Post has published by guiguit

Ce sujet a 5 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  guiguit, il y a 4 ans et 3 mois.

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    Maréchal Michel Ney, duc d’Elchingen et prince de la Moskova


    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e9/Marechal_Ney.jpg
    La carrière du maréchal Ney est assurément ce qu’on puisse faire de mieux en matière militaire, peut être parce qu’à la différence de nombres de ses collègues, l’armée a été pour lui une véritable vocation……

    Jeunesse :

    D’un milieu modeste (son père est tonnelier), Michel Ney naquit le 10 janvier 1769 (la même année que Napoléon) à Sarrelouis, alors terre française. Sa ville natale forme une enclave francophone dans un territoire majoritairement germanophone, le futur maréchal apprendra donc les deux langues.

    Son père a de grandes ambitions pour lui et il le place comme clerc-notaire chez un avocat après des études médiocres. Cependant, le jeune Ney refuse de moisir dans un derrière un bureau. En 1787, à 18 ans, il s’engage dans le régiment des hussards de Colonel-Général basé à Metz. Soldat exemplaire, il est sous-officier sorti du rang lorsqu’éclate la Révolution française.
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c5/Michel_Ney_%281792%29.jpg
    Michel Ney alors sous-lieutenant

    Révolution française et premiers faits d’armes :

    « C’est une révolte ? »
    Louis XVI à propos de la prise de la Bastille.

    Il suit le général Kléber dans l’armée du Rhin où il se fait remarquer par ses talents. Il est nommé lieutenant en 1792, capitaine en 1794. Autant exigeant pour lui-même que pour ses hommes, ces derniers le surnomment « l’Infatigable » ou « le Rougeaud » en raison de sa chevelure rousse. En 1796, il est fait général de brigade sur le champ de bataille après avoir pris Wurtzbourg et Forchheim, gagnant 70 bouches à feu et d’immenses approvisionnements avec seulement 100 cavaliers ! Il participe aux batailles de Nieuwied et de Dierdorf à la tête de ses hussards. Enfin, c’est Mannheim qui tombe par la ruse en 1798. Il est alors promu général de division le 28 mars 1799 et en septembre de la même année, il commande l’armée du Rhin à titre provisoire. Peu de temps après, il épouse Aglaé Auguié, une amie d’Hortense de Beauharnais ce qui le rapproche du général Bonaparte qui pensait ainsi contrôler le rétif Lorrain. Le 3 décembre 1800, il participe avec rang de général de division, sous les ordres de Moreau (Kléber se trouvait alors au pays des Pharaons) à la bataille de Hohendinden où il commande le centre de l’armée. Ces succès le font nommer par Bonaparte, alors devenu Premier Consul, ambassadeur auprès de la République helvétique où il imposa le gouvernement unitaire voulu par Bonaparte gagnant par la même occasion l’estime de Talleyrand, ministre des Affaires étrangères. Il lit aussi connaissance avec un stratégiste du nom de Jomini…..Finalement, il reçoit le commandement du 6e corps d’armée à Boulogne.

    L’Empire :
    « Si notre père nous voyez ! »
    Napoléon lors de son sacre.

    Pour la petite anecdote, à la proclamation de l’Empire, Napoléon était quelque peu craintif concernant le respect de l’étiquette voire du nouveau régime par ses généraux, ses frères d’armes qui le tutoyaient. Pour les y contraindre, il éleva dix-huit d’entre eux parmi les plus méritants à la dignité de maréchal de France, Ney en était le douzième sur la liste….Comme on le verra, cette nomination qui est pour beaucoup un honneur suprême n’est, pour Ney, qu’une invitation à s’illustrer davantage.

    La première campagne d’Autriche :

    Le maréchal, à la tête du VIe corps de la Grande Armée s’illustre durant la première partie de cette campagne en remportant la bataille d’Elchingen.

    Le but de Napoléon était alors d’encercler l’armée autrichienne du général Mack sans tirer un coup de fusil afin de la contraindre à se rendre, il fait donc contourner à ses corps d’armées la Foret noire pour surprendre les Autrichiens par surprise par l’Est où Ney se heurte à une forte troupe autrichienne le 14 octobre.

    Durant cette bataille, Ney avec ses 18000 hommes dirigea les opérations sans ciller contre les Kaiserlicks du général Graf von Riesch puis, avec le général Villatte bouscula les Autrichiens devant et ensuite dans la ville d’Elchingen et enfin de les repousser à l’extérieur les survivants des troupes de von Riesch qui se firent sabrés par les dragons de Caulaincourt. http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/33/Schlacht_von_Elchingen.JPG
    La « Grande Tactique » mise en place durant cette campagne.
    Ney sera ensuite chargé de s’emparer du Tyrol, carrefour stratégique pour l’arrière de la Grande Armée car cela empecherait l’archiduc Charles (le seul général autrichien qui tient debout) de remonter vers le nord. Il ne participera donc pas à Austerlitz.

    La campagne de Prusse et de Pologne :
    « Des gourdins suffiront pour abattre ses chiens de Français »
    La reine Louise de Prusse.

    En 1806, il participe évidement à la campagne de Prusse. A la bataille d’Iéna ( 14 octobre 1806), il emmène ses divisions à l’assaut mais pris dans son élan, le maréchal se retrouve en plein dispositif ennemi et reçoit une charge de vingt escadrons de cavalerie prussienne. Les interventions de l’artillerie le tireront de ce mauvais pas et il finit par redresser la situation. Le lendemain, le maréchal capture Erfurt et entame le siège de Magdebourg qui est capturé en un temps record de 24 heures dans le cadre de la « Grande poursuite » de l’armée prussienne débandée après Iéna.

    Il entre dans Berlin le 27 octobre accompagnant ,avec les autres maréchaux, l’Empereur devant la tombe de Frédéric II. L’Empereur se découvrit et déclara à son état-major : « S’il était encore vivant, nous ne serions pas là aujourd’hui . »

    A la bataille d’Eylau, c’est lui qui fait pencher la victoire dans le camp français en arrivant sur la droite des Russes.

    Sur le champ de bataille de Friedland, Napoléon le charge de s’emparer du village et des ponts pour briser le centre russe et fractionner cette armée : « Voilà votre but, marchez sans regarder autour de vous, pénétrez dans cette masse épaisse quoi qu’il puisse vous en coûter, entrez dans Friedland, prenez les ponts et ne vous inquiétez pas de ce qui pourra se passer à droite, à gauche ou à l’arrière. L’armée et moi sommes là pour y veiller »

    Ney mène ses troupes l’arme au point et dirige tant bien que mal les Français subissant le tir d’environ une centaine de bouches à feu russes. Quand la 3e division oblique sa marche, c’est ce maréchal qui redirigera la manœuvre un colonel, un commanndant et un capitaine ayant été emporté par un boulet. L’Empereur qui observait la scène confira au maréchal Mortier à ses cotés : « Ce n’est pas un homme, c’est un lion ! ». Appuyé pour la première fois de l’Histoire par une « Grande Batterie » du général Sénarmont, il réalise les objectifs de Napoléon et la batille est gagnée.
    Le 6 juin, il est fait pour ses mérites duc d’Elchingen.
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/34/Bataille_de_Friedland_Map.png
    Carte du champ de bataille de Friedland

    La guerre d’Espagne :

    « Cette guerre d’Espagne a été la cause première des malheurs de la France. »
    Napoléon à Sainte-Hélène.

    ]Voilà la, la campagne où Ney subira ses revers . Il combat au Portugal et en Espagne de 1808 à 1811. Peu habitué (comme tous ces collègues en fait) à la guérilla, il est placé sous les ordres de Masséna qu’il ne peut supporter au point qu’il démissionne et rentre à Paris où l’Empereur qui n’appréciait pas le caractère jaloux dudit Masséna ne lui fera aucun reproche. Cette mésentente entre maréchaux, d’habitude tous placé au même niveau après Napoléon sera une des causes de la défaite française en Espagne.

    La campagne de Russie :

    « C’est le commencement de la fin. »
    Talleyrand au sujet de la campagne de Russie.

    ]C’est durant cette campagne, paradoxalement la plus meurtrière de l’Empire, que Ney s’illustra le plus, du début de la marche sur Moscou à la fatale retraite sur la Pologne.
    Le « Rougeaud » reçoit le commandement du 3e Corps. Il participe à la prise de Smolensk. A la bataille de la Moskova, c’est Ney qui prend les flèches « Bagration » avec Davout puis les défend victorieusement face aux contre attaques russes. Il pressa, en vain, Napoléon d’envoyer sa Garde au combat afin d’anéantir définitivement les troupes du Tsar avant d’être blessé au cou. En souvenir de cette blessure , il est fait « Prince de la Moskova ».

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9b/Bataille_de_la_Moskowa.PNG

    Durant la retraite, Napoléon le charge du commandement de l’arrière-garde de la Grande Armée, tache au combien délicate ! A la bataille de Krasnoïe, il affronte 12000 Russes avec seulement 8000 survivants de l’éprouvante retraite ! Il s’échappe ensuite par d’habiles manœuvre et opère sa jonction avec le gros des troupes trois jours après. En le revoyant, Napoléon lui donnera son surnom qui restera dans la postérité : « Je donnerais trois cents millions pour sauver le Brave des Braves ! »http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/86/Adolphe_Yvon_%281817-1893%29_-_Marshall_Ney_at_retreat_in_Russia.jpg

    Ney, mousquet en main, durant la retraite.


    A la bataille de la Bérézina, il fait charger ses cuirassiers contre des snipers russes et fait ainsi 5000 prisonniers avec seulement 7000 hommes. C’est, sans compter le passage de toute l’armée, le seul succès de l’engagement. Ney est le dernier Français a quitté le sol de l’empire des Tsars.

    La campagne de Saxe :

    Durant cette campagne, il commande les vétérans de Russie et des « Marie-Louise », du nom de l’Impératrice, le moral restera très élevé grâce à la réputation de Ney. Le Brave des Braves joue un rôle-clé aux batailles de Bautzen, Lützen et finalement Dresde. Après ce dernier affrontement, Napoléon, malade, laisse ses maréchaux poursuivent l’ennemi. Ney doit poursuivre l’ennemi et marcher sur Berlin. Il rencontre les Suédois de Bernadotte, fraichement arrivés en Allemagne et le corps du Prussien von Bülow à Dennewitz.

    Durant cette bataille, il subi une défaite qui, avec celle de Vandamme, annulait les avantages de Dresde. Les Alliés avaient alors bien compris qu’ils devraient d’abord attaquer ses maréchaux avant Napoléon lui-même et ainsi annuler ses savantes manœuvres.

    La campagne de France :

    Ney participe à la plupart des batailles, recevant même deux divisions de la Jeune Garde sous son commandement à la bataille de Montmirail. Cependant, le maréchal, après l’échec du congrès de Chatillon, considère de plus en plus Napoléon comme la cause non pas du débuts des guerres mais comme celui qui les empêche de se terminer, le sang français a trop coulé.

    Ney fait partie des maréchaux (qui sont donc, Lefebvre, Berthier, Oudinot, Moncey et Macdonald) qui demandent à Napoléon d’abdiquer. Contrairement à la légende, ils ne se seraient ni montrés arrogant ni reprochant mais comme le dira Napoléon : « Ils n’ont rien dit, mais j’ai vu qu’ils penchaient pour l’abdication. » Napoléon abdique sous condition que son fils lui succède donc et charge Caulaincourt, son meilleur et russophile diplomate, Macdonald, l’un des seuls en qui il ait encore confiance et Ney, le plus prestigieux des maréchaux, en outre admirés par Alexandre d’aller porter la nouvelle à Paris.

    Accompagné de Marmont dont le corps d’armée défend la route Fontainebleu, les émissaires sont reçus par le Tsar. Ce dernier se laisse convaincre d’accepter la montée de l’Aiglon sur le Trône de France quand surgit un aide de camp qui lui annonce que les troupes de Marmont sont passés aux Russes. En effet, suite à une confusion d’ordres de Napoléon et une proposition de trahison des Autrichiens, les divisionnaires de Marmont ont préféré échapper à Napoléon, le laissant à la merci des coalisés. « Je vais tacher de réparer tout cela, j’aurai donné une main pour éviter cette affaire ! » déclare Marmont en rejoignant son armée. « Dites plutôt la tête, ce ne serait pas de trop ! » commentera l’Infatigable avec dépit.

    La première Restauration et les Cents-Jours :

    « Ce sont mes pantoufles que je regrette davantage ! »
    Louis XVII à sa sortie de France.

    C’est à ce moment-là que Ney décide de se rallier formellement au roi Louis XVII. Il est le premier maréchal à le faire et il déclenche ainsi le ralliement de tous les autres. Le nouveau roi le récompense en le nommant commandant en chef de la cavalerie, pair de France, gouverneur de la 6e région militaire et en lui ouvrant les portes la nouvelle Cour royale.

    Rapidement, Ney quitte la Cour , écœuré de ces aristocrates qui traitent la France en pays conquis et de ces Bourbons « qui n’ont rien appris et rien
    de oubliés »…..

    A l’annonce du débarquement de Napoléon à Golfe-Juan, le maréchal est envoyé par Soult, le ministre de la Guerre de Louis XVII, pour contrer l’avance de Napoléon sur un axe Lyon-Paris. Ney promet de « ramener le monstre dans une cage de fer. » Cependant, le maréchal ne souhaite pas avec ses six mille hommes prêt à se rallier au « Brigand » combattre les quatorze mille de Napoléon qui l’invite à « le rejoindre comme au lendemain de la Moskova ! » . Finalement, le maréchal rassemble ses troupes et leur déclare : « Officiers, sous-officiers et soldats, la cause des Bourbons est perdue à jamais.. »

    Une immense clameur de Vive l’Empereur ! lui répond. Et, l’Empereur et Ney se rencontre, sans témoin, à Auxerre. Durant cette entrevue, le ton serait monté et Ney aurait demandé à son maitre de ne plus jouer les tyrans tandis que Napoléon reproche à son subordonné sa défection de 1814. Les deux hommes ne s’adresseront plus la parole avant le début de la campagne de Belgique.
    Aux Quatre-Bras le 16 juin, ses attaques manquent de vigueur et malgré des effectifs supérieurs à ceux de l’ennemi, il ne parvient pas à déloger les Britanniques de leur position.

    A Waterloo le 18 juin, voyant les premières lignes « anglaises » se replier et apprenant l’arrivée de renfort prussiens sur la droite, il fait donner une des plus grande charge de cavalerie de tout les temps comprenant pas moins de 13 000 hommes ! La ferme de la Haie Sainte, objet de violents combats, depuis le début de la journée, est enfin prise et le duc de Wellington, commandant les forces coalisées donna l’ordre pour se replier sur la cote !

    Mais Napoléon refusa de lui envoyer de l’infanterie en renfort et la bataille bascule.
    Ney tentera d’organiser la résistance des débris qui se repliaient au cri de : « Venez voir comment meurt un maréchal de France ! ». Il eut cinq chevaux tués sous lui.
    De retour à Paris, Napoléon jettera la responsabilité de la défaite sur Ney qui ne sera défendu que par Davout qui dira : « Sire, il s’est mis la corde au cou pour vous servir ! »


    Arrestation et fin de carrière :

    Réfugié chez une cousine de sa femme, le maréchal apprend par Fouché qui lui propose des passeports pour les États-Unis ou la Suisse que son nom figure en tête d’une liste de « traites » qui ont servi Napoléon durant les Cents-Jours.

    Ney demande à être jugé par la Chambre des pairs qui regroupe la plupart des royalistes de l’époque à laquelle il appartient plutôt que par un conseil de guerre présidé par le maréchal Jourdan. Peut être voulait-il un auditoire pour son dernier acte de vie ? Le procès s’ouvre le 6 décembre et ne doit durer qu’une journée….

    L’avocat de Ney, Dupin sait qu’il ne peut obtenir de compréhension de la part d’une telle assemblée et avance des arguments purement juridiques. Or, en vertu des nouveaux traités de paix, Sarrelouis, la ville natale du maréchal est désormais prussienne :
    Ney ne peut être jugé, car il est prussien et sa nationalité le protège.
    Mais son client se lève et ruine ses efforts :
    Je suis français et je resterai français !
    Dans la soirée, il est condamné à mort par 128 pour et 17 contre, favorable à la déportation. Sa femme tentera d’obtenir sa grâce chez le roi mais reçu trop tard, on lui dira cyniquement que « sa demande n’a plus d’objet ».
    Conduit à l’Observatoire proche de son lieu de détention afin d’éviter une tentative de libération des Bonapartistes, vêtu en civil, Ney obtient de commander lui-même son peloton d’exécution. Il commence un discours : « Mon honneur….. »Mais n’a pas le temps de l’achever, l’officier qui commande le peloton se tourne vers ses hommes et ordonne : « En joue ! Feu ! ».
    Le maréchal tombe face contre terre, seul maréchal de France fusillé par des Français…..

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1315383-LEx%C3%A9cution_du_mar%C3%A9chal_Ney_dans_le_jardin_du_Luxembourg_%C3%A0_Paris_le_8_decembre_1815.jpg

    La seule exécution d’un maréchal de France


    Peter Stuart Ney, le ressuscité de l’Observatoire ?

    Le mystère de Peter Stuart Ney débute en 1819 dans un bourg de Caroline du Nord nommé Cheraw quand un grand rouquin vient trouver le maire pour proposer ses services en tant qu’instituteur. Le maire accepte malgré l’aspect de vagabond de l’homme qui se nomme Peter Stuart Ney, un nom d’origine française……..Bien vite, Peter Stuart Ney donne pleine satisfaction et devient une personnalité de ce petit bourg : il connait aussi bien le latin et le grec que l’hébreu. Mais il se montre surtout plus attirant par son mystère car, à part son âge d’une cinquantaine d’année, on ignore tout de lui. Une rumeur prend forme après quelques confidences forcées par la boisson comme le nom de sa mère (Catherine), sa tentative de suicide à la nouvelle des morts de Napoléon ou de son fils le Roi de Rome ou des réflexions comme : « Moi aussi, ils ont bien cru qu’ils me mettraient dans un cercueil ! », en réalité, Peter Stuart Ney est le maréchal Ney qui a trouvé refuge aux États-Unis !

    Mais, cette thèse d’un maréchal survivant à son exécution ne résiste pas à l’analyse :
    -Peter Stuart Ney ne parle pas français, il s’exprimait dans la langue de Voltaire avec difficulté.

    -Il parlait parfaitement anglais en revanche, rédigeant même des poèmes à la gloire de l’Empereur ! Or le maréchal devait toujours utiliser les services d’un interprète (notamment en Espagne).
    -On a vu que Michel Ney n’avait reçu aucune instruction classique. Comment expliquer cette maitrise des langues anciennes ?
    -En commentant les campagnes de Napoléon, Peter Stuart Ney fit l’éloge de Masséna dont Ney qui le détestait éviter même de prononcer son nom !
    -Il aurait été blessé à Waterloo, ce qui n’est pas le cas du maréchal….
    On ignore qui est réellement Peter Stuart Ney, certainement un Ecossais ayant été blessé à la tête qui, l’alcool aidant, s’est identifié peu à peu au Brave des Braves ….

    Conclusion : un héros, pas forcément un zéro:

    Ney fut un meneur d’hommes exceptionnel, un officier que l’on aimait avoir sous ses ordres et en cela, compétent. Napoléon l’avait compris et veilla toujours à l’avoir sous son commandement direct afin de pouvoir au mieux diriger les pas de son brillant subordonné. L’Empereur savait que la fougue son maréchal s’il l’alliait à un sens stratégique apprise par son maitre, aurait pu devenir une “tête” aussi redoutable que lui. On peut remarquer que les erreurs du maréchal sont d’ailleurs commises quand son maitre n’est pas là. En tout cas, sa bravoure qui ne fit pas de lui un grand stratège l’a transformé en une figure qui peut, parfois, suscité l’admiration.

    Sources :
    Wikipédia
    http://napoleon1er.perso.neuf.fr/Ney.html
    L‘Aiglon de André Castelot
    Vers l’exil d’André Castelot
    La terrible vérité de Pierre Bellemare

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Vraiment pas mal, ce dossier pour un début! Je devrais en prendre de la graine!
    Ceci dit, Ney a beaucoup de courage mais peu de cervelle! Il parait qu’à Iéna, il a foncé “bille en tête” sans même prendre le temps d’aligner son armée!

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Disons que la Grande Armée descendait d’un plateau (tactique inverse d’Austerlitz) pour fondre sur les Prussiens. Ney est “juste” allé trop vite.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Oui, enfin il y a cela et Waterloo! Et peut être d’autres bévues.

  • Modérateur
    Posts2995
    Member since: 12 avril 2012

    D’ailleurs si la bataille d’Elchingen fait partie de ses faits d’armes, cette dernière n’aura pas dû avoir lieu et elle est le résultat d’une bavure de Ney. En effet il avait reçu pour ordre de prendre Ulm mais vu qu’il ignorait que le gros des autrichiens s’y trouver il n’a envoyé que la division Dupont pour s’emparer de la ville. Il a fait passer le reste de son corps d’armée au Sud du Danube.
    Du coup quand les autrichiens ont fait une sortie par le Nord Est d’Ulm, la division Dupont s’est retrouvée toute seule contre un ennemi largement supérieur en nombre ! Il a donc fallu repasser toute une partie de l’armée française au Nord du Danube d’où le fameux franchissement en force du pont d’Elchingen.

    Il s’en est fallu de peu pour que la division Dupont soit anéantie mais heureusement elle résista très bien. Les autrichiens qui ont réussi à s’échapper de l’encerclement d’Ulm ont été rattrapé in extremis par les cavaliers de Murat.
    Durant cette affaire Il aurait dû donc garder tout son corps d’armée au Nord du Danube ainsi il aurait disposé de suffisamment de forces pour empêcher l’ennemi de s’enfuir en attendant les renforts.
    Mais bon pour le pardonner il est vrai que la décision des autrichiens de rester dans Ulm était tellement illogique que bon nombre de ses collègues auraient faits la même erreur… Napoléon lui-même ne s’y attendait probablement pas.

    En revanche Ney était un vrai guerrier, un meneur d’hommes exceptionnel et niveau courage pas grand monde lui arrivait à la cheville.

    Comparaison n'est pas raison.

  • Modérateur
    Posts2015
    Member since: 26 août 2013

    Dossier édité et terminé, n’hésitez pas à poser des questions !

6 sujets de 1 à 6 (sur un total de 6)

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