Post has published by Remicas

Ce sujet a 12 réponses, 9 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 4 ans et 8 mois.

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    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Du 4 au 5 mai 1945, 5 jours après le suicide d’Adolf Hitler, le château d’Itter fut le théâtre de la bataille la plus étrange de la seconde guerre mondiale : des soldats de l’US army et de la Wermarcht se battant côtes-à-côtes pour secourir des prisonniers politiques français, avant de subir un siège de la part de forces SS.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/42/Schloss_Itter.JPG/220px-Schloss_Itter.JPG
    Le chateau d’Itter vu par la face sud.

    Le château d’Itter est une vielle forteresse datant du XIIIème siècle, dominant le village du même nom dans le Tyrol autrichien. Après l’annexion de l’Autriche au IIIème Reich, le parti nazi en fit divers usages, comme par exemple pour accueillir l’Association Allemande pour Combattre les Dangers du Tabac en 1942. A partir de 1943 cependant le château fut réquisitionné par la Werhmacht pour servir de prison pour d’importants détenus politique, dépendant du camp de concentration de Dachau (en Bavière). Vingt chambres furent ainsi reconverties en cellules confortables, tandis que d’autres servirent de salles de garde ou de bureaux. Y furent enfermés pendant un temps notamment l’ex-président de la IIIème République Albert Lebrun, l’ancien ambassadeur français en Allemagne et en Italie André François-Poncet ou l’anti-fasciste italien Francesco Saverio Nitti.

    Cependant ces trois personnages furent rapidement remplacés par un panel de personnalités françaises de tous bords politique : les anciens premiers ministres Paul Reynaud et Édouard Daladier, Le chef de la CGT Léon Jouhaux, les généraux Maxime Weygand et Maurice Gamelin, Jean Borotra, star de tennis et ancien commissionaire aux sport et à l’éducation phyique à Vichy, le colonel François de la Rocque(président des croix de feu puis du parti social français), et Michel Clemenceau, politicien et fils du célèbre George Clemenceau, premier ministre durant la Grande Guerre. Avec eux étaient aussi enfermés Alfred Caillau, dont la femme (elle aussi emprisonnée) était la sœur du général de Gaulle, la secrétaire (et futur épouse) de Paul Reynaud, la secrétaire de Jouhaux les femmes de Weygand et de Borotra, ainsi que la sœur du général Giraud.

    En d’autre termes, du gratin.

    http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2013/05/13/article-2323949-000625AE00000C1D-287_306x487.jpghttp://i.dailymail.co.uk/i/pix/2013/05/13/article-2323949-19C32598000005DC-880_306x423.jpg
    Paul Reynaud et Édouard Daladier.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ed/Gamelin.jpg/240px-Gamelin.jpghttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Time_Maxime_Weygand_10_30_33_cropped.jpg
    Maurice Gamelin et Maxime Weygand.

    http://img11.hostingpics.net/pics/950667ColoneldelaRocque.jpghttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c9/L%C3%A9on_Jouhaux_nobel.jpg/220px-L%C3%A9on_Jouhaux_nobel.jpg
    François de la Rocque et Leon Jouhaux.

    http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/biographies/photo/jpg/1845.jpghttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/57/Bundesarchiv_Bild_102-10990%2C_Jean_Borotra.jpg/200px-Bundesarchiv_Bild_102-10990%2C_Jean_Borotra.jpg
    Michel Clemenceau et Jean Borotra.

    Et bien sûr, ils se détestaient tous : Reynaud et Daladier étaient des ennemis politiques, tous deux détestaient Weygand qui, remplaçant Gamelin à la tête de l’armée en 1940, s’était rendu et avait collaboré, Gamelin détestait Weygand pour lui avoir piqué son poste et se joignait à Reynaud contre Daladier, l’anti-communiste La Rocque ne pouvait pas s’entendre avec le syndicaliste Jouhaux. Rapidement trois camps se formèrent : les Weygand, La Rocque et les Borotras d’un côté, Reynaud, sa compagne, Gamelin et Clemenceau de l’autre, et au milieu ceux qui restent. A tous ces drilles s’ajoutait enfin un prisonnier yougoslave, Zoonimir Cuckovic (surnommé André), transféré de Dachau pour s’occuper de l’électricté du château.

    Vient le moment des faits : le 30 avril 1945 le dernier commandant de Dachau, Eduard Weiter débarque au château avec son entourage après avoir ordonné l’éxécution de deux milles prisonniers politiques. Il se suicidera ensuite dans la nuit du 4 mai. Sa mort sera l’annonce pour la garnison que l’heure est de levé le camp, laissant les prisonniers se débrouiller seuls. Cependant comme ils restaient des unités de la 17ème Division de panzer grenadier de la Waffen-SS dans les environs ne leur laissant pas le luxe d’attendre l’arrivée des alliés, Weygand, Gamelin, Reynaud et Daladier se mirent alors d’accord pour mettre de côté leurs différents politiques, et s’emparèrent des armes de l’armureries : pistolets, fusils, mitraillettes.

    Cuckovic se porta volontaire pour aller à la recherche des troupes alliées. Parti à vélo il tomba sur un groupe de soldats de la Wermacht décidés à se rendre mené par le major Gangel. Celui-ci décida de l’aider. Cuckovic repartit en direction d’Innsbruck qui venait d’être prise par la 103ème division d’infanterie américaine. Il rencontra celle-ci à mi-chemin, et fut dirigé auprès du major John Kramers, qui concocta un plan de sauvetage avec l’officier de liaison français, le lieutenant Eric Lutten, comprenant quatre char M-10, trois jeep et un camion transportant un peloton de fantassins. Reprenant la même route que Cuckovic avait prise à l’allée ils furent rejoint par des partisans anti-nazis autrichiens qui avaient combattus des SS plus loin sur la route, avant d’être arrêtés par des tirs d’artillerie ennemie.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/47/M10_1943.jpg/280px-M10_1943.jpg
    Un char M-10 Wolveryne.

    Pendant ce temps Gangel se rendit à Kufstein où il se présenta avec un drapeau blanc et avisa de la situation l’officier en charge du 23ème bataillon de char, le lieutenant Jack Lee. Ce dernier pris deux char Sherman, huit volontaire pour les piloter, et 6 hommes de la compagnie D (entièrement composée de noirs) du 17ème bataillon d’infanterie mécanisée, avant de se diriger vers Itter. Cependant un char (surnommé « Boche Buster »), son équipage et trois fantassins s’arrêtèrent en route afin de garder un pont au village de Wörgi sous le commandement du lieutenant Harry Basse.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0c/Sherman_tank_and_Horsa_glider.jpg/280px-Sherman_tank_and_Horsa_glider.jpg
    Un char M4 Sherman.

    Donc contrairement à l’espoir des prisonniers Français de voir débouler une colonne de blindés, ce fut en tout que 8 américains, un char et un camion remplit d’Allemands en armes qui vinrent à leur secours (tout en aillant au chemin mis en fuite une escouade hostile tentant de bloquer la route).

    Après un rapide toast de célébration, Lee disposa le char devant la porte principale afin de controler la route. N’aillant pas assez de véhicule pour évacuer tout le monde, le plan fut d’utiliser les protections qu’offraient les murs du château en attendant des renforts. Le combat commença vers onze heures du soir quand des troupes de la Waffen-SS ouvrit le feu sur le château à l’aide de fusils et de mitrailleuses. Il n’est toujours pas clair si leur objectif était de spécifiquement éliminer les prisonniers où s’il pensait profiter du faible nombre des troupes américaines pour les détruire. Les défenseurs retournèrent le feu, et des tirs sporadiques continuèrent jusqu’au matin du 5.

    A l’aube les tirs de mitrailleuses reprirent contre les murs extérieur et les minces fenêtre du bâtiment central. Puis un tir de 88mm explosa la chambre (maintenant vide) de Gamelin, avant qu’un second n’atteigne le char. Son équipage eu le temps de se replier avant que le carburant n’explose. Ce fut pour les SS le signal de l’assaut, ceux-ci se ruant vers la porte principale ou vers les murs pour se protéger des tirs des américains et soldats de la Wermacht faisaient pleuvoir du haut des murs. Ces dernier furent notamment rejoint par Reynaud, Clemenceau, La Rocque et Borotra, qui eux aussi ouvrirent le feu sur les assaillants. Cependant les tirs provenant des SS, notamment de leur canon, firent des pertes chez ceux de la Whermacht et blessèrent plusieurs autres. Le major Gangel lui aussi fut tué par un sniper tandis qu’il tentait de repérer la position du 88 (celui-ci était sous un tunnel routier).

    http://www.texasmilitaryforcesmuseum.org/36division/archives/seigfri/images/free6.jpg
    Les dégâts infligés par les tirs du 88.

    A ce moment-là le major Kramer de la 103ème Division d’Infanterie Américaine arriva avec son convoi au pont de Wörgi. Cependant il se trouvait maintenant trop loin du champ d’opération de sa division (le secteur relevant de la 36è Division) et, furieux, dû y laisser ses chars M-10 et ses fantassins. De là il pouvait voir la bataille faire rage. Il décida de continuer en jeep, accompagné du lieutenant Luten, ainsi que du photographe français Eric Schwab et du correspondant de guerre américain Meyer Levin.Les quatre furent rejoint par les hommes du second bataillon du 142ème régiment d’infanterie et Boche Buster. Kramer tenta de contacter Lee par radio, et échoua, Un partisan autrichien l’escorta alors jusqu’à la mairie de la ville, où il y avait un téléphone avec lequel il appela tout simplement le château. Lee reporta que les tirs des SS augmentaient tandis que le niveau des munitions des défenseurs étaiet dangereusement bas. Kramer répondit que de l’aide arrivait, sauta dans sa Jeep avec Luten, Leyer et Schwab, et rejoignit les hommes du 142ème qui montaient au château, le Sherman Boche Buster en tête.

    Au château, si la nouvelle des renforts était bienvenue, la pression des SS ne cessa pas, bien qu’ils n’avaient pas réussi à percer les murailles ou passer la porte. A midi les défenseurs étaient presque à court des munitions. Jean Borotra demanda la permission à Lee de quitter la forteresse pour guider les forces de secours à travers les rues du village d’Itter, ce qu’il accepta. Le joueur de tennis profita d’une accalmie pour faire sa sortie, traversant à tombeau ouvert une distance de quarante mètre à découvert, évita des groupes de SS dans les bois, et continua au trot en direction de Wörgi.

    Avec l’accord de Weygand et Gamelin (tous deux plus agés et gradés que lui) Lee commença à faire replier les défenseurs et les notables français le donjon, avec comme seule idée de gagner du temps. Ils étaient près à utiliser leur dernières cartouches, leur baïonnettes et si nécessaire leur poings pour forcer les SS à se battre pour le moindre escalier, couloirs ou étage. Les SS, quant à eux, sentaient la victoire à leur portée et pressèrent leur assauts sur la porte principale. Vers trois heures de l’après-midi, alors qu’une escouade s’apprètait à la faire sauter au lance-roquette, des tirs d’armes automatiques et de canons de chars se firent entendre de l’autre côté du village. Le cri de « amerikanische panzer ! » d’un soldat de la Werhmacht en haut de la tour prévint les assiégés de l’arrivé des forces de secours. Aussitôt les attaquant battirent en retraitent et se dispersèrent dans les bois environnant. La bataille était finit.

    En quelques minutes le char Boche Buster et d’autres véhicules arrivèrent devant la porte du château pour être acceuillis dans la jubilation par ses défenseurs Blanc, Noirs, Américains, Allemands et Français. Alors que le journaliste Meyer Levin commença à interroger tout le monde, Lee acceuillis l’équipage du char Sherman d’un air faussement irrités en leur demandant « qu’est-ce qui vous a retardé ? ».

    Plus tard les VIP français furent évacués par des automobiles réquisitionnées en direction d’Innsbruck avant d’être rapatrié en France. Les soldats de la Whermacht furent accompagnés dans un camp de prisonniers, les soldats Afro-américains rejoignirent leur unités, tandis que Lee et ses hommes reçurent une permission. Jack Lee et Harry Basse furent récompensés pour leur action, le premier par la Distinguished Service Cross et le grade de capitaine, le deuxième par la Silver Star.

    Cette bataille, si les effectifs qu’elle impliquait étaient réduits, reste particulière par le fait qu’elle est la seule de la seconde guerre mondiale où des troupes américaines et allemandes se sont battus côtes-à-côtes et non face à face, la seule ou des troupes américaines eurent à défendre un château médiévale, et la seule ou des hommes politiques français réussirent à se mettre d’accord. Pour la résumer, comme le dit Jack Lee en 1973 peu de temps avant sa mort : « Et bien, c’était juste la chose la plus dingue. »

    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2323949/The-World-War-II-battle-Americans-Germans-fought-SAME-Incredible-true-story-fight-save-Austrian-castle-weeks-Hitler-committed-suicide.html

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_d%27Itter

    http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://www.itter.org/history/liberation.shtml&title=%C2%AB%C2%A0Article%20from%20the%20Saturday%20Evening%20Post%C2%A0%C2%BB

    http://www.thedailybeast.com/articles/2013/05/12/world-war-ii-s-strangest-battle-when-americans-and-germans-fought-together.html

    Pour plus de détails, je vous conseil la lecture du livre de Stephen Harding, The Last Battle. C’est surtout sur son article sur history.net que se base ce récit.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Merci pour cette présentation d’une bataille de la Seconde Guerre Mondiale vraiment atypique ; celle-ci est digne des meilleurs scénarii que pourraient inventer des cinéastes !

    À vrai dire, je ne sais pas ce qui m’a le plus surpris : que des soldats de la Wechmacht et l’US Army se battent côte-à-côte ou que des politiciens français soient parvenus à s’entendre ! 😆

  • Participant
    Posts1080
    Member since: 12 avril 2012

    Mon Dieu… On dirait une sorte de “Vieux Fusil” en beaucoup plus délirant et étonnant. Il faut absolument adapter cet événement au cinéma 😀

  • Participant
    Posts414
    Member since: 12 avril 2012

    Mon Dieu… On dirait une sorte de “Vieux Fusil” en beaucoup plus délirant et étonnant. Il faut absolument adapter cet événement au cinéma 😀

    Le vieux fusil :):), l’histoire est fantastique et la fin comme nous la voulons, c’est ce que j’aurai dit si je l’aurai vu au cinéma, mais là c’est une vraie histoire avec surement des vraies personnes qui se sont donné la vie. Donc chapeau bas pour ces combattants, cette bataille reste ancrée dans ma tête, une vraie anecdote de guerres.

    En tout cas merci Rémicas de nous faire partager cette bataille ! ^^

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Merci pour vos remerciements^^. Moi aussi quand j’ai découvert cette bataille je n’en revenais pas. Comme quoi l’Histoire est bien plus improbable qu’elle ne laisse paraître. Quant au fait que ces évênement n’ai jamais fait l’objet d’un film à Hollywood, cela est ce qui a le plus surpris l’auteur de l’article du site thedailybeast.com. Qui sait, peut-être après le film sur Léo Major.

    À vrai dire, je ne sais pas ce qui m’a le plus surpris : que des soldats de la Wechmacht et l’US Army se battent côte-à-côte ou que des politiciens français soient parvenus à s’entendre ! 😆

    Personnellement c’était plus le second 😆

  • Participant
    Posts14
    Member since: 26 juin 2013

    Merci beaucoup pour cette surprenante histoire 😉

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Je viens de recevoir le livre de Stephen Harding (jusque-là je n’avais eu accès qu’à l’article sur internet), permettant quelques approfondissement et corriger quelques erreurs :

    Tout d’abord le chateau n’était pas sous la surveillance de la Wermacht, mais de la SS.
    Cuckovic n’est pas entré en contact avec Gangl (et non Gangel) à Wörgl (et non Wörgi), ni n’était appelé André par les autres prisonniers. Il est allé directement vers Innsbruck. Un autre prisonnier, Tchèque celui-ci et servant de cuisinier au château, Andreas Krobot (d’où le “André”), est celui rencontrant Gangl.
    Jean Borotra profitait de la cour du château pour se maintenir en forme physiquement. Il avait tenté par trois fois de s’évader (la dernière tentative étant le 29 avril 45).
    Gangl, bien qu’allemand, rejoignit un mouvement de résistance autrichien dès son arrivé au Tyrol. Il leur aura ainsi passer des armes, et prévoyait déjà d’aller extraire les Français avant d’avoir leur appel à l’aide.
    Augusta Bruchlen, compagne et secrétaire de Léon Jouhaut, demanda elle-même à être emprisonnée à ses côtés, car elle craignait que celui-ci de par sa condition physique et émotionnelle ne pourrait survivre à l’emprisonnement sans son soutient.
    Pour la femme de Weygand également, rien ne la forçait à être emprisonner avec son mari.
    Christiane Mabire (secrétaire et ensuite compagne de Paul Reynaud) c’est le contraire. Quand Reynaud appris qu’elle était emprisonnée dans un camp de concentration pour femme à Ravensbrück, il demanda à ce qu’elle soit déténu à Itter.
    La soeur de Giraud ne s’y trouvait pas, par contre Marcel Granger, frère de l’époux de l’une des filles du général Giraud, y fut transféré de Dachau une fois leur relation familiale fut découverte.

    Edit : Apparemment aucune troupes afro-américaine n’était présente lors de la bataille (dommage, l’image aurait été bien.
    Cependant un officier SS, le Hauptsturmführer Kurt-Siegfried Schrader, participa à la défense du chateau (en uniforme SS tant qu’à faire). Etant une connaissance du commandant du château/prison, il mis sa famille Berlinoise à l’abri des bombardements dans le village d’Itter, avant de “profiter” d’une blessure reçut en Normandie pour passer sa convalescence auprès d’eux. C’est ainsi qu’il rencontra les prisonniers. A la fin de la guerre il prétexta que sa blessure le rendait impropre aux combats, et resta avec sa famille. Lorsque les prisonniers prirent possession du château ils demandèrent à Schrader de prendre la responsabilité de leur protection, ce qu’il accepta en échange de mettre sa famille à l’abri derrière les murs de la forteresse. Pour son action il ne fut emprisonné que deux ans et fut libéré en 1947.
    Les hommes de la Waffen-SS assiégeant le château était entre 100 et 150. En plus de leur canon de 88 (caché dans le bois et non sous un tunnel) ils disposaient d’un canon antichar de 75mm et un canon anti-aérien de 20mm. Selon Reynaud, un général français lui confirma que leur objectif était spécifiquement d’éliminer les VIP français.

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Oh, et pour les Québécois, deviner qui est la première personne sur laquelle est tombé Jean Borotra quand il est parti chercher à la rencontre des secours ?

    René Lévesque. Si.

    EDIT : pour ceux qui ne le savent pas, René Lévesque est devenu par la suite premier ministre du Québec. A cette époque il travaillait comme correspondant de guerre.

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Ca fait un sacré paquet de coincidence tout ca !

  • Participant
    Posts203
    Member since: 27 avril 2012

    Cet évènement est méconnu, on se demande pourquoi. L’idée que finalement des allemands puissent faire de bonnes actions même sous le manteau SS déplaise à la culture populaire? (là dessus aussi j’en suis surpris) Pourquoi Schrader tuerait ses compatriotes pour des francais ? quelle ironie!

  • Participant
    Posts45
    Member since: 25 mars 2013

    Merci pour ce sujet qui sort de l’ordinaire 😉

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Cet évènement est méconnu, on se demande pourquoi.

    Simple : parce que cet événement relève de l’épiphénomène, de l’anecdote, dont la plupart des gens n’ont pas entendu parler, tout simplement.

    Sinon, pour ceux ne maîtrisant pas l’Anglais mais désirant lire par eux-même le livre de Hardings, une version en Français est paru sous le titre la dernière bataille aux éditions Ixelles.

  • Modérateur
    Posts8432
    Member since: 14 mai 2013

    rémicas écrit:

    Simple : parce que cet événement relève de l’épiphénomène, de l’anecdote, dont la plupart des gens n’ont pas entendu parler, tout simplement.

    Remarque c’est ce genre de choses qui se vend aujourd’hui, malgré le caractère anecdotique. C’est l’histoire qui passe à la télé, et finit au mémorial de caen….

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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