Post has published by mongotmery

Ce sujet a 6 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  Pano, il y a 5 mois et 2 semaines.

7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)
  • Modérateur
    Posts8412
    Member since: 14 mai 2013

    Tu fais bien de pleurer comme une femme ce que tu n’as su défendre comme un homme” Aïcha, mère de Boabdil.
    Si j’avais été de lui, ou lui de moi, j’aurais préféré faire de l’Alhambra mon sépulcre plutôt que de vivre sans royaume dans l’Alpujarra” Charles Quint
    Pour la fin du Moyen-Age, tel commentaire de la part d’une mère à son fils est la pire des choses.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/31/La_Rendici%C3%B3n_de_Granada_-_Pradilla.jpg/320px-La_Rendici%C3%B3n_de_Granada_-_Pradilla.jpg
    [/i]

    Mais au -delà de cette affaire d’incompétence mêlée de fatalisme et de lâcheté, Boabdil doit soutenir des légendes sur sa cruauté, sa luxure et toutes sortes de complot qu’il aurait commis en interne (massacre des Abencérages), dont des meurtres de sa famille. Il est pourtant rapidement contradictoire de s’imaginer une telle duplicité d’un homme dont on ne peut tarir les superlatifs sur son incompétence et son fatalisme.
    N’a t’il pas attendu en haut d’une colline, en regardant tristement les saccages d’une révolte populaire à Grenade, plutôt que de reprendre le contrôle au bout de son épée?

    La légende noire de Boadbil a été porté tant du côté des Arabes du Maghreb qui avait refusé à Boabdil des interventions à son secours contre les Chrétiens, ayant plus fort à faire en se battant entre eux, que du côté espagnol avec l’ouvrage Les Guerres Civiles de Grenade prétendument traduit de l’arabe par Genès Pirez de Hirta, mais qui décrit des moeurs Maures extravagantes. Les actes de cruauté sont en réalité ceux de son père Aben Hassan, d’après Washington Irving qui a consulté des archives des autorités arabes, et en parle dans son Contes de l’Alhambra.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    Je ne connais pas du tout l’histoire de Boadbil, qu’a-t-il donc fait pour mériter de tels commentaires ??

  • Modérateur
    Posts8412
    Member since: 14 mai 2013

    Boabdil est le dernier souverain des Maures, la présence musulmane en Espagne. La Reconquista était bien avancée quand il est arrivé au pouvoir, il a combattu, été défait et capturé, quelqu’un l’a renversé, et il a échange une inaction dans l’attaque chrétienne d’une ville contre sa libération (en étant libéré, il remontait sur le trône et n’intervenait pas, quand son “usurpateur” aurait peut être agi contre les Chrétiens). Il ne restait que Grenade (les sultans y restaient, à l’Alhambra) mais il ne l’a pas défendu longtemps: il a conclu la reddition.

    Il est parti seul rendre les clés de la ville, puis a vécu un peu dans les sierras (je crois qu’on lui a refusé l’asile au Mghreb). Tout le monde, a commencé par sa mère Aïcha La Horra, l’a critiqué pour l’absence de défense.

    Son enfance a été mouvementé: son père a enfermé toute sa famille dans une tour, de peur de complot et autres raisons obscures. Sa mère l’a fait évader par une fenêtre, et il s’est réfugié dans la sierra jusqu’à la mort de son père (qui au passage avait fait supprimer la première famille noble de Grenade, les Abencérages, de peur d’un complot).

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  • Participant
    Posts70
    Member since: 14 décembre 2016

    Tous les grands empires finissent un jour ou l’autre par s’éteindre, que ça soit Al Andalus, les romains ou les byzantins par exemple, c’est ce qui fait la beauté et la tragédie des civilisations.

    Voir la fin d’un glorieux empire comme la prise de Constantinople ou la destruction de Bagdad devait être d’une tragédie sans précédent.

  • Participant
    Posts580
    Member since: 21 avril 2012

    Printemps 1483 : L’élite de la noblesse chrétienne andalouse, rassemblée sous les bannières du Marquis de Cadix et du Grand Maître de l’Ordre de Santiago (un ordre de chevalerie implanté dans la péninsule ibérique), s’aventure en expédition contre les Musulmans. Il y a là quelques milliers de cavaliers et de fantassins.

    Malheureusement pour eux, pendant une nuit, vers fin mars, une contre-attaque musulmane balaie littéralement l’ost chrétien ; il y aurait eu près de 1’800 morts ou prisonniers (soit près de la moitié de l’ost chrétien !), parmi lesquels plusieurs illustres nobles castillans.

    Cette bataille a été appelée la bataille de l’Axarquía (selon le nom donné,  dans les chroniques castillanes, à la région où elle s’est déroulée)…

    Un mois après cet épisode tragique pour les Chrétiens, on retrouve Boabdil… Ce dernier rêve de gloire, de conquêtes, de coups-de-main audacieux et fructueux !!! Il décide donc de faire une incursion en territoire chrétien. Son objectif : la ville de Lucena, assez faiblement défendue, une place dirigée par un jeune gouverneur (Diego de Cordoue n’a alors que 19 ans) !

    Mais Boabdil a été trahi : un Musulman de Grenade a prévenu les habitants de Lucena ! La ville est (étonnamment) très rapidement fortifiée. Lorsque Boabdil, à la tête d’environ 9’000 fantassins et 700 cavaliers, lance l’assaut, il est sévèrement repoussé.

    En outre, Boabdil doit ensuite faire face à l’intervention (étonnante également) du Comte de Cabra, qui vient appuyer les défenseurs de Lucena. Plusieurs escarmouches s’ensuivent, durant lesquelles Boabdil se révèle être un piètre commandant…

    Finalement, son armée est mise en déroute et même presque détruite… De plus, plusieurs membres de la noblesse de Grenade (dont quelques membres de sa propre famille !) périssent. Il est dit que Boabdil, capturé par les Chrétiens, n’est dans un premier temps même pas reconnu…

    1. Pourquoi Boabdil n’a-t-il pas été reconnu lorsqu’il a été capturé ? Était-il équipé presque comme le commun de ses hommes ? A-t-il tenté une manœuvre pour s’échapper ou se fondre dans la masse lorsque tout a dégénéré ?
    2. La ville a été rapidement fortifiée et une armée est rapidement arrivée en renfort… Pourrait-on en conclure que Boabdil est peut-être tombé dans un piège ?

     

    La guerre, c'est l'histoire de l'humanité !
    Vouloir juger sans (bien) connaître, n'est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

  • Modérateur
    Posts8412
    Member since: 14 mai 2013

    @pano

    Je ne connais pas cet épisode, mais comme tu dis que Boabdil a été repéré, je pense pour la 2 que c’est plus une préparation de défense et l’appel de renforts, avec éventuellement le camouflage de ces préparatifs, qui ont mené Boabdil a attaqué une ville qu’il imaginait moins préparée. Pas vraiment un piège donc, mais plutôt une ruse tactique.

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  • Participant
    Posts580
    Member since: 21 avril 2012

    C’est probable, en effet.

    Mais je trouve cette hypothèse intéressante… Car ça aurait pu être un véritable piège, un fifrelin machiavélique. 😉

    Bon, mais pour creuser la question, il faudrait savoir précisément COMBIEN DE TEMPS À L’AVANCE l’information de l’attaque prévue par Boabdil a été fournie aux défenseurs de Lucena (en admettant donc qu’il ne s’agissait pas d’un piège machiavélique orchestré à l’avance)… Quelqu’un aurait-il plus d’informations à ce sujet ?

    D’ailleurs, peut-être aussi que Boabdil, simplement trop confiant, ne s’est même pas donné la peine d’envoyer des éclaireurs ?

     

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