Post has published by Maxsilv

Ce sujet a 49 réponses, 17 participants et a été mis à jour par  kymiou, il y a 11 mois et 3 semaines.

25 sujets de 1 à 25 (sur un total de 50)
  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Dossier : La bataille de Salamine


    [Voici un petit dossier inspiré d’un commentaire que j’ai fait récemment sur la bataille de Salamine vue par Eschyle, j’espère que j’ai été assez clair et surtout n’hésitez pas à me faire part de tous vos commentaires et éventuelles corrections !]

    Introduction
    En premier lieu, pour resituer la bataille de Salamine dans son contexte, nous sommes en 480 av. J-C, en pleine deuxième Guerre Médique et une armée perse sans précédent et forte de plusieurs centaines de milliers d’hommes, accompagnée par le roi Perse Xerxès Ier en personne et sa flotte, se lance à la conquête de la Grèce continentale. La cité de Sparte organise alors la résistance, mais les forces de la coalition se retrouvent forcées d’abandonner les Thermopyles (la passe qui verrouille l’accès au Sud de la Grèce), après le sacrifice d’un millier de soldats dont 300 lacédémoniens* menés par Léonidas. Profitant du délai accordé par ce sacrifice, l’armée grecque se replie pour défendre l’isthme de Corinthe et verrouiller l’accès au Péloponnèse. Sur mer, après quelques combats indécis à l’Artémission, la flotte grecque se replie elle aussi, mais à Salamine où elle va se décider à mener le combat. Cette bataille maritime est la première documentée de l’Histoire et son déroulement induit des conséquences remarquables que ce soit pour les Perses ou pour les Grecs et plus particulièrement les Athéniens.


    L’itinéraire emprunté par les Perses

    I/Le déroulement de la bataille
    Tout d’abord, concernant le déroulement de la bataille, Eschyle nous rapporte huit ans après les faits, dans sa pièce Les Perses, que la flotte grecque commandée par le stratège athénien Thémistocle possède 330 navires. En face, les Perses alignent quant à eux une flotte forte de 1207 vaisseaux, recrutée dans tout leur immense empire – la flotte grecque fait donc aussi face aux navires des cités grecques soumises au joug perse ! Même s’il semble peu probable pour la flotte médique que tous soient des navires militaires (certains sont sans doute destinés à l’appui logistique ou au transport), la supériorité numérique de Xerxès Ier n’en est pas moins écrasante !

    Ainsi, sur le papier, la victoire perse ne peut qu’être assurée ; néanmoins le détroit situé entre l’île de Salamine et l’Attique est extrêmement étroit et le stratège athénien Thémistocle qui commande la flotte grecque choisit d’en tirer profit pour y amener la flotte perse et mener la bataille. Pour cela il envoie donc un émissaire pour simuler une trahison et annoncer à Xerxès que sa flotte va battre en retraite durant la nuit. Or le roi perse va croire à ce subterfuge et sûr d’en finir avec la flotte grecque va s’engager dans le détroit ; avançant ainsi l’essentiel de sa flotte dans le goulet d’étranglement – en fait il envoie aussi des navires égyptiens bloquer une sortie du côté occidental de l’île. Dès lors, le roi Perse fait installer son trône sur la côte attique pour assister à la bataille.

    La flotte perse est organisée sur trois rangs avant la bataille qui va finalement se déclencher le lendemain matin. Sauf que l’initiative n’est plus côté perse ; en effet, la flotte grecque ne fait en rien une sortie furtive nocturne mais bien une sortie en force diurne ! Apparemment l’aile droite composée des navires spartiates arrive en premier au contact à l’entrée de la passe, tandis que les Athéniens ferment le détroit ; empêchant ainsi toute avancée de la flotte perse qui se retrouve prise au piège. Dès lors, les navires perses ne sont plus manœuvrables et sont donc une proie facile pour une flotte grecque qui elle est libre de manœuvrer à sa guise. La flotte perse se retrouve donc totalement débordée et perd là deux cents navires contre seulement quarante pour les Grecs…


    Schéma du déroulement de la bataille

    II/ La défaite perse
    Ainsi, Xerxès Ier, trop sûr de sa victoire, s’est précipité aveuglément dans le piège que lui ont tendu les Grecs. En effet, à en croire les chiffres avancés par le tragédien Eschyle, Xerxès aligne presque quatre fois plus de navires que les Grecs (1207 contre 310) et même si on peut toujours relativiser le nombre, il est impossible de nier le net avantage quantitatif en faveur des Perses. Sauf que ceux-ci ont surestimé l’impact moral qu’ils avaient eu sur les Grecs en les battant sur terre aux Thermopyles et en les malmenant à l’Artémission, puisqu’ils ne remettent pas en cause la véracité des propos du soi-disant traître grec. Au final, la ruse des grecs fonctionne à merveille et ce surtout grâce à cette grosse erreur d’appréciation de l’adversaire qui pousse le roi perse à foncer tête baissée dans une passe trop étroite pour sa flotte nombreuse.

    Côté perse, les pertes humaines ont beau être considérables et les pertes matérielles très lourdes, c’est surtout une révolte en Perse qui pousse Xerxès à laisser son armée composée de ses meilleurs vétérans en Attique. Sauf que sans la flotte qui regagne rapidement l’Hellespont** pour éviter que le pont de navire conçu pour faire passer l’armée ne soit brisé, l’armée est obligée de retourner en Thessalie pour y prendre ses quartiers d’hiver. En effet, le territoire athénien a été copieusement pillé et sans l’appui logistique maritime, les Perses ne peuvent ni envisager d’engager le combat sur l’isthme de Corinthe ni demeurer ici sans vivres.


    A gauche, un cliché à ne surtout pas avoir en tête

    III/ La victoire grecque
    Enfin, en troisième et dernier lieu, n’oublions pas que le commandement est athénien durant la victoire de Salamine (en effet même si c’est en théorie Sparte qui assure l’hegemon, c’est Athènes qui aligne la quasi totalité des navires et commande en conséquence) ; aussi, au travers de la victoire se cache surtout leur ressenti, car cette bataille est avant tout issue d’un énorme sacrifice pour la cité. En effet, la ville a été abandonnée par ses habitants sur les conseils du stratège Thémistocle et l’armée terrestre perse la pillera allègrement en remerciements. Ce sacrifice a été réalisé afin de pouvoir mener ce combat à Salamine, où s’est d’ailleurs retranchée la majeure partie de la population. Athènes se doit donc de venger l’affront qu’a constitué le pillage de la cité et de ses sanctuaires, mais n’a pas non plus droit à l’erreur puisque si elle perd s’en est fini des espoirs de résister pour la cité et le reste des forces de la coalition.

    Aussi, encore fallait-il qu’Athènes ait les moyens de rivaliser face à la flotte perse, car la ruse ne suffit pas pour remporter la victoire. Or, la cité s’en est donné ces moyens lors de l’archontat de Thémistocle en 483, puisqu’elle a profité des 100 talents*** qu’elle a gagnés avec la découverte d’un filon exceptionnel dans les mines du Laurion. Cet argent lui permet de financer la création d’une flotte de deux cents trières qu’elle alignera à Salamine la majorité des forces navales grecques présentes dans le camp des coalisés ; supériorité qu’elle n’avait jamais eu jusqu’alors et qui lui permettra aussi de faire preuve de cette « manœuvrabilité » supérieure. En effet, il faut savoir que l’instrument de cette victoire est la trière : une embarcation légère et rapide, qui offre le meilleur compromis entre la motricité et les techniques de construction de l’époque. Le navire ne fait que 5 mètres de large en lui-même, mais les 170 rames nécessitent d’avoir suffisamment d’espace pour manœuvrer sans les endommager, ce qui dans la bataille de Salamine est possible pour la flotte grecque qui joue astucieusement sur cet atout face à des vaisseaux perses qui se gênent eux-mêmes et dont les rames s’entrechoquent. Mais surtout, la trière dispose à l’avant d’un éperon, ce qui lui permet de couler ces navires perses dont les rames détruites préalablement leur empêche toute manœuvre.

    La bataille de Salamine marque donc une formidable réussite pour la flotte athénienne qui a mené la Grèce à la victoire (elle aligne les deux tiers des navires présents) et même si elle ne suffit pas à remporter la guerre, on peut être sûr que, si la mer avait été perse, l’armée coalisée sur l’isthme de Corinthe n’aurait pas servi à grand chose. Par ailleurs, Salamine symbolise pour Athènes un triomphe de la démocratie : tous les citoyens ont combattu ensemble dans les trières face à la menace perse (même les plus pauvres : les thètes qui servaient comme rameurs) et c’est ensemble qu’ils ont vaincu les sujets du roi de Perse. La fierté du succès revient donc à tous et pas seulement à la classe hoplitique comme à Marathon dix ans auparavant.


    La trière athénienne

    Conclusion
    Salamine marque donc un succès maritime grec face à l’immense armada perse, notamment grâce à un brillant stratagème athénien et à l’excès de confiance du roi perse Xerxès Ier. Néanmoins, au-delà de la bataille en elle-même, Salamine se distingue par son caractère décisif sur bien des points. En effet, l’armée mède se replie après la bataille, tandis que Xerxès rentre en Perse. Dès lors les Grecs peuvent l’année suivante vaincre celle-ci à Platées et écarter toute menace perse en Grèce continentale. Cela permet ensuite à Athènes de prendre en 478 l’hégémon**** de la Ligue de Délos qui sera la base de son futur empire. Par ailleurs, cette victoire porte le germe d’une radicalisation de la démocratie athénienne et préserve réellement la culture grecque du joug perse ! Toutefois, il convient de relativiser cette idée d’alliance des Grecs contre les Perses, car bien peu sont les cités à se battre au moment de la bataille de Salamine – la Béotie s’étant rendue après la défaite aux Thermopyles, la Thessalie dès le début de l’invasion et nombre de cités de Mer Egée n’ayant pas eu leur mot à dire car sous contrôle des Perses. Cependant, dans les années qui suivent, il est important d’unifier le monde grec derrière cette reconquête de la Mer Egée ; aussi la victoire est-elle donc clairement définie comme une victoire de la Grèce face à la Perse.

    ________________________________________________
    * Lacédémone = autre nom donné à Sparte
    ** Hellespont = nom grec donné au détroit du Bosphore
    *** 100 talents = 600 000 drachmes (la monnaie athénienne de l’époque), c’est-à-dire une somme très importante qui correspond à 2,7 tonnes d’argent !
    **** hegemon = cité qui assure le commandement militaire d’une symmachie (une alliance)

    – – – – – –

    Références bibliographiques :
    AMOURETTI Marie-Claire, RUZE Françoise. Le monde grec antique. Versailles : Hachette Supérieur, 2011, 352 pages. ISBN 978-2-01-146152-0
    LEDUC, Claudine. « THÉMISTOCLE (~524-env. ~459) », in Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 octobre 2012. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/themistocle/
    MOSSE, Claude. Histoire d’une démocratie : Athènes. Paris : Seuil, 1971. « Les guerres médiques », p.30-42. ISBN 2-02-000646
    TREGUIER, Eric. « Trière rime toujours avec mystère », in Guerres & Histoire, juin 2012, n°7, p.90-94.

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 23 avril 2012

    Excellent dossier, que j’agrémenterai d’une info:

    Les pertes s’élève à plus de deux cents navires pour les perses, et près de 40 pour les grec.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Merci Learchusfull, je connaissais ces chiffres et je pensais les avoir précisés, mais en fait non donc je viens de le rajouter 😉

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Tant qu’a faire, j’aimerais ajouter une toute petite précision: un Talent (monnaie) est égal à 27 kilos. Cela permet au lecteur de visualiser la quantité de monnaie que qu’Athènes a gagné avec ses mines. (2,7 tonnes d’or ou d’argent, c’est pas précisé.)
    Au passage, c’est par un subterfuge que Thémistocle réussit à le consacrer à la flotte: sachant qu’il ne serait pas suivi s’il parlait des Perses, Thémistocle a parlé d’une expédition punitive contre une ile rebelle à proximité d’Athènes.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Je rajoute le poids en argent que ça fait, par contre j’ai pas trop pu développer sur les raisons officielles de cette flotte afin de ne pas (trop) me perdre dans les détails 😉

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    C vrai que c’est qu’un détail, mais on remarque que dès qu’il y a démocratie,il y a prétextes, baratins et faux semblants.
    Sinon dire que l’héroïque Thémistocle sera ostracisé (un destin à la Scipion ou à la Hannibal) me semble assez judicieux.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Sinon dire que l’héroïque Thémistocle sera ostracisé (un destin à la Scipion ou à la Hannibal) me semble assez judicieux.

    Oui sauf que si je parle d’ostracisme je dois préciser ce que c’est (une décision du peuple athénien d’exiler quelqu’un d’Attique pendant 10 ans sous prétexte qu’il nuirait à la démocratie… enfin c’est ce qu’ils disent tous mais c’est surtout le meilleur moyen d’éliminer un adversaire politique) et ce fameux Thémistocle ira d’abord en exil à Argos puis…
    en Perse ! Comme quoi, l’ancien vainqueur de Xerxès devient le protégé d’Ataxerxès Ier, roi de Perse et fils de Xerxès !

    Vous comprenez pourquoi je ne peux pas tout dire, car il me faudrait maintenant expliquer pourquoi on l’a ostracisé et je n’en finirai jamais 😉

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Merci Beaucoup Maxsil.
    La victoire des Cités Grecques ne peux que me laisser admirateur quand on voit la démesure de la flotte (et de l’Armée) Perse. Bravo pour ce récit très instructif :D.
    Et je serait très intéressé de connaitre toutes les intrigues qui entoure Thémistocle (par exemple, je ne sais pas ce que signifie ostrocisé )

  • Participant
    Posts1957
    Member since: 12 avril 2012

    Merci Beaucoup Maxsil.

    Et je serait très intéressé de connaitre toutes les intrigues qui entoure Thémistocle (par exemple, je ne sais pas ce que signifie ostrocisé )

    Une procédure visant à protéger la démocratie athénienne:
    Tous les ans, sur des coquillages puis des tessons (ostraka en Grec) l’Ekklesia se réunit pour nommer quelqu’un que l’on soupçonne de vouloir devenir tyran: il est alors banni pour au moins 10 ans. Après le triomphe de Salamine, certains hommes puissants se méfient de Thémistocle. A la prochaine procédure d’ostacisme, ils remettent à des citoyens illettrés des votes où le nom de Thémistocle est déja inscrit! Et donc, il est banni et se réfugie… chez le roi de Perse!

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Pour ce qui est de la vie de Thémistocle je ne pourrai pas tout détailler ici, cependant concernant la procédure d’ostracisme voici ce que je peux vous dire :

    L’ostracisme est une procédure utilisée dans l’Athènes antique au Vème siècle avant notre ère. Elle serait apparue avec les réformes de Clisthène (en 510), mais rien n’est moins sûr, car elle est utilisée pour la première fois au cours des guerres médiques, en 487 sur un descendant de la famille du tyran Pisistrate.
    Le principe est simple : la cité exile pour dix ans un individu dangereux pour la démocratie. Ainsi au cours de la 6ème prytanie (soit à peu près en janvier/février d’une année), l’ecclesia (l’assemblée du peuple) se réunit et vote si oui ou non il y aura une procédure d’ostracisme cette année (aucun nom n’est mentionné, c’est juste si oui ou non on le fait). Et une trentaine de jours plus tard on vote cette fois pour ostraciser quelqu’un. Pour cela, on utilise des débris de céramique (les ostraka, d’où ostracisme) où l’on inscrit le nom de la personne choisie. Si au moins 6000 citoyens sont réunis à l’occasion du vote, celui qui à la majorité est ostracisé et doit faire ses bagages pour dix ans.

    L’ostracisme est donc plutôt novateur pour l’époque :
    1/ l’individu est exilé mais pas sa famille et il conserve ses biens
    2/ ce n’est pas définitif (d’ailleurs dans les situations de crise la cité peut rappeler ses exilés).
    Enfin, tous ne savent pas écrire, aussi une anecdote rapporte qu’un Athénien croisant Thémistocle un jour de vote d’ostracisme lui demande de lui écrire le nom de “Thémistocle” sur son ostraka, car il ne peut plus le supporter. Et le principal intéressé aurait accepté et marqué son propre nom !

    Cependant, cet ostracisme va vite servir les intérêts des principaux personnages de la vie politique, car il est bien pratique pour se débarrasser d’un opposant (on reste donc dans le concept des luttes aristocratiques du siècle précédent). Ainsi Cimon fait ostraciser Thémistocle en 471 pour s’en débarrasser, car Thémistocle juge alors que Sparte est la vraie menace et non plus les Perses, tandis que Cimon est pro-spartiate (la Guerre du Péloponnèse donnera un demi-siècle plus tard raison à Thémistocle).
    L’ostracisme ne sert donc plus qu’à décapiter la faction adverse en exilant son chef. Aussi le paroxysme est finalement atteint en 417/416, lorsque dans une lutte entre deux “factions” politiques c’est un individu totalement inoffensif qui est finalement frappé d’ostracisme (suite à un arrangement de ces deux factions). Cette procédure est alors abandonnée.


    Photo d’une ostraka

    Voilà donc pourquoi Thémistocle sera ostracisé : pour s’être frotté à Cimon ; mais rassurez-vous, ce dernier aussi finira ostracisé à son tour…

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Je dois vous remercier pour ces réponse de qualité. Tout s’éclaircit !
    Ne vous privez pas pour nous conter l’histoire de l’antiquité. Bien que piètre connaisseur, je bois tout vos messages, et j’en apprend de plus en plus, Merci encore !

    Par contre, quelles sont les caractéristique des navires de la flotte Perse coalisée (et donc surement disparate)?

  • Participant
    Posts1004
    Member since: 28 juillet 2012

    Bien que je n’en soit pas certain, étant donné que l’empire perse était essentiellement terrestre, leur flotte a sans doute été construite dans leurs dernieres conquetes en date c’est a dire les cités grecques de turquie (Pergame, Phocée, Milée…) les navires de la flottes Perse sont donc sans doute de type Grec. (je tiens a préciser que je ne m’appui sur aucun document et que ce que j’avance n’est qu’une simple deduction de ma part ainsi désolé si je me trompe)

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    En fait, les Grecs ont beaucoup idéalisé la bataille de Salamine, notamment Eschyle dans sa pièce Les Perses jouée à l’occasion des Grandes Dionysies en 472 (d’ailleurs pour l’anecdote c’est le jeune Périclès qui en a assuré la chorégie, c’est à dire son financement). C’est pourquoi il se garde bien de mentionner que dans la flotte perse il y a aussi des trières d’autres cités grecques conquises par les Perses en Mer Egée à l’occasion de la Première Guerre Médique (je pense notamment à des cités comme Chios, Samos, Lesbos, Thasos ou Naxos qui sont déjà connues pour leur flotte avant la Ligue de Délos et sont alors aux mains des Perses).

    Cependant la flotte perse demeure très disparate : navires phéniciens, égyptiens, grecs, etc. Aussi oui il y a aussi eu des trières en face, mais je doute qu’elles soient la composante de toute l’immense armada perse. Après je n’ai pas lu le récit d’Hérodote à son sujet, donc je ne peux pas vous dire s’il nous offre davantage de précisions.

  • Participant
    Posts1004
    Member since: 28 juillet 2012

    C’est vrai que sur le coup je n’ait pas pensé que l’empire perse englobait la Phénicie, ancienne grande puissance maritime. Est-ce que tu sais de quel style étaient les navires phéniciens ?

  • Participant
    Posts1563
    Member since: 29 juillet 2012

    Ils devaient surement ressembler aux trières grecs. Ils étaient cependant plus gros et possédaient un plus grand équipage. Ceci entrainait une moins bonne maneuvrabilité.

  • Participant
    Posts61
    Member since: 12 avril 2012

    En fait non, les navires perses étaient plus petits que ceux des grecs mais en échange plus rapide et plus maniable. Au combat, ils comptaient sur le fait qu’ils étaient plus nombreux, pour envelopper l’adversaire et l’éperonner sur le flanc. D’où le choix de Salamine pour la bataille de la part grecs, pour réduire à néant cette capacité et la remporter par l’expérience des grecs et leurs vaisseaux plus lourd.
    Pour se qui est des chiffres, les sources divergent légèrement pour les grecs Max a trouvé 330 navires, moi j’ai 275 dont 200 athéniens.

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Pour se qui est des chiffres, les sources divergent légèrement pour les grecs Max a trouvé 330 navires, moi j’ai 275 dont 200 athéniens.

    Je tire ce chiffre de la pièce d’Eschyle : les Perses, quant à toi d’où le tires-tu, car peut être qu’en confrontant les deux sources on pourrait comprendre cette différence de nombre 😉

  • Participant
    Posts61
    Member since: 12 avril 2012

    Je le tire d’un documentaire qui est passé samedi soir sur Arte. http://videos.arte.tv/fr/videos#/tv/coverflow/date/day-2/1/120/

    (Au nom d’Athènes)

    D’ailleurs j’en profite pour faire de la pub au numéro 2 qui passe samedi prochain même heure, et à “histoire du monde” qui passe jeudi sur france 5 à 21h45 !

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Je le tire d’un documentaire qui est passé samedi soir sur Arte. videos.arte.tv/fr/videos#/tv/coverflow/date/day-2/1/120/

    Je l’ai vu et il est très intéressant et dans l’ensemble exact, même si Sparte est trop mise de côté (je regrette mais ne pas mentionner Platées dans la conclusion n’est pas à mes yeux le plus judicieux) et qu’ils se trompent d’année pour la Ligue de Délos : elle est fondée deux ans après Salamine (avec le désistement de Sparte) et non pas un an.

    Sinon ils interprètent par exemple les chiffres avancés par Hérodote pour l’armée perse presque au pied de la lettre en avançant un bon million de soldats, tandis que beaucoup sont ceux à pencher pour entre 140 000 et 300 000 soldats (après il est vrai qu’il peut y avoir encore beaucoup d’hommes attachés à la logistique). Enfin bon tout ça pour dire que je préfère sur le coup me fier à Eschyle.

  • Participant
    Posts61
    Member since: 12 avril 2012

    Tout à fait, mais il n’est pas interdit de penser qu’il puisse avoir ne serait ce que partiellement raison sur le chiffre des navires (la réalité est surement entre les deux).

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Tout à fait, mais il n’est pas interdit de penser qu’il puisse avoir ne serait ce que partiellement raison sur le chiffre des navires (la réalité est surement entre les deux).

    Pour les chiffres perses, on peut imaginer une surestimation pour glorifier la flotte grecque (d’ailleurs certains avancent “seulement” 600 navires soit deux fois moins que les chiffres d’Eschyle), mais pour ce qui est des 330 trières grecques je vois mal les Athéniens mentir, d’autres cités l’auraient surement souligner. Après on s’engage en terrain glissant : commenter les informations livrées par une source n’est pas une mince affaire et elle me dépasse.

  • Participant
    Posts2063
    Member since: 13 avril 2012

    merci pour ce dossier il m’a permit d’en savoir un peu plus sur cette période qui m’est relativement inconnu.

  • Participant
    Posts414
    Member since: 12 avril 2012

    Excellent dossier comme à son habitude, la qualité d’écriture et la manière explicative de Maxsillv sont d’une grande richesse. J’ai beaucoup appris sur cette bataille.

    Sinon histoire de re up le sujet comment définiriez – vous la bataille de Salamine ?

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Sinon histoire de re up le sujet comment définiriez – vous la bataille de Salamine ?

    Si je devais définir en quelques mots la bataille de Salamine, je dirais que c’est le premier affrontement naval bien documenté de l’Histoire, la bataille qui propulse Athènes au premier rang des cités grecques et le tournant des Guerres Médiques !

  • Participant
    Posts444
    Member since: 31 janvier 2013

    Tout d’abord merci pour ce dossier intéressant, et qui accroche facilement de par l’écriture!

    je tiens a rapporter un petit événement, qui n’a pas d’importance dans le déroulement de la bataille, mais qui est assez rare pour être noté:
    C’est en effet un sacrifice humain qui a lieu avant cette bataille, ceci est très rare dans la Grèce antique, ou même en Europe antique,( impossible de battre les mayas me direz vous :)), en effet le général de l’armée Grecque va, au lieu de sacrifier des animaux comme il est coutume dans les batailles de l’époque, préférer sacrifier des prisonniers Perses au nombre de trois. Peut être ne pensait-il pas suffisant de sacrifier de simples animaux face a l’extrême danger de la bataille a venir!

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