Post has published by cuirassier

Ce sujet a 21 réponses, 8 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 1 an et 3 mois.

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  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    L’effet majeur français supérieur à la méthodologie tactique anglo-saxonne ?

    Bon oui j’avoue, le titre du sujet est un brin provocateur et racoleur, néanmoins il se veut être l’ouverture d’un sujet particulièrement intéressant. En effet le but ici sera de vous présenter et de comparer deux méthodes pour concevoir vos plans à l’échelle tactique. Ces deux méthodes de réflexion sont la notion française « d’effet majeur » et celle anglo-saxonne de « centre de gravité ».

    Qu’est-ce qu’un centre de gravité ?

    C’est une notion utilisée par les américains, et par le monde anglo-saxon en général, néanmoins ces origines sont allemandes, une de plus que nous devons au grand prophète de la guerre : Clausewitz*.
    Elle est aussi bien utilisée au niveau stratégique (gestion de la guerre dans son ensemble), qu’au niveau opératif (gestion des opérations), mais aussi au niveau tactique (gestion des combats, de la bataille). Cependant, comme nous allons le voir, son utilisation au niveau tactique ne se révèle pas aussi pertinente.

    Officiellement le “centre de gravité” se définit comme étant : « la source de puissance, matérielle ou immatérielle, de l’adversaire d’où il tire sa liberté d’action, sa force physique et sa volonté de combattre ».
    Pour faire simple un « centre de gravité » c’est ce qui rend l’ennemi puissant.
    Cela peut être un leader, une région industrielle, une fraction de son armée, sa capitale, une ligne de chemin de fer, une cause mobilisatrice, la population etc…

    http://www.herodote.net/Images/Hussein1990.jpg
    En 1991, la Garde Républicaine constituait l’un des centres de gravité de l’Irak de Saddam Hussein.

    Cette notion de « centre de gravité » est un aspect de la vision systémique américaine. Leur méthode consiste ainsi à identifier ces points d’où l’ennemi tire sa puissance, puis de les frapper, ce qui aura pour conséquence de priver l’ennemi de cette puissance et donc il devient possible de lui imposer notre volonté et la victoire.
    Si nous poussons plus loin, cette méthode consiste à :
    – Identifier les centres de gravités ennemis (exemple : une unité d’élite)
    – Puis trouver les éléments qui permettent à ce centre de gravité d’exister (ex : la logistique de cette unité)
    – Et enfin de repérer et viser les vulnérabilités de ces éléments (ex : détruire ce pont, la logistique sera bloquée et donc l’unité d’élite perdra sa puissance).

    http://img850.imageshack.us/img850/391/sanstitrevju.png
    Les « points décisifs » sont les points faibles du « centre de gravité ». Il faut ensuite tracer les lignes d’opérations (les chemins) qui mènent à ces points décisifs.

    Qu’est-ce que la notion française « d’effet majeur » ?

    Afin de comprendre la notion « d’effet majeur » il est déjà nécessaire de saisir celle « d’initiative ». « L’initiative » : c’est la maitrise du coup suivant. L’un des deux belligérants qui a cet état d’initiative pourra imposer sa prochaine manœuvre à son adversaire. L’initiative est nécessaire pour celui qui veut attaquer, et sur la défensive il faut tout faire pour la reprendre !
    Selon la culture militaire française, la victoire est obtenue en s’emparant de l’initiative, puis en la rentabilisant.
    Rentabiliser l’initiative c’est réduire la liberté d’action de l’ennemi (voir le dossier sur les principes de la guerre français ), jusqu’à ce qu’en quelque sorte il ne lui reste plus comme « liberté » que celle de renoncer à la lutte.

    http://warstudiespublications.files.wordpress.com/2013/09/scotts-greys-at-waterloo.jpg
    La cavalerie britannique contre-attaque à Waterloo. L’initiative est un état dynamique. Elle peut basculer d’un camp à l’autre. L’art militaire français s’attache donc à saisir l’initiative – et à la conserver – afin d’imposer ses coups jusqu’à la victoire.

    La définition officielle de « l’effet majeur », modifiée par le général Yakovleff, est donc : « effet à obtenir sur l’ennemi, en un temps et un lieu donnés. Sa réussite garantit le succès de la mission. L’effet majeur est l’action par laquelle le chef envisage de saisir l’initiative. »

    L’effet majeur vise donc à se saisir de l’initiative, en brisant le plan adverse lors d’une phase critique**, par la neutralisation d’une unité vitale à sa manœuvre.
    Il faut bien garder à l’esprit qu’on détruit une unité (cause, effet de 1er ordre), mais in fine le véritable but est de détruire le plan (conséquence, effet de 2nd ordre).

    L’exécution de la mission se présente ainsi
    En vue de : (intention du supérieur, effet de 2nd ordre)
    Je veux : (effet majeur, effet de 1er ordre)
    A cet effet : (en 3 temps ; façonner l’ennemi, effet majeur et rentabilisation de l’initiative)

    L’effet majeur se détermine au terme d’une phase d’analyse où on aura bien pris en compte la mission confiée par son supérieur, où on aura anticipé la manœuvre adverse et identifier la phase critique. Et c’est au cour de cette phase critique qu’il faudra appliquer l’effet majeur pour faire basculer l’initiative de son coté.
    Cette méthode ne s’utilise qu’au niveau tactique mais il faut néanmoins définir UN effet majeur par niveau de commandement et par mission. C’est à dire que le général fixera son effet majeur, puis chacune de ses subordonné aura le sien et ainsi de suite…

    http://www.histoire-fr.com/images/poche_falaise_1944.jpg
    Des Sherman exploitent la percée du front en 1944 (phase de rentabilisation). Les 3 phases (façonnage, effet majeur et rentabilisation) sont extrêmement importantes. Négliger le façonnage, c’est se tromper de mission. Négliger la rentabilisation, cela revient à faire tant d’efforts pour rien.

    Un exemple sera utile pour comprendre cette notion complexe.
    Pour la campagne de France en 1940 (voir carte ci-dessous), si on se met au niveau du général Von Manstein, l’exécution de la mission de l’armée allemande dans son ensemble peut se présenter ainsi :
    En vue de : encercler et détruire l’armée française.
    Je veux : percer le front vers Sedan le 13 mai.
    A cet effet : il faudra effectuer une diversion en Belgique et rassembler le maximum de force vers le lieu de la percée (façonnage), percer le front au niveau de Sedan (effet majeur) et exploiter pour encercler les forces françaises (rentabilisation).

    http://img15.hostingpics.net/pics/246882campagnedeFrance1940.jpg

    Ensuite le je veux du niveau supérieur (ici armée allemande) devient le En vue de du niveau subordonné (Heeresgruppe A).
    Après analyse on peut déduire que pour le commandant du Heeresgruppe A, le problème n’est pas tant de percer, car ces supérieurs lui ont octroyé suffisamment de moyens pour cela. Sa véritable phase critique, là où il placera son effet majeur, est plutôt juste après la percée. Son effet majeur sera d’empêcher la manœuvre ennemie qui consistera alors – sans aucun doute – à essayer de combler cette brèche fraichement ouverte.

    Cet exemple permet aussi de voir que l’effet majeur n’est pas l’achèvement de la victoire, mais la condition de la victoire. Ainsi après la percée de Sedan les combats ne sont pas terminés pour autant, en revanche la percée de Sedan a bien fait pencher la balance de la victoire inévitablement du côté allemand.

    Comparaison entre les deux méthodes :

    Alors il est vrai que la méthode par « centre de gravité » parait plus simple que celle par « effet majeur », ce qui explique pourquoi la première tend à s’imposer aux autres membres de l’OTAN, bien que la puissance de l’influence américaine n’y est surement pas pour rien…

    Il existe un certain nombre de différences. L’effet majeur se détermine au terme de la phase d’analyse, c’est une notion dynamique car elle dépend de la mission et de la manœuvre adverse, elle s’exprime par un verbe à l’infinitif et ne relève que du domaine militaire et matériel (uniquement tactique).

    Le centre de gravité est lui statique, indépendant de la mission, il se détermine au cours de la phase d’analyse par un nom, il relève du domaine matériel et immatériel et de l’ensemble du domaine stratégique (donc pas seulement militaire).
    Le centre de gravité a le défaut d’insister à attaquer le point fort ennemi. Même si l’on en identifie ses vulnérabilités, on attaque bien ce point d’où l’ennemi tire sa puissance. Son coté statique fait aussi qu’il ne prend pas assez en compte la manœuvre adverse. De plus à trop se focaliser sur son point fort, on peut négliger d’autres sources de puissances qui peuvent se révéler tout aussi dangereuse. Par exemple détruire une unité blindée identifiée comme le centre de gravité, puis finalement perdre à cause d’une unité d’artillerie…

    De tous ces constats, il a été déduit que le centre de gravité est un outil utile pour la réflexion au niveau stratégique et opératif, mais que pour le niveau tactique c’est bien la méthode française de l’effet majeur qui se montre la plus adéquate.
    Certains ont même essayé de combiner les deux en affirmant que l’effet majeur doit viser directement les centres de gravités, cependant la différence de nature entre ces deux méthodes interdit un tel rapprochement. Au niveau tactique, c’est soit l’un, soit l’autre.
    En réalité le centre de gravité semble être l’outil de réflexion sur le long terme, et l’effet majeur celui du cour terme.
    La réussite de l’effet majeur peut néanmoins avoir des conséquences sur les centres de gravité adverses mais de manière indirecte.

    ———-
    *En réalité la définition de Clausewitz semble mal interprétée. Il voyait certainement plus le centre de gravité (Schwerpunkt) comme le lieu vers lequel s’orientent les efforts d’une armée, que comme une source de puissance proprement dite. Pour lui le centre de gravité dans le domaine stratégique avait la même définition que dans le domaine physique.
    **La phase critique est celle où l’initiative peut encore basculer d’un camp à un autre. C’est donc bien là que le commandant doit appliquer son effet majeur et le gros de ses forces afin de saisir à coup sûr cette initiative.
    ———–

    Sources :
    Tactique théoriques du général Yakovleff
    http://alliancegeostrategique.org/2011/11/04/centre-de-gravite-et-analyse-systemique/
    http://www.au.af.mil/au/awc/awcgate/navy/art4-w03.htm
    http://www.penseemiliterre.fr/effet-majeur-et-centre-de-gravite-compatibilite-ou-incompatibilite-_1015530.html
    autres pour détails…

  • Participant
    Posts34
    Member since: 22 novembre 2012

    Super article, bien que je sois peut être trop jeune pour tout comprendre 😛

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    Encore une fois, un dossier excellent. Merci Cuirassier

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Une analyse toujours très fine, mais qui cette fois peut en dérouter plus d’un !

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Si vous avez des questions n’hésitez pas à les poser.

    J’essaye d’être le plus claire possible bien que cela difficile avec des notions comme celle de l’effet majeur.
    Je suis souvent face au dilemme : faut il faire de longs paragraphes bien détaillés et qui reprennent les termes techniques au risque de faire un texte trop lourd à lire, ou au contraire faire des paragraphes les plus allégés possibles, avec des termes plus basiques, mais au risque de dévoyer les définitions.

    Donc si des choses méritent d’être améliorée ou exprimée de manière différente, n’hésitez pas à en faire la remarque.

  • taz
    Participant
    Posts114
    Member since: 19 juillet 2012

    Vous pensez que quelle méthode et la meilleure entre ces deux ?

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012
    taz wrote:

    Vous pensez que quelle méthode et la meilleure entre ces deux ?

    Tout dépend à quel niveau :
    Si tu es au niveau stratégique (gestion de la guerre dans son ensemble) et au niveau opératif (gestion des opérations), il est préférable d’utiliser la méthode par « centre de gravité ».
    Tu identifies ce qui rend l’ennemi puissant. Tu trouves, puis tu frappes, le point faible de ce centre de gravité.

    Au niveau tactique (gestion des combats, des batailles), la méthode par « effet majeur » est à privilégier.
    Tu prends en compte ton objectif. Tu imagines comment l’ennemi va essayer de t’empêcher d’atteindre cet objectif. Ce qui va te permettre de déterminer la phase critique ; la période où l’initiative peut basculer d’un camp à un autre.
    Et c’est pendant cette phase critique que tu vas appliquer ton effet majeur, c’est-à-dire utiliser le gros de tes forces pour prendre l’initiative. Tu neutralises la partie des troupes ennemies qui est vitale à la manœuvre adverse, ce qui va briser son plan et te permettre d’imposer le tien.
    Exemple :
    En vue d’empêcher l’ennemi de percer le front (c’est ton objectif, ta mission)
    Je veux détruire son avant-garde dès qu’elle bougera ici et vers 16h. (Effet majeur)
    A cet effet ;
    – Placer des mines pour l’obliger à passer par là (façonnage)
    – Ouvrir le feu pour le bloquer ici vers 16h (effet majeur)
    – Lancer une contre-attaque sur le flanc pour achever le reste de l’avant-garde ennemie (rentabilisation)
    Cet exemple est intéressant car on bloque l’ennemi, donc on lui prend l’initiative – on casse son plan – , et on profite de cette initiative pour imposer une contre attaquer – imposer ton plan -.

    L’effet majeur est une notion dynamique car il dépend de ta mission et de la manœuvre adverse. De plus, contrairement à la méthode par centre de gravité, il n’insiste pas à attaquer le point fort ennemi. Tout ceci fait qu’il est plus pertinent au niveau tactique.

    Et voilà. 😉

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 20 juillet 2013

    Sujet complexe et, comme le souligne Maxsilv, assez déconcertant !

    La preuve : je n’y ai peut-être rien compris. En effet, je ne vois pas très bien comment les deux notions peuvent entrer en concurrence dans le même temps et le même espace. Tu as écrit :”C’est soit l’un, soit l’autre.”

    Cependant, l’option anglo-saxonne, c’est dit plus haut, est d’essence stratégique alors que l’effet majeur est du domaine tactique. Cela revient à dire que la première méthode choisit la cible ; après quoi l’autre décide comment la frapper avec efficience.

    Pourrais-tu préciser, soit ce point, soit pourquoi je me trompe ? 🙂

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Alors en effet il manque une précision importante.
    L’intérêt de cette comparaison vient du fait qu’actuellement la méthode par centre de gravité est bien souvent utilisée aux trois niveaux (stratégiques, opératif et tactique). C’est une erreur de méthodologie de la culture militaire anglo-saxonne et de l’OTAN.
    Et de fait je voulais expliquer ici que la méthode par centre de gravité n’est finalement adaptée qu’aux niveaux stratégique et opératif. Mais qu’au niveau tactique il existait une méthode bien plus pertinente, celle de l’effet majeur.

    Et donc quand on se place au niveau tactique, il ne peut y avoir qu’une seule méthode d’utiliser. Soit le centre de gravité, soit l’effet majeur, car leurs natures sont profondément différentes.

    Certains ont essayé de combiner les deux : l’effet majeur devait attaquer directement le centre de gravité. Ce qui revient à les mettre au même niveau (tactique). Cela insiste aussi à s’attaquer aux points forts ennemis, ce qui est déconseillé d’un point de vue tactique… Bref l’effet majeur perd tout son intérêt, il ne peut s’attaquer directement au centre de gravité.

    En revanche il est possible d’utiliser la méthode de centre de gravité uniquement aux niveaux stratégiques et opératifs, afin d’identifier les sources de puissances adverses sur le long terme.
    Puis d’utiliser l’effet majeur uniquement au niveau tactique (le court terme). Ainsi la succession des succès tactiques, des effets majeurs réussies, auront bien des répercussions sur les centres de gravités du niveau supérieur, mais seulement de manière indirecte.

    Je vais prochainement modifier le dossier pour rajouter ces détails cruciaux.

    EDIT : j’ai déjà bien modifié le dossier, ce qui devrait le rendre plus clair.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Je ne connaissais pas ces notions avant que tu les présentes, donc merci à toi pour ce dossier.
    Cependant, la distinction entre les deux principes présentés ne va pas de soi.
    Peux-tu développer un exemple d’application du centre de gravité à l’échelle tactique, cela sera peut-être plus clair?

    Tu présentes la campagne de 1940 comme exemple de l’effet majeur. Il me semble que l’attaque allemande rentre tout aussi bien dans le cadre d’une attaque de centre de gravité. En effet, le nord de la France est une zone industrielle importante, et l’armée du nord de la France représente l’élite de l’armée de 1940, les meilleures forces qui ont à affronter les allemands en rase campagne et pas à l’abri d’une forteresse.
    Donc, l’effet majeur de Sedan permet au niveau tactique de participer à l’isolement et à la destruction/neutralisation d’un point de gravité allié (et ce, sans devoir l’affronter frontalement). Et au niveau stratégique, de priver la France d’au moins deux centres de gravité: l’élite de son armée et la région industrielle nord, ainsi que les ressources minière qu’elle comporte.
    Après les Allemands se sont trouvés libre d’avancer vers en nouveau centre de gravité: Paris.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    @ambarequiem

    (La campagne de France est une illustration, je rappelle que l’effet majeur est une notion uniquement française et donc pas appliquer par les allemands en 1940. Cela ne peut pas être l’exemple parfait.)
    (Par ailleurs je précise que les américains déterminent généralement 1 centre de gravité, mais bon il y a des nuances en fonction des époques ou des armées ; Navy, Army ou Air Force, chacune d’elle a par ailleurs une définition différente.)

    En fait tu réponds à ta question.
    Au niveau stratégique et purement militaire je pense que l’on peut cerner 2 centres de gravité :
    La ligne Maginot et les forces motorisées franco-britanniques qui s’enfonceront en Belgique.

    D’un point de vue stratégique ils ont bien attaqué les centres de gravités mais de manière indirecte.
    S’ils avaient employé la méthode de centre de gravité au niveau tactique, ils auraient attaqué directement cette force motorisée franco-britannique ou la ligne Maginot.
    Cependant tactiquement ils ont attaqué une armée faible pour prendre l’initiative. Puis ils ont rentabilisé cette initiative en exploitant vers la Mer. Leur plan s’est imposé.
    En fait cela reprend ce que je disais dans le dossier :
    La réussite de l’effet majeur peut néanmoins avoir des conséquences sur les centres de gravité adverses mais de manière indirecte.

    Les deux méthodes ne s’opposent pas si elles sont employées à des niveaux différents.
    La nuance est subtile avec le centre de gravité – aussi paradoxale que cela paraisse- en fait on cherche le point faible du point fort ! C’est le principale défaut de cette méthode.
    Alors qu’avec l’effet majeur on se focalise sur la phase critique, la période où l’ennemi peut perdre l’initiative, donc à un moment et à un endroit où il est déjà faible (notamment grâce au façonnage).
    Et on accentue cette faiblesse en y appliquant l’effet majeur, donc le gros de ces forces, pour s’emparer à coup sûr de l’initiative. Puis après il faut la rentabiliser.

    Quant à exemple d’utilisation de centre de gravité au niveau tactique, le général Yakovleff en cite un dans son livre. Il a participé avec des américains à un exercice de niveau armée. Les américains ont identifié l’artillerie adverse comme étant le centre de gravité, ils ont donc appliqué le gros de leur effort dessus et en ont détruit 80% de celle ci. Sauf qu’ils se sont fait contre attaqués par une force blindée qui leur a détruit leur force de manœuvre. Ils ont donc neutralisé le centre de gravité mais ont quand même perdu l’exercice. Malheureusement je n’ai pas plus de détails sur cet exercice.

    Pour l’instant les américains peuvent se permettent d’attaquer directement les centres de gravités adverses. Car leurs moyens sont tellement considérables et leur technologie tellement en avance que ces centres de gravités ennemis seront forcément vulnérables. Par exemple en 1991, ils n’ont pas arrêtés de matraquer la Garde Républicaine irakienne avec tout ce qu’ils avaient sans que cette dernière puisse réagir.
    Mais face à des adverses plus modernes ils remettront peut être en question leur méthodologie au moins au niveau tactique.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Pour le niveau tactique:
    La visée des centres de gravité parait être la “solution du nanti”: on frappe le point fort de l’ennemi. L’effet majeur semble plus “astucieux” car il n’implique pas de devoir acquérir une supériorité sur l’ennemi.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Un exemple parfait d’effet majeur se trouve dans la bataille de la Marne en 1914.
    Ainsi, Galliéni a du établir un plan sous cette forme:
    en vue: de stopper l’avance allemande
    je veux: lancer une contre attaque sur le flanc de la Ier armée allemande
    A cet effet: je concentre mes troupes disponibles (BEF, réquisition des Taxis, trains), je mène l’attaque ( bataille de l’Ourcq, des deux Morins, de Marias de Saint Gond, de Vitry, de Revigny), mais les français n’arrivent pas à rentabiliser assez leur attaque, arrêtée sur l’Aisne le 13 septembre.
    Le plus important dans ce type de schéma étant de saisir l’initiative. Au contraire de ce qui ce passe en 1940, les français concentrent vraiment tous leurs moyens pour reprendre l’initiative en 1914. Enfin, plutôt que de la saisir, il s’agit de la reprendre sur un ennemi attaquant.
    On peut se concentrer contre un centre de gravité de manière directe (si on en a les moyens) ou indirecte lorsque l’on possède l’initiative.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Oui en théorie et en pratique on peut appliquer son effet majeur directement sur le centre de gravité adverse, cependant cela revient à attaquer le point fort ce qui est un non-sens tactique. Et c’est bien parce que c’est un non-sens que les militaires français considèrent qu’utiliser la méthode du centre de gravité au niveau tactique est « incompatible », pour reprendre leur terme, avec celle d’effet majeur. Ces deux méthodes peuvent amener à des conclusions différentes voir opposées.

    Il est en effet possible de remporter une victoire – « à l’américaine » – en attaquant directement le centre de gravité ennemi, le général Yakovleff reconnait que c’est déjà arrivé. Mais comme tu l’as souligné cela nécessite d’en avoir les moyens, c’est pour cela qu’il qualifie ce choix de « fantaisie » dans son livre.
    En plus il ne faut pas oublier qu’il est nécessaire de garder des moyens pour rentabiliser l’initiative saisie. Si on engage tous ses moyens dans l’effet majeur, parce que l’on s’est attaqué au point fort adverse et que l’on ne peut rentabiliser après, cela n’en vaut pas la peine.

    Pour la bataille de la Marne de Septembre 1914, je me mettrais plutôt du point de vue du Maréchal Joffre et de son subordonné le général Maunoury, commandant de la nouvelle 6ème Armée, ce qui permettra de mieux identifier quels sont les objectifs, les missions, les ennemis et donc les effets majeurs de chacun.
    Le maréchal Joffre étant le généralissime de l’armée française, son ennemi c’est l’ensemble de l’armée allemande. Donc de son point de vue son effet majeur serait :
    En vue de : repousser l’armée allemande.
    Je veux : déborder au niveau de l’Ourcq l’aile droite de l’ennemi qui s’est trop avancée à partir du 6 septembre.
    A cet effet : redéployer la 6ème armée vers l’Est de Paris, les autres armées devront fixer l’adversaire. Déborder la 1ère armée allemande par la droite, puis foncer sur les arrières ennemis pour leur couper la retraite. (Comme tu l’as souligné cette dernière phase de rentabilisation sera un échec).

    http://rosalielebel75.franceserv.com/grande-guerre/bataille-marne-front-paris-verdun.jpg

    En revanche du point de vue du général Maunoury, son ennemi n’est pas l’ensemble de l’armée allemande mais uniquement la 1ère armée allemande, et c’est contre elle qu’il appliquera son propre effet majeur. Le je veux de Joffre devient ainsi le en vue de Maunoury.
    En vue de déborder la 1ère armée allemande.
    Je veux etc…

    Par ailleurs on constatera que Joffre n’applique pas son effet majeur directement contre le centre de gravité adverse. Le centre de gravité allemand se constitue alors de l’artillerie lourde. Cette dernière est principalement concentrée au sein de la 2ème armée, qui est d’ailleurs celle disposant du plus grand effectif et des meilleures troupes.
    Non Joffre préfère appliquer son effet majeur sur la 1ère armée allemande, principalement constituée de Landwehr ou de réserviste, et qui est dépourvu d’artillerie lourde. Il s’attaque en fait à la force de couverture allemande.
    (Pour info : j’ai lu que le centre de gravité opératif de Joffre était pas une unité de combat, mais plutôt la rocade qui lui a permis de redéployer ses troupes de l’Alsace à l’Est de Paris.)

    L’effet majeur de Joffre a bien été placé lors d’une phase critique : les allemands sont loin de leur base logistique et ils sont divisés entre l’armée française et les restes des forces belges.
    Joffre est donc sur la défensive, il n’a pas l’initiative, mais il a enfin l’occasion de la reprendre, ce qui nécessite de préalablement « casser le plan » allemand via le façonnage et son effet majeur.
    En revanche du point de vue de la 6ème armée, le général Maunoury a déjà l’initiative. Ou plus exactement ni lui, ni la 1ère armée de von Kugle ne l’a, car les allemands sont en position défensives dans ce secteur. Maunoury n’a pas de besoin de RE-prendre l’initiative, il lui suffit juste de la saisir.
    Cependant compte tenu des difficultés du général Maunoury face à 1ère armée allemande, c’est finalement le corps expéditionnaire britannique et la 5ème armée française qui
    permettront à Joffre de prendre l’initiative en s’engouffrant dans la brèche entre la 1ère et la 2ème armée allemande.

    Bon vu que j’ai fait un long post, je résume les éléments que j’ai voulu souligner :
    – Pourquoi les militaires français considèrent que l’utilisation des deux méthodes est « incompatibles » au niveau tactique.
    – L’importance de bien distinguer les objectifs, les missions et les ennemis de chaque niveau de commandement, ce qui a des conséquences sur la détermination des effets majeurs de chacun.
    – De rappeler que l’attaquant a déjà l’initiative, que le défenseur doit casser le plan adverse pour la reprendre. Et que quand les ennemis ne sont pas encore en contact, les deux ont encore la possibilité de s’en saisir (cas de Maunoury contre von Kluge).
    – Et de rappeler le caractère dynamique de l’effet majeur, qui comme le montre très bien l’exemple ci-dessus, dépend de l’objectif fixé par le supérieur et de la manœuvre adverse

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Après re-lecture de ce dossier j’ai pensé à un exemple d’effet majeur camouflé par une attaque sur u centre de gravité. Si c’est ainsi que la manoeuvre a été conçue, alors les critiques contre le général qui a attaqué le centre de gravité sont ijustifiées. Hors il s’agit de généraux anglo-saxons.

    C’est à propos de la bataille de Normandie: après l’insuccès du débarquement américain, qui n’a pas pu établir des bases solides pour progresser, Montgomeyr, dont els troupes anglo-canadiennes se situent en face des unités allemandes les plus importantes, et de la ville de Caen dont la prise (de la ville et des proches environs, vallée de l’Orne…) permettrait de déboucher assez vite sur la France “plate” propice à une avance rapide.
    Mais comme les Américains ne peuvent avancer en même temps, il décide de fixer par des attaques les divisions de panzers allemandes, pour que les Américains progressent lentement dans le bocage, puis débouchent par Avranches.

    On aurait donc une idée d’effet majeur sur le plan tactique:
    L’ennemi a l’initiative des attaques: il peut essayer de me repousser à la mer, quand les attaques de Montgomery n’auront pas d’effet seules, car elles ne seront pas suivies d’une exploitation. Mais Montgomery a les moyens de bloquer avec certitude toutes les attaques allemandes, donc il peut préparer une autre manoeuvre.
    En vue de: déboucher en rase campagne
    Il veut: encercler les troupes allemandes massées en Normandie
    Pour cela:
    – façonnage: fixer les troupes allemandes à l’Est avec les forces anglo-canadiennes, et faire avancer les Américains dans le bocage, par un combat lent en raison du terrain, jusqu’à Saint-Lô.
    – Phase critique: elle est double et étalée dans le temps: résister aux attaques allemandes à l’Est (en lançant ses propres attaques qui usent les divisions blindées), réduire les capacités de manœuvre allemandes par l’action de l’aviation sur la logistique, et faire percer les Américains (opération Cobra).
    – Exploitation: Les Américains débouchent en Bretagne et vers Alençon, puis remontent vers Falaise et encerclent les Allemands, tout en continuant de “s’étaler” sur le territoire français pour ensuite progresser en front large jusqu’au Rhin.

    Du coup, Montgomery semble lancer les forces anglo-canadiennes contre le centre de gravité allemand, mais c’est pour mieux les repousser sur leur flanc faible avec les forces américaines, et finalement encercler tout ce qui reste.

    Je ne sais pas si Montgomery a conçu son plan selon la doctrine de l’effet majeur, mais cela en a les caractéristiques malgré tout, me semble-t’il.

    Qu’en pensez-vous?

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Intéressant.

    Tu as essayé de réinterprété la bataille de Normandie en utilisant la méthode de réflexion française de l’effet majeur. C’est en effet un outil utile d’analyse mais j’aurais plusieurs remarques à faire.
    Tout d’abord le maréchal Montgomery étant anglais, il ne connaissait pas cette méthode.
    Ensuite il faut voir que le déroulement réel de la bataille de Normandie a été totalement différent de ce qui avait été prévu avant le débarquement. Donc le fait d’avoir fixé l’élite des troupes allemandes autour de Caen (centre de gravité), puis d’avoir percé le front dans le Cotentin afin d’encercler l’ensemble des forces allemandes en Normandie a été totalement improvisé. C’est une saisie d’opportunités, pas un plan savamment pensé depuis longtemps.

    « L’ennemi a l’initiative des attaques: il peut essayer de me repousser à la mer ».
    Les allemands ont bien eu parfois l’initiative mais uniquement de manière ponctuelle et locale (tactique). En revanche si on se place au niveau de l’ensemble du théâtre d’opérations normand on ne peut pas dire que les allemands aient eu l’initiative.

    « résister aux attaques allemandes à l’Est (en lançant ses propres attaques qui usent les divisions blindées), réduire les capacités de manœuvre allemandes par l’action de l’aviation sur la logistique, »
    J’aurais envie de dire que ce passage mérite plus sa place dans la phase de façonnage (préparation) que dans celle d’effet majeur qui se limite, selon moi, à percer le front dans le Cotentin. L’effet majeur n’est donc pas orienté directement sur le centre de gravité ennemi.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Tout d’abord le maréchal Montgomery étant anglais, il ne connaissait pas cette méthode.
    Ensuite il faut voir que le déroulement réel de la bataille de Normandie a été totalement différent de ce qui avait été prévu avant le débarquement

    J’ai bien conscience de ces limites, mais il reste que les principes régissant la méthode de l’effet majeur est intuitive pour un militaire. Il peut se trouver une situation, comme dans ce cas, où un militaire combine ces principes sans faire référence à la méthode de l’effet majeur.
    Car même si Montgomery adapte le plan de progression post Jour J selon les circonstances, il pense ce plan de fixation dès Juillet, alors que ce plan se termine en Aout.

    A propos de l’initiative, le fait est que les Allemands sot obligés d’attaquer: attendre les affaiblit (bombardements et résistances) et renforce les Alliés. A l’inverse les Britanniques doivent tenir le front des plages, mais n’ont pas d’intérêt à percer seuls alors que les Américains ne sont pas prêts.
    Les Allemands attaquent donc pour percer jusqu’à la mer, tandis que les Britanniques mènent des attaques à but de fixation. Les Allemands ont donc l’initiative.
    Dans les faits, les Allemands ont percé le plan britannique: ils n’attaquent donc pas dans le secteur de Caen, mais cherchent à déplacer vers le Nord-Ouest (le front américain) leurs divisions. Dans le même temps la supériorité matérielle des Britanniques les poussent à attaquer pour engager toutes les renforts qui arrivent aux Allemands: exemple typique: l’opération Epsom force les 9e et 10e panzer-divisions SS qui viennent d’arriver en Normandie à s’engager sur l’Orne (les pertes subies dans la bataille les neutraliseront sur le long terme).

    « résister aux attaques allemandes à l’Est (en lançant ses propres attaques qui usent les divisions blindées), réduire les capacités de manœuvre allemandes par l’action de l’aviation sur la logistique, »
    J’aurais envie de dire que ce passage mérite plus sa place dans la phase de façonnage (préparation) que dans celle d’effet majeur qui se limite, selon moi, à percer le front dans le Cotentin. L’effet majeur n’est donc pas orienté directement sur le centre de gravité ennemi.

    Je comprends pourquoi tu dis çà, et te rejoins.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Pour l’initiative il y a une différence entre vouloir et pouvoir.
    Bien sûr les allemands voulaient lancer une grande contre-attaque pour renvoyer les alliés à la mer, mais ils ne le pouvaient pas. Au moment du débarquement ils n’avaient pas assez de forces pour cela, au fur et à mesure des semaines ils ont reçus des renforts au compte-gouttes qu’ils étaient bien obligés d’engager immédiatement pour compenser leurs pertes.
    Dès le 6 juin les alliés prennent l’initiative (logique c’est les attaquants), et les allemands, bien qu’ils parviendront à les ralentir, n’arriveront jamais à complètement les stopper. C’est les alliés qui imposent leurs coups et c’est les allemands qui réagissent.
    Sur l’ensemble du front normand, les américains ET les britanniques ont donc bien l’initiative et seront toujours à l’offensive, là où les allemands resteront sur la défensive. Bien que comme je l’ais dis dans mon post précédent, ces derniers prendront parfois l’initiative ; mais uniquement de manière locale (tactique) et ponctuelle (exemples ; contre-attaque de la 21ème Pz le 7 juin, celle de la Pz Lehr le 9 juillet et ou encore celle de Mortain).

    Autre point compte tenu de la compétition entre chefs alliés, je ne suis pas totalement convaincu que Montgomery est vraiment conçu un plan de fixation où ses forces (britanniques) n’auraient joué que le second rôle…
    J’aurais plus tendance à croire que ses attaques autour de Caen avaient vraiment pour but de percer le front et de battre les allemands. Mais devant les échecs répétés et du fait que les forces d’élites allemandes se retrouvaient ainsi fixées, on s’est penché par conséquent sur l’opportunité d’une percée dans le Cotentin plus ou moins imposée par les américains….
    Mais bon ce n’est pas le débat ici.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    A propos du plan de Montgomery: en fait, les Américains exigent la percée des Britanniques au départ, car eux-mêmes piétinent dans le Cotentin. les opération s anglaises ont donc un but non fixé, mais c’est le succès ou l’échec qui doit permettre de conclure: percée ou fixation? Ce sera fixation, car les Allemands résistent. L’effort décisif est donc décalé du secteur britannique (plan pré-Jour J et un peu après) au secteur américain qui s’élargit peu à peu (plan de Juillet).

    A propos de l’initiative, je voulais en fait illustrer la phase de fixation qui permet de faire perdre l’initiative à l’adversaire: les Allemands ont théoriquement l’initiative, mais pratiquement ils reçoivent les coups des attaques britanniques qui les empêchent de monter une offensive.
    Cela rejoint ce que tu disais:
    « résister aux attaques allemandes à l’Est (en lançant ses propres attaques qui usent les divisions blindées), réduire les capacités de manœuvre allemandes par l’action de l’aviation sur la logistique, »
    J’aurais envie de dire que ce passage mérite plus sa place dans la phase de façonnage (préparation) que dans celle d’effet majeur qui se limite, selon moi, à percer le front dans le Cotentin.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012
    mongotmery wrote:

    les Allemands ont théoriquement l’initiative, mais pratiquement ils reçoivent les coups des attaques britanniques qui les empêchent de monter une offensive.

    Il n’y a pas de différence théorique et pratique. L’initiative tu l’as, ou tu ne l’as pas (au pire elle est en balance avant l’engagement ou lors d’une phase critique).
    L’initiative c’est avoir la maitrise du coup suivant. Et quand on se place au niveau de l’ensemble du théâtre d’opération normand ; c’est bien les alliés qui ont l’initiative car c’est toujours eux qui décideront où et quand on va se battre.
    Les allemands eux ne font que réagir, en contre attaquant mais pour reprendre l’initiative que sur un plan local et ponctuel.

    Quand tu es défenseur, la méthode de l’effet majeur vise en effet à reprendre l’initiative.
    Mais quand tu es attaquant l’effet majeur te permet de profiter de l’initiative que tu possèdes déjà pour accroitre ta liberté d’action (et aussi réduire celle de l’ennemi). Et c’est ce que font les britanniques au niveau de Caen, ils profitent de l’initiative et les allemands tentent en vain de leur reprendre mais échoue faute de réserves.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    Je m’obligeais à voir dans l’effet majeur une prise d’initiative à l’adversaire qui la possède initialement, d’où le fait de parler d’initiative théorique des Allemands, qui n’ont pas le temps de la mettre en oeuvre que les Britanniques la reprennent déjà en attaquant autour de Caen.

    Mais avec ton deuxième paragraphe sur l’effet majeur en partant avec l’initiative, je comprends mieux, et effectivement ce que tu dis est plus proche de la réalité.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    A propos de la bataille de la Marne en 1914, il est intéressant de voir que l’effet majeur à l’échelle de Joffre a été tenté deux fois: l’attaque de la 6e Armée, puis de la 5e et du BEF: la recherche de l’effet majeur a pu être tentée deux fois, alors qu’une attaque sur le centre de gravité allemand dès le début aurait nécessité tous les moyens, et n’aurait pu être tenté deux fois vu les pertes que pouvait infliger l’artillerie allemande.

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