Post has published by Mégas Aléxandros

Ce sujet a 9 réponses, 4 participants et a été mis à jour par  Solduros_390, il y a 3 mois et 3 semaines.

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    PTOLÉMÉE SÔTER ET SÉLEUCOS NICATÔR :

    L’exemple d’une guerre de propagande au temps des diadoques.
    Étude et analyse iconographique à travers deux monnaies hellénistiques.

    Avant propos : ceci est l’un de mes travaux réalisés dans le cadre de mon cursus universitaire. Je profite du Forum de la guerre pour vous faire partager ce dossier. Pour les curieux, j’ai fait figurer à la fin de la présentation les notes de bas de page et la bibliographie, qui sont selon moi sous exploitées sur ce forum. N’hésitez à poser des questions et à commenter ce sujet. Pour cela, une simple inscription sur le forum suffit. Bonne lecture.

    Reconstitution des éléphants au temps de la guerre de diadoques. Ici, les éléphants d’Eumène de Cardia, avant la bataille de Gabiène vers 316 avant JC. Ces derniers seront pris par Antigone le Borgne après la défaite militaire d’Eumène et placés dans son cortège triomphant. Cette démonstration de force marque début de l’utilisation de l’éléphant de guerre comme instrument idéologique à l’époque des diadoques. Cependant cette guerre de propagande relative à l’éléphant indien sera entretenue principalement par deux successeurs d’Alexandre : Ptolémée et Séleucos.

    INTRODUCTION

    Avant d’analyser ces deux sources numismatiques, nous introduirons le contexte de la période afin de comprendre l’intérêt historique de ces monnaies. Après la mort d’Alexandre le Grand le 11 juin 323 avant JC, l’empire de ce conquérant ambitieux allant de la Grèce à l’Indus, n’a pu se maintenir à cause d’une politique de succession inachevée. En attendant la venue d’un éventuel héritier mâle, le partage de Babylone, qui a entraîné une division provisoire des satrapies entre ses généraux, n’a pas réussi à établir une paix intérieure au sein de l’empire. Le territoire immense conquis par Alexandre ne pouvait rester unifié longtemps, au vu des nombreuses révoltes et ambitions de ses successeurs, que nous associerons désormais au terme grec «diadoques». La cause du conflit entre les différents maîtres des satrapies commença avec le détournement du convoi de la dépouille royale par Ptolémée. Celui-ci gouvernant l’Égypte, comprit très vite qu’il avait tout intérêt à emmener le corps à Alexandrie au lieu de le laisser rentrer en Macédoine, afin d’être associé au nouvel Alexandre et d’incarner la nouvelle monarchie macédonienne1. Très vite, la situation dégénéra entre les diadoques, où tous les membres de la famille royale d’Alexandre, les Téménides, furent assassinés par Cassandre2. Une fois la dynastie éteinte, les diadoques prirent à tour de rôle le titre royal entre 306 et 305 avant JC, en justifiant chacun leur ascension par une victoire militaire. C’est à partir de cette date que les principales dynasties de l’époque hellénistique sont fondées : les Séleucides, les Lagides et les Antigonides. Afin de comprendre les fondements de leur légitimité à devenir des nouveaux rois macédoniens, nous étudierons les représentations iconographiques de deux monnaies, chacune identifiées à Ptolémée Sôter et Seleucos Nicatôr.

    I) PRÉSENTATION DES SOURCES NUMISMATIQUES

    MONNAIE 1 : STATÈRE D’OR DE PTOLEMÉE Ier SÔTER

    Description de la source

    Au droit du statère est représentée la figure de Ptolémée Ier Sôter, fondateur de la dynastie lagide en Égypte3. Le roi porte un diadème, que nous pouvons associer à un bandeau attaché derrière la tête. Son nez est long, ses yeux exorbités et ses cheveux bouclés4. Au revers, nous pouvons y voir l’inscription PTOLEMAIOU BASILEOS (« Le roi Ptolémée ») et Alexandre divinisé à droite5. Celui-ci est debout sur un quadrige d’éléphants, tout en portant le keraunos et le sceptre6.

    Présentation du statère et de Ptolémée

    La première source numismatique est un statère d’or de Ptolémée Ier, frappé entre 300 et 298 avant JC par l’atelier de Cyrène, à l’Ouest du delta du Nil7. Ce statère repose sur l’étalon cyrénéen, qui permettait de faire circuler la monnaie sur l’ensemble du monde méditerranéen8. Le fondateur de la dynastie lagide réussit à passer un accord avec les magistrats de la cité pour obtenir leur atelier monétaire. En parallèle, Il remit en activité les mines d’Égypte pour obtenir l’or nécessaire à la frappe des monnaies.

    Ptolémée est l’un des diadoques les plus puissants de son temps. Devenu sômatophylaque pendant les conquêtes macédoniennes en 330 avant JC, Ptolémée a été l’un des généraux les plus influents à la fin du règne d’Alexandre, grâce à ses nombreux exploits militaires dans les satrapies supérieures perses conquises9. Lors du partage de Babylone, il reçoit la satrapie d’Égypte, une région très importante et stratégique à ce moment10. Entre 323 et 301 avant JC, il remporte des victoires militaires contre plusieurs diadoques. Il stoppe l’offensive de Perdiccas en Egypte et celle de Démétrios Poliorcète à Gaza.11

    MONNAIE 2 : TÉTRADRACHME DE SELEUCOS Ier NICATÔR

    Description de la source

    Au droit de la monnaie est représentée la figure de Zeus portant la couronne de laurier. Au revers du tétradrachme apparaît l’inscription suivante : BASILEOS SELEUCOU (« Le roi Séleucos »). Nous pouvons y voir Athéna dirigeant un quadrige d’éléphants cornés. La déesse tient dans sa main gauche son fameux bouclier et dans sa main droite une lance qu’elle brandit en hauteur. En haut du revers de la monnaie se trouve une ancre, symbole de la dynastie séleucide.

    Présentation du tétradrachme et de Séleucos

    La seconde source est un tétradrachme de Séleucos Nicatôr (« Le Vainqueur »), frappé vers 296 par l’atelier monétaire de Séleucie du Tigre12. La cité fut justement fondée par ce diadoque avant la bataille d’Ipsos en 301, ce qui lui permit d’installer son pouvoir durablement en Mésopotamie.

    Comme tous les diadoques, Séleucos a été l’un des généraux d’Alexandre le Grand13. Lors du partage de Triparadeisos en 320, le général âgé alors de trente huit ans reçoit la Mésopotamie, qui est comme l’Égypte, une région extrêmement riche du fait de sa fertilité agricole et de l’attractivité de sa capitale, Babylone. Séleucos est le troisième diadoque à prendre le titre royal, grâce à ses victoires militaires dans les satrapies supérieures en 304. En digne successeur d’Alexandre, Séleucos alla jusqu’en Inde pour combattre le roi Chandragupta14. Le conflit se termina par un traité de paix : le roi séleucide laissa l’extrême orient au roi indien, en échange de quoi ce dernier lui offrit 500 éléphants, qu’il utilisa lors de la bataille d’Ipsos en 301. Victorieux contre Antigone et Démétrios, Séleucos en profita pour s’installer sur le littoral méditerranéen, ce qui mit fin à l’alliance avec Ptolémée. Désormais Séleucides et Lagides se disputeront pendant plus d’un siècle le territoire phénicien et syrien, lors de six guerres dîtes « syriennes », mais ces conflits ont commencé lors de la génération suivante15.

    II) L’INTÉRÊT HISTORIQUE DE CES DEUX SOURCES NUMISMATIQUES

    Des monnaies au service de la propagande royale

    Le choix portant sur l’étude de ces deux monnaies contient un intérêt historique réel. D’une part, nous pouvons essayer de distinguer ces deux objets iconographiques, dans les choix des symboles voulus par les rois. D’autre part, nous pouvons tenter de dégager des similitudes dans la manière dont les rois voulaient diffuser leur idéologie royale. Il existe bien des codes iconographiques relatifs aux monnaies de l’époque hellénistique, qui s’inscrivent dans la continuité de la frappe monétaire macédonienne de l’époque classique16.

    Avec la conquête d’Alexandre le Grand, le monde gréco-macédonien va s’étendre jusqu’en Égypte au Sud et jusqu’à l’Inde à l’Est, ce qui a entraîné des innovations dans les représentations iconographiques des monnaies17. En dehors des bénéfices économiques que pouvait apporter les monnaies dans le commerce et le financement des armées, les frappes des pièces lagides et séleucides s’inscrivent dans une perspective idéologique très marquée. Depuis la prise du titre royal par diadoques entre 306 et 305 avant J.-C., ces derniers ont été amenés à légitimer leur pouvoir royal récemment mis en place. L’une de ces formes de légitimation passait justement par la frappe monétaire, qui a largement contribué à la diffusion de la propagande royale.

    Une volonté de diffuser des idéologies royales

    Les deux monnaies étudiées nous montrent bien comment les rois de l’époque hellénistique ont voulu standardiser leur idéologie à travers les monnaies. D’abord, c’est la guerre, phénomène intrinsèquement liée à la puissance des diadoques, qui occupe une place importante dans l’iconographie des monnaies hellénistiques. Le statère de Ptolémée nous montre un Alexandre victorieux, domptant des éléphants destinés justement à la guerre. Le tétradrachme de Séleucos nous présente une Athéna guerrière, équipée de son armure, de son casque et sa lance, domptant elle aussi des éléphants.

    Cette mise en scène guerrière s’accompagne d’une personnification du pouvoir dans l’iconographie des monnaies, permettant à Ptolémée et Séleucos de s’affirmer comme des rois. En effet, Ptolémée est représenté avec un diadème sur le droit du statère, l’insigne royal des diadoques par excellence18. De plus, il ne faudrait pas oublier l’importance du métal, qui détermine la puissance du pouvoir royal : l’or du statère de Ptolémée s’inscrit dans la tradition pharaonique, car c’était un métal très utilisé par les rois du Nouvel Empire. Il perpétue également la tradition macédonienne, puisque Philippe II utilisait les mines de Thraces et de Thasos pour frapper ses monnaies. Le tétradrachme, monnaie la plus courante sous le règne de Séleucos, repose quant à lui sur l’étalon attique imposé par Alexandre le Grand : il s’inscrit alors dans la continuité de l’ancien roi macédonien. Enfin, La personnification du pouvoir, nécessaire pour accroître le prestige d’un roi, est visible dans la titulature des monnaies au revers (BASILEOS PTOLEMAIOU/BASILEOS SELEUCOU). Cette personnification du pouvoir était davantage présente sur les monnaies de Ptolémée. Les représentations de Séleucos sur les tétradrachmes semblent inexistantes.

    L’idéologie de ces deux monnaies s’inscrit également dans une perspective divine. Le tétradrachme séleucide met en valeur la figure d’Athéna, protectrice de la royauté macédonienne depuis Philippe II19. Par ailleurs, la figure de Zeus au droit du tétradrachme n’est pas un hasard : nous savons que le choix de l’emplacement de la fondation de Séleucie du Tigre a sans doute été appuyé par un présage divin venant de Zeus20. L’Alexandre divinisé sur le statère de Ptolémée est également associé à Zeus, puisqu’il poste le foudre dans sa main droite. Par des mises en scènes divines, les rois peuvent être considérés comme des êtres exceptionnels protégés des dieux. Cependant jamais les diadoques, à l’inverse d’Alexandre, ne se sont proclamés dieux de leurs vivants.

    Enfin, il ne faudrait pas oublier les références à Alexandre le Grand dans ces monnaies : ce roi est un modèle pour tous les diadoques, qui l’ont imité et divinisé après sa mort pour gagner en prestige. L’Alexandre représenté sur le statère de Ptolémée est associé à un dompteur d’éléphants : cette image fait probablement référence à la bataille de L’Hydaspe en 326, qui a vu s’opposer Alexandre au roi indien Porros. L’armée macédonienne, apeurée par les pachydermes, finit par avoir le dessus, grâce au génie militaire d’Alexandre et à la cohésion de ses généraux. Au delà d’un succès militaire, ce fut une victoire idéologique : à partir de ce triomphe, Alexandre a été associé à un roi invincible, puisque aucun Grec et macédonien avant lui n’avait pu combattre et vaincre ces cuirassés géants. Bien qu’Alexandre ne figure pas sur le tétradrachme de Séleucos, nous pouvons y voir, comme la monnaie de Ptolémée, une reprise de l’idéologie qu’avait incarnée Alexandre au moment où il s’appropria le symbole de l’éléphant.

    L’éléphant, un symbole iconographique au cœur de la « compétition idéologique » des diadoques

    Dans son article consacré à l’image du pachyderme dans la propagande royale hellénistique, l’historien Pierre Schneider, spécialiste des relations entre le Proche Orient et l’Afrique antique, insiste sur la « compétition idéologique » qui existait à l’époque des diadoques. Comme nous l’avons vu, l’éléphant a en premier lieu été « dompté » par Alexandre le Grand, qui fut le premier roi à s’emparer de ce symbole après la bataille de l’Hydaspe. Cependant après sa mort et le début de la guerre des diadoques, l’éléphant continue d’être utilisé dans les armées hellénistiques, comme nous l’avons montré avec le traité de paix entre Sélecuous et Chandragupta, qui offrit au macédonien 500 éléphants.

    Sur le tétradrachme de Séleucos, les éléphants représentés avec deux cornes inclinés vers le hauts sur leur front ont suscité des interrogations chez les historiens. Les cornes étaient très présentes dans l’iconographie séleucide. Elles font probablement référence à un épisode très connu du règne d’Alexandre, où s’illustra Séleucos : durant un sacrifice organisé par le conquérant macédonien, le futur diadoque réussit à maîtriser un taureau qui tentait d’échapper au rite. Devenu roi en 305 avant J.-C, Séleucos a légitimé son pouvoir sur les monnaies en s’associant aux cornes du taureau. Mais alors que signifient réellement les cornes présentes sur les éléphants ? Dans tous les cas, associer les cornes de l’animal à la puissance de l’armée de Séleucos n’a pas de sens, puisque l’éléphant, par la présence de ses défenses, incarne déjà sans les cornes une force incontestable. Doit-on y voir la réputation de Séleucos à « dompter » les éléphants, comme l’admettaient Antigone et Démétrios21? Ou alors doit-on considérer ces cornes comme une protection divine que bénéficiait Séleucos, en lien avec l’épisode du taureau sacrifié ? L’historien Panagiotis Iossif y a vu un processus de divinisation discrète de Séleucos, mais qui ne semble pas s’affirmer complètement sur les monnaies de sa dynastie. Les soldats de Séleucos, à qui ces monnaies étaient destinées, semblaient être réticents à l’idée d’une divinisation de leur roi, ce qui pourrait expliquer cette « divinisation discrète » dans l’iconographie séleucide.

    Concernant les éléphants représentés sur le statère de Ptolémée, le roi lagide veut lui aussi symboliser la puissance de son armée à travers ces animaux de guerre, mais il semble que cette revendication idéologique soit moins poussée que celle de Séleucos. En effet, Alexandre est représenté sur le quadrige d’éléphants : l’avers du statère insiste davantage sur l’héritage macédonien et sur le prestige militaire de l’ancien roi à maîtriser des éléphants, plutôt que sur celui de Ptolémée.

    Dans cette « compétition idéologique » relative au symbole de l’éléphant, il semble que Séleucos aie remporté cette guerre de propagande. Ceci est confirmé dès 301 avant J.-C., où le fondateur de la dynastie séleucide remporta la bataille d’Ipsos avec les éléphants offerts par Chandragupta.

    CONCLUSION

    Les monnaies que nous venons d’analyser sont très révélatrices de l’idéologie royale à l’époque des diadoques. Les anciens généraux d’Alexandre le Grand ont du par l’intermédiaire des monnaies, légitimer leur puissance aux yeux de leurs soldats. La guerre dans le monde grec antique occupe une place considérable à la fin du IVe siècle avant JC. La victoire militaire permet aux souverains victorieux de manifester leur puissance à travers une propagande de guerre représentée sur les monnaies. L’iconographie des sources numismatiques étudiées insiste également sur l’aspect divin des représentations, sans toutefois associer les rois à des dieux de leur vivant. L’image de l’éléphant sur les monnaies des diadoques s’inscrit dans la continuité de l’épopée d’Alexandre en Inde, imitant ainsi le plus grand conquérant de leur temps. Néanmoins, les deux diadoques et plus particulièrement Séleucos, ont repris cette propagande à leur avantage, afin de pour légitimer leur puissance royale fondée quelques années plus tôt.

    D’autres représentations de victoires militaires se manifestent sur les monnaies des diadoques : à la différence de celles de Ptolémée et Séleucos, les tétradrachmes de Démétrios Poliorcète illustrent par exemple la victoire navale par la représentation de Samothrace sur un navire. Elle symbolise le triomphe de la flotte antigonide sur celle des Lagides à Salamine de Chypre en 306 avant JC. Les historiens se sont d’ailleurs demandé si la victoire de Samothrace du Louvre était le trophée fabriquée en l’honneur du triomphe de Démétrios.

    Tétradrachme de Démétrios Poliorcète, vers 395-390 avant JC.

    Carte du monde hellénistique après la bataille d’Ipsos en 301 avant JC (Larousse)*

    *Le royaume de Macédoine passa sous l’autorité du roi antigonide Démétrios Ier en 294 avant JC, après la mort des trois fils de Cassandre

    Bas de page

    1 La cité a été fondée neuf ans auparavant par Alexandre le Grand lui même.

    2 Philippe III, le frère d’Alexandre, Olympias, sa mère, sa femme Roxane et son fils, sa concubine et son fils, furent tous éliminés par Cassandre, un diadoque devenu maître de la Macédoine entre 315 et 297 avant JC.

    3 Son surnom vient du grec signifiant « sauveur ». Les diadoques avaient souvent un surnom, qui mettait le plus souvent en valeur leur qualité guerrière. La dynastie lagide vient du nom Lagos, père de Ptolémée Ier.

    4 Ces éléments sont en accord avec le portrait physique de Ptolémée décrit dans les sources littéraires : la représentation est donc fidèle. Les cheveux bouclés imitent la coiffure d’Alexandre le Grand.

    5 Bien que cette interprétation peut être contestée, la majorité des historiens pensent qu’il s’agit d’Alexandre.

    6 Le keraunos, c’est à dire le foudre, est l’arme et l’attribut de Zeus.

    7 Cyrène est une très ancienne colonie grecque datant de l’époque archaïque, située sur la côte libyenne actuelle. Un statère est l’équivalent à deux ou quatre drachmes : l’unité varie selon les cités.

    8 L’étalon est le poids standardisé et reconnu de tous permettant de savoir la valeur d’une monnaie. L’étalon attique imposé par Alexandre reste la mesure principale. Celui des Lagides (l’étalon cyrénéen), était aussi reconnu comme une monnaie internationale du fait de la richesse du royaume.

    9 Ptolémée a été l’un des neuf gardes du corps d’Alexandre le Grand. Il s’est illustré en capturant Bessos, l’assassin de Darius III.

    10 L’Égypte est le grenier à blé de l’antiquité. C’est dans cette région qu’Alexandre a été déclaré fils de Zeus-Ammon au sanctuaire de Siwa, puis couronné pharaon à Memphis.

    11 Perdiccas, chargé d’assurer l’empire en 323, a affronté Ptolémée après que ce dernier ait détourné le convoi du corps d’Alexandre. Il est assassiné en Égypte par ses généraux en 321, à cause d’une expédition militaire désastreuse.
    Démétrios est le fils d’Antigone le Borgne, fondateur de la dynastie antigonide. Il échoue contre Ptolémée à Gaza en 312. Son père meurt à l’âge de 81 ans à Ispos en 301, une grande bataille qui opposa lui et son fils à Séleucos et Lysimaque. Ptolémée se proclame roi quatre années auparavant, lors d’un autre triomphe sur Antigone le Borgne.

    12 Le tétradrachme basé sur l’étalon attique est une monnaie d’argent de 4 drachmes.

    13 Il commandait les hypaspystaï (les porteurs de bouclier), une unité d’infanterie d’élite plus mobile que la phalange.

    14 Il s’agit d’un prince Maurya installé entra la région de l’Indu Kush et la vallée de l’Indus.

    15 Les guerres syriennes commèrent avec les fils des deux diadoques, Antiochos Ier et Ptolémée II. La plus connu d’entre elles est la quatrième guerre de Syrie (219-217 avant JC), qui se termine par la victoire de Ptolémée IV sur Antiochos III à Raphia.

    16 Les différents États grecs avaient pour habitude de figurer sur leurs monnaies les divinités protectrices et l’emblème de leur cité. Le char était également une image que l’on retrouve très souvent en ce qui concerne la numismatique de l’époque classique. En Macédoine, les rois étaient souvent représentés sur le droit de la monnaie, incarnant ainsi à eux seul la monarchie.

    17 Comme innovation en lien avec notre étude, nous pouvons par exemple prendre le symbole de l’éléphant, utilisé à des fins idéologiques par Alexandre et ses successeurs.

    18 Le diadème est l’ancêtre direct de la couronne, insigne repris par les empereurs d’Orient et les rois de l’Occident médiéval.

    19 Athéna est la divinité tutélaire de la ligue de Corinthe, mise en place par Philippe II en 337 avant JC. Sous le règne de son fils, elle occupe une place importante dans l’idéologie royale, puisqu’elle fait figure de protectrice d’Alexandre, comme elle protégeait Achille dans l’Iliade

    20 LIBANIOS, Discours, XI, 85-88.

    21 PLUTARQUE, Vie de Démétrios, XXV, 7.

    BIBLIOGRAPHIE

    Outils de travail :

    NICOLET-PIERRE Hélène, Numismatique Grecque, Armand Colin, Paris, 2002.

    MARTINEZ-SEVE Laurianne, Atlas du monde hellénistique2, Paris, Autrement, Nouvelle édition augmentée, 2014.

    Manuels :

    CAPDETREY Laurent, CARREZ-MARATRAY Jean-Yves, GRANDJEAN Catherine, HOFFMANN Geneviève, Le monde hellénistique2, Paris, Armand Colin, 2017.

    CLANCIER Philippe, COLORU Omar, GORRE Giles, Les mondes hellénistiques, du Nil à l’Indus, Vanves, Hachette supérieur, 2017.

    PIMOUGUET-PEDARROS Isabelle (dir), l’Anatolie, la Syrie, l’Egypte, de la mort d’Alexandre au règlement par Rome des affaires de l’Orient, Paris, Hachette supérieur, 2003.

    Articles spécialisés (disponibles en ligne):

    GALBOIS Estelle, le visage du pouvoir : les souverains hellénistiques entre texte et image, Pallas, revue d’étude antique, 2013.

    SCHNEIDER Pierre, De l’Hydaspe a Raphia: rois, éléphants et propagande d’Alexandre le Grand à Ptolémée IV.

    IOSSIF Panagiotif, Les « cornes » des Séleucides : vers une divinisation « discrète », cahier des études anciennes, 2012.

  • Modérateur
    Posts1264
    Member since: 26 avril 2013

    Je n’ai pas encore eu le temps de te lire, mais ma foi, cela me paraît bien construit, bien documenté et bien équilibré. Peut-être qu’un successeur de @Sloduros se présente à nous… Je m’attelle à sa lecture dès que j’ai le temps ;).

  • Modérateur
    Posts196
    Member since: 12 septembre 2015

    Un diadoque de Solduros pour être plus exact ! Cependant il me faudra du temps avant d’égaler son savoir, beaucoup de temps !

  • Participant
    Posts2156
    Member since: 16 avril 2012

    Hahaha merci du compliment ça me fait plaisir. J’ai aimé le dossier. Bonne idée de mettre les notes de bas de page, on ne les utilise pas assez c’est vrai.

    Je relève juste une faute de frappe sous le statère de Ptolémée où tu as écrit PTOLEMAIOU BASILEUS au lieu de BASILEOS.

    Je ne connaissais pas la monnaie de Seleukos que tu nous montres. Mais c’est intéressant. On voit Athéna avec les éléphants, mais juste en-dessus ils ont frappé une ancre alors que la pièce est déjà bien remplie et qu’il faut encore inscrire SELEUKOU BASILEOS. On note donc que tout de suite Seleukos voulut utiliser les deux symboles qui identifieront le royaume séleucide.

    A mon avis, Ptolémée abandonna les éléphants dans l’iconographie parce que les Lagides n’avaient plus accès aux éléphants d’Asie (les plus puissants) et que leur force résidait ailleurs même s’ils continuèrent à aligner des éléphants africains par la suite.
    La pièce de Démétrios va dans mon sens car elle montre une trière et Poséidon. En 295, Démétrios est roi de la mer; il n’a quasiment plus rien sur le continent. Donc il met en avant ce qu’il possède: une flotte.

  • Modérateur
    Posts196
    Member since: 12 septembre 2015

    Solduros:”Alexandre ho mégas, quelles périodes est-ce que tu étudies à l’uni ? Est-ce que tu as une idée pour ton mini-mémoire/mémoire (je ne sais pas en quelle année tu es ).

    Désolé du double poste, c’est juste pour qu’on voit. Effacez le message une fois vu.

    Tu peux effacer ton message je l’ai recopié juste au dessus 😉

    J’étudie durant ce semestre trois programmes à l’université d’Angers : “païens et chrétiens dans l’empire romain”, “les villes à l’époque moderne” et le dernier, celui qui nous intéresse, un cours intitulé “le monde hellénistique, de la mort d’Alexandre le Grand à Cléopâtre VII”. Les examens sont au mois de janvier.

    Je suis en L3 Histoire. Je me dirige vers un master de recherche en histoire, toujours à Angers car je vais à priori continuer l’athlétisme en compétition (je reste dans les parages pour ne pas changer de club et de coach). Si je maintiens se choix, je ne pourrai donc pas faire un master d’histoire ancienne proposé dans d’autres universités. Ce genre d’orientation m’aurait davantage plu, mais le fait de rester à Angers n’est pas non plus une mauvaise chose en soi : je connais déjà mon directeur de recherche pour l’année prochaine: c’est un excellent professeur d’histoire grecque. Par contre je compte changer d’université lors de mon doctorat.

    Pour ce qui est du mémoire, il y a en deux à faire en master. Il est vrai que je suis en pleine réflexion en ce moment, à la fois sur l’intitulé de mes sujets de mémoire et sur celui de ma future thèse. Beaucoup de thématiques en lien avec la période hellénistique m’intéressent (les diadoques, l’Arménie des Orontides et des Artaxiades, les éléphants de guerre, les armées hellénistiques, le sport dans le monde grec…). Pour ce qui est du mémoire réalisé en seconde année de master, le mieux serait pour moi de réaliser un sujet en lien avec les concours d’enseignement (d’après mes calculs, le sujet d’ancienne restera le même l’année après mon M2 car il change généralement tous les deux ans, donc ça me permettrait de réviser et d’approfondir un peu l’année d’avant ^^).

    J’ouvre une parenthèse destinée à tous les membres de ce forum, où une grande partie d’entre vous sont des lycéens : Pour ceux qui souhaitent s’orienter vers la recherche en histoire (faire une thèse en doctorat), je ne vous cache pas que le métier d’historien (enseignant chercheur en histoire à l’université ou chercheur dans un laboratoire) est de plus en plus inaccessible, en raison d’une diminution des postes pourvus par an (je parle pour la France). Passer les concours d’enseignement reste la meilleure option, car elle vous garantit un métier plus accessible et une sécurité. N’hésitez pas à lancer des sujets en lien avec votre propre orientation car étant donné nos centres d’intérêt similaires, certains membres connaisseurs pourront vous guider dans vos choix. Le Forum de la guerre est aussi fait pour ça.

  • Participant
    Posts2156
    Member since: 16 avril 2012

    Ok. Comment est-ce que ça marche chez vous ? Chez nous en histoire générale (32 choix dans la faculté des lettres…) il y a 5 branches, Antiquité, MA, Temps modernes, époque contemporaine et histoire suisse. Il faut en choisir 3 et après suivant les modules on a un examen spécifique.

    Par contre 2 mémoires en master :blink: :silly:. Ca doit piquer. Sujets intéressants en tout cas. Depuis le livre d’un Italien du 19ème siècle, rien de nouveau n’a été publié sur les éléphants de guerre. Sujet de thèse 😛

  • Admin bbPress
    Posts6285
    Member since: 5 août 2017

    Merci pour la parenthèse destinée aux lycéens. Mais dis moi, tu as une idée des statistiques en lien avec le taux de placement de ceux qui étudient l’histoire. Quelles sont les débouchées outre l’enseignement?

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Modérateur
    Posts196
    Member since: 12 septembre 2015

    Solduros: chez nous c’est du n’importe quoi. On a deux matières principales par semestre (pour la L3 histoire ancienne et moderne le premier semestre/ histoire contemporaine et médiévale le second semestre), à cela s’ajoute des approfondissements et des options parfois inutiles. Les examens ont lieu chaque semestre. Ils représentent 50% de la note du semestre. Les 50% restants sont les contrôles continus.

    Oui en effet pour ce qui est des mémoires ça va piquer. Mais le premier est une sorte de mini-mémoire. Le second est beaucoup plus développé et compte davantage. Pour ce qui est de la thèse, un sujet sur les éléphants de guerre serait pertinent (notamment sur son utilisation idéologique et militaire). J’ai déjà contacté un professeur il y a deux semaines assez calé sur la question et il serait partant pour être mon directeur de thèse. Enfin bon j’ai encore le temps de réfléchir ^^.

    BaTBaiLeyS : La formation universitaire en histoire offre de nombreux débouchés. L’enseignement et la recherche restent les voies majeures mais il en existent beaucoup d’autres : l’archéologie, les métiers des bibliothèques et des archives, le journalisme, la fonction publique, la politique, le patrimoine, les musées… Il serait bon de faire un dossier pour informer les lycéens de notre Forum. Je pourrais m’en charger cet été 😉

  • Participant
    Posts2918
    Member since: 26 février 2013

    Pour les archives et bibliothèques, le patrimoine et les musées il existe des formations spécifiques. L’histoire y est importante mais différente de celle enseigné a l’université : pour le patrimoine/musée c’est l’histoire de l’art et l’archéologie qui priment (entre autre), dans les archives la langue/paléographie (entre autre). Pour le patrimoine/musée je peut causer un peu ^^

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

  • Participant
    Posts2156
    Member since: 16 avril 2012

    Solduros: chez nous c’est du n’importe quoi. On a deux matières principales par semestre (pour la L3 histoire ancienne et moderne le premier semestre/ histoire contemporaine et médiévale le second semestre), à cela s’ajoute des approfondissements et des options parfois inutiles. Les examens ont lieu chaque semestre. Ils représentent 50% de la note du semestre. Les 50% restants sont les contrôles continus.

    Oui en effet pour ce qui est des mémoires ça va piquer. Mais le premier est une sorte de mini-mémoire. Le second est beaucoup plus développé et compte davantage. Pour ce qui est de la thèse, un sujet sur les éléphants de guerre serait pertinent (notamment sur son utilisation idéologique et militaire). J’ai déjà contacté un professeur il y a deux semaines assez calé sur la question et il serait partant pour être mon directeur de thèse. Enfin bon j’ai encore le temps de réfléchir ^^.

    Haha vous avez des contrôles continus. Chez nous il y a des travaux à faire pour valider une attestation de séminaire et un examen sur le cours (un module = cours + séminaire). Donc tout dépend de l’examen au final.

    Oui tu as le temps de réfléchir. J’ai mis pas mal de temps à trouver mon sujet de mémoire aussi. Il faut dire qu’il y a tellement de sujets à traiter 😛

10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)

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