Post has published by guiguit

Ce sujet a 5 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  guiguit, il y a 1 an et 3 mois.

6 sujets de 1 à 6 (sur un total de 6)
  • Modérateur
    Posts2009
    Member since: 26 août 2013

    La Révolution hongroise et l’intervention russe

    1848 fut sans aucun doute l’annus horiblis de toute l’histoire de la dynastie des Habsbourg d’Autriche. En quelques mois, toute l’œuvre du Congrès de Vienne mis au point par le chancelier Metternich et défendu par lui avec acharnement faillit passer à la trappe et d’être laissé sur le tas de cendre de l’Histoire. L’Italie avait commencé sa première guerre de libération et d’unification sous l’égide de la Savoie, l’Allemagne connaissait les heures de l’Assemblée de Francfort, Venise faisait sécession, les Tchèques aussi alors que les étudiants mettaient à bas le pouvoir impérial et chassait Metternich au cœur de l’empire : Vienne…

    La Hongrie, entité assez autonome de l’Empire autrichien (malgré une tentative de centralisation de Joseph II), n’était pas aux antipodes de ce mouvement, bien au contraire. Pourtant, les Magyars avaient combattu avec loyalisme pour l’Autriche durant ses heures les plus sombres : guerre de Succession d’Autriche, guerres napoléoniennes,… la patrie de Saint Etienne fournissant ses plus féroces combattants aux Habsbourg. Cependant, les Hongrois considéraient toujours la présence autrichienne comme une occupation étrangère tandis que Vienne restait sourde à leurs demandes nationalistes. Quand on apprit que la proclamation de la IIe République française, le comte Kossuth, chef des patriotes hongrois, réclama la formation d’un gouvernement autonome (l’Empereur d’Autriche étant toujours roi de Hongrie).

    Cependant, à partir de mars 1848, Kossuth dota son pays des véritables attributs d’un Etat : ministères séparés de Vienne, parlement, couleurs nationales…. En août, une armée forte de 200 000 hommes est levée et des relations sont nouées dans le but avoué de faire reconnaître la Hongrie comme nation souveraine. Kossuth, influencé par l’aile «jacobine» du parti patriote déchut les Habsbourg du trône.

    En septembre, les Autrichiens tentèrent de reprendre pied en Hongrie. Après quelques succès notables (reprise de Buda), le commandement piétina et l’armée impériale fut repoussée sur Vienne par une contre-attaque magyare. Les Hongrois allaient-ils redevenir indépendants ?

    Que nenni ! Le Tsar Nicolas Ier, farouche ennemi de tous mouvements révolutionnaires, proposa son aide au nouvel Empereur François-Joseph. Le Russe essuya d’abord un refus mais l’échec militaire contraignit le Habsbourg à modifier sa réponse. Bientôt, c’est près de 280 000 hommes et 10 000 canons qui envahissent la Hongrie qui ne pouvait opposer que 150 000 soldats et quelques 250 canons. Pris en tenaille, ils sont battus malgré une résistance acharnée, la répression était terrible.

    Finalement, le 13 août 1848, les derniers chefs déposèrent les armes…. Aux Russes et non aux Autrichiens ! Ils voulaient ainsi signifier que les Autrichiens ne les avaient pas vaincus et humilier une dernière fois François-Joseph.

  • Participant
    Posts129
    Member since: 12 juin 2014

    Pendant un instant j’était persuadé que tu parlais de la Hongrie de la guerre froide et je me demandait ce que venais faire les Habsbourgs dans tout ça. XD

    Plus sérieusement très bon résumé. Je me demande si il y a des informations plus détaillé sur les campagnes militaires des différents belligérant durant cette révolution.

  • Admin bbPress
    Posts6297
    Member since: 5 août 2017

    Pendant un instant j’était persuadé que tu parlais de la Hongrie de la guerre froide et je me demandait ce que venais faire les Habsbourgs dans tout ça. XD

    Même avec 1848 comme premier mot? 😉

    Sinon excellente présentation guiguit ^^

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Participant
    Posts105
    Member since: 18 août 2013

    Très bon résumé sur un épisode au final pas si connu que ça…je connais mal Nicolas Ier (à part les grandes lignes) mais il m’a l’air fort intéressant comme personnage.
    Sinon juste une question , le chiffre de 10 000 canons pour les forces Russes ma un peu surpris, je trouve que c’est un peu beaucoup après c’est peut-être parce que ce chiffre regroupe tous les types de pièces…Peux tu préciser s’il te plaît ?

  • Modérateur
    Posts8311
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant, je me demande si les succès militaires des mouvements révolutionnaires n’ont pas été favorisés par le changement militaire alors en cours: l’introduction de plus de portée et de fiabilité dans les armes à feu individuelles, la fin de la cavalerie de plus en plus forte: tout cela ouvre la porte aux guérillas et pseudo-actions de ce genre, si les armées gouvenrementales tardent à changer elles aussi. Par exemple, l’armée repoussée sur Vienne l’a t’elle été de front, ou par des actions périphériques (raids, embuscades…)?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts2009
    Member since: 26 août 2013

    @ImperatorR, malheureusement, mes sources ne sont pas plus précises. Il faudrait que j’approfondisse mes recherches. Je donnerai plus de précisions quand je les aurai.^^

    Si pas, Nicolas Ier était considéré comme le «gendarme de l’Europe». Il détestait tous les mouvements révolutionnaires ; Il faut dire qu’il en fut confronté dès le début de son règne avec la tentative de putsch des décabristes, des officiers qui voulait en finir avec l’autocratie tsariste (abolition du servage, établissement d’un gouvernement représentatif voire même une république). D’ailleurs, il n’était que le frère cadet d’Alexandre Ier et sans la renonciation de son aîné Constantin, il ne serait jamais monté sur le trône. Il écrasa sauvagement les Polonais en 1831 et voulut aussi envoyer des troupes en Belgique pour ramener ce pays sous l’autorité «légitime» de la maison d’Orange. A l’intérieur, il avait fait de son empire un Etat policier avec censure et surveillance qui lui permirent de mater les révoltes paysannes. Après, Nicolas ne fut pas non plus un réactionnaire aveugle. Il tenta d’abolir le servage, injuste et obstacle au développement industriel de la Russie qu’il avait initié (chemins de fer, entreprises). C’est sous son règne que furent codifiés l’ensemble des lois russes, que des mesures furent prises pour protéger la classe paysanne….

    Pour mater les Hongrois, le Tsar avait envoyé contre eux le général Paskiévitch. Ce dernier était surnommé le «bourreau de Varsovie», surnom amplement mérité d’après moi vu le régime de terreur qu’il employa pour soumettre les Polonais. Il n’y a qu’à voir cette caricature pour comprendre ces actes de barbarie :

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7c/L%60_ordre_regne_a_Varsovie_1831.PNG/266px-L%60_ordre_regne_a_Varsovie_1831.PNG

    @Mongotmery, je te dirai a contrario, l’art de la guerre était toujours «napoléonien» à l’époque. Que ce soit au niveau du commandement (l’exemple le plus flagrant étant le maréchal Radetsky, vainqueur des Italiens mais ancien aide de camp de Schwarzenberg) ou de l’équipement et donc des doctrines, tout date de cette époque. On privilégie les combats en bataille rangée d’autant plus que les nations veulent se transformer en Etat avec une armée régulière. Cela s’avère un mauvais calcul car souvent les troupes (facilement levée grâce au patriotisme) manquent d’entraînement et de cohésion. Cette volonté de rechercher la bataille décisive, c’est ce qui explique par exemple l’échec italien.

    Le fusil à percussion date de 1866, de même que l’artillerie qui suivra cette évolution en alignant des canons de type rayé avec de nouveaux obus….

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