Post has published by guiguit

Ce sujet a 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  guiguit, il y a 1 an et 7 mois.

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  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    La bataille de Lübeck

    Au lendemain des batailles d’Iéna et d’Auerstedt, l’armée prussienne en pleine déroute se replia sur Berlin. De nombreuses unités et forteresses déposèrent les armes à l’approche des Français sans faire mine de résister. La cavalerie française se distingua durant cette phase de la campagne nommée la «grande poursuite».

    Le feld-maréchal Blücher était chargé du commandement de l’arrière-garde du prince de Hohenlohe, le commandant suprême depuis la mort du duc de Brunswick sur le champ de bataille d’Auerstedt. Le 28 octobre, Murat vainquit les vestiges des troupes d’Hohenlohe à Prenzlau. Le Prussien fut contraint de capituler mais son arrière-garde, séparée du gros des troupes, s’enfuit vers l’ouest.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/19/Prenzlau-Lubeck_1806_Campaign_Map.JPG

    Blücher et ses 20 000 hommes fut alors poursuivi par les corps des maréchaux Soult et Bernadotte. Il réussit à éviter l’anéantissement à plusieurs reprises. Il se dirigeait vers la ville hanséatique de Lübeck. La cité était officiellement neutre mais avait accueilli dans ses murs un contingent suédois, des hommes de la Quatrième Coalition. Les Prussiens les rejoignirent le 5 novembre. Le lendemain, les Français étaient aussi là avec 30 000 soldats.

    La bataille commença par une charge victorieuse de la cavalerie française qui permit à Soult d’installer ses canons au sud de la ville tandis que les cavaliers légers poursuivaient les Prussiens dans la ville. Bernadotte se déployait ses divisions et ses batteries au nord. Sous pression de l’artillerie, les hommes de Blücher se défendirent dans les bâtiments urbains comme ils purent mais durent décrocher. Bientôt, les défenses prussiennes furent enfoncées et une partie de l’état-major (dont le fameux Scharnhost) fait prisonnier. Le bouillant Blücher tenta de les délivrer en menant personnellement une charge à la tête des cuirassiers. Sa contre-attaque échoua et Blücher réussit à s’enfuir de la ville avec une poignée d’hommes. Dans l’après-midi, toutes les poches de résistance furent neutralisées. Le lendemain, Blücher se rendit aux Français. Les pertes ont été de 1500 Français et de 2000 Prussiens tués ou blessés en plus de 4000 prisonniers.

    Après sa capture, la ville fut livrée à un pillage effréné par les troupes françaises. Seuls les Suédois furent relativement bien traités par le maréchal Bernadotte. Ils ne devraient pas l’oublier…

    L’opportunité de livrer bataille a beaucoup fait débat. On reprocha à Blücher d’avoir sacrifié ses troupes et contribuer à la ruine d’un riche port de commerce. Cependant, son attitude le distingua du reste des officiers prussiens, lui valut les éloges de Clausewitz et contribua à sa popularité. Mais, cela en valait-il le coup ?

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    Intéressant de voir que Lübeck ville de la ligue hanséatique par le passé, se dit neutre mais doit assumer son rôle de port de transit pour les Suédois, anciens partenaires commerciaux.

    Je note tout de même que Blucher n’aura pas réussi à se défaire de la poursuite française: un jour de délai entre son arrivée et celle des Français, c’est peu.

    Je ne pense pas que cela en valait vraiment le coup, après la défaite d’Iena Blucher n’avait aucune chance de relancer une grande résistance contre les Français. Mais il avait peut-être une envie de vengeance?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Sur le plan opératif et stratégique, cette bataille et les mouvements qui l’ont précédé ont éloigné du théâtre principal des opérations 20 000 hommes et deux maréchaux. Ces troupes n’ont pas été là ou sont arrivés avec une force de bataille diminuée pour participer à la campagne de Pologne. A ce moment-là de la campagne, Blücher savait pertinemment que la Prusse avait perdu la guerre, à moins que l’Angleterre et la Suède jetassent leurs armées en Prusse orientale en liaison avec une avancée des Russes en Pologne voire aussi une attaque autrichienne sur les lignes de communication étirée de la Grande Armée. Mais, comme nous le savons, il n’en fut rien. Les Anglais, Suédois et Autrichiens ne bougèrent pas ou ne le purent. Les Russes furent battus. Pourtant, à ses yeux, livrer bataille, c’est redresser l’honneur de la Prusse et de son armée. Ce qui fut le cas, la fierté des hommes de Blücher fut grande et le feld-maréchal devint ultra-populaire. Cela explique d’ailleurs pourquoi ce fut lui qui fut choisi pour commander l’armée prussienne lors des «guerres de libération» de 1813-1814, en plus de sa proximité avec le parti des réformateurs qui l’adorait.

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