Post has published by mongotmery

Ce sujet a 11 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  kymiou, il y a 1 an et 4 mois.

  • Modérateur
    Posts8403
    Member since: 14 mai 2013

    On parle souvent de la dépression causée par le physique: le manque de vitamines ou d’un autre composant… ou le manque de lumière.
    Mais on parle aussi parfois d’une rencontre sportive se jouant au “mental”.

    Quelles sont les influences combinées du physique sur le psychique/mental et inversement?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts277
    Member since: 14 mai 2013

    Sur le plan physiologique, les carences de nombreux aliments (vitamine, minéraux, graisses poly-insaturé (voir juste saturé), certains acides aminés) créent des baisses des taux d’hormone dans le corps et dès que ça baisse à un endroit, le corps compense d’un autre souvent avec des hormones “défense” (type cortisol) pour protéger le corps. Cependant les carences des hormones essentiels font effectivement baisser le “mental”, en effet, une baisse de testostérone, de dopamine, de sérotonine, amène à un état dépressif, (la dépression en elle même étant un état beaucoup plus grave et avancé et pas forcément lié au physique).

    A l’inverse il a été démontré qu’un manque de mental, pour X ou Y raisons, comme une manque de motivation ou un état dépressif, font aussi monter le taux de cortisol, qui baisse à son tour le taux de testostérone et de sérotonine, alors mêmes qu’il n’y a aucune carence physiologique

    Ainsi les deux sont fortement liés, et je dirai même interdépendants.

    Pour ce qui est de la rencontre sportive se jouant au mental, j’ai une longue expérience personnelle dans le sport à haut niveau: Je dirai qu’étant donné que dans un match, les deux adversaires ou les deux équipes seront toutes les deux à 100% de leur capacité physique (entraînés, alimentés, préparés), le seul facteur sur lequel les compétiteurs peuvent jouer est leur mental, qui leur permettra d’utiliser au mieux les compétences pour prendre l’avantage dans le match. Cependant d’autres facteurs rentreront souvent en jeu : météo, fatigue, blessure, chance.

  • Modérateur
    Posts8403
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant, il y a donc un phénomène d’adaptation du corps à la variation du taux d’hormones, qui peut entrainer des baisses de certaines d’entre elles alors même qu’elles n’étaient pas impactées au départ?

    Tu donnes l’exemple de la testotérone et de la sérotonine, quelles sont les conséquences d’une carence de ces hormones?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts2176
    Member since: 14 mai 2013

    Pour la carence en testostérone, demande aux culturistes pros après une cure ! Les mecs deviennent des légumes. Ils n’ont plus envie de rien faire, ils deviennent dépressifs, ils n’ont plus d’envies sexuelles, ils ne bandent plus. Ils doivent aussi perdre en force et la synthèse des protéines devient plus compliquée.

  • Participant
    Posts138
    Member since: 14 mai 2013

    On peu aussi noter les effets placebo ou nocebo qui montre l’influence directe du mental sur le corps.

  • Participant
    Posts1036
    Member since: 14 mai 2013

    Elle est sympa cette section, je n’avais pas encore eu le temps de la regarder.

    Un sujet où on parle du mental, chouette !

    Mais je pense que d’abord, il faudrait pouvoir donner une définition de ce qu’est le mental. Parce que j’ai beau être psychologue ( c’est bien la première fois que je peux me la péter avec mon titre sur le forum, j’en profite), le mental je ne sais pas ce que c’est (j’ai l’impression d’entendre un de mes vieux prof de psycho cognitive là).
    Je sais ce qu’est la personnalité, la mémoire, l’intelligence (à peu près), la perception, l’apprentissage. Je sais éventuellement ce que sont le conscient, l’inconscient et le subconscient. Je peux même dire ce qu’est le normal et ce qu’est le pathologique (dédicace à Canguilhem). Mais le mental, c’est une notion que je ne connais pas, donc si vous pouviez la définir pour poser une base au débat.

    Et c’est bien ce qui fait mettre des guillemets à mental en début de sujet, c’est parce que le “mental” c’est un peu un truc fourre tout et de grosse simplification, mais même si ça vous fait gagner koh-lanta, le “mental” ça n’existe pas vraiment.

    Pour donner un exemple des effets d’un processus psychique comme le stress sur le corps. L’exposition au stress, produit
    une augmentation du tonus musculaire, la production de cytokines pro inflammatoires, de catécholamines qui diminuent les capacités de réparation des lésions des tissus musculaires, et des corticoïdes qui favorise les œdèmes. Une exposition ponctuelle crée rarement des dommages irréversibles. Une exposition prolongée dans le cadre de votre travail couplée à des un travail avec une composante physique peut causer l’apparition de troubles musculo squelettiques, qui peuvent dégénérer en invalidités permanentes.

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 14 mai 2013

    J’ai l’impression qu’ici le mental c’est la capacité à ne pas flancher, à se surpasser. A être déterminé et à le rester, de ne pas paniquer, de rester maître de soi. Bref ça a l’air un peu fourre tout.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 14 mai 2013

    Cette question du mental me rappelle quelques pages lues dans « Le singe nu » de Desmond Morris. Il y expose qu’en cas de crise, le corps humain est écartelé entre deux de ses systèmes neuronaux autonomes, le sympathique qui le pousse à agir et le parasympathique, qui lui suggère de reculer. Cela va avec de fortes modifications physiologiques sur les battements cardiaques, la dilatation des poumons, l’afflux de sang dans certains organes, etc…

    Le premier, c’est donc « branle-bas de combat ! », l’autre serait plutôt « sauf qui peut ! ». Ce phénomène où deux systèmes donnent à l’organisme des instructions contradictoires se rencontre en tout moment de stress, compétition sportive d’importance, amorce d’un examen ou mauvaise affaire pouvant se terminer en bagarre.

    Dans ce dernier cas, si vous êtes confronté à un individu « rouge de colère », sachez qu’il n’y a pas de danger immédiat. Le personnage n’a pas (encore) dominé son conflit interne. Il n’est prêt à rien et s’il rougit, c’est que son parasympathique pompe son sang vers sa peau (au détriment de ses biceps) pour donner un air impressionnant. On voit çà partout dans la nature.

    En revanche, si votre adversaire est pâle, il y a vraiment péril. Son système sympathique a gagné la partie et place immédiatement l’organisme en état de passer à l’action. Le sang, bourré de glucose par le foie et d’adrénaline par les glandes ad hoc, a déserté l’épiderme pour inonder ses muscles, le cœur s’accélère, les artères s’ouvrent, les bronches se dilatent, tous les systèmes non indispensables – comme la digestion – sont bloqués. Bref, le type est prêt.

    Si vous n’êtes pas ceinture noire de quelque chose, il est temps de vous trouver une tangente… :unsure:

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Modérateur
    Posts8403
    Member since: 14 mai 2013

    Comme j’ai utilisé ce mot, créé ce sujet, je vais dire ce que j’entends pas “mental”:
    C’est effectivement un fourre-tout pou ce qui est de sa définition. Par contre, je l’ai utilisé volontairement pour que tout le monde comprenne à quels phénomènes je fais référence (et çà a marché “gagner le sport/Koh Lanta au mental”).

    Intéressant ce phénomène que tu évoques @kymiou. Mais quand tu compares çà aux réactions des animaux (le chien qui aboit ne mordra pas), est-ce vraiment la même chose? Dans ce que évoques, cela semble plus être deux réactions contradictoires, une voulue consciemment, l’autre non, et dans le cas des animaux, l’animal tout entier adopte consciemment cette stratégie à la veille d’un combat non vital. Non?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 14 mai 2013

    @mongotmery :

    (…) cela semble plus être deux réactions contradictoires, une voulue consciemment, l’autre non,(…).

    Pas du tout. Il n’y a rien de conscient là-dedans. Ces systèmes nerveux sont autonomes et échappent en partie ou totalement à notre volonté. La respiration, par exemple, est partielle. Nous pouvons l’accélérer ou la ralentir sciemment mais si on ne s’en occupe pas, elle se poursuit automatiquement – et cela vaut mieux ! En revanche, essaye donc d’agir sur tes intestins, ta production de globules rouges ou le débit de ta vésicule biliaire ! C’est totalement impossible. C’est la chasse gardée de tes systèmes autonomes.

    Ces derniers se tiennent au courant de tes émotions et règlent la machine d’après ce qu’ils en comprennent. Dans les cas vraiment sérieux, ils sont capables de te transformer un bref moment en robot hyper-réactif. Cela m’est arrivé une fois. Une seule.

    Je me promenais au parc, près d’une pièce d’eau. Soudain, une petite fille, à cinq mètres devant moi, y est tombée. Je n’ai absolument aucun souvenir d’avoir sauté dans l’étang… mais je m’y suis retrouvé ! Rien d’héroïque dans cette histoire : la flotte m’arrivait à la taille. Après avoir remis la gamine à sa maman, je suis rentré me sécher. J’habitais à cinq minutes.

    Aussitôt rentré, je me suis offert six heures de migraine carabinée et puis cela a passé. J’ai mis ça sur le compte du choc thermique, bien qu’on fût en été.

    Par la suite, j’en ai parlé à mon médecin et l’anecdote ne l’a pas étonné. Vu l’urgence, mon système sympathique avait pris le contrôle et m’avait propulsé dans l’eau sans me laisser le temps de réfléchir. C’était du pur réflexe : la protection des jeunes est une constante naturelle à toutes les espèces développées. Un stégosaure aurait agit de même. En même temps, comme ce sacré sympathique n’avait aucune idée de la profondeur de l’eau (un mètre vingt à tout casser, je le rappelle) et qu’il me savait mauvais nageur, il a placé ses curseurs au niveau « danger de mort » et m’a injecté toute l’adrénaline qu’il avait en boutique, de quoi tenir au moins dix longueurs. 😛

    Et comme l’effort musculaire avait été infime, je me suis littéralement intoxiqué moi-même. C’est l’élimination de cette adrénaline inutilisée qui provoqua ma migraine, la plus belle de ma vie.

    C’est cette petite expérience qui m’a fait garder en mémoire les explications plus fournies du Singe Nu, que j’ai lues plus tard.

    Ceci dit, le moral ne se réduit pas à de simples phénomènes physiologiques. Il existe bien d’autres facteurs au niveau conscient, sinon, ce serait trop simple. 😉

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts1036
    Member since: 14 mai 2013

    Kymiou a décrit les le fonctionnement des systèmes nerveux sympathique et parasympathique. Ce sont des structures nerveuses du système nerveux autonome, qui sont communes à tous les vertébrés. Dans ce domaine, les réactions sont communes à toutes les espèces, du poisson à l’humain. Il est possible de mobiliser consciemment des ressources pour favoriser l’un ou l’autre des systèmes, ça passe majoritairement par l’apprentissage. C’est la base des thérapies comportementales et cognitives d’extinction des phobies par exemple. Vous apprenez à mobiliser des ressources pour activer votre systèmes parasympathique. Ou de l’autre côté, la “préparation mentale” pour mobiliser les ressources du système sympathique au moment où elles sont utiles.

    L’anecdote de Kymiou est aussi intéressante sur plusieurs aspects:
    – sur l’aspect social, le fait d’aller chercher un enfant est important, pour un adulte il n’aurait pas sauté. Par contre, en matière d’évolution, pas sûr que le stégosaure en fasse autant… c’est un reptile, avec un cerveau de la taille d’une noix. De manière générale, le soin aux enfants n’est pas ce qui caractérise le mieux les reptiles, ils sont plutôt du genre à abandonner les œufs, et à en pondre beaucoup pour assurer la survie de l’espèce. Le soin aux enfants est plutôt la caractéristique d’êtres vivants avec un rapport poids/taille du cerveau plus favorable.
    -autre point sur l’aspect social, il ne devait y avoir personne ou presque à proximité, sinon, il y a peu de chance que quelqu’un se décide à plonger. La dilution de responsabilité fait que plus il y a de monde qui assistent à un incident, moins une personne est susceptible de venir en aide à la victime.
    – pour plonger, Kymiou a du résoudre un dilemme interne entre le danger qu’il percevait pour l’enfant, l’inconnu que représente l’eau de l’étang, et la connaissance qu’il a de sa propre capacité à assurer un sauvetage dans l’eau. L’urgence l’a emporté sur les autres dimensions. Le stress a assuré les ressources pour faire face à l’inconnu, et comme ne résultat de cette délibération interne n’est peut-être pas logique à première vue pour la conscience de Kymiou, la mémoire n’a pas retenu la partie de la délibération qui précède, pour conserver une cohérence cognitive.

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 14 mai 2013

    Puis-je me rhabiller, docteur ? 😆

    Je suis naturellement d’accord avec cette docte analyse et ma référence au stégosaure était un peu aventurée. J’aurais dû choisir mon exemple chez les reptiles mammaliens, comme le cynodonte, ou encore le tyrannosaure, qui n’en est pas mais dont on soupçonne les mâles d’avoir été de vrais papas-poules.

    De quoi était capable le sympathique pour doper son bonhomme a été spectaculairement illustré aux jeux olympiques de Mexico en 1968, lors du saut en longueur. Le record à battre était de 8,35 mètres. On pouvait espérer un nouveau record, de l’ordre de quelques centimètres supplémentaires mais guère plus.

    S’élance alors l’athlète noir américain Bob Beamon, qui réalise 8,90 mètres, soit un allongement de 55 centimètres ! C’était tellement inattendu qu’il était retombé au-delà du champ des lecteurs optiques et que les officiels durent ressortir le bon vieux ruban métallique gradué.

    Les explications après-coup ne manquèrent pas. Peut-être le revêtement synthétique, ou l’air raréfié de Mexico, ou une sous-estimation du vent à la suite d’un anémomètre peut-être défaillant, etc…

    Mais à l’époque, on proposait autre chose. L’équipe américaine connaissait d’énormes tensions racistes. On était en pleine lutte pour les droits civiles. La veille, les afro-américains John Carlos et Tommie Smith, sur le podium pour recevoir la médaille du 200 mètres, marquèrent l’hymne national en baissant la tête et levant leur poing ganté de noir.

    http://assets.rollingstone.com/assets/images/list/167d492ce7ab0a7655b674a95a7ff38f57d3a931.jpg

    Au milieu de cette ambiance de plomb, Bob Beamon, qui avait lui-même souffert d’actes racistes lors d’épreuves universitaire antérieures, devait être furibond, avec un sympathique galvanisé. D’où cette performance quasi surhumaine qu’il ne répéta plus jamais par la suite.

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    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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