Post has published by Skarin

Ce sujet a 5 réponses, 5 participants et a été mis à jour par  Docteur Punk, il y a 5 ans et 4 mois.

6 sujets de 1 à 6 (sur un total de 6)
  • Participant
    Posts90
    Member since: 3 mai 2012

    Lors de libération du territoire en 1944,l’industrie Française, et en particulier celle de l’armement, est à reconstruire. Locaux détruits par des bombardements, parcs de machines-outils par l’envahisseur, manque de personnel victimes du STO et de matières premières, semblent vouloir interdire, pour longtemps, un redressement du tissu industriel national.

    http://ww2armor.jexiste.fr/Files/Allies/Photos/France/4-HeavyTanks/ARL44/ARL44_07.jpg

    Toutefois, le gouvernement provisoire de la République, présidé par le général de Gaulle, entend bien relancer l’industrie Française au plus vite, et en particulier, celle de l’armement. On veut que l’armée Française soit rééquiper rapidement de chars d’origine Française, surtout pour se doter d’un char lourd aussi puissant que le fameux Tiger, que les Alliés ne peuvent nous offrir. Compte-tenu de l’état de l’industrie, ce projet semble irréaliste, si ce n’est la volonté « gaullienne » de relever le pays.

    Le char de l’ombre

    Comme il faut faire vite, on ne peut lancer une étude complète pour un char entièrement nouveau. En 1944, la DEFA ( direction des études et fabrications d’armement) à peine reconstituée, prévoit les premières livraisons à la fin de l’année 1945. La DEFA s’appuie sur les études clandestines pour un char lourd, menées par l’équipe de l’ingénieur principal de l’armement (IPA) Lavirotte qui, en 1940, était l’officier de marque -responsable- du char B 1bis. Ce char était le char le plus puissant sur le front Ouest à cette époque.

    Après l’Armistice de Juin 1940, les Allemands interdisent l’emploi des chars a l’armée d’Armistice métropolitaine et la continuation des études alors en cours. Mais le général Weygand, ministre de la guerre du gouvernement du maréchal Pétain, est persuadé que les Allemand ne pourront pas gagner la guerre et que les Alliés, finalement, débarqueront en France. Aussi plusieurs équipes de techniciens sous couvert d’organismes civiles se mettent au travail pour préparer l’avenir, c’est-à-dire la reprise du combat. Ils vont étudier clandestinement les armements du futur char que l’on mettra en fabrication dès la libération du territoire.

    Sous couvert d’un bureau d’étude pour matériels ferroviaires, financé par le service technique des usines mécaniques de l’état (vichy), l’équipe de l’IPA Lavirotte lance l’étude d’un char de 30 tonnes dont différents éléments mécaniques proviennent des prototypes des chars B40 (40 tonnes) et B 1ter (35 tonnes) qui se trouvent en zone libre, aux Forges et Chantier de la Méditerranée (FCM) près de Marseille. Parfaitement conscient que le futur char ne pourra utilisé que des éléments mécaniques existant et l’outillage disponible pour sa fabrication, l’IPA Lavirotte part du char B 1bis, mais la caisse sera en plaques d’acier laminées et soudées comme sur le projet de char lourd des FCM en 1939, ce qui donnera à la caisse du futur char un faux air de Panther. Suite a l’expérience des combat en Mai-Juin 1940, l’armement principal sera en tourelle et constituer d’un canon de 75mm long souhaité par le chef d’escadrons Demetz, futur « père spirituel » de l’AMX 13. comme on ne peut réaliser un prototype, les différents composants mécaniques seront testés sur des engin civils comme un chasse neige, un trolleybus, un tracteur de travaux publics ou même un locotracteur.

    L’ARL 44

    Malgré l’invasion de la zone libre en Novembre 1942, les études continuent et à la Libération, les liasses de plans sont prêtes pour passer à l’exécution. Le char lourd qui utilise des technologies « anciennes » est alors est alors considéré comme un char « de transition » en attendant un nouveau char lourd qui sera l’AMX 50. L’affaire va être rondement menée car le premier char de série est présenté à Bourges en mars 1946. C’est toutefois trop tard pour participer à la guerre contre l’Allemagne. Aussi, la commande initiale de 600 chars est ramenée à 60. Le 75 mm SA modèle 1944 (version clandestine et amélioré du75 mm long modèle 1939) va être modifié avec une nouvelle tourelle armée d’un canon de 90 mm modèle 45 a très grande vitesse initiale. En fait, la tourelle était déjà à l’étude en 1940 pour armé le char de forteresse de 140 tonnes. Le canon est, lui aussi, une étude clandestine réalisée à partir du canon de 90 mm, modèle 1940 de DCA. Mais la nouvelle tourelle, qui est motorisée par le moteur de la petite Simca 5, et l’épaisseur accrue du blindage qui passe de 60 à 120 mm, portent la masse de l’engin à 50 tonnes au lieu des 30 initialement prévues. De ce fait le moteur envisagé, Talbot de 450 CV ou Panhard de 400 CV, n’a plus assez de puissance. Une mission Française en Allemagne découvre alors le moteur Maybach HL 230 de 575 CV destiné au Könich Tiger, qui convient parfaitement et qui sera installé sur les ARL 44 de série. Ce char étudié dans la clandestinité, a finalement été équipé avec un moteur de l’ex-occupant !

    La guerre terminée, l’ARL 44 ne servira qu’à relancer la fabrication des chars en France. Le manque de tôles de blindage ralentira les livraisons et on devra se résoudre à récupérer celles du croiseur Dunkerque sabordé a Toulon en Novembre 1942. En fait, les 60 exemplaires de l’ARL 44 ne seront pas livrés avant 1950pour être remis au 503e régiment de chars de combat. Le char de l’ombre n’apparaîtra qu’une seule fois en pleine lumière, le 14 Juillet 1951, lorsque 10 exemplaires descendront les Champs-Elysées.

    voila c’était les histoires des chars que je souhaitai vous faire connaitre j’espère que cela vous aura plus si vous en voulez d’autres faites le moi savoir

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    J’ignorais complétement l’histoire de ce blindé.
    Il est plutôt impressionnant je dois dire, mais était il la hauteur des attentes au niveau des performances? Et surtout n’a il pas été dépassé rapidement?

    Je remarque une belle différence comparé au Tiger : un blindage incliné, qui lui donne un avantage certain ;).
    Est ce volontaire et inspiré du T 34?

  • Participant
    Posts8
    Member since: 6 décembre 2012

    Ce char est une prouesse technique si l’on considère les conditions de sa conception. N’oublions pas que sous l’occupation ce genre d’activité était puni de mort.
    Le blindage incliné s’est imposé au cours de la seconde querre mondiale et à partir de 1943 quasiment aucun blindé n’était plus conçu autrement.
    Compte tenu des circonstances l’ARL 44 n’a pas pu être produit dans de bonnes conditions et sa production en masse ne se justifiait plus après la fin de la guerre en Europe.
    Malgré l’aspect un peu archaïque de son train de roulement c’est un engin qui avait tout de même de la gueule.

  • Participant
    Posts90
    Member since: 3 mai 2012

    alors saga je refait le tour de ce que j’ai deja ecrit sur le forum et au vu de ta question je pense que je vais en refaire un sur un projet de char français qui pourras repondre pour l’inspiration du T 34 sa pourrait en surprendre plus d’un je pense

  • Participant
    Posts2324
    Member since: 11 mai 2012

    Une très belle bete dont j’ignorais l’existence!!! Merci pour cette découverte.

    Ces performances, son blindage et son armement (75mm) semblent plus le placer dans la catégorie des blindés moyens de fin de conflit (Panther, T34-85) que dans celle des chars lourds (Tiger, IS2, IS3)

  • Participant
    Posts667
    Member since: 6 février 2013

    c’est un bien bel engin que tu nous dévoile la Skarin.

6 sujets de 1 à 6 (sur un total de 6)

You must be logged in to reply to this topic.

A password will be emailed to you.