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    L’ours au dessus des montagnes- La puissance aérienne soviétique en Afghanistan

    -Introduction
    Chapitre 1:
    – La force aérienne soviétique
    -L’Afghanistan

    -chapitre 2
    -L’invasion
    -comparaison avec l’invasion tchécoslovaque
    -Antonov An-12 “cub”

    Chapitre 3:
    -L’hélicoptère
    -Mi-8 “hip”

    Chapitre 4:
    -avion de chasse/Cas
    -Su-25 “Frogfoot”
    Chapitre 5:
    -Avion-cargo/bombardiers
    -Tu-22M “Backfire”

    -Chapitre 6:
    -La VVS comme force de terreur
    -L’assaut aérien
    -Une force de Substitution

    -Chapitre 7:
    -L’arrivée des SAM-Le missile Stinger
    -Les combats contre les forces aériennes pakistanaises PAF
    -Attaques chimiques et aviation
    -Méfiance sur les pilotes afghans

    -Conclusion
    -Sources

    -Introduction

    L’expérience soviétique en Afghanistan fournit une étude de cas instructive pour examiner l’impact et l’effet de la puissance aérienne dans un environnement insurrectionnel, et la capacité d’un adversaire relativement mal équipé et technologiquement inférieur à forcer le retrait éventuel de l’une des plus puissances forces militaires. Cette défaite est à mettre en comparaison avec le succès de la puissance aérienne américaine dans la guerre du Golfe et l’utilisation apparemment efficace de la puissance aérienne en Bosnie qui conduiront certains à voir la force aérienne comme une résolution des conflits contemporains. Cependant, l’expérience soviétique en Afghanistan apporte une mise en garde à ce point de vue et indique clairement certaines des limites de la puissance aérienne comme instrument de guerre efficace dans une guerre de contre-insurrection.

    En outre, la guerre a offert aux soviétiques eux même la possibilité de former, d’appliquer diverses tactiques, et de les expérimenter avec différentes armes. En étudiant l’utilisation soviétique de la puissance aérienne en Afghanistan, nous pourrions acquérir une meilleure compréhension de la doctrine soviétique sur les forces aériennes et comment ces derniers pourraient employer cet atout dans les conflits futurs.

    Le conflit en Afghanistan a connu un changement définitif avec l’emploi de la puissance aérienne dans la conduite des opérations militaires. La doctrine soviétique de 1979 soulignait très clairement l’utilisation de la puissance aérienne comme une force secondaire pour le soutien direct des forces terrestres. Cette disposition doctrinale s’appuie fortement sur l’héritage historique de l’expérience soviétique contre les allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
    Dans la période initiale de la guerre afghane, la puissance aérienne était conforme à ce paradigme existant sur les opérations de soutien au sol. Cependant, La réticence des forces de la DRA à combattre, la volonté de Moscou à diminuer les troupes soviétiques en Afghanistan et le désir de minimiser les pertes ont conduit la puissance aérienne à devenir une «Force de Substitution» dans la bataille contre les moudjahidines. Le cas de l’Afghanistan est donc très instructif, car il témoigne du summum de l’utilisation de l’aviation contre un ennemi insurrectionnel. Comment les soviétiques en sont arrivés à là ? Par quels moyens ? Comment l’aviation soviétique a réussi à s’intégrer dans comme actif dans la 40e armée ?

    Chapitre 1:

    -La force aérienne soviétique

    Les forces aériennes soviétiques ou force aérienne de l’Union soviétique (VVS) est la désignation officielle de la puissance aérienne de l’URSS. Il existe une autre entité, les Forces de défense aérienne soviétique, qui est intégrée à la défense du territoire.

    Les forces aériennes soviétiques ou armée de l’air soviétique est né en 1917, et sera dissoute avec la chute de l’Union soviétique en 1991. En effet, la force aérienne de la guerre froide n’est pas la même que celle du XXIe siècle (forces aériennes russes).

    En 1979, la VVS était divisée en trois composantes: l’aviation frontale-«Frontal aviation» (Frontovaya Aviatsiya), qui concerne grossièrement tout l’appui-aérien des forces terrestres/ navales (chasseurs, CAS, Hélicoptères); L’aviation longue portée-«Long Range Aviation» (Dal’naya Aviatsiya), qui est la force de bombardement stratégique soviétique, équivalent à la force de bombardement du Commandement Stratégique des États-Unis; Et l’aviation de transport militaire-«Soviet airlift force» (Voenno-Transportnaya Aviatsiya) ou VTA, qui, comme son nom l’indique regroupe tout les moyens de transports lourds (dont certains hélicoptères). En 1977, la Long Range Aviation se composait de 794 avions, la Soviet Airlift force exploitait 1 500 aéronefs à voilure fixe (Avions) et 320 hélicoptères, et la Frontal Aviation comprenait 4 600 avions et 3 000 hélicoptères.

    Le fait que l’aviation frontale comprenne 74% de tous les actifs VVS démontre clairement le rôle prédominant de ces actifs tactiques dans la doctrine soviétique. Aussi, il est à expliquer que les appareils appartenant à la Long Range Aviation sont pour la majeure partie des bombardiers moyens, et non des bombardiers lourds type Tu-95. Cela prouve la dépendance de la VVS (et plus généralement de l’URSS) aux Forces des fusées stratégiques (RVSN). Enfin, la VTA est soit composée principalement d’appareils militaires, mais peut à tout moments réquisitionner et utiliser n’importe quels aéronefs civils soviétiques pour le bien de l’armée.

    L’ordre de bataille durant le conflit est difficile à évaluer. Environ 140 000 soviétiques stationnaient chaque ans en Afghanistan (avec un pique de 150 000 en 1985) et 30 000 hommes supplémentaires se trouvaient sur la frontière russe. Enfin, il y a les 120 000 soldats de l’armée afghans qui se rangeront du coté soviétique. Du coté moudjahidine, c’est entre 85 000 à 100 000 «combattants de la foi» (un pique de 240 000 hommes en 1985) qui combattront l’envahisseur. Les forces soviétiques étaient composées de sept divisions de fusiliers motorisées et cinq brigades d’assaut aérien dont environ 2 000 hommes chacune, 240 hélicoptères d’attaque (principalement MI-24), 400 hélicoptères, 30-45 MiG-23, 75-90 MiG-21 et une variété d’avions de transport. 1 850 tanks furent reportés et 2 700 blindés légers. En tout, chaque an l’on avaient environ 600 hélicoptères, et 300 avions. Les forces aériennes afghanes consistaient quand à elle à près de 180 aéronefs de toutes sortes, dont 30 hélicoptères. Pendant ces 10 ans de guerre, les soviétiques construisirent, rebattirent ou occupèrent 12 aéroports, dont celui de Dasht, de Bagram, de Shindand ou de Kabul.

    -l’Afghanistan

    L’intérêt soviétique vers l’Afghanistan remonte à de nombreuses années, et l’implication russe encore plus longtemps. Au milieu du XIXe siècle, ce pays accidenté et montagneux fut le théâtre d’une grande partie du Grand Jeu entre l’empire en expansion des tsars et la puissance impériale du Royaume-Uni. L’enjeu était la richesse de l’Inde britannique, et le fervent désir russe d’un port d’eau chaude à ciel ouvert. Tandis que les successeurs des tsars ne voudront probablement pas conquérir l’Inde aujourd’hui, ils aimeraient certainement voir le sous-continent et l’Asie du Sud-Ouest tomber dans leur sphère d’influence. L’Afghanistan et l’Iran voisin ont tous les deux de longues frontières communes avec l’URSS, et les dirigeant de ce dernier régime deviendraient paranoïaques si l’Iran ou l’Afghanistan devenait un satellite militaire des USA. Et, bien sûr, au-delà de ces deux états tampon se trouve le golfe Persique, la route de la marchandise la plus vitale du monde occidental, à savoir le pétrole.

    L’Afghanistan est situé au cœur du centre-sud de l’Asie, et est pratiquement dénué d’accès à l’océan, la côte la plus proche se trouvant à environ 300 milles au sud. Il est bordé à l’Est et au Sud par le Pakistan, à l’Ouest par l’Iran , au Nord par l’union soviétique et partage quelques 80 km de frontières au Nord-Est avec la République populaire de Chine.
    La géographie peut mieux être décrite en deux mots – Montagnes et désert. Ces barrières naturelles ont joué un rôle historique dans le qualification du pays comme «état tampon»; difficile à y entrer et difficile à en sortir. La caractéristique géographique la plus significative de l’Afghanistan est sa chaîne de montagnes, le Hindu Kush, s’élevant au-dessus de 7 690 mètres. C’est une barrière naturelle entre les plaines fertiles du Nord et les zones sèches du Sud. Le Nord de l’Hindu Kush est une grande plaine avec une altitude moyenne de 610 mètres alors qu’au Sud des montagnes se trouve une zone de hauts plateaux, déserts sablonneux et semi-déserts. Une seule rivière, la rivière Kaboul, se jette dans un affluent (la rivière de l’Indus) qui se vide en fin de compte dans la Mer d’Arabie. C’est dans ce paysage mortuaire, nonchalant et dangereux que ce jouera le plus grand théâtre de guerre post-WW2.

    Chapitre 2:

    -L’invasion

    Pendant les années 70′, la CIA s’impose de plus en plus dans le Moyen-Orient, notamment le Pakistan, qui deviendra (et qui est encore) un point force d’influence des USA-chose inacceptable pour les soviétiques. Alors, en avril 1978, l’URSS établit un gouvernement marxiste en Afghanistan et lance une campagne de réhabilitation et d’endoctrinement à travers le pays. Enfin, le coup d’état qui avait destitué l’ancien dirigeant afghan Nur Muhammad Taraki et mit au pouvoir Hafizullah Amin se révéla inefficace, étant donné que le gouvernement d’amin était en réalité beaucoup “trop agité et radical” pour les dirigeants russes, et plus précisément le secrétaire général soviétique Brezhnev (1906-1982).

    La décision soviétique d’envahir l’Afghanistan en décembre 1979 fut précédée d’une longue période de préparation et de délibération. En effet, déjà en Mars 1979, Taraki avait demandé aux troupes russes de combattre les rebelles (futurs moudjahidines). Pourtant, cette requête était déjà contredite par certains, notamment Brezhnez lui même.

    Réponse de Brezhnez à Taraki en rapport à sa demande:
    « Nous avons examiné cette question de tout les cotés, en pesant les pour et es contres, et je vais te le dire franchement: on ne devrait pas le faire. Cela ne jouerait que dans les mains de nos ennemies– autant les nôtres que les vôtres.»

    Réponse de Alexis Kosygin (1904-1980), président du conseil des ministres de l’Union soviétique à la même demande de Taraki:
    “Si no troupes vont là bas, la situation dans ton pays ne s’améliora pas. Au contraire, ça deviendra pire. Nos troupes ne devront pas seulement se combattre avec un agresseur extérieur, mais aussi avec une partie signifiante de ta propre population. Et cette population n’oubliera jamais de telles choses.”

    Malgré les avis de Brezhnev et Kosygin (et plein d’autres), les soviétiques commencèrent à planifier une éventuelle invasion. En avril, le chef de la Direction politique principale, le général de l’armée Aleksiy A. Yepishev, visita l’Afghanistan avec une délégation d’officiers généraux afin d’examiner la situation. Le général Yepishev avait mené une enquête similaire en Tchécoslovaquie avant l’invasion soviétique en 1968, et le résultat aller être le même: pendant la période de Noël 1979, le ciel afghan était couvert d’appareils russes.

    Le 28 Décembre 1979, dans une opération rapide de cinq heures, un bataillon aérien renforcé de parachutistes atterrit à l’aérodrome de Bagram alors que des éléments d’une brigade d’assaut aérien prennent l’aérodrome de Kunduz. Leurs objectifs étaient de saisir les tours de contrôle et les pistes de décollage et d’atterrissage. Ensuite, environ 280 Il-76, An-22 et An-12 remplis de troupes d’assaut soviétiques et d’équipements atterriront avec un intervalle de à 55 minutes par avions à la base aérienne militaire de Bagram et déposeront pas moins 5 000 soldats soviétiques. Le lendemain, des éléments de la 105e division aéroportée (force d’élite) seront parachutés sur l’aéroport de Kabul et sécuriseront ce dernier, créant ainsi un second pont aérien permettant le transport du reste de la 105e, plus la 103e et la 104e division aéroportée. Pour ce qui est des forces de Kunduz, le reste de la brigade sera héliportées par Mi-6 et Mi-8.
    Simultanément, jusqu’à 15 000 soldats russes, dont la 357e et le 66e division motorisée à Kushka et la 360e et 201e division à Termez, pénétrèrent la frontière afghane avec des blindés et un important soutien aérien composé de chasseurs-bombardiers MiG-21 «Fishbed» et d’hélicoptères Mi-24 «Hind». La mission de cette force comprenait la saisie planifiée du tunnel stratégique de Salang (seul passage routier entre la Russie et l’Afghanistan) pour faciliter les mouvements de troupes soviétiques en Afghanistan. En trois jours, l’URSS contrôlait alors près de 20 % du pays.

    Regardons cette opération plus profondément. Les 280 avions de transport représentent environ 38% de l’ensemble de la VTA. Si Aeroflot, la compagnie aérienne civile soviétique majeure, est incluse dans les chiffres de la capacité totale de transport, les 280 aéronefs-cargos représentent alors 29% de la flotte totale de transport soviétique. Cette importante flotte de transport est un atout important, contribuant à la capacité des soviétiques à mobiliser et déployer rapidement un grand nombre de troupes en dehors de leurs frontières. Le pont aérien de la nuit de Noël n’était, bien sûr, que la première étape de l’invasion; Le transport aérien massif de troupes, d’équipement et de fournitures continua d’arriver en Afghanistan jusqu’à la fin de la guerre.

    La phase d’atterrissage fut un processus très complexe pour ce qui est du contrôle de la circulation aérienne. Seulement un minimum d’aéronefs pouvaient être sur les aérodromes au même moment. Cependant, tous les équipages ne travaillaient pas ensemble. Plusieurs avions devaient refaire une approche d’atterrissage pendant que ceux à terre se déchargeaient. Néanmoins, les débarquements des trois aérodromes se déroulèrent rapidement et avec succès, principalement en raison d’une planification minutieuse et d’une longue pratique. En effet, il y a de fortes preuves que l’ATV ait pratiqué des techniques d’insertion de troupes (Près de 10 000 soldats soviétiques) au Yémen du Sud pendant l’été 1979. En tout, la force initiale était autour de 1 800 chars, 40 000 soldats et 2 000 AFVs. En deux semaines seulement, les avions soviétiques avaient fait un total de 4 000 vols à destination de Kaboul. Avec l’arrivée des deux divisions ultérieures, la force totale soviétique s’est élevée à plus de 60 000 individus et un mois plus tard, 100 000 personnes.

    La conduite initiale des opérations militaires en Afghanistan peut rappeler le succès soviétique antérieur lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968.

    -Comparaison avec l’invasion tchécoslovaque

    L’historien britannique Mark Galeotti spécule que l’expérience tchécoslovaque du 21 Aout 1968 a beaucoup encadré l’esprit militaire (et plus généralement politique) des dirigeants soviétiques pour invasion de l’Afghanistan en 1979. Les similitudes entre les deux opérations sont effectivement frappantes, autant par l’invasion que les moyens employés.
    L’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie comprenait une première attaque nocturne contre l’aéroport de Prague par deux groupes de soldats russes, eux même amenés par 2 AN-12 aux couleurs civiles. Parmi ces individus se trouvaient des contrôleurs aériens civils russes qui devaient prendre le contrôle du trafic aérien afin de préparer le débarquement aérien qui suivi quelques heures après. En effet, dans la matinée du 21 Août, 300 AN-12 traversèrent la frontière Tchécoslovaque en direction de différents aéroports: celui de Prague (entre 125 et 175 An-12), de Brno, et de Bratislava. L’on reporte que les premiers An-12 étaient escortés par des chasseurs. Pendant ce temps, une force largement mécanisée de 175 000 hommes de divers pays du Pacte de Varsovie franchit la frontière et commence à occuper les principaux centres urbains du pays. Enfin, l’hélicoptère fut aussi impliqué dans cette invasion. En effet, l’aéroport de Kosice fut prit dans le même jour par des parachutistes lâchés par des hélicoptères-cargos Mi-6. Aussi, de nombreuses sources indique qu’un pont aérien fut crée entre cet aéroport et l’URSS par un certain nombre de Mi-6 embarquant du matériel de construction afin d’établir une base d’opération près de la ville de Kosice.

    L’on peut alors voir que le plan pour l’Afghanistan est essentiellement le même que celui utilisé en Tchécoslovaquie en 1968, y compris la saisie des principaux aérodromes, des bâtiments gouvernementaux et des centres de commandement et de contrôle. Aussi, la présence de contrôleurs aériens russes lors de l’opération afghane peut être sous-entendue, tout comme il a été part en Tchécoslovaquie. L’on remarquera que dans les deux cas le An-12 sera majoritaire comme avion de transport. Il y a cependant une différence importante dans la taille des forces employées. Alors que l’invasion de l’Afghanistan ne comporte que 50 000 hommes, celle de Tchécoslovaquie utilise pas moins de 175 000 soldats. Cela montre que la conviction parmi les dirigeants soviétiques que leurs forces pouvaient rapidement stabiliser le gouvernement puis se retirer de l’Afghanistan comme elles l’avaient fait en Tchécoslovaquie, s’est révélée trop optimiste.

    -Antonov An-12 «cub»

    L’Antonov An-12 est un avion de transport quadri-turbopropulseur conçu en Union Soviétique. Version militaire de l’Antonov An-10, cet appareil mythique a plus de 50 ans de service derrière lui, autant dans le civil que le militaire. Son code OTAN est Cub.

    L’An-12 se présente comme un quadrimoteur, équipé de turbopropulseurs Ivchenko Al-20A de 4000ch démarrés électriquement. Son fuselage circulaire et semi-monocoque est fait principalement d’un alliage d’aluminium. Son équipage est de 6 personnes : un pilote, un copilote, un mécanicien, un opérateur radio et radar, un navigateur, et un artilleur de queue (si nécessaire). La cabine de l’équipage (poste du mitrailleur compris) est pressurisée, et le navigateur dispose de l’habituel poste vitré en avant. Le cockpit est blindé, et dispose d’un viseur de bombardement et de caméras destinées à diriger les parachutages, d’un radar de navigation, d’un système de radio-navigation, d’un IFF et de bien d’autres outils. Le chargement d’équipement de grande taille est fait par la rampe dans la partie arrière du fuselage. La cabine de chargement n’est pas pressurisée mais est équipée d’un système d’alimentation en oxygène individuel. Ses performances en font un appareil de transport remarquable.

    Avec ses 2,6 mètres de haut, 13,5 mètres de long et 3,5 mètres de large, il peut emporter 91 soldats, 60 parachutistes, 85 blessés ou 20 tonnes de fret incluant des pièces d’artilleries, des camions , ou des véhicules légèrement ou moyennement blindés comme le GAZ-69 ou des BTRs et BMPs. L’appareil pouvait aussi parachuter le canon automoteur ASU-57 (avant son retrait de service) sur une plate-forme PGS-500, ce qui augmentait considérablement la puissance de feu des VDV. Sa construction robuste et sa rampe de chargement arrière permettent à l’An-12 de fonctionner dans des zones éloignées ou dans des aérodromes mal équipés.

    1245 An-12 furent produits jusqu’en 1973, et furent les principaux avions de transport de l’Union Soviétique jusqu’à la fin des années 1970. L’Antonov An-12 entra en service au sein des VVS en 1959. Plusieurs accidents émaillèrent l’entrée en service de l’An-12, si bien que l’ensemble des appareils fut cloué au sol entre décembre 1959 et juin 1960, le temps que les ingénieurs d’Antonov revoient leur copie. Ces unités travaillaient en étroite collaboration avec l’OKB Antonov et testèrent l’appareil en conditions réelles dans des régions d’URSS au climat très varié. L’An-12 offrit à l’URSS un vecteur clé de projection de forces et resta le principal appareil de transport des armées du Pacte de Varsovie jusqu’à la fin des années 1970. Il participa à de nombreuses manœuvres de grande envergure, comme l’exercice Dvina en 1970 qui mit en œuvre 200 An-12 pour le parachutage de 8000 militaires et de nombreux véhicules en 22 minutes. Les An-12 furent déployés pour la première fois en 1968, lors de l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie, afin de parachuter et transporter des soldats. L’appareil prit bien sûr part au conflit en Afghanistan, que ce soit pour effectuer des parachutages, du transport de véhicules et de troupes, du ravitaillement ou bien des opérations de bombardement. La capacité à l’AN-12 de pouvoir transporter des véhicules blindés en son bord est un atout considérable. Alors que généralement, les forces aéroportées ne détiennent qu’un minimum de puissance de feu, le jour même de l’invasion de l’Afghanistan, les soviétiques roulaient déjà en BMP-1 dans les rues de Kabul.

    L’An-12 a prouvé un atout important dans la guerre soviétique en Afghanistan dans les années 80. Alors que l’Il-76 pouvait supporter une charge beaucoup plus importante, il ne pouvait pas fonctionner à partir de pistes d’atterrissages courtes et n’était pas adapté aux conditions chaudes rencontrées en Afghanistan. C’en était tout le contraire pour le An-12. Les An-12 subirent un certain nombre de pertes pendant le conflit, en particulier à partir de missiles de surface-air Stinger (SAM) tirés par les moudjahidines.
    En réponse aux attaques de Stinger, les An-12 servant en Afghanistan furent équipés d’un distributeur de flares à 30 tirs de chaque côté du fuselage inférieur avant. Aussi, deux spotters de missiles étaient placés de part et d’autres de l’appareil.

    Fleuron de la VTA, lui et ses successeurs sont des éléments cruciaux pour la projection des forces russes à l’étranger. cet appare n’a pas de quoi rougir face à son concurrent Lockheed C-130 Hercules, que ce soit en terme de performances, de taille ou de prestige de guerre. Il sera pourtant bien moins connu que ce dernier du grand public.

    Chapitre 3:

    -L’hélicoptère

    «Le moins d’hélicoptères tu as, le plus de troupes tu as besoin… Donnes une centaine d’hommes et hélicoptères, et ils feront le travaille d’un millier (de soldats)… Un bataillon avec six hélicoptères Wessex était beaucoup mieux pour moi qu’une brigade sans eux.»

    – General Sir Walter Walker, commandant des forces britanniques durant l’insurrection communiste En malaisie.

    Cet homme avait appris ce que tous les autres commandants – britanniques, Français, américains et dans notre cas, soviétiques – allaient apprendre: l’hélicoptère est le meilleur outil de contre-insurrection. Ce n’est que grâce à l’intervention de l’hélicoptère que 100 000 soviétiques arrivent à tenir tête à 15 millions d’habitants. Le char communiste avait triomphé en Tchécoslovaquie, le canon à eau anti-capitaliste en Pologne et c’est maintenant à l’hélicoptère soviétique de régner sur les montagnes de l’Afghanistan.

    Tout comme les MAGTFs des marines, les soviétiques avaient inventé une unité organique aérienne spécialement conçue pour la coopération interarme; Les «TVD» (Theater Air Force). Les éléments engagés sont toujours sous la possession de l’Aviation Frontale, mais au niveau opérationnel et tactique, reçoivent les ordres du général d’armées contrôlant le front (alors que normalement, c’est un envoyé de l’Aviation Frontale qui contrôle toutes unités aériennes).
    Les soviétiques ont visé par cette unité une plus étroite coopération entre les forces aériennes et terrestres. La création des TVD vise à combler les lacunes en donnant au commandant de l’armée ses propres hélicoptères. Avec cette décentralisation, Le temps de réponse à une demande aérienne devrait être plus courte, une plus grande souplesse tactique et une intégration plus rapide avec les forces terrestres. L’expérience soviétique en Afghanistan servira à renforcer le concept de l’hélicoptère comme arme de premier choix pour le soutien aérien.

    L’utilisation de l’hélicoptère en Afghanistan fut très difficile. La majorité des aérodromes et héliports se situaient entre 1000 et 1800 mètres d’altitudes au-dessus du niveau de la mer, en plus d’êtres en très mauvais état. La température du vent atteignait les 45 ° à 52 ° Celsius. Ce même vent créait souvent des tempêtes de sables, endommageant les appareils tout en limitant la visibilité des pilotes en vol. Toutes ces conditions réduisirent la puissance du moteur et la capacité de charge de l’aéronef, et changèrent les caractéristiques vol et la fiabilité technique de l’hélicoptère.

    Dans la première phase de l’occupation, les forces soviétiques se concentrèrent sur la sécurisation des lignes de communication (LDC) en Afghanistan. L’utilisation sans entrave du réseau routier afghan était absolument essentielle pour approvisionner les forces soviétiques dans le pays. Il n’y avait aucunes infrastructures pour récupérer et raffiner tout le pétrole du pays, aucuns champs pour cultiver ces terres (arides), et le seul pipeline qui traverse la frontière russe-afghane s’arrête seulement quelques km en territoire ennemi. Les soviétiques connurent cependant un certain nombre de problèmes en raison de la météo, des mauvaises conditions routières, du manque de lignes de chemin de fer etc… Le convoi est donc le seul moyen de ravitaillement efficace à long terme. Cette situation désavantageuse força les soviétiques à transporter de grandes quantités de fournitures par hélicoptères vers des garnisons et avant-postes éloignés – une utilisation longue même si efficace de ressources aériennes limitées. Les sorties les plus compliquées, du point de vue des aviateurs, étaient associées au ravitaillement des détachements de reconnaissance situés en haut des montagnes pour contrôler les routes et les intersections. Ils étaient souvent situés à des altitudes proches du plafond de service du Mi-8 et n’avaient pas de patins d’atterrissage. Le pilote devait équilibrer l’hélicoptère dans le vol stationnaire, toucher une falaise avec une ou deux roues et attendre que l’ingénieur de bord ait déchargé la cargaison hors de la cabine ou/et ait pris des passagers à bord.

    Mais alors qu’un hélicoptère cargo pouvait amplement ravitailler pour une semaine un avant-poste, l’on ne pouvait destituer le convoi terrestre à la voie aérien pour le réapprovisionnement de bases telle que celle de Bagram. Mais ces convois étaient, dès la fin du premier hiver, les cibles prioritaires des moudjahidines. L’hélicoptère eut alors un second rôle, celui d’escorteur.

    L’utilisation considérable d’hélicoptères pour escorter des convois est naturel compte tenu de la nature du terrain et des forces opposées. Le terrain afghan influença grandement les pilotes, qui développèrent à la suite une tactique d’escorte standard plus complexe: Quelques hélicoptères planent au-dessus du convoi, en surveillant une quelconque activité moudjahidine, pendant que d’autres débarquent leurs troupes sur des sommets montagneux, à l’avant du cortège terrestre. Ces troupes sécurisent toutes les positions potentielles d’embuscade et fournissent une sécurité jusqu’à ce que la colonne ait passé; Ils sont eux-mêmes protégés contre l’attaque de la guérilla par leurs transports armés. Une fois le convoi passé, l’on réemploie la tactique de réinsertion, jusqu’à l’arrivée à destination. Une autre variante constitue à déposer une force de reconnaissance par hélicoptère sur un sommet de montagne. D’autres éléments se cacheront et attendront, prêt à passer à une autre position ou attaquer l’ennemi menaçant la force de progression, lui même spotté par l’équipe de reconnaissance. Enfin, chaque convoi d’approvisionnement était doté d’un FAC servant à renseigner les appareils sur les positions alliées et ennemies.

    Mais les moudjahidines joueront de plus en plus sur leur nombre pour vaincre l’ennemi, sur quoi les soviétiques répliqueront par plus d’hélicoptères et de troupes motorisées. La plupart du temps, ce qui était une embuscade devint une véritable bataille.
    Tout ceci joua dans la Road War, route de la guerre, qui était le nom donné à cette guerre de convois.

    Là où l’hélicoptère se fera le plus remarquer, ce sera dans son rôle de CAS (close air support). Dès 1980, l’hélicoptère joue un rôle important dans l’attaque au sol. En effet, l’avion ne pouvait manœuvrer correctement entres les montagnes, et le système de visée des avions d’attaques était trop primitif à l’époque pour être efficace à longue portée. L’hélicoptère était alors le seul moyen d’imposer une force aérienne conséquente dans ce paysage montagneux. Aussi, au contraire de l’avion, l’hélicoptère avait un effet psychologique bien plus conséquent, autant pour l’ennemi que pour les troupes au sol alliées; la présence de l’hélicoptère, plus marquante que l’avion, encourage et soutien moralement le soldat soviétique, le contraire pour le moudjahidine.

    L’hélicoptère d’attaque, plonge dès les 1000 mètres vers sa cible, en relâchant une bonne part de son armement (roquettes, canons, bombes de 250g). Après avoir atteint les 100-200 mètres d’altitude, il effectue un virage évasif vif. Les soviétiques utilisaient cette tactique avec jusqu’à quatre appareils dans un formation circulaire au dessus de la cible, semblable au «cercle de mort», utilisé par Il-2 Shturmovik’s soviétiques pendant la seconde guerre mondiale, ou la «roue du wagon» des américains au Vietnam.
    Mais cette tactique, efficace, montra vite ses limites. L’hélicoptère, après avoir plongé sur l’ennemi, montrait son rotor de queue à l’ennemi. Les moudjahidines avaient de grandes chances d’endommager toute la section arrière de l’appareil (non blindée). Mil expérimenta alors une installation d’une mitrailleuse à l’arrière du fuselage, accessible par le tireur par un étroit chemin. Ce n’était pas un moyen offensif, mais servait juste à faire «garder la tête baissée». L’expérience fut infructueuse, car l’espace était à l’étroit, plein de gaz d’échappement des moteurs, et largement insupportable. Une autre solution était de rester à un vol constant de 300 mètres d’altitude et de tirer canons/roquettes au maximum de leur portée.

    Aussi, l’hélicoptère sera bien apprécié des forces terrestres en tant que «bus volant». Un vétéran de la guerre, Vladislav Tamarov, déclare: «C’était beaucoup plus facile pour nous lorsque les hélicoptères nous emmenaient dans les montagnes: vous allez à l’aérodrome, montez à bord de l’hélicoptère, et dans une heure vous y êtes».
    La mobilité est le point fort de l’hélicoptère, et les soviétiques ne s’en privèrent pas pendant la guerre; l’hélicoptère était plus rapide que la voie terrestre, et sa façon de déploiement convenait beaucoup mieux aux besoins des soldats, au contraire du parachutage. Il servira surtout aux forces spéciales soviétiques, les Spetsnaz, qui l’utilisé pour les déployer dans des endroits bien précis afin d’attaquer l’ennemi d’un angle avantageux et peu attendu.

    Mais la clef de toutes ces rôles était le renseignement et l’organisation, et là aussi, l’hélicoptère joua un rôle. En effet, tout comme au Vietnam, l’hélicoptère servit de FAC aérien.
    L’un des principaux innovateurs de l’évolution de la tactique d’hélicoptère de combat est le colonel Boris Gregor’vitch Budnikov. Alors qu’un lieutenant-colonel, Budnikov commandait un régiment d’hélicoptères composite basé à Kaboul en 1980. Pilote de 5 000 heures et l’une des rares stars des médias soviétiques, Budnikov fut le premier à soutenir l’utilisation d’hélicoptères scouts pour aider aussi bien pour les hélicoptères d’attaque que les avions. Il fut écouté puisque des rapports émanant de l’Afghanistan mentionnent l’utilisation d’hélicoptères de reconnaissance, bien que ceux-ci soient habituellement des Hinds ou même Hips plutôt que des hélicoptères légers (Au contraire du Vietnam où le Little Bird était prédominant dans ce rôle). Comme leurs homologues américains au Vietnam, les commandants préféraient gagner de l’altitude dans leur hélicoptère de commandement pour diriger les opérations, mais comme leurs homologues américains au Vietnam, cela entraîna la perte de certains officiers supérieurs compétents, notamment à cause des MANPADS.
    Les cibles étaient généralement marquées à la fusée de fumée blanche (au phosphore), et quand aux troupes alliées, à la fumée rouge. Initialement, la résistance reconnut les fumées comme signe d’alerte pour une attaque aérienne imminente, et se dispersaient. Alors le marquage fut beaucoup plus vif, et l’intervention aérienne plus rapide. Dans une offensive de la vallée du Panjshir, un «hélicoptère FAC» marqua la cible seulement quelques secondes avant la frappe aérienne, ne laissant donc pas le temps aux moudjahidines de faire quoi que ce soit. En conclusion, l’on retient, autant d’un point de vue externe que des rapports des soldats eux mêmes, que l’efficacité de ces frappes aériennes était très élevée.

    Enfin, l’Afghanistan confirma que sauver des vies humaines est la tâche principale d’un hélicoptère. Les missions de recherche et de sauvetage représentaient en moyenne 10 % du nombre total des sorties aériennes de l’armée. Pour beaucoup de soldats, l’hélicoptère était leur dernier espoir. Pilotes abattus, soldats blessés ou malades, personnels coupés de leurs unités etc.. Tous été recherchés et évacués par des hélicoptères. Dans la plupart des cas, ces opérations étaient menées sous un feu violent par les équipages de ces «ambulances volantes» au risque de leur propre vie.

    Vue depuis un cockpit d’un Mi-24

    -Mi-8 “hip”

    Le Mi-8 Hip est un hélicoptère soviétique utilisé en Afghanistan. Du premier jusqu’au dernier jour de la guerre, le eight, comme les pilotes l’appellent sera le workhorse de l’aviation soviétique en Afghanistan; Entre 60 et 80% des hélicoptères employés en Afghanistan étaient des Mi-8.

    Le MI-8 HIP est un hélicoptère de transport multi-rôle, et est l’hélicoptère le plus produits au monde. Utilisé par plus de 50 pays, il est à partir de 2015, le troisième aéronef militaire opérationnel le plus commun dans le monde.

    La cabine de marchandises a une longueur de 5,34 m, une largeur de 2,32 m et une hauteur de 1,8 m. Il y a une grande porte coulissante ( blindé selon version) vers l’avant de l’appareil, et une porte de chargement «à clapet» à l’arrière. Le train d’atterrissage non-rétractable est tricycle. L’appareil est propulsé par deux turboshafts TV2117A (montés sur le dessus du fuselage avec deux prises d’air juste au-dessus de l’habitacle).

    La version de série peut transporter jusqu’à 24 passagers, 12 blessés en cas d’évacuation médicale, ou 4000kg de charge. Un pylône sous le fuselage peut emporter jusqu’à 3000kg de charge. Pour les charges externes, deux ailettes supportent plusieurs points d’appuis. Le Hip C possède quatre points d’appui externes; Le Hip E et Hip H en ont six; D’autres variantes n’en ont pas. Son armement est assez standard: En hélicoptère d’attaque, le Mi-8 emportera très souvent 6 paniers de 57 roquettes de 53mn. Fait intéressant, le Mi-8 est considéré comme l’hélicoptère le plus mieux armé du monde, avec ses 2-6 mitrailleuses embarquées et ses 6 points d’appui, en plus de tout les soldats qu’il peut emporter.

    Le Mil Mi-8 Hip fut développé dès le début des années 1950 comme un remplacement du Mi-4. Le prototype vola pour la première fois en 1961, et la production commença fin 1965. En 1985, plus de 1500 Mi-8 furent construits.

    Les tâches effectuées par les Mi-8 en Afghanistan sont extrêmement variées:

    Leurs principales missions consistaient à transporter des troupes et à débarquer des groupes d’assaut. Par exemple, au cours d’une opération de grande envergure menée en janvier 1982 dans la province de Foriab, 72 hélicoptères, dont 52 Mi-8, débarquèrent plusieurs groupes d’assaut, totalisant 1 200 hommes.

    L’opération Poostynia (désert) menée en juillet 1985 impliqua un assaut aérien de 7000 soldats dans les montagnes, et l’Opération Plotina (Barrage) tenue à l’automne de cette même année, 12000 hommes! Là aussi, le Hip était prédominant.

    Les Mi-8 ont non seulement transporté des troupes et des cargaisons, mais aussi fourni des CAS aux groupes d’assaut qu’ils avaient débarqués. Leur rôle d’hélicoptères d’attaque a été particulièrement important pendant la première année de conflit où le Mi-24 n’était pas encore présent en quantité. nombreux vétérans insistent sur l’efficacité du Mi-8 comparé à celle du Mi-24, notamment lorsqu’il était déployé dans des missions de combat rapproché, car il était possible d’enlever la porte coulissante et de monter deux mitrailleuses dans les ouvertures.

    Lorsqu’il s’agissait d’accomplir des missions de combat, surtout lorsque des bombardements ponctuels étaient nécessaires, les eight’s pouvaient supplanter non seulement les hélicoptères de combat mais aussi les bombardiers tactiques. À de nombreuses occasions, les Mi-8 furent envoyés pour bombarder des cibles de petite taille ou des cibles qui ne pouvaient pas être détruites par des chasseur-bombardiers. En juin 1981, six hélicoptères Mi-8 ont largué des bombes HE de 500 kg sur les cols de montagne qui surplombent les routes vers le Pakistan, afin de bloquer insurgés et civils voulant quitter le pays par ces routes. Les explosions causèrent des glissements de terrain, puis ils dispersèrent des mines antipersonnel le long des chemins qui restaient intacts. En effet, le Mi-8 aussi fut équipé de lance-mines. Chaque HIP, avec son lanceur de mines (il pouvait en prendre 4), pouvait jeter une mine par une seconde.

    Le Mi-8 s’est révélé très efficace dans les opérations de reconnaissance armée, en appui aux troupes de commandos (Spetsnaz). Un escadron d’hélicoptères Hip indépendant fut attaché à chacune des deux brigades Spetsnaz engagées en Afghanistan.

    C’est le Mi-8 qui permit aux forces soviétiques en Afghanistan de remplir l’ordre stipulant qu’aucuns soldats blessés ne devaient être laissé sur le champ de bataille. Par exemple lors de la bataille du Sommet 3234, où la bataille de Rookha, le Mi-8 fut utilisé dans un emploie d’ambulance, sous le feu ennemi.

    L’Afghanistan a servi de terrain d’essai fiable pour vérifier les qualités du Mi-8; Il a révélé tous ses avantages et défauts. Le Mi-8 a été exploité dans des conditions extrêmement dures de montagnes et de zones désertiques. Dans les batailles d’Afghanistan, le Mi-8 a démontré sa capacité de survie exceptionnelle. Le feu des armes légères ne présentait aucun danger. L’hélicoptère pouvait également résister à de nombreux gros calibres. Une fois, après avoir inspecté un Mi-8 après une mission de combat, les techniciens ont compté 82 trous causés par les obus du canon de 20mn. L’expérience en Afghanistan a confirmé la simplicité unique de la réparation et de la restauration de cette machine. Une fois, les pales deux de Mi-8 ce sont heurtées. Heureusement, les deux hélicoptères sont restés contrôlables; Après un atterrissage forcé, leurs équipages ont taillé les parties endommagées des pales avec des ciseaux et sont retournés à la base en toute sécurité.

    Grâce à l’expérience acquise en Afghanistan, Mil a transformé le Mi-8 en un appareil polyvalent de transport et de combat sans pareil au monde en termes de puissance, d’efficacité de combat, de fiabilité et de survie. Simple mais puissant, peu exigeant mais utile, fiable mais résistant, le Mi-8 est devenu imbattable dans le monde de l’hélicoptère.

    Chapitre 4:

    -avion de chasse/Cas

    Les hélicoptères sont sûrement l’élément principal de la puissance aérienne soviétique en Afghanistan, mais les «ailes fixes» n’en restent pas moins présents que ce soit dans la supériorité aérienne ou l’attaque au sol.

    Il existe sept grands aérodromes en Afghanistan capable d’opérer des avions à réactions. Ceux-ci sont: Herat, Shindand, Farah, Kandahar, Jalalabad, Bagram et Kabul. La rareté de ces infrastructures diminue la réactivité des avions en cas de besoin urgent. Aussi, il est à souligner que ces mêmes aérodromes ne seront que très rarement utilisés par les avions de combats et bombardiers. En effet, il y aura beaucoup plus de vols entre la Russie et l’Afghanistan que dans l’Afghanistan même, sûrement pour des raisons de sécurité.

    Les moudjahidines n’ayant pas de forces aériennes, l’aviation sera principalement utilisée dans l’attaque au sol. En analogie avec le concept de soutien aérien en profondeur ou de missions d’interdiction, l’avion de combat fera le plus souvent des missions de support aérien, consistant à un appuie-feu se concentrant derrière les lignes ennemies. Toutefois, cela n’exclut pas le chasseur de supériorité aérienne dans l’effectif aérien. Bien au contraire; L’avion le plus utilisé sera le chasseur Mig-21 Fishbed. Dans un cas général, le chasseur sera ironiquement roi des cieux, alors que la supériorité aérienne ne sera jamais questionnée. Cela amènera aussi à une situation très intéressante quant à l’efficacité des chasseurs en attaque au sol. Le terrain montagneux où se trouve la majeure partie de la guérilla tend à restreindre l’efficacité de l’appui air-sol. Le seul moyen est alors de voler lentement près du sol, chose en laquelle les chasseurs ont plus de difficultés que d’autres avions.

    L’attaque au sol se faisait en un suivi de terrain à une trentaine de mètres d’altitude. Le principal avantage qu’avaient les avions face aux hélicoptères était leur vitesse. Un avion atteignait les 300 km/h lors de son attaque, alors que hélicoptère était beaucoup plus lent. De ce fait, même si la plupart des ailes fixes étaient moins blindés que des Mi-24 ou Mi-8, ils avaient potentiellement moins de chances de recevoir des tirs directs. Ils pouvaient aussi plus rapidement s’enfuir en présence de MANPADS (SAM portable).
    Un journaliste mentionna que les MiG-21 et les Su-25 utilisaient des suivis de terrains afin de délivrer des bombes à sous-munitions et autres ordonnances. Compte tenu de la menace pesant sur les avions soviétiques, il semble peu probable qu’une entrée de basse altitude ne soit une tactique standard en Afghanistan (tactique plus défensive que offensive). Une telle tactique peut probablement être attribuée aux efforts des soviétiques pour surprendre les rebelles. La plupart des frappes d’aile fixes semblent être conduites dans un rôle d’interdiction plutôt qu’un soutien rapproché des troupes engagées (où les hélicoptères sont utilisés).

    Une seconde mission qui sera attribuée aux chasseurs et chasseurs-bombardiers sera le bombardement. Ils furent utilisés pour le bombardement tactique, vertical ou de terreur. En effet, en premier temps l’aviation se livra à des bombardements intensifs sur les concentrations et d’installations connues de la guérilla. En second temps, les ailes fixes participeront grandement à une compagne de terreur, bombardant avec des bombes incendiaires et de façon instantanée, villes et villages. Le Su-24 fut le plus utilisé en tant que bombardier, et ironiquement sera souvent en coopération avec des Tu-16 et Tu-22 et tu-22M. Cette situation où un chasseur-bombardier vole en paire avec un bombardier lourd témoigne bien de l’importance donnée par les soviétiques aux «carpet bombing»; Cela n’a pour eux, jamais été un moyen d’attaque viable, encore moins contre une force-insurrectionnelle.

    Les Soviétiques ont employé des Su-17 Fitter, Su-24 Fencer, Mig-21 Fishbeds et MiG-23 Flogger, et plus légèrement le Su-25 Frogfoot durant le conflit, bien que ce dernier effectuera le plus de sorties par appareils. Les Fitters et Fishbeds furent relégués principalement à des missions exigeant une précision générale, tandis que le Fencer, le Flogger et surtout le Frogfoot ont été davantage demandés pour un soutien aérien direct contre des cibles ponctuelles. Bien d’autres appareils furent utilisés, mais en quantité infine: Le Yak-38, Yak-28, Il-28…

    L’utilisation du premier est assez intéressante. Le Yak-38 Forger, avion V/STOL comparable au Harrier occidental, fut présent en Afghanistan par le biai de seulement 4 aéronefs. Ces appareils auraient opéré pendant quelques mois de 1980 (18 Avril-29 Mai), et auraient fait en tout 107 sorties. Il était basés à l’aérodrome de Shindad.
    La présence de tels avions en Afghanistan est originale, ces derniers devant servir sur des porte-hélicoptères classes Kiev et Moskva. L’introduction de cet appareil dans ce conflit était dans le but de tester les capacités V/STOL du Yak-38 dans un pays qui manquait de bons terrains d’aviation, à la fois trop courts pour l’utilisation de jets et en mauvais états, la vérification du fonctionnement de l’équipement radio sur les vols dans les canyons, l’exploration de la possibilité de décollage depuis des pistes endommagées et une étude approfondie de l’efficacité de combat des VTOL à haute altitude et à haute température. Les appareils pratiquèrent tout autant de STO (Short Take-Off) que de VTO (Vertical take-Off).

    Ces tests se sont avérés concluants mais aussi décevants. Tout comme l’hélicoptère, les performances des Yak-38 souffraient de la température et de l’altitude. En effet, au sol l’avion se trouvait déjà à plus de 1300 mètres du niveau de la mer. Cela limitait alors sa charge, tout en carburant et en armement. Le yak-38 ne pouvait porter que deux bombes de 250 kg et le carburant ne suffisait que pour 40 minutes de vol.

    L’expérience acquise montra l’urgence d’augmenter le rapport poussée-poids de l’avion et ses caractéristiques d’accélération En mode VTO. Ces conclusions furent prises en compte, puisqu’en 1985, le Yak-38M Forger-A, amenant de biens meilleurs moteurs, entra en service. Cependant, cette expérience témoigne d’une seconde utilité au conflit: l’expérimentation de nouvelles armes, ce qui est particulièrement vrai pour les ailes-fixes. Un certain nombres d’avions, aujourd’hui en dotation dans la VVS, furent testés en Afghanistan: tu-22M, Su-25, Mig-27…

    -Su-25 “Frogfoot”

    Bien qu’une variété d’avions ait été utilisée par les soviétiques en Afghanistan, le Su-25 FROGFOOT mérite une attention plus importante. En moyenne, chaque avion effectua 360 sorties par an, soit un total considérablement plus élevé que celui de tout autres avions de combat en Afghanistan. En comparaison avec le FLOGGER et FITTER, le Su-25 émerge comme un shturmovik classique. L’avion est arrivé dans le pays en Novembre 1981 et il est généralement dit que son déploiement était une évaluation de ses capacités.

    Le Su-25 dispose de 10 points d’emport pour armements dont deux réservés, aux extrémités, à des missiles air-air R-60M d’autodéfense. Un large panel de roquettes et bombes classiques peuvent être emportées ainsi que des missiles air-surfaces et canons.

    Le Su-25 reste l’un des rares appareils à être encore largement blindé. La version de 1987 donne 11,5% du poids de l’appareil au blindage. Le cockpit est particulièrement protégé; il s’ouvre à droite et le pilote entre à l’aide d’une échelle rabattable intégrée au fuselage avant. Une fois à l’intérieur,il est protégé par une «baignoire» en titane, se composant de plaques soudées allant de 10 à 24 millimètres d’épaisseur. La baignoire devait théoriquement être à l’épreuve des obus de canon de 20 millimètres (standard US) ou de 23 millimètres (standard soviétique). Sans surprise ce blindage rendait l’habitacle très étroit. Les deux moteurs sont chacun individuellement blindés, afin d’éviter que la perte d’un moteur n’entraîne celle du second, et ainsi de l’appareil. En effet, le Su-25 peut voler avec un seul réacteur.

    Les versions précédentes du Su-25 étaient équipées de deux turboréacteurs R95Sh sans post-combustion. Les dernières versions (Su-25T et TM) sont équipées de moteurs R-195 améliorés. Ils ont tous deux la particularité de pouvoir consommer indifféremment du kérozène d’avion ou de l’essence et du diesel.

    Le Su-25 présente une avionique intégrée et complète. Le point le plus remarquable est le télémètre laser Klen-PS, fixé dans le nez de l’avion, sur sa pointe. La description de cet équipement peut tendre à la confusion. Le télémètre a apparemment une fonction de «designateur laser», permettant au pilote de marquer une cible par laser, et utiliser par la suite des munitions à guidage laser. La capacité de désignation de cible laser semble être discutable, puisqu’il ne s’agit pas d’un système à tourelle comme un modèle occidental serait, et le cockpit manque d’un écran pour contrôler un désignateur monté sur tourelle.

    De façon quelque peu surprenante, il a finalement été établi que le Klen-PS avait une capacité de désignation de cible laser. Le pilote devait verrouiller l’outil sur une cible par le biais de son viseur, et le Klen-PS allait ensuite calculer chaque mouvements de l’appareil afin de rester verrouillé sur la cible.
    Ces considérations laissent penser que les Su-25 volaient et attaquaient souvent en pair avec un «avion désignateur»; Un aéronef placé à une distance sûre pour cibler la cible par laser pendant que l’autre l’attaquait.

    Son canon de 30mn transportait 250 balles. Comparé au A-10, cela peut expliquer que le canon du Su-25 n’était pas son arme fétiche, au contraire de son homologue américain. Les charges externes comprenaient typiquement des bombes FAB (charge simple) et RBK (à fragmentation); Des roquettes non guidées, comme les 32mn, 20mn, 122mn ou encore 240mn. En principe, un AAM comme le R-60M pouvait être transporté sur le pylône extérieur de chaque aile; L’aéronef est capable d’utiliser des armes dites «intelligentes» comme les LGB ou le Kh-29L, qui est un missile à guidage laser.

    Le Su-25 reste un appareil rustique capable d’opérer depuis des pistes non préparées.

    Le Su-25 a été produit jusqu’en 1989 par l’usine aéronautique de Tbilissi en Géorgie (875 exemplaires dont 210 pour l’export) et jusqu’en 1991-92 par l’usine d’Oulan-Oude en Russie. Au total, plus de 1200 Su-25 auraient été produits dont environ 300 biplaces. La Russie posséderait encore environ 200 Su-25 toutes versions confondues dont une cinquantaine de Su-25SM monoplaces modernisés et une trentaine de Su-25UB biplaces.

    le Su-25 connu son baptême du feu dès 1980 en Afghanistan, les soviétiques n’hésitant pas à y déployer deux prototypes pour les tester en “conditions réelles”. Il étaient initialement basés à l’aérodrome de Sitalcay, en République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan. Un an plus tard, un premier régiment de Su-25 de série fut déployé en Afghanistan.

    Outre les missions d’appui feu au canon, à la roquette et aux bombes classiques, les Su-25 auraient effectué 139 tirs de missiles guidés Kh-25ML et Kh-29 en Afghanistan contre des cibles de “haute valeur”.

    Le Su-25 était un avion respecté en Afghanistan, que ce soit par ses pilotes que les moudjahidines.
    Il était robuste, manœuvrable, et surtout puissant. Les Su-25 travaillaient souvent en partenariat avec des hélicoptères Mi-24, fournissant une importante puissance de feu face aux cibles que les Hind ne pouvaient gérer. Le Su-25 fut connu sous le nom de “Grach (Rook)”, en référence à l’oiseau européen que l’on appelait grossièrement «corbeau» sans réfléchir à deux fois. Personne n’est absolument sûr de savoir comment il eut le nom, bien qu’une hypothèse dit que ce soit parce que les pilotes qui estimèrent que c’était la façon dont l’aéronef volait par rapport à ses homologues les «faucons», faisant référence aux chasseurs. En tout cas, il s’agissait d’un nom utilisé avec respect; Les forces terrestres appréciaient profondément le «Grach» alors qu’il volait au-dessus de leurs têtes, en attendant d’être assigné à des cibles à détruire.
    Le pilote jouissait d’un haut degré de protection dans sa baignoire en titane, mais lorsque les moudjahidines commencèrent à utiliser des missiles de surface à air (SAM) fournis par les États-Unis, les pertes augmentaient. Le problème majeur était que les moteurs jumelés du Su-25 étaient trop proches, et la désintégration de l’un provoquaient l’échec de l’autre. La solution était de mettre un “pare-feu” entre les deux moteurs sous la forme d’une dalle de métal d’environ 5 millimètres d’épaisseur. Un système d’extinction d’incendie à base de freon fut également installé, et quatre distributeurs de flares supplémentaires furent ajoutés à l’arrière de l’appareil.

    Le Su-25 «Grach» semble avoir été fait pour l’Afghanistan. Agile, robuste, puissant, il pouvait se faufiler entre ces mythiques montagnes et vallées et frapper n’importe quelle cible. Il n’est peut être pas aussi emblématique, mais reste «le faucon de l’Afghanistan».

    Chapitre 5:

    -Avions-cargos; Bombardiers

    Les grandes ailes fixes, avion-cargos et bombardiers, jouèrent un rôle assez important pour recevoir de l’attention vis à vis de leur utilisation en Afghanistan.

    Une mission originale qui fut attribuée aux avions de transport fut l’illumination du champs de bataille. En effet, les An-12 et An-26 fournirent un éclairage du champ de bataille lors des combats nocturnes; En général, un ou deux appareils lâchaient en continue des fusées éclairantes, pouvant éclairer plusieurs kilomètres pendant quelques minutes.
    Il servirent aussi de postes de commandement aérien, chose assez fréquente étant donné que les pauvres qualités offensives des moudjahidines ne requéraient pas un AWACS pur.

    Ironiquement, les soviétiques copièrent certaines tactiques américaines utilisées au Vietnam. Certains rapports indiquent que les An-12 furent utilisés comme bombardiers en faisant glisser des bombes hors de la rampe de la queue en vol. Au Vietnam, les États-Unis larguèrent 15 000 livres de bombes à travers des C-130. Lors de l’offensive Panjshir VII, des AN-12 et An-26 furent utilisés de la même façon.
    Bien évidemment, la VTA utilisa ses appareils à plusieurs fins, mais le transport était la mission majoritaire. Les soviétiques constatèrent rapidement qu’ils ne pouvaient que peu souvent utiliser des convois terrestres pour ravitailler les nombreux avants-postes éparpillés dans tout l’Afghanistan. Même des bases aussi importantes que Khost et Gardez -chacune ayants une garnison d’au moins un régiment- ne purent rapidement se passer de la voie aérienne, tandis que les bases plus petits se contentèrent de ravitaillement par parachutage ou héliportage. Dès les premiers stades de la guerre, les soviétiques s’appuyaient fortement sur la VTA pour l’introduction systématique du matériel militaire ordinairement transporté par route.

    Pour ce qui est des bombardiers, la stratégie russe ne basaient pas un rôle important à leur égard, ce qui explique la carrière assez soporifique des bombardiers russes comme les Tu-16, tu-22 et tu-22M.
    Les bombardiers étaient pratiquement tous stationnés à l’intérieur de l’union soviétique. Leur baptême du feu en Afghanistan aurait apparemment était dirigé contre la ville de Herat, (ironiquement avant l’invasion) entre le 15 et 20 Mars 1979, faisant plus de 5000 morts.
    Le 21 avril, une campagne de nettoyage débuta dans la vallée de Panjshir par une série de bombardements, le tout situé à environ 100 km au Nord de la capitale de Kabul. Les rapports indiquent que trente-six bombardiers Badger furent utilisés, avec entre 30 et 40 frappes par jours.
    Mais les bombardiers eurent surtout un rôle dissuasive; beaucoup de ces appareils patrouillaient sur la frontière russe et la frontière pakistanaise.
    Tactiquement, les bombardiers étaient relativement en sécurité, tout simplement parce que les guérilleros n’avaient d’équipement capable d’atteindre ces appareils. Même avec l’arrivée de MANPADS plus performants (FIM-52 Stinger), les bombardiers étaient toujours hors-portée.

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    -Tu-22M “Backfire”

    Principal bombardier supersonique à long rayon d’action en service en Russie à l’heure actuelle, le Tu-22M n’a rien à voir avec le Tu-22, qui avait tellement déçu par ses piètres performances que Tupolev se mit rapidement à étudier un successeur, le tu-22M. Le Tupolev Tu-22M (également appelé Backfire) est un bombardier stratégique et maritime de longue portée développé par Tupolev pour l’armée de l’air soviétique. L’avion est actuellement en service avec l’armée de l’air russe et l’aviation navale russe. L’avion est principalement utilisé pour mener des opérations d’attaques nucléaires et d’attaques conventionnelles-les Tu-95 et Tu-160 étant quant à eux classifiés comme bombardiers stratégiques. Il peut également être déployé dans des missions de reconnaissance maritime.

    En 1962, avec l’introduction du Tu-22, il est devenu de plus en plus clair que l’avion était considérablement inadéquat dans son rôle de bombardier. En plus des problèmes d’inutilité et d’entretien, les performance du bombardier se sont révélées dangereuses. Sa vitesse d’atterrissage était d’environ 100 km/h, ce qui était nettement trop rapide. Par ailleurs l’appareil avait tendance à frapper sa queue sur la piste lors de l’atterrissage. Aussi, Il était difficile à voler et avait une visibilité générale catastrophique. Enfin, avec l’arrivée des jets, la vitesse s’imposa rapidement comme la seule défense efficace face aux intercepteurs. Or, cette vitesse n’était pas le point fort du tu-22, comme beaucoup des bombardiers à réactions de l’époque. En clair, il fallait se hater de trouver un nouveau bombardier.

    Lors du développement, Sukhoi, traditionnel concepteur d’avions de chasse, développa le T-4, un avion en titane à quatre moteurs avec plan canard. Pour rester en course, Tupolev, dont l’expertise est avec les bombardiers, a offert à la Force aérienne soviétique (Voyenno-Vozdushnye Sily, VVS) une version mise à jour du Tu-22, nommé «AM». Par rapport au T-4, il s’agissait d’un design évolutif, avec son attrait dans sa simplicité et son faible coût. Cependant, le gouvernement soviétique était sceptique quant à la nécessité d’approuver le développement d’un avion de remplacement alors que le Tu-22 venait d’entrer au service. Mais à la fin, il fut accepté.

    Beaucoup des étapes de développement dans la fabrication de l’AM étaient uniques à l’époque. Une attention particulière fut accordée à la construction de l’aile à balayage variable – la base de l’ensemble du projet. Deux moteurs à turbo-flan sont montés dans le fuselage de l’appareil (chose rare pour l’époque), avec de grandes prises d’air rectangulaires et deux échappements. Le fuselage est long et mince avec un nez solide et pointu et un poste de pilotage étagé. Le TU-22M était né.

    Le principal armement du Tu-22M est le missile Air-Surface supersonique Kh-22 (Kitchen AS-4) à charge nucléaire tactique ou conventionnelle; mais le Tu622M peut également emporter le missile Kh-15P ( Kickback AS-6) ou 24 tonnes de bombes non guidées. Un emplacement spécialement réservé au Kh-22 est incrusté au ventre du fuselage, alors que deux autres missiles peuvent êtres installés sur d’autres points d’emports.. Le Tu-22M dispose en outre d’un armement défensif dans une tourelle de queue équipée d’un double canon GSh-23 de 23mm contrôlé par un radar d’alerte et de contrôle de tir PRS-4 Krypton (ou Boxtail selon la désignation OTAN).

    Durant la Guerre Froide, les Tu-22M de l’aviation à long rayon d’action soviétique pouvaient menacer toute l’Europe avec leurs armements conventionnels ou nucléaires tandis que ceux de l’aviation navale menaçaient les Task-Forces américaines sur toutes les mers du globe avec pour principale mission la destruction des porte-avions en cas de conflit.

    Ce conflit n’eut pas lieu, mais le Tu-22M fut toutefois utilisé en combat, en Afghanistan. Il fut déployé de Décembre 1987 à Janvier 1988, au cours duquel les avions effectuèrent des missions de terreur et d’appui lors de la tentative de l’armée soviétique de soulever le siège des moudjahidines sur la ville de Khost. Deux escadrons de tu-22M du 185ème GvBAP basé à Poltava furent déployés dans la base aérienne de Maryy-2 au Turkménistan. Capable de larguer de très gros tonnages d’explosifs, ces appareils bombardaient systématiquement les forts et camps rebelles. En octobre 1988, de nouveaux appareils furent déployés; 16 Tu-22M3 furent utilisés pour couvrir les forces soviétiques qui sortaient du pays. Travaillant aux côtés de 30 MiG-27 nouvellement arrivés, l’avion eut également effectué des missions visant à soulager la ville assiégée de Kandahar. La dernière opération des tu-22M furent pour la destruction du passage de Salang.

    Le Tu-22M fut aussi utilisé contre les forces tchétchènes au cours de frappes près de Grozny, durant la première guerre de Tchétchénie. Des tu-22M sont aujourd’hui en service en Syrie, contre le Djihadistes et les rebelles.

    Le Tu-22M reste encore aujourd’hui le bombardier principal de la Dal’naya Aviatsiya, bien qu’il ait fait son temps. Il reste l’un des rares géants de la guerre froide, un souvenir de cette ère de crise.

    Chapitre 6:

    À la fin de 1981, il devenait évident que l’utilisation de grandes forces mécanisées et blindées ne constituait pas une stratégie viable pour sortir victorieux de ce conflit. En raison des résultats médiocres dans la lutte contre les moudjahidines, le général Ivan Pavlovski fut relevé de son commandement de la 40e armée en décembre 1981 et retourna en Union soviétique. Cette situation accentua l’ascension de la puissance aérienne comme force de substitution, remplaçant la force terrestre de la guerre contre les talibans.

    -La VVS comme force de terreur

    Dès le début du conflit, la VVS (force aérienne soviétique) joua un rôle prédominant comme moyen de terreur dans une campagne d’intimidation et de punition de la population afghane-au contraire du Vietnam, la population afghane devint bientôt un martyr de la guerre d’Afghanistan. Les opérations de la VVS progressèrent rapidement d’un accent militaire à un moyen de terreur englobant l’emploi quasi-automatique des biens de l’aviation soviétique comme instruments de punition et de terreur.

    Ce terme de «moyen de terreur» représente assez clairement l’une des manœuvres des soviétiques afin de gagner cette guerre; Au contraire du Vietnam où la population était un «parti tampon», d’un point de vue soviétique, la population afghane était en loin innocente, et pour une grande partie aidait les moudjahidines. Et les soviétiques avaient eu juste: les talibans étaient nourrit et soignés par les civils. Alors que l’effectif militaire, comparé à celui du Vietnam, était deux fois moins important, les pertes civiles afghanes ont largement dépassées celles du Vietnam- Entre 1 et 2 millions de morts afghans (3 millions ont fuit l’Afghanistan) contre «seulement» 600 000 civils vietnamiens. Ces pertes font de la guerre d’Afghanistan l’une des plus sanglante de notre époque, et la force aérienne soviétique y est pour quelque chose.

    En premier temps, les forces soviétiques en Afghanistan ont tenté d’interdire le flux d’approvisionnements et de main-d’oeuvres du Pakistan vers les moudjahidines. Les tentatives soviétiques initiales de fermeture de la frontière ont porté sur l’emploi de puissance de feu massive à partir d’avions (à la fois d’aile fixe et d’hélicoptère) et d’artillerie pour soutenir les progrès des forces mécanisées et blindées. Le journaliste français Gérard Chaliand visita plusieurs provinces afghanes le long de la frontière pakistanaise en 1980. Il déclara: «Au cours des six premiers mois de 1980, les russes étaient surtout préoccupés par le contrôle de la région frontalière pakistanaise, en particulier Kunar et Paktia, et, à un moindre, Les provinces de Ghazni “. Dans le cadre de la frontière pakistanaise, les avions à voilure fixe ont largement soutenu ces opérations initiales en fournissant une puissance de feu massive sous forme de bombardement pré-attaque et de bombardements punitifs avec du napalm et du gaz, tandis que les hélicoptères fournirent un support aérien. En juillet 1980, les forces soviétiques et la DRA détruisirent au moins 60 villages au sud de Kaboul au cours d’une opération de deux semaines.

    Les tentatives soviétiques d’intimidation de la population civile impliquaient un effort aérien commun. Le bombardement intensif des villages par avion et par artillerie servit de prélude à l’entrée de forces mécanisées et blindées dans la région. Ces forces ont ensuite mené une campagne de «terre brûlée» en détruisant les habitations locales, les cultures agricoles, les systèmes d’irrigation, le bétail et les puits, bouleversant les approvisionnements alimentaires. Un officier suédois, après avoir visité plusieurs villages détruits par les soviétiques, nota: «les soldats russes tirèrent sur tout ce qui était vivant dans les six villages- les gens, les poules, les ânes – et ils pillèrent ce qui restait de valeur». Ces opérations soviétiques visaient à faire fuire les villageois de ces régions, dans un effort de créer une zone où les insurgés ne trouveraient aucun soutien.

    La «pacification» du village et la création de «zones mortes» chimiquement contaminées n’étaient que deux outils dans la campagne visant à la destruction de l’infrastructure d’approvisionnement des insurgés. Les soviétiques utilisèrent largement les mines parachutées dans une autre tentative d’interdire les routes majeures allant vers le Pakistan. L’utilisation de cette arme devint une routine pour les soviétiques en Afghanistan, à la fois comme méthode pour interdire les voies d’approvisionnement des moudjahidines et pour protéger leurs bases et les grandes zones urbaines comme Kaboul. Le major-général soviétique Oleg Sarin et le colonel Lev Dvoretsky estiment que, entre 1980 et 1985, Les ingénieurs soviétiques enfuirent environs 91 000 mines antipersonnel. Les hélicoptères à eux seuls laissèrent tomber plus d’un million de mines et, en 1983 et 1984, les avions utilisant le système Vilyui (éjecteur de mines aérien) larguèrent 1,7 million de mines supplémentaires. Ces mines avaient deux objectifs. D’une part, les soviétiques les utilisaient pour mutiler les soldats moudjahidines qui auraient besoin de l’aide de leurs camarades pour atteindre un de leurs hôpital de fortune, réduisant ainsi la taille de la force opérationnelle sur le terrain à un moment donné. D’autre part, les mines placées le long des routes de réapprovisionnement ralentissaient l’approvisionnement.

    En août 1982, les forces soviétiques et DRA ne contrôlaient encore que les principales villes et les principales routes du pays. La mort de Leonid Brezhnev en novembre et son remplacement par Yuri Andropov ont peu contribué à modifier la situation tactique ou stratégique pour les membres de la 40e armée. Andropov faisait la comparaison avec la situation Post-revolution rouge de1917, qui fut succédée par une campagne de terreur du gouvernement contre la population. L’orientation d’Andropov donna un nouvel élan à cette stratégie de terreur et de représailles contre la population afghane. Les Soviétiques révélèrent la nature de cette stratégie dans une attaque contre la ville de Pagman en septembre: jets et hélicoptères soviétiques bombardèrent le le centre-ville pendant plus de deux heures, tuant et blessant plusieurs dizaines de personnes.
    Les forces soviétiques, incapables de coincer les insurgés, eurent de plus en plus recours à des représailles pour punir la population civile pour des actes des moudjahidines. Par exemple, en avril 1983, les Soviétiques répondirent à un soulèvement général dans une des régions du pays par un bombardement de la ville de Herat (150 000 habitants). La campagne, décrite par les responsables américains comme «extrêmement lourde, brutale et prolongée», entraîna la destruction de la moitié de la ville et les décès d’environ 3 000 non-combattants.

    Mike Martin a longtemps parlé de la politique russe visant à cibler les villages voisins en représailles aux attaques des insurgés en déclarant que les Soviétiques étaient «réduits à délibérément avoir tué des civils dans l’espoir vain d’abandonner leurs combattants». 50 avions soviétiques et DRA ou artillerie ont bombardé les villages sélectionnés , Et dans certains cas détruit des champs cultivés. La destruction des cultures constituait un élément continu dans une «politique de famine» soviétique. Martin soutenait que «vers le milieu de 1983, les russes semblaient en faillite d’idées militaires et avaient recours à l’usage répandu de la terreur».

    Cet usage répandu de la terreur avait fait de l’aviation la force fétiche de la 40e armée, et le cauchemars des afghans. Là où les hélices des hélicoptères retentissaient, la mort s’en suivait. Civils et talibans afghans apprirent à fuir instinctivement les hélicoptères. Le poids psychologique avait toute sa place dans la campagne de terreur.

    Cependant, l’incapacité de diviser la population et les moudjahidines, le désir d’éviter les pertes et la frustration soviétique qui en résulte avec le statu quo se sont combinés dans l’adoption d’une méthode apparemment simple et efficace pour abaisser les pertes de personnel. Il est vite apparu qu’une nouvelle stratégie était nécessaire.

    C’est en 1984 que les choses commencèrent à changer. Les premières années de la guerre, qui furent témoins de la campagne aérienne de terreur envers les civils, se conclurent par un échec total, autant sur le plan politique que militaire. Cette campagne de terreur avait mobilisé presque la totalité de la force aérienne, obligeant la force terrestre à se battre contre les talibans. La situation par rapport à 1981 avait changé, mais très peu pour le mieux. Petit à petit, la VVS commença à relâcher la pression sur la population pour tourner ses appareils vers les moudjahidines eux mêmes. La campagne de terreur n’était en loin finie, mais la nécessitée d’en finir au plus vite avec ce conflit la plaça en second plan.

    Du point de vue de la VVS, le conflit commença assez faiblement. En 1981, avec la campagne de terreur, l’aviation commença réellement à peser dans le conflit, même si cela ne menait à presque rien. Entre 1983 et 1984, la VVS commença à gagner ça place dans la guerre contre les talibans, et non plus seulement contre la population. En cette date, l’on pouvait alors témoigner du changement qu’ocurrait la force aérienne en un passage de force de substitution de la force terrestre. Cette date de 1984 signifia un changement crucial dans la guerre de la force aérienne russe contre les talibans.

    Village afghan après le passage des soviétiques/i]

    -L’assaut aérien

    En 1984, les soviétiques commencèrent à modifier leur stratégie aérienne et terrestre afin d’utiliser plus efficacement leurs effectifs contre les insurgés. La campagne de terreur se prouva défectueuse, en employant des moyens aériens limités dans un rôle ne justifiant pas ce geste. Alors la force aérienne commença à se concentrer vers un combat plus direct contre les moudjahidines. L’assaut aérien est le symbole de cette force de substitution, prenant la place de la force terrestre. En effet, grâce à cette technique de d’assaut aérien, les soviétiques purent enfin pratiquer ce fameux «enveloppement vertical», passant d’une force aérienne à une force aéro-terrestre en un temps record.

    Les soviétiques tirèrent du conflit d’Afghanistan la nécessité d’une mobilité rapide et d’un appui massif et réactif, plutôt qu’un encerclement par des forces motorisées terrestres. L’accent est mit sur l’idée d’un «enveloppement vertical», donnant de l’importance aux opérations impliquant l’utilisation massive d’hélicoptères et de forces aéroportées. En effet, L’hélicoptère est une plate-forme polyvalente et flexible, avantageuse pour l’insertion et le support de troupes d’assaut aérien, sans le risque d’un parachutage massif et exposé et l’utilisation disproportionné de ressources aériennes limitées. Il faut faire liaison avec la notion «d’hélicoptère de manœuvre», très soutenu par les soviétique; là, l’hélicoptère n’était plus un soutien, mais un élément essentiel de l’opération, au même niveau que le fantassin sur le champ de bataille.

    Selon le Major James Holcomb de l’armée américaine et l’analyste soviétique Graham Turbiville, la mise en œuvre d’un assaut aérien se base sur la coopération avec la/les forces d’assauts principales et les GMO [Groupes de Manœuvre Opérationnels] afin d’aider leur pénétration en profondeur (au niveau opérationnel) dans le dispositif ennemi, ainsi que d’effectuer d’autres missions tactiques isolées. Ces forces d’assaut aérien pourraient être déployés en devant de la ligne de front, fonctionnant indépendamment du reste des forces, et ayant comme objectif les lignes de communications de l’ennemi. elles pourraient également agir comme force de blocage dans les opérations conçu pour piéger les forces ennemies entre le marteau -force d’assaut principale- et l’enclume -force d’assaut aérien. Cela confirme les propos du français Benoit Michel, chef d’escadrons dans l’armée de l’air, insinuant que l’utilisation des forces aéroportées russes est multi-roles (notion partagée avec les britanniques) au contraire de l’exemple américain, voyant les OAP [Opération Aéroportée] comme un moyen d’influence et d’insertion stratégique.

    1930 fut témoin de la création des Desants, troupes aéroportées soviétiques. En 1955, l’on comptait 7 divisions de VDV/Desants (de 10 000 hommes chacune). En 1979, les Desant soviétiques comprenaient non seulement les forces aéroportées (VDV), mais aussi une force d’assaut aérien nouvellement créée, les DshBs, où Desantoshturmovaya Brigada- Brigade d’assaut d’atterrissage. Les DshBs se basaient quasiment sur l’utilisation de l’hélicoptère dans tout les rôles possibles. Par ailleurs, que ces unités soient des brigades est en soi une indication de leur statut particulier, puisque la brigade n’était pas une formation standard dans les forces armées soviétiques. Aussi, au contraire de l’unité aéromobile américaine, les hélicoptères soviétiques ne sont pas organiques à la brigade. Il appartiennent à l’armée de l’air. Enfin, tous le personnel de ces unités sont entraînés au saut en parachutes, et portent le béret bleu traditionnel et le gilet rayé des forces aéroportées.

    De tels assauts aériens requièrent toujours une longue préparation. Si l’assaut est en coopération avec une plus grande opération, l’on enverra une équipe de reconnaissance chercher les plus propices LZ. Il est aussi nécessaire d’étudier le terrain ciblé, notamment la température et l’altitude: Un hélicoptère Mi-8 peut transporter au niveau de la mer, 24 soldats tout en étant lui même armé. Mais dans les montagnes, ou la températures est extrême et l’air rare, il ne peut prendre que 12 hommes, si ce n’est moins.
    Par ailleurs, afin de tromper l’ennemi du lieu de la réelle ZA, de fausses ZA étaient proposées; les hélicoptères se dirigeaient vers ces positions puis changeaient brusquement d’itinéraire pour ce diriger vers la véritable ZA.

    Une formation standard pour un assaut aérien consiste en plusieurs éléments. Un groupe d’hélicoptères de combat nettoie une ZA pré-désignée de toutes forces hostiles. Ce groupe peut aussi être accompagné d’avions d’attaque au sol.
    Un second groupe, toujours composé de Mi-8mt (version surarmée) va débarquer les troupes aéroportées sur la ZA. Pendant le vol et cette phase d’atterrissage, les troupes héliportées tirent sur les positions ennemies à travers les fenêtres ouvertes. L’on débarque entre autre un FAC, qui va aider dans l’acquisition dans cibles.
    Ce groupe est suivit par le corps principal de l’assaut aérien, dont les appareils volent en colonne. L’on y voit des Mi-6 et Mi-8mt, volant en paire, avec une distance précise entre chaque duos. Le nombre d’hélicoptères dans ce groupe dépend de leur disponibilité et de la taille de la force d’assaut. Généralement, ce groupe est escorté par 2-4 Mi-24. À la fin du débarquement, les hélicoptères de transports armés participeront à l’appui-feu des forces alliées. Si il n’y a pas assez d’hélicoptères pour héliporter l’effectif total, alors l’on procédera à un nouveau «convoi», même si l’on perd l’effet de surprise.
    Pendant le processus d’atterrissage, l’officier supérieur en charge de l’assaut fourni un contrôle sur l’opération via un hélicoptère séparé de type Mi-9 ou MI-8 VZPU, servant aussi de FAC aérien.
    Un quatrième groupe d’hélicoptères est assigné à l’évacuation et au sauvetage au cas où l’assaut est un échec.

    L’assaut aérien est même arrivé à un niveau bien plus tactique, employant seulement une paire d’hélicoptères. Pendant que l’un dépose ses troupes au sol, le second le couvre, et appuie par la suite les forces terrestres engagées.

    Le terrain montagneux de l’Afghanistan a mis à l’épreuve tout le dispositif soviétique. Dans un théâtre européen, il ne manque pas de ZA, Ce qui est tout le contraire des montagnes afghanes. Dans ce genre de terrain, l’on avait régulièrement recours à plusieurs petites ZA, car il n’y en avait pas d’assez larges pour contenir l’atterrissage de toute une compagnie ou bataillion simultanément. L’on divise alors le corps principal en sous-unités, devant se regrouper en un lieu précis après débarquement. parfois il est arrivé qu’une sous-unité du corps principal débarque sur l’une de ces petites ZA, trop près de forces ennemies, et ne doit alors se défendre immédiatement. Par exemple, en Novembre 1981, une compagnie de parachutistes opéra un assaut aérien, 70 km au Nord de Kabul. En tout, pas moins de six ZA furent assignées aux hélicoptères. Par ailleurs, ces ZA ne pouvaient être utilisées que par un hélicoptère à la fois, le second de la paire devant attendre dans les airs afin d’atterrir. Au final, l’assaut dura deux fois plus de temps qu’il ne fallait. Aussi, dans le cas où l’hélicoptère ne peut atterrir sur sa ZA, il devait flotter 2-3 mètres au dessus du sol le temps que ses hommes sautent.

    Les Soviétiques ont mené des opérations héliportées de plusieurs tailles. Le 21 avril 1984, une force rebelle détruit le une partie du pont Mattok sur la rivière Ghorband, au sud du tunnel de Salang. Quand ils essayèrent de répéter l’attaque, les soviétiques lancèrent un assaut aérien comme celui décrit si-dessus. La force afghane, estimée à 1 500-2 000 hommes, fut disloquée et éparpillée. Les rebelles survivants essayèrent de se cacher dans une vallée, mais les soviétiques débarquèrent deux compagnies, environ 200 soldats, sur les deux sommets de la vallée, contrôlant le seul accès de sortie. Presque immédiatement, les moudjahidines piégés, furent soumis à des frappes aériennes par hélicoptères et avions. Toutes tentatives pour avancer hors de la vallée étaient bloquées par les troupes soviétiques. Apparemment, ils y eut de nombreuses protestations sur les tirs alliées qui étaient trop proches des soldats russes, mais le résultat n’en resta pas moins la destruction de l’adversaire.
    Ainsi, dans une opération relativement brève, Les soviétiques ont pratiquement éliminé la menace moudjahidine avant que le pont ne soit totalement détruit.

    Un autre exemple est un assaut aérien en octobre 1984 dans le secteur du ravin de Pizgoran. Il a démontra la dépendance croissante des soviétiques à des débarquements aériens à grande échelle, impliquant des fusiliers motorisés en tant que force de contre-insurrection. Le 25 octobre, 24 hélicoptères Mi-8 transportèrent 1 280 hommes dans la zone de combat. Pendant l’opération, Mi-24 Hinds, MiG-23 Floggers et Su-25s fournirent un support appui-feu important pour la force d’atterrissage. L’opération se finit en un succès.

    Dans “Wings of the Motorized Rifleman”, 29 avril 1980, le lieutenant-colonel Romanov décrit un assaut aérien de la taille d’un bataillon (400 à 500 soldats). L’opération commence par la sécurisation de la ZA, probablement par un peloton renforcé. La préparation de la ZA comprend un tir de roquette de l’hélicoptère et un «Mad Moment» (moment de folie) par les soldats d’infanteries tirant depuis l’intérieur de l’hélicoptère juste avant l’atterrissage. Quelques minutes plus tard, la force principale arrive. Alors que l’ennemi est concentré sur l’assaut principal, une force attaque l’ennemi par l’arrière. Cette force bloque l’avance de la réserve adverse et soutient l’attaque principale. Lorsque renforcement est demandé, les hélicoptères livrent des canons de montagnes et des mortiers, pendant que des mines sont déposées pour protéger les flancs. Le but de l’article semble être triple: L’utilité de l’hélicoptère; la coopération afin de réussir au mieux des opérations aériennes et finalement La valeur des agressions par hélicoptères, en particulier en relief montagneux.

    Enfin, un dernier exemple montrant l’assaut aérien dans une opération plus importante. Début Janvier 1985, le commandant de la 70e brigade d’infanterie motorisée reçu un rapport de renseignement selon lequel l’ennemi avait prévu de tenir une conférence le 25 Janvier au village de Rumbasi (situé au sud-ouest de Kandahar). La décision fut prise de détruire l’ennemi lors de cette réunion. Le commandant de la brigade décida de mener un assaut aérien tactique près de Rumbasi afin de bloquer les moudjahidines dans le village, pendant que ce dernier serait attaqué par une force terrestre. Le 4e bataillon d’assaut aérien devait s’occuper de l’assaut aérien, pendant que la brigade devait s’occuper d’éradiquer les moudjahidines dans le village, et s’occuper de la région. La force d’assaut aérien se divisait en deux groupes. Le premier, plus léger en terme d’effectifs, devait saisir l’LZ à l’Est de Rumbasi, et sera suivi par le corps principal. Leur objectif était de détruire tout ennemis à proximité de la LZ, établir leurs positions à l’est et au sud-est de Rumbasi et bloquer l’ennemi dans le village jusqu’à l’arrivée de la force principale (la brigade).

    Le 25 janvier, à 13 heures, la première force d’assaut aérien s’envola vers la LZ pré-désignée. Le corridor aérien était d’une seule colonne d’hélicoptères, qui opéraient à basse altitude. Deux Mi-24 Hind, accompagnés de 4 chasseur-bombardiers de type Su-17, préparèrent la LZ pour atterrissage. Parallèlement, les 4 hélicoptères de transport Mi-8 se couvraient mutuellement avec leurs roquettes et mitrailleuses de bords. Pendant le débarquement, l’ennemi tirait sur les soviétiques avec des armes légères, mais aussi des lance-grenades lourds. Par conséquent, la LZ pour le corps principal fut déplacée d’un kilomètre au sud-est. Le débarquement du premier groupe fut intense et brutal, mais il se débrouilla efficacement et détruisit les moudjahidines menaçant son LZ. Par la suite ils établirent et tinrent leur positions de blocage autour de Rumbasi. Cependant, le feu ennemi empêchait le corps principal de prendre sa position près du village. Le premier groupe devait alors opérer seul face à la majorité des talibans du villages.
    Il fallut attendre l’arrivée de la brigade pour recevoir l’appui de son artillerie. Les deux hélicoptères Mi-24 étaient bientôt à cours de carburant et de munitions, et aucunes artilleries n’avaient été amenées. Il fallut attendre que la brigade soit à portée de feu pour que son artillerie déloge l’ennemi de ses positions, permettant au corps principal de progresser à sa position prévue, insistant à la bonne continuation de l’opération. Les moudjahidines qui essayèrent de se s’enfuir furent abattus par les troupes d’assaut aérien.

    Les pertes pour les soviétiques furent de 2 morts et 3 blessés, alors que les moudjahidines perdirent plus de 100 hommes, en plus de nombreux prisonniers.

    Le succès de l’opération est du à 2 points. L’effet de surprise; l’élément de surprise est capital lors d’assauts aériens. Dans ce cas là, il permit aux soviétiques de surprendre l’ennemi. L’efficacité et l’héroïsme des troupes héliportées du premier groupe furent aussi décisifs pour l’opération.

    Toutefois, des erreurs ont été faites, et des leçons sont à apprendre. Selon le type de mission et la contre-réaction anticipée de l’ennemi, un groupe d’assaut devrait consister au minimum d’une compagnie renforcée. Une telle unité devrait emporter plusieurs soutiens organiques comme une unité de sapeurs, des mortiers ou une section de AGS-17 (lance-grenades). Tout ce soutien aurait pu être remplacé par un appui aérien continue, chose qui ne fut non plus, pas préparé.
    Aussi, l’opération démontra un manque de coordination entre les forces terrestres et troupes d’assaut aérien. Une coordination temporelle est vitale afin que l’une des deux forces ne se retrouve pas seule à l’ennemi. Malgré ces fautes, l’opération fut un succès et les pertes furent extraordinairement légères.

    Les assauts aériens ont toujours était une option attrayante pour l’armée soviétique, les commandants souhaitant détruire des cibles importantes ou capturer des terrains vitaux ou des installations dans l’arrière ennemi. la guerre d’Afghanistan a permis de mettre cette doctrine en pratique et d’affiner l’hélicoptère comme une arme efficace, décisive, et ayant sa place dans toutes opérations aéro-terrestres. Symbole de la transition effectuée en 1984, la tactique de l’assaut aérien fut si importante quelle joua a un rôle quasi-strategique: du passage d’une force terrestre à une force aérienne (aéro-terrestre).

    -Une force de Substitution

    Comme nous avons pu le voir précédemment, l’aviation a dès 1981 joué un rôle important dans la lutte indirecte contre les moudjahidines, à travers une campagne de terreur contre la population qui mit la VVS en premier plan. Pourtant cette stratégie s’avéra infructueuse, notamment pour une utilisation atouts limitées pour des résultats insuffisants. Alors il fut décidé que non seulement la campagne de terreur allait continuer, mais qu’en plus la force aérienne allait prendre la place de la force terrestre dans la lutte, cette fois-ci directe, contre les talibans.

    La doctrine post-SGM mettait en valeur l’intensification de l’utilisation de la puissance aérienne, mais limitait son rôle au support aérien. En 1979, la doctrine soviétique se conformait à ce principe. Cependant, le terrain favorable à l’aviation, accentua la décision d’une force de substitution. Aussi, la réticence de Moscou à augmenter l’effectif humain en Afghanistan, l’envie de minimiser les pertes et enfin l’efficacité prouvée de la force aérienne dès le début du conflit à travers la campagne de terreur amenèrent les soviétiques à intensifier la présence de la puissance aérienne dans des rôles qui auparavant étaient privilégiés aux forces terrestres, mais aussi à diminuer l’effectif de cette force qui avait déçu plus d’un par son inefficacité.

    En effet, en 1980, l’on compte une trentaine hélicoptères et plus de 1800 chars d’assauts dans la 40e armée. En 1984, c’en est tout le contraire: l’on a pas moins de 325 hélicoptères en 4 régiments (il fut de 200 appareils en 1981). Du coté blindé, deux régiments entiers sont ramenés en URSS. Au niveau opérationnel, ce changement est d’autant plus flagrant: lors de Panjshir V (1982), les soviétiques et afghans eurent à disposition 600 chars, 1500 IFV, 500 canons, 109 hélicoptères et 26 ailes-fixes. Pour Panjshir VII (1984), l’on compte seulement 500 blindés (chars-IFV inclues), 272 canons, 196 hélicoptères et 200 avions.

    Mais au delà de l’effectif, c’est toute la stratégie russe qui est modifiée. L’opération Panjshir VII illustre correctement cette force de substitution et ses effet à un niveau opérationnel. L’acceptation croissante et l’utilité de “l’enveloppement vertical aérien” ont même commencé Se dirigeant vers les manuels doctrinaux officiels de l’Armée rouge. Alors que les précédentes opérations, notamment les précédentes Panjshir, furent ouvertes par un traditionnel barrage d’artillerie soviétique, l’offensive Panjshir VII commença par un bombardement vertical de 2 jours (bombardement stratégique), qui fut par la suite suivi de l’assaut des troupes. C’est par ailleurs la première campagne de bombardement intensive faite par les soviétiques depuis la seconde guerre mondiale. Aussi, l’on voit de plus en plus l’utilisation de l’assaut aérien, permettant de délivrer un important contingent de troupes en un lapse de temps par héliportage. Cet aspect donne un avant-gout de l’effet d’une force de substitution; d’un passage d’une force terrestre à une force quasi-aérienne, entrainant un changement dans le matériel, mais aussi dans les rôles des outils de combats employés.

    Cependant, l’effectif, le manque de moyen, fut problématique tout le long du conflit. Il n’y eut jamais assez d’hélicoptère pour escorter les convois, ou d’avions pour répondre à toutes les frappes aériennes demandées. Ceci est particulièrement vrai pendant les périodes de grandes offensives, où la majorité des besoins aériens étaient réquisitionnés, laissant le reste du front sans force aérienne. Par exemple, Panjshir VII mobilisa plus de 60% de de la flotte d’hélicoptères pendant plusieurs jours. Cela se terminait par une saturation des appareils; certains aéronefs faisaient 8 missions par jours, suivies de 6 missions par nuits- Les pilotes étaient à bouts de souffles, tout comme les machines.

    Cependant, les soviétiques n’arriveront jamais à terminer leur transition. Il n’y aura jamais assez hélicoptères et avions pour remplacer totalement le vide créé par l’absence de blindés. Cette réticence du Kremlin de ne pas vouloir employer trop de ressources dans ce conflit, est d’après beaucoup ce qui a causé toutes les difficultés des combats en Afghanistan: Il aurait fallut au minimum un millions de soviétiques pour tenir correctement le pays. Cette transformation n’aura aucuns effets stratégiques sur le conflit et la lutte de contre-insurrection, notamment à cause de l’absence d’une alternative sociale et politique pour l’Afghanistan. De 1979 à 1989, l’on resta sur une invasion et occupation militaire brutale, tout autant contre les moudjahidines que la population dans sa totalité. Finalement, la substitution d’une guerre routière et terrestre à des tactiques d’assauts aériens et de l’aéro-mobilité n’a fait que prolongé efficacement de quelques années l’inévitable. Dans un environnement de guerre non conventionnel, «posséder l’air» offre un certain nombre d’avantages très réels; Cependant, l’expérience américaine au Vietnam et l’expérience soviétique en Afghanistan ont montré que le contrôle de l’air était soit une condition nécessaire, mais certainement pas suffisante, pour la victoire.

    Chapitre 7:

    -L’arrivé des SAMs-Le missile Stinger

    Comme nous le montre ce dossier, l’utilisation de la puissance aérienne – et particulièrement des hélicoptères – a toujours été une part importante de la guerre en Afghanistan. La capacité des talibans à descendre des aéronefs revêt alors une importance considérable.

    Le ciel afghan n’a jamais été sûr pour les pilotes soviétiques. Dès le début du conflit, les pilotes devaient se méfier des falaises et parois des vallées qui pouvaient abriter plus d’une mitrailleuse lourde. Avant 1986, l’arme antiaérienne la plus efficace des moudjahidines s’est avérée être le “Dashka” de 12,7 mm et la mitrailleuse lourde “Zigriat” de 14,5 mm. Un déserteur soviétique, Alexander Zuyev, nota que les tactiques de défense aérienne des moudjahidines étaient “relativement primitives” en 1984, “mais leurs mitrailleuses anti-aériennes de 12,7 mm et 14,5 mm pouvaient être dangereuses au-dessous d’une altitude d’environ 4 500 pieds (1300 mètres)” . Ces armes lourdes furent de plus en plus fréquentes, notamment à cause de la livraison de copies chinoises par ces derniers. Par exemple, il n’y avait que 13 mitrailleuses lourdes dans la vallée de Panjshir en 1982, mais, à la fin de 1984, il y en avait près de 250.
    Mais alors que la plupart des appareils étaient sommairement «bulletproof» à ce genre de calibre, ils l’étaient beaucoup moins à des missiles anti-aériens guidés; Danger qui s’imposa rapidement sur le champs de bataille.

    En effet, les MANPADS (missile sol-air portable à l’épaule) étaient la seule chose qui empêchait les aéronefs soviétiques et afghans de maîtriser totalement les cieux. Généralement réservés aux armées conventionnelles, les moudjahidines s’en procurèrent assez aisément, soit en tant que prise de guerre d’un combat, soit comme aide d’états ne préférant pas voir les soviétiques s’établirent en Asie.

    En premier temps, les talibans réussirent à faire mains-basse sur des stocks de l’armée Afghane. Cela concernait le plus souvent des Sa-7 Strela II, MANPAD dont les performances médiocres sauvèrent un bon nombre d’appareils soviétiques.
    En second temps, les moudjahidines furent réapprovisionnés en MANPADS de qualités par des états étrangers. Par exemple, ils reçurent des copies de SA-14 (successeur du SA-7) venant de Chine ou d’Iran, quelques Blowpipe britanniques (l’efficacité du missile est souvent contestée), des des FM-43 Redeyes par les américains, mais aussi des FM-92 Stingers par la CIA. C’est ce dernier qui fut le plus répandu, avec 250 lance-missiles, et entre 500 et 2000 missiles Stingers.

    Après une période de délibération prolongée, en 1986, le gouvernement des États-Unis décida de fournir aux moudjahidines des missiles de surface-air Stinger. En recul, il est clair que l’impact psychologique et physique du Stinger s’est avéré énorme. La présence même du missile, qu’il s’agisse du plein effet ou non, força une altération fondamentale de la nature des tactiques aériennes soviétiques dans tout l’Afghanistan. Le Stinger, cependant, constitua la deuxième phase dans les tentatives de l’Occident pour améliorer les capacités organiques des défenses aériennes des insurgés. Déjà au début de 1986, les moudjahidines reçurent les premiers envois de Blowpipe SAM britanniques. Le Blowpipe à guidage optique s’est révélé grand et lourd aux yeux des insurgés. il demandait à l’opérateur de guider le missile avec un joystick contrôlé par le pouce tout en surveillant la cible avec une vue monoculaire. Les moudjahidines, qui n’étaient pas entrainés à utiliser une arme si complexe, montrèrent rapidement le favoritisme au Stinger, beaucoup plus facile à utiliser. En tout état de cause, le Stinger était, selon toutes les indications, une excellente amélioration par rapport au Blowpipe. Daoud Rams, un ancien pilote de MiG-21 de l’armée de l’air afghane, déclara: “Le missile Blowpipe n’a pas été un problème majeur pour les avions de chasse comme le Stinger. Stinger et Blowpipe étaient de véritables problèmes pour les hélicoptères, mais nous étions plus concernés vec les Stinger “. Le Blowpipe ne fut pas la réponse aux prières des insurgés, mais l’introduction du Stinger au milieu de 1986 a fondamentalement affaibli un avantage soviétique majeur: la capacité d’exercer une force coercitive par des attaques aériennes.

    En octobre 1986, les Moudjahidines reçurent environ 200 missiles Stinger. Le missile, avec sa vitesse maximale de 2,2 Mach et sa portée effective maximale de 5,5 kilomètres, fut remarquable, notamment comparé au SA-7 avec une vitesse maximale de 1,4 Mach Et une portée effective maximale de 3 kilomètres.
    L’impact physique de Stinger s’est manifesté de diverses façons. Par exemple, un médecin soviétique déclara à propos de l’impact du missile: «Jusqu’en 1987, tous les blessés étaient évacués par hélicoptère … Mais l’arrivée des missiles Stinger mit fin à l’utilisation massive des hélicoptères (ambulances)». Non seulement les missions Medivac furent affectées, Mais aussi la nature essentielle des tactiques aériennes fut changée avec l’arrivée de Stinger. Daoud Rams fait remarquer que «Avant le Stinger, nous étions libres de faire presque tout ce que nous voulions. Après l’introduction de Stinger, nous changèrent toutes nos tactiques, nos altitudes et notre rapidité. Tout. Nous n’avions pas envie de descendre bas et quand nous le devions, Nous volions très vite, et même à haute altitude… Nous ne pouvions plus opérer à volonté quand et où nous le voulions. » Ils est également à observer que l’efficacité de combat des opérations aériennes soviétiques a été considérablement diminuée lorsque le Stinger fut introduit en Afghanistan.

    L’influence de l’arrivée du Stinger sur la guerre est largement controversée:

    Pour beaucoup d’anciens vétérans américains de la guerre froide, la réponse à la question est claire: le missile Stinger à fait gagner les moudjahidines, une idée très partagée. Pour le député Charlie Wilson “Une fois que le Stinger a rendu ses hélicoptères inutiles, cela a mis les Russes à pied contre les Moudjahidines et il n’y a personne sur Terre qui puisse combattre les Moudjahidines à pied” comme il l’a déclaré au Washington Post en 1989.

    Selon une publication de l’US Air Defense Artillery de 1993, les artilleurs Moudjahidines ont utilisé les Stingers fournis furent utilisés dans environ 340 engagements pour 269 touchés, un taux de mortalité de 79 pour cent, ce qui, si précis, le rendrait responsable de plus de la moitié des 451 pertes d’avions soviétiques en Afghanistan. Ces statistiques détaillées sont basées sur l’auto-déclaration des moudjahidines, dont la fiabilité est inconnu.

    Cette impression d’avoir fait gagné le conflit au taliban est largement partagée et propagée par les médias occidentaux, principalement américains. Par exemple, dans un influent spécial de 60 minutes par CBS News sur l’Afghanistan en octobre 1988, l’hôte annonça: “Le Stinger est généralement crédité d’avoir gagné la guerre pour les moudjahidines”.

    Mais cette idée n’est pas sans contradictions. Pour les soviétiques, le Stinger n’a eu effet qu’au niveau tactique. Les chiffres donnés par la publication de l’US Air Defense sont aussi considérés comme grossiers. En effet, par exemple les forces pakistanaises tirèrent 28 Stingers sans descendre un seul l’avion ennemi. D’après les sources russes, 74 Mi-24 auraient été abattus, dont 27 par des Stinger et 2 par des FIM-43M Redeyes.

    Enfin, les soviétiques ne restèrent pas à rien faire; ils s’adaptèrent à la menace. Par exemple, les pilotes devaient commencer leur attaque à une plus haute altitude, et leurs «passes» devaient durer moins longtemps. Aussi, même si certains appareils en étaient déjà équipés, des contre-mesures et des systèmes d’alertes-missiles furent standardisés à tout les appareils. Aujourd’hui encore, les aéronefs soviétiques en Syrie sont équipés de tels systèmes.
    Une tactique plus originale, les Mi-24 furent également utilisés pour protéger des Stingers les avion-cargos entrant et sortant de Kaboul. Le but de la manœuvre était de tourner autour de la piste atterrissage en lâchant en rythme des flares, afin de détraquer les missiles Stinger. Les équipages s’appelaient eux-mêmes “Matveïevitch Matrosov”, d’après un héros soviétique de la Seconde Guerre mondiale qui se jeta à travers une mitrailleuse allemande pour laisser passer ses camarades.

    En ajoutant à cela, toutes données prévenant des moudjahidines devraient être sérieusement considérées erronées: ces derniers devaient divulguer l’efficacité par le nombre de tirs au but aux US afin de recevoir plus de missiles Stinger, ce qui les rendaient peu disposés à admettre des résultats moins performants. En effet, Barnett R. Rubin, dans «La fragmentation de l’Afghanistan», déclara: «… l’ISI a distribué des armes non seulement pour une utilisation dans les opérations, mais aussi (et en plus grande quantité) en tant que récompense pour les exécuter. Pour chaque avion confirmé abattu par un Stinger, par exemple, le commandant responsable recevait deux autres missiles. D’où l’avancement d’un avion soviétique coûtait à l’ISI et à ses fournisseurs de la CIA au moins trois missiles: un qui a été tiré et deux qui ont été livrés en récompense.»

    Pour conclure, Les missiles Stinger ont été d’une grande utilité pour les moudjahidines. Bien que la mitrailleuse lourda garda sa place d’arme fétiche pour descendre les appareils soviétiques, le missile Stinger fut une nette amélioration par rapport aux précédents moyens, beaucoup moins efficaces. Pourtant, l’effet est à relativiser. Ce fut en effet beaucoup plus de peur que de mal, cela due aux mesures radicales prises par les soviétiques et afghans pour contrer cette menace. C’est pour cela que en 1987, soit 1 ans après l’introduction du Stinger, les pertes sont aussi élevées que en 1984, 2 ans avant son apparition.

    Lance-flares installé sur un hélicoptère
    La grande ironie du sort: soldat soviétique avec un missile Stinger

    -Les combats contre les forces aériennes pakistanaises PAF

    Au début du conflit, aucunes répressions furent prises par l’Ouest afin de punir les soviétiques de l’invasion de l’Afghanistan. Au départ, le Pakistan, fidèle dès le début de la guerre froide au US, était très préoccupé par le mouvement soviétique, mais une analyse ultérieure des déploiements des forces ennemies montra qu’il n’y avait pas de menace imminente pour la sécurité du pays. Bien au contraire, les pilotes soviétiques, n’avaient pas la permission de voler à moins de 15 km à la frontière pakistanaise.

    Rapidement, il fut clair pour le Pakistan qu’il n’y avait aucune menace militaire conventionnelle pour eux de l’URSS et qu’ils pouvaient organiser un soutien pour les moudjahidines sans craindre de graves répercussions. Cependant, cette aide laissa des traces et des début de 1981, le nombre d’unités volantes détachées de la 40ème armée soviétique augmenta et leurs avions et leurs hélicoptères commencèrent à patrouiller près, ou même derrière, des frontières pakistanaises.

    Au début, Ce n’était que des opérations de reconnaissance qui étaient effectuées, mais très bientôt, les premières attaques contre les camps de réfugiés afghans sur des sols pakistanais furent entreprises. Ces lieux étaient des cibles capitales, car ce sont des endroits où les moudjahidines se retirent pour se reposer et s’entraîner et où les services militaires pakistanais recrutent des combattants pour la guerre en Afghanistan. Immédiatement, le Pakistan s’est tourné vers les États-Unis avec une demande pour un meilleur équipement, y compris de nouveaux avions (A-7 Corsair), SAM, radars, ainsi que des éléments pour ECM et ELINT. À la fin de 1981, la situation changea alors, avec les services militaires pakistanais qui s’impliquèrent plus directement dans l’organisation, le soutien et la gestion des Moudjahidines. Par la suite, les États-Unis décidèrent eux aussi de participer à cet effort de manière plus intensive. Initialement, les États-Unis avaient offert un soutien dans les armes et les fournitures pour les moudjahidines, mais très rapidement, après que les avions du VVS commencèrent à opérer sur la frontière pakistanaise plus agressivement, une décision fut prise pour réapprovisionner le PAF (force aérienne pakistanaise) avec des F -16s. Cette action fut nettement appréciées par le Pakistan qui avait des informations fiables sur les plans indiens pour attaquer et détruire les installations de recherche nucléaire du pays, à Kahuta. Shamim déclara au général Zia que “les avions indiens pourraient atteindre la zone en 3 minutes alors que le PAF prendrait 8 minutes, permettant aux indiens d’attaquer l’installation et de revenir avant que le PAF ne puisse la défendre”. Parce que Kahuta était proche de la frontière indienne, il fut décidé que la meilleure façon de dissuader une attaque indienne serait de se procurer de nouveaux chasseurs avancés.

    Entre mai 1986 et novembre 1988, les F-16 de la PAF abattirent au moins huit intrus d’Afghanistan. Les trois premiers (un Su-22, un Su-22 probable et un An-26) furent abattus par deux pilotes du 9e Escadron. Les pilotes du 14e escadron en détruisirent cinq (deux Su-22s, deux MiG-23 et un Su-25). La plupart de ces attaques étaient par AIM-9 Sidewinder, mais au moins un (un Su-22) fut détruit par canon. Le lieutenant de vol Khalid Mahmoud fut crédité de trois de ces tueries. Un F-16 fut perdu dans ces combats lors d’une rencontre entre deux F-16 et quatre MiG 23 de la VVS le 29 avril 1987.

    Aujourd’hui, la PAF est l’une des plus puissantes forces aériennes du monde entier ayant une expérience réelle avec les F-16s dans le combat aérien. Les pilotes PAF restent des exemples d’expertise et de professionnalisme. Ces hommes sont les seuls à avoir abattu des jets provenant de 4 Forces aériennes différentes [Indiennes / Israéliennes / URSS / Afghanes].

    Le souhait des soviétiques d’attraper au moins un des F-16 pakistanais fut influencé par plusieurs réclamations irakiennes, selon lesquelles leurs MiG-23ML abattirent de nombreux Phantoms, Tomcats et des Tigres iraniens. Les soviétiques voulaient certainement montrer leurs capacités et étaient désireux de s’engager. Une bonne illustration de cela fut lorsque, le 26 septembre 1988, le major Vladimir Astahov et le capitaine Boris Gavrilov interceptèrent deux AH-1J iraniens à environ 75 kilomètres au sud-est de Shindand et les descendirent, supposément avec des missiles R-24. Cependant, ce fut aussi le dernier engagement des intercepteurs soviétiques pendant la guerre en Afghanistan. À cette époque, les troupes soviétiques s’étaient déjà retirées de la majeure partie de l’Afghanistan, et le DRAAF était seule à se battre contre les moudjahidines de plus en plus puissants.

    Ldr Hameed Qadri posant avec une partie du Su-22 qui abattit à bord de son F-16
    HUD du Lt Badr-ul-Islam lors en pleine action contre un Su-22

    -Attaques chimiques et aviation

    L’utilisation d’armes chimiques par les soviétiques fut largement questionnée. Bien que ce ne fut pas la première fois qu’une telle arme fut utilisée par de grandes nations (Les USA l’utilisèrent quelques années plus tôt), il se pourrait que dans le cas de l’Afghanistan, son utilisation aille plus loin que le cas expérimentale, mais s’intègre réellement dans le style de combat soviétique.

    Le terme de « produit chimique » comprend une variété de substances chimiques, telles que les agents irritants, les gaz létales, les gaz blister, les gaz nerveux et les toxines. Utilisé massivement, l’une de ces substances peut invalider et même tuer des milliers de personnes. Depuis la Première Guerre mondiale, la guerre chimique provoqua peur et horreur. Il fallut tout de même longtemps pour que la communauté internationale l’interdise en 1925 sous le Protocole de Genève, l’un des plus anciens accords de contrôle des armements chimiques.

    L’objectif russe en Afghanistan favorisa l’utilisation d’armes chimiques. En effet, les Soviétiques n’eurent jamais l’intention d’occuper la totalité de l’Afghanistan. 80-90% du territoire était inutile à leur yeux. Grâce à l’utilisation d’armes chimiques, Ils détruisirent champs et cultures, obligeant notamment les habitants à fuir. Cela s’appliquait dans leur campagne de terreur envers les civils afghans.

    Les soviétiques et leur allié la DRA utilisèrent des armes chimiques, mais de manière sélective. L’utilisation d’une grande variété Des agents chimiques leur donna la capacité de répondre à une situation tactique spécifique avec l’arme qui est le plus efficace. Cette guerre chimique d’Afghanistan fait preuve d’une intégration totale dans la tactique soviétique et Leur pensée opérationnelle. La plupart des agents chimiques non-persistants furent essentiellement utilisés comme adjuvant d’une puissance de feu. Les armes chimiques persistantes furent plus utilisées pour interdire des zones et des routes.

    L’association de la force aérienne et l’utilisation d’armes chimiques représente le paroxysme de la guerre de contre-insurrection soviétique en Afghanistan. Dans les deux éléments, les moudjahidines n’ont aucunes défenses viables et durables, et les soviétiques en profitèrent.

    Les attaques chimiques commencèrent tôt, et dès lors, l’hélicoptère était le premier moyen de semences. Une première attaque chimique eut lieu 6 mois avant le 27 Décembre 1979. 5 attaque de pré-invasion furent reportés, toutes mettant en scène des aéronefs soviétiques (bien que la nationalité des pilotes est inconnue). Plus de 43 autres attaques seront faites pendant le conflit, avec 3000-4000 morts associées à des produits chimiques. Presque tout les rapports impliquent des attaques délivrées par des aéronefs, alors que très peu impliquent des tirs de mortiers. Par exemple, une attaque chimique eut lieu le 6 Juin 1980. Un témoin afghan indique qu’un Mi-24 aurait largué une bombe au centre d’un village, relâchant un nuage toxique.

    L’introduction de l’arme chimique dans l’aviation témoigne de son intégration. Son utilisation par des aéronefs et autant offensive et contre-offensive que défensive; dans ce cas l’on parle plus de l’artillerie.

    L’aviation utilisa toutes sortes d’armes chimiques. En premier temps, l’on se contentait d’équiper les appareils de barils toxiques, les hélicoptères en particuliers. Par la suite des roquettes avec des têtes chimiques furent de plus en plus utilisées. Iconiquement, Les pilotes devaient porter des masques, réduisant légèrement leur visibilité. Un narrateur norvégien en tournage en Afghanistan témoigne de l’attaque chimique sur le Village de Charpur en Juin 1980:

    »Dans la matinée nous avons été réveillés par des hélicoptères qui volaient par ici [près du village]. Brutalement nous partîmes du village, mais laissant un homme derrière nous; il était blessé et on ne pouvait le porter. Les hélicoptères lâchèrent se que nous pensions à ce moment être des bombes. La seule chose que nous vîmes fut une sorte d’explosion et un nuage jaune. La seconde vague hélicoptères vint et bombardèrent [le village] avec des roquettes chimiques.»

    Un journaliste hollandais filma deux fois des hélicoptères Mi-24 Hind larguer des tonneaux, qui libérèrent un nuage jaune tuant au moins une personne.

    C’est le 22 mars 1982, que dans un rapport public du, le Département d’Etat américain accusa les soviétiques d’utiliser du phosgène, des agents nerveux et d’autres agents toxiques en Afghanistan. Le rapport indiquait:

    «Durant la période allant de l’Eté de 1979, à l’Eté de 1981, le gouvernement US reçut des preuves de 47 attaques chimiques séparées avec un nombres de morts allant à plus de 3 000… Le rapport indique que les aéronefs à ailes-fixes et hélicoptères étaient très fréquemment utilisés pour disséminer des agents chimiques par roquettes, bombes et sprays. Des mines terrestres chimiques firent aussi utilisées par les soviétiques. Le nuage chimique étaient souvent gris, ou bleu-noir, jaune ou une combinaison de couleurs.»

    Une autre preuve de l’intégration des agents chimiques pourrait être le mise en œuvre au niveau opérationnel. Les agents chimiques non persistants furent souvent utilisés avant des offensives. L’on peut s’imaginer que dans un conflit futur, la situation sera la même.

    moudjahidines portant des masques à gazs volés aux soviétiques

    -Méfiance sur les pilotes Afghans

    Bien que les soviétiques préférèrent sûrement combattre seuls, ils ne purent s’abstenir de leur seul et unique allié, l’armée afghane. Alors que la communauté internationale critiquait l’intervention soviétique en Afghanistan, la DRA (armée afghane), fut d’un avis contraire. Déjà avant 1979 elle combattait les talibans, et l’invasion fut plus reçu comme une aide dans cette guerre de contre-insurrection.

    Pourtant, la situation resta tendue entre les deux camps. Bien qu’ils combattent un même ennemi, avec les mêmes armes, sous une même idéologie (communisme), et malgré l’endoctrinent politique lourd des soldats afghans, il y eut toujours une méfiance entre la 40e armée et la DRA; Situation comparable aux relation entre les italiens et les allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Sous l’autorité soviétique, la DRA fut construite jusqu’à 302 000 hommes en 1986. Pour minimiser le risque d’un coup d’État, elle fut divisée en différentes branches, chacune inspirant son homologue soviétique. Le ministère des forces de défense comptait 132 000, le ministère de l’intérieur 70 000 et le ministère de la sécurité de l’État (KHAD) 80 000. Cependant, ce sont des figures théoriques: en réalité, chaque service était en proie à des désertions, l’armée seule souffrant de 32 000 par an. En 10 ans de guerre, 203 000 soldats afghans avaient déserté la DRA; De quoi justifier cette méfiance de la part des soviétiques. Cela était soutenu par les piètres performances des agents afghans, bien que ce ne soit pas une totalité. La principale raison pour laquelle les soldats afghans étaient si inefficaces était leur manque de moral, car beaucoup d’entre eux n’étaient pas vraiment fidèles au gouvernement communiste mais voulaient simplement gagner leur vie dans ce pays si ravagé. Aussi, dans de très nombreux cas, la religion joua sa part, les soldats ne voulant pas tirer sur des «frères», chose qui se passe encore aujourd’hui, en Irak ou Syrie.

    Le lieutenant Mohammed Nassim Shadidi, déserteur de la FAA (force aérienne afghane) au début de 1984, et qui vola à bord d’un HIND B, est le mieux placer pour décrire les tensions entre les deux partis.

    Shadidi a été choisi parmi les stagiaires d’un programme de recrutement de l’armée afghane pour devenir officier cadet. Il a été formé à l’académie militaire de l’armée de l’air située à Kaboul, puis a passé 10 mois à la base de Mazar-I-Sharif apprenant à voler le Mi-8. Après un Tour de service dans un Mi-8, il a été envoyé à l’aéroport national de Kwajarawash et fut formé sur le Mi-24 HIND B.

    Malgré l’endoctrinement politique lourd des Pilotes afghans, il était évident pour Shadidi que les soviétiques ne les croyaient pas pleinement pour mener des opérations sans surveillance contre les moudjahidines.
    D’après Shadidi, à Shindand, aucun Afghans n’étaient autorisés sur la base aérienne parce que les Soviétiques avaient installé des équipements de soutien et de maintenance pour leurs bombardiers de reconnaissance de l’aviation navale.

    Conclusion:

    L’absence d’une doctrine de contre-insurrection appropriée a entravé gravement les opérations soviétiques pendant les trois premières années de la guerre. L’amélioration des tactiques soviétiques pour lutter contre l’insurrection comprenait l’utilisation accrue d’hélicoptères et de techniques d’assaut aérien, l’emploi élargi des forces de spetsnaz et une amélioration significative de l’équipement pour toutes les forces. La 40e armée a validé l’utilité des techniques d’assaut aérien employés par les forces héliportées- VDV et DShB. Le général d’état-major soviétique, Grekov, aussi le chef d’état-major de la 40e armée, a identifié la perfection des opérations d’assaut aérien comme la principale leçon de la guerre. En outre, la guerre a été marquée par l’introduction de nouveaux systèmes d’armes soviétiques, y compris des véhicules de combat d’infanterie (BMP-2), des mortiers (Vasilek 82 mm), des lance-grenades (AGS-17), des avions (Su-25 Frogfoot) et des armes automatiques (ASU-74-fusil d’assaut). Cependant, tout ceci est arrivé n’a fait qu’éterniser le conflit, au lieu de le résoudre.
    La puissance aérienne, comme la technologie, n’est qu’un des nombreux outils pour mener des opérations de contre-insurrection. La mobilité, l’intelligence et la puissance de feu fournies par les actifs aériens modernes peuvent être décisives pour atteindre le succès au niveau tactique ou opérationnel. La façon dont les russes sont passés d’une force marginalement terrestre, à une l’utilisation instantanée de la puissance aérienne, fut le véritable succès de la guerre. Ce succès doit toutefois être traduit en une victoire stratégique, chose qui ne fut pas faite. Les planificateurs militaires soviétiques en Afghanistan, comme leurs homologues américains au Vietnam, ont appris que le triomphe sur le champ de bataille n’entraîne pas nécessairement une victoire politique. Dans un environnement insurrectionnel, la puissance aérienne, aussi parfaitement utilisée soit telle, ne peut pas compenser une stratégie politique ou militaire déficiente.

    Peu à peu, les soviétiques ont appris ce que les américains ont compris au Vietnam: Lutter contre une force insurrectionnelle avec des forces conventionnelles, aussi bonnes soient telles, est une affaire longue et ardue.

  • Participant
    Posts914
    Member since: 6 novembre 2015
  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    Tout ceci est très intéressant!
    La citation que tu donnes à un moment sur le Stinger est à mettre en lien général avec le thème du dossier: il n’y a personne sur Terre qui puisse combattre les Moudjahidines à pied

    Cela me fait penser à cette remarque d’un officier français que j’ai vu récemment ici: http://www.areion24.news/2017/01/20/analyse-militaire-de-guerre-sovietique-afghanistan/

    Où il est dit: souvent des détachements soviétiques furent vaincus voire annihilés par les moudjahidjines, mais c’était parce qu’il s’agissait de combats “Kalachinkov contre Kalachnikov”.

    Je trouve donc cette idée que les soldats russes ne pouvaient s’en sortir que grâce à la supériorité technologique, entre autres l’aviation, (et bien sûr avec les tactiques appropriées à ces technologies) très présente.

    A propos du Blowpipe, le missile est théoriquement très efficace: le guidage optique est plutôt pertinent en Afghanistan, avec un air sec, et un ciel souvent dégagé. Par contre les montagnes pouvaient gêner de temps en temps.
    C’est surtout le manque de connaissance de l’armée et le manque d’entrainement des moudjahidjines qui le rendirent peu efficaces. Aux Malouines (terrain certes quasi-optimal avec juste le ciel et l’eau mais un temps parfois mauvais), le missile fut efficace. Mais ce sont des tireurs britanniques bien entraînés qui l’utilisèrent.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts1921
    Member since: 20 juillet 2013

    Superbe boulot, noble 7. Moi qui n’y connaissais rien, j’ai désormais l’impression d’en savoir un sacré bout ! 😉

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    Au fait @noble7 qui est Seb? 🙂

    Et j’avais une autre question, tu évoques plusieurs noms de bataille dans ton dossier, pourrais-tu nous en dire plus sur l’action de l’aviation dans ces batailles (appareils principaux (tu le dis déjà pour certaines), victoire/défaite, pertes…)

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts240
    Member since: 3 septembre 2016

    Merci à toi pour ce dossier magnifique!

    Je reste néanmoins perplexe vis-à-vis du réel impact des Stinger. Il serait amusant de comparer les chiffres du PAVA et ceux des forces de sécurité sous égide de l’ONU en matière de pertes aériennes sur le théâtre afghan…

  • Participant
    Posts914
    Member since: 6 novembre 2015

    “Je trouve donc cette idée que les soldats russes ne pouvaient s’en sortir que grâce à la supériorité technologique, entre autres l’aviation, (et bien sûr avec les tactiques appropriées à ces technologies) très présente.”

    La guerre terrestre ne Afghanistan, c’est la road war. Presque la totalité des pertes ont été faite dans cette road war. Et dans ce cas, les moudjahidines ont l’avantage d’être les attaquants: les embuscades sont brutales, sanglante: mortiers, artillerie lourde, canons sans recul, lance grande, armes chimiques. Dans les deux camps l’on retrouve ces armes. Cependant ce sont les moudjahidines qui tire les premiers obus, roquettes, grenades. C’est ça le réel avantage des moudjahidines.

    Pour le Blowpipe, il faut s’imaginer que pour quelqu’un qui n’a jamais vu une automobile de sa vie, décider entre un Stinger et blowpipe, le choix est vite fait.

    “Et j’avais une autre question, tu évoques plusieurs noms de bataille dans ton dossier, pourrais-tu nous en dire plus sur l’action de l’aviation dans ces batailles (appareils principaux (tu le dis déjà pour certaines), victoire/défaite, pertes…)”

    Et bien dis moi les batailles 🙂 Tu veux parler des Operations Panjshirs ?

    PS: Seb c’est un très viel ami à moi.. Il regarde souvent mes dossiers.

    @wizna

    Qu’est ce qui te chiffonnes avec le Stinger ? 🙂

    Sinon merci à tout e monde pour vos remerciement !

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    @noble7

    Merci pour ta réponse, mais en fait je faisais plus référence aux troupes, et entre autres forces spéciales, envoyées par hélicoptères en petits détachements pour garder des défilés, établir des avant-postes, ou “coincer” des moudjahidjines lors d’attaques (comme les opérations Panjir). Mais les

    Pour les batailles, je parlais des deux que tu as données: celle de Rookh fait partie des opérations Panjir, mais celle du sommet 3234 n’est pas sur internet.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1365
    Member since: 17 avril 2015

    La bataille du sommet 3234 c’est un peu le Camerone des ruskofs, ils étaient à une trentaine contre environ 200 moudjahidines, et ils ont tenus leur position, repoussant les attaquants en leur infligeant de lourdes pertes.

  • Participant
    Posts72
    Member since: 12 octobre 2016

    J’avais déjà entendu parlé de la Guerre Soviétique en Afghanistan mais je croyais moi que son aviation était une arme aussi redoutable.

  • Participant
    Posts240
    Member since: 3 septembre 2016

    @noble7

    Bah, même si ce missile a prouvé depuis le temps son efficacité, j’ai lu deux témoignages d’un VDV et d’un force spéciale russes qui déclaraient que cette arme était au final si rare que son impact était dérisoire. Après, vu qu’il est question de témoignages de fantassins et après lecture de ton dossier, j’avoue ne plus trop savoir quoi penser au sujet de l’impact réel de l’engin.

    Je m’explique: d’après ce que j’ai lu, les “nouvelles” tactiques des hélicoptères russes étaient une réponse aux pertes croissantes dues aux tirs de mitrailleuses. La relative fragilité du stabilisateur vertical a d’ailleurs était un grand sujet de discussion dans les bureaux d’étude ce qui est en parti responsable de l’accélération du projet conduisant au Ka-50 “black shark”.

    De plus, comme tu l’as précisé, de nombreux engins russes disposaient déjà de contre-mesures. D’où également ma surprise ; les équipages devaient donc déjà être formés à lutter contre ces menaces. Pourquoi donc cette arme aurait représenté une telle menace ? Comme tu le notais, les afghans avaient déjà depuis longtemps récupéré d’autres missiles AA (redeye, strella etc…). Un de plus, un de moins… Depuis un cockpit, un missile qui te fonce droit dessus doit bien ressembler à un autre.

    Bref, le stinger, une arme de propagande à la V1/V2 ou une réelle écharde dans la botte soviétique ? Merci d’éclairer ma lanterne et encore bravo pour ce dossier tovarich !

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    @wizna

    Sur les contre-mesures, je pense pouvoir répondre:

    D’abord, certes les appareils soviétiques sont dotés de contre-mesures, mais dans les années 1980 elles s’améliorent constamment. Et sur les Mig-21 et autres avions d’attaque au sol pas très récent, la guerre d’Afghanistan a dû débloquer le budget pour les mettre à jour. De plus, dans les années 1980, la numérisation joue à plein, entraînant des améliorations notables comme le détecteur de missile qui indique mieux (sur un écran) la menace. Cela permet de lancer les contre-mesures et manœuvres évasives plus rapidement.

    Autre point, ces contre-mesures devaient concerner plus les radars que l’infrarouge (celles dirigées contre le sol en tout cas). Donc là encore un sujet de mise à jour.
    Enfin, il faut voir le problème des armes qui n’étaient pas encore “stand-off” comme on dit de plusieurs armes actuellement (souvent à guidage LASER): Certes les pilotes russes, contre quelques mises à niveau des avions et un rappel des bonnes règles, ont pu se protéger. Mais ces bonnes règles incluant une plus grande altitude, des passes plus rapides…. elles ont en partie diminué l’efficacité de l’aviation en appui-sol. Ce qui est le premier objectif d’un MANPADS (empêcher l’ennemi d’attaquer plutôt que l’abattre, chose quasi-impossible).

    @noble7 montre cette évoluion dans les combats.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts914
    Member since: 6 novembre 2015

    @Winza

    “Bref, le stinger, une arme de propagande à la V1/V2 ou une réelle écharde dans la botte soviétique ? Merci d’éclairer ma lanterne et encore bravo pour ce dossier tovarich !”

    Tout d’abord merci à toi pour ton soutien 😉

    Je savais dès le début du dossier que le Stinger allait être la base d’un débat, qui dure déjà depuis 1989 ! 😛

    Oui le Stinger fut une réelle écharde dans la botte soviétique. L’on généralise souvent l’apparition des MANPADS’s à 1986 (apparition du Stinger), parce que avant cette date, le danger des missiles est existant, mais tellement faible que l’on en fait très peu allusion. Ça prouve à quel point l’impact du missile fut important. Je ne vais pas comparer le Stinger au autres SAMPADS, mais c’était le meilleur de tous. Son impact sur le champs de bataille peut être traduit par toutes les mesures prises par les soviétiques pour éviter ce missile: Voler plus haut, plus vite, moins longtemps, avec un tas d’équipements venant de faire leurs apparitions. Comme fut t’il possible que tout cela fut standardisé à tout les appareils, mêmes afghans (!), dès 1986 ? A cause du Stinger. Alors que contre du Dashka de 14,5mn, quelques plaques de blindages suffisaient, contre un missile, c’était une autre paire de manches.

    Mais Ces mesures furent tellement efficaces que l’impact prolongé du Stinger est très mitigé. Comme je l’ai dit, en 1987, l’on a le même nombre d’appareils abattus qu’en 1984 ! Pourtant, en 1987 les moujhadinnes sont en pleine possession de Stingers. Cela prouve à quel point les mesures des soviétiques furent efficaces. Cela ne veut pas dire qu’il fut totalement inefficace pendant le reste du conflit, juste que son effet tactique a largement maigri depuis 86′.

    Et c’est justement là que joue la propagande occidentale. Meme si d’un point de vue militaire le Stinger est très controversé, d’un point de vue social, ce missile a fait déguerpir les soviétiques de l’Afghanistan.

    Si je devais conclure rapidement le Stinger, je dirai que c’est une excellente arme, qui fut très bien utilisée, mais aussi très bien contrée, pour enfin être utilisée comme arme de propagande.

    @mongotmery

    “Mais ces bonnes règles incluant une plus grande altitude, des passes plus rapides…. elles ont en partie diminué l’efficacité de l’aviation en appui-sol. Ce qui est le premier objectif d’un MANPADS (empêcher l’ennemi d’attaquer plutôt que l’abattre, chose quasi-impossible).”

    Oh que oui ! Pour les chasseurs et bombardiers, ce n’est peut être pas le cas, mais pour les hélicoptères la prise ne altitude fut significative: je me rappelle d’une citation d’un moujhadinne qui disait que les tirs venant des cieux étaient beaucoup moins précis, et que dans certains cas, on pouvait se demander sur qui les pilotes visaient ! C’est sur que tirer un panier de roquettes à bord d’un Hind à 1000 mètres d’altitudes, ce n’est pas la plus aisée des choses.

    Enfin, les hélicoptères, particulièrement les Hips, étaient très robustes. Un coup au but d’un Stinger ne signifiait pas toujours un hélicoptère en moins.

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    Du coup j’avais vu juste @noble7!
    Effectivement le Stinger ne pouvait réellement battre l’aviation soviétique, car c’est un simple don de missiles entre mains peu compétentes (malgré des camps d’entrainement afghans) face à une aviation militaire professionnelle avec toute une innovation derrière: elle a pu sans peine appliquer des contre-mesures, mais celle-ci étant technologiques et tactiques, son efficacité en appui au sol s’en est fait sentir.

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  • Participant
    Posts914
    Member since: 6 novembre 2015

    Facile quand personnes n’a tord 😉

    Sinon ce n’est que le Stinger qui vous a marqué ?

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    Facile quand personnes n’a tord

    Effectivement, mais je mettais çà en relation avec ma réponse précédente “je pense pouvoir répondre” dont je n’étais pas sur.

    Ce qui m’a marqué, c’est en vrac les accrochages avec les forces aériennes pakistanaises et la robustesse des hélicoptères.

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  • Participant
    Posts914
    Member since: 6 novembre 2015

    Ah oui l’histoire avec la PAF. Le pays en est très fier de son impact sur la guerre.

  • Admin bbPress
    Posts6283
    Member since: 5 août 2017

    Je viens de commencer la lecture de ce dossier, j’en suis à la comparaison entre l’Afghanistan et la Tchécoslovaquie et vraiment, il semble très prometteur. C’est d’ailleurs une période que je connais très peu. J’aurais néanmoins une question. Tu mentionnes cette phrase alors que tu parle de la région au sud de l’Indu Kush :

    « C’est dans ce paysage mortuaire, nonchalant et dangereux que ce jouera le plus grand théâtre de guerre post-WW2 »

    J’aimerais savoir ce que tu entends exactement par « le plus grand théâtre de guerre post-WW2 » alors que la Corée et le Vietnam se sont déjà produit?

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Participant
    Posts914
    Member since: 6 novembre 2015

    Je parlais géographiquement parlant. l’Afghanistan est beaucoup plus grand quand le Vietnam ou la Corée. Au niveau de la superficie, c’est comme si on envahissait la France.

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    Dis comme çà, on comprend que la 40e armée russe était insuffisante!

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Admin bbPress
    Posts6283
    Member since: 5 août 2017

    Je suis rendu au chapitre 3 et j’aimerais te demander entre temps si toi (ou quelqu’un d’autre) connaissiez un bon documentaire sur l’invasion de Tchécoslovaquie? Comment le tout s’est passé plus en détaila? Les défenses aériennes au sol ont ouverts le feu? Il y a eu des collaborations internes notables? Des accrochages entre les troupes d’infanteries, les tanks?

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    A propos de l’exemple d’assaut aérien contre une réunion de moudjahidjines (dernier paragraphe de la partie sur l’assaut aérien), tu parles d’un problème de coordination, mais si la force aérienne arrivait sur les lieux au moment où la force terrestre était à portée de tir, l’effet de surprise aurait été gâché depuis longtemps, non?

    Et dans un tel cas, les moudjahidjines auraient pu se disperser dans les montagnes ou alors se répartir en points d’appui dans et autour du village, et infliger des pertes plus importantes aux troupes d’assaut soviétiques, en particulier les héliportés. Je me trompe?

    Par ailleurs, j’ai l’impression que l’appui des hélicoptères restaient quand même insuffisant jusqu’à l’arrivée de l’appui terrestre dans ce cas, faut-il y voir le résultat de la présence de nombreux moudjahidjines et d’armes lourdes, ou du fait que les moudjahidjines peuvent utiliser le village comme protection, ou bien est-ce que c’est un problème récurrent?

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  • Participant
    Posts914
    Member since: 6 novembre 2015

    Dis comme çà, on comprend que la 40e armée russe était insuffisante!

    Il faut prendre en compte que les soviétiques ne voulaient pas tout l’Afghanistan, mais seulement 20%-Les villes et les grands axes de communications. Alors, 100 000 hommes ça suffit théoriquement. Cependant, de ces 100 000 hommes, combien étaient “dehors” à faire la chasse au taliban ? On se rend vite compte que les soviétiques étaient dans une impasse: défendre leurs positions, ou pacifier le pays.
    Mais alors, quand le soviétique pacifiait un territoire, une surface, il repartait immédiatement parce qu’il n’avait pas assez d’hommes pour assigner une garnison à ce territoire-Alors le taliban revenait, et ainsi de suite … C’est ce qui c’est passé avec la vallée Panjshir. Dès 1982, les soviétiques envahissent la vallée; ils la pacifient, puis ils repartent. Jusqu’en 1988 cette situation a continué.

    “Je suis rendu au chapitre 3 et j’aimerais te demander entre temps si toi (ou quelqu’un d’autre) connaissiez un bon documentaire sur l’invasion de Tchécoslovaquie? Comment le tout s’est passé plus en détaila? Les défenses aériennes au sol ont ouverts le feu? Il y a eu des collaborations internes notables? Des accrochages entre les troupes d’infanteries, les tanks?”

    N’importe quel documentaire sur le Printemps de Prague devrait faire l’affaire. Ce “Printemps de Prague” est connu mondialement, et extrêmement intéressant.

    Le “truc”, c’est que en 68′, la Tchécoslovaquie étaient extrêmement influencée par les soviétiques/Russes. Pendant l’invasion, les soldats tchèques ont voulu prendre les armes, repousser l’ennemi, mais leurs généraux prenaient les soviétiques comme leurs supérieurs; c’est pour cela qu’il n’y a pas eu de grabuges lors de l’invasion. Par contre sous l’occupation c’est un soulèvement digne de la Pologne !

    “A propos de l’exemple d’assaut aérien contre une réunion de moudjahidjines (dernier paragraphe de la partie sur l’assaut aérien), tu parles d’un problème de coordination, mais si la force aérienne arrivait sur les lieux au moment où la force terrestre était à portée de tir, l’effet de surprise aurait été gâché depuis longtemps, non?”

    Pourquoi ? L’artillerie dont je parle n’est pas constituée de mortiers, mais bien d’artilleries lourdes, qui peuvent tirer à plusieurs dizaines de kilomètres.

    Quand je dis qu’il y avait un problème de coordination, je voulais dire que la force aéroportée était restée beaucoup trop longtemps seule face aux talibans. Elle n’avait plus hélicoptères ou de chasseur-bombardiers pour détruire la fameuse position ennemie, arrivant donc à une impasse.

    Donc non seulement il y a un problèmes de coordination, mais aussi d’équipements. C’est très fréquent que les forces aéroportées ne prennent pas de soutiens organiques- lance grenades, mortiers etc. Si cette erreur n’avait pas été commise, l’on aurait pu efficacement soutenir le corps principal lors de son avancée.

    “Et dans un tel cas, les moudjahidines auraient pu se disperser dans les montagnes ou alors se répartir en points d’appui dans et autour du village, et infliger des pertes plus importantes aux troupes d’assaut soviétiques, en particulier les héliportés. Je me trompe?”

    Oui est non. Dans un tel cas, les moudjahidines connaissent l’arrivée de la brigade, pas de la force aérienne.

    “Par ailleurs, j’ai l’impression que l’appui des hélicoptères restaient quand même insuffisant jusqu’à l’arrivée de l’appui terrestre dans ce cas, faut-il y voir le résultat de la présence de nombreux moudjahidjines et d’armes lourdes, ou du fait que les moudjahidjines peuvent utiliser le village comme protection, ou bien est-ce que c’est un problème récurrent?”

    Je ne l’avais pas souligné, mais les hélicoptères n’étaient plus là quand la brigade intervint (chose corrigée). Mais tu as raison. A l’intérieur du village, les talibans avaient une excellente couverture.

  • Participant
    Posts194
    Member since: 10 mai 2017

    Merci pour cet excellent bouleau!!!

    Il est vrai que ce pays à été et reste aujourd’hui “le pire” des enfers pour les militaires, en terme de morts et de blessés.

    C’est un conflit peu connu, j’ai appris pleins de choses!

    J’ai lu que les soviétiques avaient perdu 333 helicos en Afghanistan, peut tu me confirmer???

25 sujets de 1 à 25 (sur un total de 31)

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