Post has published by Noble 7

Ce sujet a 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Noble 7, il y a 2 mois et 3 semaines.

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Participant
    Posts949
    Member since: 6 novembre 2015

    Récemment je me suis intéressé à la logistique americaine en 1944 Post D-Day. L’on retiens généralement que les forces US furent efficaces dans leurs gestions de leurs ressources matérielles a travers la Normandie et rapidement toute la France, pourtant ce n’est pas réellement le cas; En effet, l’armée americaine va rencontrer énormément de problèmes dans la plus grande offensive terrestre de son histoire, dont certain qui seront drastiques dans la poursuite des opérations.  

     

      Les problèmes logistiques apparaissent fin Septembre 1944, plus de 3 mois après l’operation Overlord et quelques jours après l’opération Dragoon. L’échelle  de l’invasion s’est largement multipliée comparée aux quelques bouts de terres de Juin 44; maintenant, avec la capture d’Anvers en tête, commandants britanniques cherchent a mettre à bien leurs plans individuels de poussée en direction de Berlin, offensives qui amenerait une fin rapide a la guerre. Déjà, ces plans montraient la comprehension des alliés face au problèmes logistiques qu’ils allaient rencontrer; si les plans de la Third Army US et du 21st Army Group britannique sont largement différents, ils se rejoignent sur un point: il faudrait stopper toutes actions offensives alliées venant du Nord pour opérer une quelconque action strategique. Le général Dwight David Eisenhower choisira de continuer à donnerpriorité à l’offensive Nord de Mongotmery mais aussi à permettre des actions offensives à la fois par le 21st Army Group et la Third Army US, en limitant donc les objectifs strategiques de l’automne- Un choix soutenu par le commandant suprême des forces alliées qui etait la seule décision supportable sur le plan logistique.   Ces offensives ont été menées seulement à grand coûts. Les apports continus en materiel pour ces deux  forces venaient toujours principalement de Cherbourg et à travers les plages de Normandie, autant plus de 700 km à l’arrière.    

     

    En raison de la vaste campagne de bombardement pour préparer l’invasion, en plus des actions de la Résistance française pour ralentir l’avance allemande, le transport ferroviaire dans la region Normandie-Cotentin a été gravement endommagé. De Août à Septembre 1944, seulement environ 1/5 du transport de materiel allié fut exécuté par chemin de fer, le reste etant déplacé vers l’avant principalement par des compagnies de camions improvisées se basant sur un certain nombre de réseaux routiers capable de surporter de tels flux, le plus célèbre étant le “Redball Express”. Avec l’arrivée de Septembre, près de 6,000 camions repartis dans 132 compagnie de transports seront mobilisés dans le déplacement de fournitures des dépôts de Saint-Lo en Normandie à la Third Army de Patton devant Paris.  L’avance americaine à travers la France sera rapide, ce qui est impressionnant compte-tenu que camions et Halftracks avaient été en réalité réquisitionnés de leurs divisions et unités organiques pour jouer à l’arrière, dans la ligne logistique; du courvoiturage a base de chars sera generalement le seul moyen d’avancer autrement que marcher. La poursuite des operation sera cependant stoppée par manque de carburant pour les lignes logistiques.  En effet, la 129e compagnie de camion qui était la source principale des forces de Patton fut débordée en essayant de transférer du materiel qui a des unités qui s’éloignent plus rapidement de plus en plus.  La consommation d’essence sera en effet un probleme critique; le XII et XX corps consomment chacun entre 200,000 et 300,000 gallons de l’essence pour tous les 70km voyagés. À l’appui de ces deux corps, la ligne Redball Express consomme 300,000 gallons de gaz par jour. Non seulement un tiers de l’essence qui est transportée a la Third army est deja consommée avant qu’elle n’atteigne la première ligne, mais sa consommation  theorique doit mobiliser 50% du flux total ! Les forces américaines à la fin de cette logistique tendue à son maximum seront seulement fournies le materiel prioritaire et manqueront souvent d’equipements essentiels; cela evidemment en raison du manque d’un efficace réseau de distribution, avec par exemple le réseau de Pipeline n’avancant que de 7-8km par jours alors que le front avançe deux fois plus rapidement.   

     

    Les causes de ces problèmes logistiques sont nombreux, mais reviennent generalement tous à la meme sources; des erreurs strategiques de la part du haut commandement en contradiction avec les plans. La décision du général Bradley, le 3 août, de transférer la majeure partie de la troisième armée du général Patton vers l’est, à la recherche de la Wehrmacht en fuite plutôt qu’à l’ouest pour sécuriser la péninsule bretonne fut decisive pour la complication de la campagne. L’objectif d’utiliser les ports de Bretagne, s’est progressivement évanouie et a finalement été annulée le 9 Septembre par Eisenhower. Ce choix peut sembler rationel étant donné la potentiel difficulté à prendre la Bretagne, alors que le port de Anvers objectif a lui seul stratégique est deja a portée de main depuis 3 jours. Mais la difficulté a nettoyer le port et la ville vont ralentir la mise en oeuvre de l’installation, prevu pour le 1 Novembre; le premier liberty ship n’arrivera que le 28 Novembre, et les alliés ne seront capable d’utiliser que 20% de la capacité du port avant l’offensive allemande. Ce détournement de la Bretagne se traduira par une perte de capacité portuaire qui s’avérera grave dans les mois à venir. Vient ensuite l’abandon de la pause par le général Eisenhower à la Seine. Le plan initial prévoyait d’atteindre la Seine à J + 90 et de s’y regrouper pendant au moins 30 jours afin de consolider le soutien logistique, notamment en établissant des dépôts d’approvisionnement intermédiaires, en prolongeant les pipelines et en réparant les chemins de fer et les ponts détruits. Mais maintenant, le retrait rapide des forces allemandes semblait promettre une perspective alléchante d’anéantissement et de victoire rapide – si la poursuite pouvait simplement être poursuivie. Le quartier general major de la force d’expedition alliée (SHAEF) décida de profiter de cette opportunité pour faire pression sur les Allemands. L’avance rapide signifiait cependant que les armées avaient épuisé leurs réserves opérationnelles au moment où elles atteignaient la Seine. À mesure que les armées progressaient vers l’est, l’actualité du soutien logistique s’écartait totalement de ce qui avait été prévu. La pause à la Seine était prévue pour permettre à une force de 12 divisions de participer à la première offensive au-delà de la Seine à J + 120. A J + 90, il y avait déjà 16 divisions 300 kilomètres au-delà de la Seine. Les unités etaient alors plus loin et plus nombreuses que prévu, pour une ligne logistique defaillante étirée au maximum.   

     

    Décembre 1944, l’avancée alliée dut s’arrêter totalement. Avec des problèmes d’essences, le manque critique de fournitures deSeptembre à Decembre avait limité l’occasion alliée d’exploiter l’effondrement allemand sur la majorité du front. Depuis l’hiver, les alliés recevaient 12,800 tonnes d’équipements depuis Anvers, 4,000 tonnes de Rouen, et  5,000 tonnes venant du Havre, tandis que la production de Cherbourg avait chuté à 7,500 tonnes comparée aux 9,500 tonnes de Septembre. les plages de Normandie, elles, avaient fermé, réduisant de 3,000 tonnes le flux journalier total. Meme avec l’ajout des ports du Sud, ce n’etait toujours pas suffisant; par exemple, des unités ne recevront leurs équipements d’hiver que debut 1945.  D’après Norman R. Denny, si les alliés avaient reçu un supplément de 10,000 30.000 tonnes de fournitures par jour pendant cette période critique, les prédictions de “Berlin à Noël” auraient peut etre étaient juste.

    Allez bye Fanta !

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    Il convient de rappeler que la logistique est une fin et non un moyen: une armée sans munitions ni essence, mais sans opposant peut réaliser les mêmes objectifs d’occupation du territoire, qu’une armée très bien dotée, mais ayant un opposant à défaire. Avec ceci à l’esprit, on peut comprendre la décision d’abandonner le planning initial du SHAEF, qui prévoyait de se reconstituer sur la Seine: si l’ennemi fuit, il vaut mieux occuper le territoire que de lui laisser le temps de s’y réorganiser. D’autant plus si le territoire est celui d’un pays allié.

     

    Par rapport aux objectifs logistiques à proprement parler, l’occupation de la Bretagne est un sujet à débat: certes, disposer des ports de Saint Nazaire, de Brest, Saint Malo et Lorient parait intéressant sur le papier. Mais dans la réalité, les mêmes limitations qui s’appliquent aux ports de Normandie s’appliquent à eux:

    Les destructions que les Allemands infligeront aux installations avant de se rendre ou d’être pris
    Le réseau routier et ferroviaire est détruit lui aussi par les différents acteurs
    Point particulier: la Bretagne est excentrée et plus loin du Rhin que la Normandie
     
    Dans ces conditions, perdre du temps et des effectifs susceptibles d’aider à sécuriser des routes secondaires et à réduire les forces combattantes allemandes pour gagner un avantage logistique tout relatif, parait difficile à justifier, d’autant plus dans une situation où les acteurs militaires, qui viennent de percer, veulent leur récompense sous la forme d’une chevauchée blindée, et les hommes politiques veulent une défaite allemande. Coincés là dedans, les décideurs comme Eisenhower ayant en tête les problèmes logistiques ont dû s’incliner, mais l’alternative de prendre la Bretagne n’aurait pas été forcément plus rentable.

     

    Enfin, l’hypothèse de Normann R. Denny aurait peut être entraîné sa conclusion. Mais c’est dans une situation où les Alliés ont le beurre et l’argent du beurre: la logistique et la progression rapide jusqu’au Rhin.

     

    Ce sujet, que j’avais ouvert, est en lien avec celui-ci: les troupes ayant débarqué avec l’opération Anvil Dragoon, ont elles aussi connu des problèmes logistiques, avec une distance à parcourir tout aussi longue, dans un terrain cloisonné par les Alpes et le Massif Central. L’exemple de la 1ère armée française du général De Lattre de Tassigny permet de se rendre compte des problèmes rencontrées, des mesures prises sur l’ensemble du dispositif, mais aussi des expédients qui firent gagner de précieuses marges de manoeuvre.

     

    Pour la situation d’Anvers enfin, il faut noter que l’opération Market Garden fut un facteur de retardement du dégagement des bouches de l’Escaut, entrée fluviale du port et qui, tenues par les Allemands dotés d’artillerie, empêchait tout passage de transport. Canadiens, Polonais et Britanniques libérèrent cette région fin 1944, avant de s’engager en Hollande alors que le Rhin était franchi.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts949
    Member since: 6 novembre 2015

    Dans ce cas la, Eisenhower etant bien au courant de la situation logistique du front. Le choix de pousser au depend du plan a fait tout capoter. Par ailleurs si les allemands avaient eu des forces en reserves, elles auraient combattu des divisiond US totalement epuisées et en sous-regimes.

     

    Le choix de choisir Anvers et pas les ports bretons n’est pas réellement le probleme, c’est le fait que sur le cours terme et long terme au final ça n’a pas été aussi productif a mon avis.

     

    Allez bye Fanta !

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