Post has published by karas

Ce sujet a 6 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  karas, il y a 1 an et 6 mois.

  • Participant
    Posts123
    Member since: 16 mai 2016

    Bonjour,

    Pour mon projet de reconstitution d’un guerrier hittite, je me suis heurté à une question qui me perturbe. J’ai acquis des images et des photos (fiables) de pointes de flèches et de têtes de lances. Les deux types d’armes ont une tige que l’on enfonce dans le bois. Certaines têtes de lances ont leur tige qui se termine par une boucle. Je me demande comment faisait les Hommes a cette époque pour fixer solidement les lames de ces armes à des manches en bois.

    Lances de Hattusa (époque hittite – détails des numéros sur ma page fb):
    https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/16508468_266356640464274_5222151860922028481_n.png?oh=1c7b5b60ee948b95ce9a287fd92663d7&oe=590AE940

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 mai 2016

    Ton lien ne fonctionne pas. Apparemment, le site en question est assujetti à une connexion préalable. Je me suis donc permis de repiquer ta photo via facebook pour que chacun puisse la voir.

    https://images.empreintesduweb.com/originale/1486764860.png

    Pour ma part, je pense que les pointes 4 et 5, ne doivent cette boucle qu’à un accident. Une pareille forme n’aurait aucun sens.

    Les autres pointes, à l’exception de la n°1 ( et peut-être la n°5) sont sans doute pour des flèches ou des javelots légers. Leur fragilité évidente les destinait probablement à ne servir qu’une fois à la bataille… avant de retourner chez le forgeron pour remise en forme. J’imagine que ces tiges fines comme des aiguilles étaient forcées dans un avant-trou foré dans le bois et éventuellement collées avec un peu de goudron d’écorce. On pouvait supputer que les pointes resteraient dans la plaie quand on tirerait sur la flèche.

    La n°1 devait être pour une lance courte ou une grosse javeline. Engagée dans une fente préalablement sciée, puis fixée avec des tours de corde pour resserrer le tout, elle devait résister à la poussée comme à la traction grâce à l’élargissement de la tige à son extrémité.

    Mais ce n’est qu’un avis.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts123
    Member since: 16 mai 2016

    Merci d’avoir remit la photo, je galère souvent à les mettre sur le forum et merci pour ta réponse. 🙂

    Pour les boucles je ne pense pas que ça soit une erreur car on en a retrouvé d’autres la tige se terminant en boucle. Je pense que ça devait être une autre méthode de fixation comme celle des lances du début du 2e millénaire dont la tige était recourbée.

    Dans les musées et dans les livres, il est marqué “spearhead”donc je ne pense pas que ça soit des pointes de flèches. Mais je suis d’accord sur le fait qu’il s’agit de lance légère et de javelots.

    Pour en revenir sur la question initiale, tu penses que c’était du goudron d’arbre qui était utilisé ? 🙂

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 mai 2016

    @karas :

    Pour les boucles je ne pense pas que ça soit une erreur car on en a retrouvé d’autres la tige se terminant en boucle.

    Dont acte. Je n’avais jamais entendu parler de ces pointes à boucle. Alors, je suppute ceci :
    on taille une gorge dans le fût ; on y pose la lame que l’on colle à la poix avant de mastiquer la saignée jusqu’à refus ; ne dépasse plus alors qu’une partie de la boucle sous forme d’un anneau ; on enroule un lacet de cuir sur l’ensemble en prenant soin de le faire passer par ledit anneau.
    De la sorte, la pointe ne peut plus être arrachée. En revanche, elle peut être facilement démontée et replacée sur un bois neuf. Un simple feu suffit.

    Pour en revenir sur la question initiale, tu penses que c’était du goudron d’arbre qui était utilisé ?

    Il y a des colles d’époque qu’on imagine mal en milieu militaire, comme celle de farine, bien connue des tapissiers mais soluble dans l’eau, ou le mélange résine-cire d’abeille, très utilisé par les embaumeurs pour sceller les bandelettes mais se ramollissant trop vite au soleil.

    La gélatine tirée des os est déjà plus guerrière mais sa sensibilité à l’eau la réservait à l’imprégnation des écailles de cuir des cuirasses (le fameux « cuir bouilli »). On en a retrouvée une chez Toutânkhamon, contemporain de Souppilouliouma. On l’avait tassée à mort dans un récipient mais trente-trois siècles dans une humidité proche de 100% en ont fait un bloc compact que personne n’a osé jusqu’ici déployer !

    Ne restent donc que la colle de peau, la poix obtenue par combustion lente des écorces de bouleaux ou de résineux et enfin, le bitume naturel, toutes substances courantes dans les régions concernées.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts123
    Member since: 16 mai 2016

    Je risque de paraître nul mais il y a un passage que je n’ai pas compris..
    Celui-ci:
    “avant de mastiquer la saignée jusqu’à refus ; ne dépasse plus alors qu’une partie de la boucle sous forme d’un anneau ; on enroule un lacet de cuir sur l’ensemble en prenant soin de le faire passer par ledit anneau.”

    Je te remercie pour l’enonciation des colles. Je connais l’armure d’écailles en cuir de Toutânkhamon, l’état de conservation est incroyable.:)

    Donc le bitume d’arbre c’est la poix ?

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 16 mai 2016

    @karas :

    (…) il y a un passage que je n’ai pas compris..

    Difficile à décrire, en effet. Je ne suis pas Victor Hugo. Alors, tu es bon pour un [strike]dessin[/strike] griffonnage. 😆

    https://images.empreintesduweb.com/originale/1486935122.jpg

    Donc le bitume d’arbre c’est la poix ?

    C’est toute colle obtenue par distillation, y compris celle de l’asphalte. Mais il évident qu’à l’époque qui nous occupe, il ne peut être question que de combustion lente de matières végétales… sans oublier le goudron naturel puisqu’il servait de mortier en Mésopotamie et de calfatage de bateau sur tout le pourtour méditerranéen.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts123
    Member since: 16 mai 2016

    Avec un dessin c’est beaucoup mieux merci beaucoup. C’est vrai que ce n’est pas facile à décrire ce genre de chose. 🙂

    Merci beaucoup pour tes réponses, cela m’aide toujours un peu plus dans mon projet. 🙂

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