Post has published by vauban

Ce sujet a 14 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 10 mois.

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 15)
  • Participant
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    Member since: 12 avril 2012

    Alors que l’occident s’enfonce dans la guerre de 7ans,en chine le jeune empereur Qianlong décide d’affirmer son pouvoir en lançant plusieurs campagnes contre les puissances voisines.
    Ses victoires comme ses défaites vont changer le paysage géopolitique de l’extrême orient et conduire l’empire Qing à son apogée puis à son déclin.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/59/Portrait_of_the_Qianlong_Emperor_in_Court_Dress.jpg
    l’empereur Qianlong,l’instigateur des dix campagnes.

    Les 3 campagnes contre les Dzoungars:

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/29/Battle_of_Khurungui.jpg
    Une bataille entre Dzoungar et soldats Qing.

    Le Khanat Dzoungar était un empire nomade qui dominait une partie de la steppe eurasienne aux frontières de l’empire Qing au XVIIe et XVIIIe siècle. De nombreux conflits frontaliers avait déjà eu lieu entre les deux nations mais en 1755 les conflits internes au sein du khanat entrainent une intervention massive des mandchous.
    les Qing envoient deux armées de 25 000 hommes chacune contre Dawadji, l’une par le nord par Uliastay, l’autre vers l’ouest par Barkol , elles font leur jonction à Börtala.
    Le Khan Dawadji finit par capitulé entrainant la fin de la première campagne.

    Cependant le Khan Amoursana,ancien allié des chinois, apprend que le trône de Dzoungarie ne lui sera pas confié. Il s’allie en réaction avec plusieurs chefs de tribus,prend le contrôle de la Dzoungarie et déclare la guerre à l’empire Qing.
    L’empereur furieux envoie un corps expéditionnaire pour reprendre le contrôle de la région,ce qui aboutira à la deuxième campagne contre les Dzoungars.
    L’un après l’autre les tribus mongoles et Dzoungars se soumettent.Le Khanat Dzoungar est pillé et 600 000 Dzoungars sont égorgés pour prévenir de toute rébellion.

    Toutefois cela n’empêchera pas deux frères:Burhān al-Dīn et Khwāja-i Jahān d’engager une nouvelle révolte contre le pouvoir impériale en s’alliant avec les restes du Khanat Dzoungar et des tribus Uyghur.
    Les chinois assiègent sans succès les bastions rebelles mais sont repoussés.La guerre s’enlise dans des escarmouches jusqu’à la bataille décisive de Yesil Kol Nor.Les rebelles sont matés ou contraints de fuir.

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Le Khanat Dzoungar est pillé et 600 000 Dzoungars sont égorgés pour prévenir de toute rébellion.

    Les Quing rigolent vraiment pas en contre-insurrection :blink: …
    En tout cas, merci de partager encore avec nous une tranche importante de l’Histoire asiatique 😉

  • Participant
    Posts2977
    Member since: 12 avril 2012

    -Les 2 campagnes contre les Tribus Jinchuan(1747–1749, 1771–1776):

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/22/Reconquer_the_little_Goldstreamland.jpg
    guerre d’attrition contre les chinois.

    Ce fut certainement les campagnes les plus couteuses pour l’empire. En 1747 des tribus sous influences chinoises se soulevèrent contre l’autorité mandchous. Si la première campagne mené de 1747 à 1749 pu être réglé diplomatiquement,la deuxième campagne contre les Jinchuan se termina par une annihilation totale des différentes tribus Jinchuan et leur remplacement par des colons chinois après plusieurs années d’une féroce guerre d’attrition dans les montagnes. Cette guerre vida considérablement les caisses de l’empire.

    -la campagne Birmane(1765–69):

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Third_Qing_Burmese_war.PNG
    plan de la troisième invasion Qing.

    Cette campagne entamé l’empereur Qianlong est souvent connu comme étant la pire guerre frontalière de l’histoire de l’empire Qing. Plus de 70 000 soldats chinois et 4 généraux périrent dans ses combats.

    l’origine de ce conflit provient des différents frontalier entre l’empire Konbaung de Birmanie et la dynastie Qing. Chaque partie revendiquant le contrôle des territoires Shan.
    Profitant d’un conflit entre le Konbaung et le Siam voisin,les Qing lance une première invasion en 1765 avec 3500 soldats mais échouent à prendre la cité de Kengtung et doivent battre en retraite. Le gouverneur de l’expédition:Liu est poussé au suicide par l’empereur.

    En 1766 une deuxième invasion est lancé contre le cœur de l’empire Birman. Malheureusement pour les mandchous,les Birmans étaient préparés à cette offensive. Les troupes chinoises sont encerclés à la bataille de Kaungton et proprement massacrés.Les troupes Birmans lancent une contre offensive victorieuse en terre chinoise et prennent les territoires Shan tant convoités. Le gouverneur de l’expédition:Yang est à l’instar de son prédécesseur poussé au suicide par l’empereur.

    Devant ses deux échecs face à une nation considéré comme barbare et primitive. L’empereur décide alors d’envoyer un de ses propres généraux(Mingrui) afin d’organisé un troisième plan d’invasion.Mingrui est un vétéran des guerres contre les Dzoungars et est un commandant apte,
    il est placé à la tète d’une force d’invasion d’élite de 50 000 mandchous bien entrainés et bien armés. Pendant ce temps les troupes Birmans sont toujours occupés à terrasser les Siams,seuls 20000 soldats gardent la frontière chinoise.

    Les troupes mandchous sont divisés en deux armées chargés de pincés en étau la capitale birmane de Ava. La troisième invasion commence en Novembre 1767 par la prise de Bhamo par la plus petite armée chinoise. La plus grande armée sous le commandement de Mingrui affronte et défait les troupes Birmane sur le chemin de Ava. Cette défaite force les troupes Birmanes à quittés le Siam pour défendre leur territoire. L’armée de Mingrui prend Singu au nord de Ava mais la seconde armée chinoise est défait à Kaungton.Sans renforts la situation de l’armée chinoise se dégrade alors que les troupes birmanes lancent une contre offensive.
    la ligne de ravitaillement chinoise est coupé par les forces birmanes forçant le général à repartir en chine mais son armée est rattrapée et totalement exterminée à Maymyo. Mingrui préfère se suicider que de se rendre.

    Une dernière invasion est entamée en 1769 sous le commandement d’un conseiller impériale: Fuheng qui arrive en Birmanie à la tête de 60000 hommes. Fusheng décide d’attaqué la Birmanie en suivant le cour du fleuve Irrawaddy. Il dispose ses forces en trois armées avant d’avancer en territoire ennemi. Les chinois prennent Bhamo et commencent à descendre le fleuve depuis ses deux berges ou en utilisant des navires.
    Les forces terrestres finissent pourtant par s’arrêter laissant les forces fluviales exposés.
    Une flotte Birmane détruisit alors la flotte chinoise empêchant toute poursuite vers le sud.
    Cet événement marqua le début de la débâcle de la force d’invasion chinoise qui se retrouva au fort de Kaungton encerclée par les forces Birmanes.

    Suite à cette quatrième défaite une paix fut signé par les deux parties. Laissant un gout amer aux deux empires.

  • Participant
    Posts2977
    Member since: 12 avril 2012

    Avant de poursuivre,jetons un regard sur l’armée Qing à l’époque de l’empereur Qianlong.

    L’armée régulière Qing est l’armée des “Huit Bannières” battit sur le modèle traditionnel mandchou.Les soldats répartis selon leurs origines étaient des militaires professionnels.

    Les 8 bannières principales(Bannière Jaune,Bannière Jaune à bordure,Bannière Blanche,Bannière Blanche à bordure,Bannière Rouge,Bannière Rouge à bordure,Bannière Bleue,Bannière Bleue à bordure) sont divisé en plusieurs gūsa(de 7 500 hommes) divisé eux mêmes en 5 jalan(de 1500hommes) eux mêmes divisé en 5 niru(de 300hommes).

    http://en.academic.ru/pictures/enwiki/67/ChineseSoldierByWilliamAlexander1793.JPG
    soldat des 8banieres durant le règne de l’empereur Qianlong.
    http://chinesemartialstudies.files.wordpress.com/2012/12/chinese-matchlock-possibly-ming.jpg?w=750
    mousquets chinois.

    Les fantassins sont équipés de mousquets et de Dao(sabres chinois),la cavalerie se sert encore d’arcs de flèches comme le veut la tradition mandchou.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d4/The_Qianlong_Emperor_in_Ceremonial_Armour_on_Horseback.jpg/220px-The_Qianlong_Emperor_in_Ceremonial_Armour_on_Horseback.jpg

    L’empire Qing dispose d’une artillerie relativement diversifiée hérité du XVIe siècle:
    http://www.cowanauctions.com/itemImages/yya7937.jpg
    http://www.mysteriouschina.com/wp-content/uploads/2009/01/china-once-invented-machine-gun-in-qing-dynasty.jpg

  • Participant
    Posts2977
    Member since: 12 avril 2012

    -La pacification de Taiwan(1786 – 1788):

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/67/Crossing_the_ocean_and_triumphant_return.jpg

    Il s’agit d’une campagne sur l’île de Formose aussi appelé Taiwan. En 1786 une rébellion de loyaliste Ming éclata dans le sud de l’île. Les insurger occupèrent l’île ce qui entraîna l’envoie massive de troupes.Après un premier échec cuisant, les Qings envahirent l’île avec 20000 hommes et matèrent la rébellion. cet événement obligea le pouvoir à consolider ses positions sur Taiwan.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Après un premier échec cuisant, les Qings envahirent l’île avec 20000 hommes et matèrent la rébellion.

    Est-ce moi ou bien les revers, lors des premières tentatives pour mater les rébellions, sont assez fréquents pour l’armée Qing ?

  • Participant
    Posts2977
    Member since: 12 avril 2012

    Disons que certaines portions de leur armée n’étaient pas apte à combattre. 😉

  • Participant
    Posts2977
    Member since: 12 avril 2012

    -Les 2 Guerres sino-népalaise:(1788-1791)

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fd/Capture_of_Camu.jpg

    Les Gurkhas,clan du nord de l’inde se taillent au XVIe siècle un royaume dans le territoire actuel du Népal.En 1789, Bahadur Shah le roi des Gurkhas envahi le Tibet. Les Tibétains sont rapidement vaincus forçant le Panchen Lama et le Sakya Lama à une paix. L’empereur Qianlong apprenant l’invasion envoie une armée sur place afin de connaître l’exact situation. Le général chinois Chanchu décide après réflexion de rester sur place. les négociations entre népalais et tibétains échouent ce qui entraîne une nouvelle invasion des Gurkhas. Cette fois l’empire Qing réagit et 70000 soldats mandchous son envoyé au Tibet. Les chinois sans parvenir à une victoire décisive arrivent à repoussé les forces ennemis jusqu’à le frontière.Aprés plusieurs combats,la guerre se termine par un statut quo militaire mais les mandchous parviennent à imposer une paix à leurs avantages.

    -La campagne du Vietnam:(1788–1789)

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/86/Battle_at_the_River_Tho-xuong.jpg

    les histoires du Vietnam et de la chine sont étroitement liées par des liens de vassalités entre les dynasties chinoises et vietnamiennes. La dynastie Lê était par exemple vassal de l’empire Qing. En 1788 cependant une révolte des frères Tây Sơn chassa le dernier roi Lê et brisa le lien de vassalité entre les deux nations.L’empereur Qianlong,fou de rage,envoya une large armée dans le but de restaurer le roi déchu. Malgré leur puissance,l’armée Qing du faire face au courage et à la détermination des vietnamiens refusant le retour de leur précédent roi sur le trône. Une attaque surprise des forces vietnamiennes durant le nouvel an chinois écrasa littéralement l’armée chinoise mal préparée.La bataille de Ngọc Hồi-Đống Đa vit ainsi la mort de 30000 soldats mandchous et força l’empire à la paix.
    Le Vietnam redevint totalement indépendant même si la chine réussi à imposant un tribu annuel en échange de la paix.

    Ainsi se termine la dernière grande campagne de l’empereur Qianlong et la dernière grande guerre du XVIIIe siècle en extrême orient. Que pensez vous de ces campagnes?Quel conclusions peut ont tiré des campagnes chinoises comparées à leur homologues occidentales de la même époque? Je vous laisse y réfléchir. 🙂

  • Participant
    Posts2977
    Member since: 12 avril 2012

    Ce dossier est terminé. Si vous comptez bien il dois y avoir les 10 campagnes.^^

    Petite précision concernant le cout de ses guerres: Bien que l’empereur Qianlong en est tiré une immense fierté. ces années de conflits vidèrent grandement les caisses de l’empire et montrèrent les limites de l’armée mandchoue accentuant durablement le déclin qui aillait conduire à l’humiliation de la première guerre de l’opium quelques décennies plus tard.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Comme quoi, l’orgueil d’un empereur a un coût très lourd pour son empire. 😉

  • Participant
    Posts22
    Member since: 11 novembre 2013

    l’armée Qing du faire face au courage et à la détermination des vietnamiens refusant le retour de leur précédent roi sur le trône. Une attaque surprise des forces vietnamiennes durant le nouvel an chinois écrasa littéralement l’armée chinoise mal préparée.

    C’est fou comme on peut retrouver la même situation (presque) à presque 200 ans d’écart.
    Je parle bien sûr de la guerre du Vietnam, de la résistance face aux américains et de l’attaque surprise au nouvel an (vietnamien il me semble).
    Sinon l’article est très intéressant mais autant de morts pour quel résultat ? Pas grand choses apparemment (sauf les guerres contres les nomades pour les territoires ou les rébellions)

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    Les campagnes contre les dzougnars prémmices des conflit entre Oigours et Han?
    Sinon super dossier Vauban comme d’hab’.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    Je ne suis pas expert, mais je crois pouvoir en déduire, avec les capacités que m’a donné ma longue fréquentation du forum de la guerre:
    Les chinois devaient avoir un problème dans leur conceptualisation de la guerre, et leur stratégie. Je pense que c’est typique quand on voit des archers à cheval et des mousquetaires ensemble dans une armée: où est l’élément de frappe? Et donc: comment remportez une victoire tactique rapidement sans éléments de frappe, après l’affaiblissement par les tirs?
    Cela se voit dans le fait que les chinois perdent face aux birmans et vietnamiens, qui se défendent par des attaques violentes (d’après ce que dit vauban) et gagnent même en infériorité numérique.

    EDIT

    A propos de la campagne tibétaine contre les Gurkhas (des Indiens actuels), il est intéressant de voir les similarités avec la campagne chinoise au Tibet de 1962 contre l’influence indienne:
    Dans les deux cas, les Chinois n’interviennent qu’après une première action indienne dirigée contre les locaux (les Tibétains au XVIIe siècle, placement de garnisons en 1962), tandis qu’ils massent une force armée et observe l’adversaire.
    A l’attaque suivante, les Chinois attaquent brutalement et repoussent les Indiens.

    @vauban

    Quel conclusions peut ont tiré des campagnes chinoises comparées à leur homologues occidentales de la même époque?

    Tu dis qu’à la même époque se déroule la guerre de 7 Ans.
    On peut voir stratégiquement une symétrie: la guerre de 7 Ans se concentre en des combats autour de la Prusse et des zones allemandes ou polonaises disputées (Silésie…), tandis qu’ici les campagnes concernent toutes les abords immédiats de la Chine.

    Dans les deux cas, les armées constituent des armées envoyées pour effectuer une action précise, avec un général dédié (parfois le roi dans le cas prussien). Par contre, contrairement aux Prussiens qui sont parfois pressés entre différents théâtres, les Chinois semblent avoir les mains libres pour rassembler des armées indépendamment: cela s’explique probablement par la non simultanéité des campagnes et les grandes distances en jeu dans le territoire chinois.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts598
    Member since: 21 avril 2012

    Salut à tous ! B)

    Voilà un sujet passionnant ! 🙂
    J’y ajoute quelques informations complémentaires…

    La bataille de Yesil Kol Nor :

    Elle mit donc fin à la 3ème campagne contre les Dzoungars menés par les deux chefs Burhān al-Dīn et Khwāja-i Jahān.

    Cette bataille a eu lieu en septembre 1759 dans la province du Xinjiang (au nord-ouest de la Chine actuelle), vers un lac qui a donné son nom à la bataille (même si l’orthographe diffère un peu selon les sources 😉 ).

    Comme vauban nous l’explique, Burhān al-Dīn et Khwāja-i Jahān avaient rallié des restes du Khanat Dzoungar ainsi que plusieurs tribus Uyghur. En face d’eux, ils rencontrèrent Fu De et Arigun à la tête d’une armée sous la bannière de l’Empire Qing. :angry:

    Chacune des armées en présence alignait environ 10’000 fantassins plus, très probablement, de la cavalerie. L’Empire Qing avait à sa disposition une trentaine de pièces d’artillerie, allant des canons « classiques » aux Zamburaks. L’Empire Qing aurait utilisé une dizaine de Zamburaks au cours de la bataille de Yesil Kol Nor. B)

    Mais qu’est-ce qu’un « Zamburak » ? :huh:

    L’effrayant Zamburak :

    C’est de l’artillerie mobile… en gros, un soldat à dos de chameau disposait d’une petite pièce d’artillerie (un petit fauconneau). Cette pièce d’artillerie était pivotante, articulée sur une fourche en métal qui dépassait de la selle du chameau. Pour tirer au canon, le chameau était d’abord mis à genoux, puis le soldat bougeait sa pièce d’artillerie pour viser… 🙂

    Avantages 🙂 : mobilité du chameau ; flexibilité et puissance de feu du petit canon ; psychologiquement intimidant

    Inconvénients 🙁 : précision et portée du canon plutôt faibles ; presque inutile contre des fortifications

    Apparemment, il y aurait comme souvent eu plusieurs variantes. 😉 Il semblerait que certains de ces chameaux portaient des canons plus lourds mais qu’alors personne ne les montait ; le soldat qui manœuvrait la pièce d’artillerie marchait à côté du chameau… dès lors, plus grande puissance de feu, mais déplacements plus lents, ce qui affecte les avantages/inconvénients. (D’ailleurs, si personne ne monte le chameau et que ce dernier s’emballe… comment le retenir ? 😆 ).

    La bataille de Yesil Kol Nor (bis) :

    Le Khanat Dzoungar et l’Empire Qing utilisaient tous deux de l’artillerie, dont des Zamburaks. 😉 Par contre, j’ignore de combien de pièces d’artillerie les deux chefs Burhān al-Dīn et Khwāja-i Jahān disposaient à la bataille de Yesil Kol Nor, en septembre 1759. :unsure:

    En tout cas, l’Empire Qing captura plus de 2’000 ennemis à cette bataille, en tua ou en blessa beaucoup d’autres. A-t-on des données précises sur les pertes de l’Empire Qing au cours de cette bataille ? (N’oublions pas que l’histoire est écrite par les vainqueurs !) Tout supplément d’information là-dessus serait le bienvenu… B)

    La bataille de Qurman et illustration de Zamburaks :

    http://www.battle-of-qurman.com.cn/pict/1-8GreatVictoryAtQurman_L.jpg

    Ci-dessus, une illustration de la bataille de Qurman, grande et célèbre victoire de l’Empire Qing. B)

    Sur la partie gauche, on voit des troupes en train de se déplacer… dont de l’artillerie ! 🙂 Un canon « standard » est remorqué par une paire de chevaux et 5 Zamburaks avancent en rang… sur le dos de ces derniers on peut voir chaque fois un canon, plus petit que celui tracté par les chevaux, mais PAS de soldat monté : les servants d’artillerie, dans ce cas, se déplacent à pied. 😉

    Au début de l’année 1759, l’Empire Qing envoie une petite armée au secours d’une de leurs places assiégées. Le 3 février (donc AVANT la bataille de Yesil Kol Nor), ces 600 troupes tombent dans une embuscade tendue par Burhān al-Dīn (déjà lui !). Plus de 5’000 cavaliers, Uyghur et Dzungar, chargent la colonne de secours de l’Empire Qing… et furent arrêtés par un véritable barrage de projectiles lancés par les fameux Zamburaks (eh oui ! 😆 ), par les mousquetiers et par les archers !

    Namjil et Machang, deux des seconds de Burhān al-Dīn, menèrent une charge de cavalerie sur l’un des flancs des renforts de l’Empire Qing… Namjil a été tué, Machang désarçonné… Machang a été forcé de se battre alors à pied avec son arc… la bataille a été rude.

    Les renforts Qing ont réussi à sortir victorieux de l’affrontement et ont même, dans la foulée, attaqué le camp Dzungar et, grâce cela, provoqué le retrait des Dzungars qui assiégeaient la place. Après cette victoire, plusieurs villes rebelles ont directement été envahies par l’armée des Qing.

    Il ne s’agissait donc nullement d’une victoire à la Pyrrhus et les Zamburaks y ont largement contribué ! 😉

    Compléments sur le Zamburak :

    Il tire probablement son origine des soldats égyptiens qui avaient monté au début de grandes arbalètes (comme des balistes) sur des chameaux. Ce système a dû faire ses preuves, car il a rapidement été adopté par les Arabes, les Pashtounes, les Moghols ( :pinch: attention à ne pas confondre ; il est question de l’Empire moghol, fondé en Inde par Babur ! 😉 ) et les armées iraniennes et indiennes jusqu’aux 19ème et 20ème siècles.

    D’ailleurs, des Zamburaks ont composé des unités de la garde royale de l’armée kadjare (l’Empire Dakjar, dynastie turkmène qui a régné sur l’Iran de 1786 à 1925). Parfois, les unités de Zamburaks ont été accompagnées d’immenses tambours montés sur des chameaux pour créer encore plus de bruit et impressionner l’ennemi. :woohoo:

    Les Zamburaks ont été employés contre les Anglais dans les guerres anglo-afghanes et anglo-sikhs. Après 1850, ce sont des mitrailleuses Gatling qui étaient aussi montées sur des chameaux ! 🙂

    Zamburak… ce nom est peut-être dérivé de l’arabe « zambūr », c’est-à-dire « faucon », peut-être en référence aux arbalètes installées sur le chameau. On pourrait aussi y voir un lieu avec certaines pièces d’artillerie légères, les « fauconneaux ». :huh:

    La fin des chefs Burhān al-Dīn et Khwāja-i Jahān :

    Après (toutes) ces défaites, les deux chefs rebelles se sont enfuis avec leur petite armée de partisans (restants) au Badakhshan. Le sultan Shah du Badakhshan avait promis de les protéger… B)

    Mais des tractations ont eu lieu entre le sultan Shah et l’Empire Qing. Au final, le sultan Shah a été d’accord de renvoyer les deux chefs vaincus à l’Empire Qing. Lorsque les rebelles en fuite sont arrivés vers la capitale du sultan Shah, les troupes du sultan les ont attaqués et capturés ! :angry:

    Quand l’armée des Qing est arrivée à son tour à la capitale du sultan Shah, ce dernier lui a remis les rebelles capturés… :ohmy:

    [ Le Badakhshan est une région historique, qui comprend des parties de ce qui est aujourd’hui le nord-est de l’Afghanistan et le sud-est du Tadjikistan. La musique locale représente une part importante de l’héritage culturel de la région. ]

    La guerre, c'est l'histoire de l'humanité !
    Vouloir juger sans (bien) connaître, n'est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    Très intéressant!

    A noter que le fait de monter des pièces d’artillerie sur des animaux a aussi eu lieu sur des ânes, plus précisément des cas d’artillerie de 12 (pouces?) à la Renaissance, mais aussi au XIXe siècle.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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