Post has published by Vinmole

Ce sujet a 22 réponses, 12 participants et a été mis à jour par  kymiou, il y a 4 ans et 9 mois.

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    La chevalerie

    Évoquer la chevalerie, c’est éveiller dans l’esprit du grand public des images de batailles rangées et de sièges, de nobles héros revêtus de splendides armures et brandissant des étendards flamboyants ; de fastueux tournois où les chevaliers s’affrontent et rivalisent d’adresse pour gagner gloire et honneur. Ces images, si elles ne sont pas totalement erronées, renvoient davantage à une réalité qui a cours à la fin du Moyen Age, entre les XIVe et les XVe siècles. Ce n’est en effet qu’à partir de cette époque qu’apparaissent les armures complètes, les harnois blancs et que chevalerie se confond avec noblesse. Or les choses sont bien différentes dans les premiers temps de la féodalité, entre les XIIe et XIIIe siècles, qui constituent pourtant l’âge d’or de la chevalerie.
    En réalité, la notion même de chevalerie est parfois ambiguë. Si le terme de chevalier désigne à l’évidence, et ce dès l’origine, un guerrier à cheval, le chevalier n’est pas cavalier, ou du moins pas uniquement. En effet, l’existence et la spécialisation de guerriers montés réunis en clientèle autour de seigneurs est déjà un phénomène ancien ; or la chevalerie qui naît des bouleversements économiques, politiques et sociaux qui affectent l’Europe du Haut Moyen Age est une pure création de la société médiévale. Deux modifications des structures politiques survenues aux alentours de l’an mille permettent, pour l’essentiel, d’expliquer la formation, au sein de la société, d’un corps nouveau et cohérent qui nécessitait l’emploi d’un terme spécifique pour le désigner. D’une part la désagrégation de l’empire carolingien qui provoque la disparition d’une autorité publique au profit de seigneuries privées et d’autre part la volonté de l’Église d’inculquer à la classe guerrière une éthique ou du moins des règles limitant l’usage de la violence. C’est la conjonction de ces deux phénomènes, ecclésiastiques et aristocratiques, qui ont permis de passer d’une classe de simple cavalier à la classe des chevaliers, des soldats dotés d’une déontologie professionnelle, d’une dignité sociale et un idéal aux multiples facettes. Ces éléments n’apparaissent guère avant le début du XIe siècle et c’est donc à partir de cette période uniquement qu’il convient de parler de chevalerie et de chevaliers.
    Si l’image du chevalier sans peur et sans reproche est séduisante, il nous faut ici nous en détacher afin de retracer autant que possible la réalité de ce que fut la chevalerie. Cette chevalerie, c’est d’abord un métier, celui des armes. Exercé par des guerriers d’élite montés qui placent leurs compétences au service d’un seigneur, cette fonction finie par se confondre avec l’aristocratie en raison de coûts de l’équipement et de l’entraînement nécessaire à la maîtrise de ses méthodes de combat spécifiques. Au-delà de l’aspect strictement militaire, la chevalerie c’est aussi une éthique, une déontologie, fondée sur l’obéissance, la loyauté, le courage mais aussi le devoir de protection des faibles, des veuves et des orphelins que professe l’Église.
    Afin de bien cerner ces différentes caractéristiques, nous retracerons en premier lieu les origines de la chevalerie avant d’en voir les spécificités en tant que classe guerrière.
    Nous verrons ensuite de quelle manière la chevalerie s’intègre à la société médiévale puis, enfin, nous traiterons du comportement chevaleresque.

    Les origines de la chevalerie

    Les origines lointaines de la chevalerie : héritage romain et valeurs guerrières germaniques

    Durant les trois siècles qui précèdent le début du Moyen Age, trois acteurs principaux se partagent le devant de la scène. L’Empire romain d’abord, qui forme la base culturelle et démographique de l’Europe occidentale. Les peuples barbares ensuite qui infiltrent le limes plus ou moins pacifiquement avant de prendre contrôle des restes de l’Empire lorsqu’en 476, celui-ci s’effondre. Enfin la religion chrétienne qui gagne en importance dans les sociétés romaines et barbares et qui constitue finalement le seul élément d’unité de ce qui deviendra la chrétienté occidentale. Chacun de ces acteurs a contribué, d’une manière ou d’une autre, à la naissance de la chevalerie.

    L’héritage romain

    Rome, par ses conquêtes mais aussi par sa langue, ses institutions, son droit, sa culture, constitue la base culturelle et géographique de ce qui deviendra l’Occident médiéval. A en croire les auteurs ecclésiastiques médiévaux, profondément imprégnés de culture antique, la chevalerie aurait ses racines profondes dans ce terreau romain. Parmi ces auteurs, on peut notamment citer Richer de Reims qui, à la toute fin du Xe siècle, fait référence à l’ordre équestre. Cet ordre équestre, fondé par Auguste, regroupe des aristocrates de l’empire romain. Toutefois, cette piste mène à une impasse puisque Richer oppose justement aux nobles qui composent l’ordre équestre aux soldats qu’il considèrent comme inférieurs. La noblesse franque dérive donc de la noblesse impériale (du moins selon Richer) mais ce n’est aucunement le cas de la chevalerie. De même, il ne semble pas possible de considérer que l’armée romaine, et notamment sa cavalerie, soit à l’origine de la chevalerie. En effet, dans l’armée romaine, la cavalerie n’a pas de caractère traditionnelle ni honorifique. L’armée romaine repose essentiellement sur de l’infanterie, la cavalerie qui ne joue qu’un rôle secondaire, est d’ailleurs essentiellement constituée d’auxiliaires barbares. Au Ve siècle, alors que l’empire vit ses dernières heures, l’armée romaine est depuis longtemps composée d’un grand nombre de barbares romanisés qui forment un premier rempart contre les invasions barbares. C’est particulièrement le cas de la cavalerie qui, au contact des peuples venue de l’Est a connu certaines évolutions. La confrontation des armées romaines et barbares avait en effet montré les limites de l’organisation militaire romaine qui peinait à faire face aux archers montés venus des steppes d’Europe centrale. De ces difficultés résultèrent d’importants changements en matière de tactique et d’armement. Ainsi, les troupes romaines abandonnent l’épée courte, gladius, et la lance courte, pilum, au profit de l’épée longue à double tranchant et de la lance javelot. En outre, le recrutement d’éléments barbares s’intensifie, notamment sous Aurélien. A sa suite, Théodose confie la protection des frontières à des peuples barbares installées en territoire romain avec leurs propres rois si bien qu’au moment ou l’Empire s’effondre, son legs est davantage culturel, administratif et juridique que militaire, domaine dont Rome s’est largement déchargée au profit des barbares. Ce n’est donc pas la Rome impériale qui fonde la chevalerie médiévale mais davantage les traditions guerrières des peuples barbares.

    Les valeurs guerrières germaniques

    Contrairement à la société romaine, la société germanique est fondamentalement guerrière, elle exalte l’usage des armes et les vertus militaires. A ce titre, elle forme l’embryon de la future chevalerie que l’on retrouve notamment dans le vocabulaire et les pratiques guerrières. En effet, l’entrée dans l’assemblée des hommes libres se fait par l’accomplissement d’une cérémonie et le prononcer d’un serment sur l’épée qui n’est pas sans évoquer la cérémonie de l’adoubement. Par ailleurs, le guerrier germain se doit de prouver sa valeur en suivant aveuglément son chef au combat où il pourra acquérir gloire et honneur.
    Pour ces barbares, la vaillance n’est pas qu’une qualité morale que l’on développe par l’entraînement mais également une forme de charisme, une force magique que l’on acquiert au travers de cérémonies mystiques dont le but est de faire ressortir la part animale, bestiale, du guerrier. C’est là l’origine du guerrier berserk, qui possède la faculté de se métamorphoser (métaphoriquement parlant) en animal et d’acquérir ainsi ses qualités physiques. On retrouve encore, en plein Moyen Age, une survivance de ces croyances dans les surnoms donnés aux guerriers fameux (Richard Coeur de Lion par exemple) ainsi que sur les blasons.
    Outre cela, des éléments tels que le compagnonnage guerrier ou la sémantique – la majeure partie du vocabulaire militaire français est issu de l’ancien francique et non pas du latin qui forme pourtant la base de notre langue – laissent apparaître une continuité entre traditions guerrières germaniques et chevalerie.
    Ces caractéristiques annoncent bel et bien les valeurs chevaleresque qui seront celles de l’Occident médiévale. Il faut cependant nuancer ces propos. En effet, la chevalerie, si elle doit beaucoup aux traditions guerrières des peuples barbares, ne découlent pas en droite ligne d’eux. Les forces barbares sont constituées essentiellement de fantassins, surtout dans les cas des Anglo-Saxons et des Francs. On note cependant que l’usage de la cavalerie se développe chez les Goths, les Alamans, les Lombards qui reprennent des tactiques inspirées des Scythes puis des Huns. Il s’agit essentiellement d’une cavalerie légère équipée d’armes de jet ou de trait qui attaque soudainement avant de se retirer en simulant sa fuite pour entraîner ses adversaires dans un piège. Toutefois les Ostrogoths développent également une cavalerie lourde spécialisée dans le combat en mêlée. Les cavaliers n’ont pas d’étriers et tiennent leur lance tendue à bout de bras, usant d’une technique peu efficace mais qui semble être à l’origine de celle qui sera plus tard utilisée par les cavaliers francs.

    Les changements structurels à l’origine de la chevalerie

    La désagrégation de l’autorité publique centrale

    La mort de Charlemagne marque le début du déclin de l’empire carolingien. Le traité de Verdun, en 843, marque en effet le partage du territoire impérial et ainsi que le début de longues querelles entre les héritiers. Ni les moyens de l’administration ni les mentalités n’ont permis à l’empire immense de survivre à ceux qui, grâce à leur force et leur charisme, avait su le bâtir. Charlemagne lui même avait bien compris qu’une administration entièrement centralisée n’était pas à même de gérer toutes les terres conquises. C’est pourquoi il a dû concéder et encourager la formation de principautés territoriales dirigées par des vassaux sous serment. Dès le milieu du IXe siècle, l’aristocratie en charge de ces principautés se détache peu à peu du pouvoir royal pour administrer les terres qui leurs avaient été confiés en comtés ou en seigneuries autonome en se reposant sur des hommes d’armes, les milites. Par ailleurs, plusieurs vagues d’envahisseurs viennent s’abattre sur les frontières de l’empire. Les pressions exercées par Sarrasins au Sud, les Normands au Nord et les Hongrois à l’Est contribuent dans une certaines mesure à affaiblir le pouvoir central, incapable de résister. Pour les contrer, comtes et les ducs lancent la construction de châteaux qui deviennent le siège mais aussi la manifestation du pouvoir public local. Ces seigneurs tiennent leurs terres du roi. En échange de ces biens fonciers, le roi exige de ses vassaux un serment. Par ce serment, les vassaux du roi s’engagent à ne pas nuire à ce dernier, à lui prêter assistance en lui adressant conseils ou aide, y compris militaire. Ce service militaire comprend le devoir de l’assister par les armes, de l’escorter, de défendre ses châteaux et de répondre à ses convocations pour participer aux opérations militaire en levant l’ost. L’assistance peut également être financière. S’il y a toujours un roi, unique et sacré par l’huile sainte dont l’oint l’archevêque de Reims, celui-ci voit petit à petit son pouvoir décliner face à celui, grandissant, des grands vassaux. Ces derniers ne se privent pas de s’octroyer les prérogatives régalienne, battant la monnaie et administrant la justice en leur nom propre. Le Royaume de France est ainsi divisé en une douzaine de principautés et des centaines de châtellenies. La multiplication des pouvoirs locaux entraînent logiquement une multiplication des petits conflits et des guerres privées. Davantage que des batailles rangées, on opère alors par coup de main, attaque éclairs et razzia. Quoi de mieux pour répondre à ces besoins que des troupes de cavaliers professionnels, rapides et disponibles. Ainsi commence le temps des princes et des châtelains, des seigneurs et des chevaliers.

    L’attitude de l’Église face à la guerre

    Autour de l’an mil, du fait de l’effondrement de l’autorité publique centrale et de la multiplication des guerres privées, naît un fort climat d’insécurité, notamment en Aquitaine et dans le Midi de la France. Devant la faiblesse du pouvoir royal, l’Église tente de prendre des initiatives visant à limiter les débordements de violence. Les premières de ces tentatives consistent en l’organisation d’assemblées publique où les guerriers viendraient prêter serment d’épargner églises et démunis. Le serment se fait généralement sur des reliques saintes et sa violation est puni par l’excommunication. Des recherches récentes tendraient cependant à nuancer l’étendue de ces initiatives. En effet, le but premier de l’Église aurait été, avant de protéger le peuple des exactions seigneuriales, de défendre les possessions et les richesses ecclésiastiques. Ainsi libre au seigneur de piller ses terres propres, dans la mesure où les sources de revenues des églises et des abbayes n’avaient pas à en souffrir (cette protection peut tout de même s’étendre à d’autres, comme les marchands ou les petits paysans). Ces institutions de paix ne visent donc pas à interdire ou à réprimer la pratique du métier des armes, notamment par des professionnels de la guerre agissant au nom d’une autorité publique, mais à la limiter aux seuls hommes d’armes, aux bâtiments à vocation militaire. Cependant, le fait que l’Église tentent ainsi de s’adresser directement à la classe guerrière et non plus au dirigeant semble bien prouver qu’il y a là tentative d’inculquer à cette dernière un semblant d’éthique guerrière.
    La « trêve de Dieu » va plus loin dans ce processus de pacification ou plutôt de limitation du recours à la violence en instituant des jours sacrés durant lesquels les combats sont interdits. Cette initiative voit le jour dès le XIe siècle en Catalogne puis dans le Midi avant de se répandre dans l’ensemble de l’Occident chrétien. Ainsi, il devient interdit de combattre le dimanche et les jours de fêtes religieuses. Cette interdiction s’étend ensuite du mercredi soir au lundi matin, en souvenir de la semaine sainte. Il devient également répréhensible de faire couler le sang d’un chrétien. La mise en place de ces institutions de paix va finalement favoriser la mise en place d’une déontologie, d’une éthique guerrière qui tendra largement à créer la distinction entre guerriers et chevaliers. Cependant, l’apparition d’une nouvelle classe de combattants doit beaucoup à l’évolution de techniques d’escrimes et à l’apparition de nouveaux équipements.

    La guerre, fonction première du chevalier

    Avant tout, le chevalier est un professionnel de la guerre, le métiers des armes reste sa raison d’être. Afin de déterminer ce qui fait les spécificités du chevalier au combat, nous verrons en premier temps la transition entre cavalier et chevalier avant de se pencher sur le comportement du chevalier à la guerre.

    Du cavalier au chevalier

    Usage de la cavalerie avant le XIe siècle

    On l’a dit, les armées romaines n’usaient que peu de la cavalerie. Force secondaire, reléguée aux ailes, elle est principalement composée d’auxiliaires barbares. Si ces barbares apportent avec eux de nouvelles méthodes de combats et des équipements nouveaux, la cavalerie conserve durant plusieurs siècle un rôle mineur dans les affrontements. Ainsi, en 732, lorsque Charles Martel stoppe l’avancée d’un raid sarrasin aux alentours de Poitiers, il se repose essentiellement sur un carré de combattants à pieds sur lequel les assauts répétés viennent se briser.
    Cependant, à compter de l’époque carolingienne, la cavalerie lourde prend une place de plus en plus importante au sein des armées. Plusieurs éléments peuvent contribuer à expliquer ce phénomène. D’une part les expéditions militaires hors des frontières de l’empire rend nécessaire des troupes à la mobilité accrue. D’autre part, se développe à cette époque la tactique de la prise en tenaille qui nécessite, dans sa mise en œuvre, l’usage de deux corps d’armée capables de progresser rapidement. Enfin, il est vite apparu que l’usage de troupes montées et lourdement protégées tend à effrayer les forces adverses.
    Il faut cependant nuancer le rôle de la cavalerie car nombreux sont les cavaliers qui mettent encore pieds à terre lorsque le moment est venu de combattre. Le cheval est alors essentiellement un moyen de transport pour le guerrier qui permet, outre une mobilité accrue, la préservation des énergies du soldats à la veille de l’affrontement.
    Outre la modification des structures politiques que nous avons abordé précédemment, les éléments principaux qui concourent à l’évolution de la cavalerie lourde sont l’apparition de nouvelles méthodes de combats et de nouveaux équipements.

    Nouvelle escrime, nouveaux équipements

    La principale évolution de méthode de combat de cavalerie consiste en l’adoption d’une nouvelle escrime de la lance. Cette escrime fait la part belle à la charge avec une lance tenue en position horizontale fixe. Cette méthode naît au XIe siècle et s’impose en occident durant le XIIe siècle. Les acteurs majeurs de cette diffusion sont certainement les normands qui en illustrent l’usage sur la tapisserie de Bayeux. Voici comment le prince syrien Usâma ibn Munqidh décrit cette méthode : « assurer la lance, une bonne fois pour toutes calée sous le bras, contre le flanc, éperonner son cheval, coller à lui, et le laisser faire le reste ». L’importance de cette nouvelle méthode est grande car elle est la seule méthode de combat qui soit exclusivement chevaleresque. En effet, avant cette période, le combat à cheval ne se différencie guère du combat à pieds, les techniques de lance employées à pieds sont transposées à la cavalerie. La nouvelle méthode est radicalement différente car la main n’exerce plus aucun mouvement. Elle ne sert plus qu’à tenir la lance et à assurer la précision du coup ; seule la vitesse du cheval donne sa force à l’impact. Dans cette technique, la hampe de la lance est calée sous l’aisselle et maintenue en position horizontale fixe jusqu’au moment de l’impact. C’est la main du cavalier qui assure la précision du coup mais seule la vitesse du cheval procure sa force à l’impact. Comme on l’imagine, cette force est considérable et elle oblige le cavalier à tenir très fermement sa lance sous peine d’être lui-même désarçonné par la puissance du choc. Pour affermir la tenue de la lance mais également la protection des cavaliers face à la force de cette technique que de nouveaux équipements font leur apparition.
    L’étrier et la selle à arçon d’abord, qui permettent au cavalier de gagner en stabilité et de rester en selle malgré la violence de la charge. Plus tard, l’ajout sur la lance d’une butée de main et d’un arrêt de cuirasse permettront d’améliorer encore la tenue de la lance lors de l’impact. En outre, l’incroyable force de pénétration d’une lance employée de cette manière rend très vite obligatoire le développement de nouvelles armures. La broigne est remplacée par la cotte de maille, le casque est remplacé par le heaume. A partir du XIIIe siècle, des plaques de métal rigides viennent renforcer les hauberts sur les points vitaux. Au milieu du XIVe siècle, apparaît la cuirasse compacte, qui, au siècle suivant, donne naissance au harnois blanc qui recouvre la totalité du corps.
    La chevalerie utilise désormais sa méthode de combat caractéristique ; elle seule l’utilise et elle n’est efficace que contre des adversaires qui la pratiquent aussi.

    Bibliographie :
    GAUTIER Léon, La chevalerie, éd. Pardès, collection Galaad, 1988
    FLORI Jean, La chevalerie, éd. Jean-Paul GISSEROT, 1998
    FLORI Jean, Chevalerie et chevaliers, éd. Hachette, Paris, 1998

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    J’ai jeté un coup d’oeil (je regarderai ça en détail ce soir) et ce dossier a l’air vraiment très bien. Il serait peut être judicieux d’y insérer une ou deux images (comme ça on pourra l’intégrer à la table des matières des dossiers), mais il est surtout primordial de citer tes sources (à moins que tu n’ais prévu de les insérer une fois le dossier fini).

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    J’envisageais de mettre les sources à la toute fin mais ça ne me gêne pas de les mentionner desuite, si ça peut servir à quelqu’un.

    Merci pour ton intérêt !

  • Participant
    Posts144
    Member since: 24 août 2012

    Ce dossier à l’air très prometteur, plein de choses intéressante à apprendre, je le suivrai avec intérêt. 😉

  • Participant
    Posts754
    Member since: 31 octobre 2012

    Merci de ce dossier interessant.

    J’apporterai une mini correction sur la partie suivante

    Pour ces barbares, la vaillance n’est pas qu’une qualité morale que l’on développe par l’entraînement mais également une forme de charisme, une force magique que l’on acquiert au travers de cérémonies mystiques dont le but est de faire ressortir la part animale, bestiale, du guerrier. C’est là l’origine du guerrier berserk, qui possède la faculté de se métamorphoser (métaphoriquement parlant) en animal et d’acquérir ainsi ses qualités physiques.

    Tel que je le dis ici, les berskers ne sont pas une caste ni une categorie de guerrier, mais bien plus des gens qui ont ete initie a la rage sacree du shaman. On est bien plus pres d’un aspect mystique que militaire. Ils sont les guerriers-shaman “magiques” des armees.

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Je suis bien d’accord mais à vrai dire je ne parviens pas à discerner la différence que tu fais entre nos deux explications.

  • Participant
    Posts754
    Member since: 31 octobre 2012

    blamons ma lecture peut-etre rapdie mais j’ai cru comprendre que tu parlais de l’ensemble des guerriers germaniques, alors que je souligne le moindre nombre des berskers.

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Je te conseille le livre de Georges Duby, Guerriers et paysans VIII-XIIèmes siècles. C’est plus de l’économie et du social (et un peu vieux) mais est très bien concernant les relations de la période féodale.

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Personnellement, je viens de lire tout d’une traite, et c’est vraiment très bien expliqué. Pour ma part, j’ai apprit beaucoup, car je ne faisait pas la distinction entre la chevalerie et la cavalerie féodale. Vivement la suite 😀

    PS : Une question cependant, tu ne parles pas de la cavalerie lourde de Charlemagne, qui inspira peut être les toutes premières cavaleries féodales tel que celle des bretons et normands, et qui firent la différence à Hastings. Est ce volontaire, ou est ce que je me trompe dans cette analyse?

  • Participant
    Posts2169
    Member since: 12 avril 2012

    Je trouve que ton dossier est assez intéressant, même si je connais déjà la majorité de ce que tu dis en ayant lu La Chevalerie de Dominique Barthélemy. Il est très bien écrit, et même si il est long, il se lit d’une traite !

    Seuls bémols :
    -Pourrais tu améliorer la lisibilité en ajoutant images et saut de lignes entre chaque paragraphe ?
    -Je rejoins Saganami, tu ne parles pas de Charlemagne, alors que si je me souviens bien, c’est lui qui ajoute l’épée à la lance du noble Franc. (j’en suis plus trop sûr)
    -Tu ne parles pas non plus des premier adoubements entre les successeurs de Clovis.

    J’espère que tu considérera ces critiques comme constructives 😉 Si tu n’es pas d’accord sur les deux derniers points, lance un débat plutôt que de faire ça dans ton sujet, que je préférerais consacré entièrement au dossier, pour la lisibilité (j’ai cru comprendre que tu prépares une suite)

    Bien joué en tous cas, ton dossier est génial

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Pour l’épée j’en doute. Elle a souvent été un symbole de puissance et d’autorité. La tombe du père de Clovis (me souvient plus du nom sur le coup) avec été enterré avec une notamment.

    Par contre je suis d’accord, avec Charlemagne la cavalerie prend de l’importance, ainsi que le développement des relations vassaliques, combinaison dont nait la chevalerie.

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Tout d’abord je vous remercie pour l’intérêt que portez tous à ce dossier.

    Concernant le lisibilité, je ferai ce que je peux, sachant que je ne saute pas de ligne entre les paragraphes, éventuellement un alinéa (la fonction n’existe pas, je mettrai des espacements).

    Sur le fond maintenant, pas d’inquiétude, j’ai bien prévu de parler de l’essor de la cavalerie lourde (sous Charlemagne donc).
    La question de l’adoubement devrait également être abordée mais bien plus tard.

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Je viens de rajouter le début de la partie suivante qui traite de l’essor de la cavalerie lourde.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Les premiers à utiliser la charge lance baissée ce sont bien les Normands (vu la référence à Hastings?)
    C bizarre que tu parles d’un prince syrien, les arabes refusent plus le contact, à cheval, non?

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Ce prince s’attache à décrire la méthode de combat qu’il a observé. Lui même et les siens ne la pratiquent pas.

  • Participant
    Posts2724
    Member since: 12 avril 2012

    Les premiers à utiliser la charge lance baissée ce sont bien les Normands (vu la référence à Hastings?)
    C bizarre que tu parles d’un prince syrien, les arabes refusent plus le contact, à cheval, non?

    Non à Hastings les chevaliers normands (et francs, et bretons) n’utilisent pas encore la lance couchée. La technique se développe cependant entre 1066 et 1085 vu qu’elle est utilisée lors de la Ière Croisade.

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    En fait, sur les tapisserie apparaissent les deux types de tenues de lances : couché à l’horizontale ou le bras levé, orientée vers le bas. La première technique ne deviendra la référence qu’après.
    Il est clair que la cavalerie lourde est déjà une référence (elle eu certes du mal à percer le mur de bouclier et il fallut une feinte de fuite pour obtenir la décision, mais les charges répétées montrent son importance dans la tactique employée par Guillaume), et ce sans doute initié par les succès de Charlemagne, comme Vinmole l’a bien fait remarqué.

    En tout cas, merci pour cette seconde partie. Juste une question, est ce que tu compte intégrer des images plus tard?

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 23 avril 2012

    J’aime autant ton dossier que ton avatar :p

  • Participant
    Posts860
    Member since: 1 mai 2013

    Très bon dossier Vinmole, il est en effet très complet et bien fournis !
    J’ai cependant (il fallait s’y attendre 😉 ) une petite objection : Qu’en est-il du rôle de l’étrier ! Sa diffusion à l’époque de Charles Martel et Pepin le Bref est cruciale dans le développement des techniques de combat chevaleresques : il est désormais possible d’avoir une assiette suffisamment stable pour devenir un véritable “projectile”, supporter le choc.

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Merci pour cette appréciation ^^. Malheureusement je n’ai jamais pris le temps de finir ce dossier. J’ai bien quelques notes qui traînent dans un coin mais suite à un déménagement je n’ai plus accès à l’excellente bibliothèque universitaire de Strasbourg !

    Concernant l’étrier, je ne l’évoque que brièvement au second paragraphe de la partie intitulée Nouvelle escrime, nouveaux équipements.

  • Participant
    Posts2179
    Member since: 16 avril 2012

    Il existe une anecdote intéressante qui révèle l’état d’esprit que certains chevaliers pouvaient avoir.
    Lors de la bataille de Bouvines, sur le flanc gauche coalisé, les chevaliers flamands faisaient face à une partie de la chevalerie française, renforcée par des unités de sergents montés. Au début du combat, les Français s’avancent pour charger. Sauf qu’ils n’envoient que les sergents et pas les chevaliers. A ce moment-là, les Flamands refusent de charger à leur tour car ils méprisent ces non-nobles qui osent leur foncer dessus. Résultat: les Flamands encaissent la charge sans réagir et lorsque le chevaliers français attaquent, ils ne peuvent pas manœuvrer à cause des sergents qui les gênent. Les Flamands perdent donc le combat et s’enfuient, laissant la gauche des coalisés sans défense.

    Décidemment, l’orgueil fut sûrement le plus grand ennemi de la chevalerie.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Les Flamands, à l’époque ce n’étaient pas surtout de l’infanterie armée de milice armée de piques?

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 20 juillet 2013

    Les Flamands, à l’époque ce n’étaient pas surtout de l’infanterie armée de milice armée de piques?

    Ne confondons pas la chevalerie des Flandres, féodaux des plus classiques entourant le comte Ferrand, et les milices communales qui s’illustreront brièvement un siècle plus tard.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

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