Post has published by Solduros_390

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    Member since: 16 avril 2012

    Dans le cadre de l’université, j’ai dû faire un travail sur la guerre civile nigériane qui suivit l’indépendance du pays en 1960. Je me suis dit que ça serait con de ne pas vous en faire profiter :P. Donc voilà

    Crises et humanitaire(s). Le CICR du Vietnam à l’Angola
    La guerre civile du Biafra

    Problématique

    Le Nigeria devint indépendant de la Grande-Bretagne en 1960. A cette époque, une première division administrative mena à une montée des tensions au sein du pays. En effet, cette première administration se basait trop sur les liens tribaux et sur le clientélisme pour ne pas déraper. Lorsqu’un des partis politiques (comprendre une partie de la population) réussit à évincer les deux autres gros partis, les choses s’accélérèrent et le conflit devint inévitable.
    A côté de ça, en plus des troupes nigérianes et biafraises, des puissances étrangères prirent part à ce conflit en s’engageant derrière l’un des deux camps en lui fournissant du matériel militaire, ce qui augmenta la durée de cette guerre plus que ce qu’on aurait pu penser lorsque les hostilités éclatèrent.
    Durant cette guerre civile, la population ibo se trouva particulièrement isolée puisqu’elle revendiquait l’indépendance par rapport aux autres régions du Nigeria. Dans ce contexte, comment les troupes du gouvernement se comportèrent-elles envers les Ibos ? Y a-t-il eu des exactions contre eux ? Et comment les Ibos étaient-ils considérés par le reste de la population nigériane ?

    Contexte historique

    Le Nigeria fut une colonie anglaise jusqu’en 1960, date à laquelle il obtint son indépendance, ayant auparavant obtenu une constitution fédérale en 1954. Le pays demeure néanmoins encore aujourd’hui dans le Commonwealth.
    Lors de l’indépendance, le Nigeria fut découpé en quatre régions administratives, la région nord, la région ouest, la région du centre-ouest et la région est, avec à chaque fois une ethnie majoritaire. Les Haoussas vivant dans le nord du pays étaient principalement musulmans, les Yorubas qui vivaient dans le sud-ouest étaient partagés entre l’islam et le christianisme et finalement les Ibos installés dans le sud-est du Nigeria et qui avaient conservé des pratiques animistes en plus de l’évangélisation qu’ils avaient reçue. Cela avait permis aux Britanniques de diviser les tribus du Nigeria pendant la colonisation et de s’appuyer sur les Ibos christianisés en les favorisant pour mieux pouvoir contrôler le pays. Dans ce partage, la région nord obtint un territoire beaucoup plus grand que chacune des autres régions, et même rassemblée, les trois régions océaniques comptaient moins d’habitants que le nord.

    Dans chaque région, un parti politique émergea et domina la vie civile en s’appuyant sur les tribus qui formaient ses adhérents et partisans. Ces partis n’hésitaient pas à employer la force pour forcer les gens à voter pour eux, non plus que les petits cadeaux entre membres d’une même tribu afin de garder le contrôle sur leur région respective . Parmi ces partis politiques, il faut retenir le NPC (Northern people’s congress) majoritaire au nord peuplé en majorité de musulmans, le NCNC (National congress of nigerian citizens) surtout présent dans le sud et l’Action group (plutôt favorable à l’idéologie communiste), implanté dans le sud et surtout dans l’est du pays à majorité chrétienne et composé en grande partie par l’ethnie Ibo. Et vu la carte politique du pays, une majorité gouvernementale sans membre du NPC était impossible puisque ce dernier avait obtenu que les représentants du nord du pays aient la moitié des sièges au gouvernement fédéral .
    Dans les années qui suivirent l’indépendance, l’Action group voulut dépasser son cadre régional en s’implantant plus à l’ouest et au nord (des Ibos allèrent même s’établir dans le nord du pays et ouvrirent des commerces). Mais des dissensions au sein du parti l’affaiblirent. Certains membres n’avaient pas la même vision pour le reste du pays, et d’autres passèrent tout simplement au NCNC lorsqu’ils s’aperçurent que ce dernier truqua les votes dans l’ouest.
    Puis, lors des élections générales de 1965, la situation se dégrada encore. Le NPC et le NCNC s’opposaient l’un à l’autre en s’appuyant sur les tribus de leur zone d’influence et sur les membres de l’action group qui les avaient rejoints . On assista également aux mêmes scènes de violence que lors des premiers votes quelques années plus tôt. Le NCNC appela alors au boycott de ces élections et cela apaisa quelque peu les choses car le NCNC réussit à conserver le gouvernement de la région est. Cependant, le NPC ne s’arrêta pas là. Il mit en place une politique anti-Ibos (en plus de la violence dont il était coutumier) pour unir plus fortement ses partisans autour d’un adversaire commun. En parallèle à cela, le monde rural connaissait une période difficile due au prix des denrées alimentaires. Tous les éléments de la crise à venir étaient désormais en place.
    En janvier 1966, des officiers de l’armée firent un coup d’état et renversèrent le gouvernement en place. Mais très vite, un contre coup d’état eut lieu avec à sa tête le général Ironsi issu de l’ethnie Ibo. Celui-ci avait dans l’idée de mettre fin au système tribal du pays mais il va commettre deux erreurs qui lui seront fatales, en parallèle aux violences qui continuaient entre les partisans du premier coup d’état et ceux du second . D’abord il ne traduisit pas les premiers putschistes en justice, puis il mit à la tête de dix régiments (sur 12) un Ibo alors que jusque-là, cette ethnie avait droit à cinq régiments en vertu du fédéralisme. En juillet de cette année, il finit assassiné .
    A ce moment-là, la junte militaire qui prit le pouvoir était constituée majoritairement de musulmans, mais paradoxalement, elle mit à la tête du pays un chrétien, le général Gowon.
    S’en suivirent des discussions nationales pour parler de l’avenir du pays. Si dans un premier temps, le NCNC (soutenu par l’Action group) demandait à garder le système fédéral, il finira par se joindre au projet du NPC de créer un état unitaire plus centralisé et avec un redécoupage des régions. L’Action group se retrouva alors isolé politiquement. Dans le même temps, de grandes violences éclatèrent au nord du pays contre les Ibos installés là qui durèrent plusieurs semaines. Un témoin qui visita le Nigeria en 1966 rapporte que “Les pogroms que j’ai observé à Makurdi au Nigeria étaient annoncés par des mois de politique intense anti-Ibos et anti-orientaux aux alentours de Tiv, Idoma, Hausa et des autres habitants à Makurdi. Et en accord avec un modèle répliqué ville après ville, les massacres furent menés par l’armée nigériane. Avant, pendant et après la boucherie, on pouvait entendre le colonel Gowon à la radio parlant de garanties de sécurité à tous les habitants de l’est, à tous les citoyens nigérians, mais l’intention des soldats, le seul pouvoir qui comptait alors était malheureusement clair. Après avoir dénombré les corps démembrés le long de la route Makurdi, j’ai été escorté jusqu’au retour en ville par des soldats qui s’excusaient pour la puanteur et qui expliquaient poliement qu’ils me faisaient et faisaient au monde une grande faveur en éliminant les Ibos.” On dénombra entre 80’000 et 100’000 Ibos morts entre les mois de mai et septembre de cette année .
    Et tout ça, sans que le gouvernement central ne puisse et ne veuille faire quelque chose pour empêcher cela . Devant cette situation, un officier ibo, le lieutenant-colonel Ojukwu ne reconnut pas l’autorité du général Gowon malgré le fait qu’il soit chrétien. Il n’admettait pas en fait que Gowon fasse perdre aux Ibos l’exploitation du pétrole de leur région au profit de multinationales européennes. On tenta alors une médiation avec des pays africains, où on décida de découper le pays en douze régions au lieu des quatre actuelles pour en faire un état fédéral. Mais là encore, le lieutenant-colonel Ojukwu refusa car le nouveau partage aurait enlevé aux Ibos une grosse partie de leurs gisements de pétrole. Il déclara donc que les revenus créés dans la région de l’est reviendront aux Ibos en compensation des dommages subis par cette ethnie dans le nord du pays.
    Devant l’impossibilité de trouver un accord, Ojukwu proclama alors l’indépendance du Biafra le 30 mai 1967 .

    La guerre civile

    A partir de là, le Nigeria sombra dans une guerre qui dura trente mois, qui fit deux millions de morts et dans laquelle le Biafra fut bien seul face aux troupes fédérales.
    Dans un premier temps, les troupes biafraises lancèrent une offensive en direction de l’ouest. Durant l’été 1967, leurs forces parvinrent s’emparer d’un certain nombre de territoires avec pour objectif Lagos, la plus grande ville du sud. Malheureusement pour eux, les soldats gouvernementaux stoppèrent leur avance sur la route de Lagos après une semaine de combats, ce qui obligea les unités biafraises à se replier vers l’est. Le cours de la guerre venait de changer, il ne s’inverserait plus jamais.
    Dans le courant du mois de septembre, une lettre du CICR qui implique l’ambassadeur suisse à Lagos fait part de la préoccupation de celui-ci par rapport au sort de la population Ibo. Le conflit réveille les antagonismes tribaux et les Ibos doivent souffrir des arrestations arbitraires, des sévices, des disparitions et actes isolés de représailles .
    Au début octobre de la même année, les troupes nigérianes entrent dans la ville d’Enugu, la capitale de l’état de l’est et donc capitale des rebelles. Un autre rapport du CICR qui a pu visiter une prison nous apprend des choses sur la situation à cette époque-là .
    D’abord, on nous dit qu’en général les détenus sont bien traités dans les geôles gouvernementales. Plus loin, on mentionne quatre aspects qui peuvent aller dans le sens de la lettre du 13 septembre 1967. Le premier est que selon le rang des Ibos capturés, leur chance de survie est plus ou moins grande. On aurait donc plus d’égard pour un officier que pour un sous-officier ou pour un simple soldat. Le deuxième est que le gouvernement nigérian garde les Ibos en prison parce qu’ils sont soupçonnés d’être saboteurs mais aussi pour leur sécurité. Le troisième est que si un Ibo tombe nez-à-nez avec un soldat nigérian, il a une chance sur deux de se faire tuer sans sommation. Pour finir, on nous dit qu’en roulant sur plus de cent vingt kilomètres, les délégués n’arrêtaient pas de tomber sur des villages pillés et incendiés. Tout cela validerait les craintes de l’ambassadeur suisse qui parlait de violences à l’encontre des Ibos.
    Quelques jours plus tard, une autre lettre apporte des détails sur les prisons gouvernementales . On y lit que les détenus ibos sont enfermés par grand nombre dans des cellules plus ou moins petites et qu’ils ne savent pas pourquoi ils ont été faits prisonniers si ce n’est parce qu’ils sont ibos. Néanmoins, en début de lettre, on apprend que les prisonniers sont bien traités et qu’ils en montrent même une certaine insouciance, car ils ne se rendent pas compte de ce qui passe dehors.
    Là, on peut comprendre qu’outre les combats, les Ibos doivent subir des arrestations arbitraires comme écrit dans cette lettre mais également des violences et des représailles dont on parle bien dans les autres missives.
    Toujours au mois de novembre 1967, deux lettres parlent de la situation à Agbor, une ville à l’ouest d’Enugu que les soldats nigérians ont conquise après la capitale régionale. La première est signée monsieur Zuger , qui mentionne le rapport d’une mission chrétienne au Nigéria qui déplore des conditions très difficiles pour les Ibos en général et dans les camps encore plus (même si le gouvernement les considère comme des réfugiés ). La deuxième provient d’une déléguée qui a pu parler avec un officier nigérian qui a affirmé qu’il n’y a eu aucune violence contre les civils à Agbor contrairement à Enugu, en raison de la résistance de la population ibo dans la capitale régionale. En disant cela, cet officier admet donc qu’il y a eu des exactions contre les Ibos lors de la prise d’Enugu .
    Une dernière lettre adressée à l’ambassadeur suisse en poste à Lagos datée du 5 janvier 1968 vient néanmoins remettre en cause la majorité des écrits vus jusqu’ici. On y apprend en effet qu’un délégué du CICR a pu visiter des prisons nigérianes et voir les conditions de vie des Ibos. Il en ressort que les dires des associations religieuses sont exagérés et que les exactions sont surtout une rumeur qui va de bouches en bouches. Néanmoins, le CICR affirme aussi dans cette lettre qu’il enverra d’autres observateurs dans ces prisons pour se tenir au courant de l’évolution de la situation.
    Durant la première moitié de l’année 1968, les troupes nigérianes resserrèrent leur emprise sur le Biafra en l’encerclant. La campagne fut lancée en mars. En mai, le Biafra perdit Port-Harcourt, son dernier accès à l’océan, ce qui l’isola complètement. A partir de là, la situation empira pour le Biafra puisqu’il avait perdu des champs pétrolifères (sa principale source de revenus) et donc un accès à l’océan qui lui permettait de recevoir du matériel de guerre, des renforts mais aussi des produits de la pêche qui servaient de source principale de protéines pour les populations côtières dont font partie les Ibos.
    Avant le début de la guerre civile, la situation alimentaire du pays était déjà délicate. Mais avec l’encerclement total du Biafra, cela empira. Le gouvernement utilisa la famine comme arme de guerre pour faire plier la population ibo, de la même manière que les Ibos utilisèrent la faim pour contrer les troupes adverses. Ce qui eut pour conséquence de retarder l’action du CICR qui se proposait d’acheminer des vivres aux personnes en difficulté, car les deux camps y voyaient tout simplement une aide extérieure offerte à leurs ennemis. Finalement, les deux parties acceptèrent de laisser agir le CICR, mais en le prévenant que ce serait à ses risques et périls.
    Le CICR commença alors à acheminer de l’aide humanitaire en juillet 1968 mais dut attendre septembre pour tourner à plein régime (avec une moyenne de quinze vols par nuit pour plus de sécurité) . Durant les premiers mois de la guerre, les campagnes d’informations du CICR concernant le Biafra montraient des populations civiles soumises à une armée nigériane qui allait bientôt l’emporter . On accusa même le gouvernement fédéral de vouloir perpétrer un génocide, ce qui le força à accepter une enquête indépendante qui conclut qu’aucun génocide n’avait lieu au Nigeria ., ce qui encouragea l’opinion publique à faire des dons. Ces derniers dépassèrent tout ce qu’on aurait pu imaginer. En effet, pour la guerre civile nigériane, le CICR reçut 1,4 million de livres alors que son budget normal annuel pour l’époque est de 500’000 livres.
    En parallèle aux actions des ONG, les missions chrétiennes jouèrent un rôle important durant ce conflit. Le CICR se concentra plus sur les zones tenues par le gouvernement alors que les Eglises nationales s’occupaient plus du Biafra. D’où les échanges entre ces Eglises et le CICR .
    Au moment où le CICR commença à acheminer de l’aide humanitaire depuis l’île espagnole de Fernando Po , l’état des populations civiles était catastrophique et la situation sur le terrain évolua. En effet, en juillet de cette année, Charles de Gaulle envoya des armes au Biafra pour contrebalancer la puissance des troupes gouvernementales soutenues par les Britanniques et l’URSS. Jusque-là, l’armée nigériane avait avancé sans difficulté en territoire biafrais . Mais avec le nouveau soutien de la France, les rebelles purent endiguer la progression de leurs adversaires, sans pour autant casser l’étau qui s’était resserré sur eux. De gaulle savait très bien que le Biafra ne pouvait l’emporter, mais il espérait lui donner plus de marge de manœuvre durant les négociations. Cependant, cela ne se déroula pas comme il l’avait prévu.
    En effet, le lieutenant-colonel Ojukwu croyait que l’engagement de la France et des quelques pays qui avaient reconnu le Biafra comme état indépendant pourrait totalement inverser la situation. Il se montra donc intraitable et continua d’exiger l’indépendance du Biafra. Malheureusement pour lui, ses soutiens internationaux commencèrent à le lâcher du moment qu’il restait campé sur des positions que ceux-ci savaient utopistes. La situation s’empira alors drastiquement.
    L’armée nigériane avait réussi à encercler une grosse partie de la population ibo sur quelques milliers de kilomètres carrés suite à la prise de Port-Harcourt. Cette petite zone était trop petite pour abriter une telle masse de personnes. La famine et les privations s’abattirent alors sur ces déplacés pendant de longs mois, sans que les autorités rebelles ne cèdent quoi que ce soit sur le plan diplomatique. Et comme si cela ne suffisait pas, le conflit prit une tournure encore plus grave.
    Les forces nigérianes abattirent un avion du CICR en juin 1969, croyant qu’il s’agissait d’un convoi d’armes en direction des rebelles ibos. Suite à cela, l’organisation humanitaire décida de cesser les ponts aériens en faveur des populations locales, en particulier les Ibos, accélérant ainsi la détérioration des conditions de vie, ce qui provoqua finalement la mort de plus d’un million de civils.
    La guerre prit fin quelques mois plus tard. En décembre 1969, les troupes nigérianes lancèrent une vaste offensive sur plusieurs fronts contre la zone encerclée. En quelques jours les troupes rebelles furent mises en déroute et le lieutenant-colonel Ojukwu s’enfuit en Côte d’Ivoire, laissant son premier ministre traiter avec le gouvernement central. Ainsi, en janvier 1970, le Biafra signa un cessez-le-feu sans condition et il réintégra le Nigeria.
    On eut peur pour la population que les tensions durant la guerre découlent sur des vengeances après la signature de la paix, mais le gouvernement nigérian s’efforça d’apaiser la colère engendrée et mena une politique de réconciliation nationale .

    Conclusion

    La guerre du Biafra causa des millions de morts. A cause de la politique des rebelles, des soutiens extérieurs qui firent durer le conflit et d’un certain amateurisme de la part du CICR, les populations civiles (notamment les Ibos) souffrirent plus que ce qu’on aurait pu penser après quelques mois de conflit.
    En ce qui concerne les Ibos eux-mêmes, on peut dire que leur destin fut mitigé. Considérés comme réfugiés et rebelles par le gouvernement, ils subirent des emprisonnements arbitraires avec souvent des cellules surchargées, des violences interethniques et des déplacements de population de camps en camps.
    Néanmoins, il ressort quand même des témoignages que le CICR a pu rassembler que globalement, les conditions d’emprisonnement étaient plutôt bonnes et que les forces gouvernementales ne pratiquaient pas systématiquement des représailles. Finalement, il ressort aussi qu’à la fin du conflit, le gouvernement opta pour une politique de réconciliation entre les tribus nigérianes.
    Le grand drame pour les Ibos fut d’avoir trop résisté à Enugu aux yeux du gouvernement nigérian, ce qui impliqua les plus grosses exactions de cette guerre, mais surtout d’en être réduit à se rassembler dans une zone exigüe presque sans soutien extérieur alors qu’une terrible famine sévissait. L’aide étrangère aux politiciens rebelles qui crurent alors pouvoir l’emporter compléta la catastrophe.

    Bibliographie

    – Archives du CICR, B AG 219 147-001 Rapports de visites de camps au Biafra 26.07.1967-07.08.1969.
    – Le Nigeria contemporain, sous la direction de Daniel C. Bach, Editions du centre national de la recherche scientifique, Paris, 1986.
    – Nigeria, Richard Bourne, Zed Books, Londres, 2015.
    – The Nigerian civil war, John de saint Jorre, Hodder and Stoughton, Londres, 1972.
    – Entre coopération et concurrence: CICR, UNICEF, et organisations religieuses au Biafra, Marie-Luce Desgrandchamps, dans Relations internationales, No 152, Automne 2012, p. 51-62.
    – Dealing with «genocide» : the ICRC and the UN during the Nigeria-Biafra war, 1967-1970, Marie-Luce Desgrandchamp, dans: Journal of genocide research, Vol. 16, no 2-3, 2014, p. 281-297.
    – Organiser à l’avance l’imprévisible: la guerre du Nigeria-Biafra et son impact sur le CICR, Marie-Luce Desgrandchamps, dans Revue internationale de la Croix-Rouge: séléction française, Vol. 94, 2012-2014, p. 221-246.
    http://janguzaarewa.blogspot.ch/2014/01/breaking-myth-rethinking-myth-of-first.html

  • Modérateur
    Posts8350
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant, la guerre du Biafra fut influencée par des puissances étrangères, et cela passa entre autres par de nombreux mercenaires, la plupart européens, qui s’engagèrent pour le Biafra (mais presque tous d’abord pour l’argent).
    On distingue les mercenaires européens qui agissaient surtout par avion depuis l’île espagnole de Fernando Po (qui s’appelle aussi Sao Tomé, non?), et effectuaient du ravitaillement et des livraisons d’armes. Et quelques-uns qui s’engagèrent à partir du territoire du Biafra dans des actions de guerre. Parmi eux, on trouve le comte Von Rosen, un Suédois mercenaire pour nombre de “causes perdues” d’Afrique. Une de ses actions, l’acheminement d’avions qui permirent l’attaque de bases aériennes nigérianes, connut un franc succès et fut soutenu par la France.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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