Post has published by cuirassier

Ce sujet a 18 réponses, 9 participants et a été mis à jour par  Alkiares, il y a 4 ans et 10 mois.

19 sujets de 1 à 19 (sur un total de 19)
  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    http://img11.hostingpics.net/pics/454861oprationsenprofondeur.png

    Aujourd’hui nous allons commencer un nouveau dossier sur la doctrine soviétique des opérations en profondeurs, celle qui fut notamment utilisée avec succès pendant la 2nd guerre mondiale et qui perdura bien après. Ce dossier est complémentaire avec celui sur la Blitzkrieg allemande et permettra de clore celui sur la confrontation entre l’URSS et le IIIème Reich.
    Ici nous aurons donc l’occasion de découvrir la pensée militaire soviétique des années 20-30, qui avec ses différents penseurs est restée injustement méconnue alors qu’elle était très novatrice et supérieure en bien des points sur sa consœur allemande de l’époque.

    La création de la pensée stratégique soviétique :

    C’est le 30 décembre 1922 que la Russie devient officiellement l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques.
    Ce nouvel état avait pour vocation de bâtir un nouveau modèle de société et c’est ainsi que sur le plan militaire il fut envisagée de créer un art de la guerre spécifique à ce nouvel état communiste. Paradoxalement alors que l’URSS sombrait dans le totalitarisme, les années 20-30 vont être l’occasion pour le nouveau corps des officiers, issu de l’ancienne armée tsarine ou du prolétariat, de pouvoir s’exprimer et débattre pour construire leur propre science de la guerre.
    Les officiers vont se mettre à énormément étudier les stratégistes du monde entier, ceci sera facilité par le traité de Rapallo signé en 1922 et qui permet à des officiers soviétiques d’étudier dans les académies militaires allemandes. L’Armée Rouge développe elle aussi ses propres académies de qualité où on étudie notamment Clausewitz et toutes les guerres depuis Napoléon.

    http://www.marxists.org/archive/lunachar/works/silhouet/trotsky.gif Léon Trotski. Il fut l’un des premiers modernisateurs de l’Armée Rouge. Faute de volontaire ; il impose la conscription. Conscient aussi du manque d’instruction de ses troupes, il fait incorporer d’anciens officiers de l’armée du Tsar.

    Les soviétiques retiendront de leurs études et de leur expérience de la guerre civile plusieurs leçons primordiales :
    – L’échelle des conflits a considérablement augmenté, une victoire au niveau de la tactique (combat, bataille) ne garantit plus le succès au niveau stratégique (guerre), car les sociétés modernes et leurs armées ont acquis une telle résilience (capacité à supporter les pertes humaines, matérielles et morales) que les conflits seront à présent longs et totaux.

    – Ces conflits entre de si grandes armées se déroulant dans de si grands espaces, il est devenu nécessaire de coordonner simultanément l’action de plusieurs fronts dans l’espace et dans le temps. Cette coordination étant permise grâce aux progrès technologiques en termes de logistique (trains, motorisation…) et de communication (radio, téléphone….).

    http://3.bp.blogspot.com/_tCBJxeySXfQ/S-gSM0mZn_I/AAAAAAAAEHU/1o7QaWBJk6I/s1600/train+blinde.jpg Un train blindé de l’Armée Rouge pendant la guerre civile russe. Ce conflit permit aux soviétiques de prendre conscience de l’importance de la logistique et notamment du chemin de fer, qui leur permis de déplacer les troupes en masse et rapidement pour toujours avoir la supériorité numérique sur un front.

    Pour les soviétiques, le politique détermine les objectifs stratégiques à atteindre.
    Puis Ils reléguèrent la stratégie aux plus hautes sphères de la guerre ; c’est-à-dire à la coordination des différents moyens diplomatique, économique, humain et militaire (lien front-arrière) pour atteindre ses objectifs.
    Il se crée donc un trou entre la stratégie et la tactique, ils comblèrent ce trou par la notion d’art opératif qui désigne la combinaison, dans le temps et l’espace, de grandes unités (corps d’armée, armées, fronts*) dans le but d’atteindre les objectifs stratégiques.

    Il faut aussi souligner que les soviétiques avaient une vision scientifique de la guerre, comme si la guerre était une sorte de problème mathématique à résoudre. La guerre était vue comme la confrontation de deux systèmes stratégiques, avec leurs composants militaire, diplomatique, économique et humain qui s’interagissent entre eux. Le but de l’art opératif était donc de faire combiner plusieurs opérations, non pas pour détruire l’armée ennemie, mais pour démonter la cohésion du système ennemi.

    Ce qui était important pour les soviétiques, ce n’étaient pas d’être les meilleurs tacticiens pour tuer le plus d’ennemis possibles, mais bien d’avoir l’avantage sur le plan stratégique. Et les opérations militaires contribuaient à obtenir cet avantage stratégique.

    http://alternathistory.org.ua/files/111010_Svechin.jpg Une des rares images de Svietchine. Il fait partit de ces officiers, censurés au temps du Tsar, qui profitèrent de leur incorporation dans l’Armée Rouge pour exprimer leur idées novatrices.

    Deux conceptions de la stratégie à adopter en cas de guerre se confrontent dans les années 20 :
    – Celle d’Alexandre Svietchine ; qui constatant les faiblesses de l’industrie soviétique, prône une phase défensive pour faire subir une attrition** à l’envahisseur le temps de mobiliser l’économie et la population, puis une phase de contre-attaque.

    – Et celle de Toukhatchevski, qui lui aussi constatant les faiblesses de l’industrie soviétique, prône au contraire une posture stratégique très offensive pour annihiler l’armée ennemie avant qu’il est pu mobiliser.

    Finalement c’est Toukhatchevski qui l’emporte car sa stratégie correspond mieux à l’idéal révolutionnaire. Et de cette stratégie offensive va découler une doctrine opérative : les opérations en profondeur du manuel de 1936.

    http://2.bp.blogspot.com/_8bEdZGbBsg0/SVNOOirSnZI/AAAAAAAAChE/Aj1RAyuW_FQ/s640/ZZ.jpg Le maréchal Toukhatchevski, principal partisan de la mécanisation de l’Armée Rouge et créateur des “opérations en profondeur”. Il étudia en Allemagne ce qui permit à Staline de l’accuser et de le condamner injustement de trahison lors des purges de 1936.

    A suivre la cinématique de l’opération en profondeur…

    ———
    *front : le front est l’équivalent soviétique d’un groupe d’armée.

    **Attrition : fait d’user morceau par morceau son adversaire. L’Attrition s’oppose à l’annihilation qui elle vise à détruire l’ennemi en une seule fois. De plus chaque armée en campagne subit naturellement une attrition (maladie, accident, pannes…).

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts1418
    Member since: 16 avril 2012

    Excellent début de dossier camarade Cuirassier ! J’ai hâte de lire la suite !

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Comme d’habitude, je me régale à chacun de tes dossiers, merci Cuirassier ! 🙂

  • Participant
    Posts2324
    Member since: 11 mai 2012

    Excellent dossier!

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    La cinématique des opérations en profondeur :

    Il faut tout d’abord rappeler qu’une opération est un ensemble d’action militaire. Chez les soviétiques, la combinaison de plusieurs opérations doivent permettre de prendre l’avantage sur le plan stratégique.
    Les opérations disposent donc de différents outils pour atteindre leurs objectifs :

    – La tactique : c’est-à-dire le combat.

    – Les manœuvres : le fait de déplacer les troupes.

    – La logistique : très importante chez les soviétiques, elle permet de transporter les troupes en masses et de garantir qu’elles restent en état de servir tout le long de l’opération.

    – Le renseignement

    – La Maskirovka : c’est-à-dire l’art russe de la tromperie et qui est systématiquement utilisé pour chaque opération. Cela comprend aussi bien le camouflage des troupes que des attaques de diversions à grandes échelles.

    – Et le « contrôle des troupes » : c’est-à-dire la planification poussée des opérations et le contrôle de sa bonne exécution.

    Les soviétiques croient aussi à l’utilisation concentré et en masse de blindées, c’est ainsi qu’ils formaient en 1932 des corps mécanisée composée de 2 brigades blindée et 1 brigade d’infanterie soit l’équivalent d’une division de char occidental. Ils créent donc de grandes formations de chars 3 ans avant les panzers divisions !

    http://tpe-trucage-photographique.e-monsite.com/medias/images/bundesarchiv-bild-183-e0406-0022-012-sowjetische-artillerie-vor-berlin.jpg Les soviétiques accordent une grande importance à l’utilisation intensive de l’artillerie. Elle appui les assauts contre les lignes de défenses et elle est considérée comme déterminante pour obtenir la rupture du front. Elle a aussi pour mission d’harceler les arrières de l’ennemi pour le désorganiser.

    Alors imaginons maintenant que la stratégie choisie par la Stavka* est de lancer une série d’opérations militaires pour s’emparer d’une région vitale à l’économie ennemie.
    Les fronts d’où partira les opérations sont sélectionnés, des objectifs opératifs lui sont fixés (couper une voie de chemin de fer, s’emparer d’un pont…), généralement ces objectifs se situent entre 100 et 250 kms derrières les lignes ennemies.

    La Maskirovka entre en jeu ; sur les fronts où il ne se passera rien on fait croire à une intense activité (faux chars, attaques de diversions, simulation de mouvements de troupes…).
    Alors que sur les fronts d’où partiront l’attaque, les soviétiques font croire qu’ils se mettent sur la défensive (établissement de fausse ligne de défense, camouflage des concentrations de troupes, arrivés des troupes d’assaut en 1ère ligne qu’au dernier moment…).

    Le renseignement connait bien les dispositions ennemies grâce aux reconnaissances aériennes et terrestres, celles des commandos et des partisans. Le but est ici de repérer les quartiers généraux, les entrepôts logistiques, les positions d’artillerie, les points faibles etc…
    Les unités de reconnaissances peuvent aussi préalablement s’emparer de positions mal défendues.

    http://models.modelart7.com/wp-content/uploads/2011/02/T34-85.jpg Les T34 reflètent bien la pensée soviétique. Ils sont stratégiquement bons car leur fabrication facile et leur fiabilité permettent d’en disposer en masse. Leur fiabilité et leur mobilité les rendent aussi parfaitement adaptés aux opérations dans la profondeur. Ils ne sont certes pas conçus pour être les meilleurs chars sur le plan tactique, mais les soviétiques les améliorent pour toujours être suffisamment puissants face à l’ennemi par exemple l’introduction d’un canon de 85 mm début 1944.

    L’attaque commence par une intense préparation d’artillerie et de lance-roquettes multiple (Katioucha) qui vise les premières lignes ennemies mais aussi des points précis importants (QG, dépôts logistique, positions d’artillerie…).
    L’Armée Rouge va profiter de sa supériorité numérique pour attaquer et percer simultanément plusieurs points du front ennemi.
    L’assaut proprement dit est lancé avec de l’infanterie accompagnée de chars et de canon d’assaut en appui. Des sapeurs ont été rattachés spécialement pour l’offensive. Si les assaillants ont des difficultés, il est théoriquement possible de changer l’axe d’attaque sur point plus faible, le but est de percée le front le plus rapidement possible. Une fois la percée obtenue, les premières vagues d’assauts l’agrandissent puis se ruent sur les arrières de l’ennemi.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Il2_sturmovik.jpg Un excellent Iljuschin Il-2 Schturmowik. C’est un avion d’assaut lourdement armé et blindé qui doit appuyer les assauts de l’Armée Rouge, puis harceler dans la profondeur les positions ennemies.

    La phase d’exploitation peut commencer ; des corps mobiles composés de chars et d’infanterie s’engouffrent dans les brèches puis se répandent sur les arrières de l’ennemi le plus vite possible avant que l’ennemi ne se ressaisisse. Il faut provoquer un choc sur le système militaire adversaire par la masse des troupes et par la vitesse (choc = masse x vitesse).
    L’artillerie et l’aviation harcèlent les arrières ennemis pour désorganiser sa retraite et la monté au front des renforts.
    Une fois les objectifs opératifs atteints, les troupes font une pause opérationnelle le temps de réorganiser la logistique pour recommencer un nouveau bond en avant.

    http://www.communisme-bolchevisme.net/images/T-34_76_3.jpg A cause d’une industrie orientée principalement sur la production de char, l’Armée Rouge ne disposera pas d’un véhicule blindé pour transporter son infanterie au combat. Seuls les camions fournis par les USA permirent de motoriser partiellement la logistique et l’infanterie. Du coup les soldats soviétiques s’accrochaient aux chars pour pouvoir suivre leur rythme, ce qui occasionna de lourdes pertes…

    Rappelons que l’utilisation de l’art opératif permet de combiner plusieurs de ces opérations en profondeur simultanément ou successivement. Chacun de ces bonds en avant détruit la cohésion du système militaire ennemi comme si l’on retirait les piliers porteurs d’un immeuble pour le faire écrouler.
    Les opérations en profondeurs en atteignant des objectifs pas seulement militaires mais aussi économiques (usine, ressources précieuses…) ou à forte valeur (capital de l’ennemi etc…) permettent de réduire les capacités de l’adversaire à continuer la lutte et donc d’accroitre la supériorité du système stratégique soviétique jusqu’à la victoire finale.

    A suivre une conclusion…

    ——–
    *Stavka : état-major de l’Armée Rouge dirigé par Staline.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Conclusion:

    Comme nous l’avons vu, l’école de pensée stratégique soviétique des années 20-30 est très innovante, on peut même dire objectivement qu’elle est en avance sur son époque. Ils comprennent mieux que quiconque la nature des guerres totales modernes et ses évolutions. Ils comprennent l’importance de la mobilisation humaine et économique sur le long terme.
    En revanche, contrairement à ce que l’on voit parfois, la doctrine soviétique des opérations en profondeur n’est strictement pas une copie de la Blitzkrieg allemande, malgré certaines similitudes d’ordres tactiques. Les opérations en profondeurs se font elles sur un front large et elles insistent plus sur la planification et la logistique, elles ne sont strictement pas improvisées et surtout elles restent au service d’une stratégie globale.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/69/Paratroopers_jumping_from_Tupolev_TB-3.jpg Des parachutistes soviétiques s’apprêtent à sauter depuis les ailes d’un avion ! Là encore les soviétiques furent des pionniers et dès 1930 ils créèrent de grandes unités parachutistes pour s’emparer par surprise d’objectifs dans la profondeur du dispositif ennemi. Cependant lors de la grande guerre patriotique, les opérations aéroportées soviétiques échouèrent lamentablement.

    Vous vous dites certainement alors pourquoi l’Armée Rouge a eu tant de difficulté lors de la seconde guerre mondiale ? Et bien tout simplement parce que ses idées novatrices sont issues d’officiers exceptionnels, car globalement ceux issus du prolétariat manque d’instruction ; à titre d’exemple le fameux maréchal Joukov n’a initialement pas dépassé le niveau scolaire d’un primaire…
    Le contrôle pointu des commissaires politiques et surtout les purges de 1936/37 ont littéralement détruit toute la génération de grand penseur soviétique ; Svetchine, Touthatechevski et bien d’autres seront fusillés pour ne pas avoir été suffisamment soumis à Staline…
    L’Armée Rouge devra tout réapprendre tout en faisant face à l’invasion allemande, elle parviendra à bien à la victoire mais cela se fera au prix d’immenses pertes.

    http://i783.photobucket.com/albums/yy111/mrmental/isserson-39.png Isserson, un autre des concepteurs de l’art opératif et des opérations en profondeur. Il plaida notamment pour l’application d’opérations de manière simultanée et séquentielle ainsi que pour le renforcement de la coopération interarmes entre les chars, l’infanterie, l’artillerie, les paras, l’aviation etc… Grand soutien de Toukhatchevski il passera 14 ans au goulag. Certain de ses écrits ne sont toujours pas déclassifiés !

    Ironiquement c’est Svetchine qui eut raison car la guerre se débuta bien par une phase défensive d’attrition de « l’envahisseur fasciste », le temps que l’industrie et la population soit mobilisée, puis une phase de contre-attaques par combinaison d’opérations en profondeurs à chaque fois de plus en plus perfectionnées (Stalingrad, opérations Koutosov, Bragration, Orage d’Août…).
    Ils donnèrent aussi plus d’importance à la défense, l’exemple de Koursk avec ses défenses en profondeurs très perfectionnées suivis de contre-attaque révèle bien l’ingéniosité de la pensée militaire soviétique.

    http://withfriendship.com/images/j/45539/BMP-1-pic.jpg Un BMP 1, le premier véhicule de combat d’infanterie (VCI) de l’infanterie mécanisée soviétique. Noter l’accent mis sur la puissance de feu canon de 33 mm, mitrailleuse coaxiale de de 7.62mm et certains seront équipés de lance missile. Les fantassins embarqués ont aussi la possibilité de tirer par des meurtrières.

    Comme le concept « d’opérations en profondeurs » fit ses preuves lors de la seconde guerre mondiale, il fut prolongé pendant la guerre froide. Si elle a subi quelques adaptions, notamment d’ordres matériels, l’essence même du concept et rester le même.
    La période de « paix » post 45 et la mort de Staline vont être l’occasion pour l’Armée Rouge d’enfin souffler et de combler ses lacunes :

    – La qualité du matériel va augmenter (introduction systématique de la radio…), les troupes vont être motorisées, l’infanterie mécanisée va enfin obtenir son véhicule de combat d’infanterie (VCI) pour suivre la progression des chars, des protections NBC (Nucléaire, Bactériologique et chimique) vont être ajoutées etc…

    – L’utilisation d’hélicoptères d’assaut et de lance-missiles vont accroitre la puissance de feu utilisée lors de l’assaut et pour désorganiser les arrières ennemies.
    Des commandos (les fameux Spetsnaz) font être projetés sur la profondeur du dispositif ennemi pour accroitre sa désorganisation.

    – Et surtout les soviétiques vont introduire l’utilisation d’armes nucléaires tactiques ; « arme ultime » pour s’assurer de la décohésion du système militaire ennemi.

    http://media.moddb.com/cache/images/groups/1/13/12180/thumb_620x2000/137n.jpg Un MI-24 du pacte de Varsovie. Ces hélicoptères d’assaut sont lourdement armés et blindés, ils jouent le même rôle que les Il-2 Schturmowik lors des assauts et peuvent aussi débarquer des commandos sur les arrières ennemies.

    Voilà fin du dossier. J’espère qu’il vous a plu, si vous avez des questions n’hésitez pas. Et le prochain qui ose dire que l’Armée Rouge n’est qu’une bande d’abrutis qui a gagné la 2GM seulement par le nombre je le « {**@###)°.

    Sources :
    – Guerres et Histoire n°11 « l’Armée Rouge a changé l’art militaire pour l’emporter »
    – Ligne de front hors-série n°3 « Menace Rouge sur le monde »
    – Qu’est-ce que l’art opératif par Stéphane Mantoux.
    – Batailles et blindés n°50 : » tempête Rouge sur l’Europe ».
    – Guerres et Histoire n°14 « Alexandre Svietchine, le Clausewitz du XXème siècle ».
    – Champs de bataille n°11 et 12 : « l’arme blindée soviétique de la seconde guerre mondiale »
    – Autres pour les détails
    A voir sur l’art opératif en anglais :
    http://www.history.army.mil/books/OpArt/

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts1418
    Member since: 16 avril 2012

    Conclusion:

    Voilà fin du dossier. J’espère qu’il vous a plu, si vous avez des questions n’hésitez pas. Et le prochain qui ose dire que l’Armée Rouge n’est qu’une bande d’abrutis qui a gagné la 2GM seulement par le nombre je le « {**@###)°.

    Bien d’accord la dessus ! 😆

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 23 avril 2012

    Merci pour le dossier, je croyais vraiment que les russes n’étaient que des bon à rien, si se n’est finir les bouteille de vodka 😆

  • Participant
    Posts1418
    Member since: 16 avril 2012

    Oh non tu n’a pas le droit Learch ! Et Souvorov alors !? :p

    Sinon je me suis posé une question, comment faisait les parachutistes pour s’accrocher ? Ils devaient avoir de sacré bras pour bien se tenir aux ailes même si ils avaient des cordes accroché aux ailes.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Sinon je me suis posé une question, comment faisait les parachutistes pour s’accrocher ? Ils devaient avoir de sacré bras pour bien se tenir aux ailes même si ils avaient des cordes accroché aux ailes.

    Sans en être certain, je suppose qu’il y a des échelles fixées qui mènent aux ailes de ces BT-3.

    EDIT: Sinon je ne sais pas pour vous mais je suis sidéré que les écrits d’Isserson soit encore classé secret défense plus de 30 ans après sa mort. Ce qu’il a écrit est certainement brillant mais quand même !

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts860
    Member since: 1 mai 2013

    Excellent, merci ! je suis en plein dans l’art opératif en ce moment donc ça tombe bien 😉 D’ailleurs, je me sus amusé à faire une petite illustration du concept :
    http://3.bp.blogspot.com/-66p3IwRiZv4/UkSXf1rk_rI/AAAAAAAAAB4/1RhbPK76gZM/s640/artop%C3%A9.jpg

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    A mon humble avis, une carte d’État-major aurait plus fait l’affaire.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Ton image est l’occasion de citer un autre théoricien : Vladimir Triandafillov.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/32/Vladimir_Triandafillov.jpg/220px-Vladimir_Triandafillov.jpg

    Il était à l’académie militaire. Il notamment militait pour la modernisation matérielle de l’Armée Rouge ainsi que pour une planification minutieuse des opérations et de la logistique. Il est malheureusement décédé dans un accident d’avion.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    A propos du secret sur les écrits d’Issersson, n’était ce pas une bonne idée, en considérant ce que tu a di sur un autre sujet: les Américains n’adopteront une façon de faire opérationnelle qu’après la guerre du vietnam?

    Merci pour ce dossier formidable cuirassier.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    A propos du secret sur les écrits d’Issersson, n’était ce pas une bonne idée, en considérant ce que tu a di sur un autre sujet: les Américains n’adopteront une façon de faire opérationnelle qu’après la guerre du vietnam?

    Disons que je me demande bien qu’est ce qu’il y a de si révolutionnaire dans les écrits d’Isserson pour que cela reste classifier en Russie.
    Après est ce qu’ils ont bien fait de garder secrets ses écrits? En bon normand je vais te répondre peut être bien que oui, peut être bien que non…

    Cela mérite débat. D’ailleurs cela fait partie des idées de débats que j’ai en projet : “faut-il dévoiler ses doctrines militaires aux yeux du monde?”.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    RESTE classifié!! Ah effectivement, c’est vraiment beaucoup. Et le sujet de débat que tu as en tête va surement être trrrrrès intéressant.

    J’ai suivi ton conseil pour mon avatar, et t’ai emprunté une image…

    A propos du dossier:
    L’artillerie et l’aviation harcèlent les arrières ennemis pour désorganiser sa retraite et la monté au front des renforts

    Si je comprends le rôle de l’aviation, le rôle de l’artillerie m’est plus obscur chez les russes. Sa motorisation n’atteignait pas celle des allemands, ni même celle des alliés. Elle était employée pour protéger la brèche des contre-attaques qui isoleraient les troupes d’exploitation, mais elle ne pouvait pas intervenir à une grande échelle (après plusieurs jours de progression). Non ?

    Peut-on considérer le fait que les russes prévoient deux victoires tactiques en 42: Stalingrad et Rjev, n’en obtiennent qu’une mais réussissent quand même à les exploiter jusqu’à Karkhov comme un résultat de ces opérations en profondeur, où les russes exploitent assez Stalingrad pour rendre inutile la victoire allemande de Rjev?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Si je comprends le rôle de l’aviation, le rôle de l’artillerie m’est plus obscur chez les russes. Sa motorisation n’atteignait pas celle des allemands, ni même celle des alliés. Elle était employée pour protéger la brèche des contre-attaques qui isoleraient les troupes d’exploitation, mais elle ne pouvait pas intervenir à une grande échelle (après plusieurs jours de progression). Non ?

    Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer la motorisation de l’Armée Rouge surtout à la fin de la guerre. Et une opération en profondeur se déroulait généralement sur un front très large, parce que les soviétiques profitaient ainsi de leur supériorité numérique.
    Contrairement aux allemands tu n’as pas une pointe qui avance seule en avant, mais véritablement un rouleau compresseur soviétique de plusieurs colonnes qui balayent tout sur leur passage et se couvrent mutuellement. Pas facile d’organiser une contre-attaque pour isoler une force d’exploitation contre cela, du moins pas à grande échelle.
    Et les soviétiques n’avançaient pas de manière effrénée comme les allemands. Conformément à l’art opératif ils menaient régulièrement des pauses opérationnelles afin de réorganiser leur dispositif, entre autre pour faire face à une éventuelle contre attaque.

    Peut-on considérer le fait que les russes prévoient deux victoires tactiques en 42: Stalingrad et Rjev, n’en obtiennent qu’une mais réussissent quand même à les exploiter jusqu’à Karkhov comme un résultat de ces opérations en profondeur, où les russes exploitent assez Stalingrad pour rendre inutile la victoire allemande de Rjev?

    On a là un bon exemple d’art opératif soviétique. En effet ils planifient et combinent dans le temps 4 opérations sur deux fronts différents : 2 à Stalingrad (Uranus puis Saturne) et 2 à Rjev (Mars puis Jupiter).
    Celles de Rjev vont échoué pour des raisons tactique (forte résistance allemande).
    En revanche l’opération Uranus (encerclement de la 6ème armée à Stalingrad) a fonctionné. Donc logiquement les soviétiques lancent l’opération Saturne à la suite.
    Mais à cause de la forte résistance de la 6ème armée allemande et de la contre-attaque de Manstein, cette opération Saturne voit ses objectifs et ses moyens être réduits, on parle alors de Petite Saturne.

    Petite Saturne obtient des résultats significatifs : les destructions des armées italienne et hongroise.
    Du coup les soviétiques, trop confiant, planifient une nouvelle opération (Galop) qui en gros a pour but de faire ce qui était prévu avec le plan Saturne d’origine, c’est-à-dire l’encerclement du groupe d’armée A.
    Mais les allemands vont miraculeusement se rétablir et feront capoter l’opération Galop qui était décidément l’opération de trop.
    Voir à ce propos :
    La IIIème bataille de Kharkov : Manstein punit l’Armée Rouge

    Comparaison n'est pas raison.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Petite Saturne obtient des résultats significatifs : les destructions des armées italienne et hongroise.
    Du coup les soviétiques, trop confiant, planifient une nouvelle opération (Galop) qui en gros a pour but de faire ce qui était prévu avec le plan Saturne d’origine, c’est-à-dire l’encerclement du groupe d’armée A.
    Mais les allemands vont miraculeusement se rétablir et feront capoter l’opération Galop qui était décidément l’opération de trop.

    La libération du Caucase par la retraite des allemands a tout de même été un important résultat. Je ne savais pas que les soviétiques avaient changé saturne en petite saturne, c’est vraiment toute une organisation.

    Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer la motorisation de l’Armée Rouge surtout à la fin de la guerre

    J’ai en effet peu de connaissances sur les tracteurs d’artillerie soviétique, mais l’organisation des chars et de l’infanterie m’est plus familière. L’organisation en groupes d’artillerie faite par les soviétiques devait limiter tout de même la disponibilité, contrairement aux allemands. Les exemples d’attaque par des chars et leurs infanterie uniquement d’objectifs importants comme des aérodromes ou des villes ou villages fortifiés sont nombreux.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts57
    Member since: 7 août 2013

    Merci pour cet excellent dossier cuirassier, tu as une fois de plus fait un superbe travail.

19 sujets de 1 à 19 (sur un total de 19)

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