Post has published by Chouan Bourguignon

Ce sujet a 14 réponses, 10 participants et a été mis à jour par  Solduros_390, il y a 1 an et 2 mois.

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  • Participant
    Posts90
    Member since: 2 août 2012

    (Ma source est le magazine “Guerre et Histoire” numéro 1, page 59, article du même nom).

    Contexte :
    La bataille de Leuctres trouve ses racines dans le sentiment antispartiate issu de la guerre du Péloponnèse, achevée en -404. Les Spartiates imposèrent des régimes hostiles à la démocratie partout en Grèce, dont à Thèbes. Néanmoins, la ville se rebelle contre le régime oligarchique imposé et massacra la garnison de 1500 lacédémoniens. Loin d’agir, Sparte se contente de rapatrier ses soldats. Devant ce manque de réaction, Thèbes réarme et organise une nouvelle armée, non pas à base de mercenaires mais de citoyens qui payent leur matériel mais sont entrainés par l’Etat. Ils créent notamment une unité d’élite, le bataillon sacré, constitués de jeunes liées deux à deux par un serment solennel d’amitié, probablement homosexuel : l’usage est classique et recommandé depuis Homère pour sa cohésion. Ce bataillon s’illustre en -375 en détruisant à Tégyra une garnison spartiate deux fois plus nombreuse. Thèbes en profite pour rétablir en -373 la Confédération béotienne, union politique qui domine la région placée entre Attique athénienne et Péloponnèse spartiate. Les Spartiates se préparent au combat, mené par Cléombrotos II, un des deux rois spartiates. Après quelques succès mineurs, les armées de Cléombrotos rencontre l’armée Thébaine non loin de Leuctres.

    Force en présence

    Sparte : Cavaliers spartiates (800) + alliés (200). 700 égaux spartiates, 1600 hoplites spartiates (néodamodes, c’est à dire anciens esclaves devenus presque citoyens), 6700 hoplites alliés et 800 peltastes alliés. Total : 9800 fantassins et 1000 cavaliers.

    Thèbes : Cavaliers : 1500, hoplites thébains (3200), 300 hommes du bataillons sacrés, hoplites alliés : 1000, 1000 peltastes béotiens. Total : 5500 fantassins et 1500 cavaliers.

    Déroulement de la bataille

    La formation spartiate est classique : ses 9000 hoplites sont répartis en corps de 12 rangs, étalé en longueur sur plus ou moins 1 kilomètre. A droite du dispositif spartiate se trouve les meilleurs éléments de l’armée, chargée de poussée la gauche de l’ennemi. La logique dans une telle bataille veut que les deux adversaires cherchent à faire craquer la gauche ennemie grâce à la poussée de leur propre droite. La manoeuvre est facilitée par ce qu’on appelle la “dérive” de la phalange. Ceux-ci ont tendance à dévier sur la droite car, comme l’explique Thucydide : “chaque homme cherche à s’abriter derrière le bouclier de son voison de droite”. Mais les Thébains refusent cette stratégie. Le général Epaminondas a réussi à convaincre les autres généraux de masser ses unités sur le flanc gauche (une hérésie à l’époque). Encore plus radical, il aligne ses hommes sur 50 rangs et place le bataillon sacré à l’extrême gauche de cette superphalange de 2000 hommes. Le reste de son armée est déséquilibré et disposé en échelon refusés, sur une profondeur de 4 à 8 rangs. Le front thébain corresepond à celui des spartiates, mais est complètement déséquilibré. L’historien grec Diodore de Sicile précise même que cette aile droite a “ordre de refuser l’engagement et de commencer, dès que l’ennemi passerait à l’attaque, un lent mouvement de recul”. L’odre oblique est né. A Délion, en -424, en pleine guerre du Péloponnèse, le général Pagondas avait aligné des unités deux fois plus profondes que la normale ; 25 rangs qui firent plier l’adversaire, athénien à l’époque. Epaminondas pousse l’innovation à fond, en multiplie la portée et l’impact. Il est probable que le général thébain ait suivi les enseignements mathématique de l’école pythagoricienne. Formé à la géométrie, il aurait été capable de saisir l’intérêt d’une disposition dissymétrique… On n’en sait guère plus. Leuctres n’en reste pas moins la première bataille de l’histoire remportée à partir d’un plan pensée scientifiquement, d’après une vision abstraite.

    Mais revenons à la bataille à proprement parler. Les Spartiates engagent les hostilités en envoyant peltastes et cavaliers. Ceux-ci seront vigoureusement repoussés par les cavaliers et peltastes thébains. Pendant ce temps, l’aile gauche thébaine s’est mise en marche et entre en contact avec la droite spartiate, composé de l’élite spartiate et commandé par le roi Cléombrotos II. Lorsque deux formations de hoplites entre en contact, les rangs arrières poussent les rangs avant, protegés par leur cuirasses et boucliers. Le but est de submerger l’ennemi par la poussée et le poids, comme au rugby. Les deuxièmes et troisièmes rangs poussent aussi, mais s’efforcent de désorganiser la ligne ennemie, en tentant de frapper avec leur lance la tête des hoplites qui leur font face. Les Spartiates résistent d’abord vaillament au bloc thébain. Ils tentent même une manoeuvre de la dernière chance, en essayant de tourner le dispositif adverse. Mais le bataillon sacré intervient et fixe l’aile droite spartiate, qui s’écroule après la mort de hauts gradés dont Cléombrotos, sa garde et le polémarque Deinon. Désorganisés, les Spartiates flanchent : leur droite recule et leurs alliés, voyant cela, fuient le champ de bataille sans avoir combattu. Au soir de la bataille, les Spartiates demandent le droit de récupérer leurs morts, reconnaissent ainsi leur défaite. Ils ne se remettront pas de ce triple désastre : psychologique d’abord ; battu par l’initiative malgré l’avantage du nombre. Désastre politique ensuite : la déroute entraine la défection de nombreuses cités alliés et des troubles à Sparte même. Démographique enfin,car l’élite des soldats spartiates a été saignée à blanc. Sparte elle-même est peu peuplée. A Leuctres, elle aligne 700 des 1200 combattants d’élites et en perd 400 auquel s’ajoutent 600 soldats ordinaires tués dans la débacle. Denys d’Halicarnasse, au 1er siècle avant J.-C., parlent même de 1700 tués et Diodore de 4000. Les Thébains ont perdu 300 hommes. Epaminondas réutilisera sa tactique à Mantinée avec succès, mais y perdra la vie.

    L’ordre oblique après Thèbes

    Philippe de Macédoine et son fils Alexandre se serait inspiré de cette tactique. Dans les 3 grandes batailles d’Alexandre (Granique, Issos et Gaugamèles), le conquérant cherche à percer un point précis du dispositif adverse, en utilisant sa cavalerie pour percer et sa phalange pour fixer. Thierry Widemann explique que “ce n’est pas tout à fait l’ordre obliguqe, car Alexandre n’utilise pas le front refusé – faire reculer la partie la plus faible de son dispositif – mais il a bien compris le principe”.

    Ensuite l’ordre oblique tombe dans l’oubli. Il retrouve une seconde jeunesse à Leuthen, en 1757. L’armée de Frédéric II de Prusse (39 000 hommes) est surprise par l’armée austro-saxonne de Charles de Lorraine (66 000 hommes). Ce dernier déploie le gros de son armée à droite, appuyé sur un marais, tandis que sa réserve est placée à gauche. Frédéric lance une attaque de diversion sur la droite ennemie et dans le même temps, attaque avec ses meilleurs troupes la gauche ennemie, qui s’effondre avant que la droite n’ai eu le temps d’intervenir. Frédéric réutilisera plusieurs fois cette tactique, issu des lectures du Grec Polybe.

    Le compte von Schlieffen (1833-1913) s’inspirera de Leuctres et Leuthen pour son plan d’invasion de la France et qui surprendra cette dernière en 1914 pour son fameux plan portant son nom. L’aile gauche allemande (6 à 7 fois moins puissant que l’aile droite) devait se retirer peu ) peu devant l’armée française pressée de reconquérir l’Alsace et la Lorraine. Alors que l’aile droite, apssant par la Belgique et le Luxembourg, devait culbuter l’aile gauche française et se refermer sur la droite ennemie. Au déclenchement de la guerre, pour des raisons stratégiques, le général von Moltke, successeur de Schlieffen, allégea la droite de son dispositif, transformant une certaine “oblicité” en simple manoeuvre d’enveloppement, avec comme résultat le fait que Paris ne fut jamais atteint. Mais ceci est une autre histoire…

    PS : sur ce lien, il y a une petite carte qui aide un peu à mieux visualiser la chose… Je n’ai pas trouvé mieux.

  • Participant
    Posts81
    Member since: 12 avril 2012

    Très très intéressant tout ça. Merci à toi.

  • Admin bbPress
    Posts6316
    Member since: 5 août 2017

    Merci pour ce superbe dossier!

    J’ai cependant deux remarques :

    Au paragraphe 1 du déroulement de la bataille, tu dis : « L’historien grec Diodore de Sicile précise même que cette aile gauche a “ordre de refuser l’engagement et de commencer, dès que l’ennemi passerait à l’attaque, un lent mouvement de recul” »

    En fait, il s’agit plutôt de l’aile droite qui doit reculer. L’aile gauche, renfermant l’élite sur cinquante rangs, doit plutôt détruire ce qu’il y a en face avant de justement venir aider cette aile droite refusant le contact. Ce n’est visiblement qu’une erreur de frappe ^^

    Aussi, simple précision, le nom du roi spartiate est Cléombrotos II, pas Cléombotros II 😉

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 23 avril 2012

    merci pour ce topic enrichissant 🙂

  • Participant
    Posts90
    Member since: 2 août 2012

    En effet, c’est bien l’aile droite qui recule et non l’aile gauche.

    Quant à l’orthographe de Cléombrotos… Je ne suis sûr de rien, je l’ai vu orthographié de 3 manières différentes sur le net. Mais dans le magazine, il est bien écrit Cléombrotos II, donc je me suis bien trompé. C’est corrigé ^^

  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    En me renseignant sur Epaminondas, j’ai trouvé un article très intéressant sur la bataille de Leuctres

    Introduction

    A Leuctres, en 371 av .JC, réalisant une rupture avec la tactique séculaire, le général thébain Epaminondas pose les bases qui permettront à tous les stratèges postérieurs d’élaborer ce qui deviendra l’Art de la guerre. Après avoir rappelée la situation globale et décrit le modèle stratégique ancien, nous verrons en quoi la Bataille de Leuctres représente une véritable révolution en terme de stratégie.

    1. Situation

    1.1. Un contexte de luttes incessantes

    Après une période de conflits permanents entre les différentes cités grecques et 27 années de guerre, la prééminence d’Athènes disparaît au profit de Sparte qui, suite à une montée en puissance discontinue, assure son hégémonie à partir de 404 av.JC.
    Thèbes, grâce au général Epaminondas, marque la fin de cette emprise spartiate.
    Dans son analyse de la période, Sir Basil Liddell Hart [1] s’interroge sur les facteurs déterminants ayant eu une influence décisive sur la chute de Sparte. Il retient principalement l’innovation apportée la science de la guerre, portée par un homme hors du commun. Epaminondas est l’origine et l’acteur principal d’un bouleversement majeur dans l’art de la guerre en posant de nouvelles fondations à la tactique, à la stratégie et initiant ce que Sir Basil Liddell Hart appelle l’approche indirecte [2].

    http://www.rene-hys.fr/IMG/jpg/Z-sources-leuctres-zones.jpg



    1.2. Des protagonistes puissants

    – Thèbes

    Thèbes est la principale cité de Béotie en Grèce. Sa réputation est mythique et légendaire. Sophocle la décrit comme « la seule cité où des mortelles donnent naissance à des dieux » En 431 av JC, Thèbes s’empare de Platées, alliée d’Athènes. Cette victoire déclenche la guerre du Péloponnèse opposant Athènes et Sparte entre 431 av JC et 404 av JC, suivie d’une période de rivalité avec Sparte pour la suprématie en Grèce. C’est en 371 av. JC, durant cette période de troubles avec Sparte, que se déroule la bataille de Leuctres.

    Notes de bas de page
    [1] Basil H. Lidell Hart est sans conteste un des rares maîtres de la stratégie dont les analyses conjuguant culture historique et technique permettent des mises en correspondance politico-strategique et tactico-technique d’une puissance telle qu’il fut une référence pour Guderian et Rommel en Allemagne, MacArthur aux Etats-Unis, Radek et Toukhatchevski en URSS. Il est l’auteur de très nombreuses notes et analyses, mais son plus fameux ouvrage « Stratégie » , plus qu’un ouvrage est « l’oeuvre » de Lidell Hart. Sa première mouture de 1929 sera de nombreuses fois remaniée, du vivant même de l’auteur.
    [2] L’approche indirecte selon Lidell Hart est une combinaison de deux processus : D’une part, la distraction par laquelle l’ennemi est privé de sa liberté d’action tant physiquement que psychologiquement, d’autre part, l’attaque sur la ligne de moindre attente ou ligne de moindre résistance.

    * * *

    – Sparte

    Sparte s’est lancée dans la guerre du Péloponnèse sous la bannière de la liberté et de l’autonomie des cités menacées par l’impérialisme athénien. Toutefois, après avoir vaincu celui-ci, elle agit de même : elle impose un tribut, des gouvernements sous sa tutelle, voire des garnisons. Dès 413, Thucydide la décrit comme la puissance qui « exerce seule désormais son hégémonie sur toute la Grèce » (VIII, 2, 4).7 [1]

    1.3. La révélation « Epaminondas »

    Epaminondas nait vers 418 avant J-C d’une famille noble Thébaine. Après une éducation pythagoricienne de grande qualité, il se distingue très jeune par sa bravoure et sera un des rares démocrates à rester à Thèbes durant l’occupation spartiate, encourageant les jeunes à la lutte.
    Dès 379, il mène les hommes au combat et participe à la libération de Cadmée.

    Nommé béotarque (général) il s’illustre dans les campagnes contre Sparte de 378-376 avant J-C, parfois malgré une nette infériorité numérique. C’est en 371 à Leuctres qu’Epaminondas, déjà admiré de tous, affirme son talent pour la tactique en mettant en déroute l’armée spartiate. Cette bataille marque la fin de l’hégémonie de Sparte, la cité guerrière. En 362 avant J-C il trouve la mort lors de la bataille de Mantinée. Epaminondas est admiré des auteurs antiques qui voient en lui l’incarnation de la suprématie thébaine, au point que Cornélius Nepos puis Plutarque lui dédieront chacun une biographie au titre identique de « La vie d’Epaminondas »

    2. Un modèle stratégique ancien

    Le monde antique, et particulièrement le monde grec, ne fait ni de stratégie, ni de tactique non plus d’ailleurs. Il est donc nécessaire d ’exposer les bases de ce combat grec archaïque et étonnamment contradictoire avec la richesse culturelle grecque de l’époque. Le combat grec ancien est connu sous le nom de « combat hoplitique » tirant son nom du fantassin de l époque qu’est le hoplite.

    2.1. L’absurde combat hoplitique

    Le combat hoplitique présente l’étonnante particularité d’être rudimentaire. Dans une société grecque sophistiquée, imprégnée de réflexions philosophiques, littéraires, et politiques qui a déjà donnée naissance à Sophocle, Aristophane, Eschyle ou Platon, l’art du combat a été totalement oublié au profit d’un choc militaire brutal, massif et immédiat.
    Le hoplite, qui tire son nom de son large et massif bouclier rond et convexe (le hoplon) avec lequel il fait corps, est lourdement équipé pour un poids total d’un minimum de 15 kilos , pouvant monter à plus de 30 kilos. Il se déplace à pied selon trois rythmes : la marche de translation sans équipement, la marche de combat et la course d’assaut.
    Une fois mis en place sur le champ de bataille sur un front rectiligne, les soldats sont lancés au pas de course sur un terrain dégagé, en rang serrés à la charge sur environ 200 mètres afin d’assener un choc brutal et exercer une poussée puissante pour refouler l’adversaire.
    A l’issue de ce premier contact, les hoplites sont épuisés, les premiers rangs sont fracassés, et les soldats terminent de s’affronter dans un chaos indescriptible.
    De l’avis des spécialistes, de tels combats étaient en réalité décisifs dès le premier contact et ne pouvaient durer que quelques minutes en raison de l’épuisement des combattants.
    Les cavaliers, archers et soldats légers, quoique plus mobiles et permettant des variations tactiques ne sont pas considérés comme des combattants « honorables » et sont quasiment exclus des combats.

    Pour comprendre cette description succincte dans toute son absurdité tactique, il est intéressant d’approfondir la disposition des forces en présence sur le champ de bataille.
    L’alignement est dans chaque camp le même. L’unité combattante est l’enomotia constituée de 3 files de 8 hommes (D’après Xénophon, 3 files de 12 hommes dans le cas de Sparte). L’accumulation des enomotia se fait de façon linéaire pour former un long front de contact.
    Les forces d’élite, les chefs subalternes et supérieurs sont toujours placés sur l’avant droit de chaque unité. Dans une phalange théorique constituée allant de 3500 à 13000 hommes, l’aile droite est constituée des meilleures unités, des forces d’élite et du général en chef.

    Notes de bas de page
    [1] cf. wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoi

    * * *

    2.2. Les prémisses de la « méthode fabienne »

    La méthode dite Fabienne ne trouvera son nom que plus de 150 ans plus tard en 217 av. JC.
    Face à Hannibal, le général romain Fabius Maximus invente la guerre d’usure en gardant ses légions dans les collines et évite sciemment un affrontement direct. De sa position il se contente de raids ponctuels rapides très usant pour le moral de l’ennemi. Ce qui s’appellera plus tard la « méthode Fabienne » est une simple stratégie de refus du contact direct dans un objectif d’épuisement, mais Liddell Hart y voit déjà une « Grande Stratégie » d’approche indirecte.

    La méthode Fabienne aussi appelée « stratégie d’évitement » permet, lorsqu’elle est correctement exécutée d’obtenir trois conséquences directes :
    – L’’économie des forces du côté du camp choisissant cette méthode, généralement le plus faible des deux camps ;
    – L’épuisement de l’ennemi ou la disparition de sa vigilance en raison d’une tension permanente ;
    – La gestion du temps : Négative pour l’assaillant qui voit s’épuiser ses ressources psychologiques (motivation) ou matérielles (logistique) et positive pour le défenseur, qui met ce temps à profit pour bâtir une riposte, motiver ses troupes et (re)constituer des réserves.

    Renforcer ses troupes

    Epaminondas n’a fait qu’utiliser au maximum ce temps pour se renforcer et pour mettre sur pied une armée d’élite qui deviendra célèbre sous le nom de « Bataillon Sacré » et dont il se servira comme fer de lance dans les différentes batailles. Ce « Bataillon Sacré » de Pélopidas est un corps d’élite constitué de 150 couples d’amants-guerriers, d’une extraordinaire cohésion.
    Parallèlement, la Confédération athénienne, dont fait partie Thèbes, temporairement soulagée de la pression de Sparte, met ce répit à profit pour reconstituer sa flotte.

    Epuiser l’ennemi

    Du fait de la stratégie d’évitement d’Epaminondas, l’armée spartiate parcoure vainement la Béotie pendant plusieurs années sans rencontrer les forces ennemies. Cette course désespérée vers un combat qui lui échappe altère sensiblement la motivation des troupes. Celles-ci commencent à douter de leurs maîtres et le sentiment de désaffection grandit.
    L’épuisement est à la fois physico-logistique et psychologique. Si le premier est intéressant, le vrai épuisement à rechercher par le stratège est le second. En effet, c’est l’épuisement psychologique qui va creuser des brèches qui deviendront vite des abîmes dans l’organisation des troupes ennemies. Les troupes doutent, les chefs ne sont plus motivés, les ordres sont mal ou pas transmis, puis mal ou pas appliqués. Et lors de la confrontation, l’énergie développée au combat est réduite à son minimum. Dans ce cas typique, l’effondrement d’une force peut être comparé à un ballon de baudruche qui se dégonfle rapidement et sans contrôle.

    Prendre le contrôle du temps

    La gestion du temps en période de conflit est un élément primordial du combat. Une méthode Fabienne, utilisée au moment le plus favorable, offre à celui qui l’applique la reprise de contrôle sur le temps. Grâce à ce recul stratégique face au fort, le faible décide du moment du combat. En utilisant ce gain de temps dans une ligne stratégique claire, Thèbes réussit à inverser une partie du rapport de forces. Lorsque les batailles reprendront, les armées de Thèbes et celles de la Confédération athénienne auront été mentalement renforcées, et la motivation de l’armée de sparte sera fortement affaiblie.

    3. La bataille de LEUCTRES

    3.1. Forces en présence [1]

    Ainsi, Sparte aligne environ 10.000 hoplites sur-entrainés pour la guerre depuis leur plus jeune âge et un millier de cavaliers, contre environ 5 à 6.000 hoplites amateurs et 1500 cavaliers pour Thèbes.
    La supériorité numérique de Sparte est écrasante. Aussi au regard des forces en présence, et dans l’hypothèse d’un choc frontal directement issu du standard de combat hoplitique, Thèbes peut être considérée comme écrasée avant même le début du combat. Et tel aurait été le cas si le déroulement du combat avait été une stricte application des règles d’engagement traditionnelles.

    Notes de bas de page
    [1] Toutes les données de ces épisodes antiques sont très discutées, mais nous en dégagerons des ordres de grandeur.

    * * *

    3.2. Plan simplifié de la bataille

    http://www.rene-hys.fr/IMG/jpg/Z-sources-leuctres.jpg

    3.3. Du choc brutal au chaos

    Face au Roi spartiate Cléombrotos qui aligne sa phalange dans le plus pur respect de la tradition du combat hoplitique, le thébain Epaminondas, conscient d’un rapport de force en sa défaveur, désaxe le champ de bataille et modifie son centre de gravité.
    Sur son flanc gauche au lieu de limiter de 8 à 12 rangées généralement disposées, il renforce de 42 rangées supplémentaires portant le nombre de combattants à plus de 2400 contre les 600 habituels. A cette masse considérable de hoplites, il ajoute le Bataillon Sacré de Pélopidas, son unité d’élite de 300 hommes.

    Quant au reste du front très affaibli, il ne doit pas avoir à combattre et se retrouve placé en dégradé, en recul de la ligne de front.
    Après un premier assaut, en raison de sa supériorité numérique, la cavalerie thébaine disperse celle de Sparte, l’énorme force de frappe est lancée, accompagnée du Bataillon Sacré en direction de la tête de l’armée spartiate.
    En un seul choc, la massue thébaine va littéralement défoncer les lignes spartiates, décapitant leurs officiers supérieurs, et le Bataillon Sacré prend au piège le Roi Cléombrotos avec sa garde personnelle composée des troupes d’élite de la cité et les tue.

    * * *

    3.4. La rupture stratégique

    La rupture de rythme

    La stratégie d’évitement déployée pendant de longues années a été l’acte préparatoire de la victoire à venir. C’est elle qui a installée une vision déformée de Sparte sur son ennemi. Comment imaginer que Thèbes qui fuit le combat depuis aussi longtemps, soit en mesure de bouleverser le combat traditionnel avec une hardiesse inimaginable ? Le « travail » de l’évitement a conforté Sparte dans son complexe de supériorité, et ébranlé la motivation de ses soldats.
    La rupture de rythme est en soi constitutive d’un effet de surprise. « Dans le domaine des Arts militaire, […] tout obéit au rythme et à la cadence. Dans les arts et techniques on ne peut aller contre le rythme »[1] Saisir le rythme du combat est indispensable pour faire corps avec lui, pour savoir quand il est nécessaire de ralentir ou d’accélérer.

    Il est toujours difficile pour les militaires d’adopter une telle stratégie, comme il est difficile à leurs donneurs d’ordre (autorités politiques) de la comprendre. Les protagonistes d’un combat ont envie d’en découdre et un évitement perçu comme un recul, une faiblesse.
    En psychologie, l’état d’esprit des belligérants est soumis naturellement à ce que l’on nomme communément « l’effet de gel », soit une sur-amplification de l’importance des décisions antérieures et une incapacité à revenir en arrière « Si je l’ai décidé, c’est que j’avais de bonnes raisons, donc je continue quoiqu’il arrive » [2].

    Le déplacement du centre de gravité

    « Le stratège habile impose sa volonté à l’ennemi. Il ne permet pas à l’ennemi de lui imposer la sienne » Sun Tzu. Epaminondas inverse le schéma conventionnel de disposition des troupes. Il « refuse » son aile droite, et place une écrasante supériorité de forces face à l’aile droite spartiate.
    Ce faisant, il adopte une rupture imprévisible dans le schéma traditionnel de combat qui conduit à un déplacement brutal du centre de gravité. La masse disposée face à l’aile droite spartiate est impressionnante (environ 50 rangs au lieu des 12 habituels, renforcée par le Bataillon Sacré).
    Le pari est risqué car l’armée de Sparte est constituée de soldats professionnels, sur-entraînés, sur-motivés, et maîtrisant parfaitement les règles d’engagement classiques. Sans innovation, l’issue funeste d’un tel affrontement est certaine.
    Pourtant, la droite spartiate s’effondre sous la puissance thébaine, ses officiers et son général sont tués, l’armée spartiate défaite est immédiatement mise en fuite.

    L’attaque « du fort au fort »

    Epaminondas est conscient du déséquilibre des forces en présence. Par la rupture du schéma conventionnel et le déplacement du centre de gravité, il viole le principe de tactique (!) élémentaire du combat hoplitique et choisit d’emblée de frapper « du fort au fort ».
    La structure du positionnement dans le combat hoplitique oriente le combat vers un affrontement « du fort au faible » donnant d’ailleurs au champ de bataille un mouvement de rotation naturelle. La rupture décidée par le général Thébain est encore amplifiée par le choix de l’attaque de « l’ultra-fort au fort », seul moyen de pouvoir l’emporter.
    Les auteurs classiques de la stratégie, de Sun Tzu à Lidell Hart en passant par Machiavel ou Clausewitz, insistent constamment sur le risque d’une telle entreprise et enjoignent toujours d’écarter cette possibilité. Mais ces auteurs oublient trop vite que la principale qualité du stratège sur le terrain est sa capacité d’adaptation. Epaminondas n’avait en réalité pas d’autre choix face à une défaite assurée. Les manœuvres préparatoires d’évitement étaient nécessaires mais non suffisantes. C’est uniquement son talent de stratège qui lui permet de poser objectivement la problématique et d’apporter une innovation dans l’art de la guerre.

    Notes de bas de page
    [1] Gorin No Sho ou Traité des Cinq Roues, Miyamoto Musashi.
    [2] « L’effet de gel » est une notion découverte dans les années quarante par le psychologue américain Kurt Lewin et qui servira de base à sa théorie de l’engagement. Avec « l’effet de gel » Kurt Lewin met en évidence l’incroyable efficacité de l’obtention d’actes librement décidés qui « gèlent » les décisions ultérieure par delà tout effet de persuasion ou acte d’autorité.

    * * *


    4. Après LEUCTRES

    Lors de la bataille de Mantinée, Epaminondas applique une seconde fois l’innovation qui lui a apportée la victoire lors de la bataille de Leuctres. Dans la droite ligne de l’affirmation de Sun Tzu : « C’est pourquoi, lorsque j’ai remporté une victoire, je n’utilise pas une seconde fois la même tactique mais, pour répondre aux circonstances, je varie ma manière à l’infini [1] », Epaminondas va réutiliser la même stratégie mais remaniée. Les Mantinéens et leurs alliés bloquent la route entre deux sommets escarpés et les Thébains défilent devant le front ennemi pour s’arrêter et mettre l’arme au pied, simulant ainsi la préparation d’un bivouac. L’ennemi relâchant alors sa vigilance, Épaminondas fait avancer son armée en formation oblique contre la droite ennemie tandis que sa cavalerie et ses troupes légères clouent l’aile gauche adverse. La massive phalange thébaine enfonce alors l’aile droite des alliés qui rompt le combat et s’enfuit, suivie, peu après, par toute l’armée alliée. Sun Tzu ne disait-il pas : « Tout l’art de la guerre est basé sur la duperie » [2] ?

    Conclusion

    Que retenir de cet épisode grec qui, par l’inattendue défaite de la cité guerrière de Sparte, voit basculer le rapport de forces entre les cités Etats et la fin de l’hégémonie spartiate ? Au delà de la stratégie guerrière, il est primordial de retenir les tenants psychologiques du combat.

    La psychologie de Sparte est celle de la puissance dominante. Toute confrontation directe est vouée à l’échec mais, sous le poids de la tradition, l’armée spartiate est un colosse aux pieds d’argile. La psychologie des chefs de Sparte est à envisager sur une longue période. Sparte est la cité la plus puissante de la Grèce. Elle est totalement tournée vers son entrainement militaire et ses qualités intrinsèques vont se retourner brutalement contre elle.
    L’absence de combat en raison de la méthode fabienne d’Epaminondas, détourne la raison d’être des spartiates et les atteints au fondement même de leur existence. A défaut de combat, le soldat surentrainé sans combat se démobilise et perd toute motivation.
    Les chefs spartiates sont tellement assurés de leur toute puissance et de leur parfaite connaissance de la chose militaire qu’ils n’envisagent même pas la possibilité d’une défaite. La méthode a toujours fonctionné, donc elle fonctionnera encore. Pourquoi envisager de modifier un schéma tactique ancestral et gagnant ?
    « L’habitude tue » est une sentence chère aux démineurs, qui s’applique à de nombreuses situations et c’est l’habitude donc l’absence de doute qui va perdre Sparte.

    La psychologie d’Epaminondas est celle du faible face à une situation désespérée. C’est la froideur de l’analyse de la situation qui lui permet d’échafauder un plan considéré comme dément par ses pairs, de s’affranchir de la tradition et de n’avoir pour seul objectif que la victoire. Bien des siècles plus tard la phrase de Miyamoto Musashi : « Dans notre école, il faut vaincre, que l’on ait une arme longue ou une arme courte. La longueur d’un sabre ne nous importe donc pas. Volonté de vaincre par n’importe quel arme : c’est la Voie de notre école » [3].
    La vision de ce général d’une intelligence tactique surprenante est « mécanique et algorithmique », son analyse dépassant les traditions séculaires, les habitudes et la crainte inspirée par un ennemi redoutable. En s’extrayant de tout ce contexte, en libérant son esprit, le général thébain se place en position d’effectuer une analyse objective de la situation. Dans cette analyse, rien n’est écarté d’emblée, chaque point est envisagé et la décision est prise en parfaite objectivité.

    Notes de bas de page
    [1] L’Art de la Guerre, Sun Tzu
    [2] L’Art de la Guerre, Sun Tzu
    [3] Gorin No Sho ou Traité des Cinq Roues, Miyamoto Musashi.

    * *
    *

    Bibliographie

    LIDELL HART Basil Henry, Stratégie,
    MUSASHI Miyamoto, Gorin no sho,
    SUN TZU, L’art de la guerre,
    WATZLAWICK Paul, Changements,

    Articles

    René HYS, Toute stratégie est mécanique et algorithmique, 2010 réécrit en 2011

    Lien original : http://www.rene-hys.fr/spip.php?article6

  • Participant
    Posts2179
    Member since: 16 avril 2012

    Très bon article. Merci de l’avoir posté.

  • Participant
    Posts363
    Member since: 17 juillet 2012

    Le Plan Schlieffen consistait surtout a rapidement ecraser l’armée francaise sur le front ouest pour rapidement s’en retournée et affronter le monstre russe a l’est, c’etait pas une formation oblique ou je ne sais quoi la france s’attendait a une attaque venant par l’est pour les tromper il sont venu du nord c’est tout…

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Pour que le Plan Schlieffen soit une attaque oblique, il faut que “l’aile Belge” Allemande (je vous laisse donner les division qui formaient se corps) ne fasse qu’attirer l’ennemi tout en lui laissant du terrain afin que le groupe des Ardenne enfonce brutalement son front et le prenne à revers.
    Hors si j’ai bien compris, l’aile Belge à tous simplement fixé les Alliés sans pour autant reculer, et il n’y a quasiment eu aucune résistance dans les Ardennes (le plan incluait peut être une défense). Bref ce n’est pas strictement un ordre oblique comme à Leucres, mais la géométrie et les intentions y sont.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Henri Beyle, j’ai juste une critique à émettre au niveau du paragraphe concernant le “modèle stratégique ancien”. En effet, l’auteur omet de mentionner que la situation a déjà bien changé depuis la Guerre du Péloponnèse en comparaison à l’époque des Guerres Médiques.

    En effet, refuser le contact pour se prémunir de la supériorité des Spartiates avait déjà été employé par le stratège athénien Périclès* au début de la Guerre du Péloponnèse en 331, puisqu’il avait ordonné aux Athéniens de se réfugier derrière les Longs-Murs tandis que la flotte ravageait le Péloponnèse. De fait, Sparte s’était retrouvé dans l’impossibilité d’affronter les Athéniens. N’oublions pas non plus qu’ils gagneront cette guerre notamment grâce à la construction d’une flotte que commande Lysandre.
    Par ailleurs, même si en 371 la cavalerie est encore au second plan (c’est Philippe de Macédoine qui en fait un usage brillant dans le troisième quart du siècle), on remarque d’ors et déjà l’apparition de mercenaires dans les armées grecques et d’infanterie légère : les peltastes qui commencent déjà à modifier en profondeur le combat qui ne se limite plus aux seuls hoplites.

    Une autre correction que je souhait apporter va par rapport aux effectifs, où il évoque “10.000 hoplites sur-entrainés” côté lacédémonien ce qui n’est pas tout à fait exact. En effet, à cette époque la cité souffre d’oliganthropie (il n’y a plus assez de citoyens de pleins droits dans le corps civique). Ainsi, on ne compte que moins d’un millier de Spartiates dans les rangs lacédémoniens et donc les autres forces sont complétés par des citoyens inférieurs, quelques périèques et surtout les alliés de Sparte.
    Or ce sont ces citoyens de plein droit (les homoloï ou tout simplement les Spartiates) qui sont sur entraînés du fait d’un entraînement depuis l’âge de sept ans à la guerre (la fameuse agôgè). D’ailleurs, je suis aussi surpris que’il n’ait pas insisté sur la perte de 400 Spartiates à Leuctres qui coûte extrêmement cher à Sparte puisqu’elle y perd 1/3 de son corps civique apte au combat et c’est bel et bien cette terrible perte qui empêche Sparte de rejouer un rôle de premier plan en Grèce !

    En effet, en 371 Sparte ne peut plus se permettre de réitérer le sacrifice des Thermopyles puisque son corps civique est passé de trois à quatre mille hommes à moins de mille cinq cents et donc il convient de relativiser cette suprématie de l’armée lacédémonienne face à son homologue thébaine.
    ___________________________
    * Un stratège est l’équivalent à Athènes du béotarque thébain. Il s’agit donc d’un magistrat qui occupe de hautes fonctions militaires, mais pas seulement puisqu’il joue aussi un rôle de premier plan dans la politique de la cité. Suite aux bouleversements militaires qui apparaissent en Grèce au IVème siècle avant notre ère, leur rôle va être lentement relégué au second plan.

  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    Henri Beyle j’ai juste une critique à émettre au niveau de ton paragraphe concernant le “modèle stratégique ancien”.

    Je t’arrête tout de suite : ce n’est pas moi qui ait écrit cette article, ainsi que je l’ai mentionné.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressante notion que l’ordre oblique.

    L’association stratégique de l’évitement à l’ordre oblique tactique est intéressante, mais il faut bien les séparer selon moi:
    – Comme le dit @Maxislv, l’évitement stratégique n’est pas nouveau à ce moment
    – L’évitement doit renverser le rapport de forces, il ne le fait pas car à Leuctres les Thébains sont toujours inférieurs en nombre rapporté à la qualité

    La rupture tactique de l’ordre oblique est bien nécessaire à la victoire.
    On notera aussi que l’ordre oblique est certes une rupture de schéma de pensée, mais ce qui fait son succès dans cette bataille est surtout une incapacité spartiate à user de l’aile gauche en compensation, probablement parce que les commandants sont tous sur l’aile droite (et très occupés) et parce que les peltastes et la cavalerie devaient gêner son mouvement déjà lent avec la formation en phalange.

    D’ailleurs, la cavalerie a t’elle effectué un “marteau-enclume” sur l’aile droite spartiate qui était assaillie par des milliers de thébains?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1563
    Member since: 29 juillet 2012

    D’ailleurs, la cavalerie a t’elle effectué un “marteau-enclume” sur l’aile droite spartiate qui était assaillie par des milliers de thébains?

    Il faudrait se pencher sur les textes en question, mais je ne pense pas que cette éventuel emploi ait pu être décisif : l’aile spartiate était de toute manière enfoncée par la masse thébaine.
    À noter toutefois que la cavalerie a été un peu plus utilisée durant cette affrontement que d’ordinaire il semblerait (elle était tout de même un atout pour les Thébains), notamment avant le contact entre les hoplites des deux camps.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    @jddelsignore

    À noter toutefois que la cavalerie a été un peu plus utilisée durant cette affrontement que d’ordinaire il semblerait (elle était tout de même un atout pour les Thébains)

    Oui c’est justement l’origine de ma question: l’engagement commence par la dispersion de la cavalerie spartiate, donc j’imagine qu’après la cavalerie thébaine n’a pas été inactive. Peut être a t’elle poursuivi les peltastes,

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts2179
    Member since: 16 avril 2012

    Elle n’attaque pas les hoplites spartiates en tout cas.

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 15)

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