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Ce sujet a 3 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  kakig63, il y a 6 ans et 1 mois.

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    La traduction avance petit a petit ^^

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    TRAITE DES CINQ ROUES

    I/ Avant-propos

    “J’ai voulu exprimer, pour la première fois, en un livre la Voie de ma tactique nommée Ecole de Niten dont j’ai poursuivi l’élaboration durant de nombreuses années. C’est ainsi qu’au début d’octobre de la vingtième année de l’ère Kan-ei (1643) je me suis rendu au mont Iwato situé dans la province Higo en Kyushu. J’ai salué le Ciel, me suis prosterné devant Avalokitesvara (Kannon) et me suis assis face aux Bouddhas.
    Je suis un samouraï né dans la province Harima, et mon nom est Shimmen Musasgi-no-kami, Fujira-no-genshin. Je suis âgé de soixante ans. J’ai prêté attention aux Voies de la tactique dès ma jeunesse et j’eus mon premier duel à l’âge de treize ans. Pour ce premier duel, mon adversaire était Arima Kihê, bon sabreur de l’école Shintô que j’ai vaincu. A l’âge de seize ans, je vainquis Akiyama, fort au sabre et originaire de la province de Tajima. A l’âge de vingt et un ans, je me suis rendu à Kyoto et y ai rencontré les meilleurs sabreurs du Japon. Je les ai rencontré plusieurs fois en duel sans jamais être vaincu par aucun d’entre eux. Puis j’ai pérégriné à travers les provinces où j’ai rencontré plusieurs sabreurs de diverses écoles et bien que j’ai été jusqu’à avoir une soixantaine de duels avec eux, je n’ai jamais été vaincu par aucun. Tout cela se passa alors que j’avais de treize à vingt neuf ans environ.
    Mais passé le cap des trente ans, je me mis à réfléchir sur ma vie et pensais: ” Mes victoires ne provenaient pas de la supériorité de ma tactique, mais plutôt de qualités innées chez moi grâce auxquelles je ne me suis pas écarté des meilleurs principes. Peut-être bien aussi que mes adversaires manquaient de tactique. “. Ainsi je décidais d’approfondir encore plus la Voie et continuais de me forger matin et soir et enfin, parvenu à la cinquantaine, l’unification avec la Voie de la tactique s’est faite d’elle-même en moi.
    Depuis ce moment-là je n’ai plus aucune Voie à rechercher et le temps a passé. J’ai appliqué les principes (avantages) de la tactique à tous les domaines des arts. En conséquence, dans aucun domaine je n’ai de maître. Bien que j’écrive ce livre aujourd’hui, je ne fais aucun emprunt au bouddhisme ni aucun au confucianisme. Je ne me suis inspiré d’aucun récit militaire ancien ni d’aucun ouvrage ancien de tactique. J’ai voulu exprimer la raison d’être et l’esprit réel de notre école en y faisant refléter la Voie du ciel et Avalokitesvara (Kannon). J’ai saisi mon pinceau à quatre heures et demie du matin, à l’aube du dix octobre, et je commençai d’écrire.

    II/ Terre

    En général, la tactique est la loi des samouraïs et ce sont surtout les officiers qui la pratiquent, mais les simples soldats eux-mêmes doivent la connaître. Dans le monde d’aujourd’hui aucun samouraï n’a compris d’une façon certaine la Voie de la tactique.
    Tout d’abord, pour donner un sens clair de la Voie, je dirai: dans le bouddhisme la Voie vient en aide aux hommes; dans le confucianisme la Voie corrige les Lettres; dans la médecine la Voie guérit les maladies; certains poètes enseignent la Voie de la poésie; les artistes, les tireurs à l’arc ou les gens appartenant à n’importe quel autre domaine des arts, exercent chacun leur art comme ils l’entendent et l’aiment selon leur idée tandis que pour la tactique, rares sont ceux qui l’aiment.
    En premier lieu, les samouraïs sont familiers avec deux voies: les Lettres et les arts militaires. C’est en cela que consiste leur Voie et même s’ils ne sont pas dignes d’Elle, les samouraïs doivent porter tous leurs efforts sur la tactique militaire selon leur grade.
    Lorsque je réfléchis à ce que doit être un samouraï, je suis convaincu qu’il doit être intime avec l’idée de la mort, mais la Voie de la mort n’est pas le seul fait des samouraïs. Les bonzes eux-mêmes, les femmes, les paysans, même les gens appartenant aux plus basses classes de la société doivent savoir décider de leur mort face à leur devoir ou à la honte. En ce sens il n’y a aucune différence entre les samouraïs et eux. Mais les samouraïs, quant à eux, poursuivent en plus la Voie de la tactique. Ils se doivent d’être supérieurs en tout à leurs adversaires. Ou bien ils gagnent dans un combat singulier, ou bien ils sortent vainqueurs d’une bataille. Ils recherchent les honneurs et un haut rang social pour leur seigneur et pour eux-mêmes. Tout ce qu’ils obtiennent est dû aux vertus de la tactique.
    D’autres pensent qu’étudier la Voie de la tactique ne peut servir à rien au moment où l’on en a besoin. S’il en est ainsi, il faut alors s’exercer à la tactique de telle façon qu’elle soit utile à n’importe quel moment et il faut l’enseigner de telle manière qu’elle soit applicable à tous les domaines. C’est en cela que consiste la vraie Voie de la tactique.

    Sur la Voie de la tactique

    En Chine et au Japon ceux qui pratiquaient cette Voie étaient traditionnellement appelés experts en la tactique. Quant aux samouraïs ils ne peuvent se passer de l’étudier. De nos jours, des gens vivent en se prétendant tacticiens, mais cela se borne en fait qu’à l’escrime. Des prêtres shintoïstes appartenant aux sanctuaires Kashima et Katori situés dans la province Hitachi (nord-est de Tokyo) ont fondé des écoles d’escrime transmettant l’enseignement des divinités. Ils vont de provinces en provinces pour répandre ces écoles. Le mot de tacticien utilisé aujourd’hui a ce sens. Depuis les temps les plus reculés il est dénombré dix disciplines et sept arts parmi lesquels la tactique figure sous le nom de moyens d’avoir l’avantage. Ainsi la tactique peut-être considérée comme une forme d’art. Mais comme elle fut désignée sous l’appellation « moyens d’avoir l’avantage », la tactique ne peut être bornée seulement à l’escrime. Si on la borne seulement à l’escrime on ne peut même connaître l’escrime, et naturellement, on est inapte à la saisir sur un plan militaire plus large.
    Lorsque je regarde autour de moi, je constate que tout le monde fait commerce de l’art, que les hommes eux-mêmes sont considérés comme des marchandises, que l’on ne fabrique des objets que dans le but de les vendre. Prenons par exemple une fleur et un fruit. On donne souvent moins d’importance au fruit qu’à la fleur, surtout dans notre Voie de la tactique où on est sujet à se laisser aller au décorum, aux fioritures et à faire montre de technique. Telle ou telle salle d’exercice est créée pour enseigner cette sorte de tactique et ainsi tout le monde s’y exerce en vue d’un bénéfice quelconque. D’après un dicton, “une tactique non mûrie est l’origine de grandes blessures”. C’est vrai.
    En général, il y a quatre états de vie: samouraïs, paysans, artisans et commerçants.
    1°) Paysans: ils possèdent divers outils et instruments agricoles. Ils observent sans cesse la succession des quatre saisons. C’est ainsi que s’écoule leur vie. C’est la façon de vivre des paysans.
    2°) Commerçants: les brasseurs de sake utilisent les outils et instruments adaptés à leur profession, et à cause de cela ils passent leur vie à obtenir de plus ou moins grands bénéfices. Dans tous les domaines du commerce, les commerçants font des bénéfices qui vont selon leurs activités et ils passent leur vie grâce à ces bénéfices. C’est la façon de vivre des commerçants.
    3°) Samouraïs: quant aux samouraïs ils inventent toutes sortes d’armes. Ils doivent connaître les caractéristiques de chaque espèce d’arme. C’est la façon de vivre des samouraïs. Si un samouraï n’était pas familier avec les armes et qu’il ignore les caractéristiques de chaque arme, cela ne serait-il pas insensé ?
    4°) Artisans: prenons pour exemple les charpentiers qui fabriquent avec habileté toutes sortes d’outils et instruments qu’ils étudient bien, ils corrigent leurs erreurs au moyen de mesures. Ils travaillent sans prendre de loisir et ainsi passent leur vie.
    La vie de ces samouraïs, paysans, artisans et commerçants représentent quatre façons différentes de vivre.
    Maintenant, je vais comparer la tactique à la spécialité du charpentier. L’idée m’est venue d’un parallèle avec la spécialité du charpentier en pensant au mot école; on dit école de nobles, école de samouraïs, les quatre écoles de cérémonie du thé ou d’ikebana. Ou bien on dit qu’une école est tombée et qu’un autre lui a succédé. Ou bien on dit que tel ou tel cours, telle ou telle leçon, telle ou telle école … tout cela m’a amené à penser au charpentier. En japonais, charpentier est synonyme de grande habileté. Notre tactique, elle aussi, doit être synonyme de grande habileté et c’est pourquoi je fais la comparaison avec le charpentier. Si vous voulez étudier la tactique réfléchissez bien à ce que vous allez lire dans ce livre. Que le Maître devienne l’aiguille et le disciple le fil, que tous les deux s’exercent sans cesse.

    Comparaison de la tactique à l’habileté du charpentier

    Un général est en quelque sorte un maître charpentier. Les généraux ont le sens des dimensions du monde, ils corrigent les mesures d’une province et connaissent les membres d’un clan. C’est la Voie d’un général (Maître). Le maître charpentier connaît parfaitement la construction d’un pavillon, d’une tour, d’un temple. Il est capable de dresser les plans d’un palais, d’un château et il édifie des bâtiments en se faisant aider par des ouvriers. Ainsi maître charpentier et maître samouraï sont semblables.
    Pour édifier un bâtiment le maître charpentier utilise différentes qualités de bois. Il utilise des bois rectilignes sans noeuds, du meilleur aspect pour la partie réservée à la réception, mais utilise un bois rectiligne plus massif, même ayant quelques noeuds pour les parties privées. Il utilise du bois sans noeuds et de belle apparence, bien que plus faible, pour le seuil, les liteaux, les portes et portes coulissantes. Il utilise du bois à noeuds et tordu, mais robuste aux endroits devant subir une contrainte. S’il les choisit ainsi soigneusement alors le bâtiment ne se dégradera pas d’ici longtemps. Aussi il peut utiliser les bois noueux, tordus et peu solides à la confection des échafaudages et plus tard du chauffage.
    Lorsqu’un maître charpentier engage des ouvriers charpentiers il doit s’enquérir de leurs capacités: supérieures, moyennes, ou inférieures. Il les utilisera soit pour aménager le tokonoma (sorte d’alcôve vénérée, réservée à l’arrangement de floral ou à l’exposition d’un sabre ou d’un objet précieux), ou bien à la construction du seuil, des linteaux et plafonds, etc. Ainsi chaque ouvrier charpentier trouvera sa place. Les moins bons seront planchéieurs et les pires, raboteurs, fabriqueront des coins ou des clavettes. Ainsi, si le maître charpentier sait adapter la capacité de chacun, alors le rendement sera bon et le résultat excellent.
    Rendement, beau travail, ne pas prendre les choses à la légère, ne pas perdre de vue l’idée générale, savoir distinguer le degré supérieur, moyen ou inférieur de l’énergie de chacun, donner l’élan et savoir où commence l’impossible sont la règle d’or que chaque maître charpentier doit avoir en tête. Il en va de même pour le principe de la tactique.

    Voie de la tactique

    Les soldats sont comme les charpentiers. Le charpentier polit ses outils, il fabrique toutes sortes d’instruments qu’il range dans un coffre propre à tous les charpentiers. Il reçoit les ordres de son maître, taillade les poutres à placer verticalement ou horizontalement, façonne les alcôves et étagères, grave et sculpte, prend soigneusement toutes les mesures, prête grande attention à son travail même dans le moindre détail: c’est la règle des charpentiers. Si un charpentier apprend bien son métier, de ses bras et de ses mains, et s’il sait bien reporter les mesures, il deviendra plus tard un maître charpentier
    Le métier de charpentier exige que l’on possède des outils bien appropriés et il est très important de les entretenir dès qu’on a un moment. Seul le charpentier est capable de fabriquer en bois, à l’aide de ses outils: tabernacles, rayonnages, tables, lampes, planches à découper, ou couvercles. Il en va de même pour les soldats. Lecteurs, réfléchissez bien à tout cela.
    Les charpentiers ne doivent jamais perdre de vue: précision dans l’exécution, concordance de toutes les parties de l’ouvrage, utilisation parfaite d’un rabot, refus du tape à l’oeil, prévision des dégradations possibles. C’est là le point le plus important pour eux.
    Si les lecteurs veulent étudier bien cette Voie de la tactique il faut qu’ils aient bien en tête tout ce que j’écris dans ce livre et y bien réfléchir.

    Les cinq chapitres de ce livre sur la tactique

    J’ai divisé cet ouvrage en cinq chapitres: Terre, Eau, Vent et Vide dans le but d’exposer séparément les caractéristiques propres à chaque sujet.
    Tout d’abord le chapitre Terre. J’y expose la Voie générale de la tactique et la raison d’être de mon école. Si l’on se borne uniquement à l’escrime on ne peut atteindre la vraie Voie. Il faut connaître tout, de l’ensemble jusqu’aux détails, et évoluer du moins profond au plus profond. Comme l’on trace un chemin bien droit sur la terre, j’ai intitulé ce premier chapitre: “Terre”.
    Deuxième chapitre Eau. L’eau est une très bonne image pour faire comprendre notre principe. Il faut rendre notre esprit semblable à l’eau. L’eau prend la forme des récipients qui la contiennent, qu’ils soient carrés ou ronds. L’eau peut se réduire à une goutte ou atteindre la taille d’un océan. L’eau qui se trouve au fond des gouffres profonds a une couleur d’un vert pur. J’ai tenté de décrire dans ce chapitre l’essence de notre école avec un esprit dont la pureté se rapprocherait de celle de cette eau. Si l’on peut vaincre librement un ennemi parce que l’on possède bien tous les principes de l’escrime, alors on peut vaincre n’importe qui. Les principes qui permettent de vaincre un seul homme sont applicables pour venir à bout de mille ou dix milles ennemis. La tactique du général applique les règles des petites unités aux grandes unités comme le charpentier exécute une grande statue de Bouddha en partant d’un petit modèle. Je ne m’égarerai pas trop dans les détails de ce sujet. Le principe de la tactique consiste à tout connaître, de l’unité au dix millième. C’est ainsi que j’ai décrit l’essence de notre école dans ce chapitre intitulé “Eau”.
    Troisième chapitre Feu. Ce chapitre traite de combats. Le feu peut-être grand ou petit. Il est extravagant. Comparativement au feu je décris ici plusieurs combats. Quant aux méthodes de combat, celles qui sont utilisées dans les combats singuliers peuvent être appliquées à des
    milliers de combattants. Il faut bien considérer la situation tantôt dans son ensemble, tantôt dans son détail. L’ensemble est facile à voir, mais les détails sont imperceptibles car les actions d’une masse ne peuvent être modifiées rapidement, donc elles sont faciles à découvrir tandis que les actions d’une seule personne sont modifiables par une décision unique donc c’est un détail difficile à saisir. Il ne faut pas perdre de vue tout cela. Dans ce chapitre intitulé “Feu”, il est question d’action immédiate et il faut s’y exercer chaque jour et s’y accoutumer quotidiennement. Dans les cas d’urgence il faut se montrer prêt, l’esprit immuable. J’ai décrit tout cela dans ce chapitre “Feu” afin d’apporter des chances aux combattants.
    Quatrième chapitre Vent. J’ai intitulé ce chapitre “Vent” parce qu’il est question non seulement de notre école mais aussi de tactiques d’autres écoles. Si j’utilise ici le mot “Vent” [en japonais, vent = aspect, allure, caractéristique] c’est parce que l’on a coutume de dire “le vent ancien” [aspect ancien, du passé], “le vent de notre temps” [les choses dans le vent], “le vent de telle ou telle famille” [l’air de famille], etc. … Donc j’ai écris très clairement ici les autres tactiques et la manière propre aux autres écoles et c’est pour cela que j’ai choisi le titre: “Vent”. Sans bien connaître les autres, nous ne pouvons bien nous connaître nous-mêmes. Chez les pratiquants de n’importe quelle Voie se trouvent toujours des hérétiques. Même si quelqu’un pratique chaque jour assidûment dans une Voie, s’il est tant soit peu dans l’erreur tout en étant persuadé d’être sur le bon chemin, malgré tous ses efforts, sa Voie ne sera pas la Voie véritable pour quelqu’un de plus perspicace. Si l’on ne se trouve pas sur le bon chemin, la petite erreur du début conduira plus tard à une grande erreur. Il faut bien y réfléchir. Dans les autres écoles la tactique ne s’applique seulement qu’à l’escrime. En un sens elles ont raison, mais chez nous l’escrime n’est qu’une forme de la tactique. J’expose dans ce chapitre les caractéristiques d’autres écoles, afin de faire connaître d’autres tactiques répandues dans le monde.
    Cinquième chapitre Vide. J’ai intitulé ce chapitre “Vide”, mais le vide, où commence-t-il, où finit-il ? Lorsque l’on possède complètement une théorie alors il faut s’en détacher. La Voie de la tactique est une voie libre. Tout naturellement on parvient au prodige. Tout naturellement on acquiert un rythme selon l’instant. Tout naturellement on frappe et tout naturellement on fait face. Tout cela est la voie du “Vide”. Tout naturellement il faut entrer dans la Voie véritable. C’est tout cela que j’ai décrit dans ce chapitre : “Vide”.

    Ecole des deux sabres (dénomination de notre école)

    A propos des deux sabres, tous les samouraïs, qu’ils soient officiers ou soldats, portent à la ceinture deux sabres. Autrefois on les appelait “le grand sabre” et “le sabre”. Aujourd’hui, on les appelle “sabre” et “wakizashi” [en français: petit sabre; mais la traduction littérale est : porté sur le côté]. Je n’ai pas besoin d’expliquer ici en détail que tous les samouraïs portent ces deux sortes de sabre. Dans notre pays les samouraïs ont coutume de les porter tous deux à la ceinture, en sachant ou non pourquoi. J’ai appelé mon école “école des deux sabres” justement dans le but de faire connaître l’avantage que présente le port de ces deux sabres.
    D’un type différent des lances et hallebardes, par leur maniabilité en toute circonstances les sabres peuvent être conservés à tout moment à portée de la main.
    Dans notre école, dès l’entrée on exerce la Voie en ayant constamment les deux sabres en main. C’est là la caractéristique de notre école. Lorsque nous rencontrons la mort en cours de
    combat il vaut mieux que ce soit en utilisant toutes les armes dont nous disposons. Il est contraire à notre principe de mourir avec une arme inutilisée à notre côté.
    Mais lorsque nous avons quelque chose dans chaque main, il est difficile de les manoeuvrer aisément ensemble sur la droite et sur la gauche. Le but de notre école consiste à manoeuvrer d’une seule main le grand sabre.
    Si cela est hors de question pour les lances, hallebardes et armes de grandes dimensions, par contre le sabre et le petit sabre sont maniables chacun d’une seule main. Il est difficile de manier un sabre à deux mains lorsque l’on se trouve à cheval. Cela est difficile lorsque l’on est en train de courir. Cela est difficile dans les marécages, rizières pleines de boue et sur un chemin caillouteux, sur un terrain en forte pente ou au milieu d’une mêlée. Si l’on a en main gauche un arc, une lance ou n’importe quelle autre arme on est alors contraint de manier le sabre d’une seule main. Or, tenir un sabre des deux mains n’est pas la vraie Voie. Si vous ne pouvez parvenir à pourfendre un adversaire d’une seule main, alors pourfendez-les en deux. Cela n’est pas une perte de temps. Il faut d’abord s’accoutumer à manipuler un sabre d’une seule main. Ainsi dans notre école on apprend à manier les sabres en en ayant un dans chaque main.
    Pour n’importe qui, prendre pour la première fois un sabre en main semble pesant et de maniement difficile. Toute chose abordée pour la première fois est difficile, par exemple tendre un arc, manier une hallebarde. Au fur et à mesure que l’on se familiarise avec une arme on la manie plus facilement. Par exemple dans le cas d’un arc, n peut alors le tendre fortement. Il en va de même pour un sabre, au fur et à mesure que l’on s’accoutume à le manier on acquiert de l’aisance dans son maniement à force d’habitude.
    Un maniement rapide n’est pas l’essentiel de la Voie de sabre. Je traiterai de ce sujet dans le chapitre “Eau”. Manier le grand sabre lorsque l’on dispose de beaucoup de place et le petit sabre dans un endroit étroit: c’est là le premier point de la voie du sabre.
    Dans notre école il faut vaincre, que l’on ait une arme longue ou une arme courte. La longueur d’un sabre ne nous importe donc pas. Volonté de vaincre par n’importe quelle arme: c’est la Voie de notre école.
    Nous préférons utiliser deux sabres plutôt qu’un seul lorsqu’un homme seul se trouve face à plusieurs adversaires ou bien lorsque nous désirons capturer vivant un adversaire.
    Je n’exposerai pas tout cela en détail maintenant. Il faut que les lecteurs connaissent à l’aide d’un cas dix mille exemples. Si l’on parvient à la Voie de la tactique, on ne manque pas de les connaître tous sans exception. Il faut bien avoir tout cela en tête [ N.D.T.: on raconte que Musashi enfant était allé s’amuser dans un sanctuaire shintoïste. Il vit un homme battre du tambour. Il fut frappé qu’un seul son sorte bien que l’homme battît avec deux baguettes. Il y vit un rapport avec le maniement des sabres, qui se fait également des deux mains].

    Connaître l’avantage de la tactique.

    Dans cette Voie, celui qui manie bien le sabre est appelé “tacticien”. Dans la Voie des arts martiaux, celui qui tire bien à l’arc est simplement appelé “tireur”, celui qui tire bien au fusil est appelé “bon tireur”. Lorsque l’on manoeuvre bien une lance on est appelé “lancier”,
    lorsque l’on se sert bien d’une hallebarde on est appelé “hallebardier”. Alors il aurait fallu appeler celui qui connaît la Voie du sabre un “sabreur” ou “petit sabreur”. L’arc, le fusil, la lance et la hallebarde sont toutes des armes de samouraï et ceux qui les manient appartiennent à la Voie de la tactique. Cependant, une raison particulière fait que le sabres est le seul qui appartienne à la Voie de la tactique: l’ordre est maintenu dans le monde et l’on se garde soi-même grâce à la vertu du sabre qui est ainsi l’origine de la tactique. Si l’on atteint à la vertu du sabre on peut, seul, vaincre dix personnes. Si l’on vainc, seul, dix personnes alors cent personnes vaincront mille personnes, mille personnes dix milles personnes. C’est pourquoi dans la tactique de notre école une personne ou dix milles personnes sont considérées comme une seule et même chose et nous appelons l’ensemble des règles des samouraïs: tactique.
    Quant aux Voies, il y a celles des confucianistes, bouddhistes, artistes, professeurs de maintien et danseurs. Chez les samouraïs les Voies ne sont pas séparées les unes les autres. Même si l’on n’appartient pas à une Voie déterminée, si on approfondit et élargit sa propre Voie, alors on peut rencontrer cette autre Voie. Dans tous les cas il est important que les hommes se polissent bien, chacun dans sa propre Voie.


    Connaître les qualités de chaque arme

    Passons maintenant à la question de l’efficacité des diverses armes. On peut avoir à se servir de n’importe quelle arme selon les circonstances de la vie.
    Le petit sabre est adapté aux endroits étroits ou bien lorsque le corps de l’adversaire est proche. Le sabre convient en toute circonstance. La hallebarde est moins adaptée que la lance aux champs de bataille. La lance peut y prendre l’initiative mais la hallebarde y est souvent dominée. Ainsi dans le cas de deux adversaires de même force le lancier dominera légèrement le hallebardier. Mais le lancier et le hallebardier sont peu efficaces dans les endroits étroits. Ils n’ont pas non plus grande efficacité dans les batailles au corps à corps. Lances et hallebardes ne peuvent servir que sur les champs de batailles, où elles ont leur importance.
    Cependant, pour n’importe quelle arme, si l’on se contente seulement d’en éprouver l’efficacité dans une salle d’exercice, en se perdant dans des détails faisant oublier la vraie pratique, alors celle-ci deviendra inutile dans un combat. L’arc, quant à lui, est bien adapté aux stratagèmes des combats. Auprès d’un corps d’armée de lanciers et autres, l’on peut tirer rapidement et par là l’arc est très commode sur les champs de bataille alors qu’il n’est pas adapté à l’assaut de places fortes ou bien lorsqu’un adversaire se trouve à plus de quarante mètres.
    De nos jours l’archerie et tous les arts militaires sont plein de fioritures mais il n’y a presque rien derrière. Les arts militaires de cette sorte ne peuvent servir dans les moments d’urgence.
    Rien n’est mieux qu’un fusil pour se battre de puis une forteresse. Même sur un champ de bataille l’importance du fusil vient avant celle de la mêlée. Mais une fois la mêlée commencée le fusil ne suffit plus.
    Une des qualités du tir à l’arc est la possibilité de suivre le trajet de la flèche ce qui permet au tireur de corriger son tir alors qu’une balle de fusil est invisible. C’est là un défaut du fusil. Réfléchissez-y bien.
    Quant au cheval, l’essentiel est qu’il soit fort et endurant et ne présente aucune singularité. En somme il faut que tout soit solide: cheval bon trotteur, sabre et petit sabre tranchants, lance et hallebarde transperçantes, flèches et fusil robustes. Tout doit être indestructible.
    Il ne faut s’attacher avec outrance ni à des armes ni à des outils. Excès, insuffisance sont pareils. Inutile d’imiter les autres. Possédez les armes et les outils qui sont à votre portée. Que l’on soit officier ou simple soldat il n’est pas bien d’aimer certaines choses et d’en haïr d’autres. Méditez bien sur ce sujet.


    A propos du rythme de la tactique

    En toute chose il y a rythme. Dans le cas particulier du rythme de la tactique on ne peut l’atteindre sans s’exercer.
    Si l’on regarde autour de soi, on constate que l’existence du rythme est claire dans la danse, la musique et les instruments de musique. Lorsque le rythme domine, l’exécution est bonne.
    Dans le domaine des arts militaires, tels que tir à l’arc, tir au fusil, jusqu’à l’équitation, tout obéit au rythme et à la cadence. Dans tous les arts et techniques on ne peut aller contre le rythme.
    Dans les affaires abstraites également, c’est le rythme qui domine. Prenons comme exemple la vie d’un samouraï. Elle peut se diviser en rythme des degrés de son ascension, rythme de sa situation décadente, rythme du moment où tout marche bien pour lui, ou rythme du moment où tout est contrariant pour lui. Il en va de même pour celle d’un commerçant: rythme qui lui apporte la richesse ou bien rythme qui la lui fait perdre. Ainsi dans chaque domaine il y a des rythmes différents. Il faut savoir discerner le rythme ascensionnel et le rythme décadent de toute choses. Réfléchissez-y bien.
    Plusieurs sortes de rythmes se remarquent dans la tactique. Il faut d’abord connaître le rythme concordant, puis comprendre quel est le rythme discordant. Il faut savoir discerner le rythme qui sied bien, le rythme à saisir selon l’occasion et le rythme contrariant, tous les rythmes qu’ils soient larges ou étroits, lents ou rapides, sont caractéristiques de la tactique. Tout particulièrement, si l’on ne saisit pas le rythme contrariant, la tactique ne sera pas sur des bases solides.
    Dans les combats de la tactique il faut connaître les rythmes de chaque adversaire et il faut se mettre au rythme inattendu de l’ennemi. Alors on peut vaincre ses adversaires en se mettant sur un rythme “vide” en partant d’un rythme né de l’intelligence.
    Dans ce livre, il est question principalement du rythme dans chaque chapitre. Il faut bien s’imprégner de ce que je vais écrire afin de bien se forger.
    – Exercez-vous matin et soir dans la Voie de la tactique de notre école exposée plus haut. Ainsi vos idées deviendront plus larges d’elles-mêmes et ma tactique se répandra en tant que tactique adaptée à des masses d’individus et à un seul. Je m’exprime pour la première fois sur du papier et cela constituera cinq chapitres: Terre, Eau, Feu, Vent et Vide.
    Ceux qui veulent connaître ma tactique doivent obéir aux principes suivants selon lesquels ils peuvent pratiquer la Voie:
    1) éviter toutes pensées perverses
    2) se forger dans la Voie en pratiquant soi-même, et non par le jeu des idées
    3) embrasser tous les arts, et non se borner à un seul
    4) connaître la Voie de chaque métier, et non se borner à celui que l’on exerce soi-même
    5) savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose
    6) en toutes choses s’habituer au jugement intuitif
    7) connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas
    8) prêter attention aux moindres détails
    9) ne rien faire d’inutile
    Avoir bien en tête tous ces principes généraux et ainsi s’exercer dans la Voie de la tactique. Ce qui est important, c’est que dans cette Voie on ne peut devenir expert en la tactique sans avoir une vue directe et vaste. Si nous possédons bien cette tactique, même seul face à vingt ou trente adversaires, ceux-ci ne pourront venir à bout de nous. Il faut d’abord avoir toujours présente à l’esprit cette tactique et s’exercer franchement sans relâche. Alors nous vaincrons de nos propres mains et notre vue sera supérieure à celle des autres. Et si votre corps entier se libère à force d’exercices alors vous serez supérieurs aux autres par votre propre corps. Et si votre esprit s’habitue totalement à cette Voie, vous pourrez vaincre grâce à votre propre esprit. Si vous parvenez à ce point, comment pourriez-vous être battus ?
    De même, dans le domaine de la tactique appliquée à des masses d’individus vous vaincrez afin de vous attacher des hommes bons, vous vaincrez afin d’utiliser de nombreux hommes, vous vaincrez afin que votre conduite demeure juste, vous vaincrez afin de gouverner le pays, vous vaincrez afin de nourrir le peuple et vous vaincrez afin de maintenir l’ordre dans le monde. Ainsi, dans tous les domaines vous connaîtrez le moyen de ne pas être battu par les autres. Et enfin vous vous aiderez vous-même et garderez votre honneur: c’est là la Voie de la tactique.
    Le 12 mai de la seconde année de Shôho,
    Shimmen Musashi,
    à Monsieur Terao Magonojô

    III/ Eau

    L’esprit de la tactique de notre école “Niten” se base sur la philosophie de l’eau d’où l’on tire les moyens les plus efficaces. C’est pourquoi j’appellerai ce chapitre : “Eau”, car j’y exprime le maniement du sabre selon notre école. Il est difficile d’exprimer en détail cette Voie comme je le voudrais. Bien que les mots soient insuffisants l’essentiel ressortira de lui-même. Sur tout ce que j’écris dans ce livre, il faut s’arrêter à chaque mot, chaque lettre, afin de bien réfléchir. Si les lecteurs survolent alors ils s’éloigneront de la Voie.
    Même si la théorie de la tactique que j’expose s’applique à deux adversaires, il est très important de la considérer également dans son sens le plus large, c’est-à-dire en tant que théorie pouvant s’appliquer à dix milles individus faces à dix milles autres.
    Toutes les erreurs de jugement et tous les égarements sur cette Voie, si minimes soient-ils, font irrémédiablement tomber sur un mauvais chemin.
    La simple lecture de ce livre ne saurait faire parvenir à la Voie de la tactique et il faut éviter d’en considérer le contenu comme un simple recueil de mots. Au contraire, il faut essayer d’adapter tout ce qui est dit à notre propre corps. Découvrez de vous-même ces théories en évitant l’imitation et le plagiat. Sans cesse réfléchissez selon votre corps.

    Position de l’esprit au milieu de cette tactique

    Dans la Voie de la tactique l’esprit doit avoir la même position que dans la vie quotidienne. Dans la vie courante ou au moment d’appliquer la tactique rien ne doit changer. Conservez un esprit vaste, droit, sans trop de tension ni aucun relâchement, évitez qu’il soit unilatéral, maintenez-le au juste milieu, faites-le agir tranquillement de façon que cette agitation ne s’arrête même un seul instant: réfléchissez bien à tout cela.
    Même si le corps est en position tranquille l’esprit, lui, ne doit pas demeurer tranquille. Même si le corps agit très rapidement, l’esprit, quant à lui, ne doit pas du tout agir rapidement. L’esprit ne suit pas le corps et le corps ne suit pas l’esprit. Prêtez attention à l’esprit mais ne prêtez pas attention au corps. N’ayez pas l’esprit étroit mais ne débordez pas d’esprit. Même si la surface de l’esprit est faible, le fond de l’esprit doit être fort. Rendez votre esprit indécelable par les autres. Tous ceux qui possèdent un corps petit doivent avoir en esprit tout ce qui se passe dans un corps grand; tous ceux qui possèdent un corps grand doivent avoir en esprit tout ce qui se passe dans un corps petit. Qu’il s’agisse d’un corps grand ou d’un corps petit on doit posséder un esprit droit et il est important de conserver un esprit dégagé de tout sentiment de faiblesse vis-à-vis de soi-même.
    Il faut maintenir sans tache et large notre esprit, en même temps que maintenir vaste notre sagesse. Il est essentiel de polir assidûment la sagesse et l’esprit. Pourvu que l’on polisse la sagesse, que l’on sache discerner les avantages et inconvénients du monde, que l’on connaisse le bon et le mauvais côté des choses, que l’on pénètre tous les arts ou toutes les Voies, que l’on ne puisse plus être trompé par aucun, alors notre esprit est apte à aborder la sagesse de la tactique. Quant à la sagesse de la tactique (duel ou bataille), elle est très différente des autres.Même au plus fort de la mêlée d’une bataille, il faut rechercher les vérités de la tactique et bien réfléchir afin d’atteindre l’esprit immobile.

    Position du corps au milieu de la tactique

    La tête ne doit être ni inclinée en avant ni rejetée en arrière ni penchée sur le côté. Les yeux ne doivent pas errer de ci de là. Ne pas plisser le front mais froncer les sourcils. Eviter les mouvements de pupilles et les battements de paupières. Cligner un peu des yeux. Garder un visage décontracté, le nez non tiré. Redresser un peu le menton. Pour la nuque, elle doit être droite et il fait y concentrer sa force qui doit également être répartie des épaules à la totalité du corps. Epaules dégagées, maintenir toujours droite la colonne vertébrale. Le bas des reins ne doit pas être proéminent, mettre de la force dans les genoux et la pointe des orteils, tendre le ventre afin de ne pas avoir les reins courbés. “Fixer la clavette”, c’est-à-dire bien appuyer le ventre sur la gaine du petit sabre afin de ne pas donner de lest à votre ceinture.
    En bref, dans l’attitude que l’on doit avoir dans la tactique, l’essentiel est que le comportement quotidien devienne comportement de la tactique et que le comportement de la tactique devienne comportement quotidien. Réfléchissez-y bien.

    Au sujet de la position des yeux dans la tactique

    La position doit permettre de voir largement et vastement. Entre voir et regarder, voir est plus important que regarder. L’essentiel dans la tactique est de voir ce qui est éloigné comme si c’était proche et de voir ce qui est proche comme si c’était éloigné. L’important dans la tactique est de connaître le sabre de l’adversaire, mais de ne pas regarder du tout ce sabre adverse. Méditez bien là-dessus. Cette position des yeux convient aussi bien dans la tactique du simple duel que dans une bataille.
    Le premier point est de savoir regarder de côté sans bouger les pupilles. Toutes ces positions ne peuvent être acquises d’un seul coup dans les moments d’urgences. Donc ayez bien en tête tout ce que j’ai écrit jusqu’ici, gardez bien cette position des yeux dans la vie quotidienne et en toutes occasions ne modifiez pas la position de vos yeux. Réfléchissez bien à tout cela.


    Façon de tenir un sabre

    Pour tenir un sabre en main, il faut que: pouce et index soient consciemment souples, le majeur ne doit être ni crispé ni relâché, l’annulaire et l’auriculaire doivent être consciemment serrés. Il n’est pas bon que l’intérieur des mains soit lâche.
    Tenez votre sabre en pensant toujours qu’il doit couper votre adversaire. Au moment où vous êtes en train de pourfendre votre adversaire ne modifiez jamais l’intérieur de vos mains et maintenez votre sabre de telle façon qu’elles ne soient pas figées. Même si vous cinglez le sabre de votre adversaire ou bien l’interceptez sur le vôtre ou bien l’emprisonnez à l’aide du vôtre, ne modifiez que votre pouce et votre index selon votre volonté. Avant tout, ne manipulez le sabre qu’avec la ferme intention de pourfendre votre adversaire .
    Qu’il s’agisse d’un exercice sur un condamné à la peine capitale ou d’un combat réel la position de vos mains est la même pour pourfendre un homme.
    En bref, pour un sabre ou une main, le plus mauvais est de demeurer figé. La position figée correspond à une main morte. Ne jamais demeurer figé correspond à une main vivante. Il faut bien comprendre tout cela.


    Les mouvements des pieds

    Position des pieds: les pointes doivent être légèrement libres alors que les talons sont fortement appuyés au sol. Mouvement des pieds: bien qu’il y ait de grands pas ou de petits pas, des pas lents ou rapides, selon les cas, il faut toujours être comme en marche normale. Les trois plus mauvais mouvements sont: jambes toujours en l’air, jambes molles et pieds fixes.
    Dans cette Voie, les jambes “Yin” et “Yang” signifie ne pas actionner un seul des deux pieds. Que ce soit au moment de pourfendre, au moment de se reculer, même au moment d’intercepter, les deux jambes doivent être actives: droite-gauche, droite-gauche, c’est-à-dire “Yin” et “Yang”. J’insiste encore une fois sur le fait qu’il ne faut jamais actionner qu’une seule jambe. Réfléchissez-y bien.

    A propos des cinq façons de se mettre en garde

    Il y a cinq façons de se mettre en garde: sabre au-dessus de la tête, sabre dirigé en face de soi, pointe du sabre dirigé vers le bas, sabre dirigé vers la droite, sabre dirigé vers le côté gauche. Bien que l’on ait divisé la façon de se mettre en garde en ces cinq parties toutes ont un même but: pourfendre l’adversaire. Il n’y a aucune autre façon de se mettre en garde que ces cinq là.
    Que vous soyez dans n’importe laquelle de ces cinq positions ne pensez jamais que cela est pour vous mettre en garde, mais que c’est uniquement pour pourfendre.
    Il y a deux sortes de mises en garde: grande et petite. Choisissez la plus avantageuse selon les circonstances. Les trois premières des cinq positions citées ci-dessus: au-dessus de la tête, en face de soi et vers le bas sont des mises en garde substantielles. Les deux dernières, de chaque côté sont des jeux. Ces deux dernières mises en garde, à droite et à gauche, sont adaptées au cas où il n’y a aucun espace au-dessus de notre tête ou bien lorsque nous ne disposons d’aucun espace sur l’un des deux côtés. Il n’y a qu’à s’adapter aux circonstances: mises en garde à droite ou à gauche.
    L’essentiel de cette Voie réside dans la mise en garde, sabre dirigé en face de soi. Cette mise en garde, sabre dirigé en face de soi, est le fonds de toute mise en garde. Si vous étendez ce principe à la tactique de masse (bataille) alors cette mise en garde sabre dirigé en face de soi correspondra à la position d’un général en chef. A la suite de ce “général en chef” il y a les quatre autres mises en garde. Réfléchissez-y bien.


    A propos de la Voie du sabre

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 29 juillet 2012

    J’avais lu le traité des cinq roues une fois (pas jusqu’à la fin par contre). Ce que je trouve intéressant c’est que Myamoto considère que mené une bataille et un duel, c’est la même chose, bien que sur des plan différent évidemment.

  • Participant
    Posts35
    Member since: 29 juillet 2012

    un homme profond^^

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