Post has published by guiguit

Ce sujet a 13 réponses, 9 participants et a été mis à jour par  leretourducajun, il y a 1 an et 7 mois.

14 sujets de 1 à 14 (sur un total de 14)
  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Les guerres saxonnes : dossier



    Charlemagne fut un grand conquérant, c’est indéniable. Mais qui peut citer une seule de ses batailles, une seule de ses conquêtes ? Pourtant, « l’empereur à la barbe fleurie » mena durant 33 ans une guerre acharnée contre un ennemi irréductible. Et on peut dire qu’il ne fit pas qu’inventer l’école.

    I.Les belligérants :

    A.Le royaume des Francs

    Regroupant les royaumes de Neustrie et d’Austrasie, ainsi que le très autonome duché d’Aquitaine, le royaume franc est un immense ensemble rassemblant des territoires aux statuts variés et aux liens souvent complexes avec le pouvoir royal. Néanmoins, le pouvoir des Pippinides est solidement installé depuis le couronnement de Pépin le Bref par le Pape Etienne en juillet 754. Brièvement séparé pendant environ 3 ans entre Charlemagne (on l’appellera ainsi par commodité) et son frère Carloman, il est réunifié à la mort (suspecte) de ce dernier en 771.

    La principale force des Francs dans ce conflit est, sur le plan tactique, la cavalerie lourde équipée d’étriers (préfigurant les chevaliers occidentaux) et une incroyable logistique sur le plan stratégique. Charlemagne est en mesure de rassembler pour une campagne entre 5000 et 10 000 hommes grâce à un remarquable système de levée de troupes.

    http://www.castlemaniac.com/cartes-medievales/img/royaume-franc-pepin-le-bref-741-768.jpg

    Le royaume franc à la mort de Pépin le Bref

    B.La Saxe

    A l’origine établis sur les côtes de la mer du Nord, au nord des bouches de l’Elbe, les Saxons profitèrent des Invasions germaniques pour s’établir en Grande-Bretagne. Pour ceux restés en Germanie, “les Vieux Saxons”, ils progressèrent jusqu’au Rhin et englobèrent dans leur “duché” tout le nord de l’Allemagne. Ils furent soumis à un tribut de 300 chevaux une première fois par Charles Martel en 738 et une deuxième fois en 758 par Pépin le Bref.

    Les Saxons mènent souvent des raids-éclairs sous le territoire franc. Ils combattent par petit groupe mais peuvent parfois rassembler des armées de plusieurs milliers d’hommes équipés d’armes de sièges (mais c’est rare).

  • Participant
    Posts2629
    Member since: 6 février 2013

    Tu vas poster la première partie ce soir?

  • Participant
    Posts860
    Member since: 1 mai 2013

    Tu es atroce Guiguit ! :angry: C’est une honte de poster un petit avant gout comme cela et de partir comme un voleur ! Tu as intérêt à assurer derrière !! 😉

    Pour ma part je connais les différentes campagnes mais j’avoue être totalement incompétent pour ce qui est des batailles ! Excepté Roncevaux mais cela ressemble plus à une embuscade d’arrière garde qu’à un affrontement digne de l’Empereur !

  • Participant
    Posts2179
    Member since: 16 avril 2012

    Guiguit, fais un effort sur ta ponctuation s’il te plaît !

    Et j’attends avec impatience la suite. Est-ce que le manque de source (sacré Eginhard) serait la raison de notre méconnaissance des batailles ?

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    ce sont des étriers et non des étrillés (participe passé du verbe étriller). sinon pour l’instant ça manque de consistance mais ça devrait venir.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    II.Les succès et les échecs d’une expansion :

    C’est au printemps 772 que Charlemagne prend la décision d’attaquer la Saxe. Pourquoi ? C’est Éginhard qui nous fournit la raison : « Les Saxons (…) sont bien connus pour être d’un naturel féroce, pour s’adonner au culte des démons, pour s’opposer à notre religion et pour ne pas jeter juger déshonnête de violer et transgresser les lois divines et humaines. » En somme, affaiblir un ennemi potentiel, faire une démonstration de puissance devant ces païens. Mais ajoute le biographe : « Le tracé de leurs frontières et des nôtres pourraient être la cause d’une perturbation quotidienne de la paix. »

    Cette première expédition est rondement menée : après avoir présidé l’assemblée franque à Worms, Charlemagne s’empare de la forteresse d’Eresburg. A partir du fort, le Franc organise des recherches et finit par trouver l’Irminsul, une sorte de centre religieux autour d’un arbre sacré sensé soutenir la voute céleste. Le roi le fait détruire entièrement. Cela fait, il progresse avec son armée jusqu’à la Weser, dévastant tout et ramenant une douzaine de chefs saxons en otages.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0b/Zerst%C3%B6rung_der_Irminsaule_durch_Karl_den_Gro%C3%9Fen_by_Heinrich_Leutemann.jpg

    Vision allemande du XIXe siècle de la destruction de l’arbre sacré des Saxons.

    Après sa victorieuse campagne en Italie de 773-774, Charlemagne tourne à nouveau ses regards sur la Saxe, résolu à « faire la guerre au peuple perfide et parjure des Saxons jusqu’à ce qu’ils soient soumis à la religion chrétienne ou exterminé. » Lesdits Saxons avaient en effet profité de l’absence de Charlemagne pour s’attaquer au fort de Buraburg, y commettant des dégâts importants mais aussi Eresburg qu’ils ont complétement rasé. Ils avaient aussi pénétré en Frise et en Hesse.

    Le Carolingien réunit des forces importantes à l’est d’Aix, dans une ville nommée Duren. La traversée du Rhin effectuée, les troupes franques remontent la vallée de la Ruhr, capturent le fort de Syburg en Westphalie. En continuant vers l’Est, elles s’installent dans les ruines d’Eresburg qu’elles réaménagent. Le roi y place une garnison pour s’assurer de ses arrières car il a bien décidé de poursuivre le plus à l’Est possible en franchissant la Weser. Là, à Braunsberg, les Saxons tentent de lui barrer le passage mais sont repoussés après un bref combat. Les Francs finissent par atteindre la rivière Oker. C’est à cet endroit que Hessi, un chef ostphalien (saxon), commence à négocier avec Charlemagne : il lui prête serment de fidélité et livre des otages. Sur le chemin du retour, dans le district de Buckegau, les Angariens se soumettent aussi en livrant des otages. Mais la campagne n’est pas finie : les Westphaliens attaquent la garnison franque de Lubbecke qui les tient, non sans subir de lourdes pertes, en échec. A cette nouvelle, Charlemagne les rejoint et leur « inflige un massacre. »
    Cette deuxième campagne se termine sur un bilan plutôt bon : otages, butins et trois victoires.

    C’est dès 776, alors que Charlemagne se retrouve en Italie que les Saxons le rappellent à son bon souvenir par le jeu du chat et de la souris. La soumission des chefs n’étaient qu’une feinte qui leur permet de reprendre les opérations : le fort d’Eresburg est à nouveau assiégé et pris, les Saxons déployant pour la première fois des machines de siège. Celui de Syburg, lui est attaqué à la catapulte mais après une sortie effectuée par la garnison, est libéré.

    Le Carolingien réagit promptement et avec des forces immenses : il prend la vallée de la Lippe où il fonde Karstadt (« la ville de Charles ») puis occupe les ruines d’Eresburg qui voit des scarae, des cavaliers légers de l’entourage du roi, s’en attribuer la garde.
    Les Saxons, paralysés et terrorisés par une telle rapidité de mouvement dépose les armes et promettent de se faire baptiser. Certains seront tellement effrayés qu’ils le feront le jour même.

    Cette fois, Charlemagne est plus prudent. Il s’installe à Paderborn d’où il peut contrôler toute la Saxe occidentale. Dans ce qui deviendra une de ses résidences favorites, le roi convoque ses vassaux francs mais aussi les chefs saxons qui s’y font baptiser. Tous viennent sauf un, un nommé Widukind dont nous entendrons encore parlé et qui se réfugie pour l’instant au Danemark….
    Revenu la queue entre les jambes de sa sa campagne espagnole qui s’est achevé sur le triste épisode de Roncevaux, le roi des Francs décide à la fois de regagner du prestige mais aussi de soumettre Widukind revenu de son exil danois pour la fin de l’année 779.

    Charlemagne bat les Westphaliens à Bocholt après sa traversée du Rhin. A ce moment-là, les Westphaliens accompagnés des Angariens et des Ostphaliens déposent les armes. Mais, une fois Noel et Pâques 780 passés, les opérations reprennent. Passant successivement par Francfort et Eresburg puis franchissant l’Oker, les Francs dévastent tout sur leur passage ce qui provoque la reddition des Ostphaliens qui acceptent de se convertir au Christianisme. Ceci accompli, la marche reprend et l’armée franque qui n’avait jamais été aussi loin de ses bases initiales atteint l’Elbe. C’est alors que se produit le premier contact entre Francs et Slaves : cordiaux, une entente se nouet avec l’un de ces peuples. A l’automne, Charlemagne quitte la Saxe.

  • Participant
    Posts578
    Member since: 28 octobre 2014

    Ton texte est très bien fait, j’ai eu beaucoup de plaisir à le lire.

  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 26 avril 2013

    [/b] C’est au printemps 772 que Charlemagne prend la décision d’attaquer la Saxe. Pourquoi ? C’est Éginhard qui nous fournit la raison : « Les Saxons (…) sont bien connus pour être d’un naturel féroce, pour s’adonner au culte des démons, pour s’opposer à notre religion et pour ne pas jeter juger déshonnête de violer et transgresser les lois divines et humaines. » En somme, affaiblir un ennemi potentiel, faire une démonstration de puissance devant ces païens. Mais ajoute le biographe : « Le tracé de leurs frontières et des nôtres pourraient être la cause d’une perturbation quotidienne de la paix. »

    Oui bon c’est aussi que les saxons lancent de fréquentes razzias en territoire franc et que ces derniers se sont rapidement rendus compte que à part pour récupérer des captifs, les expéditions de représailles sa sert pas à grand chose.

    EDIT: Et dire que je voulais profiter de l’abandon de ton dossier pour écrire le mien :lol:. Pour une autre fois.

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    III. Une puissance qui s’affirme, une conquête qui se confirme :

    En cette fin d’année 781, le destin semble sourire au roi des Francs : la Bavière en la personne de son duc Tassilon a renouvelé son allégeance, sa fille est fiancé au basileus et ses fils Pépin et Louis (le futur empereur) sont respectivement sacrés roi d’Italie et d’Aquitaine.

    Mais ce n’est qu’un répit : des Slaves, les Sorbes pour être exacte, on franchit la frontière pour attaquer des villages saxons. Il s’agit d’un simple raid mais Charlemagne considère ses terres comme étant les siennes et décide de réagir, question de crédibilité.

    Une armée constituée de Francs orientaux et de Saxons loyaux (il y en a) est placée sous le commandement non pas du roi qui juge l’affaire peu importante pour réclamer sa présence mais du connétable Gilon, du comte du Palais Worad et du chambrier Adalgis.
    Les troupes font route vers la Saale où résident les Sorbes quand les généraux francs apprennent que les Saxons, au niveau de la Weser moyenne, lèvent une armée à l’instigation de Widukind, enfin sorti de son exil danois. Les Francs remontent vers le nord et opèrent leur jonction avec une autre armée envoyée par leur maitre dirigée par le comte Théodoric. Ils rejoignent les Saxons à Buckegau. Alors débute la bataille de Suntel.

    Les Francs se trouvent sur la rive gauche de la Weser tandis que les Saxons ont établi leurs camps au pied des collines du Suntel. Le plan franc consiste à reconnaitre en premier lieu le terrain et, s’il est favorable, d’attaquer les païens sur leurs flancs avec la cavalerie lourde. Mais par jalousie et/ou manque de coordinations, Adalgis, Gilon et Worad lancent leurs troupes sans attendre celles de Théodoric. Apparemment les chefs francs n’avaient pas aussi assez bien préparé leur attaque vu « qu’ils agirent comme s’ils avaient à poursuivre un ennemi en fuite (…) alors qu’ils avaient à affronter un ennemi qui les attendaient de pied ferme. » La cavalerie se fait encercler et tuer sur place. Adalgis, Gilon et une vingtaine d’officiers restent sur le champ de bataille aussi. Ce désastre est bien pire que celui de Roncevaux !
    Lorsqu’il apprend cette défaite, Charlemagne, qui doit décidément tout faire lui-même arrive en Saxe « avec autant de Francs qu’il put en rassembler » rejoint les Saxons à Verden.

    Là, le Carolingien trouve les chefs saxons divisés : l’arrivée de Charlemagne était inattendue et Widukind s’est envolé comme un oiseau après la bataille. Apeurés par le roi qui les menace des pires châtiments, ils dénoncent 4500 d’entre eux, des partisans de Widukind. Charlemagne décide alors de les faire décapiter sur place et devant les autres. Il rentre alors en Francie, sur que le massacre de Verden en fera réfléchir plus d’un.

    http://gothic.g.o.pic.centerblog.net/o9cwuc50.jpg

    Charlemagne et les chefs saxons prisonniers

    Néanmoins, au printemps 783, le roi entreprend une nouvelle campagne contre les rebelles saxons. Il traverse avec rapidité la Hesse et bat une troupe saxonne à Detmold, au nord de Paderborn et « peu en réchappe ». Charlemagne s’installe alors à Paderborn pour attendre le reste de ses troupes qui n’ont pu le joindre à cause de sa rapidité. Ses effectifs au complet, le roi inflige une sanglante défaite aux Westphaliens, le long de la Haase. De cette position, il fait un aller-retour (si j’ose dire) jusqu’à l’Elbe en brulant et saccageant tout sur son passage puis il regagne Worms.

    En 784, Charlemagne « décidé à en finir avec cette guerre », rassemble son armée. Son fils ainé Charles, 12 ans, va aussi participer à la campagne pour compléter sa formation militaire sur le terrain. Le Rhin est franchi à Lippeham ensuite, la Westphalie est dévastée. Ne pouvant pénétrer dans le nord de la Saxe alors inondée suite à des pluies continuelles, Charlemagne confie à son fils le commandement des scarae pour surveiller les Westphaliens tandis que lui-même s’occupera des Ostphaliens en passant par la Thuringe. Dans cette région, les Francs brulent les moissons afin de provoquer une famine puis reviennent à Worms où le jeune Charles qui a remporté une bataille rangée contre les Westphaliens à la tête des scarae les rejoint, auréolé de gloire.

    Encouragé par ces succès, Charlemagne décide de continuer la campagne en hiver. Il s’installe à Eresburg avec sa famille après avoir ravagé le cœur du pays saxon. Utilisant des forces extrêmement mobiles, il met le pays à sac.
    A la Pâques 785, le roi des Francs s’avance avec toute son armée à Bardengau , dans la vallée basse de l’Elbe. Là, Widukind et un autre chef nommé Abbio ont rassemblé une armée. Charlemagne est prêt à la bataille rangée sur de sa victoire : le pays est saigné à blanc, le petit peuple est privée de ses ressources, la noblesse saxonne doute, le massacre de Verden n’inspire que la terreur.

    Widukind accepte alors de se convertir, avec le roi comme parrain, ce qui sera fait dans le palais d’Attigny du Carolingien, il n’est pas seul car tous ses complices l’accompagnent et se font aussi baptiser. « Pour quelques années, les Saxons mirent fin à leur volonté perverse.. »

    Charlemagne publie alors le capitulaire saxon, aujourd’hui qualifié de « terroriste ». Il impose le christianisme qui est considéré comme le facteur d’unité de l’empire et réprime férocement l’hérésie. En voici l’article principal : « Si à l’avenir quelqu’un du peuple saxon a voulu rester caché parmi eux sans recevoir le baptême et refusé de venir au baptême, et voulu rester païen, il sera exécuté par sentence de mort. »

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Ces guerres contre els saxons sont féroces, et els Francs triomphent systématiquement.
    Merci pour ces informations sur quelque chose d’assez peu connu en détail.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    IV.Le calme mais surtout la tempête :

    En l’an 789, Charlemagne mène une armée visant à faire une démonstration de force contre les Slaves. Son armée traversent évidement la Saxe et des Saxons, les Sorbes participent à la campagne.

    L’année suivante (790 pour ceux qui n’auraient pas suivi), aucune expédition militaire n’a lieu ! Ce que les annales s’empressent de souligner : « Cette année, le roi Charles tint l’assemblée à Worms, mais n’entreprit pas de campagne. ».

    Il fait la guerre aux Avars durant l’année 791. Mais c’est en 792, que le « cauchemar » se réveille.

    En effet, le Carolingien, voulant relancer son offensive contre les Avars, voit ses contingents qui viennent le rejoindre en Bavière attaqué et détruit. Il semblerait même que les Saxons aient noué contact avec les Avars : « (…) Comme un chien retourne à son vomi, ils retournèrent au paganisme qu’ils avaient rejeté (…) et se liant avec d’autres peuples païens des régions voisines. ». Cette nouvelle, avec celle d’un complot mené par un de ses fils naturels et d’une révolte dans le Bénévent se transforment en la pire crise du règne de Charlemagne. Le roi des Francs ne peut donc intervenir.

    Le Carolingien est, aux yeux de ses rivaux, privé de ses moyens et ils relèvent la tête ( du moins ceux qui l’ont encore). Un détachement commandé par le comte Théodoric est, à nouveau, anéanti près de la Weser. Ce désastre oblige Charlemagne à renoncer à sa revanche sur les Avars.

    V. Vers la guerre d’usure….

    Depuis trois ans, Charlemagne n’a pas guère mené lui-même campagne et une action sur un terrain connu, la Saxe, en révolte ouverte depuis deux ans. Il mène une armée depuis Francfort tandis que son fils ainé, Charles le Jeune en conduit une autre depuis Cologne. Les deux forces effectuent leur jonction à Sindfeld, près d’Eresburg là où l’on avait repéré une forte concentration de Saxons. Ces derniers se soumettent immédiatement. Il n’y a même pas de bataille !

    On remarque simplement que c’est la première fois que le prince héritier Charles a son propre commandement indépendant. Mais, « conscient de leur perfidie », le roi prépare une nouvelle campagne contre les Saxons en 795. Cette fois, il fait appel à ses alliés slaves les Abodrites qui traversent l’Elbe en dévastant tout en direction du nord-est tandis que Charlemagne fait de même à l’Ouest. Le plan se déroule comme prévu mais Witzan, le roi des Abodrites est tué en traversant l’Elbe. « Cette action eut l’effet d’un aiguillon sur la résolution du roi » qui décide alors de s’emparer « d’une multitude d’otages telle qu’on n’en avait jamais vu auparavant de son temps, de celui de son père er de tous les rois des Francs ». Effrayés, les rebelles capitulent, exceptés ceux qui ont attaqué Witzan, persuadés qu’ils seront exécutés…

    Durant l’été 796, accompagné de ses fils Charles et Louis, il recommence une nouvelle campagne de dévastation.

    En 797, malgré des difficultés en Espagne, le Carolingien remet le couvert en Saxe et atteint les estuaires de la Weser et de l’Elbe. Pour traverser ses régions marécageuses, les Francs utilisent des navires facilement transportables sur la terre ferme et qui ont fonction de camps nocturnes pour l’armée, ce qui dénote une grande capacité d’organisation. De retour à Aix-La-Chapelle en octobre, le roi publie un nouveau capitulaire saxon daté du 28 qui abolit les pires mesures du précédent.

    Une nouvelle campagne a lieu en 798 contre les Saxons du Nord, plus spécialement contre les Nordliudi. Ces derniers avaient en effet massacrés les officiers de justice franc et même un ambassadeur de Charlemagne au roi du Danemark ! Si l’intervention des Francs est terrible, la partie décisive de la campagne va se jouer au nord.

    Au sud de Kiel, les Abodrites affrontent les Saxons et sont aidés par un détachement franc présent sur le flanc droit. La victoire qui se remporte par une charge de cavalerie permet à Charlemagne d’accentuer sa politique de « nettoyage ethnique » : les Saxons rétifs sont déportés en Francie et remplacés par des Francs loyaux.

    VI. L’acte final :

    En 799, Charles le Jeune règle, par la force des armes, des affaires avec les Wilzes mais aussi les Nordliudi tandis que son père s’occupe de celle d’Italie. « Les affaires » consistent en fait à prendre « une multitude de Saxons, avec femmes et enfants, et les établir dans plusieurs régions de son royaume et répartissant leurs terres parmi ses fidèles. »

    En 804, le désormais Empereur Charlemagne entreprend sa dernière campagne contre le peuple saxon. En présence de son allié abodrite Thrasco , dans les landes de l’Elbe inférieur, à Hollenstedt, le Carolingien fait expulsé manu militari les districts de Wihmodia, Hadeln, Rosogau et Ostogau. L’opération est menée par les scarae. Pour s’assurer d’une autre base, il fonde une colonie aux confins de son Empire, appelée à devenir un des plus grands ports du monde : Hambourg….Les guerres saxonnes sont terminées mais une autre menace, non moins redoutable, s’est révélée : celle des hommes du Nord……

    VI. Conclusion :

    Ces guerres nous montrent les qualités de Charlemagne : obstination, pragmatisme, accompagnements d’actes civils ses victoires militaires. Elles nous montrent aussi peut être la face la plus sombre du Père de l’Europe : massacre, destruction, nettoyage ethnique. Des deux côtés, l’acharnement fut incroyable. Mais comme le dit Eginhard : « Charlemagne n’a pas pu affronter l’ennemi en bataille rangée plus de deux fois. ». Avec le Carolingien, pas d’Austerlitz, mais encore moins de Waterloo ! C’est bien la caractéristique principale des guerres carolingiennes à retenir.

    Sources :
    Wikipédia
    Vie de Charlemagne d’Eginhard
    Charlemagne de G.Minois
    Diverses annales dont les Annales royales révisées.

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Dossier terminé, n’hésitez pas à poser des questions !

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Ces guerres sont frappantes par la toute puissance de Charlemagne dans els batailles rangées, et l’accompagnement qui suit. Pour l’époque, c’est rare.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts16
    Member since: 23 avril 2012

    Et voici ma dernière vidéo à ce sujet :

14 sujets de 1 à 14 (sur un total de 14)

You must be logged in to reply to this topic.

A password will be emailed to you.