Post has published by Xénophon

Ce sujet a 10 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  PapaZoulou, il y a 1 an et 3 mois.

11 sujets de 1 à 11 (sur un total de 11)
  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 26 avril 2013
    Marc Antoine face aux Parthes

    Après avoir vaincu les Pompéiens au cours de la guerre civile, César projeta de mener ses légions sur le Danube, aux confins du royaume des Daces, ou le long du Tigre et de l’Euphrate, pour se venger des Parthes. Cependant son assassinat durant Ides de Mars de l’an 44 av. J-C par les Liberatores l’empêcha de mener ce projet à bien. Ses héritiers, Marc Antoine, Octave et Lépide réunis dans un second triumvirat se partagèrent l’empire des Romains à la fin de l’année 42 av. J-C. Marc Antoine reçut l’Orient. Il connut alors plusieurs affrontements avec les forces des Parthes Arsacides, ces derniers allant jusqu’à pénétrer jusqu’en Judée.

    Marc Antoine (vers 83 av. J-C – 30 av. J-C)

    Je me posais donc les questions suivantes:

    * Quelles furent les raisons de ce conflit?

    * Comment se déroulèrent les opérations militaires?

    * Quelles en furent les issues?

  • Participant
    Posts1364
    Member since: 17 avril 2015

    Voilà qui à l’air très intéressant! Je suivrai ce dossier avec attention.

  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 26 avril 2013

    Merci de ton enthousiasme 😉 . Mais ceci n’est pas un dossier, je me posais simplement les quelques questions inscrites plus haut, pardon de ne pas avoir été assez clair.

  • Participant
    Posts278
    Member since: 5 février 2014

    Il me semble que Marc-Antoine avait plutôt bien préparé son expédition, cependant celle-ci ne fut pas vraiment un succès. Il faudra attendre Trajan pour définitivement écarter la menace Parthe des frontières romaines.

  • Participant
    Posts1364
    Member since: 17 avril 2015

    Il me semble que Marc-Antoine avait plutôt bien préparé son expédition, cependant celle-ci ne fut pas vraiment un succès. Il faudra attendre Trajan pour définitivement écarter la menace Parthe des frontières romaines.

    Enfin Trajan il y va,il occupe Ctésiphon…. Sauf que dans la ville il n’y a plus personne, les Parthes sont justes allés attendre plus loing que les Romains partent 😛 du coup, les Romains n’ont jamais vraiment battu les Parthes, ça ce sera le fait des Sassanides.

  • Participant
    Posts1913
    Member since: 17 février 2013

    Le gros problème pour moi est que nous manquons actuellement d’information sur la dynastie Arsacide du fait de la destruction postérieur des écrits de cette période par les Sassanides qui à l’instar des mérovingiens ont tout fait pour minimiser leur prédécesseur. Malheureusement la plupart de notre documentation sur cette période vient des romains :/ .

  • Modérateur
    Posts199
    Member since: 12 septembre 2015

    Merci à toi Xénophon de lancer un sujet si intéressant ! La campagne de Marc Antoine contre les Parthes est à la fois un échec militaire presque total, mais aussi un tournant puisqu’elle met fin à l’ascension de Marc Antoine.

    “Quelles furent les raisons de ce conflit ?”

    Je pense qu’il y une part de vengeance en ce qui concerne le contexte d’avant la campagne. Les romains ont gardé en mémoire la terrible bataille de Carrhes en 53 avant JC, contre les Parthes Arsacides. C’est une humiliation totale pour la meilleure armée du monde, ainsi que pour le général Crassus qui finira décapité. Ajoutons à cela la menace grandissante des Parthes, qui étendent leur territoire de façon considérable depuis la chute de l’empire arménien.

    “Comment se déroulèrent les opérations militaires ?”

    Le plan venait à l’origine de Jules César. Marc Antoine décida de s’allier à Arthawazd II, roi d’Arménie et successeur de Tigrane le Grand, son père. Arthawazd disposa d’environ 16 000 fantassins et 7000 cavaliers, dont les terribles cataphractaires (6000) ! L’objectif pour les romains était de prendre la région d’Atropatène, territoire sous suzeraineté parthe. Le corps des armées était divisé en deux : d’un côté le gros de l’armée romaine avec Marc Antoine en personne, de l’autre le matériel de siège romain, accompagné par les arméniens. C’est là que les Parthes, profitant de la division des troupes, harcelèrent l’armée romaine la moins importante en nombre et firent beaucoup de dégât dans les rangs grâce à leur cavalerie mobile. Le roi Arthawazd II, agit en homme prudent (ou en lâche, dépend des points de vue) et se replia en Arménie.
    Marc Antoine et le reste de son armée continuèrent vers la forteresse de Vera pour l’assiéger. Sans ravitaillement arménien et dans des conditions périlleuses (montagnes et désert), Antoine perdit beaucoup d’hommes à cause des harcèlements parthes de tous les côtés (et oui, la guérilla existait déjà !). Il fut donc obligé de se retirer en Arménie.

    “Quelles en furent les issues ?”

    Un échec total pour les armées romaines et Marc Antoine. Il accusa le roi Arthawazd II de “trahison” car il s’était enfui en pleine campagne militaire. En 34 avant JC, Antoine arrêta le roi arménien et l’amena à Alexandrie avec sa famille. Sous les ordres de Cléopâtre, le pauvre Arthawazd fut décapité en 30 avant JC. Un an plus tôt se déroula la bataille d’Actium, née d’un désaccord entre Antoine et Octave. Remportée par Octave, elle met fin à la période hellénistique.


    Monnaie d’Arthawazd II, roi d’Arménie (54 à 34 av JC)

    "Lorsque le soleil frappa de ses rayons les boucliers d'or et d’airain, les montagnes en furent illuminés et brillèrent comme des flambeaux allumés"

    I, Maccabées, 6, 31.

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 20 juillet 2013

    En ajout aux précisions de @Aléxandros ho Mégas, j”ai retrouvé, dans la biographie de Cléopâtre d’Arthur Weigall, quelques pages sur le suivi des événements.

    En bref, Marc Antoine avait ressemblé sur le plateau d’Erzeroum une armée d’environ 60.000 fantassins (dont des éléments gaulois et espagnols), 10.000 cavaliers romains et 30.000 alliés de nationalités diverses, dont 13.000 fantassins et cavaliers fournis par Artavasd et des troupes appartenant au roi du Pont, Polémon.

    Antoine y a adjoint des engins de guerre en nombre considérable. Ce matériel, escorté par les contingents d’Artavasd et de Polémon ainsi que par deux légions, s’enfonce vers la Médie par la vallée de l’Araxe. L’armée principale, avec Antoine, prend la route directe à travers l’Assyrie septentrionale et se dispose à assiéger Phraaspa, à la fin du mois d’août 36 av.J.-C, la capitale fortifiée de Médie-Atropatène ( aujourd’hui, la province iranienne d’Azerbaïdjan oriental).

    Le matériel nécessaire n’arriva jamais. La seconde armée avait été défaite, Artavasd en fuite, Polémon prisonnier. Antoine décide néanmoins de poursuivre le siège vaille que vaille. Mais dopés par ce premier succès, les Parthes amorcent une guérilla contre les Romains, assaillent les postes isolés et coupent leurs communications en évitant soigneusement la bataille générale.

    En octobre, devant la démoralisation de ses troupes et la pénurie de vivres, Antoine fait des ouvertures aux Parthes : son départ contre les derniers prisonniers de l’armée Crassus et la restitution des aigles perdues. Les Parthes refusèrent toute contrepartie mais promirent à Antoine qu’il pourrait se retirer librement. Ce dernier fut contraint d’accepter. Mais la parole ne fut pas tenue et la retraite romaine, à travers des cols enneigés, se mua en cauchemar rappelant un peu celle de Russie en 1812, froid glacial, embuscades quotidiennes, absence de vivres…

    Cela dura vingt-sept jours pour parvenir devant l’Araxe, qui formait la frontière avec l’Arménie. Passant ses hommes déguenillés en revue, Antoine constata la perte de 20.000 fantassins et de 40.000 cavaliers. Quoique les Parthes fussent désormais derrière eux, la longue marche de l’Araxe à la côte syrienne coûta encore 8.000 vies. Quand l’armée parvint enfin à ses quartiers d’hiver, près de Sidon, il n’en restait plus grand’chose.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 26 avril 2013

    Mais j’avais aussi lu que les Parthes lors d’une puissante contre-attaque étaient parvenus jusqu’en Judée, la retraite de Marc Antoine n’a pas pour autant cesser la fin des hostilités comme le montre la bataille du Mont Gindaurus.

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 20 juillet 2013

    La bataille du mont Gildaurus est antérieure de deux ans à la déroute de Marc Antoine. Par ailleurs, il faudrait voir si la poussée sur la Judée est bien due aux Parthes, ou alors à des tribus bédouines des environs accourues pour la curée.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Modérateur
    Posts2270
    Member since: 8 février 2014

    Les troupes perdues par Antoine au cours de cette campagne auraient-elles pu avoir un rôle décisif au cours des combats contre Octave?

    "Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve"-Euclide

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