Post has published by Natsu

Ce sujet a 5 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  Natsu, il y a 1 an et 4 mois.

6 sujets de 1 à 6 (sur un total de 6)
  • Participant
    Posts1100
    Member since: 12 avril 2012

    Les guerres médiques

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592794-1.jpg

    Introduction :

    Il s’agit du nom donné aux conflits qui opposèrent les Grecs et les Perses. Mais en soit, quand on ne s’intéresse rien qu’au nom, on pourrait se demander pourquoi parler de guerres médiques et non de guerres persiques, non ? En fait c’est un abus de langage qui date de la première rencontre entre Grecs d’Asie mineure avec les peuples d’Orient quand le peuple des Mèdes dominait encore les Perses. Ainsi, toutes les dédicaces des consécrations faites par les grecs à la suite des combats parlent toujours de Mèdes. La première fois que l’on parlera des Perses est en 472 avec la pièce intitulé « Les Perses » écrite par un ancien combattant de Marathon, le poète Eschyle. Pour faire une présentation rapide des belligérants, nous avons les grecs qui sont loin d’être unis, au contraire, on a des cités qui ne cessent de s’entre-déchirer dans divers conflits, Athènes et Sparte sorte du lot par leur puissance culturelle et militaire. De l’autre côté, au sens propre comme au figuré, la mer Égée faisant office de muraille naturelle, nous avons l’Empire Perse fondé par Cyrus en 550 avec l’union des Perses et des Mèdes. Le territoire sous influence des Perses va de l’Inde jusqu’en Thrace en passant par l’Égypte. Au moment du premier conflit, c’est Darius qui se trouve être le roi des rois puis c’est son fils Xerxès qui lui succède en 486. On a ici deux modèles d’état qui s’opposent : l’empire et la cité. Hérodote, qui est contemporain et originaire de cette Grèce d’Asie, en est pleinement conscient et présente donc tous ces conflits comme un seul et même combat pour l’indépendance dans les affaires étrangères et communes. On peut alors se demande comment un conflit aussi disproportionné a pu avoir lieu et marqué l’Histoire avec un grand H. Dans une première partie, on verra que tout part d’une simple révolte, puis de la première guerre médique et enfin de la seconde.

    I/ Une révolte locale…

    A/ Les cités d’Ionie…

    Depuis plusieurs siècles déjà, les Grecs étaient présents en Asie Mineure, de célèbres cités s’y trouvent comme Troie ou Ephèse. Elles étaient intégrées à un royaume qui bien qu’autoritaire avait une réputation de modération surtout à l’époque du dernier roi dont vous avez déjà entendu parler, Crésus. En effet, le tribut exigé était réinvestit dans des offrandes à des sanctuaires grecs et dont les grecs bénéficiaient, ainsi le royaume de Crésus était plus vu comme une alliance de cités que comme la domination d’un homme sur les autres. Mais en 546, les Perses ont conquis le royaume et certaines cités ne vont pas se remettre, des populations vont émigrer partiellement si ce n’est totalement comme pour la cité de Téos ou de Phocée, on retrouve ses derniers dans une célèbre ville du Sud de la France.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592795-2.jpg

    Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, les Perses pratiquent une politique de tolérance vis à vis de la religion grecque. Et les cités ionniens restèrent assez prospère pour continuer à mener une politique de grands travaux. Du coup, les changements par rapport à la période de Crésus sont d’une autre nature. Je vous ai parlé du tribut que les cités devaient payer, et bien maintenant, ce tribut n’est pas dépensé sur place, il est envoyé au centre de l’Empire perse, en Iran. Et avec une réforme de Darius sur la taxation des satrapies, un montant précis d’or et d’argent est fixé. Le tribut annuel exigé s’élève pour l’ensemble de l’Ionie à 400 talents ou 2.400.000 Drachmes, mais le tout inégalement répartit au sein de la cité, certains arrivant à se faire exempté des taxes grâce à leur proximité avec le pouvoir. De plus, l’empire était organisé selon un principe ethnique, c’est à dire que tous les cadres étaient perses ou mèdes. On a donc une administration dirigée par un satrape et on voit des colons s’installer en Asie mineure. On a ainsi une bonne base pour une révolte.

    B/ …Se révoltent…

    Comme je l’ai dit, on a une bonne base pour une révolte, mais ce n’est pas pour autant que la révolte va se déclencher dans les années qui suivent la conquête. En fait si l’on en croit Hérodote, cette idée de faire sécession a germé après une expédition mené par Darius en personne contre les Scythes en 513. Les Ioniens y participèrent comme peuple de l’Empire. Ils y virent les fragilités de l’armée Perse. Et même si les tyrans grecs n’avaient pas cédés aux appels à la défection lancés par l’Athénien Miltiade, ils commencèrent à mener un jeu plus personnels et à limiter leurs collaborations avec les cadres perses. Un en particulier sort du lot, il s’agit de Histiée, le tyran de Milet, mais suspecté, il fini pas être retenu à la capitale perse, Suse, en tant qu’otage. En effet, la conquête de la Thrace par Darius faisait de la Mer Noire un lac perse et la prise de Byzance fermait le détroit et donc le commerce avec le Pont-Euxin. De plus, Darius favorise les marchands phéniciens ce qui appauvrit les marchands ioniens.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592795-3.jpg

    Le tyran de Milet, Aristagoras va vouloir jouer aux côtés de perses dans un premier temps en proposant au satrape la conquêtes des Cyclades en 500. Il s’agit de prendre Naxos après que la population est chassée les aristocrates qui sont venus se réfugier à Milet. Mais cette expédition fut un échec après 4 mois de sièges du fait des disputes entre Perses et Milésiens. Du coup, les perses vont choisir Aristagoras comme bouc émissaire pour cet échec. Ce dernier craint d’être destitué ou assassiner et va donc se rallier à Histiée qui organise la révolte en envoyant des ordres à Aristagoras par un moyen des plus ingénieux. Si j’y pense, je vous en parlerai à la fin de l’exposé, c’est assez marrant. Ainsi, le tyran de Milet annonce qu’il renonce à la tyrannie et qu’il met en place l’isonomie. Bon, Hérodote dit qu’il y renonce par les paroles seulement. Ainsi, toutes les autres cités d’Ionie vont elles aussi se débarrasser de leurs tyrans.

    C/ …Mais n’y arrivent pas

    Mais Aristagoras est conscient qu’il est en net infériorité militaire face aux Perses. En 499 il va donc à Sparte pour y chercher un soutien. Mais ces derniers refusèrent en plaidant que c’était un théâtre d’opérations trop lointain, même si la rivalité entre les deux rois Cléomène et Démarate serait la principale raison. Aristagoras va donc à Athènes qui accepte de les soutenir. En effet, la question perse est à l’ordre du jour étant donné que l’ancien tyran athénien Hippias est parti se réfugier auprès du satrape de Sardes afin d’y obtenir un soutien pour retrouver le pouvoir. Athènes va donc envoyer 20 trières pour soutenir Milet.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592928-4.jpg

    Dans un premier temps, les révoltés connurent des succès, les Milésiens arrivant à capturer la flotte perse qui avait participé à l’expédition sur Naxos. Et l’armée des révoltés marcha sur Sardes en 498 et pris la ville sauf la citadelle. Ils vont tout incendier même le temple de Cybèle, la grande déesse-mère anatolienne ce que les Perses vont considérer comme un sacrilège. Ces derniers réagissent immédiatement et les troupes d’occupation affrontèrent les ioniens près d’Éphèse et les écrasent. Les Athéniens vont alors abandonner la cause ionienne. Les historiens hésitent entre un problème de politique intérieur du fait de l’existence d’une faction pro-perse ou d’un problème militaire, l’expédition n’ayant pas rapporté de butins. A cette même période les Perses commencent le siège de Milet. Grâce à un système d’organisation unifié, les ioniens vont résister aux Perses pendant 5ans. La révolte va même se propager à Chypre, en Hellespont et en Carie ce qui va forcer les Perses à lever trois armées et une nouvelle flotte. Mais les Perses vont agir de manière lente mais systématique, la révolte à Chypre est maté en première, puis c’est au tour des cités de l’Hellespont et de Carie. En 494, la flotte ionienne de 350 navires est écrasée à Ladée face aux 600 navires phéniciens, égyptiens et chypriotes. Milet, assiégé dés lors par terre et par mer tombe peu après. Pour pacifier la région, les Perses vont raser Milet et sa population est déportée sur les bords du Tigre. En 493, les derniers cités rebelles sont prises et c’est la fin de la révolte. Seul Milet subit les représailles des Perses, ces derniers ayant décidé de ne plus s’appuyer sur les tyrans mais des régimes isonomiques, en donnant aux cités le droit de régler leurs différents par le droit et en demandant des tributs plus justes obtinrent des ioniens leur soutien jusqu’à leur défaite lors de la seconde guerre médique.

    II/ …Qui amène à une première expédition perse

    A/ Une guerre qui s’enchaîne…

    On dit généralement que la première guerre médique est une expédition punitive contre Athènes qui a soutenu les Ioniens et participé au pillage de Sardes. Mais si on s’éloigne un peu des écrits d’Hérodote, on peut voir que les Perses ont en tête un autre projet qui va plus loin qu’une simple expédition punitive. En effet, pendant cette révolte, les Perses avaient pris conscience de l’importance de contrôler les îles et les contours de la Mer Égée. Ainsi, en 492, Mardonios, un général perse beau fils de Darius, débarque en Thrace à la tête d’une armée afin de reprendre le contrôle de la région, les troupes s’y trouvant ayant été rappelé lors de la révolte en Ionie. Il va même prendre le contrôle de l’arrière-pays macédonien. Mais une tempête détruit sa flotte et lui coupe le ravitaillement, ce qui le force à se replier.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592980-5.jpg

    On a l’année suivante, en 491, une nouvelle tentative mais qui est diplomatique cette fois. Darius demande en effet aux Grecs « la terre et l’eau », c’est à dire un signe de soumission qui signifiait qu’ils acceptaient l’ordre perse. Athènes et Sparte refusèrent, mais de nombreuses cités insulaires acceptèrent notamment Egine, une cité se trouvant sur l’île du même nom situé entre l’Attique et le Péloponnèse, un port pouvant facilement perturbé le commerce athénien vu son positionnement stratégique.

    B/ …Avec des batailles pour le contrôle de la mer…

    Grâce à cette campagne diplomatique, les Perses pouvaient facilement mener une expédition en Mer Égée pour en prendre totalement le contrôle. L’amiral perse Datis qui avait déjà participé à la lutte contre les ioniens est à la tête d’une flotte qui embarque 20.000 hommes et de nombreux cavaliers. Il va partir de Cilicie, longé la côte jusqu’à Ephèse avant de traversé la mer pour prendre les îles de Samos et des Cyclades. Ayant pris les cités de Naxos et d’Erétrie, il montre la supériorité dans l’art des sièges mais aussi désormais dans le contrôle de la partie orientale de la Mer Égée et lui donne la possibilité d’aller dans la partie occidentale et de menacer ainsi directement la Grèce.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592984-6.jpg

    De plus, la prise de ces villes est symbolique car elles avaient soutenus les rebelles. La politique menée par Datis se résume à des levées de troupes et la prise d’otages dans les territoires contrôlés par les Perses. Il maintient également sa politique philhellène envers les grands sanctuaires comme à Lindos sur l’île de Rhodes et Délos dans les Cyclades. Ils arrivent ensuite sur l’île d’Eubée, ravage la cité de Carystos puis arrive devant la cité d’Erétrie qui est prise en 6 jours après la défection de 4000 soldats athéniens quelques jours avant. La ville est pillé, rasée et sa population est déportée en Basse-Mésopotamie. La flotte perse se dirige ensuite vers l’Attique.

    C/ …Qui s’achève à Marathon

    Je me dois de parler d’une personne que j’ai déjà évoqué et qui se troupe aux côtés de Datis dans cette expédition. Il s’agit d’Hippias, l’ancien tyran d’Athènes. Hérodote le met en avant dans ses écris en disant qu’Hippias avait demandé aux Perses de l’aider à reprendre le pouvoir. Ce dernier les conseille et l’armée perse débarque le 12 septembre à Marathon afin de s’en servir comme une base arrière avant de se diriger vers Athènes. Je ne pense pas qu’il est nécessaire que je dis quelle distance se trouve entre Marathon et Athènes. Les Athéniens vont alors tergiverser pendant plusieurs jours, se demandant si il ne vaut pas mieux attendre les Spartiates qui sont en pleine fête religieuse et ne peuvent donc pas venir de suite, rester à Athènes et attendre les Perses ou alors partir à leur rencontre directement à Marathon. Finalement, Miltiade arrive à l’emporter avec son choix de partir à l’attaque.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592803-7.jpg

    Ce sont 9000 Athéniens et 1000 Platéens qui partent vers Marathon. Mais le 17 septembre, les Perses décident de réembarquer une partie des troupes pour attaquer Athènes par terre et par mer. Ainsi ce n’est pas toute l’armée perse que l’armée athénienne affronte mais une partie seulement. Miltiade qui avait déjà affronté les perses connaissaient leur défaut : un armement fragile qui ne peut tenir face à l’armement lourd d’un hoplite, le fait que l’armée perses est composé de nombreux peuples qui du fait des différentes langues ne peuvent communiquer entre eux et ils ont aussi peu l’habitude de combattre ensemble. Selon Hérodote, les perses perses seraient de 6400 morts alors que les Athéniens n’en ont eu que 192. Mais ce n’est pas terminé, en effet, je rappelle qu’une partie de l’armée perse avait déjà embarquée sur les navires. Il décide donc de prendre de vitesse l’armée athénienne en prenant la ville par la mer. Il ne faut en effet que 10h pour atteindre la cité à partir de Marathon. Les Athéniens vont alors partir à marche forcée vers leur cité alors qu’ils viennent de combattre. Ils n’arriveront à Athènes qu’une heure avant les Perses qui vont alors décider de battre en retraite. Athènes va obtenir dés lors un immense prestige auprès des autres cités grecques et va tenter de s’en servir pour justifier leur hégémonie sur l’ensemble du monde grec. Pour ce qui est des Perses, cette défaite à Marathon est mineure car l’objectif principal était le contrôle de la Mer Égée, et de ce côté là, c’est une réussite.

    III/ …Puis à une deuxième

    A/ Une nouvelle menace…

    Darius meurt en 486 et c’est son fils Xerxès qui lui succède. Mais il doit lutter contre une révolte en Égypte qui avait commencé peu avant la mort de son père. Cette révolte avait détourné les yeux des Perses de la Grèce. Mais une fois l’ordre rétablie, Xerxès décide de mettre en place une nouvelle expédition encore plus imposante que celle envoyée par son père mais en la dirigeant lui-même afin de faire ses preuves. Selon Hérodote, Xerxès aurait eu l’ambition de dominer l’ensemble de la Méditerranée. Mais c’est à prendre avec des pincettes, car cela voudrait dire que Xerxès se soit allié avec Carthage qui aurait lutté contre les Grecs d’Occident. Il fait en effet correspondre les batailles de Salamine en Grèce et d’Himère en Sicile. On a bien une alliance entre les Perses et les Phéniciens d’Occidents quand on voit le rôle de la marine phénicienne dans l’armée perse mais de là à parler de conquête de la Méditerrané…

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592803-8.jpg

    Quand aux préparatifs militaires, ils sont colossaux et cela même si on ne peut se fier aux chiffres d’Hérodote. Il est en effet question de la construction d’un pont de navires pour faire traverser l’Hellespont à l’armée perse, un canal à travers l’Athos pour faire passer sans encombre la flotte perse et éviter ainsi les déboires de 492 où la flotte perse avait été coulé par une tempête et des routes à travers la Thrace et la Macédoine. Les chiffres que l’on a de la part des historiens grecs de l’époque sont sujet à controverse. Peut-on en effet croire que l’armée perse était composé de 1.700.000 hommes, 80.000 cavaliers et 1200 trières ? Ces chiffres sont ceux donnés par Hérodote. Mais les estimations modernes sont plutôt de 300.000 à 500.000 hommes, 20.000 à 60.000 cavaliers et 600 navires. C’est quand même déjà énorme pour une Grèce qui ne peut opposer que de 7.000 à 35.000 hoplites, 40.000 hommes plus faiblement armés et un peu moins de 400 trières.

    B/ …Pour une Grèce peu unie…

    On pourrait croire qu’une telle menace unifierait les Grecs sur le plan militaire. C’est ce qu’espéraient d’ailleurs les partisans de la résistance quand ils se sont réunis dans le sanctuaire panhellénique de l’Isthme en 481 pour former une alliance entre les cités grecs et mettre un terme aux guerres internes. Mais on a eu de nombreux refus, comme de la part des Argiens qui souhaitaient refaire leur force après leur défaite contre les Spartiates en 491, des Crétois et des Syracusiens qui prétextèrent leur manque de soutiens des grecs par le passé. L’oracle de Delphes qui offre une caution morale dans les décisions avait une attitude des plus prudentes ce qui n’aida pas à l’agrandissement de l’alliance. Ainsi, ce ne sont que 31 états qui vont s’allier.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592803-9.jpg

    Quand en 480, l’armée perse passe en Europe, on a une nouvelle réunion au même endroit afin de choisir une stratégie de défense. Il est décidé d’établir une ligne de défense aux Thermopyles et non dans la vallée de Tempé. Ce choix fit que les Thessaliens passèrent dans le camps des Perses, entraînant ainsi leurs voisins. Cela eu un choix sur les choix de l’oracle de Delphes. Elle dit en effet à des envoyés Athéniens ceci : “Infortunés, que faites-vous ici ? Fuis au bout du monde, fuis ta maison, la circulaire enceinte de la ville et ses hautes crêtes ! Plus rien ne subsiste, ni la tête, ni le corps, rien de ses extrémités, pieds ou mains, rien du milieu non plus, tout est désolé, l’incendie fait rage, et le féroce Arès pousse son char syrien ; tes remparts ne périront pas seuls, il en ruinera bien d’autres aussi ; à la flamme furieuse il livrera bien des temples, où les images des immortels se dressent aujourd’hui couvertes de sueur, tremblante d’effroi, et du haut des toits ruisselle un sang noir, présage du désastre fatal. Allons quittez mon sanctuaire, élevez votre courage plus haut que vos malheurs“. C’est de là que vient le mot « médiser », qui signifie être favorable aux Mèdes.

    C/ …Mais qui arrive à résister

    Suite au premier oracle désastreux pour Athènes, Thémistocle arrive à en obtenir un second qui est bien plus favorable à la résistance : “Non, Pallas ne peut fléchir Zeus l’Olympien, malgré bien des prières et des sages conseils, mais je vais de nouveau t’annoncer ma décision : elle est d’un acier invincible, quand l’ennemi tiendra tout ce qu’enferment les frontières de Cécrops et les antres de Cithéron divin, alors à Tritogénie Zeus à la voix immense accorde une muraille de bois pour te protéger, toi et tes enfants, défense unique, inexpugnable, et toi n’attends pas les cavaliers, n’attends pas les hordes qui viendront du continent, ne reste pas en repos : tourne le dos, retire-toi. Il viendra encore le jour où tu feras face. Mais par toi, ô divine Salamine, les femmes verront périr leurs enfants, à l’heure où Déméter sème, où bien à l’heure où elle récolte.” Thémistocle arrive à convaincre que cette muraille de bois correspond aux navires de guerres athéniens qui ont été construit avec l’argent des mines du Laurion au Sud d’Athènes. Ainsi rassurer, l’alliance va établir un double verrou aux Thermopyles et au cap d’Artémision au Nord de l’Eubée. Vous savez tous ce qui s’est passé aux Thermopyles où Léonidas et 300 spartiates ont réussi à retenir assez longtemps les Perses pour permettre au reste de l’armée grecque et de la flotte de se replier.

    http://image.noelshack.com/fichiers/2017/11/1489592804-10.jpg

    Avec la chute de ce lieu stratégique, la plupart des cités qui se trouvaient entre ce point et l’isthme de Corinthe se rangèrent du côté des perses sauf les Phocidiens, les Platéens et les Thespiens. Les Athéniens ne pouvant protéger leur cité vont l’abandonner et se réfugier sur l’île de Salamine. Les Perses vont incendier la ville comme les athéniens et les ioniens l’avaient fait avec la ville de Sartes des années plus tôt. Alors que les les grecs du Péloponnèse ne voulait plus combattre au Nord de l’Isthme, Thémistocle voulait quand à lui mener une bataille navale dans les eaux de l’Attique. Il arriva à faire triompher son point de vue grâce à du chantage. Soit les autres venaient combattre avec lui, soit la flotte athénienne qui représentait la moitié de la flotte grecque partait à l’Ouest. Grâce à une ruse, il fit propager l’idée qu’une partie de la flotte allait fuir ce qui force la flotte perse à entrer dans la baie de Salamine, un endroit resserré où le nombre va jouer contre les Perses, ces derniers ne pouvant manœuvrer. La moitié de la flotte perse est coulé et le reste est obligé de se retirer vers ses bases à l’Est.
    Alors que son armée sur terre est toujours aussi puissante, la domination grecque sur mer fait craindre à Xerxès une attaque contre le pont de navires dur l’Hellespont. Il va donc quitter la Grèce et donner le commandement à Mardonios qui avait déjà mener l’expédition perse en 492. La fin de l’année et le début de la mauvaise saison va faire que l’armée perse se replie en Thessalie et stopper les combats. L’année suivant en 479, les alliés grecques décident de marcher sur Mardonios et c’est le neveu de Léonidas, Pausanias qui en prend le commandement de toute l’armée grecque soit 110.000 hommes dont 60.000 hoplites. La bataille a lieu a Platées où Mardonios qui combat en première ligne va trouver la mort ce qui va déclencher la fuite des forces perses. Les pertes auraient de 10.000 perse, 1000 grecs médisants contre 1500 chez les alliés. Il n’y a plus d’armées perses en Europe.

    Conclusion :

    Mais ce n’est pas la fin des combats entre Grecs et Perses, en effet, les grecs vont contre-attaquer et achever la victoire avec la bataille du Cap Mycale où la flotte perse qui avait pourtant été tirée sur terre est brûlée. Dans le même temps, de nombreuses cités se rebellent contre les Perses. Voulant détruire le pont de navires de l’Hellespont, les alliés voient que ce dernier a déjà été démentelé par les Perses qui se sont réfugiés dans la cité de Sestos. Les Athéniens vont en faire le siège, la prendre puis ramené les chaînes du Pont à Athènes avant de les placer à Delphes. On a pu donc voir que les guerres médiques ont commencé du fait d’une simple révolte dans une partie de l’Asie mineure et que pour régler le problème, les Perses vont chercher à contrôler la mer Égée et ses pourtours. Mais par deux fois ils échoueront d’y arriver complètement même si selon certains aspects ces expéditions sont victorieuses, lors de la première ils ont réussi à asseoir leur domination sur la mer Égée et dans la seconde, ils ont réussi à brûler Athènes, tuer un roi spartiate et réduit en esclavage ceux qui n’avaient pas fuit. Et la menace perse planera encore longtemps sur la Grèce jusqu’à ce qu’un jeune roi macédonien parvint, dans une incroyable épopée, à conquérir tout l’Empire perse.

    Bibliographie :

    -Anne Jacquemin, La Grèce classique, 2016
    -Marie-François BASLEZ, Histoire politique du monde grec, 2015
    -Peter Green, Les guerres médiques, 2008
    -Edouard WILL, Le monde grec et l’Orient, 1972
    -Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_m%C3%A9diques

  • Admin bbPress
    Posts6302
    Member since: 5 août 2017

    Salut Natsu! Je commence la lecture de ton dossier. Je voulais simplement savoir si tu comptais y ajouter quelques images afin de rendre le tout conforme pour la Table des Matières?

    PS : je n’en suis qu’à quelques mots, mais je tiens simplement à dire que le nom de Guerre Médique me semble légitime car comme mentionné, les Grecs appelaient les Perses les Mèdes jusqu’à très tard. Ce phénomène d’appellation erroné me rappel d’ailleurs un peu les Français qui ont longtemps appeler les Allemands, les Prussiens après leur unification 😉

    PS II : hehe, ok je vois que tu as déjà intégré les images ^^

    La guerre a été écrite dans le SANG...
    Pour le reste, il y a le FORUM DE LA GUERRE!!!

  • Participant
    Posts1100
    Member since: 12 avril 2012

    Certes, mais on est quand même 2500ans après, on pourrait enfin corriger ça non? 😉

    Et pour les images, tu a seulement lu le sujet avant que je les intègre. J’aime utiliser la fonction éditer^^

  • Participant
    Posts161
    Member since: 12 février 2016

    *Martèle le bouton remercier*

    Bravo, c’est un très beau dossier que tu nous as fait là ! Tout y est bien décrit et bien résumé.

    Je trouve quelque peu dommage qu’il n’y est pas plus de précision sur la bataille de Marathon ou sur les actions de Thémistocle, ou qu’on parle encore de ces spartiates par Athéna que j’en ai marre d’eux et de leurs… Mais je chipote, c’est un très bon dossier sur la plus passionnante des périodes. (Pour moi biensur ^^).

    Continue comme ça !

  • Modérateur
    Posts197
    Member since: 12 septembre 2015

    Du super bon boulot, très bien synthétisé, encore bravo ;). Les ouvrages cités dans ta bibliographie sont vraiment excellents. Le manuel de Marie-François Baslez reste d’après moi le meilleur ouvrage pour apprendre facilement l’histoire grecque. J’ai trois remarques pas bien méchantes à faire sur ton dossier.

    Les Athéniens vont alors tergiverser pendant plusieurs jours, se demandant si il ne vaut pas mieux attendre les Spartiates qui sont en pleine fête religieuse et ne peuvent donc pas venir de suite
    Je veux bien croire que les Spartiates étaient en pleine fête religieuse, mais ce n’est pas l’argument principal qui fait qu’il ne peuvent pas venir. Les Lacédémoniens ont fait preuve de mauvaise fois. Selon moi la véritable raison est la suivante : “on s’en bas un peu les steaks”. Premièrement, parce que Sparte n’éprouve pas de grande sympathie envers les Athéniens. Deuxièmement, les Spartiates n’ont pas voulu intervenir puisque ils pensaient (un peu naïvement car c’est la première expédition perse et aussi par orgueil), que l’armée Perse ne représentait pas une réelle menace, en tout cas pour le Péloponnèse. Leur réaction aurait probablement été différente si les Perses avaient débarqué au Sud de la Grèce ou franchi l’isthme de Corinthe. Cela montre que le panhellénisme entre cités grecques étaient extrêmement limité en 390 avant JC et même dix ans plus tard mais ça tu l’a très bien expliqué.

    Miltiade qui avait déjà affronté les perses connaissaient leurs défauts
    Petites précisions qui serviront de bas de page à ton dossier : Miltiade, tyran en Chersonèse (Thrace), connaissait bien les Perses puisqu’il aida l’armée de Darius en 513 lors de l’expédition contre les Scythes. Mais en 492, il abandonne la Chersonnèse et rejoint les Athéniens, puis réussi à convaincre ces derniers d’être stratège lors de l’expédition de Marathon, même si son passé de tyran fut mal accepté par les Alcméonides, la famille qui avait justement renversé la tyrannie à Athènes.

    Et la menace perse planera encore longtemps sur la Grèce jusqu’à ce qu’un jeune roi macédonien parvint, dans une incroyable épopée, à conquérir tout l’Empire perse.”
    Ton ouverture sur Alexandre est pertinente, même si l’empire Perse à cette époque n’est plus véritablement une menace : il sert d’allié à Sparte durant la guerre du Péloponnèse et subit certaines révoltes et guerres fratricides. Citons ici le conflit qui opposa Cyrus et Artaxersès en 401. De plus, les Perses ne remirent jamais les pieds en Grèce. La situation s’est inversée : les Grecs tentèrent des expéditions militaires en Asie mineure. Néanmoins vaincre les Perses supposait l’union des cités grecques, comme nous l’ont montrées les guerres médiques. Philippe et Alexandre avaient bien compris cela.

  • Participant
    Posts1100
    Member since: 12 avril 2012

    Je trouve quelque peu dommage qu’il n’y est pas plus de précision sur la bataille de Marathon ou sur les actions de Thémistocle, ou qu’on parle encore de ces spartiates par Athéna que j’en ai marre d’eux et de leurs… Mais je chipote, c’est un très bon dossier sur la plus passionnante des périodes. (Pour moi biensur ^^).

    En fait, c’est un exposé que j’ai présenté avant-hier. Du coup, j’ai un temps imposé qui m’a forcé à faire des accélérations sur certains évènements surtout les batailles. Je ne pouvai que les évoquer sans les décrire si je voulais respecter le temps et faire la présentation de toute cette période.

    Merci Aléxandros pour ces précisions sur des faits que j’ai rapidement survolé sans entrer dans le détail. Ca complète bien ce que j’ai écrit.

6 sujets de 1 à 6 (sur un total de 6)

You must be logged in to reply to this topic.

A password will be emailed to you.