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Ce sujet a 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour par  Pano, il y a 1 mois et 2 semaines.

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  • Modérateur
    Posts2005
    Member since: 26 août 2013

    Géopolitique de l’Antarctique

    L’Antarctique, surnommé le continent blanc, est un continent d’une superficie de 16 millions de km/carré. Gigantesque espace formant le plus grand désert de la planète Terre, le continent est le plus froid, le plus venteux du monde. Il ne compte aucune population allochtone et les seules formes de vie qu’on y rencontre sont des animaux et des plantes capables de survivre au grand froid, au manque de lumière et à l’aridité. Pourtant, en dépit de ces données peu encourageantes, l’Antarctique a un rôle à jouer dans les affaires du monde et le continent blanc pourrait se transformer en un grand échiquier pour les grandes puissances.

    La calotte glaciaire représente 80% des réserves d’eau douce mondiale. L’Antarctique serait riche en ressources sous-terraines. On y trouverait de l’or, de l’argent, du platine, cuivre, fer, zinc, du pétrole et du charbon ! Cela constituerait 20% des stocks mondiaux. Cependant, la localisation de ses minerais n’est pas précise et pas encore achevée. Creuser la glace pour l’extraction et franchir une mer terrifiante pour l’exportation risque d’en décourager plus d’un. Nouvelle donnée aussi : le tourisme. Le tourisme est en constante augmentation, notamment par le biais de croisière le long de la péninsule Antarctique.

    Eloigné de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et de l’Australie, le continent n’est accessible par la mer qu’après 8 ou 11 jours de navigation que si elle est libre de glace. Autrement, la banquise peut retarder un navire de 20 jours. De plus, les vents extrêmement puissants et le peu de pistes d’atterrissage restreignent l’accès aérien.

    L’Antarctique est le dernier endroit de la planète à avoir été découvert. C’est en 1772 que James Cook se retrouva le premier bloqué par la banquise en franchissant le cercle polaire. Toutefois, l’Anglais n’aperçut même pas les côtes du continent de glace. En 1840, l’explorateur Dumont-d’Urville mit pied à terre et nomma sa découverte «Terre Adélie», en l’honneur de son épouse.  A sa suite, de nombreuses expéditions sont lancés par différents pays : Belgique, Roumanie, Russie, Allemagne….La cartographie complète des côtes ne sera réalisée que 100 ans plus tard.

    Sept nations revendiquent des terres en Antarctique. Certains se basent sur leur proximité géographique : le Chili, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, l’Australie. D’autres se justifient par la primauté du premier découvreur : la France, le Royaume-Uni et la Norvège. Notons que les zones revendiquées par le Chili, l’Argentine et le Royaume-Uni se chevauchent les unes les autres.

    En 1959 est signé à Washington un Traité sur l’Antarctique. Le document n’implique pas un abandon de revendications de souveraineté mais une suspension, une sorte de mise en parenthèse de ses revendications. C’était alors la période de la Guerre froide et personne ne voulait créer plus de casus belli qu’il n’y en avait déjà. En outre, le Traité impose une non-militarisation totale du continent : aucune force armée ne peut y manœuvrer ou s’y installer. L’installation d’armes nucléaires, y compris d’éventuels essais est proscrite. Seule une institution internationale non-gouvernementale peut autoriser l’installation de bases, toutes à intérêt scientifique uniquement.

    Depuis, seuls les scientifiques et le personnel de leurs bases forment la seule population humaine de l’endroit, environ 1500 personnes. Ils travaillent sur la verticale de l’Antarctique, la sismologie, l’astrophysique, l’astronomie, la météorologie, la climatologie et la glaciologie.

    Pour compléter le Traité, un protocole est signé à Madrid en 1991. Il fait du continent une réserve naturelle réservée à aux activités scientifiques uniquement. Le Protocole interdit toute exploitation des sous-sols et n’autorise une activité qu’après un examen des conséquences de cette dernière sur l’environnement. D’autres conventions ont été conclues pour la protection d’espèces animales ou végétales spécifiques par la suite.

    Notons que les conventions n’ont créé aucun organisme de contrôle. De ce fait, leur respect ne repose que sur les intérêts des Etats. Or, dans l’indifférence quasi-générale, la Russie et la Chine ont fait part de leur désir «d’utiliser» l’Antarctique.

    En 20148, l’exploitation de ressources naturelles pourrait reprendre car le Protocole de Madrid sera caduc. En outre, le traité de Washington viendra aussi à son terme. Outre, les revendications habituelles, de nouveaux pays ont déjà fait savoir qu’ils pourraient faire valoir des droits sur le continent blanc : Russie, Etats-Unis, Brésil, Pérou, Afrique du Sud, Espagne et Belgique (!).

    Le Forum de la Guerre a pour coutume d’analyser les problématiques géopolitiques, bien souvent avec un point de vue différent de ce qui est présenté au grand public, voilà pourquoi j’entame ce sujet. Des dizaines de questions demandent à être posées. Les armées actuelles (de terre, de mer et de l’air) sont-elles inexpérimentées face aux combats en milieu glacier ? Ont-elles le matériel pour ce genre de milieu ? Quelles nations pourraient se voir confirmer dans ses prétentions ? Y-a-t’il de vrais intérêts dans le sixième continent ?

  • Participant
    Posts393
    Member since: 21 avril 2012

    Son sous-sol serait riche en toutes sortes d’éléments. Donc oui, intérêt il y a. 😉

    De plus, c’est peut-être aussi symbolique… qui arrivera à conquérir ce continent dans sa plus grande partie, ou à l’exploiter au maximum possible ?

    Les armées peuvent-elles agir efficacement sur un tel théâtre d’opération ? En ce qui concerne les troupes classiques, je serais tenté de répondre que non. Par contre des troupes de commandos, peut-être nés, mais surtout entraînés dans les régions du Grand Nord au Canada ou en Sibérie devraient presque s’y sentir comme des poissons dans l’eau.

    Quant aux problèmes de logistique, cela me permet d’aborder un point peu connu (qu’il faudrait d’ailleurs vérifier, mais vous comprendrez rapidement combien cela sera ardu !)… il semblerait qu’il existe des fusils spéciaux, dans certains arsenaux non moins spéciaux, destinés à des troupes de combattants bien particuliers également… Des fusils spéciaux qu’on rechargerait avec DE LA NEIGE ! Celle-ci, une fois glissée au bon endroit, est compressée, compactée… en DES PROJECTILES DE GLACE. Résultat garanti, paraît-il.

    Avantage : pour des missions en Antarctique, munitions littéralement illimitées !!!

    La guerre, c'est l'histoire de l'humanité !
    Vouloir juger sans (bien) connaître, n'est-ce pas là le meilleur moyen de se tromper ?

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