Post has published by mongotmery

Ce sujet a 13 réponses, 6 participants et a été mis à jour par  cuirassier, il y a 8 mois et 2 semaines.

14 sujets de 1 à 14 (sur un total de 14)
  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    La Panzer Kontroverse

    6 Juin 1944: Les Alliés débarquent sur les plages de Normandie. Les premiers pas sont aisés, les plages conquises rapidement, sauf à certains endroits. Mais alors que les troupes rejoignent les paras et que les premiers tanks arrivent, elles sont soudain prises sous un feu immense. Les avant-postes sont débordés. La masse des unités blindées allemandes vient d’arriver pour la contre-attaque.

    6 Juin 1944: Les Alliés débarquent sur les plages de Normandie. Dès les premiers pas, un feu terrible assaille les troupes. Alors que les obstacles des plages sont dépassés avec le soutien des Hobart Funnies, ces blindés spéciaux, les premiers DDs franchissent les talus… pour exploser sous des coups de 75 mm et 88 mm: les chars allemands sont là, déclenchant un feu d’enfer.

     

    Ces deux versions ont été rêvées par des officiers allemands avant le Débarquement: la première est soutenue par le maréchal Von Rundstedt, artisan des grandes manœuvres, ayant envahi la Russie en 41 avant d’être limogé pour avoir suggéré un repli tactique. La deuxième est soutenue par le maréchal Rommel, commandant en Afrique du Nord, gestionnaire tactique au plus près des affrontements.

    Hitler tranchera sensiblement en faveur de Rundstedt, et la réalité sera plutôt l’action préconisée par ce dernier. Mais pour une autre raison: la peur d’un débarquement dans le Pas de Calais.

     

    Toute surprise stratégique mise à part, quelle solution était la plus susceptible de fonctionner selon vous, dans l’objectif de renvoyer les Alliés à la mer? Place au débat!

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts159
    Member since: 25 juin 2017

    J’imagines que la solution 1 avait pour avantage de mettre les attaquants en grand confiance, ainsi que les laisser déployer des unités logistiques, rendant la contre-offensive plus facile et plus efficace. Par contre, elle permet aux attaquants de s’installer, et donc d’être dans une position défensivement beaucoup plus efficace, alors que les barges de transports et les soldats pataugeant dans l’eau n’aurait pas le même avantage défensif…

    Mais de toute façons, je pense que les deux étaient irréalisables ; à moins de connaitre précisément le lieu du débarquement, où trouver assez de panzer disponible pour qu’en n’importe quel point de la côte il y ait la masse nécessaire à la contre-attaque?

    Patton, Joukov et Guderian entrent dans un bar...

  • Participant
    Posts1305
    Member since: 17 juin 2016

    De plus il ne faut pas oublier la maîtrise des airs des alliés.

    J’imagine des B-17, B-24 larguer en masse (et en urgence) et détruire les chars en masse quelque soit la solutions adoptées. De  plus l’artillerie naval pourrait faire des dégât.

    Même si je penche pour la seconde solution, je pense qu’à ce point là, les alliés étaient innarètable.

    Un peuple qui n'aime pas son pays, ne mérite pas son indépendance.
    Moi

    Tiens , il pleut
    Napoléon Bonaparte

  • Participant
    Posts159
    Member since: 25 juin 2017

    Des B-17 et B-24 en lutte anti-char ???

    Ce sont des bombardiers stratégiques dont la doctrine d’emploi est le “tapis de bombes”, aucune chance qu’ils aient la moindre utilité tactique!

    Patton, Joukov et Guderian entrent dans un bar...

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    @fortif

    L’artillerie navale guidée par des observateurs au sol et des chasseurs bombardiers auront plus de succès contre les chars.

    En revanche, les bombardiers lourds que tu évoques peuvent déverser des barrages de bombes sur les bases de départ de la contre attaque.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

     

    Je crois qu’il faut être clair sur les deux principales propositions.

    Rommel ne voulait pas une défense statique des panzers sur la plage. Il voulait disperser les unités de blindés le long de la côte pour une contre-attaque dès le jour J, même si celle-ci ne comprenait qu’une ou deux divisions de Panzers.

    Rundstedt voulait en revanche que le secteur du débarquement soit clairement identifié avant de concentrer une grande masse de Panzer divisions et lancer une puissante contre-attaque plusieurs jours après le Débarquement.

     

    Les deux sont favorables à une contrattaque. La différence se joue sur le délai et sur l’ampleur de cette contre-attaque.

     

    D’ailleurs comme dirait l’autre  « combien de divisions ? »

    Des Pays Bas à la France il y a 11 unités blindées. Ci-dessous la liste de ces unités avec leur emplacement approximatif au 6 juin et la date de leur intervention dans la bataille.

    La 21ème Panzer Division (Normandie, Est du canal de l’Orne, Jour J)

    La 12ème Panzer Division SS Hitlerjugend (Evreux, 7 juin)

    La 130ème Panzer Lehr Division (Orléans, 8 juin)

    La 17ème Panzer Grenadier Division SS Götz von Berlichingen (Située au Mans, 12 juin, aurait pu venir plus tôt mais elle a été maintenue en réserve).

    La 2ème Panzer Division (Amiens, 20 juin)

    La 2ème  Panzer Division SS Das Reich (Sud ouest de la France, 3 juillet)

    La 1ère Panzer Division SS Leibstandarte Adolf Hitler (Belgique, 6 juillet)

    La 116ème Panzer Division (Rouen, 25 juillet)

    La 9ème Panzer Division  (Provence, 10 aout)

    La 11ème Panzer Division (Bordeaux, elle interviendra contre le débarquement de Provence)

    La 19ème Panzer Division (Pays Bas, sera transférée sur le front de l’Est)

     

    A noter que les 9e Panzerdivision SS Hohenstaufen et 10e Panzerdivision SS Frundsberg sont sur le front de l’Est et arrivent le 26 juin.

    Ne pas oublier qu’il y a également des unités ad hoc de Tigre I ou II, de canons d’assaut ou de chasseur d’assaut qui sont acheminées tout le long de la bataille.

     

     

    Des B-17 et B-24 en lutte anti-char ??? Ce sont des bombardiers stratégiques dont la doctrine d’emploi est le “tapis de bombes”, aucune chance qu’ils aient la moindre utilité tactique!

     

    25 juillet 1944 Lancement de l’opération Cobra, celle qui permettra enfin la percée en Normandie, 1500 bombardiers B17 et B24 larguent leurs bombes sur les positions de la Panzer Lehr. Celle qui fut la plus puissante unité de l’armée allemande est pulvérisée en quelques heures.

     

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts159
    Member since: 25 juin 2017

    25 juillet 1944 Lancement de l’opération Cobra, celle qui permettra enfin la percée en Normandie, 1500 bombardiers B17 et B24 larguent leurs bombes sur les positions de la Panzer Lehr. Celle qui fut la plus puissante unité de l’armée allemande est pulvérisée en quelques heures.

    Mea culpa

    Patton, Joukov et Guderian entrent dans un bar...

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    @cuirassier

    C’est bien parce que les deux plans présentent une contre-attaque que j’évoque dans la 2e hypothèse le dépassement des plages avant la confrontation avec les chars: la contre-attaque mobilisant moins d’unités aurait été plus immédiate après le débarquement.

    Pour l’opération Cobra, on parle souvent des 1500 bombardiers lourds, mais pas des 380 bombardiers moyens, 500 chasseurs bombardiers et des 700 canons… Le résultat sur la Panzer Lehr est à partager entre toutes ces unités.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts417
    Member since: 12 juillet 2013

    Le 24 juillet, 11 h 40, au départ, de nombreux chasseurs-bombardiers ont attaqué, suivis par ” environ 600 bombardiers quadrimoteurs ” (ordre d’opération de division du 24 juillet). La secteur de la division ( Lehr ) a subi un tapis de bombes.

    Les panzers, situés près de la ligne de front, ont tellement été secoués que le Leutnant Freiherr von Ladsberg-Velen a indiqué dans son rapport  dans la nuit, “qu’il avait eu l’impression d’être dans une tempête en pleine mer avec la vitesse du vent de Force 10”. Comme les nuages bas et une mauvaise visibilité empêchaient des bombardements précis, l’opération a été annulée juste après le début de celle-ci . Néanmoins, 55 tonnes de bombes sont tombées. Ils ont infligé plus de pertes aux Américains – 25 tués et 131 blessés – que du côté allemand. Dans l’après-midi, quand l’infanterie américaine a réoccupé ses positions précédemment évacuées, le Général Bayerlein a eu raison de compter ce jour comme succès défensif.

    Dans l’ordre d’opération de division du 25 juillet, les unités ont reçu des instructions; “en raison de la poursuite prévue de l’attaque ennemie majeure , soutenue par des frappes aériennes supérieures, et pour minimiser les effets du tapis de bombes, les unités, principalement réserves, véhicules et états-majors, seront cantonnées et retranchées suffisamment loin des routes principales. ”

    Dans la nuit du 25 juillet, le 1er Bataillon du 6ème Panzer Regiment, avec environ 16 Panthers, releva les Panzer IV engagés. Ceux-ci, environ 12, ont été retirés à Dangy pour être à la disposition de la division. Au cours de cette nuit, seul un petit feu de harcèlement est tombé sur le secteur de la division, principalement sur les routes d’approvisionnement. L’ancienne ligne principale de résistance était réoccupée sans exception. Vers 8 heures, les avant-postes allemands ont vu l’infanterie américaine quitter ses positions. À 9 h 40, environ 50 Thunderbolts (P 47) sont apparus de l’est, suivis de six autres vagues, chacune à deux minutes d’intervalle. Ils larguèrent des bombes et du napalm, qui couvraient le sol de poussière et de fumée. Un peu plus tard, 400 bombardiers moyens ont bombardé des carrefours et ont identifié des positions dans la zone cible du sud avec des bombes de 500 livres. Puis 1500 «Forteresses Volantes» et «Libérateurs» sont apparus du nord en vagues infinies. Ils ont ouvert leurs baies à bombes.

    Encore une fois les bombes sont tombées trop au nord dans les lignes américaines. Le bombardement a tué 11 soldats américains et en a blessé 490. Parmi les morts se trouvait le lieutenant-général McNair, commandant en chef des forces terrestres de l’armée, qui participait seulement en tant qu’observateur. Enfin, 300 autres Lightnings ont attaqués avec des bombes et du napalm. En tout 4 200 tonnes de bombes ont été larguées, ainsi q’une bonne partie de napalm. La terre a tremblé.

    […]

    L’ampleur des pertes subies par Panzer Lehr lors du bombardement n’a pas été établie. Le 14ème régiment de Fallschirmjäger fut le plus lourdement touché, perdant son commandant. Les panzergrenadiers et le Kampfgruppe Heintz ont également subi de lourdes pertes, mais les troupes en position (sans compter les éléments subordonnés) n’ont perdu que 500 à 700 hommes en raison de leur force de combat réduite et de l’avertissement préalable. Les pertes d’équipement étaient relativement mineures. Aucun Panzer IV n’a été détruit. Cependant, plusieurs Panthers et Panzerjägers ont été enterrés dans les cratères de bombes ou brûlés. Mais au pourcentage, les pertes étaient considérables pour la division Lehr.

    Les bombardements de tapis ont semblé spectaculaires et avaient une grande valeur de propagande mais avaient peu de valeur militaire dans les circonstances. Avec son énorme supériorité matérielle et personnelle (artillerie, armure et infanterie), complétée par des chasseurs-bombardiers en nombre jamais atteint encore, le VII (US) Corps aurait pu percer sans le bombardement, peut-être même plus vite et avec moins de pertes. Les cratères et la destruction des routes ont considérablement retardé la mobilité américaine! Alors que les Américains étaient complètement inexpérimentés dans la conduite de la guerre mobile, ils l’ont vite compris (surtout le Général Patton), et ont profité du bon réseau routier en France et en Allemagne. Appuyés par leurs forces aériennes, ils ont utilisé la guerre mobile jusqu’à la fin de la guerre, aussi longtemps que leurs lignes d’approvisionnement atteindraient.

     

    – Helmut Ritgen – The western front 1944 –  memoirs of a Panzer Lehr officer (1995)

    Allez regarder tout mes sujets à l'Armurerie 🙂

    Nombreux post sur le Moyen-Orient

  • Participant
    Posts920
    Member since: 20 décembre 2014

    Rommel a été confronté a la puissante aviation à El Alamein, c’est pourquoi, il voulait rejeter immédiatement les alliés a la mer avec une puissante contre attaque partant d’assez proche du front, pour ne pas leur permettre de s’installer et qu’ils étaient encore assez faible, ayant tout a conquérir sur les plages,  apres, c’était trop tard, l’aviation allié défendrait toujours avec avantage leurs positions, rendant inéfficace toutes les contre attaques allemandes.

     

    Je partage aussi cette opinion, il faut battre l’ennemi quand il est encore en position de faiblesse, pas quand sa puissante industrie soutient ensuite de bonnes positions préparés et qu’une aviation superieure domine totalement le ciel, que peut faire l’adversaire dans de telle condition ? rien, sinon subir et amener au compte goutte leurs renforts, ce qui a terme amenera la percée de leur front inevitablement.

     

  • Participant
    Posts417
    Member since: 12 juillet 2013

    Sur cette histoire de Panzer Lehr Division :

    Le général Bradley voulait que sa première armée américaine se retire après que la 29e division d’infanterie des États-Unis eut pris Saint-Lo la veille. Le mauvais temps l’a forcé à attendre, cependant. Son plan prévoyait une préparation aérienne intense, suivie d’une percée des lignes allemandes avec des formations blindées et motorisées avançant entre Coutances et Brehal. Si l’avancé réussissait , alors le LXXXIV. Armee-Korps serait coupé.

    Tout est resté calme jusqu’au 24 juillet. Jusque-là, les Allemands ont continué à améliorer leurs positions et à faire apporter de la logistique. La pluie et la couverture nuageuse basse ne permettaient aucune activité aérienne alliée. La seule chose qui n’a pas été apportée pour les Allemands était des renforts – il n’y en avait pas.

    Le 20 juillet, les Alliés avaient trente divisions d’infanterie et treize divisions blindées à terre. Ceux-ci ont été augmentés par plusieurs Corps et des éléments de campagne tels que de l’artillerie, des ingénieurs et des chasseurs de char. Du côté allemand, il y avait vingt divisions d’infanterie et huit divisions blindées. En raison de l’attrition constante, leurs forces de combat valides représentaient en moyenne 40% des forces autorisés dans les tables d’organisation. Cela signifiait que les Alliés avaient un avantage de trois contre un.

     

    L’offensive américaine du 25 au 27 juillet 1944

    Légende: Rückzug der PLD = Retraite de la Panzer-Lehr-Division

    ” Quelle est la date aujourd’hui, Werncke ? ”

    Le responsable de la logistique de la division, le major Bernd Werncke, pointa le calendrier qui se trouvait sur le mur du poste de commandement de la division à Canisy, au sud de Saint-Lô.

    ” 24 juillet, Herr Général ! ”

    ” – Que pensez-vous, Kauffmann, les Yanks vont-ils encore nous attaquer aujourd’hui ? ” Bayerlein s’était tourné vers son officier des opérations.

    ” – Ça peut arriver n’importe quand, Herr General, ils sont prêts à attaquer, personne ne peut point le remarquer, le mauvais temps est la seule chose qui les retienne. ”

    ” – Mais la 7e armée pense que cela n’arrivera pas ici, l’armée ne pense pas que les Américains avanceront dans cette région de haies, le maréchal von Kluge est convaincu que les Britanniques reprendront leur offensive dans les plaines autour de Caen et que ce n’est qu’une opération de diversion. Ils veulent retirer la 2e blindé de la région de Caumont et s’engager dans la vallée de l’Orne, car ils pensent que le 2e Corps canadien va bientôt partir des deux côtés de la route Caen-Falaise. ”

    ” Je suis convaincu qu’ils ont tort, et … ”

    Le téléphone du quartier général sonne. Kauffmann décrocha le récepteur. Oberst von Hauser, qui avait assumé le commandement de PGLR 901 ( PanzerGrenadier Lehr Regiment 901 )  de Oberst Scholze, effectué son rapport de QG.

    Kauffmann relayant le message: ” Bombardement lourd dans le secteur de la 901, Herr Général ! ”

    ” Eh bien, Kauffmann, je pense que c’est ça ! Mettez tout le monde au niveau d’alerte 1 ! ”

    L’alerte a été envoyée via une ligne fixe. Une minute plus tard, les hommes des divisions étaient prêts à recevoir l’attaque américaine.

    Mais rien ne s’est passé, rien d’autre que le bombardement. Les heures passaient. Rien ! Des messagers ont été envoyés aux régiments.

    Un rapport du PGLR 901 est arriva : ” Bombardement devant nos lignes, les Américains quittent leurs positions et se replient. ”

    Les hommes du quartier général de la division pensaient tous la même chose: une ruse ?

    Bayerlein ordonna à ses hommes de ne pas poursuivre et maintenir leur position défensive et leur statut d’alerte.

    Comme le jour disparaissait pour faire place à la nuit, les hommes ont augmenté leur niveau d’alerte. Mais rien ne s’est passé. Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi les Américains ont-ils bombardé pour ensuite ne pas attaquer nos forces ?

    La réponse était relativement simple, même si les Allemands n’y avaient pas accès. Bradley avait fixé le jour de l’attaque au matin du 24 juillet. Mais à cause de l’arrivé d’un énième mauvais temps, l’attaque a été annulée, tout comme les précédentes. Certaines des formations de bombardiers, qui étaient déjà dans les airs, ne pouvaient pas être rappelées. Ils ont approché les positions allemandes, mais en raison de la mauvaise visibilité, une grande partie de leurs bombes sont tombées sur leurs propres lignes, causant des pertes considérables. Suite à cela, un certain nombre de commandants américains se sont retirés de leur propre initiative pour éviter la zone à risque.

    C’était une sorte de sursis, mais ce qui suivit le 25 juillet fut l’enfer incarné.

    La Panzer Lehr Division avait établi ses lignes avancées dans le virage de la Vire au nord-ouest de St. Lo. La ligne de résistance principale faisait un virage à l’ouest et traversait la route de Saint-Lo-Periers. Il y avait un autre Kampfgruppe puissant à l’ouest de la route Mesnil-Eury, tandis que le HFA 311 ( Bataillon de Flak 311 ) et l’artillerie divisionnaire étaient au nord de Canisy. L’arrière-garde de la division était établie au sud-est de Canisy. Il y avait aussi un Kampfgruppe soutenu par l’artillerie avancée à Le Mesnil-Amey. Les services arrières de la zone étaient situés dans la région de Cherisy la Salle, le long d’une ligne allant vers l’est et le sud en direction de Percy.

    Il y avait une couverture nuageuse ce jour-là, mais elle était très haute. Vers 7 heures du matin, Bayerlein était à Ouibou, quand il reçut un message transmis par le PGLR 901. Oberleutnant Moller, officier des transmissions d’Oberst von Hauser, rapporta que l’infanterie américaine quittait ses positions en panique devant le régiment. Peu de temps après, tous les éléments et formations de la division ont rapporté des observations similaires. Bayerlein est immédiatement retourné à son quartier général.

    “Apparemment,  ils n’y ont pas cœur “, a déclaré Kauffmann, alors que le commandant entrait dans le quartier général. ” Peut-être que l’armée a raison, après tout ? ”

    ” – Je vais appeler et voir ce qu’ils savent là-bas. ”

    La 7e Armée a une fois de plus confirmé son opinion que rien ne se passait autour de Saint-Lô. L’armée de campagne a également informé Bayerlein qu’elle avait déjà retiré la 2. Panzer-Division du front pour l’envoyer dans une nouvelle zone d’opérations au sud de Caen.

    ” Espérons le mieux, Kauffmann ! ” Bayerlein secoua toujours la tête d’une manière inquiète quand il disait cela. Une heure plus tard – il était environ 9 heures – les officiers rassemblés dans le poste de commandement de la division pouvaient entendre le bruit des masses d’avions qui approchaient. Bayerlein se dirigea vers un poste d’observation. Il pouvait distinguer des bombardiers dans ses jumelles, principalement des bombardiers quadrimoteurs.

    ” Bon sang, ça ressemble à quelque chose comme le défilé d’un jour de fête ! ” s’exclama le général.

    ” – Peut-être qu’ils vont continuer à approcher , Herr General ! ”

    ” ‘ Peut-être … mais maintenant ils tournent … en cercle, ce qui veut dire qu’ils en attendent plus ! Dites aux Flak d’ouvrir le feu ! ”

    Peu de temps après, le HFA 311 ouvre le feu avec ses dix-huit 88. Ils ont tiré dans des salves au cadence maximum de feu soutenu. Les munitions ont explosé dans le ciel autour des bombardiers, ressemblant à une mosaïque de boules de coton sales. Un des bombardiers a explosé dans une puissante explosion et s’est transformé en une boule de feu.

    Les bombardiers ont commencé à larguer leurs charges. Ils ont ciblé les positions de Flak en premier. Soixante, peut-être soixante-dix bombardiers sont allés sur les 88. La terre semblait s’animer là où les canons étaient positionnées. Des geysers de terre, d’acier et de feu s’élevaient partout où les bombes touchaient. Un canon a été perdu. Ensuite un autre. Tous deux perdu face à l’énorme puissance d’une bombe de 2 000 livres. Les canons restants ont continué à tirer, et quelques autres bombardiers ont été victimes des 88, tombant au sol comme des torches enflammées, où ils ont éclaté en milliers de parties.

    La 2e bataillon de batterie de défense aérienne a été particulièrement touché. Sur les six canons, seuls deux sont restés intacts, l’un d’entre eux étant endommagé. Deux des véhicules à roues de la batterie – un camion radio et une moto – ont pu échapper à la tempête infernale des bombes larguées. Tous les autres véhicules de la batterie, y compris ceux qui tractaient les canons, ont pris feu. Hauptmann Weinkopf a fait cesser le feu. À chaque fois que ses hommes en abattaient un, dix autres s’approchaient pour le remplacer et  faire taire le canon incriminé.

    ” À COUVERT ! ” hurla le commandant de la batterie. Il n’y avait pas de défense contre ce qui leur tombait dessus. La puissance aérienne s’est révélée plus forte que la défense aérienne.

    C’était juste le prélude, cependant. Le groupe principal de bombardiers est alors apparu. Pas moins de 2 000 bombardiers ont approché les positions de la Panzer Lehr Division. Les vagues de bombardiers apparurent au-dessus de nous comme sur un tapis roulant. Les positions dans et autour de la Panzer Lehr Division ont été transformées en un paysage lunaire en quelques minutes. Les lignes fixes des régiments et des troupes de division au quartier général de division ont été arrachées , l’une après l’autre. Malgré des efforts fébriles, à 9 h 40, Bayerlein ne pouvait plus communiquer avec ses subordonnés, sauf par radio.

    Mais les rapports qui ont été reçus et notés sur la carte de situation par l’officier des opérations au poste de commandement pendant la première demi-heure du bombardement racontaient leur propre histoire. Les 2 000 bombardiers avaient couvert le secteur de la Panzer Lehr Division et ceux des régiments voisins – Fallschirmjäger-Regiment 13 et Fallschirmjäger-Regiment 15 – avec un tapis de bombe comme jamais auparavant. La ligne de résistance principale dans une zone de sept kilomètres de large et trois kilomètres de profondeur a été transformée en un paysage de mort. Chaque mètre de terrain a été labouré. Les lignes de tranchées ont été recouvertes ; les positions transformées en cratères gigantesques. Les munitions et les points de réapprovisionnement en carburant n’étaient plus que des points lumineux de flammes. Les munitions ont explosé, alimentées par des explosions indicibles. L’enfer faisait rage dans le secteur: homme par homme, char par char.

    Alors qu’il y avait  5 000 hommes dans la division avant le début de l’attaque, il n’en restait que 2 500 encore vivants. Les chars qui occupaient les zones de rassemblement avancées étaient hors-service , tout comme l’artillerie divisionnaire. La 9ème compagnie de PGLR 901 a d’abord été la plus épargnée . Elle a été positionné le long du bord de,la zone du bombardement. À la fin, cependant, la compagnie d’Infanterie-canon a également reçu sa part de la grêle de bombes et des éclats d’obus. Les hommes ont sauté dans les tranchées qui avaient été préparées, mais l’attaque aérienne a coûté à la compagnie sept blessés.

    Juste après 10h00 heures, Bayerlein a sauté sur une moto conduite par un Oberfeldwebel et lui a indiqué le chemin. La moto a rebondi le long de petits chemins de campagne. Elle a ensuite atteint le paysage de cratères autour de Le Mesnil-Amey. Le poste de commandement régimentaire du PGLR 901 était toujours intact, mais les champs environnants brûlaient. Il y avait une épaisse fumée sur le champ de bataille.

    ” C’est le poste d’observation, Herr General ! ”

    ” – Allez y ! ”

    Ils s’arrêtèrent devant une tour construite en pierre. Alors que le conducteur garait la moto dans une position cachée, Bayerlein a grimpé la tour. De là, il a pu observer la prochaine vague d’attaques des Américains. Il était capable de distinguer Amigny à travers ses jumelles. C’était du côté américain du champ de bataille. De là, il a pu voir les 400 chasseurs-bombardiers et bombardiers moyens qui ont ensuite effectué leur tapis de bombe.

    Le général a observé pendant une heure et demie. Vers 12h00 heures, Bayerlein ne pouvait plus observer à cause de la fumée, les nuages de poussière et les flammes étaient devenus très épais.

    Le général a envoyé des motocyclistes aux régiments individuels. Peu de temps après, les premier tirs d’artillerie ont commencé à arriver. Les rapports qui ont commencé à filtrer ont démontré que presque toutes les formations avaient été malmenées et que les hommes étaient morts, enterrés, blessés ou complètement démoralisés sur la ligne de résistance principale.

    Les quarante chars qui avaient été placés en avant dans la ligne de résistance principale ont été éliminés ou gravement endommagés. Quelques-uns d’entre eux ont été trouvés complètement retournés. D’autres étaient dans les cratères, incapables de s’en sortir par leurs propres moyens. Au sud de Hébécrevon , un messager a trouvé le poste de commandement de la compagnie de la 4e compagnie du PGLR 902 complètement détruit. Le poste de commandement du régiment, qui n’était pas loin, a également été durement touché. Le régiment avait été au centre du maelström.

    Il commençait à faire sombre lorsque les divisions d’assaut du VIIe Corps des États-Unis ont commencé à sortir. La 9e Division d’infanterie américaine se trouvait du côté droit de l’assaut. La 4e division d’infanterie américaine était au centre et la 30e division d’infanterie américaine à gauche. La 2e division blindée américaine s’est déplacée vers la droite et a réussi à faire une percée jusqu’à Saint-Gilles. La 1re division d’infanterie américaine et la 3e division blindée des États-Unis suivirent de près.

    Les groupes de combat restants de la Panzer Lehr Division ont offert une résistance aux américains jusqu’à ce qu’ils soient dépassés. Même les officiers et les hommes du HFA 311 étaient employés comme infanterie puisqu’ils n’avaient plus d’armes lourdes. Les poches de résistance étaient dispersées et il fallait souvent plusieurs jours avant que ce qui restait pouvait être réformé. Lorsque, par exemple, le 2e bataillon de Batterie Flak se regroupa quelques jours plus tard dans une auberge de la zone arrière, il n’avait plus que vingt hommes sous la main. Bien que quelques hommes de plus se soient joints à leur groupe de frères au cours des prochains jours, le bataillon entier a effectivement cessé d’exister.

    Sur le chemin du poste de commandement du PGLR 901, qui se trouvait dans le sous-sol d’une immense maison en pierre, Bayerlein découvrit que le régiment avait également cessé d’exister. En route vers Oberst-von Hauser, Bayerlein n’a vu que des soldats morts.

    Grâce aux efforts inlassables de Bayerlein, la division se rallia aux environs de Marigny. La 1re Division d’infanterie américaine y fut arrêtée par un Kampfgruppe du PGLR 902. Elle était appuyée par le régiment de chars, qui avait sept chars opérationnels. Ce n’est qu’après que Marigny a été attaqué par quarante bombardiers moyens que la 2e division blindée américaine a pu continuer son avancée sur Canisy. Le poste de commandement de la division était encerclé sur trois côtés, mais il a réussi à s’échapper et à se déplacer à cinq kilomètres plus au sud dans les environs de Dangy.

    Les chars américains ont continué à rouler à travers les failles dans les lignes. Ils atteignirent les hauteurs du Mesnil Herman et l’occupèrent. C’est à partir de là que Bradley a voulu couvrir l’attaque lancée depuis la ligne Marigny-St. Gilles le lendemain.

    Cette nuit-là, Bayerlein se réorganisa et engagea ses dernières réserves dans les lignes de front contestées. La nuit offrait un peu de répit, et il voulait l’exploiter autant qu’il le pouvait. Tous les hommes du poste de commandement ont travaillé comme des démons possédés. Neuf chars étaient de nouveau opérationnels grâce à leurs équipages. Quelques autres ont été libérés par le centre de maintenance ce soir-là et ont également été envoyés.

    Le contact radio a été rétabli entre la division et les régiments et les bataillons. Toutefois, aucun rapport n’a été reçu du corps.

    La route au nord de Saint-Gilles, qui constituait la principale route d’approvisionnement de la division, avait été rendue peu praticable par les bombardements. Une nouvelle route a dû être trouvée, et les détours ont rendu le réapprovisionnement encore plus difficiles que qu’ils ne l’étaient initialement.

    Le 26 juillet à 9 heures, le match a repris. Des ” forteresses volantes ” et des ” Libérateurs ” ont survolé les lignes allemandes pendant près de quatre heures, laissant tomber leurs cargaisons mortelles. Le raid aérien a été suivi d’une préparation d’artillerie.

    À 13 heures, l ‘infanterie américaine lance l’assaut, soutenue par des chasseurs-bombardiers et des chasseurs. Ils se sont déplacés dans des secteurs d’attaque restreints et ont traqué tout sur leur passage. Les attaques linéaires allaient du sud vers l’ouest. Le secteur Est était Canisy et Soulles; l’ouest Marigny et Erist la Salle. Plus tard, Bayerlein a commenté l’assaut initial: ” Il n’y a pas eu une seule seconde où le ciel n’a pas été rempli du rugissement des moteurs de bombardiers et de chasseurs. ”

    Bien que la route de St. Lo-Coutances soit complètement aux mains des États-Unis à 18 heures, un oberstleutnant du quartier général de l’armée de campagne de von Kluge put se rendre jusqu’au poste de commandement de la division. Le commandant en chef de l’Ouest lui a donné l’ordre que la ligne de Saint-Lo-Periers soit tenue en toutes circonstances. C’était une ligne qui n’existait plus. Bayerlein lui-même plus tard a commenté le spectacle étrange :

    Nous étions dans notre poste de commandement à Dangy, affamés. Je me suis assis dans ma chambre avec mon officier des opérations, Oberstleutnant Kauffmann, et un officier de liaison. Dehors, le chaud soleil de juillet du 26 juillet frappa sans pitié sur le sol sanglant et chaudement disputé. Soudainement, un véhicule s’est arrêté dehors. Le conducteur cherchait le personnel de la Panzer Lehr Division. Il était visiblement heureux de l’avoir trouvé ici. Un oberstleutnant sortit du véhicule dans un uniforme propre et magnifiquement ajusté. Il venait du quartier général du commandant en chef de l’Ouest, de Generalfeldmarschall von Kluge.

    Pendant une seconde, je pensais que l’Oberstleutnant pouvait apporter de l’aide ou du moins dire qu’il le ferait. Il ne voulait rien de tel ! L’Oberstleutnant n’a apporté que de nouveaux ordres. Il était visiblement mal à l’aise quand il se tenait devant les hommes qui étaient en action depuis des jours et dont les visages étaient marqués par les durs combats. Peut-être réalisa-t-il que les hommes là-bas n’avaient que des souvenirs de repas chauds, comme ceux qu’il avait tous les jours.

    L’Oberstleutnant se mit au garde-à-vous: ” Herr General , Feldmarschall von Kluge demande que la ligne Saint-Lo-Periers soit tenue ! ”

    Tout autour, il y avait un silence étrange, qui devenait plus oppressant chaque seconde. Le major Wrede, adjudant de division, regardait par la fenêtre. L’oberstleutnant Kauffmann m’a regardé.

    ” – Donc, la ligne de Saint-Lo-Periers doit être tenue “, j’ai dit, en répétant l’ordre. Puis j’ai demandé : ” Avec quoi ? ”

    L’Oberstleutnant a délibérément ignoré la question. Il continua simplement à parler: ” C’est l’ordre que je devais vous apporter, Herr General, vous devez tenir … aucun homme de la Panzer Lehr Division ne peut quitter ses positions. ”

    Et, comme s’il était forcé de rapporter une bonne nouvelle, il continua: ” Un bataillon Panther de la SS mènera une attaque de flanc contre les Américains, soulageant ainsi votre front. ”

    J’ai regardé l’homme.

    ” Aucun homme ne doit quitter sa position ! ” répéta-t-il

    J’ai posé mes poings sur la table. J’avais traversé toutes les campagnes de la guerre. J’avais connu la Russie et le glas des Afrikakorps. Mais c’était pire. Mais cet ordre était complètement insensé après le bain de sang horrible dans lequel ma division avait été perdue.

    Mes mots étaient plus tendres que forts, mais il me sembla qu’ils étaient devenus des montagnes dans la pièce quand je répondis : ” – Tout le monde tient tête, Herr Oberstleutnant … Tout, mes grenadiers, mes ingénieurs, mes chars et tous les autres. Tout les hommes tiennent. Personne ne quitte sa position, puisqu’ils sont tous dans leurs trous. Enterré et silencieux tels des morts ! ”

    J’ai fais trois pas jusqu’à l’officier. Je me suis arrêté juste devant l’émissaire.

    ” Dites au maréchal que la Panzer-Lehr-Division est détruite, que seuls les morts peuvent continuer à tenir tête, mais je-je resterai ici, si c’est ce qui est ordonné. ”

    Juste à ce moment, une intense détonation a soulagé le général de devoir dire autre chose et l’officier d’état-major de répondre. Le grand dépôt de munitions à Dingy a volé en éclats après avoir été touché par des salves de chasseurs-bombardiers. Des milliers d’obus d’artillerie et de roquettes ont volé vers le ciel et l’ont transformé en une mer de flammes. Ce qui restait des fenêtres dans le bâtiment abritant le poste de commandement de division a volé hors de leurs cadres à cause du choc. Les portes se sont violemment ouvertes.

    La terre semblait tourner en titubant sur son axe. Des mines, des obus, des munitions traçantes, des munitions de mitrailleuses et un flot de roquettes apparemment sans fin ont signalé leur disparition dans un déluge de feu. L’officier d’état-major de l’armée de campagne s’en est allé. Bayerlein attendait le bataillon Panther promis. Au lieu des quarante chars, seulement cinq se sont finalement présentés. Les restes de la division qui avait survécu à l’enfer de Saint-Lô se sont rassemblés dans la région de Canisy. En tout, quelque quatorze chars divisionnaires se sont finalement présentés.

     

    Le 26 juillet, le PGLR 901 a été relevé par la 116e division Panzer du général Graf von Schwerin. Le régiment a marché vers Senlis en passant par St. Just, Clermont et Creil. Le 1er bataillon , fortement endommagé , fut réorganisé et Hauptmann Hennecke reçut le commandement. Hennecke, qui commandait la compagnie d’infanterie, confia le commandement des deux canons automoteurs restants à Feldwebel Kanzelsberger. Tous les éléments du régiment qui n’étaient plus aptes au combat furent envoyés à Pancy (près de Laon). Il était prévu de reconstituer le régiment là-bas. Mais l’ennemi ne restait pas inactif. Des bombardiers apparurent au-dessus de Laon et la ville s’enflamma. Le régiment a ensuite été déplacé à Sedan.

    Bayerlein tenta alors de regrouper sa division autour de Dangy, Soulles et Garanantilly à l’est de Pont Brocard, dans le but de l’attirer plus au sud. Cela a ouvert la voie à la 2e Division blindée des États-Unis. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, elle a avancé encore de six kilomètres. Le 27 juillet sera le jour décisif pour ce secteur du front.

    Le 27 juillet à 9 heures, l’attaque américaine a commencé sans préparation d’artillerie. Les éléments de tête de la 2e division blindée américaine se sont dirigés vers le sud en direction de la route Brehel-Tessy. La 1re Division d’infanterie américaine et la 3e division blindée des États-Unis attaquèrent en direction de Coutances. L’intention des États-Unis était d’entourer le LXXXIV. Armee-Korps, qui tentait de se retirer de la région de Periers-Lessay.

    Juste avant le début des opérations américaines, quatorze chars réparés étaient retournés à la Panzer Lehr Division. Cela a stimulé le moral de Bayerlein, et il s’est dirigé vers les lignes de front. Autour de Pont Brocard, son véhicule a été attaqué par des chasseurs-bombardiers qui ont de nouveau essaimé sur le champ de bataille par dizaines. Bayerlein venait juste de descendre du véhicule pour inspecter une position défensive lorsque des roquettes ont marqué des coups directs sur la voiture d’état-major. Le conducteur a été tué; c’était le cinquième pilote de Bayerlein depuis le début des opérations en Normandie. Bien que le général ne soit pas loin du véhicule, il a de nouveau miraculeusement échappé à la mort ou a été blessé.

    Bayerlein retourna au poste de commandement de la nouvelle division à Garanantilly, le long de Soulles Creek, dans un Kubelwuagen emprunté. Son quartier général avait été établi dans une maison de fermier. En tout, il y avait sept officiers et une quinzaine de militaires. La plupart de ces derniers étaient des messagers et des opérateurs radio.

    Des efforts ont été faits pour rassembler les éléments dispersés de la division. À 16 h 30, un messager est entré en trombe dans le poste de commandement et a annoncé que les chars américains se trouvaient à 300 mètres de l’autre côté du lit du ruisseau. Les attaques aériennes, qui avaient continué sans interruption jusque-là, se sont arrêtées. La coordination air-sol américaine était superbe.

    Les chars ont commencé à tirer dans le bâtiment.

    ” – Herr Herr, les fenêtres de l’autre côté qui donnent sur la cour ont des grilles en fer, il faut sortir par l’avant ! ”

    Après deux longues enjambées, Bayerlein était à la fenêtre. Il pouvait voir les silhouettes trapues des Sherman de l’autre côté du ruisseau. Il pouvait également voir les flashs de la bouche de leur canon alors qu’ils recommençaient à tirer.

    ” – Empaquetez les objets secrets et sortez d’ici ! ”

    Les officiers et le personnel enrôlé ont quitté la maison individuellement. Ils couraient comme des lapins, cherchant une couverture – suivie par des obus et des balles de mitrailleuses – puis disparurent. L’avant-dernier à quitter le poste de commandement était Major Wrede. Il atteignit un arbre à une quinzaine de mètres de la maison et regarda ensuite où se trouvaient les chars. Après qu’ils aient tiré, il a fait signe au général.

    Bayerlein a sauté et a couru dehors à découvert. Un coup de canon principal a crié à quelques mètres de là. Il avait atteint une plantation de pommes de terre quand il y eut de nouveau des tirs de canons à depuis le ruisseau. Le général a plongé pour se couvrir et a collé son visage près du sol . Les obus ont sifflaient au-dessus de sa tête.

    ” – Allons-y … continuons ! ”

    Et ils ont couru. Poursuivis par la mort apportée par l’acier, ils ont couru pour leur vie, le commandant de la division et son état-major.

    Il faisait déjà sombre quand Bayerlein atteignit la nouvelle position d’arrêt à Percy. Il était seul. Il s’était séparé des autres hommes. Un général sans soldats. Il était à pied, l’homme qui avait commandé la plus puissante division blindée allemande quelques semaines auparavant. C’était la division avec laquelle Guderian espérait repousser les Alliés dans la mer.

    Oberstleutnant Welsch avait récupéré son PGLR 902 – du moins ce qu’il en restait. Quelques chasseurs de char Jagdpanzer IV du bataillon de Hauptmann Oventrop étaient en soutien. Juste derrière eux se trouvaient deux batteries d’artillerie de campagne lourde, que l’Oberstleutnant Zeiller avait pu sauver de l’enfer de Saint-Lô.

    Les grenadiers étaient en position dans leurs tranchées et leurs fossés. Ils avaient encore quelques Panzerfaust et Panzerschrecks. Deux solides mortiers et un canon antichar de 7,5 centimètres ont été intégrés à la faible défense. Tout le monde attendait la prochaine vague d’assaut. Quand elle est arrivée, elle a réduit encore plus les rangs des soldats. Quand ce fut fini, le major Welsch avait rejoint plusieurs des soldats de son commandement dans la mort. Il avait commandé le régiment à peine deux mois. Major Kuhnow a assumé le commandement intérimaire.

    Heureusement pour Bayerlein, il a couru dans un camion radio à Percy. Cela lui a permit de signaler la disparition de sa division au Commandant en chef Ouest. Presque tous ses chars étaient détruits ou non opérationnels; la plupart de ses soldats au sol sont morts, blessés, disparus, dispersés ou capturés.

    Le quartier général a perdu touts ses moyens de commandement et de contrôle: documents, codes, cartes et équipement radio. Bien que le général se soit échappé, il n’avait que ce qu’il portait sur son dos.

    Le 2e Bataillon du PGLR 901 a subi le plus gros de l’attaque, mais il a tenu bon.

    Bayerlein était là quand soixante chars avaient attaqué. Ils ont roulé vers les positions de la division dans un large demi-cercle. Les obusiers ont tiré à vue. Le canon antichar a tiré sur le Sherman le plus proche. La tourelle du char a été délogée de sa course au premier tir et a commencé à brûler.

    L’infanterie américaine avait suivi les chars dans des halftracks. Les mortiers allemands ont ouvert leur feu, et ils ont été bientôt rejoints par des rafales de mitrailleuse. Les chars et les chasseurs de chars en réserve ont été appelés en première ligne . Ils se joignirent à la mêlée, tirant aussi vite qu’ils le pouvaient. Les tourelles traversaient le champ de bataille;les bouches des canons étaient des nids de flammes. Les Sherman les plus proches, qui se trouvaient juste devant l’infanterie allemande à ce moment-là, commencèrent à être engagés par les Panzerfaust . Les roquettes ne pouvaient pas manquer à cet distance – tant que le tireur avait la main et les nerfs stables – et plusieurs Sherman ont été détruits ou au moins rendues inopérants.

    À ce moment-là, l’infanterie américaine était descendu des halftrack. Elle a été prise à parti par les mitrailleuses allemandes et forcée à rester à terre  C’était une lutte meurtrière et menée avec le courage du désespoir. Les hommes ont gagné. Si jamais le courage et la détermination étaient des déterminants du résultat d’une bataille, c’était le cas ici.

    L’attaque américaine a été refoulée. Dans le poste de commandement du 2e Bataillon, Bayerlein a partagé du pain et une bouteille de vin avec un Obergefreiter. Quand vint le moment de prendre congé et de retourner au poste de commandement de la division rétablie, Bayerlein voulut dire quelque chose. Malgré ses efforts, il ne pouvait pas trouver des mots appropriés. Les simples mots étaient insuffisants pour exprimer ce qu’il ressentait. Il ne restait plus qu’à serrer la main de tous les soldats qu’il pouvait.

    Ils étaient les hommes dont la bravoure et les actions avaient été reflétées dans l’attribution à leur général de la croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne et glaives le 20 juillet 1944.

     

    Elite Panzer Strike Force: Germany’s Panzer Lehr Division in World War II – Franz Kurowski

    Allez regarder tout mes sujets à l'Armurerie 🙂

    Nombreux post sur le Moyen-Orient

  • Modérateur
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    Member since: 14 mai 2013

    @nathan

    Pourtant, les principaux dégâts sur les contre-attaques allemandes sont causés par l’artillerie: des navires et celle débarquée. Une contre-attaque rapide n’est donc pas à assurer.

    D’autant plus que la nécessité de couvrir un front assez large limite la quantité de chars disponibles pour la contre-attaque en un point.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
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    Member since: 20 décembre 2014

    Non ce n’est pas assuré, mais c’est la seule qui donne le plus de chance, et puis en utilisant le terrain et en bougeant beaucoup  et en frappant vite et fort et en dégageant rapidement, cela limite les dégâts sans pour autant réussir a coup sur.

     

    Les raisons du debarquement  sont de soutenir l’Urss qui reclame un second front depuis longtemps et de tenir l’Europe sous la main mise allié plutôt que sous la botte russe, et mettre fin a la guerre au plus vite, aussi, cela doit etre decisif et rapide, donc, pas question de debarquer en norvege avec en plus la longueur maritime pour le ravitaillement et pour recommencer le debarquement sur le continent, et les seuls endroit qui s’averre decisif et ne pas rendre difficile le ravitaillement de millions d’hommes, c’est le nord de la France jusqu’à la Hollande, ( ou bien le sud de la France mais qui ne serait qu’une diversion, mais comme le chemin est plus long pour atteindre l’allemagne et l’abattre au plus vite ) c’est le nord qui sera privilégié.

     

    Et pour  augmenter les chances de prévision du lieu de  debarquement en france, on pouvait supposer qu’il leur fallait un trajet assez cours pour faciliter le futur ravitaillement de millions d’hommes qui allait poser le pied dans la forteresse europe pour la conquerir, donc, cela limiterait  le lieu du debarquement de la Normandie à Calais, en France, en évitant la Bretagne qui serait un front difficile a percer du fait de son étroitesse sur 240 Km et que leur second objectif serait Paris, ce qui les éloignerait trop, inutilement et que le terrain ne ce prete pas a une progression rapide.

     

    En definitive, je pense qu’il n’y avait en France du nord que 3 zones de débarquement sérieux en France, Calais, le port du Havre, mais le souvenir de la defaite cuisante a Dieppe pour occuper un port, devait possiblement ecarter cet objectif, mais sait-on jamais, et la Normandie.

     

    L’avantage en débarquant en France et que l’on ne trouve pas en hollande, c’est qu’une fois pris pied sérieusement en Normandie ou au Havre et que l’on perce le front allemand, est qu’ils doivent dégager toute la zone est… du pays a partir de là, faute de troupes suffisante, pour ne pas ce trouver encerclé ou coupé de l’allemagne, libérant du coup de large portion du pays et met Paris rapidement a porter de l’objectif allié, tout en recherchant a fixer le plus longtemps possible l’armée allemande de Calais qui par crainte d’une attaque supposé principale les y fixe là.

     

    Paris occupé, c’est presque toute la moitié France qui ce trouvera liberé, les divisions allemandes rejoignant leur front retraitant au plus vite au nord pour ne pas ce voir couper, leur priorité absolu étant la defense de l’allemagne, car de Paris, on peut lancer des offensives vers l’alsace jusqu’au rhin et les couper, et aussi sur Bruxelles et avec le risque d’un autre debarquement au sud de la France vu les possibilités des alliés, le pays est liberé en quelque mois, offrant un bon point d’appuie et soutient au alliés et une progression plus rapide, que de vouloir s’attaquer presque directement au noyau dur, l’allemagne en debarquant par la Hollande.

    Seule la France offre autant de possibilités, pas par la Hollande.

     

    Donc, devant ces previsions tirés logiquement de la situation, on peut deja avancer que la Normandie, le Havre et Calais seulement serait des cibles potentielles importantes, meme considérés comme prioritaire, puisque le terrain est assez facilement accessible pour y prendre pied .

     

    L’attaque de la hollande n’offre pas les memes avantages, car meme si les allies avancent, ils seront constamment obligé de ce battre sur les trois cotés, front ouest, sud et est, ce qui sera plus difficile pour progresser car les allemands seraient encore trop fortement installés en France et les allies trop proche du cœur de l’allemagne encore puissante et pouvant porter de sérieux coups, peut etre decisif avant qu’ils soient assez fort , et avantagé par des lignes de ravitaillements plus courtes, serait plus actifs, donc plus dangeureux.

     

    Aussi, la France offrait de meilleures chances, et frapper Calais directement avec leur 750 000h devrait aboutir a un echec certain.

     

    Donc, la region devrait ce limiter a la normandie et au Havre, mais pas la haute normandie avec ses hautes falaises sur presque toute sa cote et trop proche des forces principales allemandes de Calais, ce qui est a eviter pour une diversion supposé qui s’averrerait etre en fait l’attaque principale.

     

    Donc, masser 4 Panzerdivisions en normandie sur les 11 restantes cité par cuirassier, et placés assez proche du front pour frapper un grand coup qui ce voudrait decisif, et deux autres au Havre.

    Les Panzer qui serait camouflés entretemps avant l’assaut.

    Apres cet assaut, malgré les pertes subit, je crois que l’echec du débarquement serait assuré, vouloir conquerir seulement une plage devant des blindées est impossible,  et avant que les allié ne relance un autre débarquement, plusieurs mois auront passé, si ce n’est plus a cause aussi de l’impact moral.

    Ceci donnera plus de temps aux allemands pour renforcer le mur de l’atlantique.

     

    Ce ne serait seulement qu’un répit…

     

     

     

  • Modérateur
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    Member since: 12 avril 2012

    On notera qu’il n’y a que 3 unités pour tout le sud de la Loire. Les allemands ne croyaient donc pas trop à un débarquement sur la côte atlantique ou en Provence.

    1 seule en re complètement en Hollande qui sera transférée à l’Est. Le pays ne se prêtait en effet pas à une telle information.

    La masse se trouve à l’Ouest de Paris. Donc visiblement les allemands avaient en effet pour  hypothèse un débarquement en Basse ou Haute Normandie, en baie de Somme ou vers Calais.

    Elles n’étaient donc pas éloignées du front tant que cela et certaines auraient pu intervenir bien plus vite si les généraux n’avaient pas cru si longtemps à un second débarquement.

    A noter que la Das Reich a mis près d’un mois à remonter, ce qui en dit long  sur l’efficacité des actions de la Résistance et des bombardements alliés sur les infrastructures.

     

    Un mot important sur le commandement allemand. Celui-ci est d’une incroyable complexité. Hitler ne pouvant trancher opte pour une solution intermédiaire :

    3 Divisions (la 21ème, la 116ème et la 2ème) sont sous les ordres de Rommel (Heeresgruppe B). Elles sont plus proches du littoral que les autres mais pas assez proches pour le Renard du désert qui ne peut les faire bouger sans l’aval d’Hitler…

    Les 3 Divisions au Sud (2ème SS, 9ème et 11ème) sont sous le commandement du Heeresgruppe G.

    Les autres (1ère SS, 9ème SS, 10ème SS, 12ème SS et Pz Lehr) sous l’autorité directe d’Hitler.

    Je crois que la 17ème SS Panzer grenadier c’est à Rundstedt, et la 19ème ?

    Le Panzergruppe West de von Scheppenburg gère l’entrainement et la préparation de toutes ces unités. C’est le principal opposant aux idées de Rommel.

    Guderian, en tant qu’inspecteur des unités blindées, et Himmler, en tant que chef des SS, ont leur mot à dire. Encore heureux qu’il n’y ait pas une division blindée de la Luftwaffe dans le coin (si si cela existe).

     

     

    Comparaison n'est pas raison.

14 sujets de 1 à 14 (sur un total de 14)

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