Post has published by Chab

Ce sujet a 4 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Noble 7, il y a 8 mois et 1 semaine.

5 sujets de 1 à 5 (sur un total de 5)
  • Participant
    Posts24
    Member since: 30 avril 2016

    L’opération Compass, la démonstration d’une Italie non préparée à la guerre


    Prélude

    Septembre 1940. Les troupes italiennes sous le commandement du général Rodolfo Graziani avancent avec difficultés sur plus de 80 kilomètres en Egypte, alors sous possession anglaise. C’est à Sidi Barrani que la Xe Armée Italienne construit une série de fortins. Cet arrêt est notamment du à une logistique lamentable ainsi qu’un arrêt des livraisons de véhicules blindées. Cette avancée, bien que considérée comme un échec puisqu’elle devait aller jusqu’au Canal de Suez, porte un coup à la RAF car les aérodromes anglais sont capturés.

    L’opération

    Le général Wavell prévoit l’opération le 9 Décembre. Le plan consiste à encercler les trois groupes de résistance italienne : à Bardia, Tobrouk et enfin sur la ligne Derna-Berta-Mechili et à les éliminer. Ensuite, il faut repousser l’ennemi à la frontière.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c3/Archibald_Wavell.jpg/280px-Archibald_Wavell.jpg Le maréchal Wavell

    Le 26/11, le commandement organise un exercice qui est une sorte de répétition générale aux alentours de Marsa-Matrouh.

    Le 06/12, les troupes britanniques commencent à manœuvrer mais c’est seulement le 7, que les hommes sont avertis qu’ils participent à une opération militaire. Après avoir parcouru 100 kilomètres en deux jours et sans s’être fait repérer par les italiens, les troupes se retrouvent au point “Picadilly”, situé près de Maktilah (Environ 80 bornes à l’ouest de la route Matrouh-Sioua). A 17h, les unités sont en places et prêtent à se battre. La 7e division blindée et la 4e division indienne, qui avaient jusqu’alors fait route ensemble, se séparèrent dans la nuit du 8 au 9. La 7e DB s’enfonce vers l’ouest afin d’opérer derrière les lignes ennemies, vers le sud de la route entre Sidi-Barrani et Buq-Buq, tandis que la 4e division indienne se vit attribuer l’attaque initiale sur les camps de Ni-Beiwa et de Toummar. Pendant que les troupes à terre progressaient, le monitor “Terror” et les canonnières “Alphis” et “Ladybird”, bombardèrent Sidi-Barrani et Maktila.

    Le 09/12, le camp de Ni-Beiwa à 30 km au sud de Sidi Barrani est attaqué à 7h du matin par les britanniques. Au cours de cette attaque, le commandant divisionnaire italien, le général Maletti, est tué. Après deux longues heures de combats, les anglais finissent enfin par prendre le camp. Les 1750 hommes qui composent la force Selby font route vers Maktila puis vers le sud, afin d’empêcher les italiens de s’échapper. C’est alors qu’au profit d’une violente tempête de sable, les italiens s’échappent et décident de se retrancher à 10 km à l’Ouest pour défendre Sidi-Barrani.

    Le 10/12, de violents combats sont menés par les 16e et 11e brigades indiennes et la force Shelby et permettent ainsi de se frayer un chemin vers la ville de Sidi-Barrani à 16h. Avant la tombée de la nuit, les combattants avaient encerclé ce qui restait de deux divisions libyennes et d’une division de chemises noires qui finirent par se rendre. C’est ainsi que se terminèrent les combats autour de Sidi-Barrani. Dans la soirée, le général O’Connor ordonna à la 7e division blindée d’avancer vers Buq-Buq. De son côté, le général Wavell prit la décision de remplacer la 4e division d’infanterie par la 6e division d’infanterie australienne. Mais, une seule brigade de cette dernière se trouvait sur place. L’offensive fut alors ralentie.

    Alors que l’on en est qu’à 3 jours de combats, on décompte déjà 38000 prisonniers.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f3/Italian_soldiers_taken_prisoner_during_Operation_Compass.jpg Prisonniers italiens

    Graziani donne l’ordre à ses troupes de tenir Bardia et Tobrouk. Les Britanniques faisaient désormais mouvement vers Bardia. Ils s’emparèrent de Capuzzo le 17 décembre. Le maréchal Graziani, déprimé, envoya un message au Duce pour lui demander de concentrer toutes ses forces pour la défense de Tobrouk et gagner ainsi du temps en attendant l’arrivée de renforts. À cela, Mussolini répondit que tout devait être entrepris pour retarder et épuiser les Britanniques. Une résistance prolongée à Bardia y contribuerait.

    Le 20/12, Sollum et Capuzzo sont prises par les Anglais. Les alentours de Barda, sont protégés par 45000 italiens ainsi que de nombreuses fortifications, tranchées, blockhaus…

    Le 03/01/1941, Wavell se décide à lancer l’assaut sur Bardia. Avec l’aide du Warspite, du Valiant et du Barkam, les opérations se déroulent comme prévues. Après deux jours de combats, Bardia est prise ainsi que nombres de matériels et 38000 prisonniers. Du côté anglais, on compte 150 morts et 350 blessés/prisonniers.

    http://i47.servimg.com/u/f47/10/07/71/84/587px-10.jpg Soldats australiens dans le cadre de l’opération Compass

    1 mois plus tard, huit divisions italiennes avaient été décimées. Cependant, les troupes anglaises commençaient à rencontrer des difficultés. Les bases de ravitaillement deviennent de plus en plus compliquées à s’établir et la RAF est déployées en Grèce. Le 22/01, c’est Tobrouk qui tombe après un jour de combat.
    Le 24 janvier eut lieu à Mechili une des premières batailles de chars de la campagne mais les Italiens parvinrent à s’échapper.
    Le 29 janvier, Derna était abandonnée. Les Australiens s’en emparèrent, le 30.
    Avec l’autorisation de Churchill, la poursuite des éléments italiens continua. Le 4 février, Msous était britannique. Cependant, le carburant commençait à manquer.
    Le 6 février, Benghazi était conquise. Wavell arrêta alors ses troupes tandis que quelques patrouilles poussèrent jusqu’à Marsa-Brega, à la frontière de la Tripolitaine.

    http://warfarehistorynetwork.com/wp-content/uploads/W-Compass-MAP-Nov11.jpg Carte des opérations

    Analyses

    Lors de cette opération l’on peut voir que somme toute, l’Italie du Duce n’était pas préparée à la guerre, et encore moins à une guerre dans le désert. Malgré une supériorité numérique de toute parts (36 000 soldats, 120 canons, 275 tanks, 60 voitures blindées côté anglais contre 150 000 soldats, 1 600 canons, 600 tanks côté italien), les italiens ne réussissent pas à conserver leurs avancées et se font refouler à la Tripolitaine.
    Ce repli s’explique par une mécanisation médiocre de l’armée italienne (des chenilles non adaptées, des moteurs lâchant, des tankistes mal formés), une motivation pas au rendez-vous contrairement aux anglais. Il suffit de voir le nombre affolant de prisonniers.
    A ces deux facteurs s’ajoute d’une part celui d’un piètre Etat-Major, et d’autre part un équipement mauvais pour l’infanterie.

  • Modérateur
    Posts8352
    Member since: 14 mai 2013

    Merci pour ce dossier, souvent évoquée, l’opération Compass n’a jamais été documentée sur le forum.

    Il est vrai que l’Italie a été battue d’une manière étonnante lors de cette opération, je pense que c’est un choc fort entre une armée professionnelle et dont l’équipement est concentré pour former des unités d’élite, et une armée massive mais peu organisée entre les différentes unités (matériel dispersé, coordination globale faible).

    Dans le désert, qui laisse peu d’espoir à la guerre d’attrition et aux résistances linéaires, une telle différence est fatale.
    Les assauts de Bardia et Sidi Barrani sont aussi un démonstrateur de la puissance de l’aviation, de la flotte, des chars d’infanterie et de l’artillerie britanniques/Commonwealth.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts931
    Member since: 6 novembre 2015

    Très bon dossier. Par contre c’est dommage que tu ne montres pas quelques photos des installations italiens pour sommairement moderniser les forts utilisés. mais sinon great job !

    Les italiens ont tout de même grandement facilité la tache aux forces alliées en s’enfermant dans des forts côtiers, à portée des bombardiers et des puissantes batteries des navires anglais. Une bêtise qui leur coûtera cette défaite. Dans une telle situation, la reddition est la seule fin possible- Enfin, remarquons que ce n’est qu’après avoir tout donné que les différentes positions italiennes ont capitulé.

    Une partie intéressante est toute la bataille aérienne qui a eut lieu pendant l’opération. En effet de nombreux combats aériens entre les deux forces, mobilisant généralement des avions dont la conception date d’une décennie (Cr-42 vs Gladiator mais aussi attaques sur les bombardiers brits’).

    Allez bye Fanta !

  • Modérateur
    Posts8352
    Member since: 14 mai 2013

    @noble7

    Les positions italiennes ont tout donné, mais ont succombé rapidement aux attaques. Les combattants n’ont pas été jusqu’au boutistes, une fois le périmètre percé, il y avait peu de réactions.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts931
    Member since: 6 novembre 2015

    D’ailleurs la “bataille” de Derna fait référence en terme de capitulation: l’assaut du fort débute avec la charge d’un Mathilda vers la porte de ladite fortification. Or à la stupeur des tankistes, la porte s’ouvrit, avec des italiens à l’intérieur, les mains levées.

    J’imagine que s’être fait bombarder pendant des semaines par des bombes et des obus de 340mn leur a fait passer l’envie de se battre. L’idée de mourir pour un tas de pierre datant du siècle dernier avec aucune signification stratégique à aussi du jouer un rôle pour la capitulation de 3000 hommes.

    Allez bye Fanta !

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