Post has published by Solduros_390

Ce sujet a 11 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  Solduros_390, il y a 7 mois.

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    Les guerres de religion dans la Suisse moderne (1529-1712)
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6c/Anker_Kappeler_Milchsuppe_1869.jpg
    Représentation du 19ème siècle de l’épisode de la soupe de Kappel

    Introduction

    Le 16ème siècle européen connut un grand changement qui bouleversa l’histoire du continent : la Réforme. Partie de Saxe au début des années 1520, elle se répandit dans toutes les directions et elle divisa l’Europe occidentale en deux camps confessionnels, les catholiques romains d’un côté, les réformés de l’autre.

    Si on connait relativement bien les guerres de religion en France avec des épisodes célèbres, on a vaguement entendu parler de la paix d’Augsburg en 1555 dans le Saint Empire. Quant aux guerres de religion en Suisse, on ne savait même pas que ça existait.
    Sans rentrer dans les détails théologiques de l’affaire, je vais vous présenter les conflits confessionnels qui eurent lieu au sein de la confédération helvétique durant l’époque moderne, avec ses acteurs, ses vainqueurs et les conséquences que cela eut sur l’avenir du pays.

    Contexte historique (1522-1529)

    Comme vous le savez, les cantons confédérés prirent part aux guerres d’Italie, en tant que «fiefs» autonomes jusqu’en 1516 puis comme pourvoyeurs de mercenaires après ça. La défaite de Marignan marqua un coup d’arrêt dans la volonté expansionniste vers le sud de la part des cantons orientaux (Berne, Fribourg et Soleure ne participèrent pas à la campagne de 1515) qui donnait le Milanais à la France désormais alliée. Mais faute de pouvoir s’emparer de nouveaux territoires dans la péninsule, les Suisses envoyèrent de nombreux soldats servir les monarchies voisines qui continuaient la guerre pour s’imposer dans la botte.

    Un homme avait vécu Marignan, un épisode qui le hanta pendant de nombreuses années. Il s’appelait Ulrich Zwingli, Glaronnais et aumônier de son canton auprès des troupes confédérées envoyées combattre dans le Milanais. Après avoir survécu à la défaite il prit en horreur le mercenariat qu’il combattit durant le reste de sa vie. Pour lui, il ne fallait pas gaspiller le sang de la jeunesse du pays dans des guerres qui ne nous concernaient plus. Une idée bien étrange quand on connait la réputation de la Suisse.

    En parallèle à ses opinions politiques, Zwingli avait une idée bien précise quant à la situation de l’église de son temps. Selon lui, il fallait la réformer parce qu’elle suivait le mauvais chemin. Et le destin lui permit de mettre en pratique ses opinions.
    Il fut appelé à Zurich en 1518 où il commença à prêcher l’année suivante. D’emblée, il s’opposa à la messe traditionnelle et aux coutumes catholiques. Cependant durant quelques années, la situation ne dégénéra pas… jusqu’en 1522. Cette année-là, il se prononça en faveur d’idées réformées qu’il transmit à l’évêque de Constance (Zurich relevait de cet évêque) avant de carrément nier à ce prélat la compétence de juger de telles affaires. Le conseil de Zurich décida alors d’organiser une dispute, un débat qui déciderait de l’avenir religieux du canton. Mieux préparé et plus compétent que ses adversaires, Zwingli l’emporta et le conseil de Zurich fut le premier canton (le 2ème «état» après la Saxe) à devenir réformé.

    Dans les années suivantes, Zurich adopta d’autres aspects de la foi réformée, ce qui inquiéta des membres du Saint Empire. La diète impériale, l’évêque de Constance, le gouvernement autrichien d’Alsace et les autres cantons demandèrent à la ville de cesser son soutien à Zwingli et de défendre la foi traditionnelle catholique contre la nouvelle doctrine qui allait forcément engendrer des troubles. Cependant si les cantons étaient d’accord pour réprimer Zurich, les 5 cantons centraux (Zoug, Uri, Unterwald, Schwyz et Lucerne) voulaient se montrer intransigeants alors que d’autres comme Berne, Bâle et Schaffhouse (où la Réforme avait déjà pénétré) voulaient parlementer.

    Au-delà de la foi, les 5 cantons centraux avaient d’autres sujets d’inquiétudes. Chez eux, le pouvoir temporel contrôlait déjà le pouvoir spirituel (Zwingli militait pour une soumission de l’Eglise envers le gouvernement) et surtout ces cantons avaient vraiment besoin du mercenariat. Rappelez-vous, Zwingli détestait le mercenariat. Il avait ainsi réussi à le faire interdire à Zurich, le seul canton qui n’envoyait plus de troupes à l’étranger. Les 5 cantons centraux avaient peur que si la Réforme gagnait du terrain, ils perdent cette rentrée importante d’argent. Ils devaient donc réagir.

    Ils établirent alors une procédure pour garder les pays sujets catholiques et pour faire revenir à la foi traditionnelle ceux qui auraient été tentés par la Réforme. Ils allèrent même jusqu’à intervenir en faveur de paysans révoltés contre Berne dans les montagnes bernoises, en vain néanmoins car Berne réussit à mater la révolte; les insurgés s’étaient battus pour avoir de meilleurs conditions, ils n’obtinrent qu’un durcissement général de leur condition de vie. A côté de ça, les 5 cantons centraux édictèrent une ordonnance conforme au catholicisme qui aurait désormais valeur de texte fondamentale pour la confédération. Pour eux, il fallait prêter serment sur cette ordonnance comme certains gouvernements jurent sur la Bible en prenant leurs fonctions. Lorsqu’ils la présentèrent à la diète pour qu’elle soit ratifiée, Fribourg accepta mais Berne, Soleure et Appenzell refusèrent. Ajoutez à cela le refus de Berne, Bâle et Schaffhouse d’accepter le résultat de la dispute de Baden (une autre dispute qui eut lieu en 1526 et qui fit gagner le parti catholique) et les cantons se dirigeaient tranquillement vers un partage en 2 confessions au sein de la Confédération.
    Entre 1526 et 1529 les cantons se séparèrent en 3 camps. Zurich, Schaffhouse, Berne et Bâle devinrent réformés. Les 5 cantons centraux et Fribourg restèrent catholiques. Finalement Appenzell et Glaris devinrent mixtes et ainsi arbitres (Soleure resta aussi catholique mais également très modéré ce qui fit qu’il joua plutôt un rôle d’arbitre que d’acteur).

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6f/Historische_Karte_CH_1530_R.png
    La carte confessionnelle de la Suisse en 1530

    La marche à la guerre

    Comme après dans le reste de l’Empire, les cantons décidèrent de se rapprocher d’autres «fiefs» de la même confession qu’eux. Entre 1527 et 1529, deux blocs virent le jour. Les réformés au sein de l’alliance chrétienne avec Berne, Zurich, Bâle, la ville de Saint-Gall (qui est allié et non canton à cette époque), Bienne et Mulhouse d’un côté. Les catholiques de l’autre avec les 5 cantons centraux et… l’archiduc d’Autriche. Néanmoins ces alliances n’étaient que défensives et elles ne prenaient en aucun cas le pas sur les alliances entre cantons qui avaient lieu depuis 1291.
    On aurait pu en rester là si quelques incidents n’étaient pas venus envenimés la situation :
    – Les baillages communs (les terres sujettes gouvernées par plusieurs cantons) étaient le lieu d’un duel entre catholicisme et Réforme. Or les 2 camps avaient une raison d’avoir peur. Si vous regardez la carte, Berne et Zurich prennaient une large part autour des 5 cantons catholiques. La petite bande de terre argovienne qui servait de baillage commun était la porte de sortie pour ces 5 cantons. Si elle passait à la Réforme, les 5 cantons se seraient trouvés complètement encerclés. Du côté réformé on avait peur car la gestion tournante de ces baillages donnait aux catholiques 10 ans de suite de gouvernance qui auraient pu faire pencher la balance en faveur du catholicisme.
    – Les Saint-Gallois décidèrent d’attaquer l’abbé de Saint-Gall qui était le maître de la ville, avec la bénédiction des Zurichois.
    – Schwyz brûla un pasteur qui prêcha la Réforme sur le territoire du canton.
    – En réaction les Zurichois s’emparèrent de villes situées dans le baillage commun d’Argovie, avec néanmoins la désapprobation de Berne. En plus de ça, Zurich déclara la guerre aux 5 cantons.

    Voici donc la première guerre de religion entre protestants et catholiques. En juin 1529, les troupes bernoises et zurichoises marchent sur le canton de Zoug. A la frontière entre Zurich et Zoug, à Kappel, les troupes réformés 2x plus nombreuses font face aux troupes catholiques rassemblées en hâte.
    On se regarde, on attend. On attend encore. De plus en plus. Soudain, un catholique s’avance vers ceux d’en face. A la main… une marmite de lait. Il la pose sur la frontière. Un Zurichois s’avance… avec du pain. On se rassemble alors autour du chaudron et on mange, sans distinction de confession. Mais lorsqu’un homme essaie de prendre du pain qui n’est pas de son côté, on lui tape sur les doigts en disant “Broute sur ton territoire !”. Cet épisode de la soupe au lait de Kappel montre la distinction entre cantons campagnards catholiques (tournés vers l’élevage et donc le lait) et les cantons protestants de la plaine (tournés vers l’agriculture et donc le pain). Témoin de cela, le bourgmestre de Strasbourg s’écria “Vous Confédérés êtes d’étranges gens. Quand même vous avez noise ensemble vous restez pourtant unis et n’oubliez pas la vieille amitiéchronique d’Heinrich Bullinger.

    Le résultat de cette non guerre fut que l’alliance catholique avec l’Autriche fut dissoute et que chacun devait laisser les autres gérer la confession chez eux; les baillages communs devenant autonomes du point de vue religieux. En revanche, les 5 cantons durent quand même payer une indemnité de guerre et le conflit entre l’abbé de Saint-Gall et ses sujets ne fut pas résolu.

    Protestant 1 Catholiques 0

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    La 2ème guerre de Kappel (1531)

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/80/Schlacht_bei_Kappel.jpg
    Une représentation de 1548 de la bataille de Kappel avec l’assaut des troupes catholiques contre les Zurichois

    Les cantons se retirèrent donc du champ de bataille en 1529 sans avoir tiré l’épée. La situation allait donc s’améliorer. Et bien en fait non.

    Si la Réforme progressait dans le baillage commun de Thurgovie et dans la région de Saint-Gall elle connut un coup d’arrêt dans le canton d’Unterwald où les pasteurs furent chassés. De part et d’autre on voyait dans ces actions un outrage contre sa foi.
    Comme je l’ai dit plus haut, en 1530 les baillages allaient être gouvernés pour 10 ans par des baillis catholiques, ce qui effraya les autorités réformées. En parallèle à ça, en 1531 les Grisons (alliés aux confédérés) appelèrent les cantons à l’aide pour mater une révolte contre des sujets catholiques (la majorité des Grisons était devenue réformée). Suite au refus des 5 cantons catholiques de les aider, Zurich décida de passer à la vitesse supérieure.

    Déjà alliée avec Strasbourg et d’autres villes réformées, Zurich fit entrer dans l’alliance chrétienne le landgrave de Hesse, un noble luthérien qui s’opposa longtemps à Charles Quint. De son côté Zwingli n’était pas parvenu à ses fins suite à la paix de 1529. Son objectif était clairement de répandre la Réforme dans tous les cantons et s’il fallait prendre les armes pour ça, il n’hésiterait pas à le faire. Il poussait les autorités zurichoises à déclarer la guerre aux cantons catholiques. Cependant, les autres cantons réformés n’avaient pas suivi le mouvement.

    Déçu dans ses ambitions en 1529, il fut plus heureux en 1531 car si Berne avait émis de gros doutes quant à une opération militaire contre la Suisse centrale en 1529, en 1531 les choses avaient changé. Zurich avait instauré un embargo sur les céréales et le sel contre les 5 cantons catholiques suite à leur refus d’aider les Grisons. Ceux-ci souffrirent évidemment du blocus et ils ne pouvaient pas résister longtemps à ce régime. D’autres cantons (Soleure, Glaris) et le roi de France offrirent alors leur médiation. Mais devant le refus des 5 cantons de laisser libre cours aux prédications réformés dans les baillages communs, les protestants maintinrent l’embargo. Désormais les catholiques n’avaient plus le choix: pour briser l’encerclement, il leur fallait se battre.

    Du côté catholique, les 5 cantons centraux et Fribourg. Du côté réformé, Schaffhouse, Bâle, Berne et Zurich, ces deux dernières représentant 60% de la population de la Confédération de l’époque. Autant dire que si les 2 armées joignaient leurs forces, les catholiques auraient eu beaucoup de mal à les contenir. Les cantons centraux agirent alors extrêmement vite.

    Le 10 octobre 1531, ils levèrent 8’000 hommes, quand Zurich laissa seulement une avant-garde de 1’500 soldats sous les ordres de Georg Göldli dans les environs de Kappel. Le Zurichois avait reçu pour ordre de ne pas engager l’ennemi et de seulement le ralentir en attendant les renforts bernois. Il décida donc de se positionner sur une petite hauteur à 500 mètres de Kappel d’où ses canons pourraient bien viser les colonnes adverses. En plus de cela, il se ménagea un passage de repli au cas où les choses tourneraient mal.
    Le 11 au matin Göldli sépara ses hommes. Il en plaça 400 sur le flanc gauche plus vulnérable et quelques centaines d’autres à l’opposé pour tenter de couvrir toutes les portes d’entrée du canton de Zurich. Parmi ces soldats on comptait… 8 arquebusiers. La grosse majorité des armes zurichoises étaient des haches, des hallebardes et des épées.
    Soudain, les Zurichois virent l’ennemi approcher. 600 hommes qui formaient l’avant-garde et le gros des troupes catholiques qui suivait. Les officiers zurichois tinrent conseil. On hésita à faire retraite mais l’honneur commandait de ne pas fuir devant l’ennemi. On tiendrait les positions. Et puis les renforts finiraient bien par arriver…

    L’avant-garde catholique marcha contre la position surélevée des réformés. Mais à 400 mètres, elle subit un tir d’artillerie qui la bloqua dans sa progression. Malgré les pertes subies, elle s’en tira bien puisque Göldli toujours trop prudent n’en profita pas pour contre-attaquer et la laissa revenir vers le gros des forces catholiques.

    Les officiers des 5 cantons centraux hésitèrent. Ils s’imaginaient que les Zurichois étaient bien plus forts qu’ils ne l’étaient en réalité. Une attaque frontale (initialement prévue) aurait pu fonctionner mais ils décidèrent d’encercler le promontoire où s’étaient positionnés les réformés.
    Du côté zurichois, on préparait déjà la retraite devant l’évolution de la situation. L’infanterie devait se rassembler, partir, puis l’artillerie suivrait. Cependant, un groupe d’Uranais (400 hommes) qui estimait que les choses n’allaient pas assez vite décida aller reconnaitre les positions réformées. Il vit alors le faible nombre de Zurichois et il passa aussitôt à l’attaque sans l’accord de ses chefs. Attaquant d’abord à gauche puis à droite, il fut repoussé par des Zurichois plus coriaces que prévu. Ces derniers profitèrent alors pour pousser leur avantage et descendre de la colline… sans l’accord de leurs officiers.
    En parallèle à ça, des renforts zurichois étaient arrivés. Mais il ne s’agissait que de 800 hommes mal équipés et épuisés menés par Zwingli lui-même, qui n’hésita pas à se jeter dans la mêlée.

    Après ces petites escarmouches, le commandement catholique vit une bonne occasion de l’emporter. En colonnes bien formées, il fit avancer ses hommes contre les Zurichois. Les cors de Lucerne et d’Uri retentirent à nouveau, mais cette fois contre d’autres Suisses. Si les Zurichois avaient pu repousser les premières attaques, cette fois ils ne purent rien faire. Arrivés dans la plaine en désordre, poussés contre les marais par un adversaire supérieur en tout point, ils furent défaits en un quart d’heure malgré leur vaillance au corps-à-corps. Désormais il ne leur restait que la fuite. Malheureusement pour les Zurichois, le marais bloquait une partie de la retraite et les catholiques poussèrent leur avantage. Le seul honneur sauvé pour les réformés fut de garder la bannière de Zurich.

    On dénombra 500 morts pour les Zurichois (dont Zwingli) pour 100 tués chez les catholiques qui réussirent à prendre tous les canons adverses.

    Deux semaines plus tard, 4’000 Zurichois pénétrèrent dans le canton de Zoug. Mais cette fois encore ils étaient mal préparés et leur moral avait bien baissé depuis la bataille de Kappel. Le soir lors du bivouac, ils furent surpris par 600 catholiques qui déboulèrent en trombe dans leur camp en tuant à tout va. Résultat: les Zurichois fuirent en laissant 800 hommes sur le terrain contre des pertes ridicules chez les catholiques. Berne n’avait même pas pu intervenir que Zurich demandait déjà la paix.

    Les conditions de paix furent relativement clémentes. Chacun s’engagea à respecter les idées religieuses de l’autre sans intervenir chez lui; c’est le principe de la paix d’Augsbourg 24 ans avant. En plus de ça, les villes prises par les réformés durant les guerres furent rendues au catholicisme et le baillage commun d’Argovie resta catholique. On rendit à l’abbé de Saint-Gall ses droits de suzeraineté mais les Saint-Gallois purent continuer à professer la foi réformée. Au final les catholiques réussirent à briser l’encerclement imposé par Zurich et à se ménager un passage vers le reste de l’Europe catholique vers le nord.

    Le facteur religieux joua évidemment un rôle dans ces 2 guerres. Mais force est de constater qu’au-delà de l’antagonisme réformés/catholiques on assista surtout à un duel entre Zurich et les 5 cantons catholiques centraux. Leurs alliés n’intervinrent pas militairement durant ce conflit. L’ambition de Zurich faisait peur aux cantons campagnards et une fois vaincue, la ville de la Limmat demanda la paix et ses alliés ne voulurent pas continuer la lutte.

    Protestants 1 Catholiques 1

    Je vous mets ça en lien. Les images et les reconstitutions sont fidèles à la réalité et même si ce sont des lansquenets, les soldats suisses y rassemblaient énormément.
    https://www.pinterest.fr/VanDiemensLand/landsknechten/

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    La 1ère guerre de Villmergen (1656)

    La Confédération s’en sortit plutôt bien de ce premier affrontement confessionnel. Une guerre très courte qui ne permit pas aux puissances étrangères d’intervenir, peu de morts et aucune haine développée. Les catholiques gardaient la main globalement au sein de la confédération avec un avantage au niveau des baillages communs, mais rien qui n’humilia les protestants.

    De 1531 à 1650, la politique que mena la Suisse la conduisit parfois proche de la rupture mais sans jamais franchir la ligne rouge de la guerre civile.
    Suite à une période calme de 30 ans, les choses commencèrent à s’envenimer. A la diète fédérale, les 13 cantons se divisaient ainsi:
    – Protestants : Bâle, Berne, Schaffhouse, Zurich
    – Catholiques : Fribourg, Lucerne, Soleure, Schwyz, Uri, Unterwald, Zoug
    – Mixtes : Appenzell, Glaris
    Les catholiques détenaient donc la majorité et on assista à des situations cocasses. Par exemple des diètes parallèles furent créées qui regroupaient uniquement les protestants ou les catholiques. Quand Fribourg adhéra à la confédération en 1481, les cantons centraux ne voyaient pas ça d’un bon œil: une ville supplémentaire risquait de faire pencher la balance en faveur des citadins. Ils se méfiaient donc des Fribourgeois. Mais quand Fribourg resta fidèle au pape, les cantons centraux se rapprochèrent immédiatement du nouveau venu.

    A Glaris, la Réforme progressait bien et cela inquiéta les 5 cantons centraux. En effet si Glaris passait complètement au camp réformé, les 5 catholiques auraient été encore plus encerclés. Ces derniers exigeaient donc d’expulser les pasteurs zurichois et le rétablissement de la messe dans différentes paroisses. Mais devant le refus des protestants glaronnais d’accéder à leur requête, les 5 cantons catholiques décidèrent de déclarer la guerre au canton mixte. En 1560 on aiguisa les armes… pour rien. Le pape et la Savoie qui soutenaient moralement les catholiques n’envoyèrent ni homme ni argent, le landamman (équivalent de stratège dans l’Athènes classique) pro-catholique de Glaris ne fut pas réélu et on s’opposa à la guerre. Un compromis fut donc trouvé en 1564. Il faudra néanmoins attendre encore jusqu’en 1623 pour un règlement définitif dans un canton qui voyait baisser continuellement sa population catholique. Finalement, l’organisation de 1623 coupa le canton en deux d’un point de vue confessionnel.

    A propos des alliances, on peut noter celle entre les 5 cantons catholiques + Soleure avec le duc de Savoie en 1560… contre Berne qui avait conquis une partie du territoire savoyard. Contre Berne donc mais aussi contre l’évêque de Sion allié aux confédérés et contre Fribourg qui détenaient les 2 aussi des terres dans les anciennes possessions savoyardes. On parvint finalement à un accord en 1564 où le Valais et Berne rendirent une partie de ce qu’ils avaient pris au duc.
    En 1565, le pape s’allia aux cantons catholiques. Logique. En 1588, les catholiques signèrent un traité avec l’Espagne qui leur permettait un passage vers le sud tandis que l’Espagne se garantissait un accès vers le nord depuis Milan jusqu’aux Pays-Bas espagnols.
    Du côté protestant, Genève se rapprocha de Berne et de Fribourg en 1526 (avant que Berne et Genève passent au protestantisme) avant que Fribourg casse cette alliance en 1536 quand Genève devint réformé. Zurich s’allia également à la cité lémanique en 1584.
    A côté de ça, l’ensemble des cantons avait signé des traités avec l’Autriche et avec… la France. Une des clauses du traité avec la France stipulait que les Suisses fourniraient des troupes à la France si elles n’étaient pas engagées contre leur allié autrichien. Cherchez l’erreur !
    Au début du 17ème siècle, Berne et Zurich nouèrent une alliance avec la ligue protestante impériale qui regroupait plusieurs princes protestants et avec… Venise la catholique. Venise la catholique, adversaire de l’Autriche mais aussi de Milan donc de l’Espagne championne du catholicisme, Espagne qui lorgnait sur les Grisons parce que ses alliés catholiques de Suisse centrale (les 5 cantons) voulaient y imposer le catholicisme. Tout va bien en Europe… Vous savez quoi, battez-vous ! Pour 30 ans ? Ok marché conclu. Les tensions européennes devaient fatalement déboucher sur un conflit. Ce fut la guerre de 30 ans et il marqua le continent pendant longtemps.

    Et les Confédérés dans cette guerre ? Et bien ils s’engagèrent auprès de leurs alliés espagnols et Autrichiens contre les Grisons protestants alliés à Venise (les Grisons n’étaient pas un canton à l’époque je le rappelle). A part ça ? A part ça les Suisses décidèrent de rester neutres dans ce conflit qu’ils savaient potentiellement mortel pour la Confédération. Malgré les appels des royaumes en guerre, les catholiques refusèrent le passage de troupes espagnoles sur leur territoire et les protestants rejetèrent les offres d’alliance avec la Suède. Mieux. Quand les territoires limitrophes des cantons (évêché de Bâle et principauté de Neuchâtel) furent victimes de la soldatesque et que les Suédois se rapprochèrent dangereusement du territoire national (poussée jusqu’au lac de Constance), la diète fédérale décida de lever 6’000 catholiques et 6’000 protestants pour la défense commune de tous les cantons. Ainsi, à de rares accrochages mineurs prêts, la Confédération ne subit pas les dévastations de la guerre.

    Pourtant il y eut quand même la guerre. Pourquoi ? En ce milieu de 17ème siècle, la paix de Kappel de 1531 ne représentait plus la réalité politique de la Suisse. Zurich et Berne prenaient davantage de place et chaque année, elles essayaient de remettre en cause les faits établis. Outre l’antagonisme protestants/catholiques, la Suisse se divisait entre villes et campagnes également. Une longue partie du M-A suisse parle d’ailleurs de ces luttes entre les cantons citadins et ruraux. Et quand on regarde de plus près, les cantons catholiques étaient en majorité campagnards quand les villes étaient passées à la Réforme.
    En 1655, Berne proposa un nouveau pacte fédéral, un peu comme les catholiques avaient fait en 1525 pour souder les cantons autour du catholicisme. Mais comme au 16ème siècle, l’autre parti refusa le pacte. Cette fois, on estimait du côté protestant que si les catholiques refusaient de signer, les protestants auraient dû encore plus renforcer leur coopération et une clause secrète contenait des plans d’attaque contre la Suisse central si cette éventualité advenait. Au lieu de ça, les catholiques renouvelèrent le traité créé en 1586 qui les liait pour extirper la Réforme de tout territoire catholique. Ça ajouté au fait que les protestants discutèrent d’une possible intervention en faveur de protestants dans le Piémont contribua à exacerber les tensions.
    En 1655, un litige qui impliquait 4 protestants Schwyzois déclencha la guerre. Après des complications ils finirent exécutés à Schwyz malgré les pressions de Zurich. Cette dernière avait appelé les autres cantons à en faire de même et les protestants furent d’accord de soutenir moralement Zurich.
    La diète de 1656 échoua à trouver un compromis et Zurich et Berne déclarèrent alors qu’elles avaient l’intention de faire respecter le droit confédéral par la force s’il le fallait. Ainsi, Zurich décida d’occuper le baillage commun de Thurgovie et de mettre le siège devant Rapperswil (territoire catholique à l’autre bout du lac de Zurich). Du côté protestant, Schaffhouse envoya des hommes pour la défense de la ville de Zurich même et Berne envoya des renforts. Bâle resta neutre. Du côté catholique, Soleure et Fribourg restèrent en dehors du conflit et les 5 cantons centraux virent avec plaisir les troupes zurichoises s’enliser dans le siège de Rapperswil.

    Pendant ce temps, les Lucernois profitèrent de cet immobilisme zurichois pour foncer en Argovie (entre Berne et Zurich) et empêcher les Bernois de rejoindre leur allié. A Villmergen les troupes catholiques mirent en déroute les Bernois. Très peu d’informations nous sont parvenues concernant cette bataille. On sait seulement que les protestants étaient mal préparés et qu’ils furent surpris par une attaque éclair des catholiques qui remportèrent une victoire totale (un peu comme la 2ème bataille de la guerre de Kappel de 1531). Les Bernois rentrèrent piteusement chez eux et les Zurichois n’eurent d’autre choix que de forcer le destin. Ils prirent d’assaut Rapperswil, en vain. Berne et Zurich demandèrent de traiter.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fe/Rapperswil_-_Hafen_-_Schloss-Pfarrkirche_-_Seedamm_2014-09-23_15-20-02.JPG
    La vieille ville de Rapperswil

    Soleure, Fribourg, Bâle et Schaffhouse arbitrèrent les négociations qui furent assez longues. Le résultat fut qu’on en restait à la paix de 1531 et que la diète fédérale n’augmentait pas ses compétences au niveau des cantons, surtout au niveau confessionnel.

    Protestants 1 Catholiques 2

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    La 2ère guerre de Villmergen (1712)

    Durant les 50 ans qui suivirent, la situation resta à peu près la même. Notons quand même qu’après la révocation de l’édit de Nantes, beaucoup de protestants français trouvèrent refuge en Suisse. Notons également que suite à cela, les cantons protestants resserrèrent leurs liens avec les Provinces-Unies et l’Angleterre sans entrer toutefois dans l’Union protestante (alliance des nobles protestants de l’Empire).

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a8/Karte_Gemeine-Herrschaften.png
    Les baillages communs au 18ème siècle. Rapperswil au bout du lac de Zurich, la Thurgovie qui borde le lac de Constance et une partie de l’Argovie entre Berne et Zurich

    Qu’est-ce qui mit le feu aux poudres cette fois ? Une affaire dans le Toggenburg, cette région autour de Saint-Gall qui appartenait au prince-abbé de Saint-Gall et qui était peuplée de protestants.
    La région connaissait un conflit larvé depuis des décennies et quand l’abbé voulut construire une route pour le relier à Zurich en 1698, ses sujets réformés protestèrent. Ils opposèrent des arguments politiques et juridiques à leur suzerain… qui réagit en prenant des mesures contre le conseil du Toggenburg et en réactivant son statut de prince d’empire en 1702. De plus, il passa une alliance défensive avec l’empereur, malgré les protestations de tous les cantons (l’alliance avec l’Autriche n’était plus d’actualité).
    Le conseil du Toggenburg porta l’affaire devant le conseil de Schwyz et de Glaris, ses combourgeois (un combourgeois est une entité politique avec laquelle un canton nouait une alliance. Le traité d’alliance entre Berne/Fribourg et Genève de 1526 était une combourgeoisie par exemple). Le conseil de Glaris porta l’affaire devant la diète. Zurich (officiellement protecteur de l’abbaye de Saint-Gall avec Lucerne, Glaris et Schwyz) et Berne poussèrent les parties à trouver un compromis. En 1707, les deux cantons promulguèrent un édit de transition qui transférait les droits souverains vers le conseil du Toggenburg qui se constitua en démocratie (landsgemeinde) et qui instaura la liberté de culte pour les protestants. De leur côté les Schwyzois soutenaient le prince-abbé.
    Et dans le Toggenburg ? Et bien encore une fois, les petites villes s’opposaient à la campagne. Les catholiques s’opposaient aux protestants. Entre 1708 et 1712, les émissaires étrangers participèrent aux négociations (l’envoyé du pape, de la France et de l’empereur soutenaient les catholiques alors que les envoyés de l’Angleterre et des Provinces-Unies soutenaient les protestants). En 1711, certains catholiques du Toggenburg se tournèrent vers le prince-abbé, ce qui poussa les protestants à demander aux cantons protestants une intervention militaire pour briser l’hégémonie catholique en Suisse.

    En avril 1712, le Conseil du Toggenbourg fit occuper 2 abbayes de la région, action approuvée par Berne et Zurich mais condamnée par les 5 cantons centraux. Les 2 villes protestantes publièrent même un manifeste contre le prince-abbé alors que les 5 cantons apportèrent officiellement leur soutien à l’ecclésiastique. En soutien à Berne et Zurich, Genève, les territoires protestants de l’évêché de Bâle, Neuchâtel et la ville de Bienne (au nord-est de Neuchâtel) promirent de les aider en cas de guerre. Le Valais fit de même du côté catholique. Et entre les deux, Bâle, Schaffhouse, la ville de Saint-Gall, Fribourg, Soleure, le prince-évêque de Bâle, Glaris et les deux Appenzells restèrent neutres. Encore une fois, tous les cantons ne participaient pas à la guerre.

    En avril 1712, les Bernois et les Zurichois joignirent leurs forces et marchèrent sur Wil (dans le canton de Saint-Gall) avant de marcher directement contre l’abbaye de Saint-Gall elle-même qu’ils pillèrent et dont ils rapportèrent le butin chez eux. Après ça, les protestants partirent vers l’ouest dans le baillage commun d’Argovie et ils s’emparèrent d’une petite ville. Les troupes catholiques envoyés pour couper le lien entre Zurich et Berne fut vaincu par une force de 7’000 Bernois; désormais les protestants pouvaient communiquer sans soucis.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/48/Convent_of_St_Gall.jpg
    L’abbaye de Saint-Gall, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO

    Le 18 juillet, les envoyés de Zurich, Berne, Lucerne et Uri signèrent à Aarau une nouvelle paix nationale qui stipulait que les deux confessions étaient égales en droit dans la Confédération. Cela enlevait aux cantons catholiques leurs droits de souveraineté sur Baden (Argovie) et sur la région entre Berne et Zurich, ce que les deux villes cherchaient à faire depuis longtemps.
    Si cela fut d’abord approuvé par les assemblées de Lucerne et d’Uri, les troubles qui suivirent obligèrent ces 2 cantons à reprendre les armes. Quant aux 3 autres cantons centraux, ils refusèrent immédiatement ce traité. La guerre continua alors.
    Nous avons peu de détails sur les opérations elles-mêmes. Nous savons que les troupes catholiques réussirent à faire reculer les protestants le 20 juillet mais qu’elles se brisèrent sur la défense zurichoise le 22. Finalement le 25, les deux ennemis s’affrontèrent de nouveau à Villmergen (Argovie). Mais cette fois, les Bernois étaient mieux équipés et plus motivés que 56 ans auparavant. Le destin tourna en faveur des protestants qui remportèrent la bataille, tuant plus de 2’000 catholiques qui durent se replier dans leur canton. De leur côté les protestants poussèrent leur avantage en marchant au sud, envahissant Lucerne, Unterwald et Zoug.

    On signa un autre traité le 11 août, encore plus défavorable aux catholiques. En effet, Schwyz, Uri et Unterwald perdirent leur droit de protectorat sur la ville de Rapperswil au profit de Berne et Glaris. De même, Berne obtint les droits de suzeraineté sur des baillages communs en Thurgovie et dans la vallée du Rhin qu’elle ne possédait pas avant. Cet état de fait permit l’égalité des représentations entre baillis réformés et catholiques dans les baillages communs (là où avant les catholiques détenaient la majorité). Cependant, les vainqueurs remirent quand même le prince-abbé en possession de ses territoires.

    Suite à cette victoire protestante, la France demanda aux cantons de renouveler leur alliance avec elle. Cependant cette fois-ci, seuls les cantons catholiques acceptèrent. Il faudra attendre 1777 pour qu’un traité englobe les cantons, leurs alliés et la France.

    Protestants 2 Catholiques 2

    Pour résumé, les guerres de religion en Suisse impliquèrent surtout les cantons orientaux qui se battaient également pour une prépondérance politique. A l’antagonisme protestants/catholiques se superposait un antagonisme entre villes et campagnes et entre cantons pour la direction de toujours plus de terres. La rapidité des opérations empêcha de grands massacres et l’apparition de haine. Au final il y eut peu de morts et de destructions durant ces guerres civiles.

    Petite anecdote. Zurich et Berne s’étaient emparés des trésors de l’abbaye de Saint-Gall. Si Berne avait accepté rapidement de les rendre à Saint-Gall, Zurich ne permit le retour des objets pillés qu’en… 2006 suite à des discussions avec un conseiller fédéral 😛

  • Modérateur
    Posts8402
    Member since: 16 avril 2012

    C’est très intéressant, il est dingue de voir comment les oppositions des guerres européennes a pu se transmettre avec ses petites particularités à la Suisse.
    Alors que plus tard, la Suisse est devenue la nation constamment neutre qu’on connait.

    Est-ce que des différences dans la façon de combattre sont apparues durant la période moderne, entre les différents cantons? Je pense en particulier en comparaison de la période médiévale, que tu avais présenté, ou les cantons suisses sont plus unifiés et se battent contre l’extérieur avec une efficacité redoutable.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 avril 2012

    Les guerres de religion ont généralement un caractère inexpiable avec de nombreux massacres de populations considérées comme hérétiques. C’est étonnant de voir combien le Suisses retenaient leurs coups. On se talochait bien un peu, mais c’était bref et considéré comme une nouvelle donne qu’on s’empressait de débriefer autour d’une table entre gens de bonne compagnie !

     

    Le plus chaud fut le pillage de la bibliothèque de Saint-Gall, l’une des plus prestigieuses d’Europe. Cela aurait pu tourner comme à Alexandrie ou comme dans Le Nom de la Rose. Sait-on si des manuscrits ont été définitivement perdus ?

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Admin bbPress
    Posts6308
    Member since: 16 avril 2012

    Le plus chaud fut le pillage de la bibliothèque de Saint-Gall, l’une des plus prestigieuses d’Europe. Cela aurait pu tourner comme à Alexandrie ou comme dans Le Nom de la Rose. Sait-on si des manuscrits ont été définitivement perdus ?

     

    Kymiou je suis déçus, depuis quand les rose sont lyla? 😛

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 avril 2012

    Bat :

    depuis quand les rose sont lyla?

     

    Les lilas sont déjà ambigus puisqu’il y en a des blancs. Et puis, avec toutes ces manipulations génétiques… Bon, j’avoue. Je n’ai encore mémorisé que deux codes couleurs, alors je fais avec.^^

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts2176
    Member since: 16 avril 2012

    C’est très intéressant, il est dingue de voir comment les oppositions des guerres européennes a pu se transmettre avec ses petites particularités à la Suisse. Alors que plus tard, la Suisse est devenue la nation constamment neutre qu’on connait. Est-ce que des différences dans la façon de combattre sont apparues durant la période moderne, entre les différents cantons? Je pense en particulier en comparaison de la période médiévale, que tu avais présenté, ou les cantons suisses sont plus unifiés et se battent contre l’extérieur avec une efficacité redoutable.

     

    Est-ce que tu parles au niveau tactique ou stratégique ?

     

    Kymiou, je n’en ai aucune idée. Mais si Zurich a refusé de rendre des documents, c’était peut-être pour éviter d’avouer qu’il en avait perdus :-p

    C’est ça. La guerre de 30 est significative parce que les cantons ont su à l’époque que s’ils se laissaient entrainer dans le camp de leurs coreligionnaires, ça menacerait directement l’existence de la Confédération.

  • Modérateur
    Posts8402
    Member since: 16 avril 2012

    @Solduros

    En effet je parlais plutôt au niveau de la tactique pour la différence dans la manière de combattre.

    Les Suisses ont, d’après ta description, combiné leur foi religieuse avec le nationalisme pour donner des guerres internes, mais des coalitions lors d’interventions extérieures. Cela me parait être un cas assez unique dans l’histoire?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 avril 2012

    @Solduros En effet je parlais plutôt au niveau de la tactique pour la différence dans la manière de combattre. Les Suisses ont, d’après ta description, combiné leur foi religieuse avec le nationalisme pour donner des guerres internes, mais des coalitions lors d’interventions extérieures. Cela me parait être un cas assez unique dans l’histoire?

    Rare mais pas unique. On a l’exemple des Grecs dont on sait avec quel entrain ils se battaient ad domum, mais étaient très mélangés dans leurs armées mercenaires opérant au dehors pour des intérêts étrangers. Chez les 10.000 par exemple, il y avait un peu de tout.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts2176
    Member since: 16 avril 2012

    @Solduros En effet je parlais plutôt au niveau de la tactique pour la différence dans la manière de combattre. Les Suisses ont, d’après ta description, combiné leur foi religieuse avec le nationalisme pour donner des guerres internes, mais des coalitions lors d’interventions extérieures. Cela me parait être un cas assez unique dans l’histoire?

     

    Pas vraiment de différence entre protestants et catholiques au niveau de la tactique. Ils se déplaçaient toujours rapidement et essayaient de frapper fort en une fois. En 1531, les catholiques ont foncé contre Zurich pour éviter que Berne vienne l’aider et se retrouver en position défavorable. Sur le champ de bataille on retrouve toujours les coups de folie/courage avec des attaques qu’on ne conseillerait pas dans des écoles militaires.

     

    En fait les Suisses ont failli se laisser entrainer dans des conflits de plus grande ampleur mais sans jamais vraiment franchir le pas. Par exemple les catholiques soutenaient la Savoie contre Genève alliée de Berne et Zurich et Berne a menacé d’intervenir contre les catholiques. Du coup grosses discussions à la diète. Même chose durant la guerre de 30 ans avec l’affaire de Constance.

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