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    Les types de colonies

    Le XIXe siècle a vu différents Etats européens dominer les continents africain et asiatique. Nous ne reviendrons pas ici sur les origines, les motivations des différents colonisateurs ou encore le déroulement des événements de cette période. En revanche, nous essaierons de différencier les systèmes coloniaux qui ont été installé dans les différents empires et ont donné à ceux-ci une grande diversité.

    1. Les colonies avec administration directe :
    Il s’agit de la forme la plus répandue, la plus connue et la plus représentative de la domination coloniale. La colonie n’a aucune existence politique, ni liberté ou souveraineté. Cependant, elle est souvent distinguée de sa métropole dont elle dépend entièrement du point de vue économique et culturel. En outre, les populations indigènes étaient soumises à un statut inférieur à celui des ressortissants métropolitains. Un métropolitain était un citoyen de son Etat avec les mêmes droits et devoirs que n’importe lequel de ses compatriotes tandis qu’un indigène n’était souvent qu’un «sujet» ayant tous les devoirs du citoyen sans en avoir les droits.

    Le Congo belge correspond parfaitement à cette description. Notons que les indigènes pouvaient voir leur statut juridique s’améliorer. Ainsi, un Congolais pouvait devenir un «évolué» s’il satisfaisait à des tests linguistiques et de bonnes vie et mœurs (très ridicule). Le fameux Patrice Lumumba (premier Premier ministre congolais et «héros» populaire) fut de cela.

    2. Les protectorats :
    C’est une forme atténuée d’administration directe, bien que souvent les colonisateurs tendent à la faire prévaloir au sein des protectorats. Dans ce système, la fiction d’un Etat subsiste et les autorités locales demeurent souvent en place. Officiellement, l’Etat «protégé » a renoncé à de larges pans de sa souveraineté : représentation extérieure, monnaie, budget, forces armées, maintien de l’ordre…. Ces compétences sont alors à charge de l’Etat «protecteur» en vertu d’un traité internationalement reconnu. Parfois, pour faciliter leur prise en main du territoire, les colonisateurs favorisent ou renforcent l’entité politique qui leur a confié son destin. Tel fut le cas du Maroc où le Sultan vit son pays (enfin) pacifié par la présence française.

    Le Maroc, le Laos, le Cambodge pour la France ou les Etats princiers des Indes pour l’Angleterre représentent les exemples les plus concrets de ce système. Si une bonne relation existait entre le protégé et le protecteur, ce premier pouvait jouir d’avantages non-négligeables. Certains princes indiens disposaient ainsi d’armée personnelle comptant parfois une centaine de chars lors de l’indépendance de l’Inde, leur donnant par la même occasion la possibilité de refuser d’intégrer le nouvel Etat. C’est aussi la forme de colonisation dont on peut mettre fin rapidement : il «suffit» de révoquer le traité, de rendre au protégé sa souveraineté, en principe un pouvoir politique déjà existant et enracinée.

    3. Les pays liés par traités inégaux :
    Dans ce cas, la domination coloniale est la moins visible. L’Etat ayant conclu des traités inégaux voit son indépendance nominalement respectée par les signataires. Mais, si les traités sont qualifiés d’inégaux, c’est parce qu’ils imposent des conditions discriminatoires à l’une des parties : avantages sans contrepartie et souscriptions à des obligations sans réciprocité. Ils placent souvent les Etats sous tutelle financière et/ou économique des colonisateurs.

    Si certains Etats des Caraïbes ou l’Empire ottoman, «homme malade de l’Europe» rentrent dans cette catégorie, c’est sans conteste la Chine qui en fut la victime principale. Elle dut céder des bases aux puissances européennes et américaines, permettre l’établissement de légations et de concessions, voir ses finances contrôlées par des étrangers, accepter des missionnaires chrétiens,…

    4. Les mandats de la SDN :
    Il s’agit d’un système de tutelle, établi par l’article 22 du Pacte de la Société des Nations. Le but des mandats devait être gérer des territoires dont l’indépendance serait effective quand les populations auraient les capacités de prendre leur destin en main. Une Commission permanente des mandats, un organe de la SDN, était chargée du contrôle des puissances mandataires. De facto, les puissances coloniales ne gouvernèrent ces territoires qu’en fonction de leur propre intérêt national.

    La Syrie, le Liban, la Palestine, l’Irak, la Transjordanie ou encore le Rwanda-Burundi furent des mandats de la SDN confiés à la France, la Belgique et l’empire britannique qui ne répondirent qu’à eux-mêmes.

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