Post has published by Nicopoleon 1er

Ce sujet a 13 réponses, 6 participants et a été mis à jour par  mongotmery, il y a 4 ans et 5 mois.

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  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    Les prisonniers français en Allemagne

    Après avoirs vu les cas des prisonniers soviétiques en Allemagne nazie et des prisonniers allemands en URSS, nous nous intéresserons ici au sort des prisonniers occidentaux (surtout français, peu de britanniques et d’américains ont été capturés) en Allemagne, entre mai 1940 et 1945. Nous verrons où et comment ils ont été capturés, où ils sont enfermés, et quelles sont leurs conditions de vie, et, bien sûr, la « Relève », l’illusoire appel aux ouvriers volontaires pour partir en Allemagne et permettre ainsi le retour des prisonniers.

    I Où et comment ont-ils été capturés ?

    Sans surprise, l’écrasante majorité d’entre eux, voire même la totalité, ont été fait prisonniers lors de la désastreuse bataille de France.

    Si, contrairement à certaines idées reçues, les soldats français furent plus que braves lors de cette bataille (presque 100 000 tués dans les rangs de la France), on ne peut pas nier que beaucoup se rendirent, ou furent contraint à le faire, du fait de l’immense encerclement des armées de Belgique et car (chose à peu près inconnue) les rescapés de Dunkerque, furent en majorité débarqués par la marine anglaise en Bretagne, où ils devaient tenter une dernière résistance (qui, comme on peut se l’imaginer, fut vaine, vu que les soldats avaient été débarqués désorganisés, presque sans chefs et sans armes).

    Ces hommes, 1 800 000 au total, sont entassés dans des wagons ferroviaires. Ils sont dirigés vers les Stalags (pour les hommes de troupe et sous officiers) et les Oflags (pour les officiers), souvent situés au fin fond de l’Allemagne.

    200 000 réussissent à s’évader avant d’être transportés en Allemagne.

    II Les Stalag

    Arrivé au camp, le prisonnier est délesté de se maigres affaires, et est dirigé, sous les coups des gardiens, vers la douche (une vraie douche). Il est ensuite intégralement rasé et on le tartine de désinfectant. On lui donne un matricule et un uniforme, et hop, au camp.

    Les Stalags sont loin d’être des camps de concentration. Si, au tout début, les prisonniers dorment souvent sous des tentes, ils sont rapidement « invités » à construire des baraquements, pour y vivre. Des délégués des détenus sont nommés, et on peut rapidement recevoir des colis de sa famille.

    Les soldats prisonniers essayent souvent, voire presque toujours, de s’évader. Il y a, pour les 1,6 millions de prisonniers, exactement le même nombre de tentatives d’évasion. 70 000 réussiront.

    On prie les détenus juifs de se faire inscrire. Mais ces hommes ne seront pas le moins du monde inquiétés. Parfois, toute leur famille sera déportée, et assassinée, mais eux ne seront, quoi qu’il se passe, pas arrêtés ou envoyés en camp de concentration. Les allemands respectent scrupuleusement la convention de Genève, du moins à l’Ouest.

    Ces camps, pour 95% d’entre eux, ils n’y effectueront que de brefs passages, entre deux « Kommandos » de travail. Ces travaux sont effectués à l’extérieur du camp. Ils peuvent être de multiples natures : Chantiers, le plus souvent routiers (pas besoin de qualification et comme c’est un travail fatiguant, autant en épargner les citoyens du Reich), ou alors Kommandos ruraux, dans des fermes (la majorité des français est encore paysanne).

    Vers la fin de la fin de la guerre, en application avec la Totale Krieg (la Guerre Totale) prêchée par Goebbels et mise en application par Albert Speer (ministre de l’industrie du Reich, chargé de l’application de la guerre totale), les prisonniers sont parfois employés dans des usines d’armement.

    Ce principe, s’il est susceptible de fournir une main d’œuvre gratuite et abondante à l’industrie de guerre, n’est pas vraiment judicieux, vu que le soldat français de 1940-1945 reste animé de la haine du boche (terne péjoratif, voire carrément insultant désignant les allemands, comme Fritz, ou encore Chleuh), surtout s’il est prisonnier. Cette haine ne l’incite pas à travailler dur, au contraire, les sabotages et la fainéantise sont légions.

    III Les Oflags

    Selon la convention de Genève (encore) les officiers ne doivent pas être forcés à travailler. Vu que les volontaires sont peu nombreux (voire même inexistants), les militaires ayant un grade égal ou supérieur à celui de sous lieutenant sont coincés dans des Oflags.

    Pour ne pas périr d’ennui, ils organisent toutes sortes d’activités : tournois de volley, championnats d’athlétisme, troupes de théâtre, et créent même des universités, délivrant des diplômes reconnus. Les oflags sont un petit paradis, la liberté en moins.

    IV Les généraux, un monde à part

    Les généraux français fait prisonniers sont internés dans la forteresse de Kœnigstein, près de Dresde. Ils sont logés dans des chambres confortables, ont droit à des promenades quotidiennes dans la forteresse et font même des sorties culturelles, comme celle effectuée à Dresde et dont on a des traces vidéos.

    Le général Giraud réussit une audacieuse évasion de ce lieu, le 17 avril 1942 :

    Le général Mesny (exécuté par la suite pour son aide à l’évasion du général), le général Mast, son ex-chef d’état-major, le général Baurès, le général Le Bleu, le général Joseph de Verdilhac (notamment), l’aident à s’évader. Giraud prépare soigneusement son évasion pendant deux ans. Il pratique l’allemand et apprend par cœur une carte des abords de la forteresse.

    Le 17 avril 1942, il se laisse descendre le long de la falaise de la forteresse de montagne. Il a rasé sa moustache, s’est coiffé d’un chapeau tyrolien et voyage ensuite jusqu’à Schandau pour y rencontrer un contact. Par diverses ruses, il atteint la frontière suisse, et après un périple rocambolesque de 800 km en train, il arrive en Alsace le 19 avril 1942..

    Hitler, qui croit que c’est Giraud qui a écrit Vers l’armée de Métier (alors que c’est en réalité de Gaulle), est furieux et les SS et la Gestapo sont chargés de l’assassiner, sur un ordre personnel d’Himmler.

    Par la suite, il se rend à Vichy, en zone libre française et y jure fidélité au maréchal. Il déclare qu’il accepte de rentrer en Allemagne si les 500 000 prisonniers français pères de famille sont libérés sur le champ. Il se défait de ce serment de fidélité au maréchal lorsque Laval annonce à la radio qu’il souhaite la victoire allemande, et part pour Gibraltar

    V Le Sort des soldats coloniaux

    Le sort des prisonniers d’origine africaine ou Nord-Africaine est différent de celui des troupes de la métropole, à cause de la politique raciste des nazis.

    A leur capture, certains soldats noirs sont fusillés sommairement, par des troupes de la Waffen-SS, mais aussi de la Wehrmacht. On estime que près de 3 000 tirailleurs sénégalais ont été exécutes sommairement. Les allemands ont aussi exécuté sommairement des soldats marocains, qui contrairement aux algériens étaient des volontaires et non des appelés. Ainsi, le 30 mai, à Febvin-Palfart, dans le Pas de Calais, 32 soldats marocains sont massacrés par des Waffen-SS.

    Plus de 80 000 prisonniers “indigènes” sont aux mains des allemands, qui les séparent des prisonniers de métropole. Si ceux-ci sont envoyés en Allemagne, les autorités nazies, désireuses de ne pas “souiller le sol du Reich” avec ces “sous-hommes”, décident de les emprisonner en France, dans des Frontstalag, aux conditions de détention très dures.

    VI La relève, illusoire retour

    L’attente du retour des prisonniers de guerre en France est longue des deux côtés. Le gouvernement français et les autorités allemandes tombent d’accord sur le principe d’un échange : prisonniers de guerre contre ouvriers.

    La « Relève » est instaurée en juin 1942 par Pierre Laval et sa promotion est assurée par les Offices Départementaux du Travail relayés par la presse locale. Le départ de trois ouvriers volontaires français en Allemagne permet le retour d’un prisonnier de guerre français, qui est en retour sensé travailler dans des usines fabriquant des produits pour le Reich.

    Les prisonniers n’apprécient guère, surtout qu’ils voient partir parmi les “relevés” des célibataires qui font des courbettes aux gardiens plutôt que des pères de famille.

    En pratique, l’Allemagne laisse partir d’abord 90 000 prisonniers. Mais seulement 17 000 volontaires étant partis travailler pour le Reich, régime de Vichy promulgue une nouvelle loi sur l’utilisation de la main d’œuvre le 4 septembre 1942 : le STO, Service du travail obligatoire. Désormais, le principe de la relève est obligatoire, et les prisonniers ne reviennent plus.

    Entre 1940 et 1941, environ 330 000 prisonniers sont tout de même rapatriés, essentiellement pour des raisons médicales.

    Les prisonniers reviendront pour l’immense majorité en 1945 avec les avancées alliée et soviétique en Allemagne (où se situaient la plupart des camps). Certains rentreront même à pied. Pendant ces 5 ans, il y eut près de 510 000 morts et disparus parmi les 1 850 000 prisonniers de juin 1940.

    Bibliographie :

    Science et Vie Junior Hors Série n° 72, La Seconde Guerre Mondiale
    Apocalypse, la Seconde Guerre Mondiale, Daniel Costelle

    Sitographie :

    Wikipédia.com
    Memorial-Quineville.org

    Filmographie :

    Apocalypse, la Seconde Guerre Mondiale, Daniel Costelle, Isabelle Clarke.

  • Participant
    Posts1483
    Member since: 15 avril 2012

    Tes chiffres sont pas entièrement exact car ce sont les chiffres des français fais prisonniers donc une infime partie seront donc dans les camps italiens. De plus dans tes évadés beaucoups seront repris donc 200 000 évadés… j’imagine que très peu ne sont jamais fais reprendre au moins dans le mois qui suit. On aurat 400 000 prisonniers français supplémentaire après mai juin 40 (pris par les forces de l’axe donc pas que les allemands).
    On a quand même 100 000 prisonniers américains 130 000 du commonwealth (car avec les britanniques n’oublions pas les canadiens les australiens les indiens ect…) 1 336 990 italiens après l’armistice italienne! 215 000 belges! Donc les français sont loins d’etre les seuls occidentaux même si ils sont les plus nombreux.
    N’oublions pas aussi que les Noirs seront tous exécutés donc les convention de genèves…
    De plus le nombres de calories pour une journée étais attribué de manière “raciale” (le britannique ou le norvégien a plus a manger que le français mais le slave lui a encore moins que le français le juif le communiste eux ont encore moins que les slaves) sachant que les ration vont diminuer avec les défaites allemandes…

    On a un camps de prisonniers en France même! Et aussi il me semble en pologne ou en prusse.
    Pour récompensé la passivité des dieppois durant le débarquement de 42 tous les prisonniers de guerres de cette région seront libérés en priorité. Bien sur on étais libéré si on signais dans la LVF ou la SS et aussi a partir de 43 les alsaciens lorrains directement envoyés dans l’armée allemande (avant 43 il faut etre volontaire.)

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 23 avril 2012

    Merci pour tes information, mon arrière-grand-père étaient un de ces ouvriers forcés, il est mort à cause des produits chimiques des usines dans les années 60.

  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    Asquinique, on peut enlever les italiens (d’abord membres de l’axe) et cela ferait 400 000 autres prisonniers, ce qui est bien peu par rapport aux français.

  • Participant
    Posts1483
    Member since: 15 avril 2012

    Asquinique, on peut enlever les italiens (d’abord membres de l’axe) et cela ferait 400 000 autres prisonniers, ce qui est bien peu par rapport aux français.

    Euh chacun sa notion “de bien peu” mais pour moi 1 300 000 hommes ça fais déja un petit paquet de monde. Et je vois pas pourquoi les italiens compterait pour du beurre sinon on peu dire qu’on est très peu par rapport aux soviétique (plus de 5 millions d’hommes)

  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    Asquinique, on peut enlever les italiens (d’abord membres de l’axe) et cela ferait 400 000 autres prisonniers, ce qui est bien peu par rapport aux français.

    Euh chacun sa notion “de bien peu” mais pour moi 1 300 000 hommes ça fais déja un petit paquet de monde. Et je vois pas pourquoi les italiens compterait pour du beurre sinon on peu dire qu’on est très peu par rapport aux soviétique (plus de 5 millions d’hommes)[/quote]

    Je ne compte pas les italiens car ils furent alliés de l’axe, et 400 000, c’est 5 fois moins que 2 000 000.

  • Participant
    Posts1483
    Member since: 15 avril 2012

    Je ne compte pas les italiens car ils furent alliés de l’axe, et 400 000, c’est 5 fois moins que 2 000 000.

    Jusqu’en 1943 après le sud rejoint les alliés (ainsi que les troupes présentes en grèce et en yougoslavie) et dans le nord beaucoup prendront le maquis.
    A force d’utiliser la fonction citer je crois que tu t’es un peu perdu “400 000” c’est le nombre de français fais prisonniers par les forces de l’axe après mai-juin 40. Les prisonniers italiens sont 1 336 990 ce qui en fais la 3 nation la plus représenté dans les camps (après les soviétiques et les français)

  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    Non, ce sont les anglais, les américains et les belges !

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Un de mes grands-pères était dans un de ces camps. Il a réussit à “s’évader” en prétextant une maladie (fausse bien entendu) pour être rapatrié sanitaire avec la complicité du médecin du camp (qui était aussi Français).

    EDIT :
    D’ailleurs la majeure partie des prisonniers ont été fait après que Pétain est donné l’ordre de cesser les combat le 17 juin 1940 : 1 500 000 soldats seront ainsi fait prisonnier, empêchant la France d’avoir réellement son mot à dire lors de la signature de l’armistice.

  • Participant
    Posts1483
    Member since: 15 avril 2012

    Non, ce sont les anglais, les américains et les belges !

    ??? je comprend pas le sens de ton message.

  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    400 000 est le nombre de prisonniers belges, américains et anglais (en fait plutôt 450 000 mais ça change rien au fait que c’est 5 fois moins)

  • Participant
    Posts2063
    Member since: 13 avril 2012

    merci pour ton dossier fort instructif nico.

  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    J’ai rajouté une petite partie sur le sort des prisonniers indigènes, ainsi qu’un récapitulatif à la fin du dossier. Bonne lecture !

  • Modérateur
    Posts8429
    Member since: 14 mai 2013

    Merci pour ton dossier nicopoleon.

    je crois que tu as raison, ce sont des prisonniers alliés mais non français les “400 000 après mai juin 40”, parce qu’après mai juin 40 d’où viendrait els prisonniers de guerre français?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

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