Post has published by cuirassier

Ce sujet a 23 réponses, 9 participants et a été mis à jour par  Nathan, il y a 2 ans et 9 mois.

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  • Modérateur
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    Member since: 12 avril 2012
    http://img4.hostingpics.net/pics/791557Lagrandetactique.png

    Nous connaissons tous les batailles qui ont fait la renommée de Napoléon : Arcole, Austerlitz, Iéna Friedland… Pourtant il ne faut pas limiter le génie napoléonien à ce seul aspect tactique. Une grande part de ses succès revenait en effet à sa capacité à manœuvrer un grand volume de troupe ; avant la bataille pour commencer celle-ci dans une position avantageuse mais aussi après la bataille pour écraser définitivement l’ennemi.
    A l’époque napoléonienne, cette capacité de manœuvrer une armée à l’échelle de la campagne était théorisée sous le nom de : grande tactique.
    Le but de ce dossier va être tout d’abord de cerner le pourquoi de la création de cette discipline. Puis de comprendre qu’est-ce que la « grande tactique » et pourquoi elle fut l’une des clés des de la de Napoléon et enfin j’illustrerai les propos par un formidable exemple de sa réussite : le début de la campagne de 1805.

    Les origines :

    Le début de cette histoire est bien connu. Au cours du XVIIIème siècle, les effectifs des armées vont considérément augmenter, elles pouvaient dépasser désormais les 100 000 hommes. Cependant la seule discipline existante qui régissait alors l’usage d’une armée était la « tactique », c’est-à-dire l’art d’utiliser ses forces au combat lors de la bataille. Cela était donc insuffisant, il fallait théoriser l’emploi des troupes en dehors du champ de bataille. C’est en 1771 que le français Maizeroy ressort un terme qui avait disparu en Europe occidentale depuis l’antiquité, ce terme c’est celui de : « stratégie ». Mais le terme stratégie fut peu employé en France avant les écris de Jomini*.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/cf/Jomini_Antoine-Henri.jpg/250px-Jomini_Antoine-Henri.jpg Jomini

    En France on préférait la notion plus concrète de « grande tactique ». Et ce d’autant plus que le comte Guibert en donne une définition claire en 1772 dans son Essai général de Tactique : ” Il est nécessaire d’assembler ces unités, de les combiner, de les unir dans l’exécution des grandes manœuvres d’une guerre. C’est l’art de concevoir les méthodes d’exécution, de les planifier, de les diriger qu’on appelle grande tactique.”
    Maintenant que les français ont la doctrine, ils leur faillaient l’armée adéquate pour l’appliquer.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7d/Guibert.jpg/220px-Guibert.jpg Le comte de Guibert.

    Une des principales réformes militaires de Napoléon fut de créer officiellement les corps d’armée en 1800. Les corps d’armée sont des unités généralement composées de 3 divisions d’infanterie, 1 de cavalerie ainsi que leurs propres moyens en artillerie, génie, logistique et d’un état-major indépendant commandé par un maréchal, pour un effectif total d’environ 25 000 hommes. Ces corps d’armée sont en quelques sortes de petites armées miniatures et parfaitement autonomes. Il était en outre capable de résister à un adversaire plus puissant le temps qu’on leur envoi du renfort.

    http://www.1789-1815.com/images/ImJ/b_coppens_969_50w.jpg Un chasseur à cheval. La cavalerie des corps d’armée était composée de cavalerie légère : chasseurs ou hussards. Ses rôles étaient : La reconnaissance au-delà de la ligne de front, contrer les reconnaissances ennemies, couvrir le front et les brèches entre les unités et Poursuivre et écraser les forces ennemies en déroute.

    A suivre qu’est-ce que la grande tactique ?…

    ———–
    * C’est Jomini, un stratégiste qui participa et analysera les guerres napoléoniennes, qui popularisa le terme de stratégie en France. Ce terme n’était en effet rarement utilisé par les français qui lui préféraient la notion de grande tactique. Napoléon lui-même ne prit connaissance du terme de stratégie que lors de ses lectures de Jomini à Saint Hélène…

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
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    Member since: 1 mai 2013

    J’aime j’aime j’aime j’aime ça ! Merci de choisir ce thème, car le mot “stratégie” va de soi de nos jours et il est employé à toutes les sauces (ce qui lui fait d’ailleurs perdre de la valeur…) or ce n’était pas forcément le cas (pas du tout ?) à cette époque où pourtant il y en avait de la stratégie !
    Tu fais bien de dire que Napoléon créa officiellement les corps d’armée car c’est bien Guibert qui les théorisa bien avant.
    Bonne continuation, à suivre avec impatience !

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Je suivrai ce dossier de près, d’autant que Napoléon avait souvent tendance à décourager ses adversaires par ses manœuvres rapides et redoutables, lui permettant d’engager le combat de manière favorable.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Qu’est-ce que la grande tactique ?

    Maintenant que nous connaissons les origines de la grande tactique et son outil principal : les corps d’armée, nous pouvons entamer la description de son fonctionnement. La grande tactique c’est donc l’usage de l’armée en dehors de la bataille (cadre tactique) ses buts sont :
    – Avant la bataille : des manœuvres préliminaires pour se mettre dans une position avantageuse pour bien débuter le combat.
    – Après la bataille : achever l’adversaire au cours de la poursuite.
    C’est une véritable révolution avec ce qu’il se faisait avant, car ainsi la bataille n’est plus considérée comme le seul facteur de victoire. Il est désormais intégré un facteur de manœuvre opérationnel.

    http://napoleon-livre.com/photos_portraits/allemagne-pologne-campagne/napoleon-grand/napoleon-bonaparte-grande-armee-campagne-allemagne.jpg Les soldats disaient de Napoléon qu’il « gagnait les batailles avec nos jambes ». En effet la vitesse de déplacement des troupes de la Grande Armée est un avantage déterminant dans la guerre de mouvement.

    Revenons sur l’avantage procuré par les corps d’armée. En divisant l’armée en plusieurs blocs, on crée une articulation entre chacun de ces blocs et évidement plus l’armée a d’articulations* plus elle est souple et plus elle peut faire des manœuvres complexes. S’il n’y avait pas ce découpage, l’armée serait un gros monobloc incapable de manœuvrer à part de se diriger droit vers le champ de bataille et elle serait particulièrement lente car toutes ses nombreuses troupes seraient embouteillées sur les mêmes routes. Les avantages du corps d’armées sont donc :
    – De procurer la souplesse nécessaire pour manœuvrer à l’échelle de la campagne.
    – D’accroitre la vitesse des manœuvres car chaque corps d’armée emprunte une route différente.

    http://www.e-monsite.com/s/2009/03/08/grande-armee/16703212281947937-1-jpg.jpg Les soldats de la révolution et de la Grande armée avaient un excellent moral, c’est que Napoléon appelait le « feu sacré » et qu’il savait parfaitement exploiter et entretenir. Ici des cuirassiers à la charge, leur rôle est la rupture du front ennemi. Ils étaient rattachés à la réserve de cavalerie du maréchal Murat.

    L’un des principes tactiques fondamental de l’art de la guerre napoléonien est : la concentration des efforts. C’est-à-dire la capacité de réunir à un point précis du front des troupes supérieures à l’ennemi en effectif, en moral et en organisation. Ainsi, bien que l’armée soit divisée en plusieurs corps évoluant sur des routes différentes, ces différents corps restent suffisamment près les uns des autres pour s’entraider en cas de besoin. Comme je l’ais dis plus haut, les corps d’armée sont suffisamment puissants pour résister à l’ennemi le temps que les autres corps les rejoignent et ainsi ils acquièrent une supériorité locale sur le champ de bataille. La grande tactique permet cette réunion des troupes par la manœuvre, cette dernière qui ne doit pas être considérée comme un simple déplacement mais une véritable convergence de forces (effectif, moral, organisation).

    http://marechal.davout.free.fr/Artillerie_Auerstaedt_fichiers/image003.jpg Chaque corps d’armée disposait de sa propre artillerie. Mais Napoléon disposait aussi d’un Grand parc d’artillerie, sorte de réserve de canons qu’il projetait sur le point où il désirait avoir une supériorité écrasante.

    A présent les définitions du stratégiste Jomini vont nous être utiles :

    La ligne d’opération ; c’est la direction générale que prend une armée. Elle commence là où les troupes partent en campagne (base d’opération) ; qui est généralement un dépôt logistique (voir lexique pour la définition de logistique) et elle se termine sur l’objectif à atteindre.

    La ligne de communication ; c’est là ligne où circule la logistique, les renforts et à une époque où les moyens de communications modernes (radio, téléphone…) n’existaient pas, c’est par la ligne de communication que circulaient les messages.

    Les lignes de manœuvres : Si la ligne d’opération désigne la direction générale d’une armée, il est possible de s’en détourner temporairement pour profiter d’un avantage du terrain (exemple : une meilleure route) ou pour prendre un avantage sur l’ennemi (concentration des efforts, lui couper sa ligne de communication…). Ces détours ponctuels sont les lignes de manœuvres.

    La grande tactique c’est donc l’art de faire suivre à l’armée une direction générale appelée :ligne d’opération et de faire manœuvrer les corps d’armée autour de cette ligne d’opération pour prendre un avantage sur l’ennemi. Le tout en garantissant la sécurité de sa ligne de communication et d’essayer de couper celle de l’adversaire.

    Voilà ce que cela donne :
    http://img4.hostingpics.net/pics/468612lignedoprationgrandetactique.png Des bases logistiques intermédiaires sont établies tout le long de la ligne de communication, ces bases permettent aussi aux corps d’armée de s’écarter de la ligne d’opération. Les lignes de manœuvres des différents corps d’armées suivent néanmoins la direction générale donnée par cette même ligne d’opération.

    Napoléon avait deux types de manœuvres favorites qu’il appliquait aussi bien sur le plan tactique qu’à l’échelle de la campagne (opérative). Il en utilisait une ou parfois il combinait les deux. Ces manœuvres sont :

    La manœuvre sur les lignes intérieures ou aussi appelée la manœuvre en pivot . Elle consiste à se glisser entre deux armées ennemies pour les battre séparément. Ainsi la ligne de communication d’une de ces armées est menacée, ce qui le force à se retourner pour engager la bataille (front inversé). Cette manœuvre a le défaut qu’elle expose sa propre ligne de communication.

    La manœuvre sur les lignes extérieures ou aussi appelée manœuvre sur les arrières. Elle consiste à profiter de la vitesse pour envelopper l’ennemi, lui menacer sa ligne de communication et enfin de l’engager avec une supériorité locale sur un point précis de son dispositif.

    http://img4.hostingpics.net/pics/728482maneouvresparlignes.png Pour le cas de la manœuvre sur les lignes intérieures, l’armée ennemie va devoir se retourner, inverser son front si elle ne veut pas que sa ligne de communication soit coupée. Il est aussi nécessaire de prendre des dispositions (diversions, défenses…) pour empêcher le reste de l’armée ennemie d’arriver à temps pour secourir leurs camarades.

    Nous verrons dans la prochaine partie de ce dossier le déroulement du début la campagne de 1805, où il a parfaitement combiné ces deux manœuvres…

    ———–
    * Articulation de l’armée :voir l’excellent sujet de @nizam al-Moulk : Span of command – l’Envergure du commandement

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  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    La campagne de 1805 : de Boulogne à Ulm.

    En ce mois d’aout 1805 Napoléon a répartit un peu moins de 200 000 hommes le long de la côte bretonne jusqu’à la Hollande. Son objectif est clair ; traverser la Manche et envahir le Royaume Uni. Cependant le 12 aout il apprend qu’une coalition fomentée par les anglais entraine les empires d’Autriche et de Russie – entres autres – à l’attaquer par l’Est ! Il n’a donc d’autre choix que de faire une réorientation stratégique ; le front décisif ne sera pas l’Angleterre mais l’Europe centrale.

    http://www.napoleonicsociety.com/images/aust6_0013.jpg Le départ du camp de Boulogne sur mer. Les troupes françaises disposent d’une grande proportion de vétérans additionnée au dynamisme des nouvelles recrues. Rarement la France n’a eu une si bonne armée.

    Pour renverser cette situation stratégique désavantageuse il dispose néanmoins d’une excellente armée. Celle qui à partir du 29 aout devint la Grande Armée comprend 178 000 hommes bien équipés, expérimentés et avec un excellent moral. Les troupes ont aussi bien profité de ces dernières années d’inactivités pour parfaire leur entrainement. Napoléon a modernisé son armée notamment via la création de corps d’armées qui sont au nombre de 7 :
    1er Corps d’armée : Maréchal Bernadotte qui occupe le Hanovre (Nord de l’Allemagne) précédemment sous contrôle anglais. Il ne put rejoindre le reste de la Grande Armée qu’après la traversé du Rhin.
    Le 2ème (général Marmont), 3ème (Maréchal Davout),4ème (Maréchal Soult), 5ème (Maréchal Lannes), 6ème (Maréchal Ney) et le 7ème du Maréchal Augereau qui n’a pas participer aux opérations que nous étudierons ici.
    A cela il faut bien évidement ajouté la réserve de cavalerie du Maréchal Murat, le Grand parc d’artillerie et la Garde Impériale.

    http://www.napoleonicsociety.com/images/MACK.jpgLe général Mack a commencé simple soldat puis à gravit tous les échelons. Il devint même commandant en chef des troupes autrichiennes en faisant miroiter ses compétences à l’empereur d’Autriche. Sauf qu’il se surestime et qu’il est un général totalement incompétent.

    La ligne d’opération pour ces différents corps d’armée va donc être de se déplacer, chacun par sa propre route, de la côte française (28 aout) pour se regrouper le plus rapidement possible au Rhin (27 septembre). Là-bas ils vont aussi se joindre aux alliés du Bade, du Wurtemberg et les bavarois (+30 000 hommes).
    Face à lui s’oppose les autrichiens du général Mack (72 000 hommes) qui ont imprudemment envahi la Bavière et qui attendent les renforts du Maréchal russe Koutousov (38 000 hommes).

    L’intention de Napoléon est simple ; il veut battre les autrichiens et les russes séparément. Pour cela il va manœuvrer dans les lignes intérieures, c’est-à-dire entre les deux armées ennemies, tout en manœuvrant sur les arrières de l’armée autrichienne pour lui couper la route de Vienne. Ainsi les autrichiens, isolés des russes, de leur capitale (Vienne) et donc de leur ligne de communication, seront obligés de livrer une bataille où Napoléon espère les écraser…

    Du Rhin au Danube :
    http://img15.hostingpics.net/pics/588897duRhinauDanube1805.png Les manœuvres des différents corps et de la réserve de cavalerie (RC) entre le Rhin et le Danube. La Garde et le Grand parc d’artillerie suivent juste derrière au centre. Notez les manœuvres de diversions dans la forêt noire pour que Mack continue à croire que les français viendront par l’Ouest alors qu’ils vont lui couper la route de Vienne à l’Est de Ulm…

    Afin d’appliquer son plan Napoléon veut faire passer l’ensemble de son armée sur la rive droite (Sud) du Danube, ce qui sera fait le 7 octobre. Vu la probabilité qu’une bataille s’engage Napoléon applique le principe de concentration des efforts ; ainsi le front formé par ses corps d’armée passe de 200 km de large à seulement 70 km entre le 27 septembre et le 7 octobre !

    A partir de là Napoléon a 3 hypothèses sur la réaction des autrichiens :
    1. Les autrichiens retraitent vers l’Est pour rejoindre les russes et Vienne. Ce qui permettrait aux français de les prendre de flanc.
    2. Ils se réfugient au Sud vers les montages du Tyrol.
    3. Les autrichiens passent sur rive gauche et s’enfuient vers la Bohème coupant au passage la ligne de communication des français !
    Napoléon n’a pas une idée précise d’où se situe le gros des forces ennemis et le manque de résistance au passage du Danube fait lui fait croire que les autrichiens sont sur la rive droite et qu’ils s’enfuient vers le Tyrol.

    Plan de Napoléon après le 7 octobre : Attention ceci est différent du véritable déroulement !
    http://img15.hostingpics.net/pics/782599leplandeNapolonen1805.png Le 1er corps et les bavarois poursuivent vers Munich. Les 5 et 6ème corps et la Réserve de Cavalerie (RC) doivent poursuivre les autrichiens qui en théorie s’enfuyaient vers le Tyrol. Les 2, 3 et 4ème corps plus la Garde et le Grand parc d’artillerie restent au centre en attendant de connaitre la véritable position de l’ennemi et peuvent si besoin soutenir l’aile gauche ou l’aile droite.

    Sauf que la réalité c’est que le général Mack –en dehors de toute logique militaire- s’est laissé enfermer dans Ulm ! Et c’est finalement la 3ème hypothèse qui est la bonne car deux colonnes, commandées par Werneck et Riesh, sortent d’Ulm et progressent vers le Nord Est !
    C’était au Maréchal Ney de protéger la ligne de communication française et de s’emparer de Ulm, sauf qu’il n’envoi que la division Dupont car il ne s’attendait pas à y trouver le gros de l’armée autrichienne ! La division Dupont subit donc une défaite à Haslach le 11 octobre et se replient face à des troupes autrichiennes largement supérieures en nombres.
    Le général Mack jubile, il surestime sa victoire et lance la poursuite de l’armée française alors qu’il n’a fait reculer qu’une division…
    Napoléon saisit enfin où est l’ennemi et il réprimande Ney parce qu’il n’a pas pris les décisions nécessaires (manque de soutien à la division Dupont et les ponts sur le Danube n’ont pas été gardés).

    Ce qui s’est vraiment passé :
    http://img15.hostingpics.net/pics/986460cequisestpass.png Les autrichiens ne s’enfuyaient pas vers le Tyrol mais s’étaient enfermés à Ulm. Deux colonnes autrichiennes (Werneck et Riesch) repoussent la division Dupont. Le 5ème, 6ème Corps ainsi que la Garde et la réserve de cavalerie repassent le fleuve à Elchingen puis encerclent définitivement Ulm. Murat poursuit et anéantit Werneck.

    Napoléon réagit, il faut enfermer définitivement les autrichiens à Ulm. Il ordonne aux autres divisions du corps de Ney suivis des corps de Lannes, de la Garde et la Réserve de Cavalerie de repasser en force le Danube à Elchingen le 14 octobre. Les autrichiens de Reisch y sont défaits se replient à Ulm.
    Ney, Lannes et la Garde encerclent donc Ulm sur la rive gauche. Sur la rive droite Marmont encercle depuis l’Est et Soult par le Sud. Murat poursuit et détruit la colonne de Werneck qui tentait de s’enfuir en Bohème.
    Bernadotte et Davout quant à eux continuent à poursuivre les restes d’unités autrichiennes à l’Est et doivent éventuellement ralentir les russes, mais ces derniers sont encore à plus de 100 kms et ne pourront rien pour sauver Mack… Ce dernier capitule le 20 octobre 1805 avec 27 000 de ses hommes.

    A suivre une petite conclusion…

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  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    On peut trouver sur ce site une description de la manœuvre d’Ulm avec des images sympathiques. 🙂

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    On peut trouver sur ce site une description de la manœuvre d’Ulm avec des images sympathiques. 🙂

    Mes schémas et mes explications ne te conviennent pas? :pinch: 🙁 (snif…)

    Nan sérieux si il y a des détails qui vous paraissent peu clairs n’hésitez pas à me le dire. Ce qui me parait évident parce que j’ai lu beaucoup avant de faire ce dossier n’est peut être pas évident pour tous. Tous vos conseils pour que je suis plus compréhensible me seraient très précieux.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts516
    Member since: 17 août 2012

    On peut trouver sur ce site une description de la manœuvre d’Ulm avec des images sympathiques. 🙂

    Mes schémas et mes explications ne te conviennent pas? :pinch: 🙁 (snif…)
    [/quote]

    Tes explications sont parfaites ! Et tes schémas compréhensibles (mais je trouve les images du site un peu mieux quand même :whistle: )

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Tes explications sont parfaites ! Et tes schémas compréhensibles (mais je trouve les images du site un peu mieux quand même :whistle: )

    Pour être honnête en cherchant des images je suis tombé sur ces cartes et j’ai pensé les prendre. Puis finalement pour quelques détails (taille, division Dupont, indications géographiques etc…) j’ai – peut être à tord – fais mes propres schéma. Je prend note et la prochaine fois j’essayerai de trouver des cartes plus claires. Donc oui ces cartes peuvent être un bon complément à ce dossier.

    Sinon vous noterez des petites différences avec mes schémas par exemple Murat et sa Réserve de cavalerie sur la rive Sud. En fait les troupes de Murat étaient sur les deux rives, une partie poursuivaient Werneck et l’autre suivait le centre français mais pour ne pas alourdir le dossier je n’ai pas évoquer cette division de la réserve de cavalerie.

    Sinon il place Lannes là où j’ai placé Marmont, c’est à dire pour l’encerclement d’Ulm par le Sud. Mais j’ai bien deux sources sous mes yeux qui attestent que Lannes était bien sur la rive gauche pour encercler la ville par le Nord. Ce qui est logique car il suivait le Maréchal Ney quand celui a retraversé le Danube à Elchingen et je ne pense pas que Napoléon aurait laissé Ney seul sur la rive gauche face aux troupes de Mack…

    Mais tout ceci ne sont que des détails, le but ici est de retenir l’idée générale de la manœuvre et l’on pourra voir ensemble les enseignements à retenir dans la conclusion à venir prochainement.

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  • Participant
    Posts1957
    Member since: 23 avril 2012

    additionnée au dynamisme des nouvelles recrues

    Je ne crois pas qu’ils fussent tous volontaires et pret à se battre pour la France :whistle:

    Sinon, comment murat à-t’il vaincu la colone autrichienne? Avec juste de la cavalerie? Comment?

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    @learchusfull
    Les nouvelles recrues n’étaient pas des volontaires, mais Napoléon favorisait les réengagements pour garder les vétérans expérimentés dans ses troupes. Ainsi au départ de Boulogne 43.5% des soldats français ont déjà fait au moins 1 campagne, c’est juste énorme ! Et cela sont des volontaires.
    Et toutes les sources attestent que le moral des troupes françaises était excellent. Ils savaient qu’ils avaient un excellent commandant en chef, des officiers et sous-officiers expérimentés et l’entrainement très poussé rassurait les recrues. Il y avait aussi encore l’élan révolutionnaire et les souvenirs des campagnes victorieuses précédentes… Bref les soldats étaient extrêmement confiants sur la probabilité d’une victoire française et ce d’autant plus qu’ils sont bien récompensés en primes, promotions, médailles, gloire, richesse, honneur et parfois même titre de noblesse…

    Concernant la poursuite de la colonne de Werneck, celle-ci s’est faite par la cavalerie de Murat et la division Dupont jusqu’à la frontière prussienne. Les autrichiens étaient démoralisés, ils abandonnèrent leur artillerie et leur convoi pour aller plus vite. Les autrichiens se rendaient en masse aux cavaliers français sans grande résistance. Les français vont se saisir de 15 000 prisonniers avec tout leur équipement, seul l’Archiduc Ferdinand parvint à s’enfuir avec quelques cavaliers.

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  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Je réagit sur ce sujet, et tu a parfaitement expliqué les concept de ligne d’opération et de grande tactique, même si j’attends de voir la conclusion avant de statuer définitivement ;).

    Personnellement, j’ai trouvé tes schéma très bien. A la différence des schémas cités, on remarque parfaitement la différence entre corps d’armée et division.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Conclusion :

    Cette campagne nous apporte plusieurs enseignements sur l’art de la guerre napoléonien :

    Sur le plan stratégique :
    – Napoléon, si on prend en compte tous les théâtres d’opérations de cette IIIème coalition (Europe central, Hanovre, Italie…), a deux fois moins de troupes que les coalisés. Mais il sélectionne celui qu’il juge décisif (Europe central) où il y concentre ses forces et sur ce théâtre d’opération particulier c’est lui qui deux fois plus de troupes. Ainsi en menaçant avec succès Vienne, il force les autrichiens à renoncer au front italien.
    – Il même une intense diplomatique pour se faire des alliés (Bade, Wurtemberg et la Bavière) qui lui fournissent des troupes et protège sa ligne de communication. Il applique aussi ces efforts pour s’assurer de la neutralité de la Prusse.

    http://www.artchive.com/web_gallery/reproductions//188501-189000/188859/size1.jpg Célèbre représentation de la capitulation de Ulm. Pendant une cérémonie de 3 heures 27 000 autrichiens vont défiler et jeter leurs armes au pied de la Grande armée

    Sur le plan : de la grande tactique (opératif) :
    – Des officiers sont envoyés en reconnaissance en Bavière avant les opérations afin de reconnaitre les routes, les mouvements ennemis etc…
    – Opérations de déception (diversion) dans la forêt noire pour que l’ennemi se trompe sur la ligne d’opération des français.
    – La Grande Armée manœuvre sur les lignes intérieures entre les armées russes et autrichiennes pour les battre séparément.
    – Napoléon manœuvre sur les arrières des autrichiens pour leur couper leur ligne de communication et ainsi les pousser à l’affrontement, bien que ceux-ci décideront de s’enfermer dans Ulm.
    – Difficulté à connaitre la position réelle du gros de l’ennemi et ce d’autant plus que la réaction de Mack est illogique.
    – Principe de concentration des efforts : plus on s’approche de là ou aura lieu l’affrontement, plus les corps d’armée se rapprochent. Le but est de toujours obtenir une supériorité locale sur l’ennemi en profitant de la vitesse des manœuvres.

    http://www.napoleonicsociety.com/images/aust10_0006.jpgPassage en force du pont d’Elchingen par le corps du Maréchal Ney. Les autrichiens seront défaits au niveau du couvent sur la colline.

    Ainsi en moins d’un mois, l’armée autrichienne va perdre 60 000 hommes (tués, prisonniers…) pour la perte de seulement 2 000 français ! Ce qu’il faut noter c’est qu’il y eu assez peu de combat, ce n’est donc pas la tactique qui a permis de remporter la victoire, mais bien les manœuvres à l’échelle de la grande tactique, à l’échelle opérative.

    Finalement après 1815, les français feront peu d’efforts pour développer l’idée de grande tactique. Les autres pays d’Europe adopteront eux aussi le système des corps d’armée. En Allemagne sous Moltke ont développera l’idée d’opération ; c’est-à-dire que l’on planifiera la manœuvre de la grande tactique* en temps de paix, dès que la guerre commençait il ne suffisait plus qu’à donner l’ordre et la mécanique s’enclencher…

    Alors la grande tactique ce n’est pas de l’art opératif. Ce dernier apparaitra vraiment avec l’apparition de moyens de communication modernes et avec le chemin de fer et surtout, selon Benoit Bihan, il faudra attendre la guerre de sécession pour voir une véritable volonté de combiner les opérations, avant qu’il soit définitivement théorisé par les soviétiques en 1936.
    Néanmoins la grande tactique peut être considérée comme un de ses ancêtres, ce que certains appellent le « proto opératif ».

    Voilà fin de ce dossier, j’espère qu’il vous a plus et qu’il était clair et compréhensible. Dans l’exemple de 1805 il manque cependant l’aspect poursuite de la grande tactique, j’envisage donc de faire un dossier sur la campagne de 1806 qui fut un magnifique exemple de poursuite réussie.

    ———-
    *Les allemands ne parlaient pas de grande tactique mais de stratégie. Du moins l’ancienne définition de la stratégie car cette dernière a depuis bien été élevé à la gestion des hautes sphères de la guerre.

    Sources :
    – Gloire et empire n°3
    – Les plus belles victoires de Napoléon edition Atlas.
    – Qu’est-ce que l’art opératif ? de Stéphane Mantoux
    – Frontière conceptuelles entre stratégies, opérations et tactique dans l’art de la guerre par Hebert Rosinski
    – Lire Jomini par Bruno COLSON
    – Plus une multitudes d’autres sources pour les détails

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Merci pour ce dossier, Cuirassier, toujours aussi clair et instructif que ses prédécesseurs ! 😉

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    L’affrontement entre Murat et la colonne de Werneck n’est il pas justement un exemple de poursuite réussi ? (affrontement semble un bien grand mot d’ailleurs)

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    L’affrontement entre Murat et la colonne de Werneck n’est il pas justement un exemple de poursuite réussi ? (affrontement semble un bien grand mot d’ailleurs)

    Oui c’est vrai mais elle n’implique qu’une partie de la Réserve de cavalerie et la division Dupont affaiblie. Il y a eu peu de poursuite car le gros des troupes autrichiennes étaient encerclés. Je pense faire un dossier sur la campagne de 1806 qui est un exemple bien plus parlant de poursuite car elle a impliqué l’ensemble de la Grande Armée et qu’elle a permis de détruire tout le reste de l’armée prussienne après Iéna.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts860
    Member since: 1 mai 2013

    Super Cuirassier, très bon dossier ! tu as décidé de te consacrer à l’ère napoléonienne afin de mieux cerner les concepts contemporains ? 😉
    Et j’ai remarqué que j’avais fait une énorme bourde dans mon 1er post sur ce dossier… j’avais précisé que Guibert était à l’origine des corps divisionnaires… ce qui est absolument faux puisque c’est le Maréchal de Broglie après la Guerre de Sept Ans ! :S Désolé de l’intox involontaire. C’est donc à Broglie que Napoléon peut dire merci pour l’héritage qu’il lui a légué !

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Napoléon avait aussi lu Guibert, et conseillait vivement sa lecture. Je ne saurais dire exactement ce qu’il en a retiré, mais en tout cas il l’avait marqué.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    Super Cuirassier, très bon dossier ! tu as décidé de te consacrer à l’ère napoléonienne afin de mieux cerner les concepts contemporains ? 😉

    Il faut savoir que quand j’ai commencé à m’intéresser à l’Histoire militaire et à la stratégie, j’ai débuté avec Napoléon, puis la seconde guerre mondiale puis au conflit après 1945. Un prof m’avait même autorisé à faire un cours à mes camarades sur les guerres napoléoniennes !
    Par contre je reconnais qu’avant le XIXème siècle c’est pour moi le quasi néant. Malheureusement mes lectures des conflits contemporains me laissent peu de temps pour m’intéresser aux autres époques.

    Pour revenir au sujet, c’est indéniable que Napoléon a lu Guibert qui à l’époque était THE stratégiste à la mode. Sinon le Maréchal de Broglie n’est-ce pas plutôt l’inventeur des divisions ?
    Et les corps d’armés étant quant à eux expérimentés par le Maréchal Moreau en 1796 ?

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Je pense faire un dossier sur la campagne de 1806 qui est un exemple bien plus parlant de poursuite car elle a impliqué l’ensemble de la Grande Armée et qu’elle a permis de détruire tout le reste de l’armée prussienne après Iéna.

    Si tu penses avoir un bon exemple de poursuite dans la grande tactique bien meilleur que la poursuite sur laquelle je m’était interroger, je ne peux que souhaité que tu le traite ;).
    D’ailleurs, je serait ravis de te demander ton avis sur une autre campagne en la matière : Trafalgar. C’est peut être naval et un fiasco, mais j’ai l’impression qu’il y a des principes qui ont été piqués à la grande tactique.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    @saganami

    Je ne connais pas trop la guerre navale mais j’ai lu que Trafalgar n’était pas la bataille décisive que l’on nous décris si souvent, car la marine française n’a pas été totalement détruite. La vraie victoire des anglais c’est d’avoir conserver une flotte permanente sur les mers, qui grâce à des frégates, contrait les navires français qui harcelaient le commerce britanniques.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Non, Trafalgar ne peux être qualifier de campagne décisive, sauf si on regarde les objectifs français qui étaient bel et bien de préparer le terrain pour une invasion depuis le camps de Boulogne.
    La destruction quasi totale de la flotte du ponant (Toulon) oblige cependant à rester extrêmement prudent et diminue beaucoup la guerre de course dont tu parles.

    Je citais cependant la campagne de Trafalgar car elle particulièrement spéciale. En effet, c’est la première fois que l’on tente de combiner les efforts des quartes escadres française alors qu’auparavant, les campagnes de chacune se déroulaient plus de manière indépendante, et les combinaison se faisait sans anticipation. Dans le plan de Napoléon (possiblement de Latouche Tréville), on retrouve beaucoup de principes qui ressemblent à la grande tactique : comme la concentration des effort et la recherche d’un but stratégique (même si le scoring n’a jamais été une caractéristique de la guerre navale) et surtout l’importance de la commmunication (qui fut déficiente et explique en grande partie l’échec). La bataille n’est au final que la conclusion désastreuse de cette campagne morte née (seul l’Escadre de Villeneuve réussira à réaliser sa première étape du plan)

  • Participant
    Posts578
    Member since: 20 octobre 2013

    Suberbe dossier Cuirassier, 😉
    et j’ajoute que la campagne de 1800 est un ex de ligne interieure ou Napoleon protege sa ligne d’operation par ses manoeuvres en occupant le terrain jusqu’a Milan en s’appuyant sur l’Adda, de meme que celle de l’allemagne ou Moreau passe a l’action, tandis que les autrichiens ce trouve en ligne exterieure, ligne sous menace de l’armée française.

    Comme quoi, la ligne interieure n’est pas forcément mise en danger par cet ex.

    http://www.monatlas.fr/Hist/z_napoleon/20T_Napo.htm

  • Participant
    Posts932
    Member since: 20 décembre 2014

    Tres beau dossier.

    Il faut savoir aussi que les manœuvres de Napoleon recherche la bataille strategique qui influera decisivement sur la campagne, comme Austerlitz, ce qui n’a pas ete dit ou pas assez mis en valeur, 😛 ou comme en 1806, l’approche en “bataillon carré” lui permettrait d’intervenir au secours immediat d’un de ces corps qui serait attaqué, en passant par Bamberg, il infligea aux prussiens des coups decisif, rapidement, ou tout en protégeant sa ligne d’operation par une riviere, menace celle de l’ennemi pris au depourvu et forcé a la bataille en lui interdisant aussi la retraite sur Berlin ainsi que par une diversion operé avec Davout.

    Ceci repose sur des principes sain, la protection garantit de sa ligne d’operation par un obstacle naturel, la surprise, la destabilisation de l’adversaire et l’exploitation de sa division par la vitesse, dont la concentration Française operé rapidement sur un objectif precis, l’armée principale, qui va decider rapidement du sort decisif des prussiens et dont on menace la ligne retraite, n’a d’autre choix que le combat, perdu d’avance, car en etat d’inferiorité numerique.

    La manœuvre a fonctionné a plein.

    Il ne reste plus qu’a poursuivre un ennemi battu qui ce demoralise tout en l’empêchant d’aller vers Berlin.
    La poursuite continuera a travers la prusse, ou il y aura divers combats perdu d’avance suivit prafois de reditions, jusqu’à Lucbek, ou un certain Blucher ce rendra.

    Mais pour reussir a diviser l’ennemi, prusso-russe, il a exploité cette confiance mal placé des prussiens en leur armée en feignant la crainte d’abord, action pyschologique, en ce plaçant vers Schweinfurt en position defensive, non loin du rhin, ou les prussiens deliberant, choisirent d’aller aux combats, trop confiant, sans attendre les russes…et présentèrent leurs flanc, prit de vitesse, mal leur en prit.

    En deux mois, la prusse est ecrasé, l’Europe tremble, frappé de stupeur.

    http://www.monatlas.fr/Hist/z_napoleon/40T_Napo.htm

    http://images.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.monatlas.fr%2FHist%2Fz_napoleon%2Fimages%2F43_1806_4_Iena_14h.gif&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.monatlas.fr%2FHist%2Fz_napoleon%2F43_Napo.htm&h=802&w=829&tbnid=s4BKj9hnjvyulM%3A&docid=r6itsUBSyAOLSM&ei=-_0kV5GtFcvHgAb6tarICw&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=272&page=1&start=0&ndsp=25&ved=0ahUKEwjRltKjg7fMAhXLI8AKHfqaCrkQMwgjKAMwAw&bih=878&biw=1055

    Mais ce succés est du aussi a cette armée consideré comme la plus rapide et la plus solide du monde.

24 sujets de 1 à 24 (sur un total de 24)

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