Post has published by kymiou

Ce sujet a 8 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  BaTBaiLeyS, il y a 1 an.

9 sujets de 1 à 9 (sur un total de 9)
  • Modérateur
    Posts1921
    Member since: 20 juillet 2013

    Depuis quelques siècles, ceux qui voient en l’Homme le roi de de la Création passent de durs moments. Non, la Terre n’est plus un point fixe autour duquel tournent Lune et étoiles ; non, le système solaire n’est pas le centre de la Voie Lactée; non, notre galaxie n’a jamais marqué le pivot de l’ensemble du Cosmos.

    Il restait un espoir à notre vanité. Et s’il n’y avait de planètes qu’autour de notre seule petite étoile, le reste n’étant composé que d’astres lugubres et solitaires ? Les auteurs de science-fiction soutiennent le contraire depuis toujours mais comme ce sont, justement, des auteurs de science-fiction… ! Et puis, comment distinguer une planète à des distances telles que les étoiles ne sont souvent perçues comme de simples points lumineux ?

    Mais les progrès de toutes sortes ont rendu la chose possible au début des années 1990. Deux méthodes pouvaient être exploitées :

    – la vitesse radiale : l’astre et son satellite forment un couple où les attractions gravitationnelles communiquent à l’étoile une oscillation mesurable par spectroscopie (effet Doppler), dépendant de sa masse et de celle de son compagnon ;

    – le transit planétaire : le satellite passe entre son étoile et nous, ce qui entraîne une diminution temporaire de sa luminosité, une micro-éclipse en quelque sorte.

    L’avantage de la première manière (vitesse radiale) est qu’elle peut déceler des planètes indépendamment de l’orientation du système par rapport à nous. L’inconvénient : elle ne perçoit que les grosses planètes invivables, genre Jupiter, suffisamment grosses pour secouer leur étoile assez fort pour qu’on le remarque.

    C’est ainsi que la première exoplanète fut découverte par vitesse radiale en 1995. Une géante gazeuse, évidemment. Le transit planétaire, lui, donna son premier résultat en 1999 avec des planètes de format inférieur, donc rocheuses et telluriques.

    La méthode par transit planétaire offre donc de meilleures possibilités pour découvrir de nouvelles Terres, mais seulement à la condition que le système soit vu par la tranche, sinon, il n’y a pas d’éclipse observable. Et encore : s’il y a éclipse, ce n’est pas tous les jours. Cela exige des mois de surveillance. Or la location d’un observatoire coûte un prix fou et les listes d’attente sont longues. Il fallait donc des instruments ne servant qu’à çà et à l’abri des turbulences atmosphériques.

    Ce fut notamment le cas du satellite américain Kepler, dont le télescope de 98 centimètres découvrit, en quatre ans et selon la méthode du transit, 134 planètes rocheuses certaines et plusieurs milliers en attente de confirmation.

    http://kepler.nasa.gov/images/mws/k37LCfig2.gif
    Exemple de graphique révélant un transit planétaire. La lumière émise par l’étoile Kepler-37a est partiellement occultée par son petit satellite Kepler-37b, ce qui révèle son existence.

    A ce jour, le tableau de chasse est déjà époustouflant. Il suffit de consulter le catalogue des exoplanètes répertoriées. On en compte plus de trois mille six cents, la plupart découvertes par la méthode des transits grâce à la sensibilité toujours plus grande de nos détecteurs. C’en est au point que les perturbations atmosphériques ne posent plus de problème et qu’on peut mener les recherches du sol. Les télescopes satellisés coûteux et exposés aux pannes (le Kepler est déjà mort, gyroscopes grippés) ne sont plus une obligation sine qua non.

    Bien entendu, quand on peut doubler une observation par l’autre méthode, c’est Noël pour les chercheurs car ils peuvent croiser les données et en tirer une foule de renseignements sur la planète, comme la présence et la densité de son atmosphère, voire une partie de sa composition.

    Je vais enfin pouvoir justifier mon drôle de titre.

    En 2010, l’Université de Liège a installé en bordure du désert d’Atacama, au Chili, un petit télescope de 60 cm de diamètre entièrement robotisé puisqu’il est commandé d’Europe. Un second engin, tout pareil, fut monté au Maroc en 2016. On les a baptisés TRAnsiting Planets and PlanetesImals Small Telescope, en abrégé : Trappist.

    Ben oui, c’est trappiste en anglais. Un clin d’œil bien sûr. Ce n’est pas parce qu’un projet est sérieux qu’on doit en rajouter en gravité gratuite. D’où cette discrète réclame en faveur des bières trappistes made in Belgium, au nombre de six comme chacun sait : Westmael, Chimay, Achel, Orval, Westvlereren et Rochefort.

    https://images.empreintesduweb.com/originale/1492355615.png
    Cela m’étonnerait que l’inauguration de l’observatoire se soit faite au champagne ! 😛

    La particularité de ces deux télescopes est de pouvoir s’intéresser à des étoiles particulièrement sombres, les naines rouges et surtout les naines brunes. Il n’y a pas plus dur à étudier car ce sont des astres qui ne possèdent pas de masse suffisante pour flamboyer comme les autres. Voyez-les plutôt comme des boules à peine rougeoyantes. La plupart d’entre elles sont à peine plus grosses que Jupiter, c’est dire.

    Et pourtant, cela n’a pas empêché les Liégeois de découvrir autour de l’étoile Trappist-1 ce que la presse a qualifié de « trésor » : pas moins de sept planètes rocheuses dont cinq de taille similaire à celle de la Terre – les deux dernières un peu plus petites.

    https://images.empreintesduweb.com/originale/1504206732.png

    C’est un micro-système, à un peu moins de quarante années-lumière. L’illustration compare les orbites de ces planètes avec les nôtres – et avec le système jupitérien. Le diamètre complet de la famille Trappist-1 est donc très inférieur à l’orbite de notre Mercure. Mais trois planètes sont en zone Boucle d’or, là où l’eau liquide est possible.

    En contrepartie, les vitesses orbitales du « trésor » sont élevée. Une révolution complète, c’est-à-dire une année, dure trente-six heures terrestres pour le satellite le plus proche ; pour le plus lointain, comptez une Saint-Sylvestre tous les dix-huit jours !

    https://images.empreintesduweb.com/originale/1492355618.png
    Extrait du catalogue des exoplanètes montrant la famille Trappist. La quatrième colonne donne le rayon de chaque planète par rapport à celui de la Terre.

    La rapidité et l’aisance relative de cette découverte ont amené l’Université de Liège à compléter ses objectifs avec l’ajout prochain de deux autres télescopes dans un nouveau programme baptisé : Search for habitable Planets EClipsing ULtra cOOl Stars, à lire en abrégé : SPECULOOS, ce biscuit à la cannelle accompagnant impérativement le café servi dans tous les établissements du royaume. Very belgian, isn’t it ? 😉

    Il s’agit de marquer la feuille de route des grands télescopes en voie d’achèvement – dont le successeur d’Hubble – qui ne peuvent se permettre le luxe de fixer indéfiniment des étoiles dans l’attente d’une hypothétique éclipse.

    Les choses en sont là.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Admin bbPress
    Posts6283
    Member since: 5 août 2017

    Merci Kymiou pour cette présentation!

    C’est un sujet passionnant que celui de la recherche d’exoplanètes. À ce propos, je serai toujours surpris du fait que plusieurs astronomes sérieux doutaient de l’existence même des planètes autour d’étoiles lointaine simplement en raison du fait qu’aucune n’ait été découverte avant 51 Pegasi B.

    Il me semble que la manière dont une étoile était formé, et de ce fait, que celle-ci allait inévitablement laisser des débris autour d’elles leur était connue, non?

    Ceci dit, la méthode par oscillation fonctionne t’elle lorsque la planète tourne autour de son étoile, mais sans passer face à son étoile selon notre angle. Je sais que le transit n’apparaîtra pas, mais l’effet Doppler non plus, pas vrai?

    PS : j’ai dût retirer ton lien vers la présentation sur le site de Kepler, car il était mentionné qu’il renvoyait vers une connexion non-sécurisée. Tu voyais un truc du genre aussi?

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Modérateur
    Posts1921
    Member since: 20 juillet 2013

    BaTBaiLeyS :

    (…), je serai toujours surpris du fait que plusieurs astronomes sérieux doutaient de l’existence même des planètes autour d’étoiles lointaines…

    Ils étaient sans doute soucieux de maintenir l’église au milieu du village, ou plutôt le doute méthodique au milieu de la science. Tant que les exoplanètes n’étaient pas prouvées, elles restaient du domaine de l’hypothèse quelle que soit leur probabilité.

    la méthode par oscillation fonctionne-t-elle lorsque la planète tourne autour de son étoile, mais sans passer face à son étoile selon notre angle ? Je sais que le transit n’apparaîtra pas, mais l’effet Doppler non plus, pas vrai?

    Dans la plupart des cas, il y aura un effet Doppler. Celui-ci s’atténuera mais ne disparaîtra que si notre regard est exactement perpendiculaire au plan du système observé. Dans ce dernier cas bien précis, il n’y aura pas de Doppler puisque notre distance à l’étoile restera fixe, l’oscillation se faisant de gauche à droite et retour, mais plus d’avant en arrière.
    Toutefois, je me demande si nos instruments de pointage ne remarqueraient pas ce mouvement.

    J’ai omis de le signaler par souci de clarté, mais le transit se complète d’un autre effet lui aussi détectable. On note l’affaiblissement de la lumière au moment de l’éclipse, mais nos engins remarquent aussi un accroissement de lumière quand la planète est au-delà de son astre et nous présente sa face éclairée s’ajoutant au rayonnement de son étoile !

    j’ai dû retirer ton lien vers la présentation sur le site de Kepler, car il était mentionné qu’il renvoyait vers une connexion non-sécurisée. Tu voyais un truc du genre aussi?

    Tu as bien fait. Moi, je n’avais rien remarqué, sinon je n’aurais pas pris ce risque.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Admin bbPress
    Posts6283
    Member since: 5 août 2017

    Oui, c’est exactement dans le cas d’une orbite totalement perpendiculaire. Fait tout à fait improbable je l’accorde, mais néanmoins, je crois que dans ce cas précis, il n’y aura pas d’effet doppler, la distance de la lumière diffusée demeurant la même, je me trompe?

    Si non, alors cela signifie que nos deux moyens de détections demeureraient insensibles face à une planète attachée à un tel système.

    PS : j’ignorais le phénomène d’accroissement de la lumière, mais c’est effectivement logique.

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  • Participant
    Posts505
    Member since: 2 septembre 2012

    J’en avais entendu parler quand ça avait fait le tour des journaux télévisés et que tout le monde disait que pour nommer les planètes ça serait simple : Chimay, Rochefort, Orval, Westvleteren, … 😛 (ce qui serait d’un bon goût inégalable !).

    Je parie sur une troisième génération d’instrument avec un nom autour du chocolat d’ailleurs !

    Sinon, au sujet de supposer qu’il y a des planètes autour des étoiles, ce n’est pas aussi évident qu’on peut le croire, car il y a un nombre très important d’étoiles sans planète d’après les théories actuelles (et observations), pour x ou y raisons. Ce n’était alors pas aussi trivial de dire qu’il y avait forcément des systèmes planétaires autre que le notre (un peu comme il n’est pas évident de dire qu’il y a de la vie ailleurs, même si on aimerait bien surtout s’il s’agit d’espèce sympa qui aiment la bière belge 😆 ).

  • Modérateur
    Posts1921
    Member since: 20 juillet 2013

    @Anakil Brusbora :

    tout le monde disait que pour nommer les planètes ça serait simple : Chimay, Rochefort, Orval, Westvleteren, …

    Une allusion sur base d’un acronyme pertinent suffit. Persévérer dans la blague serait lourd. Il s’en sont fort heureusement abstenus.

    Idem :

    car il y a un nombre très important d’étoiles sans planète d’après les théories actuelles (et observations), pour x ou y raisons.

    Je ne vois pas ce que tu veux dire. Toutes nos supputations sur les exoplanètes ont été pulvérisées quand on a commencé à en découvrir. On avait, par exemple, démontré formules en main qu’une planète ne pouvait jamais orbiter autour d’une étoile double : les interactions gravitationnelles les catapulteraient instantanément dans l’espace intersidéral.

    Depuis, on en a répertorié quelques-unes, comme Kepler-1647b, tournant autour de deux soleils. Cela a fait du bruit dans le landerneau astronomique qui l’a immédiatement surnommée « Tatooine ».

    Et l’an dernier, HD131399Ab, une étoile de la constellation du Centaure, a fait encore mieux. La planète découverte, une grosse géante gazeuse, tourne autour de trois soleils. A ce train-là, c’est plusieurs centaines de milliards d’exoplanètes qui doivent se promener dans notre seule galaxie.

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  • Admin bbPress
    Posts6283
    Member since: 5 août 2017

    Il me semble que logiquement, une étoile sans planète doit être un phénomène assez rare, qui ne pourrait selon moi que s’expliquer par le passage d’un autre astre ayant complètement nettoyé tout ce qui orbitait cette dernière.

    Par exemple, un système binaire s’approche d’un trou noir. Une étoile se faire absorber; l’autre se fait projeter au loin. Alors, certes, le fait qu’elle n’ait aucune planète s’explique.

    Sinon, une étoile paisible sans étoile est, selon toute logique, pratiquement impossible, car au moment de sa formation, celle-ci aura inévitablement laissé des débris gazeux ou solides.

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  • Modérateur
    Posts1921
    Member since: 20 juillet 2013

    C’est, en effet, devenu indiscutable. Ceci bien compris, nous savons encore fort peu de choses sur les formations planétaires. Il n’y a pas si longtemps, on considérait les gros satellites de Jupiter et de Saturne comme des sphères rocheuses inertes, toutes plus ou moins pareilles.

    A présent qu’on y a été voir, on sait qu’il n’y en a pas deux semblables et qu’elles sont très agitées : volcans, geyser, cycle de précipitations de méthane avec lacs et rivières, océans liquides sous banquise, etc…

    Même la formation initiale est un gros point d’interrogation. Quand la proto-planète est encore liquide, les éléments métalliques, plus lourds, s’accumulent au centre. Les roches restent plus haut, comme la pulpe d’une pêche autour du noyau. Il existe une force capable d’éliminer cette pulpe rocheuse et la planète se retrouve alors réduite à son propre noyau, pratiquement cent pour cent métallique fer / nickel. Et il ne faut pas aller loin pour en trouver un bon exemple : c’est Mercure.

    P.S. Au fait, vous avez entendu parler de l’astéroïde 2014 Geo25 ? Paraît qu’il va « frôler » la Terre cette nuit. On se paye un peu notre tête, les gars. Ce « frôleur » va passer à près de deux millions de kilomètres de nos pantoufles ! Il n’y a vraiment aucune raison d’y envoyer Bruce Willis. 😛

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  • Admin bbPress
    Posts6283
    Member since: 5 août 2017

    Frôler, c’est pour vendre des copies 😉

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