Post has published by massassi1

Ce sujet a 3 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  kymiou, il y a 5 mois et 1 semaine.

4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)
  • Participant
    Posts69
    Member since: 8 avril 2017

    En -211, pendant la Seconde Guerre punique, les Carthaginois commandés par Hannibal établirent leur camp sur les bords de l’Aniene, à quelques kilomètres de Rome. Hannibal marcha alors depuis l’Aniene jusqu’à la porte Colline à la limite nord de la ville. Il inspecta cette porte avec deux mille cavaliers et mena une reconnaissance d’une section le long des murs de la ville. Le général romain Flaccus envoya rapidement un grand corps de cavalerie romaine – probablement depuis une autre porte telle que l’Esquiline, qu’aucun Carthaginois ne menaçait. L’escarmouche entre la petite force d’Hannibal et les Romains fut surtout une confrontation, et les deux ennemis retournèrent bientôt sur leurs positions à l’intérieur de la ville ou sur l’Aniene. Hannibal pilla ensuite la campagne environnante et conduisit de nombreux troupeaux d’animaux dans son camp. Cependant, conscient qu’il ne pouvait s’emparer de Rome, Hannibal fit demi-tour avec ses troupes quelques jours plus tard.

  • Modérateur
    Posts1921
    Member since: 20 juillet 2013

    Ce n’était qu’une diversion désespérée pour desserrer le siège de Capoue mené par les Romains. Ces derniers comptaient faire chèrement payer leur trahison au plus important allié d’Hannibal. Celui-ci devait absolument tenter quelque chose. Il y allait de sa crédibilité. Mais il n’avait déjà plus les moyens et on le lui fit comprendre : le terrain sur lequel il avait fait planter sa tente fut vendu la même semaine à un prix tout à fait normal malgré sa présence.

    Et bien entendu, les Romains s’arrangèrent pour que cette transaction soit connue dans toute l’Italie !

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Pas mal l’anecdote Kymiou, tu l’as lue où?

  • Modérateur
    Posts1921
    Member since: 20 juillet 2013

    UlysseSLee :

    Pas mal l’anecdote, tu l’as lue où?

    Tite-Live, livre XXVI.

    Voilà, en gros, ce qui s’est passé. Les « délices de Capoue » offerts aux Carthaginois après Cannes étaient restées en travers de la gorge des Romains qui tenaient, par-dessus tout, à reprendre la ville. Ils consacraient à son siège l’essentiel de leurs forces. Conscient du défi, Hannibal rôdait aux environs en espérant un occasion pour frapper. N’en trouvant pas, il lance cette diversion sur Rome. Sur son chemin, il chasse devant lui les populations rurales qui se réfugient, très paniquées, dans l’Urbs.

    Les Romains comprennent très bien la situation et détachent à tout hasard quelques troupes – mais pas trop – pour renforcer la garnison. Il y a bien sûr des escarmouches devant les murailles mais on sait, dans les deux camps, qu’il n’en sortira rien de décisif.
    Nul n’a oublié qu’en -216, une petite armée romaine faite de bric et de broc avait failli tailler en pièces les vainqueurs de Cannes dans une configuration similaire devant la ville de Nola. J’ai déjà raconté çà ici.

    Présenté ainsi, Hannibal semble s’être fourré de lui-même dans un impasse. Que pouvait-il espérer ?
    Eh bien, son arrivée avait rempli Rome d’une quantité de réfugiés que les autorités avaient grand mal à canaliser. Pour le Carthaginois, cette foule instable pourrait très bien provoquer des mouvements de panique dont il pourrait profiter pour enlever Rome en tout ou en partie. Et cela a failli réussir…

    A un certain moment en effet, le commandement romain s’avise qu’il dispose de quelques dizaines de Numides transfuges. Ces derniers pourrait sans doute semer le désordre chez leurs anciens compagnons d’arme. Dans ce but, on les dirige vers une porte pour lancer une sortie. Mais les paysans, voyant les terribles cavaliers africains passer devant eux, se méprennent et s’égaillent en clamant que les Carthaginois avaient franchi les murs. On imagine l’effet dans les rues encombrées… C’est sans doute ce genre de circonstance, imprévisible, qu’attendait Hannibal.

    J’aime bien ce milieu de deuxième guerre punique, entre -212 et -207. Tous les chefs sont bons, expérimentés et capables de tirer sur tous les ressorts, fussent-ils psychologiques. Les Romains avaient eux aussi pensé aux désordres populaires et encadrèrent les foules avec tous les retraités à poigne (ex-consuls, ex-préteurs, ex-généraux, ex-centurions, etc…) qu’ils avaient sous la main. Ensuite, il y eut l’épisode du champ vendu sous les pieds d’Hannibal, histoire de mettre les rieurs du côté latin.

    On rapporta aussi à Hannibal qu’en dépit de sa présence, Rome était en train d’embarquer, pas loin, des renforts pour les légions d’Espagne. Info ou intox ? En tout cas, les Carthaginois le crurent et cela n’arrangea pas leur moral. Tant et si bien qu’ils sonnèrent la retraite vers le sud de l’Italie.

    C’était fichu pour la prise de Rome, fichu aussi pour Capoue qui entama, dès le lendemain, des pourparlers de reddition avec ses assiégeants.

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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