Post has published by gytz

Ce sujet a 20 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  skyros, il y a 1 an et 10 mois.

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    Le mercantilisme :
    http://i40.tinypic.com/igg7cm.jpg

    I.Introduction :

    Avant de parler de mercantilisme, il serait important de le définir. Le mercantilisme est le digne ancêtre du capitalisme, et les deux ont beaucoup de points communs, qu’il est important de trancher. Le mercantilisme encourage la richesse d’un état par l’abondance de métaux précieux et de monnaie, alors que le capitalisme, très influencé par la pensée smithienne, pense que la richesse réside dans les marchandises créatrices d’argent. Le système mercantile a aussi promu une exportation de l’Europe dans le monde, mais est-ce vrai ? Comment fonctionnait-il ? Comment est-il tombé ? Nous parlerons ici de ce système qui a même influencé les arts! !

    II.De la théorie mercantile :

    http://a141.idata.over-blog.com/3/45/14/50/articles-ml/sta-maria-belen/caravelle2.jpg

    Le mercantilisme en tant que système étatique se base sur l’importante entrée de monnaie et de métaux précieux dans le pays par le commerce extérieur. En effet, la plupart des mercantilistes préconisent l’abondance de métaux précieux, signifiant celle-ci comme l’unique signe de richesse. Pour arriver à ce stade, plusieurs moyens étaient employés, mais le plus utilisé était le protectionnisme. Mais pourquoi forcément l’or ? Parce que l’or est universellement admis comme une monnaie. Adam Smith prendra comme exemple pour démontrer la pensée mercantile la lettre de change. En effet, cette dernière a pendant une grande partie du moyen âge permit de passer d’une monnaie à une autre selon les villes, entrainant des taux de changes haut selon les villes et banquiers concernés. Mais, dès le XVème siècle, les premiers mercantilistes dénoncent le système de change de par son onérosité, et privilégient l’or en tant que monnaie universelle, car celle-ci n’est soumise à aucun change.

    Par cette théorie qui dominera en grande partie le monde, on utilisera le système de balance commerciale. La balance de commerce sert de fer de lance à la théorie préconisant d’exporter plus que d’importer pour recevoir un excédent commercial, et ce dernier se compose de métaux précieux bien entendu. Par conséquent, les états mercantiles tenteront l’autosuffisance et de minimiser les importations, et créeront et augmenteront au fur et à mesure des taxes douanières et des impôts sur la production de façon à exporter toute cet « excédent » vers des pays favorables à la balance commerciale. Bien entendu, l’or sera prohibé à l’exportation ce que Adam Smith critiquera plus tard (Voir le chapitre 5). Mais les exportations restent régies par l’état qui prohibera tel ou tel exportations vers un autre pays voisin. De cette façon, les grandes puissances commerciales (soit le Portugal, la France, l’Angleterre, La Hollande et l’Espagne) s’interdiront l’exportation ou l’importation de telle ou telle denrées de tel pays pour éviter d’enrichir une autre puissance ou fléchir face à une autre puissance.

    Et c’est dans ce contexte que, dès le milieu du XVIème, apparaissent les premières mesures protectionnistes. Elles se construisent autour de compagnies commerciales (voir Chapitre 3) et de chartes commerciales. De ce fait, l’état est un agent commercial actif et majeur du commerce. Dès le règne de Louis XIV en France, le protectionnisme débute son apogée qui s’achèvera à la mort du monarque. Il consistait en beaucoup de chartes accordées et une importance main mise sur les compagnies commerciales. Mais dès 1700 apparait le conseil de commerce, composé de marchands de grandes villes et de députés royaux qui devaient conseiller le ministre des finances. Bien que le conseil n’était pas très puissant et s’alignait avec les traditions mercantilistes malgré sa nature proto-libérale, le protectionnisme pris un grand coup en son sein. C’est le début de son déclin, très long, en France, principale actrice de la doctrine.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/76/Colbert1666.jpg/260px-Colbert1666.jpg
    Colbert, grand acteur du protectionnisme français

    Par ailleurs, les façons d’observer le mercantilisme diffèrent selon les pays. De cette façon, les bullionistes (école mercantile dominante en péninsule ibérique), préconisait la production brut de ces métaux, sans pour autant prohiber énormément d’exportations ; tandis que le colbertisme, apogée du protectionnisme, préconisait de faire de l’état l’agent le plus important du commerce extérieur ; les commercialistes Hollandais et Anglais avaient une politique plus offensive visant à inonder les marchés externes de leur produits ; puis le caméralisme préconisant une prospérité dans production.

    Le mercantilisme est une guerre économique.

    Mais ce fut la découverte de l’Amérique et la conquête des indes qui lancera vraiment le système. Et nous allons le voir très vite.

    III.De la vision, de la gestion et de l’importance de la colonie

    http://nsm01.casimages.com/img/2008/02/17/080217090820181071731053.jpgColons débarquant au nouveau monde

    La colonisation de l’Amérique sera un important facteur mercantile. Déjà au début du XV ème siècle, les états commerciaux italiens fondent des colonies et des comptoirs dans le bassin méditerranéen. Cette installation et les bons rapports des doges avec la plupart des états avec qui ils commerçaient, ont poussé les états européens à chercher de nouvelles terres et de nouveaux marchés. Et c’est le fantasme indien qui perdurait : On cherchait des endroits pour produire et vendre des matières premières, et l’inde était depuis Marco Polo considérée comme un fantasme. Tellement que par accident, Christophe Colomb tombe sur le continent Américain en cherchant une route des indes, et en, 1496 Vasco de Gama achève son premier voyage vers les indes.

    https://www.herodote.net/Cartes/1492.jpg
    Les grandes explorations sont en effet des recherches de nouveau marchés.

    Ce sont les deux territoires qui serviront au mercantilisme européen, tellement que deux visions de la colonie apparaitront :
    • La colonie en tant qu’établissement durable et territorial
    • La colonie-comptoir en tant que passerelle commerciale et productrice artisanale
    Nous allons tout d’abord parler de la colonie en tant qu’établissement durable. C’était la vision la plus répandue. Elle s’inspirait de la colonie romaine. C’était les principales instances de productions au profit du commerce.

    Les premiers à se partager le gâteau furent les portugais et les espagnols qui trouvèrent de grandes mines d’or. Se basant sur la théorie bullioniste, ce fut une grande opportunité, et ils en tirèrent le gros de leur richesse, malgré l’existence de plantations de café et de fruits exotiques, qui furent plus mineurs dans leur constitution commerciale. Ensuite, ce sont les Hollandais, les Anglais et Les français qui se lancèrent sur l’Amérique. Ces derniers occupèrent les îles à sucre des Antilles et les ressources de coton, de Castor en ces régions.
    Afin de gérer et produire dans ces colonies, on a d’abord affecté des esclaves africains déportés à la production, sous la tutelle de propriétaires blancs (soit particuliers dans les états commercialistes, soit sous tutelle de l’état en France). Puis, vers le courant du XVIIème siècle ont été envoyé des familles européennes afin de peupler les colonies, ce qui fut considéré comme une baisse démographique en Europe, ce que l’on tentera de pallier en favorisant l’augmentation démographique.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b0/Nouvelle-France_map-en.svg/350px-Nouvelle-France_map-en.svg.png

    Pour gérer vis-à-vis de la métropole économiquement, on tentera deux systèmes : Le système de compagnie commerciale et celui de commerce libre. Les compagnies commerciales seront très populaires en France et serviront d’intermédiaires entre l’état et la colonie. Le colons achètera et vendra des produits à la compagnie commerciale. Les commercialistes, choyé par Adam Smith, seront plus apte à laisser les colonies plus autonomes économiquement. L’état colonial sera bien mercantiliste favorisant la métropole, mais pourra exporter et importer comme bon lui semble vers divers pays. L’inconvénient que l’on verra à la compagnie commerciale française est que le protectionnisme colbertiste mènera à la perte, par ses restrictions fortes, à la fin de la production de castor par exemple, et même le conseil de commerce ne pourra rien contre cela.

    Nous allons maintenant aborder le système de colonies-comptoirs. Sur le modèle des vénitiens, les états d’Europe de l’ouest créeront des comptoirs en Inde et en Asie. Il serait peu rentable de créer des domaines coloniaux vastes étant donné qu’avant le milieu du 18ème siècle, on a plutôt privilégié des relations pacifiques et commerciales. De cette façon, les portugais fondent Goa en 1482, puis plus tard les français fondent Pondichéry en 1672. L’avantage de ces comptoirs permet l’essor de la production artisanale, comme les soieries, et de l’agriculture régionale, les épices. Ce qui en fait d’intéressantes régions pour les différents états européens.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/6d/Comptoirsinde.png/350px-Comptoirsinde.png

    IV.Comparaisons entre deux puissances mercantiles : La France et l’Angleterre.

    On va maintenant étudier le cas de deux puissances mercantiles, soit la France et l’Angleterre. Les états anglais et français étaient assez importants en Amérique du Nord, et leurs méthodes de commerce entre colonies différaient. Comme vu plus tôt, les Anglais privilégiait une autonomie commerciale des colonies et la France une importante relation avec la métropole, et par ces systèmes, chaque secteur était plus productif et plus rentable selon les puissances. La France avait une importante part dans le commerce du sucre, du cacao, du coton, et de l’agriculture en général, ce qui confirme l’affirmation de Montchrestien déclarant que « la France est un pays trop rural » dans la plupart des secteurs où il était majeur. Parce que oui, dans le cadre de l’industrie, c’est l’Angleterre qui surpasse la France, elle est moins rurale et est première dans le cadre de la proto-industrie, puis dans l’industrie. Le commerce interne anglais est plus développé, car moins protectionniste que la France. En effet, bien que la France diminue ses motions protectionnistes vers le milieu du XVIIIème siècle, elle aura accumulé un retard conséquent à partir de la fin du XVIIème siècle, retardant par conséquent son industrialisation. Bien que sa proto-industrie fût bien développée, les mesures protectionnistes écrasaient beaucoup trop le commerce interne pour arriver à une industrialisation du pays. Et c’est par ce retard en partie que l’Angleterre vaincra la France sur les mers, et commercialement après la guerre de 7 ans.

    http://www.afrenchperspective.com/wp-content/uploads/2014/04/image-3.jpg
    La rivalité franco-anglaise est grande, et perdurera

    V.Les premières critiques et réformes d’un système

    C’est vers 1700 que l’on commencera à réformer les idées mercantilistes, protectionnistes, puis finalement à critiquer ce système. En effet, en 1700 sors le livre de Vauban, « la dîme royale ». Dans ce livre, Vauban redistribue les impôts et rééquilibres les impôts. S’inspirant des grandes lignes de la physiocratie, il déclare que la masse productive doit être allégée d’impôt, pour produire plus et développer le commerce interne. Il ajoute aussi que pour compenser il est important de taxer les aristocrates et les plus riches en général, et de créer une sorte d’impôt sur le patrimoine, et tout cela se présenterais sous un impôt mouvant. Son livre est interdit par le roi en 1700.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/Sebastien_le_Prestre_de_Vauban.png/250px-Sebastien_le_Prestre_de_Vauban.png
    Vauban, écrivain de la dîme royale et d’autres grands livres

    Cette même année, est créé le conseil de commerce en France, qui diminue légèrement les lois protectionnistes. Composé de 12 représentants des douze villes commerciales, et de représentants royaux. Bien que cela reste un changement mineur, c’est tout de même un grand pas dans l’évolution de la situation en France. Enfin en 1776, parait le livre D’Adam Smith : « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations ». Dans son Livre IV, il critique sévèrement les mesures protectionnistes de la France et la théorie dites « populaire » que l’argent fait la richesse. Il est arrivé à argumenter et prouver que l’or est une marchandise dorée comme les autres, et qu’elle mérite le même traitement que les autres. Et c’est dans un contexte de révolution industrielle que commence à décliner le système, tout doucement, jusqu’à l’avènement du capitalisme, dont Adam Smith est l’un des premier représentants.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/43/Adam_Smith_The_Muir_portrait.jpg
    Adam smith, l’un des premiers capitalistes libéraux!

    VI.Conclusion

    Ainsi s’achève un règne long de 3 siècles. Ce fut un règne qui domina la pensée européenne, exporta l’europe à travers le monde, étendra son influence de la chine aux 13 colonies, sera l’apogée de la quête de l’or. Ce fut le digne précurseur du capitalisme. Encore de nos jours, certains parlent de néomercantilisme, mais le capitalisme demeure, tombera-t-il un jour ? Nous ne le savons pas.

    https://renaissanceflorence1499.files.wordpress.com/2013/04/money-beauty-renaissance-florence.jpg

    VII.Bibliographie

    Adam Smith, recherches sur la nature et les cause de la richesse des nations, Livre IV, chapitres 1 à 8, 1776

    Antoine de Montchrestien, Traité de l’économie politique, 1615 [compte rendu par Favier réné]

    Le Colbertisme (Cornelius J. JAENEN), 1964, extraits

    Vauban, La dîme royale, 1700

    H.Hauser À propos du mercantilisme , 1932

    Clément Alain. Les mercantilistes et la question coloniale aux XVIe et XVIIe siècles. In: Outre-mers, tome 92, n°348-349, 2e semestre 2005. La loi de 1905 et les colonies, sous la direction de Jean-Marc Regnault. pp. 167-202.

    Spooner Frank. Raymond de Roover, Thomas Mun in Italy. In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 14ᵉ année, N. 1, 1959. pp. 179-180.

    Schaeper Thomas J. Colonial trade policies late in the reign of Louis XIV. In: Revue française d’histoire d’outre-mer, tome 67, n°248-249, 3e et 4e trimestres 1980. pp. 203-215.

    Thiveaud Jean-Marie. Le mercantilisme au XVIIe siècle : Les banques et les billets de monnaie sous la Régence. In: Revue d’économie financière, n°50, 1998. Le devenir des banques d’affaires ? , sous la direction de Bernard Esambert et Thierry Sessin. pp. 29-53.

    Martinet Marie-Madeleine. L’or et l’argent dans l’art au XVIIe et au XVIIIe siècles en Angleterre : couleurs, lumières, valeurs.. In: Argent et valeurs dans le monde anglo-américain aux XVIIe et XVIIIe siècles. Actes du Colloque – Société d’études anglo-américaines des 17e et 18e siècles, 1980. pp. 61-74.

    Carrive Paulette. Mandeville, le mercantilisme et le capitalisme.. In: Argent et valeurs dans le monde anglo-américain aux XVIIe et XVIIIe siècles. Actes du Colloque – Société d’études anglo-américaines des 17e et 18e siècles, 1980. pp. 114-134;

    Version des sources en lignes :
    http://classiques.uqac.ca/classiques/Smith_adam/richesse_des_nations_extraits/richesse_nations_extraits.pdf
    http://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_2001_num_20_1_2257_t1_0128_0000_4
    http://pise.info/eco/dossiers/dossier2.pdf
    http://www.edubourse.com/lexique/commercialisme.php
    http://echo.auxerre.free.fr/dossier_telechargement/Vauban/La%20dixme%20royale.pdf
    http://www.persee.fr/doc/ahess_0003-441x_1932_num_4_15_1537
    http://www.persee.fr/doc/outre_1631-0438_2005_num_92_348_4168?q=+England%27s+Treasure+by+Forraign+Trade
    http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1959_num_14_1_2809_t1_0179_0000_2?q=+England%27s+Treasure+by+Forraign+Trade
    http://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1980_num_67_248_2258
    http://www.persee.fr/doc/ecofi_0987-3368_1998_num_50_6_3348
    http://www.persee.fr/doc/xvii_0294-1953_1980_act_11_1_2167
    http://www.persee.fr/docAsPDF/xvii_0294-1953_1980_act_11_1_2170
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Physiocratie

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    N’hésitez pas à commenter le dossier, ou à poser des questions!

  • Participant
    Posts949
    Member since: 6 novembre 2015

    Merci pour ce dossier. Je mourrai moins bête 🙂

    Tu parles de neomercantilisme dans ta conclusion. La relation entre le neomercantilisme et le mercantilisme est elle la meme que celle entre le neonazisme ou le neocommunisme et leur mouvance initiale ?

    Allez bye Fanta !

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    @galaad j’ai essayé d’avoir une vision plus objective du mercantilisme et de façon macro. Mais la thésaurisation et ses conséquences auraient vraiment pu être abordée, mais je n’y avais pas trop pensé dans mon plan X) ensuite, j’ai vraiment foiré ma conclusion, car j’ai essayé une nouvelle façon de rédiger en laissant l’introduction et la conclusion à la fin, et ça m’a un peu troublé. Je ferais mieux la prochaine fois.

    @noble 7 heureux de t’avoir aidé! En fait le mercantilisme est une guerre économique entre état, et sur le modèle de la mondialisation on en reparle et certains trouvent ce système d’actualité. On a pas encore de néoprotectionniste à l’ordre du jour mais le néo mercantilisme préconise à nouveau l’état commercial.

  • Participant
    Posts523
    Member since: 2 septembre 2012

    Intéressant sujet, qui au final, peut servir de point de départ pour aborder les éléments que Galaad mentionne (pourquoi pas se baser sur ce dossier pour continuer ?! :cheer: ). J’aime bien ce genre de sujet qui permet de décrire les concepts souvent manipulés et pourtant, si souvent mal connu !

    Sinon, rédiger ton introduction et conclusion à la fin, est un principe souvent énoncé dans le monde scientifique universitaire, ce qui permet d’être cohérent dans sa structure : la conclusion doit toujours être liée/répondre à ton introduction. Par exemple, tu écris une ébauche d’introduction au début et puis, tu la retravailles après le corps du texte car il y aura toujours des modifications à y faire et tu y réponds avec ta conclusion. Cette dernière doit ainsi contenir toutes les réponses aux questions de l’introduction, avec aussi les ouvertures vers d’autres choses potentiellement en plus. Quoiqu’il en soit écrire des textes historiques ou scientifiques est un art qui se pratique et se développe ! 😛

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Heureux que cela t’ai plu! 1 mois et demi de travaux non-vains! Après oui, c’est vraiment du boulot la conclusion, mais bon! Je ferais mieux à mon prochain dossier!

    Et en effet! je suis d’accord avec toi, ça pourrait devenir un dossier-débat!

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    Merci pour ton dossier gytz, très intéressant ! @galaad, je trouve tes remarques pertinentes mais très complexes à saisir quand on ne sait absolument pas de quoi tu parles (c’est en partie mon cas). La critique est constructive, pourrais-tu lui donner une suite en développant les idées/pistes à la suite de l’exposé de gytz ?

    Quant à moi, sans rien enlever à l’importance du travail réalisé, j’aimerais apporter ma pierre à l’édifice et clarifier certains points 🙂 Extrait de mon cours :

    “Commençons par la pensée mercantiliste, dominante du 16ème au 18ème siècle (Antoine de Montchrestien : « le bonheur des hommes consistent en la possession de richesse », début du 17ème siècle). Il s’agit d’un courant certes précurseur de l’Economie moderne, mais nullement d’une école idéologique unifiée puisque de nombreuses variantes se développèrent en fonction des pays. Ainsi les mercantilistes espagnols s’interrogeaient sur le déclin de la puissance ibérique, la dépopulation du pays (en fait une simple illusion due aux migrations internes vers les villes du Sud), le « déficit commercial » (manque d’artisanat donc sortie de métaux précieux). Les mercantilistes britanniques étaient quant à eux beaucoup plus centrés sur le commerce maritime, les français et allemands sur la production manufacturière etc.

    Nous étudierons ici les analogies entre ces différents mercantilismes :

    L’enrichissement est la fin (au sens de but) de la vie sociale : l’approche mercantiliste au 16ème siècle sécularise la pensée économique, autrefois abordée sous un angle moral et religieux. Les mercantilistes se préoccupent principalement de l’enrichissement des marchands et des manufacturiers en partant de la puissance de l’Etat, dont les intérêts sont selon eux convergents puisque la puissance économique d’un pays dépend en partie de sa direction politique, et inversement. Issus majoritairement de milieux marchands, de la fonction publique ou encore des centres de savoir (universités), ils conseillent le Roi via des traités qu’ils publient à son intention.

    Les mercantilistes sont populationnistes, c’est-à-dire favorables à la croissance démographique qu’ils considèrent bénéfique à l’Economie. Jean Bodin expliquait dès le 16ème siècle qu’« il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens. Il n’y a de richesses ni force que d’hommes ». En effet l’augmentation de la population accroit la force de travail et entraine le développement de l’industrie, du commerce et in fine la hausse des exportations. Réciproquement, le développement des activités économiques fournit des emplois à plus d’hommes et renforce la richesse et la puissance de l’Etat. Par ailleurs, une augmentation de la population permet de maintenir le niveau des salaires bas et ainsi de limiter les coûts de production et d’offrir toujours de l’emploi (ainsi W. Petty préconise de maintenir les prix du blé élevés lors de grandes moissons).

    Le commerce international permet la rentrée de métaux précieux considérés alors comme l’essence de la richesse. Dans la première moitié du 16ème siècle, les mercantilistes affirmaient par exemple que la domination espagnole était due à l’or et l’argent des colonies du Nouveau Monde. De fait, on accuse souvent les mercantilistes de confondre monnaie et richesse (vision simpliste), ce que Mark Blaug explique par le contexte et un vocabulaire économique encore restreint. Cette volonté d’attirer les métaux précieux découle de l’idée que l’abondance de monnaie facilite l’investissement, les emprunts, la réalisation de profits et grandit la puissance de l’Etat (via augmentation des impôts en cas de dépenses exceptionnelles, lors d’une guerre par exemple). Certains comme Jean Bodin perçoivent même déjà l’effet pervers d’une excessive quantité de monnaie en circulation : en 1568, il décèle une corrélation positive entre abondance de métaux précieux et hausse du niveau des prix (prémisse de la théorie quantitative de la monnaie et de l’égalité de Fisher). L’Europe étant relativement pauvre en mines d’or et d’argent, les mercantilistes préconisent le développement du commerce en vue d’obtenir un « excédent commercial » : Thomas Mun (dirigeant de l’East India Company), affirmait en 1664 que les exportations devraient toujours être supérieures aux importations.

    Les mercantilistes sont donc protectionnistes : ils sont favorables à la taxation des importations pour en diminuer le volume ainsi qu’à la stimulation des exportations via le développement de débouchés (conquêtes coloniales), la création de manufactures d’Etat (non-concurrentes du secteur privé car leur production doit se substituer aux importations d’après de Montchrestien), la restriction des exportations de ressources brutes (consommations intermédiaires réservées à la production nationale).

    Plus concrètement, le « Colbertisme » est une tentative de mise en application des préceptes mercantilistes. Contrôleur général des Finances de Louis XIV de 1665 à 1683, J-B Colbert est à l’origine du renforcement des lois anti-émigration (car inquiet de l’insuffisance du taux de natalité en France), de la réduction du nombre de jours chaumés, de la création d’ateliers pour les pauvres (afin d’accroitre la force de travail) et de Compagnies commerciales, de l’augmentation des mesures protectionnistes. Son bilan est médiocre : les Compagnies françaises ne concurrencent pas leurs homologues anglaise et hollandaise et subissent même des mesures de rétorsion, l’agriculture est délaissée et les détenteurs de capitaux ne s’investissent pas assez dans l’activité économique (prêts directs au Roi ou achat d’actions publiques).”

    C’est simplement un complément, beaucoup des points développés ici le sont déjà (et mieux) dans l’exposé de gytz. J’ai également des notes sur les physiocrates (mentionnés à la fin) si cela intéresse quelqu’un…

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Merci pour ton post Alexander! Je serais vraiment intéressé au sujet de la physiocratie! En lisant Vauban j’avais jeté un coup d’oeil au concept via un article Wikipedia (c’était pas le besoin le plus important de mon dossier, étant donné que c’est un courant de pensée du système mercantile), mais j’avoue ne pas en avoir compris beaucoup, mise à part que les physiocrates divisait la société en 3:

    • la classe agricole, la classe productive
    • Le classe commerciale (industriels et marchands), qualifiée de classe stérile, je les prends plus comme des intermédiaire personnellement
    • La classe des propriétaires (j’y ai pas pigé grand chose à celle-là)

    Alors oui, en effet! Ce serait avec plaisir de mieux comprendre la physiocratie, qui reste très floue encore dans ma tête…..

  • Participant
    Posts275
    Member since: 12 mai 2015

    D’accord je poste ça, en revanche les physiocrates ne font absolument pas partie du “système mercantile” (à moins que je n’ai pas saisi ton message), ils s’y opposent même en souhaitant la réduction voire la disparition du rôle de l’Etat dans l’Economie, et ce sont d’eux qui inspireront A. Smith et les futurs Classiques !

    Voici un autre extrait de mon cours :

    “A. Smith voyagea en France dans les années 1760 et rencontra Quesnay et ses disciples. Bien que critique de la pensée physiocrate il lui accorde quelques mérites, notamment l’idée que la richesse est issue de la production de biens et que la liberté économique favorise le développement des activités. Quesnay est le premier à offrir une représentation globale de l’Economie avec une vision en termes de circuits (les dépenses des uns sont les revenus des autres) développée dès 1758 et la première publication de son « tableau économique ». Il s’agit en réalité de la première tentative de modélisation de l’Economie ainsi que l’expression de la première véritable école de pensée économique car les physiocrates souhaitent fonder une science capable d’étudier les lois naturelles de l’Economie (visée scientifique, Quesnay est médecin).

    La physiocratie repose sur le postulat que l’argent et les marchandises circulent entre 3 grandes classes sociales (définies par leur fonction économique) qui assurent le fonctionnement de l’Economie :

    – 1) Les agriculteurs : classe productive par excellence, elle-seule est à l’origine de la création de richesses en exploitant la terre.

    – 2) Les propriétaires fonciers (Clergé, souverains, nobles) : ils font circuler la richesse car ils utilisent la rente qu’ils perçoivent (en échange de l’exploitation de leurs terres) pour acheter des biens alimentaires aux agriculteurs ou des beisn et services produits par la classe 3.

    – 3) les artisans, commerçants, manufacturiers : classe jugée stérile par les physiocrates car elle ne fait que transformer la production et la richesse de la classe 1. Attention, elle n’est pas inutile puiqu’elle produit des biens et services nécessaires aux classes 1 et 2 !

    Quesnay imagine même un schéma explicatif reposant sur des données inventées pour illuster son raisonnement. Gilles Dostaler en conclut que « Quesnay a développé certains des concepts fondamentaux de l’analyse économique moderne » (vocabulaire et notions économiques originaux mais ce sont les Classiques qui révolutionneront vraiment la matière). Les physiocrates rompent donc avec la pensée mercantiliste et le Colbertisme puiqu’ils donnent la priorité à l’agriculture sur le commerce et l’industrie (qu’ils dénigrent presque, ratant de fait ce qui sera à l’origine de la Révolution Industrielle) et introduisent plus de libertés dans la gestion des affaires économiques (moins de contrôle de l’Etat).”

    Voilà pour les physiocrates, je pourrais continuer avec A. Smith et les Classiques mais on s’écarterait beaucoup trop du sujet.

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Merci beaucoup ! En effet, je m’étais complètement perdu avec tout ça! C’est franchement intéressant !

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    J’ai une question simple, peut-être un peu bête:

    Le commerce interne anglais est plus développé, car moins protectionniste que la France.

    Comment le protectionnisme peut-il diminuer le commerce interne? Il diminue au contraire le commerce avec l’extérieur, en taxant les importations. Du coup on “achète national” et donc le commerce interne augmente (plus de produits fabriqués et vendus dans le pays plutôt qu’exportés ou importés)?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    J’ai une question simple, peut-être un peu bête:

    Le commerce interne anglais est plus développé, car moins protectionniste que la France.

    Comment le protectionnisme peut-il diminuer le commerce interne? Il diminue au contraire le commerce avec l’extérieur, en taxant les importations. Du coup on “achète national” et donc le commerce interne augmente (plus de produits fabriqués et vendus dans le pays plutôt qu’exportés ou importés)?

    Le protectionnisme, ne concerne pas forcément que le commerce externe. La France prenait des impôts sur la production énorme (presque 80%!), est avait une main mise presque totale sur le secteur agricole, le plus important a l’époque! Bien-sûr il y aura toujours des foires mais moins opulente que 4 siècle plus tôt! Le seul secteur vraiment libre (et c’est meme un peu excessif) c’était l’artisanat. C’est presque de l’économie planifiée le colbertisme je trouve, mais sans les prévisions et la propriété publique. L’Angleterre était plus libre dans le sens où les impôts sur la production était plus bas, et que le commerce était plus ouvert car offensif (les anglais inondaient les marchés de leurs produits, contre une France adoptant un protectionnisme défensif). Bien entendu les domaines proto-industriels lié au marché interne était plus développés en Angleterre. La France avait aussi une bonne proto industrie mais plus limitée étant donné son caractère d’état. C’est cette politique colbertiste que Vauban tente de transformer avec la dîme royale, en diminuant les impôts sur la prod, et en augmentant les droits de douanes, et en taxant les aristocrates, pour compenser. De cette façon, le revenu est meilleur, et in extenso on retrouve le parcours anglais en interne.

  • Participant
    Posts523
    Member since: 2 septembre 2012

    J’ajouterais que le protectionnisme en limitant l’import, limite la quantité de marchandise sur le marché national, ce qui à son tour limite les échanges et les activités commerciales même internes. Car un pays ne peut pas produire autant à lui seul que l’ensemble de ses partenaires commerciaux réunis. Donc, de ce fait le protectionnisme a un impact négatif même sur l’économie du pays.

    Sinon, peut-on voir dans les choix français et anglais des divergences politiques derrière ? Peut-être plus conservatrice en France puisqu’elle choisit de favoriser l’agriculture au détriment de ce “nouveau” secteur qu’est l’industrie ? Je ne connais pas trop cette époque politique en détail, mais cela ne m’étonnerait pas que les mouvances majoritaires soient plus “libérales” (si l’on peut déjà utiliser ce terme à cette époque ?) d’un côté et que cela aurait influencer les décisions en matière économique.

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    J’ajouterais que le protectionnisme en limitant l’import, limite la quantité de marchandise sur le marché national, ce qui à son tour limite les échanges et les activités commerciales même internes. Car un pays ne peut pas produire autant à lui seul que l’ensemble de ses partenaires commerciaux réunis. Donc, de ce fait le protectionnisme a un impact négatif même sur l’économie du pays.

    Sinon, peut-on voir dans les choix français et anglais des divergences politiques derrière ? Peut-être plus conservatrice en France puisqu’elle choisit de favoriser l’agriculture au détriment de ce “nouveau” secteur qu’est l’industrie ? Je ne connais pas trop cette époque politique en détail, mais cela ne m’étonnerait pas que les mouvances majoritaires soient plus “libérales” (si l’on peut déjà utiliser ce terme à cette époque ?) d’un côté et que cela aurait influencer les décisions en matière économique.

    Je n’en sais Fichtre rien! :cheer: parler de mouvances libérale est assez anachronique par contre avant Smith. Après il est possible que le commercialisme anglais ai un peu influencé la France. En 1740-50 on a un autoritarisme économique interne beaucoup plus bas, bien que les réformes de vauban n’ai pas été instaurées. La France est plus propice à l’industrialisation mais elle prendra un retard considerable dans le processus à cause de Louis XIV qui en plus d’endetter l’état, a ralenti son développement ! Ce que je remarque par contre est que l’absolutisme qui est à son summum sous Louis XIV, se retrouve dans l’économie.

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    @gytz

    je comprends l’idée que les taxes peuvent alourdir le commerce interne, mais dans ce cas ce n’est pas du protectionnisme du marché interne vis à vis de l’externe (puisque comme tu dis Vauban a réduit ces taxes) mais simplement de l’écrasement du travail par l’état.

    @galaad

    Pareil, ton schéma explique l’impact de la taxe.
    Mais dans le cas du protectionnisme, la taxe n’est que douanière et n’impacte pas les produits internes. Du coup, sous le protectionnisme, on réduit l’offre de biens (en enlevant les biens extérieurs) et de ce fait une partie de la demande (par exemple le luxe ou les objets exotiques) ne se rabat pas sur des produits internes (qui ne remplissent pas cette offre, puisque comme ils sont nationaux, ils ne sont pas exotiques). Du coup on a une baisse de l’échange global en quantité, et une demande soit disparue, soit partie dan l’économie parallèle (contrebande). Mais à supposer que Colbert surveille bien les frontières (ce qui n’est pas le cas, pas totalement) même si de l’argent sort par la contrebande, globalement on se retrouve avec de l’argent qui va à x% dans les taxes douanières, (100-x)% dans les produits étrangers, et une demande interne qui augmente un peu vu l’époque.

    Finalement, le commerce interne perd la partie issue des produits externes, mais l’état y gagne des taxes, et quelques nouveautés en terme de production (pour peu que l’époque soit favorable, par exemple sous Napoléon (et le protectionnisme forcé) les produits de substitution fonctionnent bien).

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    @gytz

    je comprends l’idée que les taxes peuvent alourdir le commerce interne, mais dans ce cas ce n’est pas du protectionnisme du marché interne vis à vis de l’externe (puisque comme tu dis Vauban a réduit ces taxes) mais simplement de l’écrasement du travail par l’état.

    Sur le coup, Vauban avait proposé un système, que Louis XIV a rejeté, mais qui ont beaucoup influencé les règnes suivants car il restait très populaires chez les contrôleurs d’impôts. De cette façon, après Louis XIV, Louis XV avait plutôt revu le système (on est d’accord que imposer les riches n’est pas une bonne chose.). Après oui, je me suis un peu mal exprimé, c’est bien un écrasement du travail, mais à but plutôt protectionniste dans sa redistribution.

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Je vais remanier incessamment sous peu la conclusion et l’introduction!

  • Participant
    Posts893
    Member since: 24 février 2015

    Merci beaucoup gytz pour ce bel exposé (et aussi à tous les autres pour les précisions car au début, je me posais les mêmes questions que montgomery) ! 😉

    Si j’ai bien compris, les deux gros défauts du colbertisme sont :
    1-trop de taxes sur l’importation (les grosses taxes ne sont QUE sur l’importation ?)
    2-manque de produits sur le marché dû à l’isolationnisme économique.
    N’y en aurait-il pas d’autres ? Il me semble en avoir oublié…

    Je vous avouerai que c’est assez complexe pour mon mince bagage de SES 2nde mais très intéressant !

    Il me semble que tu devrais tout de même préciser davantage les rapprochements entre mercantilisme et capitalisme, car à part l’inondation des marchés prônée par les anglo-saxons et les hollandais, je n’en vois pas d’autres (sans doute parce que je ne suis pas aussi calé que vous ! 😛 )

    Si j’ai bien compris, les physiocrates (issus de la physiocratie) privilégient l’agriculture et délaissent l’industrie. C’est tout ? Rien d’autre ? Est-ce-que tu as des noms de physiocrates ? Peut-on dire que Pétain était physiocrate du coup ?

    Merci d’avance pour vos éclaircissements nécessaires au lycéen que je suis ! 😉

  • Modérateur
    Posts8423
    Member since: 14 mai 2013

    Je ne connaissais pas ces physiocrates. Y a t’il des exemples d’application de leurs doctrines?

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Content qun cela vous ai plu 😉

    1-trop de taxes sur l’importation (les grosses taxes ne sont QUE sur l’importation ?)

    Pas vraiment, Colbert taxait la production de masse (agriculture surtout), et taxait assez les entrées de produits aux frontières. Mais ce n’est pas la plus grande. Le secteur le moins taxé et moins contraint et celui de l’artisanat. Mais attention, cela ne veut pas dire que les produits circulaient librement: ce secteur est englobé dans une sphère corporative que j’ai eu le droit d’étudier. Le producteur est d’abord apprenti, avant de devenir maître d’ouvrage après des multiples examens. A ce stade là, il paie une taxe à la corporation, en échange d’un permi d’ouvrage. La corporation fixera des prix fixes, misant sur la qualité. La corporation paiera quand à elle des taxes à l’état. Enfin, voilà, les produits ne sont pas encouragés à circuler mais permettent une certaine entrée d’argent à l’état.

    2-manque de produits sur le marché dû à l’isolationnisme économique

    Pas vraiment, l’état cherche l’autonomie économique, mais cela ne veut pas dire que certains produits de luxe ne rentraient pas. Les épices par exemple rentreront, mais il y en aura trop peu pour menacer l’indépendance économique du pays. Et pui quand on exporte ce n’est pas de l’isolation.

    Après on peu aussi compter en défaut les restrictions économique qui ont détruit la production de peau de castor qui est revenu à l’Angleterre. Il y a aussi les restrictions au sujet des chartes commerciales, qui crée un circuit unique France-Colonies, soit l’or ne quittera pas le circuit national conformément à la loi de base mercantile.

    Il me semble que tu devrais tout de même préciser davantage les rapprochements entre mercantilisme et capitalisme, car à part l’inondation des marchés prônée par les anglo-saxons et les hollandais, je n’en vois pas d’autres (sans doute parce que je ne suis pas aussi calé que vous ! )

    Bah en fait, le mercantilisme fait de l’état l’agent économique externe et interne, alors que le capitalisme fait de l’individu l’agent économique externe et interne. Mais, on a toujours le même système sauf que l’individu supplante l’état. C’est la révolution industrielle qui fait ça. L’individu peut posséder une usine qui produira, et cette production pourra être vendu autant en interne qu’à l’extérieur.

    Si j’ai bien compris, les physiocrates (issus de la physiocratie) privilégient l’agriculture et délaissent l’industrie. C’est tout ? Rien d’autre ? Est-ce-que tu as des noms de physiocrates ? Peut-on dire que Pétain était physiocrate du coup ?

    Franchement, je pense pas ni que la physiocratie ai été appliquée, ni qu’elle priviligaient une classe en particulier. Enfin je ne connais vraiment que très peu de la physiocratie.

  • Participant
    Posts2925
    Member since: 26 février 2013

    La physiocratie n’a jamais été vraiment appliqué. Peut être dans quelques hectares de nobles intéressé et éclairé : la physiocratie c’est de l’agriculture de salon. Même en angleterre ou elle est née.

    Omnia Sunt Comunia

    Je suis anarchiste au point de traversé dans les clous pour ne point avoir de soucis avec la maréchaussée.

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