Post has published by cuirassier

Ce sujet a 7 réponses, 5 participants et a été mis à jour par  Ambarequiem, il y a 1 an et 2 mois.

8 sujets de 1 à 8 (sur un total de 8)
  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    La bataille de Hannut, vraiment une victoire française ?

    Mai 1940, le corps de cavalerie du général Prioux se déploie en Belgique. Sa mission couvrir l’établissement d’un front solide par les forces franco britanniques.
    Il fait face aux 3 et 4ème Panzers Divisions. Infligeant, mais aussi subissant, de lourdes pertes le corps de cavalerie atteint son objectif de retardement de l’ennemi. Mais son action s’avère vaine du fait de la percée dans les Ardennes annonçant un désastre pour les armées alliées.

    http://www.atf40.fr/ATF40/materiel/Somua%20S35.jpgUn char de cavalerie Somua 35.

    Wikipédia à ce côté intéressant qu’il permet de découvrir le point de vue des autres. Selon la version française, la bataille de Hannut est une victoire française… Selon la version allemande, la bataille est un succès tactique français, mais un succès stratégique allemand… Enfin selon la version anglaise la bataille est indécise. Ainsi le chauvinisme pourrait être le principal adversaire d’une analyse objective de l’affrontement et de son résultat.
    Objectivement parlant la bataille d’Hannut est t’elle donc une victoire ou une défaite pour les forces armées françaises ?

    Comparaison n'est pas raison.

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Hannut n’est pas dissociable de Gembloux qui en est la continuité. Le coup d’arrêt aux allemand est donné en deux temps. Le corps de cavalerie organise une séquence de défense en profondeur qui permet à l’infanterie de se déployer, pour mettre un stop aux allemands. Le repli des français n’étant au final conditionné uniquement par des considération stratégique, et non tactique. Alors oui, c’est une victoire française, une victoire tactique, parce que les français remplissent la mission qui leur est assigné. Sur le côté victoire stratégique allemande, je ne sais pas trop. Sedan est la victoire stratégique, mais elle n’est pas conditionné par ce qui se passe à Hannut et Gembloux.
    Parce que c’est plus la variante Bréda du plan Dyle que la bataille de Hannut (qui était dans tous les cas nécessaire pour couvrir une partie du nord de la France) qui favorise l’échec stratégique allié. L’erreur étant plus de se priver de réserves que d’engager des blindés pur interdire un point de passage. Hannut avec la septième armée en réserve c’est accueillir les allemands sortis de Sedan avec la possibilité de mettre un poing blindé au nord avec 3 DLM et 1 DCR pour tomber sur le flanc de Rommel, et un poing blindé au sud avec 2-3 DCR pour transformer l’essai à Montcornet, avec un rideau d’infanterie se mettant directement en barrage sur la poussée principale.

  • Modérateur
    Posts8412
    Member since: 14 mai 2013

    La bataille de Hannut pourrait être qualifiée de victoire local dans la mesure où l’objectif de retardement était bien précisé, et les soldats français y ont répondu.
    Après il y a une vraie question: fallait-il perdre des blindés assez précieux à ce moment pour simplement retarder l’adversaire?
    Le ratio de pertes est peu élevé, et c’est assez problématique côté français: perdre du terrain et des hommes pour ralentir une attaque allemande non significative.

    Il semble par contre y avoir eu un gain tactique avec cette bataille, dans la mesure où les Français apprennent de leurs erreurs. Vu la situation, c’est peut-être une petite victoire en soi.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    Je reprend le passage de l’autre débat pour y répondre ici.

    Que la 2ème DLM ait été fixée par un ordre de rester en réserve, ou parce que l’infanterie ennemie s’infiltrait dans ses lignes, ou plus probablement pour ces deux raisons, ne change rien au résultat. Il y a un manque de coordination au sein du Corps de cavalerie qui permet à deux Panzers Divisions de se CONCENTRER sur une seul DLM.
    En outre la mission du XVIème PanzerKorps n’est pas vraiment de percer le front, celle-ci est plutôt de faire diversion et de fixer des unités en Belgique. Ceci relativise complétement le coup d’arrêt porté par le Corps de Cavalerie. Mais bon c’est un autre débat et je renvoi ici au sujet qui vient d’être créé.

    Non, il y a une coordination qui existe au sein du Corps de Cavalerie (CC), le fait que la 2ème DLM reste en retrait tient au fait que les français se savent de toute façon en infériorité numérique, mais aussi qu’ils craignent un débordement de leur flanc par d’autres unités blindés, puisque dans la logique de la reprise du plan de 1914 en mécanique, le XVIe panzercorp devait représenter l’aile gauche des blindés allemand et pas l’aile droite. Donc, garder une unité en réserve dans un premier temps, ce n’est pas déconnant. Il eut été possible que le CC se retrouve avec 2 fois plus de panzer divisions à gérer.
    Le CC coordonne réellement les actions des deux unités, la preuve, des escadrons pris en fonction des circonstances dans les DLM constitueront une réserve de CC qui sera utilisé pour les contre attaques.
    Je rappelle aussi que les français sont dans une posture défensive, donc que l’économie de force guide la tactique choisie. A ce titre, le fait de fixer deux unités adverse sur une seule de ces unité, et réussir à l’empêcher d’avancer est un très bon résultat, et qui permet aussi de garder l’initiative, soit de la retraite, soit de la contre attaque massive.
    Le déploiement adopté par les français sur le terrain favorise la défense en profondeur, derrière le rideau de sûreté des unités légères, les dragons portés sont déployés dans les villages en points d’appuis. Dans les deux DLM, les éléments blindés sont gardés en réserve, pour contre attaquer les infiltrations inévitables entre les PA.
    Ainsi, les français réussiront l’économie de leur force, il n’engageront que la moitié de leur char contre des allemands qui les engageront à fond, et ils infligeront des pertes supérieure, même si le rapport des pertes à l’effectif total relativise un peu la chose. Des deux côtés, on perd à peu près 25% de l’effectif de chars, même si les français ont perdu en se battant à 1 contre 3 environ 40% de l’effectif de char engagé réellement dans la bataille. La perte de terrain rendant les pertes françaises souvent définitive, quand les allemands peuvent espérer remettre en état certains matériels.

    Il semble par contre y avoir eu un gain tactique avec cette bataille, dans la mesure où les Français apprennent de leurs erreurs. Vu la situation, c’est peut-être une petite victoire en soi.

    Il y a un gain tactique, c’est de permettre au 4ème corps français de se déployer, et de forcer un moment le panzercorp au repli, en mettant hors de combat la moitié des panzer restant. Et c’est dans ce coup d’arrêt qu’est la vrai victoire tactique. Les français ont dominé sur ce point du front, le combat de rencontre hors du territoire national. Cela dit, il aurait mieux fait de dominer le combat défensif sur position préparé sur un autre point du front…

  • Modérateur
    Posts8412
    Member since: 14 mai 2013

    @ambarequiemm

    J’ai dû mal à voir comment on peut faire une défense en profondeur efficace si on laisse une unité se faire percuter par deux unités adverses, et une unité en réserve. POur moi une telle posture relève plutôt d’une posture offensive, ou au moins d’une posture qui ne vise pas seulement à arrêter l’ennemi, mais à faire des choses après avec l’unité en réserve.

    Le combat Hannut-Gembloux n’est pas une “grande” victoire tactique française à mon avis, puisque les pertes françaises sont finalement plus grandes en hommes (sensiblement égales en chars).

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts35
    Member since: 18 octobre 2015

    Il faut aussi tenir compte du fait que les pertes françaises concernent des S35 qui ont une grande valeur alors que les pertes allemandes sont aisément réparables car il y a récupération et qu’une partie des épaves est constituée de pz II bien pourris

    On peut aussi se demander comment les choses auraient tourné si l’axe principal allemand avait été Gembloux et que l’assaut avait été mené par 4/5 PZD.

  • Participant
    Posts1292
    Member since: 17 juin 2016

    Des S-35 à forte valeurs :pinch: . Ils sont bons au combat mais sans plus , un panzer 3 peut s’en débarrasser en duel. Non les pertes auraient été catastrophique si c’était des B1 qui étaient touché. C’étaient les meilleurs chars disponibles.

    Un peuple qui n'aime pas son pays, ne mérite pas son indépendance.
    Moi

    Tiens , il pleut
    Napoléon Bonaparte

  • Participant
    Posts1037
    Member since: 17 juin 2014

    un panzer 3 peut s’en débarrasser en duel

    Et avec quelle arme? Le PZ III étant équipé d’un 37mm incapable de percer le blindage du Somua. Des Somua sont revenus dans les lignes françaises avec des dizaines d’impacts de 37mm et 20mm sur leur blindage sans aucun dommage. Comparativement aux B1 bis, les Somua ont détruit plus d’ennemi par char mis hors de combat, les B1 étant souvent mis HS par…la route.

    les pertes allemandes sont aisément réparables car il y a récupération et qu’une partie des épaves est constituée de pz II bien pourris

    Pa si aisément que ça, le 16 mai, A l’issue de Gembloux, le 16 panzercorp est hors de combat du fait des pertes combinée. Il a perdu 214 chars et n’est plus opérationnel.

8 sujets de 1 à 8 (sur un total de 8)

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