Post has published by Noble 7

Ce sujet a 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 1 semaine et 6 jours.

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    Member since: 6 novembre 2015

     

     

     

    Petit dossier de rien du tout.  J’ai voulu faire un truc rapide donc cest normal que ca parraisse technique.

    Concept et doctrine sont deux définitions distinguables mais pourtant si proches qu’elles s’expliquent mutuellement; là où la doctrine correspondrait à un schéma de “comment faire la guerre”, le concept, la conceptualisation, révèle plus du philosophique, “qu’est ce que la guerre” et ainsi créer des idées, amenant à une doctrine en causalité avec la réponse. Les visions américaine et russe de la guerre sont connues, et très bien documentées; sans est tout le contraire de la Chine, la République Populaire de Chine qui reste un mystère total. Cela peut s’expliquer par une certaine attention au gouvernement pour ne pas trop divulguer d’informations qu’il considérerai trop importante, mais aussi un très bref service opérationnel de la Chine pendant la guerre froide.

    Premiere partie-la conception operationnelle

    Dans les opérations militaires modernes, il est presque impossible de retrouver les formes d’exercices militaires qui dépendent de l’informatique. La navigation et la géolocalisation ne sont plus faits avec des compas, des sextants ou des cartes, mais avec satellites. La reconnaissance physique est complétée par des moyens électroniques et une gamme de capteurs utilisés sur terre ou dans l’air, la mer et l’espace. Les systèmes informatiques vont supporter les activités de logistique comme le réapprovisionnement et ravitaillement en carburant, et faciliter la gestion du personnel et des blessés. Cette technologie instantanée permet l’échange de données fournissant aux commandants et forces une conscience partagée du champs de bataille. Bref, l’informatique est le futur de la guerre, et ça, la Chine l’a bien compris.

    À partir des années 1970, la réaction américaine à la doctrine soviétique, en cas de guerre en Europe, était l’AirLand Battle, un plan d’attaque intégré utilisant la force aérienne, les forces d’opérations spéciales, l’artillerie, les blindés et la guerre électronique en une même force. Cette doctrine ne se base en elle même sur aucuns principes inconnus, mais fait part du informatisation à outrance cherchant à créer un seul et même système informatique. La People Liberation army, PLA, armée de terre chinoise, ira alors incorporer tous ces concepts dans ce qu’elle appelle désormais la «guerre électronique en réseau intégré», ou INEW: l’accent est mis sur l’attaque intégrée par réseau d’information, soulignant la guerre électronique et la guerre informatique pour détruire les systèmes d’information de l’ennemi et préserver son propre système. Grâce aux progrès technologiques, la Chine est entrée dans une ère où l’information est le concept militaire du présent et de l’avenir. Ainsi sera créé le concept de guerre informationalisée», (xinxihua zhan-化 战), «l’ informationalisation»: mettre l’accent sur l’intégration de toutes les opportunités et technologies offertes par l’ère de l’information et leur intégration dans les systèmes militaires.
    L’informationalisation peut être considérée alors comme une reponse extreme au retard prit par la Chine communiste pendant la Guerre froide. Elle releve à une entière re-conceptualisation de la guerre qui ne se limite pas à des avantages électroniques mais une nouvelle manière de réfléchir, combattre. Ainsi le champs de bataille reçoit une nouvelle dimension, informatique. Pour mieux comprendre, il n’y a qu’a voir l’informatisation quasi “à outrance” de l’armée chinoise; Le JLSF (Joint Logistic Support Force), mis en place en 2016, est caractérisé par un centre Big Data à support commun pour soutenir l’intégration et le partage de l’information pour permettre prises de décision et réaction rapides. L’on retrouve aussi les réseaux de soutien logistique communs théâtrales (Theater joint logistics support networks) et les réseaux d’échange informatiques militaires (military traffic information networks) qui vont prendre en charge la répartition efficace des unités logistiques-Une carte informatisée universelle sur la répartition des supports logistiques est affichée sur un support logistique commun intégré qui va fournir une image opérationnelle de la logistique commune. En 2005, il avait été demandé à la PLA d’axer ses recherches sur la mise au point d’un système d’information capable de gérer des systèmes fonctionnels, qui servirait de base à la mise en œuvre d’opérations conjointes intégrées. Est créé alors un Système d’exploitation des systèmes de type C4ISR visant l’intégration des groupes de forces organisées par tâches modulaires. INEW, qui est grossièrement une forme de confrontation militaire “systèmes contre systèmes” est une preuve encore plus concrète du phénomène, cherchant à etre sur le champ de bataille du XXIe siècle, qui dépend de l’espace, du cyberespace et de diverses technologies de l’information. L’un des ses objectifs est de détruire le C4ISR de l’ennemi, de le rendre aveugle et d’empêcher les forces ennemies et les commandants de communiquer. Mais la PLA veut également infliger des pertes sur le champ de bataille à une force ennemie et perturber la logistique, le réapprovisionnement et les systèmes de gestion du personnel dans le pays natal de l’ennemi afin que les pertes au combat ne puissent pas être restaurées et que la force déployée ne puisse soutenir la bataille. Le Livre blanc de la Chine de 2004 sur la défense nationale souligne l’importance de l’information; «L’APA, qui souhaite construire une force informatisée et remporter une guerre de l’information, approfondit ses réformes, se consacre à l’innovation, en améliore la qualité et fait progresser activement la RAM [Revolution in Military Affairs-concept militaire de révolution dans la defense souvent lié aux recommandations technologiques et organisationnelles pour le changement dans les armées] avec les caractéristiques chinoises, centrée sur l’informationnalisation». Le concept de la rationalisation de l’information sur le champ de bataille a vu la PLA passer de la guerre cinétique à la guerre dans laquelle des nœuds et des systèmes sont attaqués pour réduire la capacité de résistance de l’ennemi en détruisant leurs centres de commandement et de contrôle. Le combat sans contact – utiliser des capteurs pour identifier une cible au fond du champ de bataille, puis utiliser des munitions de précision à longue portée pour les détruire -INEW- est devenu un concept valable. Une comparaison importante peut être faite avec le système russe REC. L’armée chinoise a toutefois ajouté des dimensions supplémentaires à ce concept plus ancien. La Chine a dépassé le domaine tactique et théâtral des opérations, et a élevé la guerre électronique à un niveau stratégique. les cyberattaques et les attaques de satellites, ou guerre spatiale, sont prises en compte. Ce faisant, la PLA espère affaiblir et paralyser la prise de décision de l’ennemi et aussi affaiblir et paralyser les aspects politiques, économiques et militaires – tout le potentiel de guerre de l’adversaire. Cela suggère que Les opérations d’INEW se dérouleraient dans un théâtre de guerre mais s’étendrait également à la patrie de l’ennemi, y compris l’infrastructure civile et l’économie.

    La poursuite de la “guerre informationalisée” par la PLA dans les années 1990 fut notamment marqué par l’émergence des concepts de pei shu ou de modularisation et de zhichi ou de soutien. Peishu, traduit par “attacher des troupes à une unité subordonnée”, est le concept de création de groupes de combat indépendants ou d’augmentation d’une unité avec des forces plus lourdes. Zhichi ou “soutenir” est l’idée selon laquelle une unité logistique de champ de bataille devrait être capable de fournir et de soutenir des forces au plus profond du territoire ennemi. Une telle doctrine opérationnelle au sein de la PLA est fermement conçue pour de vastes opérations, comme l’envisageaient les théoriciens de l’art opérationnel soviétique qui avaient enseigné aux généraux de la PLA d’origine dans les années vingt et trente. Ce swift stratégique se traduira par de nombreuses réformes visant toutes les étapes de la PLA. Bien que les réformes engagées depuis 2015 constituent le groupe de changements le plus important pour la PLA depuis les années 50, elles ne constituent toutefois qu’une étape intermédiaire dans la «stratégie de développement en trois étapes» de l’armée chinoise annoncée en 2006, modifiée en 2008 et définie comme «atteignant l’objectif de modernisation de la défense nationale et des forces armées d’ici le milieu du 21e siècle».

    L’objectif de la PLA de créer des forces modulaires d’armes combinées fait partie de son plan visant à créer une “armée renforcée et en réseau” (HNA), un terme australien cherchant grossièrement à insinuer une armée moderne, forte en puissance de feu, et connectée . Une guerre complexe est le concept clé de la HNA, qui identifie l’environnement de combat contemporain comme complexe, diversifié, diffus et hautement meurtrier. Les forces terrestres devront entreprendre simultanément une très vaste gamme de tâches dans la même zone géographique, dans des délais très courts et sur des terrains complexes et urbanisés. Le concept de Pei shu semble alors conforme. Cherchant à être le plus proche de ce dernier, la PLA sera inévitablement attirée par des unités indépendantes mécanisées de plus petite taille capables de manœuvres complexes et de grande taille, l’échelle n’étant pas particulièrement définie. Cela permettrait aux unités internes et externes de la force d’être ajoutées de manière transparente pour augmenter la puissance de feu ou les capacités logistique du groupe de combat. Le Pei shu, plus qu’un concept, a commencé a être mis en place autour des 2000. Ces dernières années, des divisions d’infanterie mécanisées relevant des commandements de la région militaire (MR) de Beijing et de Shenyang ont procédé à des exercices, développant l’utilisation d’unités comme “éléments constitutifs” afin de créer des groupes de combat dotés d’une logistique opérationnelle considérablement améliorée. L’exercice Peace Mission 2007 entre la Russie et la Chine dans l’Oblast de Tcheliabinsk (Russie) serait le premier exercice majeur dans le cadre duquel les chinois montreraient qu’ils pouvaient créer et déployer un «zhandui» (groupement de combat) composite composé d’une force blindée légère et d’hélicoptères et éventuellement tester leur concept Pei Shu. La PLA créa à partir des forces existantes une brigade de cavalerie composite combinant des unités terrestres et héliportées, donnant au commandant six éléments de manœuvre au niveau de la compagnie, deux aéromobiles et quatre d’infanterie et des transports de troupes blindés avec un appui-feu intégré. Une telle brigade de cavalerie peut servir de force de reconnaissance et de filtrage du corps d’armée, assurer la protection des flancs et servir de force d’assaut pour saisir des cibles de grande valeur faisant partie du nouveau corps lourd de la PLA. la priorité de ces exercices était axée sur les opérations conjointes, la capacité de combat, la modularisation et la fusion d’informatique afin de créer un réseau centrée de gestion de bataille. En outre, en 2006, la PLA mit en place une nouvelle structure d’infanterie mécanisée ainsi que des changement dans la mission et les rôles de l’aviation, qui passait d’un appui à un force indépendante de combat. Ces développements entraînèrent des d’importants changements dans la structure de combat de la l’armée chinoise, notamment dans son utilisation de groupements tactiques au sein de la brigade d’infanterie mécanisée, devenue le pivot de sa puissance de combat. En effet, en 2001 la PLA ordonna de réduire les divisions en brigades en mettant clairement l’accent sur les formations mécanisées/motorisées, ou de les transformer en unités de type différentes (par exemple, passer d’unités d’infanterie motorisées à des unités mécanisées). Ce phénomène s’inspire du concept initié par l’armée américaine avec les stryker brigades, faisant des brigades mécanisées de type moyen la formation la plus importante de l’armée. Fin avril 2017, le porte-parole du ministère de la Défense nationale a confirmé que les 18 anciennes armées du groupe seraient réduites à 13 et renumérotées de 71 à 83 (d’autres sources disent 84). Ce sera l’occasion pour la PLA de créer ou de réformer de nouvelles unités d’armée de groupe (GA) (et unités amphibies de type mécanisées amphibies), hébergeant les brigades mécanisées/motorisées récemment créées. Par exemple, Le 16ème Groupe d’Armée sera renommée 78e Groupe d’Armée et verra ses trois divisions (deux d’infanteries motorisées et une blindée) remplacées par six brigades combinées de manœuvre. La restructuration de la force chinoise se poursuivra après l’achèvement de la réduction de 500 000 hommes en 2000 dans la période de réduction de 200 000 hommes amorcée en 2003. De manière significative, il apparaît maintenant que la plupart, sinon toutes les divisions d’infanterie et de blindés ont une structure de trois d’unités de manœuvres, avec des divisions d’infanterie composées de deux régiments d’infanterie et d’un régiment blindé; une telle structure est une tradition de l’influence soviétique sur l’armée chinoise de la guerre froide: à partir des années 1950, les divisions de manœuvre PLA étaient généralement organisées selon le modèle soviétique avec une composition de quatre régiments avec trois régiments de l’unité qui identifie la division.

    Le concept de Zhichi est quant à lui plus simple à comprendre. Il demande une refonte accompagnée d’une modernisation de la logistique chinoise; l’ancienne PLA se trouve en effet bien en retard comparée aux autres armées au niveau logistique. La PLA, à travers le Zhichi, considère que la mise en place d’un système logistique commun est essentielle au succès du bon fonctionnement d’opérations conjointes intégrée, soutenant la formation commune et fournissant un soutien commun. Le président Xi Jinping déclara notamment que la JLSF était une mesure stratégique pour approfondir la réforme militaire et une structure de soutien logistique moderne fournissant un soutien stratégique et opérationnel. La modernisation de la PLA a identifié la nécessité de développer et de renforcer les grands centres d’appui logistique, qui devront être intégralement informatisées pour améliorer l’efficacité et la rapidité d’exécution. La création de brigades de soutien logistique d’urgence est un progrès notable. Les brigades de soutien logistique d’urgence sont des unités ad hoc modulaires destinées à fournir rapidement un soutien logistique dans une direction opérationnelle principale. Il existe également des brigades de soutien logistique de réserve disponible pour la mobilisation. Le 11 août 2009, l’APL lanca un exercice intitulé Stride-2009. L’un des principaux objectifs de l’exercice était d’améliorer la capacité de la PLA à projeter sa puissance à longue distance. Stride-2009 était le plus important exercice militaire tactique jamais réalisé par la Chine en temps de paix et son plus important déploiement de blindés depuis la guerre sino-vietnamienne de 1979. L’opération a mobilisé plus de 50 000 personnes. L’état-major a planifié et rédigé les manifestes sur une période de trois mois afin de préparer le réseau ferroviaire et de prendre des dispositions pour que les compagnies aériennes civiles et les flottes de transport militaires chinois assurent des vols passagers et des vols de fret spécialisés. En 2007, le plan de modernisation majeur annoncé par le GLD en 2005 avait commencé à amener la logistique dans la PLA au niveau attendu d’une force militaire moderne. À la fin de 2009, les chinois étaient en mesure de mener des opérations indépendantes de longue durée en dehors des frontières chinoises – une activité qu’ils n’avaient jamais pu entreprendre auparavant. La PLA a finalement reconnu que la logistique, Zhichi, est le multiplicateur de force clé et ne devrait plus jamais être le “petit cousin”.

    *le terme “en reseau” peut ne pas paraître evident à lire dans certaines phrases, mais c’est la seule traduction du terme “network/networked”.

     

    Allez bye Fanta !

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    Le concept de Pei Shu, avec ses unités interarmes, me semblent être d’inspiration occidentale, dans la mesure où les armées chinoises étaient assez cloisonnés dans leurs expériences auparavant: en Corée, dans l’Himalaya ou au Vietnam.

    En revanche, l’importance de la logistique ne me parait pas être une nouveauté, que ce soit dans les opérations militaires ou dans la doctrine pensée chinoises.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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