Post has published by gytz

Ce sujet a 17 réponses, 7 participants et a été mis à jour par  gytz, il y a 1 an et 1 mois.

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  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Bon les gars, c’est que l’intro du dossier, c’est du lourd. Ce week end, vous devriez avoir la première partie. Ce n’est qu’une mise en bouche et une présentation du contexte et du “couronnement du premier calife”. Enjoy!

    La dynastie des 55 califes, les Abbassides :

    I.Introduction :

    I.1 Avant-propos :

    La dynastie abbasside est l’un des dynasties musulmanes à avoir perduré le plus longtemps dans l’histoire laissant une importante marque dans le monde d’aujourd’hui. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’aborder ce thème-ci en dossier. Car la vie de chaque monarque construisait la vie du suivant, et ainsi de suite.

    La difficulté à trouver suffisamment de sources internet fiables a été palliée par l’utilisation de chronique au format numérique, que vous trouverez en fin de dossier. J’ai dû parcourir mont et vaux à leur recherche et restent assez claires malgré le manque de plusieurs dates permettant de pousser avec un peu plus de précision la présentation des faits. Toutefois cela n’empêchera pas la continuation du travail titanesque que cela risque de prendre, 55 califes seront à étudier, et cela ne sera pas une promenade de santé que de parler d’eux.

    https://puu.sh/t9Vdv/2f03c084af.png

    Le travail qui suivra sera divisé en 4 grandes périodes de la dynastie abbassides, « la période d’essor » allant de 750 jusqu’à 945, soit le début de « la période du protectorat » où la dynastie devient vassale de forces montantes, allant de 945 jusqu’à 1080, date où le califat redevient indépendant mais très faible. S’en suit la « période de la chute » s’achevant en 1258 avec la prise de Bagdad par les mongols, se poursuivant par la période des « califes du Caire » s’achevant en 1517, soit l’annexion des mamelouks par l’empire ottoman.
    J’espère que la suite vous plaira, car fruit du début d’un dur labeur.

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/abbasids.gif
    Grande dynastie que la dynastie Abbasside!

    I.2 Les débuts de l’islam et l’empire Ommeyade :

    En 632, début l’hégire, l’émigration du prophète Mohamed à Médine, considéré comme le début de la religion musulmane. A la mort du prophète, débutera le califat des rashiduns, « des bien guidés », issus de la famille très proche du prophète élue par les musulmans. Deux clans pendant le califat rashidun se disputait l’influence, les banu Hachim et les Banu ummeyya, tous très proches du prophète.

    En 656 est assassiné le calife Uthmane, et est élu l’Ali, oncle et gendre du prophète en tant que calife. Mais Muwayya, gouverneur de Damas, fils d’Abu-sufyan (cousin éloigné du prophète du clan des banu ummeyya), s’oppose à cette élection. En 656 se déroule la bataille de Siffin opposant les alides aux Ommeyades, où (de façon inconnue) un arbitrage est fait. Ceux qui ne votèrent pas à cette bataille, prétextant qu’ils n’avaient pas à voter car « ali était désigné par dieu pour gouverner » devinrent les kharidjites. Cela lancera une vague de scepticisme et de conflit autour du tout nouveau calife. Cet interlude à la première Fitna (désordre, zizanie, littéralement) ne durera pas. En 661, Ali se fait assassiner, et la même année, Muwwaya rallie les populations à sa cause et impose le califat Ommeyade.

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1011344-Expansion_de_lislam_au_temps_des_Omeyyades.jpg
    En vert, l’empire ommeyyade à son apparition

    Le califat ommeyade fut le début de la plus grande partie des conquêtes musulmanes en occident et en orient : Ces derniers auront conquis le maghreb, subjugué les populations berbères et conquis l’Espagne. Ils ont, aussi, réhabilité les élites Byzantines et sassanides dans les administrations musulmanes. Amira K. Bennisson parle d’une réforme assez petite par rapport aux travaux des abbassides à leur suite. Mais l’on peut admettre que pour un pouvoir naissant comme celui des ommyyades il était nécessaire de reconstituer une élite administrative, même non musulmane, pour faciliter l’art de gouverner un si grand empire.

    Mais la paix ne durera qu’un règne dans le califat ommeyade : Muwwaya 1er, désigne désormais son fils Yazid en tant que successeur. C’est une pilule qui passe malheureusement mal chez les kharidjites et les descendants d’Ali. Les califes étaient normalement désignés d’entre les proches du prophète par les musulmans. De cette façon, Hassan et Hussayn, fils d’Ali se rebellèrent contre les ommeyades, qui massacrèrent les enfants d’Ali. C’est la seconde Fitna. Et s’en suivra une troisième, qui se déroula dans les dernières années du Califat : Les luttes intestines du pouvoir ommeyade favoriseront de nombreux soulèvements kharidjites à travers tout le monde musulman, dont un autre mouvement plus atypique.

    http://1.bp.blogspot.com/-7QRkmDxKKVY/Ug-La9y1tbI/AAAAAAAAAKE/Bd1rgRRCwPg/s1600/ISLAM++Ecoles+et+ob%C3%A9diences+!.jpg
    Il est souvent cas d’erreur de confusion entre chiisme et kharidjisme; pour éviter toute confusion entre tout les courants de l’islam qui seront cités dans ce dossier, veuillez s’il vous plait vous référencer à cette image

    I.3 Le début de la révolution abbasside :

    Dès 743, un nouveau mouvement apparaît. Le mouvement abbasside. Al-Tabari trouve les sources du mouvement dans un pèlerinage à la Mecque. Abou Mouslim, un sellier a accompagné lors de son pèlerinage des membres éminents de la dynastie abbasside. Abou Mouslim est tout d’abord un hachémite convaincu. Les membres, de la dynastie réussirent à le rallier à leur cause et dès leur retour ce dernier débuta une importante propagande pro-abbasside au Khorasan.

    Les abbassides basaient leur propagande et leurs soutiens sur deux piliers cardinaux. Les valeurs de l’islam et la persécution ommeyyade. En effet, les ommeyyades avaient tendance à contourner la valeur d’égalité entre tous les musulmans, privilégiant les arabes plus que les musulmans perses ou Arméniens. De plus, au Khorasan principalement, le gouverneur Naçer privilégiait et mettait les membres de sa tribu aux plus haut postes, tandis qu’il persécutait les autres tribus arabe et les perses.

    Les abbassides ont aussi beaucoup misé sur le chiisme religieux qui déchirait l’empire ommeyade, et réussi par la même occasion à rallier certains kharidjites à leur cause, traitant les ommeyades d’usurpateur. En effet, les abassides descendent d’Al-Abbas, oncle du prophète, ils sont donc plus proche du prophète que Abû-sufyan, père de Muwwaya.

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/abu-muslim.jpg
    Buste d’abou Mouslim

    Et c’est ainsi que Abou mouslim, aidé par Abdellah et Ibrahim, deux frères appartenant à la dynastie abbasside, profitant du grand désordre, se lance à la conquête de l’empire ommeyyade en partant de l’embryon Khorassanais. Le gouverneur Naçer est assassiné, et de sérieux succès se font voir à partir de 747. Cette même année, Ibrahim se fait emprisonner, et meurt en prison. En 748 est prise Merv par 10 000 hommes sous le commandement d’Abou Mouslim. En octobre 749, avec le soutien d’abou mouslim, les abassides marchent sur Koufa, et Abdellah se fait élire Calife par la foule. C’est le début d’une dynastie, mais elle débutera effectivement à partir de janvier 750, soit la bataille du Grand Zab, mais elle relève du règne de Abdella, qui prendra pour nom de calife « Abu Al-Abbas ».

    Mais quelles ont été les enjeux des règnes abbassides, qui commencèrent à cette date ? Quelles ont été leur influences ponctuelles ? Comment se sont-ils déroulés ? Nous le verrons ici !

    http://www.sajidine.com/image/irak_carte.jpg
    Koufa est l’ancien nom de Bagdad

    La suite portera le règne d’Abu Al-Abass sur nommé “Al-Saffah”! Elle devrit arriver ce week end, soyez au rendez vous!

  • Participant
    Posts70
    Member since: 14 décembre 2016

    Très intéressant, tu pense que la chute des abbassides à était le fait qu’ils ont donné le pouvoir à des étrangers (turcs, perses) ou au contraire c’était inévitable vu ce qui s’est passé avec les omeyades qui subissait des révoltes tout le temps.

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Très intéressant, tu pense que la chute des abbassides à était le fait qu’ils ont donné le pouvoir à des étrangers (turcs, perses) ou au contraire c’était inévitable vu ce qui s’est passé avec les omeyades qui subissait des révoltes tout le temps.

    Il est encore un peu tôt pour se poser cette question mais elle reste tout du moins intéressante: Je n’ai pas encore abordé la période de la chute pour le califat, mais j’ai déjà une hypothèse:

    petit à petit, l’empire se morcelle, en 909 (environ), ce sont les Fatimides qui contesteront le titre de calife pour se couronner califat chiite. C’est une grosse perte pour l’empire abbasside qui vient de perdre sa région la plus riche. Quelques années plus tard, après déjà avoir vu (je ne sais pas encore pourquoi) vu la syrie, une partie de la perse et de l’Arabie devenir indépendante; ce sont au tout des bouyides de s’ajouter à la fête. Ces derniers vassaliseront les abbasside. Ensuite ce sont les seldjouks qui arrivent, et vassalisent à leur tout les abbasides. Ensuite, on a 1 siècle et demi de calme jusqu’à l’arrivée des mongols.

    Alors franchement, je pense que ce qui a sonné le glas de la puissance abbasside c’était les fatimides. On voit perdre la deuxième région la plus riche (l’irak est la première, la syrie la troisième); avant que cela soit le tour de la syrie. Après, ce sont les puissances constitué assez loin (les seldjoukids et les bouyides) qui ont profité pour tenter de controler le titre califal de près ou de loin pour justifier leurs actes. Donc je pense que c’est un temps de réactions relativement long à des conflits d’intérêts religieux qui mènent à la chute première des abbassides. C’est le point déclencheur (commes pour les ommeyades) mais d’autres peuples et intérets qui n’étaient pas présent auparavant ont accéléré la chute de cette empire immense.

    Note: J’ai réussi à me libérer mon après midi, vu que j’avais déjà bien bossé mon sujet hier soir (sans pour autant l’avoir fini), je pensais continuer le week end et poster en ces jours de fin de semaine. Or, j’ai plus de temps pour y ouvrer cette aprem. Avec un peu de chance, vous aurez la suite plus tôt que prévu. N’hésitez pas à commenter ou à poser des questions sur des points d’ombres du dossier. Je serais ravi de vous éclairer!

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Allez, un autre partie:

    II. La période de l’Essor

    II.1 Abu Al-Abas, As-Saffah –le sanguinaire- (750-754)

    As-Saffah, en Arabe désigne « le sanguinaire ». Pourquoi lui attribues-t-on ce titre ? Nous allons l’observer ici.

    https://i.ytimg.com/vi/_Y9skSz0_AU/hqdefault.jpg
    Au centre As Saffah

    La nouvelle du couronnement du nouveau calife s’est étendue dans tout le monde musulman très vite. Marwan II, empereur omeyyade, résidant en Syrie, saisi ses armées et s’avance vers le Tigre avec 100 000 hommes. L’objectif était de définitivement mater le dernier mouvement, celui qui aurait réussi à incorporer d’anciens mouvements révolutionnaires comme des nouveaux à son armée, le mouvement abbasside. Les Abbassides quant à eux, sous le commandement d’Abou Mouslim et d’Abu al Abbas concentrent 80 mille hommes et s’en vont intercepter les Omeyyades proches du Tigre, sur le fleuve du Grand Zab. Marwan II s’assure comme garantit la Syrie en tant que point de retraite, car ses habitants « ne prendront pas un autre souverain, toi présent »Al Tabari rapportant la parole d’un conseiller de Marwan. Au cas d’une défaite trop cuisante, l’Afrique serait son second point de retraite. En tous les cas, la campagne de Marwan était préparée et minutieusement planifiée à l’avance.

    Avant de poursuivre sur la bataille du grand Zab, il est intéressant de faire un rapide résumé de la situation à l’aube du féroce affrontement entre les deux camps : Les abbassides sont maître du Khorasan, soit une large province au nord de la perse. A cela s’ajoute l’Irak récemment conquise, et le reste de la Perse. De l’autre côté, se trouvent le reste du monde musulman, plus ou moins divisé entre les partisans des deux camps. Les Omeyyades avaient profité d’une grande campagne de recrutement pendant leur passage en Irak et en Syrie pour gonfler les effectifs militaires de leur armée. De ce fait, des cent mille hommes, il y en avait des expérimentés, et d’autres qui l’étaient moins : En effet, l’armée regroupait des vétérans des guerres contre les byzantins, comme des récents conscrit, tout juste en âge de se battre. Il n’existe aucune information vis-à-vis de la proportion de soldats expérimentés et inexpérimentés dans les rangs omeyyades, mais il est tout à fait plausible que le nord de l’Irak, penchant assez vers les révolutionnaires, n’ai donné une moindre proportion de soldats inexpérimentés par rapport à celle des soldats vétérans. De l’autre côté, les Abbassides possèdent aux aussi leur lot de soldats expérimentés : L’armée abbassides regroupent la plupart des mouvements anti-omeyyades et Kharidjites de leurs temps, dont le mouvement hachémite révolté en 680 qui dispose de nombreux soldats expérimentés. Mais ce n’est pas tout, pour constituer son armée, Abu-Al Abbas harangue les foules et réuni les 80 000 hommes de son armée par cette phrase rassembleuse : « Qui d’entre les membres de ma famille ira le combattre ? ». Et cette avec ces contingents que se rencontreront les armées blanches et noires.

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/warriors-of-the-abbasid-caliphate-2.jpg
    La composition d’une armée du khorasan sous les abbassides

    Les armées se firent face et commencèrent les combats à midi ; les troupes Omeyyades avaient la supériorité, et vers 16 heures, une trêve des combats pour la nuit était faite. Le lendemain les combats reprirent de plus belles, mais les Omeyyades furent bien désavantagés. Les troupes Abbassides ont monté un mur de lance contre la cavalerie, et Marwan s’obstinait à lancer sa cavalerie sur les soldats ennemis. Or, les officiers de cavalerie refusaient catégoriquement de charger, et à cela s’ensuivirent des erreurs de logistique et de communications dans l’armée qui fit croire que le monarque fuyait. Dès lors, les déserteurs se multipliaient, tandis que les soldats ennemis chargeaient. C’est le début d’une longue fuite pour le monarque omeyyade.

    En effet, Abû al Abbas lance son deuxième frère Abdellah (ils portent le même nom) à la poursuite du calife en déroute qui sera harcelé par des partisans abbassides qui iront détruire des ponts sur sa route à plusieurs reprises. Dès l’arrivée du monarque aux portes de Damas, il fut bloqué aux portes : en effet, les partisans des deux camps se déchiraient dans la ville et n’ont pas laissé le monarque rentrer. Ce qui forcera sa fuite vers l’Égypte, tandis que les partisans des révolutionnaires, vainqueurs de l’anarchie urbaine, ouvrirent les portes de Damas aux assaillants.

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/19th-century-illustration-destruction-of-the-ommiyades-during-the-abbasid-revolution747-750.jpg
    déroute ommeyyade

    Marwan sera finalement arrêté à Saïd, où lors d’un assaut nocturne, l’armée d’Abdellah massacre l’armée ennemie, et tue le calife sur le champ de bataille. Il fut alors décapité, sa langue coupée et donnée à manger aux chats. Sa tête fut envoyée à Abu Al Abbas qui prit désormais officiellement la tête d’un nouvel empire, l’Empire abbasside. La tête du déchu fut plantée au centre de Koufa. Le centre politique passe à nouveau de la Syrie à l’Irak, comme ce fut le cas un siècle plus tôt, lorsque les Omeyyades prirent le pouvoir.

    Le récent calife se lança dans l’œuvre de détruire définitivement la dynastie omeyyade, et ses méthodes lui vaudront le surnom d’As-Saffah, le sanguinaire. Il lança tout d’abord ses pairs à la recherche des tombes des Omeyyades qu’il profanait, et immolait les corps. Ensuite, il assassinat les descendants de la famille des Banu Umeyya. De cette façon, il assassinera par surprise tous les membres de cette famille. Des exemples de ces massacres sont légion, mais les sources d’époques nous en comptent deux flagrants. Le premier fut le moment où il appela auprès de lui un des membres de la famille. Il le fit bruler. La seconde fois, il convia 60 membres de cette famille, soit une grande partie de la famille, à un banquet, les tua à coups d’épée et les joncha sur des tapis de cuir, où il convia des gens à manger, sur les cadavres ensanglantés. .il et aussi intéressants de noter que les complaisants aux Omeyyades étaient plutôt mieux traités que les Omeyyades eux-mêmes, il était fait au mieux pour les rallier à la cause abbasside. Le dernier des Omeyyade fuira en Andalousie, où il engendrera une nouvelle dynastie, le califat de Cordoue.

    Après avoir exterminé les restes de la dynastie omeyyade, abu Abbas envoya un de ses frères ; Abu Djafar, pour stopper la révolte d’Ibn Hubaira qui s’est retranché à Wasit. La ville était très fortifiée, et le calife fit établir des machines de sièges autour de la ville et tua beaucoup d’habitants, forçant Ibn Hubaira à payer la paix par sa fidélité, puis sa vie. En effet, il ne devait plus quitter Wasit et jurer sa fidélité au calife ; Or Abu Djafar n’ayant pas confiance, l’assassinat lui et ses proches. C’est l’un des exemples encore de massacres et de purges sous le gouvernorat d’As – Saffah, qui comme nous l’avons vu, lui valurent ce nom. Mais cette fois-ci, c’est son frère qui organisera cet assassinat.

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/09/as-saffah-le-premier-abbasside-rec3a7ois-les-allc3a9gences-e1424131478337.jpg

    Des anecdotes soutenant le titre de D’al-Saffah il y en a une. Le calife fit d’un de ses grands soutiens, Abou Salama son vizir. Or, dans les premières années de son règne, Abou Salama devenait trop puissant et As-saffah méditait de le tuer ; mais Abou Mouslim, grand ami d’Abou Salama se serait révolter contre cet acte. Donc As-saffah mis en place un stratagème ; il manipula l’information. Il écrit une lettre où il a informé Abou Mouslim d’un complot du vizir, ce dernier ne voulait pas y croire, mais finit par de l’accepter et envoyèrent des hommes pour le soutenir. Ainsi fut assassiné Abou Salama, et ce fut l’une des dernières purges du calife.

    C’est aussi lors de son règne qu’en 751, les abbassides vainquent les chinois à Talas, Je ne souhaite pas trop m’étaler sur le sujet, alors je vous renvoie vers un sujet qui le présente mieux que je la présenterais moi-même.

    Enfin, après 4 ans de règne, As-Saffah meurt en 754, il désigne Abu Djafar à sa succession, ce dernier considère Abou Mouslim comme une étreinte à la puissance de l’état, un ennemi, contrairement à son frère qui jouait la carte du compromis. Mais les enjeux de son règne seront vus dans la prochaine partie.

    http://www.lhistoire.fr/sites/lhistoire.fr/files/img_portfolio/L’empire%20abasside%20et%20ses%20rivaux.png

    La prochaine partie portera sur al mansur, le nom de Calife d’Abu Djafar.

  • Modérateur
    Posts2258
    Member since: 8 février 2014

    Veux-tu que ton dossier soit ajouté à la table des matières avec la mention “en cours”?

    "Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve"-Euclide

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Veux-tu que ton dossier soit ajouté à la table des matières avec la mention “en cours”?

    Je ne m’y attendais pas avant d’avoir un peu plus avancé mais Merci! Ce serait avec plaisir de le voir ajouté s’il te plaît!

  • Participant
    Posts505
    Member since: 2 septembre 2012

    Il était bien sanguinaire ce premier caliphe ! Je ne savais pas du tout ces péripéties et ça me fait penser un peu aux massacres dans Crusader Kings 2 (le jeu) par moment. 😛

    PS : je vois que tu t’es dépêché à nous sortir la suite pour satisfaire notre faim insatiable, mais il y a une série de fautes de frappes/d’écriture qui sont présentes, ça ne nuit pas à la lecture mais quant à y faire autant les corriger ! En voici une liste non-exhaustive :
    – 2ème paragraphe, 2ème ligne à la fin, tu écris “…Les abbassides sont mettre du Khorasan…” -> ça ne serait pas plutôt “maîtres” ?
    – 3ème paragraphe, début première ligne, “Les armées de firent face…” -> remplacer le “de” par “se” ? ^^
    – 5 ème paragraphe, tu répètes 2 fois le fait qu’il reçoit le titre d’As-saffah (je trouvais ça un peu redondant car c’est quasiment mot pour mot la même phrase ! 😛 ).

    Et toute une série de petites fautes (manque de “s” au pluriel, …) qui peuvent se corriger avec un coup de correcteur orthographique et/ou relecture. ^^

    Quoiqu’il en soit, continue comme ça, cela promet d’être un dossier des plus intéressant ! 🙂

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Merci pour ton aide!!! Je devrais corriger ça ce week end! Et faire moins de faute (une résolution pour l’année tiens 😛 ). Enfin merci encore!

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Je vais corriger les erreurs d’orthographe maintenant. Je note aussi que je viens de corriger une erreur: Koufa ne devient pas la capital des abbasside, elle restera à Al-Anbar très près de Koufa jusqu’au règne d’al Mansur, soit le suivant. Aussi, Koufa est à 170 km de bagdad après réflexion, elle passera en second plan après la fondation de bagdad, presque au statut de petite ville..

    Note: Corrigé.

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Je vais travailler pour produire du contenu Vendredi soir, samedi au plus tard!

  • Modérateur
    Posts2005
    Member since: 26 août 2013

    Un bon début d’un dossier qui égalera, je l’espère vivement, ceux consacrés aux Douze Césars, aux derniers Empereurs d’Occident ou même les rois et reines de France… Cependant, pourquoi l’avoir placé dans la catégorie de l’histoire globale ? En effet, si l’ère des Abbassides durent plus longtemps que l’expansion arabe, elle disparait avant les Temps modernes. Du coup, la place de ce dossier ne serait-il pas plus dans la catégorie autres guerres/aspects médiévaux ?

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Je l’espère! Sinon pour la section, une petite erreur, il est vrai si un gentil modo voulait changer de place à ce sujet s’il lui plaît. 🙂

  • Modérateur
    Posts8250
    Member since: 14 mai 2013

    Ces évolutions de pouvoir sont toujours très intéressantes, et c’est un dossier bien formé @gytz.

    Comme le forum, me voici amélioré du type 2 au type 10!

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    II.2 Abu Djafar Al Mansur –le victorieux- (754-775)

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/almansur-labaside.jpg
    Buste de Al Mansur à Kufa

    Abu Djafar al Mansur, a été surnommé le victorieux. Les raisons sont nombreuses, identiques au nombre de batailles que son règne a menées sans jamais fléchir. Et c’est dans cette optique-là que nous allons étudier le règne du second calife abbasside.

    Al Mansur, est le calife de la reconstruction : les 4 ans de règne de son prédécesseur ont servi de fondations à l’empire, mais non pas de bases. Le pouvoir politique reste morcelé entre divers groupes religieux et politiques. Les chiites ont été les plus touchés par une réorganisation prévisible de l’État. En effet, ces derniers ont été de fervents soutiens du calife précédent, dans l’espoir de voir un jour leur faction au pouvoir. Mais ce ne fut pas le cas, bien au contraire, Mansur débute une chasse aux sorcières contre ces derniers qui était les seuls persécutés. Plusieurs dénonciations ont lieu pendant son règne menant à des emprisonnements nombreux et des assassinats, mais aussi à des révoltes. Son règne aurait pu lui valoir le surnom de sanguinaire par ses méthodes, mais d’autres événements plus marquants changent la donne. De plus, c’est un comportement assez courant sous les monarques abbassides en général.

    Mais, bien que ces événements soient intéressants, laissons-les à part pour se concentrer sur d’autres aspects du règne du calife, nous y reviendrons bien vite.

    Al Mansur Succède à son frère Al-Saffah, mais dans un contexte plus ou moins différent. Là où Al-Saffah était quasiment plébiscité, Mansur l’est moins, en proie des anciens soutiens chiites et Kharidjites ajoutés à quelques contestations dynastiques. Cependant, Ibn Tiqtaqa rapporte un intéressant passage. Al Mansur au sujet des amendes qu’il avait récoltées durant son règne dit à son fils ceci :

    « Mon fils [futur Al Mahdi], j’ai mis de côté séparément chaque somme que j’ai prise de mes sujets en amende, ou en confiscation, et j’ai inscrit sur chacune le nom de son maître. Et quand ce sera ton tour d’être au pouvoir, rends-la à son possesseur, pour que tes sujets te bénissent et t’aiment. »

    Par cette citation, en plus de vanter l’intelligence du calife, Tiqtaqa met le doigt sur un très intéressant point au sujet de l’élaboration de la politique posthume d’Al Mansur ; ce dernier souhaite protéger l’intégrité du califat. N’oublions pas que c’est par le soutien du peuple qu’As Saffah devient calife, et Al Mansur tient à conserver ce soutien pour son fils. À cette époque le peuple est une arme, et les soulèvements nombreux, conserver son soutien est une nécessité pour ces grands califes, et ce surtout dans l’islam où les mouvements contestataires sont très nombreux.

    Enfin, le second calife des Abbassides eut une grande partie de son règne bercée par beaucoup de révoltes, une nécessité visiblement vu que celui qui posera les bases au-dessus des fondations de son prédécesseur. Or, la première contestation semble dater d’après la plupart des sources de 755 ; l’oncle du calife se rebelle souhaitant le renverser. À cela le calife répond par l’envoi d’Abou Mouslim qui écrase les rebelles très vite avant de rentrer au Khorasan. Voyant sa puissance augmenter à vue d’œil, Al Mansur craintif redoute de plus en plus l’ennemi qu’il voyait en la personne du chef militaire depuis l’arrivée de son frère au pouvoir, et médite déjà à son élimination. Abou Mouslim après la bataille du grand Zab est un personnage très populaire dans le Khorasan qui reste un réservoir notable d’hommes et de fidèles au régime. Mais son assassinat s’accélère très vite suite à une série d’incidents diplomatiques du calife envers son général qui devient de plus en plus hostile envers ce dernier. Al Mansur réussit à mettre en confiance le chef de guerre avec qui il souhaitait discuter, avant de l’insulter « D’abou Moujrim » (père du crime) et de l’assassiner à coup de sabre.

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/abou-muslim-al-khorassani.jpg
    Abou Mouslim et son armée

    Une réaction ne tardait pas à arriver cependant, et se démarque alors un nouveau mouvement qui restera actif jusqu’en 783 : « Les compagnons dabou Mouslim ». Les premiers représentants se rebellèrent en 755 et en 757. Nous parlerons ici du plus référencé, la révolte de Sindibad de Nichapur, ministre des Finances du gouverneur du Khorasan, anciennement Abou Mouslim. Il réunit une armée massive que l’on peut établir à plus de 60 mille hommes peut entraîner, mais constituant une armée colossale pour un mouvement de révolte. Ce n’est qu’une approximation malheureusement du côté des révoltés, faite selon le nombre de morts, par des sources peu précises malheureusement. En représailles au mouvement qui s’adonnait à des pillages au nord de l’Iran, Al Mansur envoya 10 mille cavaliers pour intercepter les pillards à Hamadan. C’est une armée peu grande par rapport aux forces ennemies, mais la victoire de la bataille reste anecdotique : Nichapur avait capturé des milliers de femmes qu’il avait mis à dos de chameau, et celles-ci restaient en arrière du convoi. L’armée abbasside par une habile manœuvre réussit à surprendre les chameaux qui cabrèrent semant la zizanie dans les rangs ennemis qui fuyaient ou se désorganisaient. Les cavaliers en profitèrent pour semer une charge tuant 60 mille hommes, ce qui permet de penser que l’armée était supérieure en nombre avant les désertions en nombre.

    Bataille de Hamadan

    [table]
    [tr]
    [td]Belligérants[/td]

    [td]Compagons d’Abou Mouslim[/td]

    [td]Armée Abbasside[/td]
    [/tr]
    [tr]
    [td]Forces avants la bataille[/td]

    [td]Plus de 60 milles hommes[/td]

    [td]10 milles hommes[/td]
    [/tr]
    [tr]
    [td]Pertes[/td]

    [td]60 milles hommes environs (désertions non comptés)[/td]

    [td]Presque aucune[/td]
    [/tr]
    [tr]
    [td]Forces après la bataille[/td]

    [td]Aucune force, bataille d’annihilation[/td]

    [td]environ 10 milles hommes[/td]
    [/tr]
    [/table]

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/1d/Hamadan_in_Iran.svg/langfr-280px-Hamadan_in_Iran.svg.png
    Bataille de Hamadan

    Mais ce ne sera pas tout, dans le cadre des révoltes sous ce calife, les chiites eurent aussi leur tour. En représailles à la persécution califale sunnite, les chiites se révoltent sous les personnages les plus connus de Mohamed et Ibrahim. Mohamed en 756 se révolte avec une faible troupe à Médine. Le calife ne tarda pas à répondre en envoyant une armée massive qui écrasera les troupes de Mohamed avant de le tuer. Son frère Ibrahim pour le venger se révolte à Bassorah levant 18 mille hommes, le calife en envoie 15 milles pour se battre. La bataille est peu expliquée mais elle sera très sanglante laissant pour total 500 abbassides survivants contre une armée ennemie entièrement détruite. On ne peut se demander si cela serait vraiment une victoire mais elle reste concluante pour le calife et l’aspect de représailles qu’elle aura sur les Alides qui se révolteront moins, afin de se faire plutôt traquer.

    Bataille de Bassorah

    [table]
    [tr]
    [td]Belligérants[/td]

    [td]Armée d’Ibrahim[/td]

    [td]Armée Abbasside[/td]

    [/tr]
    [tr]
    [td]Forces avants la bataille[/td]

    [td]18 milles hommes environ[/td]

    [td]15 milles hommes environ[/td]

    [/tr]
    [tr]
    [td]Pertes[/td]

    [td]Inconnue mais la bataille reste annihilante[/td]

    [td]14 500 hommes environ[/td]

    [/tr]
    [tr]
    [td]Forces après la bataille[/td]

    [td]Aucune force, bataille d’annihilation[/td]

    [td]Environ 500 hommes[/td]
    [/tr]
    [/table]

    Enfin pour conclure sur le sujet de la persécution chiite, il est intéressant de noter que les dénonciations étaient très répandues dans ces cas-ci, et que beaucoup de chiites ont été exécutés pour ces raisons-ci. Ensuite, on remarque les exécutions varient selon les chiites visés. Les grands et vigoureux avaient reçu les pires châtiments comme certains chiites qui furent emmurés vifs.
    Petite anecdote intéressante, lorsque l’émirat de Cordoue à peu près dominé par les Abbassides par une sorte de lien de vassalité, le califat négocia avec Pépin le bref afin d’à défaut de bâtir une alliance, protéger le domaine abbasside toute attaque de Cordoue afin de garder la région sous la domination abbasside. Peu de sources en parlent donc aucun développement ne peut être effectué à ce sujet.

    https://download.vikidia.org/vikidia/fr/images/thumb/3/3d/Coras_del_Emirato_de_C%C3%B3rdoba.svg/300px-Coras_del_Emirato_de_C%C3%B3rdoba.svg.png

    L’un des événements marquants du règne d’Al Mansur fut la construction de la grande cité de Bagdad. Al Mansur souhaitant changer de capital en plus de bâtir une cité à son nom, décida de quitter Al Anbar et Koufa dont il se méfiait des habitants afin de rechercher un endroit où placer sa nouvelle capitale. Ses conseillers lui conseillèrent la place de Bagdad, un petit village très bien place entre le Tigre et l’Euphrate (le village est notamment placé sur le Tigre). On y observe des avantages prestigieux, économiques et militaires : la ville se trouve tout d’abord proche de Ctésiphon, ancienne capitale des Sassanides, ensuite, la place de la ville est stratégique économiquement car placé entre Perse et Égypte, et servira de plaque tournante du commerce (cela se prouvera particulièrement sous Haroun Ar-Rachid). De plus, la ville est protégée par deux fleuves autant à l’est qu’à l’ouest.

    http://www.alloprof.qc.ca/ImagesDesFiches/7000-7499-Histoire-premier-cycle/7051/7051i1.jpg

    Le calife réuni donc de grands savants et de grands artisans et débute la construction de la ville en 762. Il y allouera 4 millions de dirhams (à l’époque c’est une monnaie d’argent) pour un résultat probant en 763 ; une ville très bien reliée apparaît qui prendra pour nom successivement Bagdad à sa fondation (Zawra pour certain), « Madinat Al Mansur » (la ville de Mansur), « Dar As-Salam » (maison de la paix), puis de nouveau Bagdad. La ville dispose d’un palais au centre quelques quartiers de fonctionnaires puis un mur rond qui donnera le surnom de ville ronde à la ville. Ensuite, les habitants viendront s’installer autour de la ville ronde avant de former la nouvelle capitale de l’empire.

    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/bagdad.jpg
    https://histoireislamique.files.wordpress.com/2014/04/abbasid_baghdad.jpg

    Pour achever cette partie sur le calife Al Mansur, intéressons-nous à la politique interne et dynastique de l’Empire avant la mort d’Al Mansur. On ne remarque aucune nouveauté au sujet de la politique envers les vizirs, qui lorsque deviennent trop puissants sont assassinés, mais au sujet de l’héritage dynastique, cela change. Issa, le fils ainé du calife normalement destiné à la couronne se fait écarter par son père pour son frère Al Mahdi. Courroucé celui-ci risquait de prendre les armes, mais son père agit habilement et le força à abdiquer par divers moyens de pressions. C’est un succès, Issa abdique et Al Mahdi et le nouveau héritier.

    Le règne du calife s’achève lorsqu’en 775 meurt ce dernier à quelques kilomètres de La Mecque, où il devait y faire le pèlerinage. À un âge relativement avancé, ses victoires marqueront son règne, qui laissera place à celui de son fils Al Mahdi, que nous observerons dans la prochaine partie.

    Prochaine partie sur Al Mahdi, dans quelque temps

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    N’hésitez pas à poser des questions sur les points flous, ou des points non précisés!

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Bon (pour pas trpp faire de post je vais supprimer le précédent), désolé pour le retard mais ce sera plus long que prévu, je suis en train de grossir les rangs de ma bibliographie et en purger quelques un (certains ouvrages ont des vues trop globale sur certains points ce qui me corse l’affaire). En tout les xas je cherche encore de quoi augmenter la qualité du travail que vous avez devant vous pour les suites et plus de textes d’époques pour illustrer mes propos. De plus, ces temps ci j’ai réussi à faire quelques emplettes et peut désormais commencer à m’éloigner de la grande ligne de tabari et de la chronique en général (contrairement à wikipedia visiblement). Toutefois il est possible que ce début d’éloignement soit visible dans le texte qui viendra, alors n’hésitez pas à me prévenir si c’est le cas. Sinon, je suis ouvert à la proposition bibliographique (plus y en a mieux c’est), alors n’hésitez pas. Sur ce je reviens y travailler^^

  • Participant
    Posts323
    Member since: 4 novembre 2016

    C’est déjà de très bonne qualité alors je t’encourage à prendre ton temps pour faire encore mieux 😉

  • Participant
    Posts1768
    Member since: 8 septembre 2015

    Merci Second Empire!

    La suite bientôt, mais je tiens à avertir; les 2 prochains califes c’est de la gnognotte! On va parler de guerres dynastiques et de rebellions en chaîne pour la suite. Par contre, je pense qu’il serait nécessaire que je parle du chiisme pour préparer la suite. Qu’en pensez vous? Est-ce une bonne idée?

18 sujets de 1 à 18 (sur un total de 18)

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