Post has published by UlysseSLee

Ce sujet a 10 réponses, 5 participants et a été mis à jour par  UlysseSLee, il y a 3 ans et 8 mois.

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    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Le Blocus de la bande de Gaza (2007 à nos jours)

    Cette crise humanitaire est engendrée par des facteurs humains ; elle est essentiellement politique. En effet, elle s’inscrit dans le cadre très long et très problématique du conflit israélo-palestinien, et même israélo-arabe. Le fait qu’il s’agisse d’une crise politique contemporaine fait sa complexité : il y a une multiplicité des points de vue, et une forte tension qui entoure cette question. A titre d’exemple, si vous consultez le Wikipédia français de la Bande de Gaza, vous aurez cette remarque : Cette page est l’objet d’un important désaccord entre participants et ne peut temporairement pas être modifiée.
    Cette protection ne constitue pas obligatoirement une approbation de la version actuelle.

    Il sera donc compliqué de rester neutre et objectif, même avec des sources qui ne le sont pas forcément. Pour tenter cependant d’avoir cette approche, une remise en perspective historique et géographique s’impose préalablement , avant de mentionner les événements récents, la situation dramatique actuelle et la réponse -ou l’absence de réponse- de la communauté internationale, des ONG et de l’ONU.

    Approche géographique et historique du problème.

    1. Approche géographique
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a3/Gz-map-fr.png/280px-Gz-map-fr.png
    La bande de Gaza est située au proche orient, selon la vision géographique française, ou au Moyen Orient pour les anglo-saxons. Elle est accolée à la Méditerranée ; son nom est particulièrement adapté. Il s’agit en effet d’une étroite bande de terre (12 Km de large maximum) sur 41 de long. Cette étroite de bande de terre est accoudée à l’État d’Israel, et à l’Egypte au sud. Malgré sa faible superficie, de 360 km2, elle concentre approximativement 1,7 millions d’habitants, presque tous palestiniens, soit la troisième densité de populations au monde. Et son nom vient de sa ville principale, Gaza, qui concentre 500 000 habitants. La bande de Gaza, combinée à la Cisjordanie, représentent l’ensemble des territoires palestiniens, placés sous l’Autorité Palestinienne censés donner un jour un état palestinien indépendant. Cependant, ce processus est loin d’être arrivé à son terme.
    La bande de Gaza est à mettre dans le contexte de la région géographiquement nommé la Palestine, dont l’étendue fait polémique ; on peut grossièrement dire que l’on parle de la région allant du Liban au Sinai et de la Méditerranée au Jourdain.
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9c/Palestine_frontier_1922.png/220px-Palestine_frontier_1922.png
    La bande de Gaza fait régulièrement l’actualité pour des faits de violence, et est la cible d’une véritable catastrophe humanitaire, du fait du blocus mis en place par l’État d’Israël. Cela est très préoccupant, puisque je le rappelle, elle concentre énormément de personnes. Avant de décrire cette catastrophe, et maintenant que l’on a ébauché la géographie de cette zone, il convient d’avoir en tête le cheminement qui mène à la situation actuelle.

    2 L’histoire ancienne et moderne

    La bande de Gaza, tout comme Israël et la Cisjordanie, sont indifféremment appelés Israel, Judée, Palestine, terre sainte, terre promise selon les époques. Les deux derniers termes s’expliquent parce qu’elle est le lieu de naissance ou au moins vénéré des trois grands monothéismes, qui d’ailleurs, s’y sont allègrement affrontés, ce qui engendre également des problèmes.Certains historiens ont pu dire que la région avait « le passé le plus chargé et l’avenir le plus incertain au monde ». Parmi la multiplicité de conflits et d’événements ayant eu lieu, il faut procéder à une sélection pour pouvoir comprendre la situation actuelle.
    Notons que Gaza est fondée depuis au moins 1500 avant J-C, et ceci sous la domination de Peuples de la Mer, dont les Philistins sont les plus connus. Approximativement au Xie siècle, avant Jésus-Christ, la région passe sous le contrôle du royaume d’Israël. Plusieurs siècles plus tard, les Juifs sont déportés une première fois, par les Babyloniens mais sont libérés par les Perses et retournent dans le pays. Mais au deuxième siècle après Jésus-Christ, les Juifs se révoltent pour la troisième fois en moins de 60 ans contre Rome, et, après leur troisième défaite, l’empereur Hadrien exige le départ de tous les Juifs de la province romaine, sous peine de mort. C’est un point décisif dans l’histoire de la Diaspora juive ; le peuple juif n’a plus de réelle terre ; c’est véritablement la Diaspora. Hadrien entend de plus effacer toute trace de la présence juive : il renomme la province, qui s’appelait Judée, Syrie Palestine. Palestine signifie « terre des Philistins », grands ennemis des Juifs(cf David vs Goliath). (Même si depuis le premier exil, il y avait de très fortes communautés juives disséminées, et qu’il y eu presque toujours quelques juifs dans la région) La région passa au Moyen Age sous la domination et peuplement arabo-musulman, comme tout le Proche et le Moyen Orient, faisant partie de l’Empire ottoman jusqu’au Xxe siècle. Bien sur, il y a une reconquête éphémère de la région par les croisés entre temps, sans parler de la prise de contrôle de la région de Gaza par Bonaparte puis par le pacha d’Égypte au XIXe siècle. Mais cela ne change pas fondamentalement la population, qui reste arabe et musulmane.

    Au travers de ces éléments d’histoire moderne et ancienne, on voit qu’un peuple juif a vécu dans la région, mais qu’il y a perdu sa prépondérance et que s’y est substitué un peuple arabe.

    I. La mise en place du blocus de Gaza

    A.L’histoire contemporaine : de la création de l’État d’Israël au désengagement israélien à Gaza.

    a. L’échec du projet de partage de 1947.

    Le puissant empire ottoman s’affaiblit fortement : au XIX e siècle, il est surnommé « homme malade de l’Europe ». Au Xxe siècle, il commet l’erreur de s’engager dans la Première Guerre mondiale au coté des Empires centraux. Battu, l’empire est disloqué. La Palestine est confiée par mandat de la Société des Nations à la Grande- Bretagne ; celle ci projette, appuyée par un fort mouvement sioniste, de recréer un pays pour le peuple juif en Palestine. Ce projet suscite l’ire des populations arabes, tant celles vivant à l’intérieur qu’ à proximité de la Palestine. Aussi, le 14 mai 1948, quand le mandat britannique s’épuise et que David Ben Gourion proclame l’État d’Israël, la plupart des pays arabes (Irak, Egypte, Transjordanie, Syrie, plus des volontaires d’autres pays arabes) se coalisent pour attaquer la nouvelle nation. Les palestiniens s’exilent en masse 750 000 sur les 900 000: ou ils fuient les combats, ou ils sont chassés par les soldats israéliens.
    Israël remporte la guerre, et annexe des territoires non prévus par le partage. http://blog.mondediplo.net/IMG/jpg/1947-1949.jpgLes Palestiniens se réfugient dans les territoires arabes : la Cisjordanie annexée durant la guerre par la Transjordanie, le Liban, la Syrie, et la bande de Gaza (170 000) , contrôlée par l’armée égyptienne. Ils forment des camps de réfugiés jugés provisoires qui vont en réalité durer.
    Durant la crise de Suez en 1956, Tsahal envahit la bande de Gaza et attaque le canal, avec le soutien de la France et de la Grande Bretagne. Mais l’opposition des superpuissances américaines et soviétiques contraindra les trois nations à arrêter l’assaut, et Israël à quitter la bande de Gaza.
    C’est cependant avec la Guerre des Six Jours que la situation de la bande de Gaza devient de plus en plus problématique.

    b. 1967- 1987 : l’occupation israélienne de la Bande de Gaza

    En 1967, la situation d’Israël semble précaire : tous ses voisins hostiles (Égypte, Jordanie, Syrie) mobilisent , la flotte égyptienne bloque tout navire israélien désireux de gagner la mer rouge. Le 5/6/1967, Israël prend le taureau par les cornes ; dans le plus grand secret, son aviation décolle et annihile l’aviation égyptienne, restée au sol. Tsahal, ayant la maîtrise totale du ciel, et étant l’une des meilleures armées du monde, se rue sur tous ses adversaires, et partout : les Égyptiens se débandent littéralement, et de l’autre coté, les Syriens également. Le 10/06, la guerre est finie, d’où le nom de Guerre des Six Jours, la taille d’Israël est multipliée par quatre.
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fa/Six_Day_War_Territories-fr.png/280px-Six_Day_War_Territories-fr.png
    Le Sinaï, la Cisjordanie, le Golan, Jérusalem- Est et la bande de Gaza sont conquis. A partir d’ici, on peut véritablement se concentrer sur la situation de la bande de Gaza.
    Alors que l’ONU condamne dès novembre 67 l’occupation de tous ces territoires par Israël, et exige leur restitution, la présence israélienne sur Gaza se renforce. Cette résolution est toujours brandie par les tenants d’un état palestinien dans les frontières de 1967.
    La zone est placée sous administration militaire israélienne, ce qui empêche évidemment la création d’un État palestinien. De plus, dès les années 70, des colonies israéliennes sont constituées, tout comme en Cisjordanie d’ailleurs. Surtout, après l’arrivée au pouvoir de la droite, les idéologues sionistes poussent à une accélération de la colonisation, et ce même dans les endroits déjà fortement peuplés d’arabes, ce qui n’était pas le cas auparavant.
    Entre temps a éclaté une nouvelle guerre (1973): cette fois, les Égyptiens et les Syriens ont pris Israël par surprise, attaquant un jour férié, celui de Yom Kippour. Cette guerre du Kippour se finit par une victoire en demi-teinte d’Israël, mais a une grande conséquence ; quelques années plus tard, l’Égypte est le premier pays arabe à signer la paix avec Israël, et récupère le Sinaï, aux accords de Camp David, négociés par Jimmy Carter. http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f8/Begin%2C_Carter_and_Sadat_at_Camp_David_1978.jpgLe premier ministre israélien Menahem Begin, le président Américain Carter et le président Egyptien Sadate Par conséquent, Gaza n’est plus enclavée dans les possessions israéliennes, mais se retrouve frontalière de l’Égypte ; cela a une immense importance ensuite.

    c.Vers un désengagement israélien à Gaza :

    En 1987, se produit un événement majeur : la première intifada (soulèvement). Elle débute dans la bande de gaza, de manière spontanée, prenant toutes les factions politiques de cours.e Soulèvement est conduit par des jeunes gens de toutes les classes, Les actions sont populaires et non pas isolées comme précédemment. La violence est limitée (avec des pierres puis des bouteilles incendiaires artisanales, sans armes à feu, et le plus souvent sans volonté de tuer). Elle est rarement dirigée contre des civils, mais plutôt contre des voitures de l’armée. Assez rapidement se produisent aussi des actions de désobéissance civiles assez largement suivies, qui embarrassent fortement les autorités israéliennes.
    L’administration militaire et civile israélienne réprime brutalement par des arrestations de très jeunes gens souvent, avec tortures attestées ; couvre-feux, dynamitage ou mise sous scellés de maisons suspectées d’héberger des « terroristes », expulsion de quelques suspects, amendes, fermeture d’écoles et de centres universitaires dès le 24 décembre, renouvellement obligatoire des cartes d’identité à Gaza en avril ; ripostes armées quotidiennes entraînant la mort, parfois par des civils israéliens eux-mêmes venus des « implantations ». Les bouclages prolongés imposés en 1991 puis en 1993, et de nouveau au printemps de 1994, réduisent quasi à l’oisiveté et à la misère la presque totalité de la population de Gaza et une grande portion de celle de Cisjordanie. En 1993, l’intifada se solde par 1 260 Palestiniens tués par l’armée israélienne ou des colons, 970 Palestiniens « collaborateurs » et 205 Israéliens tués par les Palestiniens, 277 maisons palestiniennes mises sous scellés et 423 dynamitées par l’armée israélienne en représailles, 12 000 prisonniers, des milliers de blessés, enfants ou adolescents souvent. Durant l’Intifada, un mouvement dérivé des Frères musulmans égyptien -donc terroriste- se crée, le Hamas.
    Les effets de ce Soulèvement sont assez rapides : il embarrasse fortement les forces politiques israéliennes, comme palestiniennes. Finalement, Yasser Arafat, jusque là considéré comme un terroriste parvient à s’imposer comme interlocuteur, d’un état d’Israël obligé de venir à la table des négociations, d’autant plus qu’Arafat est prêt à reconnaître Israël.

    En 1993 et 1995, sont signés les accords d’Oslo : ils prévoient la création d’une Autorité palestinienne sur Gaza et la Cisjordanie et le retrait de Tsahal des deux régions. La photographie d’Arafat et Rabin(le premier ministre israélien, vainqueur de la guerre de 67 et responsable de la brutalité de la répression de l’Intifada) est restée dans les mémoires.
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f2/Bill_Clinton%2C_Yitzhak_Rabin%2C_Yasser_Arafat_at_the_White_House_1993-09-13.jpgSi l’on a pu croire à un prélude vers la paix, il a vite fallu déchanter : la colonisation s’est poursuivie, les tensions et l’intransigeance des deux cotés ont augmenté, surtout avec la première arrivée au pouvoir de Benjamin Netanyahou. En 2000, éclate la seconde intifada. Des mouvements terroristes palestinien perpétuent des attentats, qui en représailles entraînent des bombardements israéliens sur les territoires palestiniens. En 2002, un des chefs du Hamas, principale organisation terroriste anti-israélienne est la cible d’un « assassinat ciblé » -selon Israël-. Mais cette définition est plus que problématique, car Tsahal a largué une bombe d’une tonne dans sa maison, située dans un des quartiers les plus densément peuplés du monde, et les victimes se comptent par dizaines, ce qui crée une enquête en Espagne et un tollé même en Israël. Après plusieurs années de blocage, Ariel Sharon décide le retrait unilatéral de la bande de Gaza -au grand dam des colons israéliens de Gaza, et en provoquant la démission de son ministre, Benjamin Netanyaou. On pourrait croire qu’il s’agit de respecter les dispositions d’Oslo, mais en réalité c’est pour se concentrer sur la protection de la colonisation en Cisjordanie.Les colonies israéliennes sont démantelées, l’administration israélienne et Tsahal quittent le territoire, qui passe totalement sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne, désormais dirigée par Mahmoud Abbas depuis le décès de Yasser Arafat.

    B-La mise en place d’un blocus israélo-égyptien

    a: Description du blocus et de ses causes
    Le retrait israélien ne signifie pas que Gaza est entièrement libre. En réalité, la quasi-totalité des frontières terrestres, aériennes et maritimes de l’enclave palestinienne est sous le contrôle de Tsahal. La victoire du Hamas, désormais engagé dans la vie politique, tant aux élections municipales de 2005 puis législatives de 2006 contraint Mahmoud Abbas à cohabiter avec un gouvernement formé par le mouvement islamiste. L’arrivée au pouvoir du Hamas déplaît fortement tant à Israël qu’à l’UE et aux États-Unis. En plus, les divergences entre le Fatah et le Hamas ne tardent pas à prendre le dessus. Les violences entre les miliciens des deux camps redoublent à partir de janvier 2006. En juin 2007, après des violences entre palestiniens responsable d’une centaine de morts, le Hamas prend le contrôle armé de la bande de Gaza, chassant manu militari les fidèles du Fatah vers la Cisjordanie. Israël ne peut tolérer qu’une entité politique qui lui est aussi hostile prenne le contrôle totale d’une région frontalière, d’autant qu’elle détenait à l’époque en captivité le soldat franco-israélien Guilat Shalit, et qu’elle se livre fréquemment à des lancements de roquettes contre Israël, soutenue par tous les ennemis d’Israël (Hezbollah, Iran, Syrie). Aussi, Israël décide de bloquer presque toutes les frontières. http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c0/Blocus_gaza.jpg/440px-Blocus_gaza.jpg
    Un contrôle très strict des allées et venues vers Gaza est mis en place. Tout ce qui peut servir à armer de près ou de très loin des miliciens du Hamas est interdit (ainsi, le béton!), les frontières sont gardées par l’armée et la marine, qui tirent à balles réelles sur celui qui tenterait de s’y aventurer, et même dans un périmètre pouvant aller juqu’à 1 Km de la frontière. Certains postes frontières sont ouverts à des conditions extrêmement rigoureuses.

    b. L’Égypte, un rôle méconnu mais central
    Cependant, Israël n’est pas seule à ériger un blocus autour de Gaza. L’Egypte fait de même. C’est le premier allié arabe d’Israël, depuis 1978, et nombre de Palestiniens ont le sentiment que l’Égypte les a abandonnés. Sous le régime d’Hosni Moubarak, l’interdiction officielle était appliquée, mais il n’y avait en général que peu de volonté de faire cesser les tunnels de contrebande qui pourvoyaient en grande partie aux besoins de Gaza, et qui servaient à dynamiser l’économie du Sinaï. Avec l’arrivée au pouvoir en Égypte de l’islamiste Mohammed Morsi, proche du Hamas, le poste-frontière a été durablement rouvert, avec certaines limites, hormis une fermeture en 2012 imputable à l’attaque de miliciens sur le poste-frontière ayant occasionné la mort d’une dizaines de patrouilleurs égyptiens. Mais depuis le coup d’État militaire de 2013, l’armée qui a pris le pouvoir en Égypte mène une forte répression intérieure et extérieure contre les islamistes : elle combat le Hamas en ayant refermé le poste-frontière et en recherchant et détruisant systématiquement tous les tunnels de contrebande. Ce faisant, elle joue un rôle crucial et relativement méconnu dans le drame humain se déroulant dans l’enclave palestinienne.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Ce sujet est riche en informations ! Ainsi, on ne sous-estime que trop souvent l’implication de l’Égypte dans le blocus de la bande de Gaza. Par ailleurs, en gardant une vue d’ensemble et en évitant de t’impliquer trop directement dans ces événements, je pense que tu es parvenu de manière plutôt convaincante à demeurer le plus objectif possible.

    Sinon, quelles ressources bibliographiques as-tu utilisé ?

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Malheureusement, en grande partie Wikipédia, mais aussi de nombreux journaux style l’ Express, et des documentaires comme celui diffusé sur M6. Mais j’avais prévu de mettre les sources (au fur et à mesure qu’elles me reviennent) et je rajoute des images. En fait, j’ai posté mon travail hier un peu à la va vite, en me rappelant que l’on m’avait conseillé de le poster.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 23 avril 2012

    Excellent Ulysse, j’ai appris pas mal de choses, j’étais eu courant pour les tunnels de contrebande, mais je ne savais pas vraiment qu’elle était la position de l’egypte vis à vis de ces derniers 🙂

  • Participant
    Posts2324
    Member since: 11 mai 2012

    Excellent dossier et excellente presentation.

    Je rajouterai que la fin du support de l’Egypte et la destruction des tunnels a mis le Hamas en difficulte politique a Gaza. La consequence direct est une enieme tentative de rapprochement et d’unification politique entre le Hamas et le Fatah.

    C’est cette tentative de reconciliation publique qui a mis a mal les recentes tentatives de Kerry.

    Plus les choses changent et plus elles se ressemblent. Gaza ressemblent furieusement a un ghetto, sublime retour de baton comme seul l’Histoire sait le faire.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Merci de la remarque, je n’avais pas fait le lien entre le durcissement de l’Egypte et le rapprochement Fatah/Hamas.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Sources:
    Wikipédia, Encyclopédia Universalis, Documentaire M6 sur le conflit israélo-palestinien, et le dossier “Opération Plomb Durci de Cuirassier.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Vous pensez que je devrais rajouter une partie sur les conséquences humanitaires du blocus?

  • Participant
    Posts1563
    Member since: 29 juillet 2012

    Vous pensez que je devrais rajouter une partie sur les conséquences humanitaires du blocus?

    Cela peut être intéressant (mais tu n’es évidemment pas obligé de le faire). 😉

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Je l’ai déja faite, c’est un travail pour l’université, mais je l’avais enlevé parce que c’était moins historique.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012


    II. La tragédie des habitants de Gaza

    A. Conséquences du blocus
    a. Économiques

    Les limites strictes sur les importations et l’interdiction quasi absolue sur les exportations imposées par Israël rendent impossible la reprise économique. Le taux de chômage est actuellement de près de 40 pour cent et restera très élevé tant que l’économie ne pourra pas reprendre. Cette situation difficile exacerbe les difficultés déjà considérables liées à l’effondrement des secteurs jadis prospères de l’économie.
    Au fil des années, l’accès aux terres arables propres à l’agriculture a été réduit par les restrictions imposées dans les zones proches d’Israël, le nivellement des terres et la destruction des arbres(-46% déjà en 2009). Il est difficile voire impossible pour les agriculteurs gazaouis de se procurer des engrais et des pesticides, et ils manquent de toute façon de débouchés.En outre, de nombreux pêcheurs ont perdu leurs moyens de subsistance après qu’Israël ait réduit la zone de pêche à trois milles marins de la ligne côtière de Gaza : le nombre de prise a diminué de moitié, le nombre de pêcheurs d’autant.
    Le secteur secondaire, quant à lui, est ravagé : le Palestine Trade Center a estimé en 2009 que 95% des entreprises sont détruites où on dû fermer leurs portes. Les industries restantes ne tournent au mieux qu’à la moitié de leur rythme d’avant blocus, mais il n’est pas rare qu’elles aient jusqu’à 5 fois moins d’activité. L’énergie, la construction, les transports et les télécommunications sont tout aussi sinistrés.
    En 2009, la Commission Européenne estimait que le blocus avait déjà coûté à l’économie palestinienne un demi milliard d’euros (ce qui en parité de pouvoir d’achat, doit faire un chiffre mirobolant).
    70% de la population de la bande de Gaza vivait sous le seuil de pauvreté en 2009, selon la CIA. L’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) a estimé que le nombre de réfugiés vivant dans une pauvreté extrême dans la bande de Gaza avait triplé depuis le début du blocus en 2007, d’environ 100.000 à environ 300.000. D’autre part, l’insécurité alimentaire concernait 60,5% des foyers l’année dernière, contre 56% en 2008, selon la Food and Agriculture Organisation (FAO). Dans son rapport, la Commission européenne souligne que plus de 90% de la population dépend de l’aide alimentaire des agences onusiennes.
    b;Humanitaire
    1. Des systèmes de santés fragilisés
    Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Richard Falk, a exprimé sa vive préoccupation il y a à epu près 5 mois devant la pénurie d’électricité à Gaza, où après la fermeture de l’unique centrale électrique de la bande, en raison d’un manque de carburant, l’électricité ne fonctionne plus que six heures par jour.
    « La pénurie de carburant et les coupures d’électricité ont fragilisé des infrastructures déjà précaires et perturbé la fourniture de services de base, comme les soins de santé, l’approvisionnement en eau et l’assainissement. Le début de l’hiver va certainement détériorer encore cette situation».
    Cette situation est tout particulièrement ressentie pour les soins hospitaliers, comme les dialyses, les opérations chirurgicales, les soins intensifs ou encore les incubateurs, ce qui met des vies humaines en grand danger. Les patients de Gaza, a observé M. Falk, n’ont même plus la possibilité de se rendre en Égypte pour y recevoir des soins, puisque le régime de ce pays a décidé de fermer l’unique point de passage à Rafah depuis plusieurs semaines.
    « Les autorités israéliennes se sont montrés plus disposées à fournir des laissez-passer à des Gazaouites ayant besoin de soins spécialisés, mais le prix des soins en Israël est hors de portée pour la plupart d’entre eux », a expliqué M. Falk.

    2. La question hydrique
    L’Organisation des nations unies, dans un rapport publié en 2012, a estimé que sans mesures immédiates pour diversifier les sources d’approvisionnement en eau, les nappes phréatiques pourraient devenir inutilisables dès 2016, avec des “dommages irréversibles” sur l’aquifère d’ici à 2020.
    “La nappe phréatique est très proche de la surface du sol et le terrain est sableux et perméable. Les eaux usées ne sont donc pas filtrées naturellement, et les polluants passent dans la nappe”, d’après le directeur de l’Agence française de développement à Jérusalem, qui participe à la construction d’une station d’épuration dans le nord de Gaza.
    Or 28 % des habitants de Gaza ne bénéficient pas d’un système d’évacuation. “Ils utilisent un trou pour les eaux usées, sous leur maison. C’est une source directe de contamination de la nappe phréatique : la concentration en nitrates atteint ici 150 à 200 mg par litre en moyenne, alors que l’OMS recommande de ne pas dépasser 50 mg.” 90 % de l’eau de Gaza est déjà impropre à la consommation sans traitement préalable. Même l’eau dite traitée n’est pas sure, tant il y a de distributeurs clandestins. Les experts prévoient que le niveau de salinité sera tel en 2020 qu’il deviendra impossible de reconstituer la nappe. La seule solution consiste donc à ne plus utiliser les eaux souterraines.
    Or, malgré tout, alors que la population de Gaza, de plus de 1,6 million d’habitants(2012), va en gagner 500 000 d’ici 2020, et par conséquent la demande en eau douce va exploser .
    Pour éviter la catastrophe, il y a deux solutions, impossible actuellement : faire venir plus d’eau d’Israël -qui en manque déjà pour elle même alors qu’elle viole la souveraineté syrienne sur le Golan pour sécuriser son approvisionnement-, ou construire des usines de dessalement. Or, avec le blocus et l’instabilité politique interne, cela est extrêmement difficile.
    A Gaza, 40% des maladies infantiles seraient déjà dues à l’eau.

    c. La tentative de mobilisation des ONG
    1:Un exemple d’intervention humanitaire par le CICR.
    Les habitants de la ville de Khan Younis voyaient s’aggraver depuis plusieurs années la crise environnementale due au volume croissant des rejets d’eaux usées dans le lac al-Amal. En collaboration avec les autorités locales, le CICR a construit une station d’épuration pour assurer l’approvisionnement en eau potable et améliorer l’état de l’environnement. Grâce à la station de traitement des eaux usées, qui est maintenant opérationnelle, quelque 150 000 habitants de la ville de Khan Younis disposent aujourd’hui d’eau potable. De plus, cette station constitue une importante protection contre la dégradation de l’environnement. Les projets hydriques du CICR ne visent qu’à apporter une assistance à court terme aux habitants de la bande de Gaza. Ils donnent aux autorités la possibilité de rechercher en priorité des solutions durables et plus efficaces qui, à terme, permettront notamment d’irriguer les terres avec des eaux traitées. Le CICR fournit des services humanitaires aux habitants de la bande de Gaza depuis 1967. Dans ce cadre, trois stations de traitement des eaux usées ont été construites au cours des cinq dernières années pour contribuer à répondre aux besoins de 1,7 millions de personnes. La mise en place par le CICR d’installations de traitement de l’eau ne constitue cependant qu’une mesure palliative. Ces installations ne peuvent remplacer les infrastructures à mettre en place pour répondre aux besoins à long terme de la population ; la construction de ces infrastructures prendra des années.
    Un autre exemple peut être pris : fin 2011 , l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a signé deux accords avec la Banque islamique de développement (BID) pour soutenir les efforts de reconstruction d’écoles et d’abris d’urgence à Gaza.

    2. L’affaire de la « flottille pour la liberté »
    Mais l’intervention d’ONG la plus spectaculaire est celle de la « flottille pour la liberté » de 2010.Le mouvement Free Gaza a mis sur pied une flotille de 6 navires pour forcer le blocus de Gaza.
    Avec à leur bord près de 700 passagers – dont des élus européens et le nord-irlandais Mairead Corrigan, le prix Nobel de la paix 1976 – ainsi qu’une cargaison supposée d’aide humanitaire, les six bateaux de la « flotille de liberté » a appareillé de Chypre pour accoster à Gaza aux alentours du 30 mai. Ce n’est pas la première fois que Free Gaza tente de forcer le blocus israélien. Depuis août 2008, au moins 7 tentatives ont été réalisées, dont 5 ont été réussies.
    Cependant, les autorités israéliennes avaient prévenu : la « flotille de la liberté » sera appelée à faire demi-tour et, en cas de refus, ses bateaux seraient arraisonnés puis conduits à un port israélien, leurs passagers interpellés, puis renvoyés dans leur pays d’origine, leur cargaison transférée à Gaza après inspection.
    Seulement voilà, le face à face entre la marine israélienne et la « flotille de la liberté » a dérapé, ce 31 mai, dans les eaux internationales, au large de la bande de Gaza. En effet, et selon un dernier bilan, entre 10 et 20 passagers d’un des navires du mouvement Free Gaza, le Mavi Marmara, battant pavillon turc, ont été tués lors d’une intervention des commandos israéliens.
    Selon les militants pro-palestiniens, les soldats israéliens auraient ouvert le feu dès qu’ils auraient posé le pied sur le pont du bateau turc. Cette version des faits est contestée par la Marine israélienne.
    En effet, pour cette dernière, il avait été demandé à la flotille de rebrousser chemin et de se rendre au port d’Ashdod. Comme cette injonction n’a pas été suivie d’effet, la marine israélienne a décidé d’intervenir.
    Ainsi, d’après l’armée israélienne, des militants de Free Gaza ont attaqué les commandos à coups de couteaux et de barres de fer, et ces derniers n’auraient fait que riposter.

    L’intervention israélienne a provoqué une vague d’indignation au sein de la communauté internationale . Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné le raid israélien, le qualifiant de “massacre”, et a décrété trois jours de deuil dans les territoires palestiniens. La Turquie, qui avait nombre de ressortissants dans la flotille et parmi les morts, et est l’un des rares alliés régionaux d’Israël, a très fortement haussé le ton.
    A l’instar d’Amnesty International qui a réclamé une “enquête crédible et indépendante”, de nombreuses voix ont demandé que toute la lumière soit faite sur l’assaut israélien qui s’est déroulé dans les eaux internationales. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est dit “choqué” par l’opération. La présidence américaine a mis en ligne un communiqué où elle réclame de connaître “le plus vite possible” les circonstances exactes de l’abordage. De nombreux Etats ont convoqué les ambassadeurs israéliens pour demander des explications, comme la France, l’Egypte, ou l’Espagne.
    Près de 10 000 personnes ont manifesté à Istanbul, en Turquie, aux cris de “Mort à Israël !” ou “Vengeance ! Œil pour œil, dent pour dent !” 2 000 à Amman, en Jordanie, et plusieurs milliers en Egypte, au Liban, en Syrie ou en Cisjordanie. A Paris, plus de 1 000 personnes ont protesté près de l’ambassade d’Israël. Plusieurs manifestations ont également eu lieu dans d’autres villes d’Europe.
    Pour le très alarmiste correspondant militaire du Haaretz, Amos Harel, en termes politiques, le raid est un fiasco”. Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU a été convoquée en urgence.

    3. Léger assouplissement du blocus israélien
    Sous une pression internationale qui s’est quelque peu intensifiée depuis l’abordage de la flottille, Israël a légèrement assouplit le blocus, autorisant quelques exportations et l’entrée de quelques produits supplémentaires, mais l’amélioration a été infime. La restriction sur le mouvement des personnes hors de la bande de Gaza reste inchangée. Le système des permis instauré par Israël, associé à des contrôles rigoureux, signifie que seules les personnes ayant besoin de soins médicaux qui répondent à des critères stricts de sécurité sont autorisées à sortir en empruntant soit le passage de Rafah vers l’Égypte soit celui d’Erez vers Israël. Très peu d’autres personnes sont autorisées à sortir de Gaza.
    L’entrée de biens dans la bande de Gaza demeure encore très limitée, non seulement en termes de quantité mais aussi en termes de produits autorisés. Certains biens autorisés sont si chers que la grande majorité de la population qui ne peut pas les acheter. Même si l’exportation de certaines cultures de rapport comme les œillets et les fraises a fait l’objet d’une couverture médiatique, le niveau réel des exportations hors de la bande de Gaza demeure pratiquement nul. Les importations de matériaux de construction et de matières premières sont encore pour la plupart interdites bien qu’elles soient vitales pour l’infrastructure du territoire et la reprise économique.
    Dès 2011, Israël avait donné son aval aux projets de construction à Gaza proposés par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Le 9 décembre 2013, le gouvernement israélien a décidé de reprendre le transfert de matériaux de construction pour les projets des Nations Unies à Gaza . Selon un communiqué du Coordonnateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen Orient, l’ONU investit pour un ½ milliard de dollars en projets de construction pour l’aide humanitaire à Gaza.

    B.Un blocus qui s’accompagne parfois d’interventions militaires très préjudiciables aux civils.

    1. L’opération Plomb durci (2008/9)
    le Hamas rompt la trêve le 19 décembre 2008 et tire prêt de 200 roquettes contre Israël. En réponse Tsahal reçoit pour ordre de faire cesser les tirs et si possible de casser l’appareil politique et militaire du Hamas. L’opération Plomb durci, qui tient son nom d’un poème récité par les israéliens en fin d’année, se compose de 2 phases ; les bombardements préliminaires et l’offensive terrestre proprement dite. Il faut savoir qu’en 2006 Tsahal avait connu un échec retentissant contre le Hezbollah libanais. Aussi, cette fois, pour atteindre ses objectifs, l’armée israélienne met toutes les chances de son coté. Elle a fait un effort d’une ampleur inédite pour repérer toutes les cibles qu’elle doit frapper ( tunnels, des centres commandements, des dépôts d’armements ou encore des emplacements de tirs de roquettes…) à l’aide de son aviation, de ses canons voire de sa flotte.Le problème c’est que ces cibles sont quasiment toutes situées près de zones d’habitation-et pour cause, vu la densité de population-… et inévitablement ces bombardements provoquent d’importants dégâts collatéraux et la mort de nombreux civils. Très rapidement Tsahal reçoit les vives protestations de la communauté internationale qui l’accuse de ne pas assez se préoccuper du sort de la population palestinienne vivant au cœur de la zone des combats.
    L’artillerie pilonne également de nombreuses zones préventivement, car l’infanterie s’y engagera et l’on suppose que le Hamas a pu les miner. Pendant 12 jours, l’armée lance cet intense bombardement préparatoire, pour affaiblir au maximum le Hamas avant l’offensive terrestre et limiter les pertes militaires israéliennes au maximum. L’offensive terrestre est finalement lancée le 3 Janvier. Tsahal pénètre dans Gaza avec des milliers de fantassins, et chose incroyable, des tanks ( il est très rare qu’on envoie des chars dans un combat urbain pour une répression, sauf pour Tsahal). L’aviation et l’artillerie les soutiennent toujours. L’armée pénètre dans les zones urbaines, cherchant à isoler les miliciens du Hamas. Totalement surpris, le Hamas perd de nombreux miliciens : il cherche à saboter des immeubles pour piéger les soldats israéliens. Mais cela ne sert à rien : Israël inflige des coups très lourds au Hamas et détruit nombres de caches d’armes. Le 17 Janvier 2009, Tsahal annonce avoir atteint ses objectifs et évacue Gaza. De nombreuses personnalités du Hamas ont été tuées, et des centaines de tunnels. S’il n’y a que 3 civils israéliens morts et 80 blessés, à cause des roquettes du Hamas, du coté Palestiniens les pertes sont dramatiquement lourdes, en 3 semaines elles sont estimées à plus de 1 300 civils dont de nombreuses femmes et enfants. A la décharge -partielle- des Israéliens, le Hamas a délibérément utilisé la population comme bouclier humain. Pour ce qui est du bilan matériel, il es estimé à 900 millions de dollars de dégats pour l’économie palestinienne. Plus d’un an après l’opération militaire ‘Plomb durci, le PNUD a estimé que 82,5% des écoles sont encore à l’état de ruines, que 75% des terres cultivables restent inutilisables et que 60% des entreprises privées n’ont pas réussi à reprendre leurs activités. A la suite de cette guerre, le juge sud africain Goldstone, mène une enquête diligentée par l’ONU. Dans ses premières conclusions, il déclare :
    « En se basant sur les faits ainsi constatés, nous avons réuni des preuves solides établissant de nombreuses violations graves du droit international, du droit international humanitaire et des droits de l’homme, commises par Israël pendant ses opérations militaires à Gaza, lesquelles, a-t-il dit, constituent des crimes de guerre, et peut-être des crimes contre l’humanité.  Les 36 incidents faisant l’objet de l’enquête ne relèvent pas de faits commis par des officiers ou des soldats, mais plutôt de la politique adoptée délibérément pour engager une action militaire en dehors d’un cas d’urgence.
    En ce qui concerne les groupes armés palestiniens, il a indiqué que les tirs de roquettes et de mortiers ont été commis délibérément et visaient à tuer et à blesser leurs cibles et à détruire des structures civiles.  Ces actes peuvent être considérés comme des crimes de guerre graves et peut-être des crimes contre l’humanité, a-t-il expliqué.
    Ces propos soulevèrent un tollé, tant à Washigton qu’à Tel-Aviv. Deux ans plus tard, il revenait sur sa principale accusation à l’égard d’Israël.

    2. L’opération Pilier de défense (14-22/11/2012)
    Durant l’année 2012, une nouvelle escalade militaire eu lieu : de nombreuses roquettes furent tirées sur Israël depuis la bande de Gaza par des groupes islamistes, et des patrouilles attaquées à la frontière de Gaza. Dans un contexte politique fort chargé (élections en Israël, Mahmoud Abbas s’apprête à demander une reconnaissance de l’État Palestinien à l’ONU), le premier ministre Netanyaou ordonne le lancement de l’opération « pilier de défense », pour en finir avec ces tirs de roquettes, et fortement affaiblir le Hamas. Dès le premier jour, le chef de la branche militaire du Hamas est tué. Après 8 jours de bombardements aériens, un cessez le feu est instauré.
    L’opération a fait au moins 163 morts palestiniens dans la bande de Gaza, selon un dernier bilan de l’AFP. Le nombre de civils tués s’élève à 71, soit 43% des morts palestiniens. Au moins 26 enfants ont perdu la vie dans les bombardements israéliens, selon le ministère de la Santé du Hamas.
    Au moins 91 hommes armés, militants du Hamas et d’autres organisations terroristes, ont été tués. Sept personnes accusées de «collaborer avec Israël» ont été exécutées par le Hamas.
    Les bombardements israéliens ont fait également au moins 1235 blessés palestiniens.
    Début 2013, l’ONG Human Rights Watch a déclaré qu’ au moins 18 frappes aériennes menées par Israël au cours du conflit dans la bande de Gaza en novembre 2012 ont constitué des violations apparentes des lois de la guerre, à l’issue d’une enquête approfondie sur ces attaques. Ces frappes ont tué au moins 43 civils palestiniens, dont 12 enfants.

    L’enquête menée par Human Rights Watch sur le terrain a porté sur 14 frappes aériennes, y compris par des drones, pour lesquelles il n’y avait aucune indication d’une cible militaire légitime sur le site au moment de l’attaque. Dans quatre autres cas, les attaques visaient vraisemblablement des combattants palestiniens, mais semblent avoir été menées sans discernement ou causé des dommages civils disproportionnés. Human Rights Watch n’a pas enquêté sur toutes les frappes aériennes menées par Israël.

    « Les forces israéliennes ont trop souvent mené des frappes aériennes qui ont tué des civils palestiniens et détruit des maisons à Gaza sans justification légale apparente », a observé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

    Human Rights Watch a dans le passé souligné que des groupes armés palestiniens ont tiré des centaines de roquettes sans discernement sur des zones peuplées en Israël, en violation des lois de la guerre. Cependant, quelle que soient les actions menées par le camp ennemi et quelles que soient les armes employées, les lois de la guerre sont applicables à toutes les parties à un conflit et doivent être respectées par celles-ci.

    Un missile israélien a frappé un hôpital de la ville de Gaza le 19 novembre, perforant le toit et provoquant une coupure d’électricité et d’eau, mais sans faire de victimes. Les hôpitaux sont des immeubles protégés en vertu des lois de la guerre, à moins d’être utilisés à des fins militaires, et leur personnel doit être averti au préalable s’ils sont pris pour cible.

    L’enquête menée sur le terrain par Human Rights Watch n’a révélé aucun élément de preuve attestant de la présence de combattants palestiniens, d’armes ou d’autres objectifs militaires apparents sur les lieux des attaques mentionnées ci-dessus, au moment où celles-ci ont été menées. Les individus qui ordonnent intentionnellement des attaques contre la population civile ou des biens de caractère civil, ou participent à de telles attaques, sont considérés responsables de crimes de guerre.
    D’autres frappes ont peut-être ciblé des objectifs militaires, mais les dommages causés aux civils et aux biens civils apparaissent disproportionnés, selon Human Rights Watch. Les lois de la guerre interdisent les attaques provoquant des pertes en vies humaines parmi les civils, et la destruction de bien civils, qui sont excessives par rapport à l’avantage militaire attendu.
    Les lois de la guerre obligent les gouvernements à enquêter sur les allégations crédibles de violations graves de ces lois.

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