Post has published by BaTBaiLeyS

Ce sujet a 12 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Kynareth, il y a 4 ans et 6 mois.

13 sujets de 1 à 13 (sur un total de 13)
  • Admin bbPress
    Posts6316
    Member since: 5 août 2017
    Henry Hudson et le Passage du Nord-ouest

    Préalablement à la colonisation de l’Amérique du Nord se produisit une époque d’exploration, où tant d’espoir furent tournés en direction de cette nouvelle terre qui projetait de si grandes possibilités vers le « Vieux Continent », dont la population et les dirigeants étaient en quête d’espace, de ressources et d’aventure. Néanmoins, pour bien comprendre ce récit, il faut d’abord se souvenir du but premier des monarques, marchands et investisseurs européens, qui poussèrent leurs entreprises à la découverte des Amériques, car celui-ci n’était pas de trouver une nouvelle terre à exploiter et à coloniser, mais plutôt de trouver un passage menant aux Indes et vers la Chine, où une route commercial plus aisée que celle déjà connue pourrait s’établir.

    Représentation de la vieille « Route des Épices »

    Voilà pourquoi, en constatant que le Nouveau-Monde n’était pas l’Asie, la poursuite de la recherche de cette nouvelle « Route des Épices » se poursuivie, et c’est ici que le récit d’Henry Hudson, navigateur anglais qui tenta de trouver un chemin par le terrible « Passage du Nord-ouest » de l’Amérique du Nord, prend racine.

    En 1609, le roi d’Angleterre James the 1st choisi Henry Hudson pour mener l’expédition de la découverte du « Passage du Nord-ouest ». Ce dernier, grandement qualifié pour la tâche, possédait une expérience non-négligeable en mer, particulièrement par rapport aux explorations arctiques. En effet, ayant déjà exploré les côtes du Groenland et les rives de la calotte polaire en 1607 (sous le financement de la Muscovy Company of England), ainsi que la mer au nord de la Russie en 1608 (Sous le financement de la East India et de la Muscovy Companies), lorsque le roi d’Angleterre lui donna cette charge, il revenait tout juste d’un voyage (cette fois sous le financement de la Vereenigde Oost-Indische Compagnie (United East India Company)) où il réussit à remonter la rivière Hudson.

    http://gordonmiller.ca/images/Half-Moon-1609.jpg

    L’exploration de la rivière Hudson, à bord du Halve-Maen (Demi-lune) ne s’est pas fait sans contacts avec les autochtones.

    Ses mandats précédant ayant donc tous eu pour but de trouver une route vers l’Asie, suite à ce triple-échec, le roi demanda à Hudson de directement s’attaquer au redoutable « Passage du Nord-ouest » en longeant la côte du Québec par le nord, et c’est en 1610 que le périple commença…

    Cette fois, hanté par ses échecs précédents et désireux d’être le premier à trouver ce passage tant convoité, Hudson, à la tête de son nouveau navire, le Discovery, était décidé à tout miser sur cette périlleuse expédition. Mais alors que durant sa progression, les jours se transformèrent en semaines, que le froid se fit de plus en plus sentir et que les glaces menaçaient d’emprisonner le Discovery jusqu’au printemps prochain, des paroles sombres commencèrent à s’échanger du côté de l’équipage…

    Des noms tel que Holde with Hoope (Tiens avec espoir) ou Good Merces (Bonne merci) furent donnés aux différents sites explorés par Hudson et son équipage.

    Le récit du périple qui nous intéresse nous est parvenu par le biais du journal d’un des seuls lettrés de l’équipage, un marin nommé Abacuk Pricket, qui mentionne que suite à une terrible tempête entre l’actuelle Terre de Baffin et la côte nordique québécoise, la glace arriva si rapidement sur le bateau que celui-ci se figea instantanément. Heureusement pour eux, le temps finit cependant par s’adoucir. Si l’équipage comprit l’avertissement, Hudson n’en fit aucun cas, et malgré le danger de la situation, continua son exploration pour dorénavant s’aventurer de plus en plus profondément dans ce qui deviendrait la Baie d’Hudson, puis la Baie James, où le tout se révéla être un cul-de-sac.

    Schéma des deux derniers voyages d’Henry Hudson

    [/i]

    C’est à ce moment que l’hiver arriva, et piégea à nouveau le bateau à l’intérieur des glaces. Mais cette fois-ci, s’en était fait, et leur navire demeurerait bel et bien coincé jusqu’au printemps. Ici, les membres de l’équipage, prisonniers de ce monde de glace, se tourna dans sa presque totalité contre leur capitaine, qui fut accusé de tous leurs malheurs. Alors, leur véritable calvaire commença…

    Dénotons tout de même une anecdote qui se produisit au bout de plusieurs mois, où une silhouette se fit voir au loin, en provenance des terres. Celle-ci se révéla être un autochtone, qui venait pour commercer avec ces étrangers. Ayant échangé des couteaux, outils et boutons contre quelques peaux, celui-ci reparti avec le sourire, avant de revenir plusieurs fois pour les mêmes fins.

    Cette partie de l’histoire, toujours rapportée par le biais du récit de Pricket, allait en temps et lieux connaître ses répercussions, car ici se fit les premiers échanges dans un territoire qui allait devenir celui d’un des plus puissants empires commerciaux de son temps : l’Hudson Bay Company. Cependant, pour l’instant, ces maigres échanges ne changeraient que peu au destin de l’équipage, qui dû attendre patiemment l’arrivée du printemps en tentant de survivre dans cet environnement d’une incommensurable hostilité. Pendant ce temps, Hudson cartographia notamment les environs.

    Or, en juin 1611, après des mois de souffrance, les glaces délivrèrent finalement le navire, et alors que selon toute logique, tout être humain renoncerait, du moins temporairement, à une entreprise si infructueuse, les marins reçurent une nouvelle dévastatrice de la part de leur capitaine dorénavant tant détesté : malgré tous les revers, et l’humeur apparemment désastreuse et instable de son équipage, celui-ci, incapable de se résigner à un nouvel échec dans sa carrière, désirait ardemment poursuivre ses recherches du « Passage du Nord-ouest »…

    À ce moment, c’en était trop, et ses hommes, comme l’on peut s’en douter, se mutinèrent. Le plan de l’équipage, mené par Henry Greene et Robert Juet, était de mettre sur une barge le Capitaine Henry Hudson, son fils John, encore adolescent, ainsi que ceux qui lui serait fidèle aux côté des malades, et de les abandonner à leur sort. Abacuk Pricket, contre cette sentence si abrupte, tenta de les en empêcher (selon ses dires), mais Greene lui répondit que le pire qui pouvait leur arriver était d’être pendu de retour au pays, ce qui était de loin préférable au fait de demeurer dans cet enfer glacé…

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7c/John_Collier_-_The_Last_Voyage_of_Henry_Hudson_-_Google_Art_Project.jpg

    Représentation de Hudson dans The Last Voyage of Henry Hudson par John Collier.

    C’est ainsi que la décision fut prise et que Hudson, accompagné de son fils et de sept membres de l’équipage, furent abandonné sur leur barque à la dérive dans la Baie James. Il tentèrent un moment, aidés de leurs rames, de rejoindre leur navire afin de potentiellement demander pardon, mais il était trop tard, et disparurent à l’horizon. Depuis, aucun récit ne nous est revenu.

    Quant aux mutins, initialement au nombre de treize, huit parvinrent à rejoindre les côtes de l’Angleterre, où quelques années plus tard, ils furent jugés. Néanmoins, les autorités, incapables de se résigner à accuser de mutinerie ces survivants, véritables documents vivants, ce qui les aurait conduits au gibet sans délai, les accusa plutôt de meurtre, tout en sachant très bien que ceux-ci pourraient aisément contester la décision. Après tout, rien ne prouvait qu’Hudson et les membres de l’équipage fussent morts. C’est ainsi que furent acquittés tous les mutins.

    Ainsi prend donc fin le récit de cette expédition, et au final, le Passage du Nord-Ouest allait bel et bien être découvert, mais avant d’en arriver là, d’autres souffrances allait devoir se faire savoir dans cette ingrate recherche, mais ça, c’est une autre histoire…

    Canada : A People’s History, When the World Began 15,000 BC-1850 AD
    Asher, Georg Michael (1860). Henry Hudson the Navigator
    Le Journal d’Abacuk Pricket : http://abacukpricket.blogspot.ca

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Participant
    Posts414
    Member since: 12 avril 2012

    Excellent sujet bien illustré avec un récit prenant, il ne faut pas oublier aussi que la route du Passage du Nord-Ouest est l’une des plus périlleuses, surtout à cette époque-là.

    J’ai vu un documentaire français ou un couple a décidé d’emprunter ce passage, croyez-moi, même à notre époque actuelle avec tous les moyens que l’on a, ce passage reste difficile à appréhender.
    Donc c’est tout un exploit de l’avoir fait à cette époque.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Merci Bat pour ce dossier très instructif – en tout cas pour moi, car je ne connaissais Henry Hudson que pour avoir prêté son nom à la baie éponyme !

    Cela rappelle combien les expéditions maritimes étaient périlleuses durant l’époque moderne. 😉

  • Admin bbPress
    Posts6316
    Member since: 5 août 2017

    Ça fait toujours plaisir de partager!

    N’hésitez pas à commenter, poser une question ou à partager vos connaissances sur le sujet 😉

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  • Participant
    Posts1655
    Member since: 12 avril 2012

    Très bon sujet Bat, tout est bien expliqué rien à dire ^^

    J’avais eu la chance d’étudier un peu sur Henry Hudson par le passé, il me semble que d’après les rumeurs celui-ci c’était aventuré jusque dans l’Outaouais (Après son exil) Un triste sort pour lui, sachant l’importance qu’aura la Baie d’Hudson plusieurs années plus tard!

  • Participant
    Posts414
    Member since: 12 avril 2012

    Un petit ajout, qui n’as rien d’important , mais symbolique, le fleuve de Manhattan porte son nom, ainsi que plusieurs institutions américaines. Mais aussi au détroit Hudson et à la baie Hudson au Canada, même aussi à la compagnie canadienne la baie Hudson ou the bay Hudson, tout montréalais doit connaître ça. 🙂

  • Admin bbPress
    Posts6316
    Member since: 5 août 2017

    Un petit ajout, qui n’as rien d’important , mais symbolique, le fleuve de Manhattan porte son nom, […] même aussi à la compagnie canadienne la baie Hudson ou the bay Hudson, tout montréalais doit connaître ça. 🙂

    En fait, ce passage en parle :

    « Cette partie de l’histoire, toujours rapportée par le biais du récit de Pricket, allait en temps et lieux connaître ses répercussions, car ici se fit les premiers échanges dans un territoire qui allait devenir celui d’un des plus puissants empires commerciaux de son temps : l’Hudson Bay Company. »

    L’Hudson Bay Company est l’ancêtre des Magasins La Baie bien connus au Québec.

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  • Participant
    Posts414
    Member since: 12 avril 2012

    🙂 Cela prouve qu’il ne faut pas poster de sujet ou de réponse, après une soirée bien arrosée !!!

  • Admin bbPress
    Posts6316
    Member since: 5 août 2017

    Je tiens maintenant à préciser un truc en lien avec le récit de Prickett, car celui-ci est grandement contesté, et ce, pour des raisons évidentes. En effet, comme il s’agit de la seule source véritable, et surtout, que l’auteur ait pu changer son récit afin de se détacher des crimes, plusieurs historiens doute de la véracité absolue de celui-ci.

    Notez notamment à ce propos le fait que les deux chefs de la mutinerie, Greene et Juet, n’ont pas survécu au voyage. Il est donc ainsi probable que le blâme de la mutinerie et de la décision d’abandonner le capitaine, son fils et les blessés à une mort quasi-certaine ait été jeté sur ces cadavres incapables de se défendre, et que le récit ait été réécrit par Prickett, avec la complicité des membres de l’équipage, qui tentèrent ainsi de se désolidariser du crime.

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  • Admin bbPress
    Posts6316
    Member since: 5 août 2017

    Très bon sujet Bat, tout est bien expliqué rien à dire ^^

    J’avais eu la chance d’étudier un peu sur Henry Hudson par le passé, il me semble que d’après les rumeurs celui-ci c’était aventuré jusque dans l’Outaouais (Après son exil) Un triste sort pour lui, sachant l’importance qu’aura la Baie d’Hudson plusieurs années plus tard!

    Lors de ma première lecture de ton intervention, j’ai oublié de te demander une précision. Tu mentionnes qu’il y aurais eu des rumeurs comme quoi il se serait aventuré dans le coin de l’Outaouais après son exil, mais de quel exil s’agit-il? Tu parles après la mutinerie?

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  • Participant
    Posts1655
    Member since: 12 avril 2012

    Oui, après la mutinerie, mais ce ne sont que des rumeurs. Il aurait continué le périple avec son fils et quelques membres d’équipages encore fidèle à lui et se serait rendu jusqu’en Outaouai. Enfin ,rien n’est officiel à 100% et c’est pas monsieur Hudson qui pourra nous le confirmer 😆

  • Admin bbPress
    Posts6316
    Member since: 5 août 2017

    Et tu sais sur quoi son basé ces rumeurs (récit autochtones, squelettes, outils retrouvé lui ayant appartenus)?

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  • Participant
    Posts1655
    Member since: 12 avril 2012

    Basé sur des témoignages, voilà pourquoi il est difficile de confirmer si cela est vrai ou nom.

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