saint-Malo et La Rochelle, et proche des 500 à Nantes et Bordeaux.

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    J’ai d’ailleurs trouvé une citation assez intéressante sur cette concentration des richesses sur les abords de la France : « Toute la richesse de la France s’est portée sur ses frontières, toutes ses grandes villes opulentes sont sur ses bords, l’intérieur est d’une maigreur affreuse », il s’agit d’une phrase écrite par l’abbé Galiani en 1770. Pour vous donner un autre chiffre pour mieux comprendre cette évolution du commerce colonial, en 1717, la valeur des denrées coloniales entrées en France était de 11.191.000 livres, en 1740, on passe à 45.961.000 de livres elle a quadruplé en à peine 20ans. Et en 1789, ce sera multiplié par 10 quand le commerce avec l’extérieur aura été multiplié par 5 et celui avec l’Europe par 4. Des ports comme celui du Havre vont émerger « le port est devenu en un siècle un des quatre plus grands ports du royaume. »

    II/ …Et des arsenaux…

    A/ Les avantages anglais…

    L’Angleterre, très rapidement va bénéficier d’une force de frappe supérieur dont on a pris la mesure il y a pas si longtemps que ça. On avait l’habitude regarder les rapports de forces quand commençaient la guerre. Mais en comparant avec les rapports de force en fin de guerre, on voit des choses très intéressant.

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    Au début des guerres on a des flottes équivalentes mais à la fin, la puissance anglaise est de loin supérieur. Les anglais arrivent à monter en puissance pendant les guerres en construisant des navires. Elle a une capacité supérieur à construire en période de guerre car elle dispose déjà d’un capital financier supérieur. Ils ont aussi un meilleur accès aux matériaux nécessaires en période de guerre. Les produits sont moins cher car ce n’est pas intercepté. Et comme elle construit plus que la France, elle dispose de contrats privilégiés et a donc de meilleurs matériaux. Mais en plus, ils font un grand nombre de prises. Pendant la guerre de 7ans, le nombre de vaisseaux pris entre 1756 et 1763, c’est 63 vaisseaux pour les anglais. Ils ont pris 69 vaisseaux français alors que les français en ont pris que 6.
    Plus encore, on a une différence opérationnelle. La Royal Navy a une capacité opérationnelle supérieur à toutes les autres marines. On a en effet une différence entre le nombre de vaisseaux que l’on possède et ceux qui sont opérationnels. Par exemple, on a un navire sur deux d’opérationnels après une traversé de l’Atlantique pour les franco-espagnols. Les Anglais ont eux développé les arsenaux. Ils déplacent leur axe. Au XVIIe siècle, on avait un axe Nord-Sud(En mer du Nord), mais après avec les guerres franco-anglaises, on passe à un axe Est-Ouest(La Manche). On a le développement des ports de Porthmouth, de Plymouth et Londres(Chatham sur un affluent de la Tamise le Medway, on y a 5 cales sèches, et le port de Sheerness où beaucoup de radoub seront pratiqué). Il est également aisé pour des navires de lourd tonnage d’y entrer et d’en sortir du moment que l’on connaît l’emplacement des bancs de sable. L’attaque de Ruyther loors de la seconde guerre anglo-hollandaise sur la Tamise étant la seule exception qui, on va le dire, confirme la règle. On a aussi la création et le développement de ports aux Antilles. On a surtout le développement de Port-Royal en Jamaïque. Sur l’île d’Antigua, on a le port English Harbor. En janvier 1762, on a 347 employés qui travaillent sur le port. Le port français le plus important de la zone est Fort-Royal mais on a pas de chantier et seulement 4 ouvriers qui creusent le chenal pour enlever la vase. Les Anglais font aussi des bases en Méditerranée comme à Gibraltar. On a aussi le port Maon à Minorque. On a un autre verrou avec Malte. En Amérique du Nord, ils vont édifier un puissant arsenal à Halifax. Aux Indes, ils construisent les entrepôts de Bombay, en 1750, on a la construction d’une cale sèche pour réparer les navires sur place. Ainsi, les Anglais disposent de bases pour réparer leur navire partout où la Royal Navy patrouille.

    B/ …Face aux handicaps français

    Contrairement à l’Angleterre, la France ne dispose pas d’autant d’infrastructures en dehors de la métropole ce qui handicape fortement la marine lors des opérations lointaines. Étant donné que traverser l’Atlantique n’est pas forcément aisé et qu’il peut y avoir de la casse, une partie des navires ne sont plus totalement opérationnelles et il n’est pas évident de trouver du bois de rechange pour faire les réparations, dans le film Master and Commander de la semaine dernière, le capitaine a refusé de partir à la recherche d’un arme pour remplacer un mat car cela lui aurait mis une semaine pour en trouver un bon dans la forêt brésilienne. Mais les français ont également d’autres handicaps et il s’agit directement de leurs arsenaux. En effet, celui de Rochefort construit sous Louis XIV a vite connu un envasement qui empêche aux gros navires de remonter la Charente sauf à marée haute. Pour ce qui de l’arsenal de Toulon, depuis la prise de Gibraltar en 1704 lors de la guerre de Succession d’Espagne, il a perdu tout intérêt stratégique, les Anglais pouvant surveiller et bloquer tout ce qui passe par le détroit. On a bien l’arsenal de Brest qui est facilement défendable et qui se trouve sur la façade Atlantique. Mais si il est facile de s’y réfugier, la prédominance des vents d’ouest fait qu’il est possible d’en sortir facilement que 40% du temps et la proximité avec les ports anglais de la Manche laisse planer la menace du blocus si une guerre venait à éclater. Les ports anglais n’ont pas ce problème de vent. On a aussi la destruction du port de Dunkerque à la fin de guerre de Succession d’Autriche et du chantier du port de Mardick pour avoir l’alliance avec l’Angleterre et ainsi une paix durable.

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    La France ne possède donc aucun autre endroit pouvant accueillir des arsenaux à moins d’y faire des aménagements préalables pour accueillir une flotte de guerre nombreuse et puissante. Ce n’est qu’au lendemain de la guerre de 7ans que l’on a un changement important du réseau des bases navales alors que jusque là on servait des mêmes infrastructures que sous Louis XIV. Le port de Lorient qui avait été créé pour le commerce avec les colonies est repris par la marine officiellement en 1769 après la faillite de la Compagnie des Indes. Et pendant la guerre d’indépendance américaine, on va voir la nécessité d’avoir un port militaire faisant face à l’Angleterre ce qui va mener à aménagement du port de Cherbourg et de la création de la digue pour protéger la rade qui peut accueillir une centaine de vaisseaux. A ce sujet, l’immersion du premier des 90 cônes prévus pour faire la digue se fera en présence de Louis XVI, la seule fois qu’il verra la mer si je ne me trompe, tout un symbole du coup. Un concept français pour faciliter la logistique est de faire fonctionner les arsenaux en bi-pôle, on a un port de construction et un autre où l’on stocke les matériaux nécessaires. Ces ports de stockage étant mieux situer dans le réseau de distribution des matières premières, c’est le cas de Bayonne, situé à l’embouchure de l’Adour et par où arrivait les troncs d’arbres venant de l’intérieur des terres par radeau de troncs pour Rochefort, du Havre avec la seine pour Cherbourg.

    III/ …Pour se disputer le commerce.

    A/ La résistance française…

    Jusqu’à la guerre de succession d’Autriche en 1744, la France a connu une période de paix qui a duré 31ans. Et durant cette période, comme on a pu le voir, le commerce français s’est fortement développé ce qui a commencé à faire des jaloux en Angleterre. Les Anglais voulaient profiter de la guerre pour ralentir la progression du commerce français mais au final de la guerre, même si les anglais ont dominé, le résultat est mitigé. On avait en effet encore les derniers amiraux de Louis XIV qui avaient l’expérience des combats même si il n’était plus très jeune. Et la France va mettre en place le système des convois qui va très bien fonctionné. Le principe consiste à organiser des convois de plusieurs navires marchands et de les faire escorter par des navires de guerres. Même si les entrepreneurs n’étaient pas forcément des plus contents de devoir utiliser ce système il leur était plus avantageux que de tout perdre si le navire venait à être pris. En effet, si on a des convois, cela signifie que l’on va avoir d’un coup un afflux massif de marchandises au même endroit ce qui va faire baisser les prix. Alors que la France ne possédait à l’entrée de la guerre que 44 vaisseaux, Maurepas, le secrétaire d’état à la marine en affecta 21 à la protection des convois. Mais si on a des convois, cela signifie qu’on a une cible d’autant plus intéressante pour l’adversaire anglais qui va tout faire pour les intercepter en faisant des blocus mais comme la plupart des convois arrivent à passer quand même, ils doivent mettre plus de navires. Ainsi, on arrive à ces chiffres fort intéressants.

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    Ainsi, malgré un avantage numérique certains, les Anglais n’ont pas réussi à remporter la bataille de l’Atlantique. On eut bien des pertes dans la marine marchande, mais le lien entre les colonies et la métropole a été maintenu. Moufle d’Angerville dira de Maurepas : « Si l’on considère l’état de faiblesse où il trouva la marine au commencement de la guerre, le défaut de fonds qui lui manquèrent toujours dans ces temps malheureux, on sera surpris des choses qu’il fit avec si peu de moyens. » Mais lors de la guerre de 7 ans, les choses furent bien différentes…

    B/ …Face à la puissance anglaise

    Cela m’amène à ma dernière sous-partie. Je l’ai déjà dit mais je le répète, la marine anglaise est au XVIIIe siècle, la plus grande marine du monde et ne souffre d’aucun rival. Mais malgré ça, elle n’a pas réussi à détruire le commerce français pendant la guerre de succession d’Autriche comme elle l’avait souhaiter. Mais elle a tiré des leçons de ses échecs et met en place une stratégie différente pendant la guerre de 7ans. L’Angleterre avait remarquer que le système des classes utilisés en France était efficace en début de conflit pour avoir des équipages pour les navires de guerre. Ils vont donc décider de s’emparer des navires de commerce et de pêches, mais aussi de leurs équipages et cela sans les échanger, et cela alors qu’on est logiquement en période de paix. On parle de « Rafle de l’amiral Boscawen » considéré comme un Pearl Harbor avant l’heure par Patrick Villiers. Ainsi, ce n’est pas moins de 300 navires et 6000 matelots qui sont capturés et qui vont être enfermés dans des conditions déplorables dont à peine 25% en reviendront. 6000 matelots, cela représente l’équivalent de la prise de 12 navires de guerre, soit 1/5 de la flotte française.

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    A la fin de la guerre, ce n’est pas moins de 15.000 marins qui auront été capturé. Il faut aussi ajouter que la marine n’a cessé d’améliorer la logistique de la Royal Navy. Alors que pendant la guerre précédente, le ravitaillement ne pouvait se faire en haute-mer ce qui empêchait la Royal Navy de faire des blocus permanent au plus prêt des ports français, pendant la guerre de 7ans ce sera possible et on parlera de « closed blockade ». Vous pourrez me demander pourquoi la France n’a pas utilisé le principe des convois qui avaient bien fonctionné en 1744-1748. Mais il ne faut pas oublier qu’en 1759, la flotte française est virtuellement éliminé et ce dés le début de la guerre avec les désastres de Lagos et de Quiberon qui voient sa destruction quasi-totale face à la Royal Navy.

    Conclusion :

    Ainsi, on a pu voir que cette opposition entre la France et l’Angleterre pour le contrôle du commerce maritime a pu se faire grâce à des infrastructures portuaires et des arsenaux. Mais encore fallait-il avoir les moyens financiers pour les construire et les entretenir. Les Anglais n’avaient aucune difficulté à réunir les fonds pour cela, le pays ayant plus de facilité à emprunter à des taux intéressants que la France et disposant d’un système fiscal plus efficace basé non pas sur un impôt direct mais un indirect ressemblant à notre TVA aujourd’hui que tout le monde paye, même la noblesse. Même si la France après la guerre de 7 ans reconstruira de fond en comble sa marine avec des navires comme les 74 canons qui seront considérés comme les meilleurs du monde et copié par la suite par les Anglais, elle n’arrive pas à rattraper l’avance anglaise sur le plan militaire même si elle y arrive sur le plan commercial. Je vais terminer avec cette citation d’Alfred Thayer Mahan dans The influence of the see power upon history, publié à Londres en 1890 qui explique l’avantage certains qu’avait l’Angleterre sur la France selon lui : « Si de par sa position une nation n’est pas obligé de se défendre sur terre et de chercher à étendre son territoire par voie de terre, elle a de par cette ambition tournée exclusivement vers la mer un avantage sur un peuple ayant des frontières continentales. »

    Bibliographie :

    -Patrick VILLIERS, La France sur mer de Louis XIII à Napoléon Ier, 2015
    -Martine ACERRA et André ZYSBERG, L’essor des marines de guerre européennes 1680-1790, 1997
    -Christian BUCHET, Marine, économie et société, Un exemple d’interaction : l’avitaillement de la Royal Navy durant la guerre de sept ans, 1999
    -Liliane HILAIRE-PEREZ, L’expérience de la mer : Les Européens et les espaces maritimes au XVIIIe siècle, 1997
    -David PLOUVIEZ, La Marine Française et ses réseaux économiques au XVIIIe siècle, 2014

  • Participant
    Posts105
    Member since: 12 avril 2012

    Très intéressant !
    Je n’avais pas entendu parler du livre de Villiers , qu’est ce qu’il vaut ?
    Et juste une petite coquille dans le I a) c’est la bataille de Béveziers et non de Béziers mais c’est une faute de frappe très certainement, les deux noms étant assez proche niveau écriture.

  • Participant
    Posts1100
    Member since: 12 avril 2012

    Le livre de Villiers est intéressant, il y a parfois quelques erreurs dans les chiffres qu’il donne mais ça permet d’avoir une vision détaillée de certains fait et comprendre comment marchait le système des convois ou la course par exemple. Le livre est pas gros et se lit très facilement.
    Et zut pour cette coquille x)

  • Modérateur
    Posts197
    Member since: 12 avril 2012

    Merci Natsu pour ce dossier, tu redonnes un grand bol d’air au Forum de la guerre !

    Concernant le port de Cherbourg, il me semble que le la côte du Cotentin a souvent été un lieu d’affrontement entre la flotte anglaise et française et donc un espace stratégique important (Je pense ici à la bataille de la Hougue en 1692). Pourquoi alors un aménagement aussi tardif sous le règne de Louis XVI ?

  • Admin bbPress
    Posts6308
    Member since: 12 avril 2012

    Toujours content de voir ce bon vieux Natsu sur le Forum de la Guerre!

    Sacré loup de mer va! 😀

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Participant
    Posts1100
    Member since: 12 avril 2012

    Merci Natsu pour ce dossier, tu redonnes un grand bol d’air au Forum de la guerre !

    Concernant le port de Cherbourg, il me semble que le la côte du Cotentin a souvent été un lieu d’affrontement entre la flotte anglaise et française et donc un espace stratégique important (Je pense ici à la bataille de la Hougue en 1692). Pourquoi alors un aménagement aussi tardif sous le règne de Louis XVI ?

    Question intéressante. Vauban avait déjà proposé le projet de fortifier Cherbourg et de construire une digue. Les travaux avaient même déjà commencé à partir de 1687. Mais l’année suivant commence la guerre e la Ligue d’Augsbourg on stoppe les travaux et en 1689, on commence la destruction du château qui existait déjà et des fortifications. En effet, on craignait un débarquement anglais qui aurait pu prendre la ville facilement, à cause d’une garnison trop faible, et qui pourrait facilement résister dans les fortifications. C’est ainsi qu’on assistera en 1692 à la destruction de 3 navires dans la rade de Cherbourg au terme de la bataille de la Hougue. Par la suite, ce sera le manque de moyen qui empêchera la construction du port militaire fortifié.

    Toujours content de voir ce bon vieux Natsu sur le Forum de la Guerre!

    Sacré loup de mer va! 😀

    Ce sont mes exposés et comme ils sont plutôt appréciés par mes profs, autant en faire profiter au forum^^

  • Modérateur
    Posts8403
    Member since: 12 avril 2012

    Très intéressant, c’est bien documenté et çà semble complet!
    J’ai quelques questions:
    – comment les Anglais pratiquaient ces “rafles de marins civils” qui leur permettaient d’affaiblir les Français? En temps de paix, n’était-ce pas interdit, un casus belli? Les Français faisaient-ils pareils (je pense aux anciens corsaires bretons)?
    – Les convois français de 1744 ont-ils entrainé des batailles importantes, ou passaient-ils au travers du blocus de haute mer anglais en profitant de la faible concentration de vaisseaux anglais (vu qu’un blocus est un filet de navires qui met du temps à se rassembler contre une intrusion massive)?
    – A propos des matières premières des navires, de quoi sont faites les voiles? Y a t’il des secteurs où une nation avait un avantage particulier sur l’autre (je pense par exemple aux fameuses forêts françaises organisées pour fournir des mats)?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts520
    Member since: 12 avril 2012

    Je vais tenter de répondre pour ce que je sais :
    – Les rafles se passaient d’après ce que j’ai lu et pu apprendre, via réquisition des équipages de pêcheurs ou marchands au large de façon plus ou moins légale (voir notamment les rafles qui ont mené à la déclaration de guerre des USA envers les britanniques en 1812 à cause de réquisition forcées des déserteurs/anciens britanniques travaillant comme marchand ou pêcheur aux USA). Cela pouvait à la fois se faire parmi sa population (on a vu des marines de guerre réquisitionné des hommes des navires marchands nationaux quand il le fallait), mais aussi envers l’ennemi (comme avec les français). Un simple arraisonnement suffit, le navire de commerce ou de pêche n’a aucune chance d”échapper aux frégates ou autre plus petits éléments de la marine de guerre.

    – Je ne sais pas pour les convois par contre ;
    – Au niveau de la voile, je crois que ça a toujours été en coton ou en lin, ce qui est assez aisé à cultiver. La matière première bénéficiait de différents traitements pour résister à l’humidité, mais cela se faisait dans les fabriques de tissus je crois.
    Pour ce qui est des matériaux nationaux important, je connais les pins suédois très réputés pour les mats de toutes les nations (à cause de leur taille) que ce soit anglais ou français ou autre. Ensuite, les français avait l’avantage d’avoir de beaux chênes pour les coques (les anglais étaient fort limité en bois noble). Sinon, il me semble avoir lu que les marins aimaient bien certaines villes marchandes pour des matériaux de qualité et j’avais retenu Riga pour ses cordages. Il y a sûrement énormément de spécificité territoriales au niveau des matériaux qui ont pu être référencée dans les documents d’historiens et j’espère que d’autres pourront nous en dire plus là-dessus, car je trouve ça très intéressant de voir les routes d’approvisionnement dont des pays comme l’Angleterre dépendait énormément (moins le cas pour la France, apparemment car assez bien fournie sur son territoire).

  • Participant
    Posts1100
    Member since: 12 avril 2012

    Vu qu’Anakil Brusbora a répondu à la premier et troisième question, je vais répondre à la deuxième.
    En fait, le but des convois, c’est d’avoir des dizaines de navires marchands escortés par 2-3 navires de guerre. Ces derniers étaient chargés de se sacrifier si je puis dire en engageant le combat afin de permettre aux navires marchands de traverser le blocus. Du coup ce n’était que des escarmouches et non de de grandes batailles qui avaient lieu. Surtout que l’on préférait capturer un navire de commerce chargé de ressource que le couler et ce dernier n’était que peu ou pas armé, il ne pouvait se défendre.

  • Modérateur
    Posts8403
    Member since: 12 avril 2012

    Les convois français étaient si peu escortés?
    Mais dans ce cas, je me demande: est-ce que c’est à cause de la longueur du périmètre à garder que les Anglais avaient peu de vaisseaux à regrouper en même temps pour intercepter un convoi?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1100
    Member since: 12 avril 2012

    Il est à l’époque impossible de faire un blocus efficace des ports français car il faut ravitailler les navires et cela ne peut se faire que dans des ports à ce moment là. Les Français font donc des convois qu’ils laissent sortir dés que les navires anglais s’en vont. Et les Anglais éparpillent leur flotte sur toutes les mers pour tenter de prendre le plus de navire possible à l’ennemi et surveiller toutes les routes commerciales.
    Et il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de navires pour escorter un convoi si l’objectif du navire d’escorte n’est que de laisser passer le convoi et non de rester avec lui tout du long du trajet. On verra la même chose lors de la Seconde guerre mondiale, quelques navires d’escorte, parfois qu’un seul pour une trentaine de cargos si ce n’est plus.

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