Post has published by lucdelgames

Ce sujet a 38 réponses, 11 participants et a été mis à jour par  guiguit, il y a 2 ans et 4 mois.

39 sujets de 1 à 39 (sur un total de 39)
  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Les Rois maudits

    http://www.toutelatele.com/IMG/jpg/Les-Rois-maudits-casting.jpg

    «Pape Clément, chevalier Guillaume, roi Philippe, avant un an, je vous cite à paraître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits! Maudits! Vous serez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »
    -Jacques de Molay, dernier Grand maitre des Templiers, mars 1314

    Ainsi commence la malédiction des rois maudits, celle qui va bouleverser le trône de France… Légende ou Histoire ? Ces faits se sont bien réellement produits : la descendance de Philippe IV le Bel, assurée par ses trois fils va disparaître en moins de quinze ans suite à une série de drames et conduire à la fin des Capétiens directs et à l’avènement de la nouvelle famille des Valois.

    A cause de leurs malheurs, les fils de Philippe IV seront surnommés les Rois maudits. Remontons le temps et découvrons ce qui a marqué à tout jamais la France !

    Sommaire :

    I : Philippe IV, roi d’une dynastie à son apogée

    II : La Fin des Templiers : le début d’une malédiction

    III : Une Affaire scandaleuse !

    IV : Louis X le Hutin

    V : Philippe V le Long

    VI : Charles le Bel

    VII : La fin d’une dynastie, l’avènement d’une autre

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Super initaitive de dossier Lucdelgames, à noter que lorsque Jacques de Molay lance cette malédiction, c’est depuis le bûcher, car le roi de France Philippe IV a obtenu au concile de Vienne (1312) la dissolution de l’ordre des Templiers. Or, le dernier grand-maître de l’ordre refuse la sentence et le paie donc de sa vie.

  • Participant
    Posts1913
    Member since: 17 février 2013

    J’ai hâte :cheer: de lire la suite luc.

  • Participant
    Posts433
    Member since: 12 avril 2012

    super sujet de dossier 🙂 avez-vous lu les livres ? je vous les conseille fortement car ils relatent bien toute l’histoire de la mort de philippe IV jusqu’au début de la guerre de cent ans.

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Non mais il est vrai que j’aimerais bien^^

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Mais en réalité, au moment où Jacques de Molay lancerait cette malédiction, Guillaume de Nogaret est déja mort, ce qui fait vaciller toute l’hypothèse de malédiction.

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Mmmm, tu pouvais pas attendre avant de dire ça…
    J’avais prévu de le dire^^

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Désolé, mais récemment on a eu cette conversation en histoire du droit et donc j’ai pas résisté..

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Pas grave

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Il n’empêche que cette époque est passionnante, et que cette malédiction troublante à permis de créer un véritable mythe historique et culturel (il y a des romans, des film et surtout des séries de très bonne facture ;))

    Moi, j’attend la suite 😀

  • Participant
    Posts568
    Member since: 20 octobre 2012

    Ca promet !
    Une super idée, une super intro : j’ai vraiment hâte de lire la suite ! :cheer:

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    La suite devrait arriver mardi 😉

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    I. Philippe IV, roi d’une dynastie à son apogée :

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4b/Philippe_IV_le_Bel.jpg/220px-Philippe_IV_le_Bel.jpg

    Les Capétiens règnent depuis 289 ans (996-1285) au couronnement de Philippe IV succédant à son père, Philippe III le Hardi qui était le dixième de la dynastie.

    Philippe IV est l’un des grands représentants des Capétiens et conduit cette dynastie à son apogée. Il monte sur le trône à l’âge de dix-sept ans suite au décès de son père peu après la désastreuse «croisade» d’Aragon. Dirigeant un royaume de 15 millions d’habitants, il en fera la première puissance d’Occident et on peut affirmer qu’il a mené la France à l’une de ses premières apogées.

    Selon de nombreux témoignages, sa beauté et sa splendeur lui valent le surnom de « Le Bel». Cependant, le surnom qui lui vaudra l’immortalité est celui de «roi de fer».
    Personnalité peu parlante, le souverain va appliquer ce principe : «Rex in suo regno imperator est» : «Le Roi est empereur en son royaume». Avec lui, le roi de France devient, à l’intérieur du royaume maître et souverain de l’ordre temporel, sans aucune limitation de son autorité même venant du Souverain pontife (ce qui ne l’empêche pas d’être un chrétien fervent et sincère). A l’extérieur de son royaume, l’idée d’un empire chrétien multinational est remplacée par celle de l’hégémonie d’une puissance, dont Bouvines en 1214 a éveillé le sentiment national, la France.

    Il renforce le pouvoir royal et s’attaque aux privilèges des grands seigneurs féodaux par l’exercice direct de la justice royale. Il se marie avec Jeanne de Navarre (qu’il aimera jusque dans la tombe) avec qui il aura sept enfants (trois n’atteindront pas l’âge adulte). Ce mariage unit alors les couronnes de France et de Navarre.

    Le Roi de Fer mène aussi guerres et intrigues pour accroître ses terres. Lyon, la Champagne, le Barrois, le comté de Bourgogne tombent dans l’escarcelle du royaume des lys. Néanmoins, les deux grands conflits armés du règne sont la guerre franco-anglaise d’Aquitaine et la guerre de Flandre. Le premier, contre Édouard Ier, se solde par une victoire française. Bien qu’il rende le duché d’Aquitaine au Plantagenet, le Capétien obtient de lui qu’il épouse sa fille et qu’il conclue une alliance franco-anglaise. On peut supposer que l’esprit calculateur du Bel voyait en ce mariage un moyen de mettre des princes français sur le trône de Guillaume le Conquérant. Nous verrons ce que l’Histoire en fera…..

    Contre les Flamands, en 1302, les Français essuient une défaite monumentale à la bataille de Courtrai, dite des «éperons d’or», parures des chevaliers français que les Flamands récupèrent pour en orner la cathédrale de la cité. Deux ans plus tard, Philippe le Bel prend sa revanche à la fois sur mer à Zierikzee et sur terre à Mons-en-Pévèle. Vaincue, la Flandre cède Lille, Douai, Béthune et subit une occupation militaire alors que ses comtes redeviennent vassaux du Roi.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/54/Bataille-de-Mons-en-P%C3%A9v%C3%A8le.jpg/260px-Bataille-de-Mons-en-P%C3%A9v%C3%A8le.jpg

    Philippe IV le Bel à la bataille de Mons-en-Pévèle. C’est la victoire personnelle du Roi, plus stratège que guerrier qui commande en personne en première ligne.

    Philippe IV s’entoure de conseillers précieux tels que Pierre Flotte, Guillaume de Nogaret ou encore Enguerrand de Marigny qui connaissent les valeurs du royaume ainsi que le droit romain et les lois. En outre, il peut s’appuyer sur sa famille : son frère Charles de Valois, grand militaire mais aussi ses fils Louis (son héritier), Philippe et Charles, souvent obligé d’assister au conseil royal.

    http://www.histoire-france.net/img/pages/philippe/heritiers.jpg

    Philippe en conseil avec sa famille

    Philippe représente donc la loi et affirme obtenir un pouvoir absolu en son royaume. Grâce à ses légistes, la monarchie passe du stade de suzeraineté à celui de souveraineté et préfigure (déjà) la monarchie absolue.

    Il crée ou améliore trois institutions :
    -Le Grand Conseil chargé des affaires politiques qui comprend hauts personnages de l’État, des membres de la famille royale ….
    -Le Parlement, une cour s’occupant de la justice auquel le Roi donne le premier règlement général. Fixé à Paris, c’est de cette institution dont sont issus les meilleurs légistes et ministres du Roi de Fer.
    -Le Trésor pour les affaires financières, la gestion des taxes sous la responsabilité de bourgeois nommés par le Roi.

    Pour trouver l’argent nécessaire à de nombreuses réformes qu’il veut mettre en place, Philippe IV lève les premiers impôts royaux. Mais une nouvelle taxe, la décime, qui frappe le riche clergé rend le pape Boniface VIII furieux. Mais, il est hors de question que le pape intervienne dans les affaires du royaume, cela pourrait nuire à l’unification du royaume et à l’adhésion de ses sujets dans sa politique.

    Le Roi ouvre alors les premiers États Généraux réunissant les trois «ordres» du royaume à Notre-Dame de Paris, le 10 avril 1302, il tient donc compte de « l’opinion publique» et devant près d’un millier de personnes, il rappelle qu’il tient sa couronne de Dieu et non du Pape ! C’était quasiment la naissance du gallicanisme.

    http://www.france-pittoresque.com/IMG/jpg/Etats-Generaux-1302.jpg
    Timbre représentant les États Généraux de 1302

    Le 5 juin 1305, Philippe IV le Bel fait élire un pape français, Clément V , qui s’empresse de s’installer en Avignon. Avec ce pontife-là, les relations entre la France et la Papauté redeviennent amicales. Qui plus est, les rois de France se réjouiront de longues années de la proximité entre Paris et Avignon.

    En 1307, Philippe, toujours en recherche d’expédients s’attaque, alors, à l’ordre du Temple et s’empare de ses richesses…

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Si je ne m’abuse, il crée aussi les baillages/sénéchaussées, et procède à de multiples dévaluations monétaires puisque à cours d’argent.

  • Participant
    Posts1913
    Member since: 17 février 2013

    Il me semble que la mort du pape précédents Cléments V était quelque peu douteuse, on croit que c’est d’ailleurs Philippe IV le Bel qui l’aurait fait tué car il refusé de dissoudre l’ordre des templiers.

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Oui, Oui, oui, Philippe aurait envoyé Guillaume y allait!

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Clément V,a été réticent mais forcé d’obéir! Si Philippe Le Bel a eu raison d’un pape aussi résolu que Boniface VIII, il n’aura pas peur d’un “pape” installé à Avignon!

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Il me semble que la mort du pape précédents Cléments V était quelque peu douteuse, on croit que c’est d’ailleurs Philippe IV le Bel qui l’aurait fait tué car il refusé de dissoudre l’ordre des templiers.

    En fait, Philippe IV a envoyé Guillaume de Nogaret aller voir le pape et il apprend à Rome qu’une bulle d’excommunication serait prête pour son souverain ! Sauf qu’à ce moment-là le pape Boniface VIII se trouve dans sa résidence de campagne et Guillaume de Nogaret lui rend alors une visite assez peu courtoise où lui et ses hommes flanquent une rouste au pape !
    Cette visite si courtoise va ensuite beaucoup perturber Boniface VIII qui meurt quelques mois après. Derrière, Philippe IV se trouve un pape plus conciliant et convie en 1312 à Vienne un concile oecuménique pour reconnaître l’arrestation des templiers.

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    II : La Fin des Templiers : le début d’une malédiction :

    En 1307, Philippe s’attaque donc aux Templiers dans un contexte de « besoin d’argent ».
    En effet, en dépit de leur repli en Occident et en Chypre ainsi que la chute des États Latins d’Orient, l’ordre du Temple ne cesse de s’enrichir et se fait important. Fondé en 1119 par des chevaliers français au service du roi Baudoin de Jérusalem, l’Ordre du Pauvres Chevaliers du Christ devient vite l’Ordre du Temple étant donné que son quartier général se situe près des vestiges du mythique bâtiment du roi Salomon. Défendant les routes de la Terre sainte et servant d’armée permanente aux États latins d’Orient, leur succès est immense et l’Ordre se développe considérablement aussi bien en Orient qu’en Occident. Contraints de se replier à partir de 1291, les Templiers conservent de nombreuses commanderies, places fortes et autres châteaux à travers toute l’Europe tandis que leurs activités se concentrent plus que jamais sur la banque.

    https://lenouveaugringoire.files.wordpress.com/2014/01/templiers.jpg
    Les Templiers ont abandonné les activités militaires en même temps que la Terre sainte. A l’époque, ils sont les premiers banquiers d’Occident tout en restant une force militaire non-négligeable.

    Outre les raisons financières, les Templiers représentent une sorte d’armée «internationale» aussi puissants que le Pape (dont ils dépendent directement, à la grande horreur des premiers gallicans) ou le roi de France. Ainsi, c’est à la tour du Temple à Paris que Philippe IV s’était réfugié un jour d’émeute à Paris. Qui plus est, le roi avait aussi tenté e vain de se faire nommer grand-maître. Une seule de ces raisons peut valoir le courroux du Roi de Fer, alors quand il y en a tant…..
    A la demande de Philippe IV, un dossier d’accusation est monté de toutes pièces sur base de rumeurs : profanation, idolâtrie, sodomie,….

    Le vendredi 13 octobre 1307 (cette date est à l’origine du malheur qu’elle est censée porter), les 2000 Templiers de France sont arrêtés et jetés en prison. Les officiers royaux prennent par surprise les moines-soldats lors de cette gigantesque opération «militaro-policière» qui a lieu dans tout le royaume. Le Grand-maître, Jacques de Molay et ses lieutenants sont fait prisonniers à Paris sans opposer de résistance.

    Sous la torture, les Templiers avouent tout : avoir pratiqué de l’hérésie ainsi que de la sorcellerie, d’être homosexuel,… Face à de tels aveux, Clément V ordonne aux autres princes d’Europe de neutraliser leurs Templiers. Les rois s’exécuteront bien qu’indigné du traitement subi par les Pauvres Chevaliers du Christ. La plupart des Templiers sont brûlés vifs ou emprisonnés à vie.

    Le pape Clément V cède à la pression du roi et, convoque un Concile à Vienne en 1311 pour juger les Templiers en tant qu’ordre religieux. Au terme du concile, le 22 mars 1312, la bulle Vox in eclesis abolit l’ordre mais ne le condamne pas ! Les biens du Temple sont transférés à leurs anciens rivaux Hospitaliers, à la plus grande frustration de Philippe le Bel.

    Une forteresse hospitalière. Cette ordre existe encore de nos jours, après avoir perdu Rhodes et Malte….

    Le 19 mars 1314, d’importants dignitaires du Temple, il s’agit de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay (le chef des Templiers normands), sont contraints de répéter leurs aveux devant la population parisienne (afin d’en finir définitivement avec cette affaire). Mais, contre toute attente, ces hommes, littéralement brisés par la torture, dénoncent l’absurdité de leurs accusations et proclament leur Ordre saint et pur. Le roi les condamne au bûcher le soir-même.

    http://www.france-pittoresque.com/IMG/jpg/52g.jpg

    Sur le bûcher, Jacques prononce ses dernières paroles au pape, au roi et à son conseiller Guillaume en criant : «Pape Clément, chevalier Guillaume, roi Philippe, avant un an, je vous cite à paraître devant le tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Maudits ! Maudits ! Vous serez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !»

    Cette malédiction semble se réaliser puisque le pape meurt le 20 avril qui suit et Philippe tombe de son cheval lors d’un accident de chasse dans la forêt de Pont-Sainte-Maxence en rendant visite à son oncle Robert de Clermont. Ainsi s’éteint un grand Roi prononçant ceci à son héritier Louis :«Pesez Louis, pesez ce que c’est d’être roi de France.»

    Mais une partie de la malédiction s’est produit, à quand la suite ? Cependant, la malédiction n’est peut-être que légende puisque Guillaume de Nogaret n’aurait pas pu assister à l’exécution de Jacques de Molay étant, soi-disant, mort en 1313.

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    III : Une Affaire scandaleuse !

    Pour savoir quand commence la suite de la malédiction, il faut remonter peu avant la mort de Philippe IV le Bel, à une affaire dénommée «de la Tour de Nesle».

    La descendance de Philippe semble assurée avec ses trois fils mariés depuis trois ou quatre ans :
    -Louis, l’aîné et déjà roi de Navarre par sa mère, a épousé Marguerite de Bourgogne, fille de Robert II de Bourgogne et d’Agnès de France, sœur de Saint Louis. Le couple a depuis 1311 une fille nommée Jeanne.
    -Philippe a épousé Jeanne de Bourgogne. Déjà comte de Poitiers, le prince peut, par son mariage avec l’héritière des comtés de Bourgogne (l’actuelle Franche-Comté) et d’Artois prétendre au titre d’Empereur germanique…
    -Charles, comte de la Marche à Blanche de Bourgogne, sœur de Jeanne.
    N’oublions pas non Isabelle de France marié au roi d’Angleterre Edward II auquel elle a donné un fils qui porte le nom de ses père et grand-père : Édouard. La fille du Roi de Fer aura par ailleurs d’autres enfants…

    Mais, alors que ces instants semblent si joyeux, un scandale fait surface : les conjointes de Louis et Charles s’ennuyant à l’austère cour du Roi de fer entretiennent une relation adultérine avec les frères Gauthier et Philippe d’Aunay qu’elles retrouvent à la Tour de Nesle pour donner des cornes aux futurs porteurs de couronnes. Jeanne, elle, reste fidèle à Philippe mais couvre les bêtises de ses belles-sœurs.

    http://www.artrenewal.org/artwork/520/3520/39828/Mommers_Hendrick_View_of_Tour_De_Nesle_The_Pont_Neuf_And_The_Ile_De_La_Cite_With_Notre_Dame_In_The_Background_Paris_Oil_on_Canvas-large.jpg
    La Tour de Nesle où se retrouvaient les amants. La tour, à l’origine partie intégrante de l’enceinte dressée par Philippe Auguste pour défendre la capitale, est contigüe à l’hôtel de Nelse dont le propriétaire est le roi de France lui-même…

    Mais, malheur aux brus de Philippe IV ! Celui-ci découvre le pot-aux-roses grâce à sa fille Isabelle durant un séjour à l’abbaye de Maubuisson en 1314. Ce crime met en rogne le roi. Il ne fait preuve d’aucune pitié envers les deux jeunes femmes qui viennent de commettre un adultère. Quant aux amants, la mort sera le meilleur des châtiments….

    Blanche, dix-huit ans et Marguerite, vingt-quatre ans, passent en jugement devant le terrible monarque. Elles sont tondues, revêtues de la robe de bure et envoyées dans les geôles du château Gaillard. Marguerite, plus spécialement car potentielle reine de France, est enfermée dans une cellule en haut du donjon ouverte à tous les vents. Elle aurait été étranglée sur ordre de son mari mettant fin à ses supplices à la fin de l’hiver 1314. Blanche est enfermée dans un cachot sous terre protégé des intempéries. Elle sera transférée à Gravay, obtiendra l’habit de religieuse et gagnera l’abbaye de Maubuisson. Elle sera toujours vivante lors du couronnement de son époux Charles.

    http://www.dinosoria.com/tragedie/gailla_reconstitution.jpg
    Le Château Gaillard est une forteresse royale construite par les Normands et récupérée par Philippe Auguste. Jacques de Molay y a été un temps interné durant sa détention.

    Le destin est tout autre pour Jeanne, âgée de 20 ans, la moins «coupable» du trio. Elle est mise sous surveillance au château de Dourdan et défend sa cause durant plusieurs années plaidant sa fidélité et son amour à Philippe. Elle regagne finalement sa place à la cour du roi Louis X le Hutin. Un retour festoyé et joyeux !

    Les amants des brus de Philippe IV sont jugés à Pontoise après qu’ils aient vite avoués leur crime. Ceux-ci sont châtrés, écorchés vifs, décapités en place publique et leurs corps suspendus par les aisselles au gibet de Mont faucon, le lieu des exécutions situé à l’extérieur des murailles dans le nord de Paris soit l’actuelle Gare du Nord.

    http://www.akg-images.fr/Docs/AKG/Media/TR3_WATERMARKED/f/4/a/e/AKG244689.jpg
    Gibet de Montfaucon

    On peut dire que la descendance de Philippe IV se trouve on ne peut plus mal…. Maudite diraient certains !

  • Participant
    Posts433
    Member since: 12 avril 2012

    Excellent dossier ! Continue 😉

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Bon le prochain chapitre tarde (il est toujours en cours d’écriture) mais d’ici 1 mois, je pense qu’il sera mis^^

  • Participant
    Posts629
    Member since: 29 janvier 2013

    C’est bien écris, mais je me permet de dire une chose :
    J’ai lu dans des livres que la malédiction n’avait jamais eu lieu. Et que Jacques de Molay était mort en priant.
    Ensuite c’est peut-être une hypothèse.

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Bah pour ma part, tous mes livres disent qu’il est mort sur le bûcher mais après peut être que tu as raison.

  • Participant
    Posts387
    Member since: 24 février 2013

    J’attend la suite avec impatience malgré que pour moi il ne s’agissent que d’une légende,en effet il semblerait qu’il n’ai jamais dit sa mais que des gens est inventé ce discours en constatent la “malédiction”

  • Participant
    Posts629
    Member since: 29 janvier 2013

    Bah pour ma part, tous mes livres disent qu’il est mort sur le bûcher mais après peut être que tu as raison.

    Oui, je dis qu’il est mort sur le bûcher, mais en priant, remarquable maitrise de soi, lorsqu’on est entrain de brûler^^.

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Ah oui^^ Mais tu as sans doute raison, la malédiction n’est peut être que légende^^

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    IV. Louis X le Hutin :

    http://peninsules-demarrees.com/images/2/26/Louis_X_Le_Hutin.jpg

    C’est Louis, le fils aîné de Philippe qui accède logiquement au trône en 1315. Il est rapidement surnommé le «Hutin» qui signifie le querelleur. Il est déjà roi de Navarre depuis la mort de sa mère en 1305 bien que couronné deux plus tard seulement devant les Cortes. De facto, la Navarre est dirigée par un gouverneur français qui répondait aux ordres de Philippe le Bel.

    Le pays se trouve en mauvaise état et beaucoup de problèmes se dressent devant le nouveau roi. A la mort de Philippe le Bel, plusieurs seigneurs sont agités, principalement en Bourgogne. Ceux-ci forment une ligue avec des dignitaires ecclésiastiques pour résister aux entreprises du roi et à la «tyrannie», en fait la trop grande ingérence, de ses agents.

    Puis, des ligues se forment dans d’autres provinces du Nord. Les réclamations s’accumulent auprès de Louis X et le départ des conseillers de Philippe IV est demandé.
    Pour calmer l’agitation, Enguerrand de Marigny, le tout-puissant ministre des «Finances» de Philippe le Bel et bouc émissaire de la révolte générale, est condamné à l’exil sur l’île de Chypre pour corruption. Bien que cette peine soit assez sévère, Charles de Valois, l’oncle du roi, accuse Marigny de sorcellerie mais le manque de preuves fait réfléchir Louis X qui cède finalement à la pression que faisait peser son oncle devenu son premier conseiller. Somme toute, Enguerrand de Marigny est exécuté au gibet de Montfaucon en avril 1315.

    http://www.histoire-fr.com/images/mortenguerrand_de_marigny_lehugeur.gif
    Exécution d’Enguerrand de Marigny. On peut remarquer au fond le gibet de Montfaucon.

    Les ligues s’apaisent mais pas totalement, Louis X le Hutin leur fait donc des promesses dans des chartes provinciales octroyées tout au long de l’an 1315. Dans la plupart des cas, les traités limitent les actions des sergents et baillis royaux sans bénéfice aucun pour le pouvoir royal sauf la «Charte aux Normands» qui fait de la province un fidèle allié de la politique royale.

    Comme sous le règne de son père, la Flandre se révolte. Décidé à mater les rebelles du Plat Pays, le Hutin mène en personne son ost. Cependant, il est loin d’obtenir la victoire, la campagne se limitant à la reprise de quelques cités, de nombreuses palabres au conseil de guerre et un retrait des plus honteux sous une pluie boueuse…

    Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que la famine apparaît alors que la situation financière se dégrade encore et encore… Car désormais Marigny, qui avait joué un grand rôle dans l’altération des monnaies sous le Roi de fer, n’est plus là pour proposer une solution viable.

    Durant cette année, Louis épouse aussi Clémence de Hongrie, nièce de son oncle. Charles de Valois fait aussi nommer un de ses proches chancelier de France. Les légistes de Philippe IV sont victimes de l’hostilité du Valois.

    Aucun des problèmes n’est réglé et l’année 1316 devient une année pitoyable…Pire que 1315. Pour tenter de résoudre ses problèmes d’argent, le roi met en place un système d’achat de l’affranchissement pour les serfs du domaine royal. Les Juifs et les marchands lombards sont en outre victimes de spoliation.

    Le 5 juin 1316, Louis X meurt à Vincennes en buvant un verre d’eau glacé après une partie de jeu de paume en n’ayant régné que deux ans…

    http://pascale.olivaux.free.fr/Histoire/Photos/Gisant_LouisX.jpg
    Gisant Louis X à la basilique de St Denis

    Il meurt sans héritier mâle pour la première fois dans le royaume. C’est donc à Jeanne de Navarre que revient le droit de succession, fille de Marguerite de Bourgogne et de Louis X. Mais il est inimaginable qu’elle règne. A la fois parce que c’est une fille et parce que sa légitimité est des plus contestables due à l’infidélité de sa mère.

    Il faut donc chercher un moyen d’empêcher Jeanne de succéder à son père et de trouver un nouveau roi… Mais voilà qu’un miracle se produit ! La reine Clémence met au monde un fils, un héritier ! Il est donc nommé roi sous le nom de Jean Ier le Posthume.
    Mais l’euphorie ne dure pas longtemps, Jean ne vit que cinq jours.

    http://www.dinosoria.com/tragedie/rois_maudits_04.jpg
    Gisant de Jean Ier le Posthume, toujours à la basilique de Saint-Denis. Il est l’un des monarques au règne le plus court du monde ayant régné de sa naissance à sa mort.

    De nouveau, il faut chercher un successeur. La loi salique (un code de loi )est alors utilisé et les lois sont modifiées pour écarter Jeanne du pouvoir. C’est alors que le frère de Louis, Philippe revendique le trône.

    Mais pensez-vous que le pouvoir lui reviendra facilement ?

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Louis, fils aîné de Philippe accède donc logiquement au trône en 1815 sous le nom de Hutin qui signifie le Querelleur.

    Tu as fait une faute de frappe : c’est 1315 et non 1815. 😉

    Quant à ce défilé de rois éphémères, c’est véritablement une hécatombe qui frappe la famille royale !

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    La défaite de Napoléon me hante!^^
    En tout cas merci d’avoir prévenu 😉

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Excusez moi de cette longue, longue attente! Je l’avais complètement oublié, et comme je n’ai vraiment pas envie de le laisser non-terminé… Le prochain chapitre devrait arrivé bientôt 😉

  • Participant
    Posts163
    Member since: 11 juillet 2015

    Je suis désolé de rouvrir ce sujet, lucdelgames, mais une suite à ce dossier est-elle prévue ou as-tu abandonné ce projet ?

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    J’ai prévu une suite mais en relisant mes chapitres, j’ai l’impression que c’est assez vide; ce qui me décourage…
    EDIT: Je viens aussi de me rendre compte que je dois réécrire le III qui est supprimé (sans doute par ma faute).

  • Participant
    Posts163
    Member since: 11 juillet 2015

    En es-tu sûr ? Si c’est celui de l’affaire de la tour de Nesle, il s’affiche parfaitement chez moi.

    Comme je suis en vacances, je suis près à te donner un coup de main pour ce dossier. Mon adresse e-mail : [email protected] 😉

  • Participant
    Posts1392
    Member since: 12 avril 2012

    Etrange… de mon côté, je ne le vois plus^^ En tout cas merci de te proposer, j’y songerai!

  • Modérateur
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    Member since: 26 août 2013

    Ayant reçu la permission de son auteur, @Lucdelgames, j’ai repris la rédaction de son dossier. Il m’a même permis de modifier le contenu originel de son document. J’ai ainsi édité l’introduction et le premier chapitre afin de donner plus de détails selon les vœux et en respectant la “signature” de son auteur de base. La réédition des chapitres suivant devrait suivre prochainement avant d’entamer l’écriture finale de ce dossier sur ces temps parmi les plus troublé que connut la France.

  • Modérateur
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    Member since: 26 août 2013

    V.Philippe V le Long :

    http://www.sport-histoire.fr/Sources/Rois/Capetiens/Philippe%20V.jpg

    Philippe le Long était déjà à la tête du royaume de France quand il se fait sacrer roi de France. Pourquoi ? Parce qu’il exerçait la régence au nom de son neveu Jean Ier le Posthume. Au décès du nourrisson, il monte sur le trône de son père, de son frère et de son neveu à la mort de ce dernier le 19 novembre 1316.

    Le nouveau souverain se fait hâtivement sacrer à Reims le 9 janvier 1317 malgré l’opposition de plusieurs princes de sang, partisans de la fille de Louis X, Jeanne de Navarre. Leur ayant déjà coupé l’herbe sous le pied, le fils de Philippe le Bel convoque en février de la même année des Etats-généraux qui se prononcent en sa faveur et déclarent les femmes incapables de succéder au trône de France. Néanmoins, Jeanne devient reine de Navarre, la loi salique n’ayant pas cours dans cet Etat qui se détache ainsi de l’orbite française.

    Philippe est de la même trempe de son père : même qualités d’homme d’Etat, même physique beau et glacial, mais surtout la même volonté d’unifier le royaume. Cependant, il doit compter avec les changements, les reculs, qui ont eu lieu sous le court règne de son Hutin de frère.

    En 1320, le roi met fin à la guerre de Flandre qui s’avait à nouveau éclaté sous son frère sans que ce dernier remporte de victoires significatives. La fin de ce conflit impopulaire augmente sa cote de popularité. Il avait aussi deux plutôt renouvelé l’alliance stratégique franco-écossaise de même qu’il a obtenu en bonne et due forme l’hommage d’Edouard II pour ses terres d’Aquitaine. Il agrandit le royaume en rattachant la ville de Tournai à ses terres. Mais, c’est plus pour sa politique intérieure que Philippe V se place comme le continuateur du Roi de fer.

    S’il confirme les chartes accordées par son frère, le Long renforce l’administration intérieure. D’un côté, les barons de Champagne, de Bourgogne, de Nevers sont contraints à la soumission. De l’autre, il rend le domaine royal inaliénable. De nombreuses autres mesures sont prises pour diminuer la puissance des seigneurs. L’une d’entre elles est l’«asseurement» qui oblige deux seigneurs à conclure un pacte de non-agression devant un juge, assurant ainsi une baisse des guerres privées. Il met sur pied des milices urbaines, sorte de police de l’époque, dont ils nomment les officiers. Outre son contrôle sur la fabrication des monnaies, le monarque amorce une unification des poids et des mesures à l’échelle «nationale».

    Pour appliquer ses décisions, il s’appuie sur des institutions déjà existantes ou dont il favorise la création. Ainsi, il achève le fonctionnement du Parlement de paris qui peut désormais servir de cour d’appel (qui centralise par ailleurs la justice royale). Le Grand Conseil est repeuplé des anciens légistes du temps du Roi de fer. Sa création la plus notable est celle de la Chambre des Comptes, l’ancêtre en ligne directe de l’actuelle Cour des Comptes. Cette nouvelle institution est placée sous la responsabilité d’Henry de Sully. Son but est alors d’examiner les comptes des agents des Finances et de conserver le Trésor royal.

    http://www.lemoniteur.fr/media/IMAGE/2015/01/30/IMAGE_20150130_27375160.jpg
    L’actuelle Cour des Comptes tient son origine de la Chambre du même nom fondée sous et à l’initiative du Capétien.

    En 1321, son règne est troublé par l’agitation des pastoureaux dans le Midi. Ce sont des bandes de paysans et de vagabonds soulevés une première fois vers 1250 sous prétexte de délivrer Saint Louis. En fait, il s’agissait d’une jacquerie antisémite, eschatologique (qui donne cependant des envies scatologiques). La révolte est promptement réprimée et la plupart des pastoureaux finissent pendus, s’ils ne sont pas morts au champ de bataille.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b0/Croisade_des_Pastoreaux_Britisch_Librairy.jpg
    Les Pastoureaux devant Verdun-sur-Garonne. Ils se distinguent par leurs pogroms et attaques sur les biens de la noblesse et du clergé.

    Dans le but de limiter la lèpre, il restreint la circulation des Juifs, accusés par la rumeur publique d’empoisonner les fontaines. De même, il donne carte blanche à l’Inquisition pour réprimer les hérétiques du Midi.

    Philippe II est touché par la dysenterie à laquelle s’ajoute rapidement la fièvre en août 1321. Il meurt en 1322 à Longchamp après d’affreuses convulsions. Il ne laisse que des filles au nombre de quatre : ses deux fils étant morts dans leur petite enfance.
    En vertu de la législation qu’il avait établi, Philippe V n’aura pas ses filles pour lui succéder mais son frère Charles….

  • Modérateur
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    Member since: 26 août 2013

    VI. Charles le Bel :

    http://www.france-pittoresque.com/IMG/jpg/Charles-IV-2.jpg

    Né en 1294, troisième et dernier fils de Philippe le bel, Charles est titré comte de la Marche par son père durant son règne. Cependant, le jeune prince n’est destiné à aucun trône, ne prend pas une grande part active à la politique du Roi de fer et n’entre que tardivement au Grand Conseil où il ne se fait guère remarquer. Le Capétien ne se tient pas non plus sur le devant de la scène durant les règnes de ses deux frères sauf pendant la brève crise de succession qui avait eu lieu après la mort de Louis X. Cependant, Charles s’était vite rallié à son frère Philippe, le reconnaissant comme régent légitime (toutefois, il n’assistera pas à son sacre).

    La loi salique étant désormais bien ancrée dans les mœurs, Charles accède au trône sans opposition en faveur des filles de feu le roi Philippe le Long. Son sacre se déroule à Reims le 21 février 1322.

    Le Bel trouve les coffres du Trésor vides à son avènement. Suivant la mauvaise habitude inaugurée par son aîné Louis, il fait arrêter le surintendant (ministre) des Finances de Philippe le Long, Girard de la Guette, qu’il remplace par son trésorier personnel. En outre, le poste de chancelier est aussi confié à une autre de ses créatures, Pierre Rodier (qui sera remplacé en 1322 par un homme du comte de Valois). Son règne signifie aussi le retour du comte de Valois, son oncle, aux affaires du royaume. Nombre de gens du Valois entrent au gouvernement, qu’ils doivent cependant partager avec les conseillers-légistes de Philippe le Long….

    Tout cela ne remplit évidemment pas les coffres… Pour se faire, le Capétien réforme le fonctionnement de la justice (Parlement, chancellerie) et des finances (la Chambre des Comptes). Il retire les charges royales auparavant gratuites pour les mettre en vente. Les biens des marchands lombards sont confisqués, de nouvelles taxes sont mises en place et de sévères économies réalisées pour continuer d’entretenir l’administration. En 1326, un premier recensement de la population est même effectué !

    Sa politique étrangère est marquée par de nombreux projets dont très peu aboutissent. Ainsi, une idée de croisade voit le jour : des ambassades byzantines sont reçues à Paris sans qu’une opération valide soit lancée. La mort du Capétien signifiera la fin de cette idée (aussi ruineuse qu’inutile). Outre une révolte flamande qu’il peine à éteindre, il ne lève pas l’ost pour les mater, le Bel est mêlé à une guerre civile dans le Saint Empire germanique par sa femme, Marie de Luxembourg…… Néanmoins, la mort de cette dernière met fin à toutes éventuelles ambitions impériales.

    C’est durant cette période que les tensions franco-anglaises, plus précisément Capétienne-Plantagenêt s’aggravent. Tout d’abord, Edouard II refuse de rendre hommage pour l’Aquitaine à Charles qui accorde, en «représailles», l’asile à Roger Mortimer, un puissant noble anglais opposé à Edouard et ses favoris. En 1324, il confisque le duché de Guyenne et envoie son oncle Charles de Valois le conquérir. La guerre est menée par des Français bien commandés et équipés de canons qui feront capituler les Anglais lors du siège de la Réole, principal fait d’armes de la campagne où est capturé Edmond de Kent, frère du roi d’Angleterre.

    L’année suivante, la paix est négociée par Isabelle de France, la sœur de Charles et épouse d’Edouard au nom de l’Angleterre. Son fils Edouard la rejoint pour signer le traité et rendre hommage pour son père…. Pendant les négociations, Isabelle s’éprend de….Roger Mortimer, l’ennemi de son époux légitime ! Profitant de l’extrême impopularité d’Edouard II, les amants déclenchent une révolution et débarquent sur le sol d’Albion en 1326. C’est le neveu de Charles qui devient finalement roi en 1327.

    Le roi de France a profité de cette guerre civile pour rattacher l’Agenais à ses propres terres tandis que le nouvel Edouard III peut reprendre l’Aquitaine sous garantie de l’hommage.

    Charles ne profite que très peu de ce succès vu qu’il meurt le 1er février 1328. Malgré ses trois mariages, il ne laisse aucun héritier mâle. Se pose alors une grave question de succession….

  • Modérateur
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    Member since: 26 août 2013

    VII. La fin d’une dynastie, l’avènement d’une autre :

    Avec la mort de Charles le Bel, la branche des Capétiens directs est coupée, sciée. Après moult débats entre les pairs et les barons, ces derniers reconnaîtront Philippe de Valois, fils de Charles de Valois et neveu de Philippe le Bel comme roi légitime de France. Ils évincent ainsi Philippe d’Évreux, gendre de Louis X le Hutin et Édouard III d’Angleterre. L’un prétendait au trône par sa femme et l’autre par sa mère. Le premier a été exclu car le moins bien placé en droits tandis qu’Édouard l’a été pour sa qualité (ou plutôt défaut ici) de prince étranger, a fortiori d’Anglais.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/65/G%C3%A9n%C3%A9alogie_Charles_V.svg/400px-G%C3%A9n%C3%A9alogie_Charles_V.svg.png

    Les fils de Philippe le Bel, malgré leurs défauts et leurs erreurs, ont continué l’œuvre de leur père. Sans le génie du Roi de fer, ils n’ont pas pu porter la France aux sommets qu’elle avait atteints sous son règne. Mais, cela n’est rien comparé à la guerre de Cent Ans qu’aller connaître la France. Pendant de nombreuses années, le royaume des Lys va connaître la guerre étrangère, civile, les jacqueries, les épidémies, les trahisons… Mais, ce n’est qu’en reprenant les principes et l’idéal des Rois maudits que viendra la victoire et l’apogée des Valois sur le trône de Saint Louis.

    Voilà, ce dossier est enfin achevé ! N’hésitez pas à poser vos questions !


    Source :

    Histoire Junior n°9
    Histoire Junior n°17
    Voir l’Histoire; Rois et Reines de France, Edition Fleurus
    Herodote.net – Les amants scandaleux
    Insecula, L’affaire de la Tour de Nesle
    -CHRONIQUE DE L’HUMANITE, Editions Jacques Legrand
    -MOURRE. M, Dictionnaire encyclopédique de l’Histoire du Monde, Editions France Loisirs
    -FORUM DE LA GUERRE (Yandhen), «Les aléa du pouvoir royal capétien en ligne direct», http://www.strategietotale.com/forum/59-autres-guerres-aspects-medievaux/177706-dossier-les-aleas-de-la-suzerainete-souverainete-des-capetiens-en-ligne-direct#177706, consulté le 07/09/2016
    -HERODOTE, «Philipe le Bel», https://www.herodote.net/Philippe_IV_le_Bel_1268_1314_-synthese-91.php, consulté le 07/09/2016
    -LAROUSSE, « Philippe IV le Bel», http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Philippe_IV_le_Bel/137969, consulté le 07/09/2016
    -«Philippe le Bel», http://www.histoire-france.net/moyen/philippe-le-bel#PhilippeleBel:unroicentralisateur, consulté le 07/09/2016
    -WIKIPEDIA, «Philipe le Bel», https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_IV_le_Bel#Vers_un_.C3.89tat_centralisateur_et_administrateur, consulté le 07/09/2016.
    -WIKIPEDIA, «Louis X», https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_X#Biographie, consulté le 24/09/2016

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