Post has published by Nicopoleon 1er

Ce sujet a 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour par  UlysseSLee, il y a 6 ans et 2 mois.

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  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    Extrait des Châtiments :

    Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine !
    Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine !
    Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
    La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
    D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
    Choc sanglant ! Des héros Dieu trompait l’espérance ;
    Tu désertais, victoire, et le choc était las
    O Waterloo ! Je pleure et je m’arrête hélas !
    Car ces derniers soldats de la dernière guerre
    Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre.
    Chassé vingt rois, passé les alpes et le Rhin
    Et leur âme chantait dans les clairons d’airain

    Le soir tombait. La lutte était ardente et noire
    Il avait l’offensive et presque la victoire ;
    Il tenait Wellington acculé sur un bois.
    Sa lunette à la main, il observait parfois
    Le centre du combat, point obscur où tressaille
    La mêlée, effroyable et vivante broussaille
    Et parfois l’horizon, sombre comme la mer
    Soudain joyeux il dit –Grouchy !- C’était Blücher.
    L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme
    La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.
    La batterie anglaise écrasa nos carrés.
    La plaine où frissonnaient les drapeaux déchirés
    Ne fut plus dans les cris des mourants qu’on égorge
    Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge
    Gouffre où les régiments comme des pans de murs
    Tombaient ou se couchaient comme des épis mûrs
    Les hauts tambours-majors aux panaches énormes
    Où l’on entrevoyait des blessures difformes !
    Carnage affreux ! Moment fatal ! L’homme inquiet
    Sentit que la bataille entre ses mains pliait
    Derrière un mamelon la garde était massée
    La garde espoir suprême et suprême pensée !
    « Allons, faites donner la garde ! » cria-t-il
    Et lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil
    Dragons que Rome eut pris pour des légionnaires,
    Cuirassiers, canonniers, qui traînaient des tonnerres,
    Portant le noir colback ou le casque poli,
    Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,
    Comprenant qu’ils allaient mourir en cette fête,
    Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête
    Leur bouche d’un seul cri dit : vive l’empereur !
    Puis à pas lent, musique en tête, sans fureur ;
    Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,
    La garde impériale entra dans la fournaise.
    Hélas ! Napoléon, sur sa garde penchée
    Regardait et sitôt qu’ils avaient débouché
    Sur les sombres canons crachant des jets de souffre,
    Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,
    Fondre ses régiments de granit et d’acier
    Comme fond une cire au souffle d’un brasier
    Ils allaient, l’arme au bras, front haut, graves, stoïques
    Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !

    Bonus :
    http://audiolivres.wordpress.com/2009/03/23/hugo-les-chatiments/

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Ca rapelle vraiment trop Astérix et les Belges!
    en même temps Goschinny remercie Hugo pour sa collaboration!

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