Post has published by cuirassier

Ce sujet a 12 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  Solduros_390, il y a 1 an.

13 sujets de 1 à 13 (sur un total de 13)
  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Le carré d’infanterie, une formation invincible ?

    1798 Bataille des pyramides. Les fiers mamelouks se cassent les dents sur les carrés français perdant des milliers des leurs contre quelques dizaines d’hommes en face.
    1806 A Auerstedt l’intrépide Blücher multiplie les charges contre l’infanterie du maréchal Davout sans succès.
    1815 Waterloo Toute la cavalerie de la Grande Armée, la crème de la crème, ne parvient à aucun résultat sur les carrés de la solide infanterie britannique et des leurs alliés.

    http://aufildesmotsetdelhistoire.u.a.f.unblog.fr/files/2012/08/La-bataille-des-pyramides.jpg21 juillet 1798 : bataille des pyramides

    J’avais une fois lu qu’un carré français avait été vaincu par la cavalerie ennemie suite à la chute d’un cheval sur les rangs de soldats créant une brèche où les cavaliers s’engouffrèrent. En dehors de ce coup de chance le carré d’infanterie était-il une formation de combat invincible contre la cavalerie ? Existait-il des parades ?

    Comparaison n'est pas raison.

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 20 juillet 2013

    J’ai l’impression qu’à cette époque, compte tenu des armements respectifs, tout tenait dans une application du fameux jeu caillou-papier-ciseaux.

    Le carré d’infanterie l’emporte sur la cavalerie, qui l’emporte sur l’artillerie, qui l’emporte sur le carré d’infanterie.

    Il me semble que c’est Napoléon qui a dit que la tactique était un art simple mais tout d’exécution. Peut-être pensait-il à une formule de ce genre ?

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    Je crois que le carré d’infanterie constitue effectivement une arme anti-cavalerie imparable quand il n’est pas isolé, qu’il n’est pas en pente (autrement je pense qu’une cavalerie décidée pourrait le briser).

    La coopération interarmes est son pire ennemi: le feu l’arrosant, l’empêchant de maintenir sa cohérence (hommes tombant, s’affolant, à remplacer sur le périmètre) le rend vulnérable à une attaque de cavalerie. Encore pire bien sûr, s’il est engagé au corps à corps par de l’infanterie.

    Ce genre de formations imparables existait, par exemple la tortue romaine, ou la phalange grecque. Mais la carré d’infanterie à baïonnette est probablement encore meilleur que la phalange contre la cavalerie, puisqu’il est isotrope (se défend dans toutes les directions).

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    Je tenait a rajouter que le carré d’infanterie a été la base de la conquête coloniale en Afrique pour les Français et les Anglais (et certainement pour les Portugais, Allemand et Belge). Il est simple a mettre en oeuvre et permet dans le cas colonial de protégé la tête de l’expédition, les services de médecine, l’intendance et le ravitaillement.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    @skyros

    Effectivement, on le voit par exemple à la bataille de l’Isly:

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts145
    Member since: 15 janvier 2017

    Dépend du terrain surtout. Il serait très utile comme le démontre c’est batailles en terrain plat/ouvert ou les forces adversaires n’ont pas d’espace ou de terrain approprier pour le HiT and run et les attaques caché.

  • Participant
    Posts2177
    Member since: 16 avril 2012

    Je crois que le carré d’infanterie constitue effectivement une arme anti-cavalerie imparable quand il n’est pas isolé, qu’il n’est pas en pente (autrement je pense qu’une cavalerie décidée pourrait le briser).

    La coopération interarmes est son pire ennemi: le feu l’arrosant, l’empêchant de maintenir sa cohérence (hommes tombant, s’affolant, à remplacer sur le périmètre) le rend vulnérable à une attaque de cavalerie. Encore pire bien sûr, s’il est engagé au corps à corps par de l’infanterie.

    Ce genre de formations imparables existait, par exemple la tortue romaine, ou la phalange grecque. Mais la carré d’infanterie à baïonnette est probablement encore meilleur que la phalange contre la cavalerie, puisqu’il est isotrope (se défend dans toutes les directions).

    Et encore on peut citer la bataille de Magnésie où la phalange séleucide se plaça en carré défensif.

    Au 15ème siècle il y eut 2 batailles entre les cantons confédérés et le duché de Milan. Durant la 1ère, les Suisses n’avaient que des hallebardes comme arme d’hast. Ca ne les empêcha pas de plonger dans les pattes des chevaux, ce qui surprit complètement les Milanais. Les confédérés furent vaincus parce que les chevaliers mirent pied à terre et qu’ils utilisèrent des piques plus longues (et accessoirement parce qu’ils étaient 2’500 contre 16’000).
    Lors de la 2ème les Suisses avaient beaucoup plus de piques. Mais ironiquement c’était devenu une arme anti-infanterie principalement.

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    @dragons

    Le problème du hit and run contre de l’infanterie, c’est que c’est elle qui peut tirer. Le hit and run pourrait rapidement coûter cher à la cavalerie, surtout si l’infanterie arrive à se mettre en carré avant que la charge ne l’atteigne.

    A la rigueur, cela ou des attaques surprises pourraient arrêter une infanterie qui resterait en carré, mais pas longtemps: les autres types de troupe, ou simplement une autre unité d’infanterie pourraient progresser en parallèle du carré, par à-coups, les troupes protégeant l’infanterie lorsqu’elle se déplace entre deux formations en carré.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts145
    Member since: 15 janvier 2017

    mongotmery

    Quand je parle du Hit and Run je parle évidement du fait ou le terrain serait à l’avantage soit de l’infanterie soit de la cavalerie qui le pratique mais aussi évidement par conséquent que les deux soit armée d’arc/d’armes à feu et non d’armes au corps à corps(car oui le Hit and Run c’est pas juste les attaque de corps à corps)

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    @dragons

    Dans le cas du tir, le hit and run est alors vraiment un cas exceptionnel de surprise ou de terrain très défavorable, car dans les autres cas, une ligne d’infanterie a un feu plus dense sur une meilleure cible que celui que peuvent donne les tireurs à cheval.

    On entre donc dans un cas extrême de terrain

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts2177
    Member since: 16 avril 2012

    Pour peu que l’infanterie ait assez de tireurs pour se protéger, le hit and run ne fonctionne pas ou peu. A Arsouf, Richard avait protégé ses flancs par des arbalétriers et les Sarrasins ne purent rien faire de productif.

    Dans l’extrême inverse on a Carrhes où les romains n’avaient quasiment aucun tireur.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    On n’avait pas déjà discuté du sujet à d’autres endroits?

    En dehors de ce coup de chance le carré d’infanterie était-il une formation de combat invincible contre la cavalerie ? Existait-il des parades ?

    Il y a dans les campagnes Napoléoniennes à peu près autant de récit de charges de cavalerie repoussées par les carré que de carrés brisés par des charges.

    Friedland, 1807 les divisions Bison et Marchand sont renversées par la cavalerie russe, 5 carrés sont brisés lors de la charge. Seule la contre charge de dragons français et l’arrivée d’une division en rendort rétablira la situation.

    Montmirail, 1814, la cavalerie française rompt 4 carrés russes

    Hanau 1813, les dragons de la garde français enlèvent 3 carrés de bataillons à l’armée austro-bavaroise.

    Waterloo 1815, les lanciers français brisent 2 carrés britanniques, les cuirassiers du 8ème régiment enfoncent le carré du deuxième bataillon du 69th Foot.

    Wagram, 1809, la brigade infernale de Colbert rompt deux carrés autrichiens

    Borodino, 1812, la cavalerie de Grouchy brise un carré russe.

    Et j’en oublie.

    Les méthodes pour aborder un carré pour la cavalerie :

    – attaque en échelon : une première unité de cavalerie essuie les salves, une seconde attend le moment où les fantassins rechargent pour aborder le carré
    – attaque combinée avec l’artillerie à cheval, c’est le Hit and Run qui fonctionne le mieux
    – aborder le carré par un angle, c’est là où la densité des feux sera la moins importante
    – démonter et tirer, pour la cavalerie armée de carabines ou de fusils de dragons. A waterloo, des cuirassiers français ont démonté pour tirer dans les carrés anglais. Les cavaliers ont l’avantage d’être moins vulnérable et d’avoir une cible immanquable.
    – se faire appuyer par l’infanterie légère sous le même principe de hit and run mais moins efficace qu’avec le canon.

    De même, un carré n’est efficace face à la cavalerie qu’en répondant à certaines conditions :
    – le must c’est d’être appuyé par de l’artillerie, dans le style de la bataille des pyramide
    – une discipline stricte du feu : tirer trop tôt (et souvent trop haut), c’est faire peu de mal, et se retrouver démunie lorsque la cavalerie approche. Le carré doit tirer par volées à courtes portée, sinon, la cavalerie ne subira pas beaucoup de dégât ni de désorganisation.
    – tenir la formation : c’est la partie qui demande souvent d’en avoir une bonne paire, et c’est souvent concomitant avec la discipline du feu. Mais, voir un cavalier qui avance vers soit et rester immobile, ce n’est pas évident. Il me semble qu’à Waterloo par exemple, les fantassins britanniques en couchaient pour laisser passer les chevaux au travers des carrés (le cavalier ne pouvant rien ou presque contre un homme allongé au sol), puis reprenaient la formation une fois la charge passée. Il faut dire qu’une baïonnette contre un sabre, c’est un peu léger, et pour stopper un cheval, on a fait mieux.

    Après, on a de tout, des carrés de fantassins qui tirent trop tôt et se débandent lorsque les cavaliers ont essuyé avec peu ou pas de perte ce feu. Dans ce cas, les cavaliers peuvent faire un massacre dans la poursuite.
    Ou des carrés avec une discipline du feu terrible et qui tiennent face à 20 escadrons.
    On a aussi des carrés qui se rendent presque sans avoir tiré quand les cavaliers les encerclent avec un air menaçant.
    Et tous les intermédiaires entre ces extrêmes.
    Ça, c’est pour le contexte un peu spécifique des guerres napoléoniennes.

    Mais dans l’histoire, on a d’autre exemples de carrés (Suisses, Tercios, Lansquenets…). Ils se sont montrés redoutables contre la cavalerie lorsque celle-ci ne se faisait pas appuyée par l’artillerie ou par des tireurs. Pour contrer ça, les carrés se sont dotés de tireurs qui devaient sortir du carré pour tirer. Comme le combat de tirailleur avait tendance à annuler les effets des mousquetaires, les cavaliers se sont munis d’armes à feu pour pouvoir charger. Les techniques comme la caracole apparaissent, les cavaliers ne chargent plus, ils avancent et tirent sur les piquiers, jusqu’à ce que la brèche soit assez importante pour y entrer. Au final, le carré incorporera de plus en plus de tireur jusqu’à ce que les piquiers disparaissent.
    Début XVIIIème, la cavalerie n’a plus de chance ou presque d’enfoncer frontalement une ligne d’infanterie. La charge de flanc est systématiquement recherchée. Pour contrer ça, on revient au carré qui ne présente pas de flanc.

    Dans l’extrême inverse on a Carrhes où les romains n’avaient quasiment aucun tireur.

    On a quand même plus un échec mutuel à Carrhes, la masse des Parthes n’ose pas affronter le carré massif des romains, même avec les cataphractaires. Les fantassins romains sont encore beaucoup trop solide. C’est lorsqu’une partie du carré se détache que les Parthes vont à la curée, et s’ils défont ce détachement, le reste des légions tiendra son terrain jusqu’à la nuit.

  • Participant
    Posts2177
    Member since: 16 avril 2012

    A Carrhes la disproportion des forces fait que même des cataphractes ne peuvent pas gagner tout seuls. 1000 cuirassiers contre plus de 30’000 fantassins à la base, ils ne sont pas fous :lol:. Et les archers montés parthes étaient hyper légers donc ça aurait été un massacre de charger pour eux.

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