Post has published by Vinmole

Ce sujet a 27 réponses, 13 participants et a été mis à jour par  Ragnar Tyrsson, il y a 3 ans et 7 mois.

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    Contexte

    En 219 avant J.-C., Hannibal, jugeant sa préparation suffisante, décide de lancer les hostilités en assiégeant la ville de Sagonte qui est soumise après huit mois d’un siège sanglant. C’est le début de la deuxième guerre punique. Hannibal poursuit son chemin vers le Nord et entre en Gaule en évitant la Catalogne. Il progresse ensuite sans encombres jusqu’au Rhône qu’il parvient à franchir en septembre 218 avant que les romains ne soient en mesure de l’en empêcher. Il franchit ensuite les Alpes avec son armée et atteint le Nord de l’Italie où plusieurs victoires1 contre les romains lui permettent de se rallier les Gaulois. Suite à ces victoires, les Carthaginois se reposent à Bologne qu’ils quittent en mars 217 en direction du Sud. Ils traversent l’Étrurie (actuelle Toscane) où ils écrasent à Trasimène2 deux légions conduites par le consul Flaminius. Hannibal marche ensuite vers Capoue en longeant la côte adriatique, contournant ainsi Rome. Pour reprendre le contrôle de la situation, les romains nomment, en juillet 217, un dictateur, Quintus Fabius Maximus Verrucosus, plus communément appelé Fabius. Ce dernier, comprenant qu’Hannibal lui est supérieur comme tacticien choisit d’adopter une stratégie de temporisation en refusant la bataille rangée. Il y gagnera d’ailleurs le surnom de Cunctator, c’est à dire le temporisateur. En août, Hannibal pille l’Apulie, le Samnium, la Campanie, Fabius toujours sur ses talons. Mais dès mars 216 de nouvelles élections portent au pouvoir deux consuls, Lucius Aemilius Paulus (ou Paul Emile) et Caius Terentius Varro (Varron), partisans de l’offensive. Une nouvelle armée est alors levée et prend la direction de Cannes où des entrepôts de blés destinés aux armées romaines viennent d’être pillés par les forces carthaginoises. Sur place, les forces romaines installent deux camps et conservent leurs bases à Canosa et Venouse.

    Forces en présence

    Les effectifs de l’armée romaine

    Pour faire face à Hannibal, Rome lève 8 légions (Polybe, Histoire, 107, 9-12 et Tite-Live, Histoire de Rome, XII, 36, 3). Si d’ordinaire une légion compte environ 4000 fantassins et 200 cavaliers, lorsque les circonstances l’exigent, ce nombre peut porté à 5000 fantassins et 300 cavaliers. Soit un total de 40 000 fantassins et 2400 cavaliers. A cela s’ajoutent les troupes auxiliaires levées par les alliées de Rome. Polybe nous apprend que, traditionnellement, les auxiliaires fournissent un nombre égal de fantassins et le triple en cavalerie (Polybe, Histoire, III, 117, 12). Toutefois, pour la bataille de Cannes, les alliées ne parviennent à réunir que le double de cavaliers, soit 4 800 (Tite-Live, Histoire de Rome, XXII, 36, 3).
    Les troupes romaines s’élèvent donc à 80 000 fantassins et 7 200 cavaliers (selon Tite-Live). Polybe ne parle lui que de 6000 cavaliers répartis entre 2400 cavaliers romains et 3600 cavaliers auxiliaires (Polybe Histoire, III, 113, 5).

    Les effectifs carthaginois

    L’armée menée par Hannibal est loin de ne compter dans ses rangs que des troupes d’origine carthaginoises. En effet, Hannibal s’appuie largement sur le mercenariat, gaulois notamment. Selon Polybe, l’armée d’Hannibal aurait comptée 40 000 fantassins, gaulois compris, et 10 000 cavaliers (Polybe, Histoires, III, 114, 5). L’on peut tenter de déterminer la part de troupes gauloises au sein de l’armée carthaginoise. A son arrivée dans les plaines du Pô, Polybe écrit que l’armée d’Hannibal compte 12 000 africains, 8000 ibériques et 6000 cavaliers, soit 26 000 carthaginois (si l’on considère les ibères comme étant carthaginois). Cela signifie que sur les 50 000 hommes que compte l’armée d’Hannbal à la veille de la bataille de Cannes, 24 000 sont gaulois. Il faut cependant nuancer ce décompte puisqu’entre les plaines du Pô et Cannes, l’armée carthaginoise a forcément subie des pertes (ce qui tendrait donc à accroître encore le nombre de mercenaires gaulois engagés par Hannibal).

    Avant la bataille

    L’armée romaine occupe deux camps, de part et d’autre du fleuve Aufide (actuel Ofanto). Le campement le plus important est situé sur la rive gauche du fleuve tandis qu’un camp secondaire occupe la rive droite. L’armée carthaginoise de son côté, occupe initialement une position non loin du promontoire de la ville de Cannes, sur la rive droite mais, à l’approche des troupes romaines, Hannibal choisit de déplacer le campement sur la rive gauche qu’il juge plus propice à l’affrontement (Polybe, Histoire, III, 111, 11). Le jour suivant (le 31 juillet selon le calendrier romain) Hannibal ordonne à ses troupe de prendre du repos et de se tenir prêtes. Le lendemain, il déploie ses troupes sur la rive gauche du fleuve et défie l’armée romaine. Le consul Paul Emile qui dirige en ce jour (les deux consuls dirigent l’armée à tour de rôle, jour après jour) refuse l’affrontement et préfère attendre que les vivres de son adversaires s’épuisent. Voyant que les troupes romaines ne bougent pas, Hannibal ordonne à ses hommes regagner leur campement et lance sa cavalerie numide pour harceler les soldats charger du ravitaillement en eau.
    Le lendemain, le 2 août, le commandement revient à Varron qui décide, contre l’avis de Paul Emile, de mener l’assaut. Dès le lever du soleil, il fait passer ses troupes sur la rive droite de l’Aufide qu’il juge moins praticable pour la cavalerie adverse. Il laisse derrière lui 10 000 hommes pour défendre le campement (Polybe, Histoire, III, 117).
    Le soleil frappait de côté mais un fort vent soufflait en direction des romains, soulevant la poussière du sol (Frontin, Stratagèmes, II, 2, 7).

    L’ordonnancement des troupes sur le champ de bataille

    Les troupes romaines

    Les troupes romaines sont placées selon leur habitude. La cavalerie romaine, dirigée par Paul Emile, occupe l’aile droite tandis que la cavalerie auxiliaire, menée par Varron, tient l’aile gauche. Au centre les légionnaires romains, flanqués de part et d’autres par l’infanterie alliées est répartie selon l’ordre traditionnel. Les vélites en tête, puis les hastats, les principes et enfin les triaires (les vélites constituent une infanterie légère destinée à harceler l’adversaire de ses traits avant que ne se fasse le choc d’infanterie. Hastats, principes et triaires constituent une infanterie lourde. Les premiers sont les plus jeunes tandis que les derniers sont considérés comme des vétérans).

    Les troupes carthaginoises

    C’est sur l’ordonnancement de ses troupes que repose toute la stratégie d’Hannibal. Polybe nous le décrit avec précision (Polybe, Histoires, III, 113, 6-9). Voici restitué cette organisation, de gauche à droite.
    Sur l’aile gauche se place la cavalerie lourde, composée de gaulois et d’ibères (soit environ 6500 cavaliers). Dirigée par Hasdrubal, elle fait directement face à la cavalerie romaine (2400 hommes). Vient ensuite une partie de l’infanterie africaine, soit les troupes d’élites de l’armée carthaginoise. Le centre est composé des fantassins gaulois et ibères qui sont flanqués sur leur droite par le reste de l’infanterie africaine. L’aile droite est occupée par la cavalerie numide (3500 hommes) qui fait donc face à la cavalerie auxiliaire de l’armée romaine (3600 hommes). Cette aile est dirigée par Hannon.
    En avant de ses troupes, Hannibal dispose un écran de frondeurs Baléares et d’infanterie légère.
    Hannibal, est c’est là son génie, décide d’avancer son centre afin que son front présente une forme convexe. Lui même, ainsi que son frère Magon dirigent personnellement les troupes africaines.
    Le fait qu’Hannibal ait choisit d’étirer ses lignes de manière à présenter un front plus étendu que celui des romains marque sa volonté de mener une bataille d’encerclement et d’anéantissement.

    Le déroulement de la bataille

    Le mouvement de l’infanterie romaine et le premier choc

    Le combat s’ouvre sur une première escarmouche entre les troupes légères, sans que l’un des deux camps ne parviennent à prendre un avantage décisif sur l’autre. Puis les fantassins romains s’avancent sur le champ de bataille jusqu’à entrer en contact avec l’infanterie gauloise et ibère située en avant et au centre de la formation carthaginoise. La supériorité numériques de troupes romaines leur permet d’enfoncer le centre d’Hannibal qui est contraint de battre en retraite petit à petit jusqu’à se retrouver en retrait des troupes africaines qui les flanquent. De cette manière, Hannibal parvient à préserver la vie de ses troupes d’élite, au détriments des mercenaires gaulois essentiellement.

    La souricière carthaginoise

    Tandis que le centre de la formation d’Hannibal est enfoncée, l’intégralité de l’infanterie romaine se rue dans la brèche ainsi formée afin de couper l’armée carthaginoise en deux. Les légionnaire se retrouvent donc massé au centre du champ de bataille, entre les deux ailes de l’armée carthaginoise qui, soudainement, se referment sur les troupes de Rome, les prenant ainsi en tenaille.

    Les mouvement de la cavalerie

    Dès le début du combat, la cavalerie lourde gauloise et ibère charge le long du fleuve pour assaillir la cavalerie romaine qui lui fait face. En surnombre, les carthaginois ne tardent pas à écraser la cavalerie romaine. Paul Emile parvient cependant à rejoindre l’infanterie romaine pour poursuivre le combat. Manœuvre similaire sur le flanc droit, la cavalerie légère numide attaque la cavalerie auxiliaire romaine. Elle est rapidement rejointe par la cavalerie gauloise et ibère qui, une fois les cavaliers romains mis en déroute, traverse le champ de bataille en passant derrière les forces romaines pour venir appuyer les numides. Ceux ci prennent alors en chasse la cavalerie auxiliaire qui prend la fuite avec Varron.
    Libre de ses mouvement, la cavalerie lourde carthaginoise lance alors des charges répétées sur l’arrière des troupes romaines engagées au combats, complétant ainsi la manœuvre d’encerclement prévue par Hannibal. Le consul Paul Emile trouve la mort au milieu des fantassins romains qui, encerclés, se font massacrer.

    Le bilan de la bataille

    Les pertes carthaginoises

    A en croire Polybe, « Hannibal perdit dans cette action environ quatre mille gaulois, quize cent espagnols et africains, et deux cent chevaux. » Soit environ 5500 hommes. Le fait que les gaulois aient subi les pertes les plus lourdes s’explique aisément par le fait qu’elles occupaient le centre du terrain, où s’est produit le premier choc. Il semble évident que cela faisait pleinement parti du plan d’Hannibal qui, de cette manière, ménage la vie des ses meilleurs troupes.

    Les pertes romaines

    Elles sont particulièrement lourdes. Outres les morts, 70 000 hommes selon Polybe, il est fait état d’un grand nombre de prisonniers dont les 10 000 hommes chargés de garder le campement romain. A cela il faut ajouter les 2000 cavaliers qui, ayant pris la fuite, furent fait prisonniers après la bataille par la cavalerie numide lancée à leur poursuite.
    Parviennent toutefois à s’enfuir dans la campagne avoisinante 70 cavaliers, dont Varron, qui rejoignent la ville de Vénuse, 300 hommes de la cavalerie auxiliaire s’en tirent également.
    A noter que Tite-Live donne une estimation différente de celle avancée par Polybe. Il fait mention d’environ 48 000 morts dont 45 000 fantassins ce qui semble plus crédible.
    Il faut également souligner que parmi les morts, on compte de nombreux membres de l’aristocratie romaine. On a déjà mentionné le consul Paul Émile, Tite-Live cite également deux questeurs, vingt et un tribuns, d’anciens consuls, d’anciens prêteurs, d’anciens édiles, quatre vingt sénateurs ou magistrats curules ayant le droit de faire partie du Sénat (Tite-Live, Histoire de Rome, XXII, XLIX).

    Conséquences stratégiques immédiates

    Après la défaite de la grande armée romaine, Hannibal est, ainsi que l’écrit Polybe, « maître de presque toute cette partie de l’Italie qu’on appelle l’ancienne et la grande Grèce. » La grande Grèce correspond à la partie Sud de l’Italie qui, avec la bataille de Cannes, passe sous le contrôle d’Hannibal. En effet, Tarente, puis les Argyripains et des peuples de la Campanie se rendent à Hannibal. Capoue (deuxième cité d’Italie, après Rome) ouvre également ses portes à l’envahisseur et Hannibal décide d’y établir ses quartiers d’hiver et d’y attendre des renforts. A ce propos, si de nombreuses citées se rallient à Hannibal elles ne participent pas pour autant à l’effort de guerre carthaginois.
    Tout le Sud de l’Italie est donc aux mains des carthaginois.
    Toutefois, Rome conserve de nombreux alliés, notamment dans les provinces du Latium, de l’Ombrie et de l’Etrurie. Les villes de Cumes et Naples, entre autres, demeurent fidèles à Rome. En outre, Rome est domine toujours l’espace maritime ce qui empêche Hannibal de recevoir des renforts de Carthage.

    Hannibal libre de marcher sur Rome ?

    Une fois l’armée romaine écrasée, rien ne semble plus empêcher Hannibal de marcher sur Rome avec son armée. C’est pourquoi Polybe écrit que « Les romains ne crurent pas seulement avoir perdu sans ressources l’empire d’Italie, ils tremblaient pour eux mêmes et pour leur patrie, dans la pensée qu’Hannibal viendrait incessamment à Rome. »
    Selon Tite-Live (Histoire de Rome, livre XXII, LI) Maharbal, le commandant de la cavalerie, pousse Hannibal à marcher dès à présent vers Rome sans défense. Hannibal rejette cette proposition ce qui fait dire à Maharbal (selon Tite-Live toujours, « Tu sais vaincre Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire ». Et Tite-Live d’ajouter, « c’est l’opinion commune, que ce retard d’un jour sauva Rome et son empire. »
    Il faut toutefois nuancer ces propos. En effet, le lieu de la bataille et Rome sont séparés d’environ 400 km ce qui représente une quinzaine de jour de marche (à raison de 26,6 km/jour). A cela il faut ajouter que Rome dispose encore de solide défense (le mur servien) et de suffisamment d’hommes pour les garnir. En outre, Hannibal n’a pas d’armes de siège. Enfin, la stratégie d’Hannibal, semble-t-il, ne prévoyait pas d’attaquer Rome directement mais plutôt de saper son influence auprès de ses alliés.

    Conclusion

    La bataille de Cannes a été un véritable désastre pour Rome. En effet, d’une part les pertes ont été considérables aussi bien dans les rangs de la plèbe que dans ceux de la haute aristocratie ce qui affaiblit considérablement la cité. D’autre part, cette éclatante victoire assoit définitivement la supériorité d’Hannibal en tant que stratège et force les romains à adopter une nouvelle stratégie impliquant d’éviter systématiquement la bataille rangée avec le général carthaginois. D’autre part, les conséquences au niveau stratégiques sont lourdes. La bataille de Cannes laisse Hannibal maître de toute la partie Sud de la péninsule italienne, libre de marcher sur Rome et, pire encore, marque une cassure dans le réseau d’alliance romain. Toutefois, Hannibal va se conformer à son plan et éviter Rome afin de se consacrer à la réduction des derniers alliés romains dans le Sud de l’Italie.
    La situation de Rome n’est cependant pas aussi sombre que ce que laisse paraître Polybe. En effet, Rome contrôle toujours l’espace maritime et les frères Scipion rencontrent, à la même période, un certain succès en Hispanie. La guerre en Italie va prendre l’aspect d’une guerre de position dans laquelle les forces romaines vont tenter de lentement reconquérir le terrain perdu tandis que de vastes opérations sont engagés en dehors d’Italie, en Sicile et en Hispanie essentiellement.
    Hannibal est finalement rappelé à Carthage en 203 pour y défendre la cité menacée par les forces de Scipion. Ce dernier va d’ailleurs défaire Hannibal au cours de la bataille de Zama (octobre 202) où il va employer la tactique mise au point par Hannibal lors de la bataille de Cannes (mouvement des ailes). Cette stratégie va d’ailleurs faire date puisqu’elle sera employée dans de très nombreux affrontement et notamment par l’Allemagne au début de la Première Guerre Mondiale (plan Schlieffen).

    Bibliographie

    Sources :

    Polybe, Histoires, Livre III
    Tite-Live, Histoire de Rome, Livre XXII

    Ouvrages spécialisés :

    HOYOS Dexter, A Companion to the Punic Wars, éd. Wiley-Blackwell,
    LAZENBY J.F., Hannibal’s War, éd. Aris & Phillips Ltd, Warminster, 1978
    LE BOHEC Yann, Histoire militaire des guerres puniques, éd du Rocher, Monaco, 1996
    MOATTI Claudia, Les Guerres puniques, éd.Gallimard, Paris, 2008

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Bien, je n’ai pas encore pu le lire en entier et je me suis contenté de le parcourir brièvement, mais ce dossier a l’air très intéressant. Cependant, n’oublie pas de préciser à la fin tes sources et essaie aussi d’agrandir la taille des images, sinon c’est parfait.

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Alors effectivement, je me suis rendu compte en allant me coucher que j’avais complètement oublié de mettre ma bibliographie ! Une erreur que j’essaierai de corriger dans la soirée. J’en profiterai pour apporter correction à l’une ou l’autre coquilles qui subsistent.
    Concernant les images j’aimerai bien que tu me guides un peu. J’ai vu qu’il y avait un champ pour indiquer la taille de l’image. Dois je y mettre la taille réelle ou y a t il une taille maximale ?

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Salut, sois sur qu’après avoir répondu, je lirait ton dossier qui me semble prometteur.
    Pour la taille, le chiffre correspond à la largeur en pixel. Elle doit simplement être inférieure ou égale à la taille réelle (ou quand l’image est trop grande, la largeur d’une page, soit 1024 pixel, mais utilise plutôt 800 pixel).
    En espérant avoir été assez exhaustif 😉

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Voilà, j’ai fait un brin de mise en page par contre j’avoue être un peu perdu niveau image.

    Dans le champ taille j’ai simplement mis 800 comme tu me l’as conseillé, puis l’adresse de l’hébergeur dans le champs suivant mais rien n’a changé. Un coup de pouce ?

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    Avis de modération :

    Je me suis permis d’aller tripatouiller dans ton dossier pour comprendre pourquoi les images ne s’affichaient pas convenablement (ne t’en fait pas, je n’ai en rien modifié le contenu) et j’ai constaté deux erreurs :
    1/ tu avais superposé l’affichage d’un lien avec l’affichage d’une image ce qui donnait un truc totalement bugé. La balise pour mettre une image c’est juste (img size=800)url_image(/img) (en remplaçant bien sûr les parenthèses par des crochets).
    2/ ensuite j’ai remarqué que tu n’avais pas mis l’URL de l’image, mais le lien vers l’affichage de l’image dans l’hébergeur. En fait, pour obtenir le lien vers l’image seule, il faut faire sur la page en question un clic droit sur cette image et faire “copier l’URL de l’image”. Ensuite, il ne te reste plus qu’à faire un petit ctrl+v dans le message sur le forum, tu valides et le tour est joué.

    Voilà, en espérant que ça t’a aidé à comprendre ce qui n’allait pas 😉

    Pour la modération,
    maxsilv

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Ah ben en plus tu l’as fait ! Merci beaucoup. Je pense avoir compris tes explications, et j’en ai profité pour modifier une des images ou la légende apparaisait à l’envers.

    Merci encore !

    Maintenant que tout cela est réglé, je suis entièrement ouvert aux remarques sur le fond du sujet ! 😉

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    J’ai entendu parler de renfort caché sur les Ailes. Si j’ai bien compris, les ailes étaient juste dissimulées par la poussière. C’était anticipé?

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    La poussière n’a pas joué de rôle décisif au cours de la bataille. Disons simplement qu’il s’agit d’un facteur qui a pu contribuer à l’inconfort des troupes romaines. D’après certains auteurs, les troupes légères placées en avant de la formation carthaginoises auraient pu masquer le dispositif d’Hannibal.
    Mais la cause principale de la défaite réside dans le fait que la grande majorité de l’infanterie romaine s’est engouffrée dans la brèche qu’elle pensait avoir ouvert au centre, permettant ainsi aux ailes carthaginoises de se refermer. Le mouvement était bien prémédité.

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Que la formation concave (ou convexe?) ais joué un rôle et était prémédité ne fait aucun doute. C’est surtout cette histoire de bataillon caché qui me chiffonne.

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Je n’ai pas trouvé mention de troupes dissimulées de mon côté. Tu te rappelle de l’endroit où tu as vu/lu quelque chose à ve sujet ?

  • Participant
    Posts2629
    Member since: 6 février 2013

    Bravo pour ce sujet, il est très intéressant, sur le point de vue tactique, stratégique, et historique.
    Continues comme cela.

  • Participant
    Posts3524
    Member since: 12 avril 2012

    Je n’ai pas trouvé mention de troupes dissimulées de mon côté. Tu te rappelle de l’endroit où tu as vu/lu quelque chose à ve sujet ?

    Ça date un max :whistle:.
    Mais c’était dans le docu-fiction Hannibal le plus grand ennemi de Rome

  • Participant
    Posts21
    Member since: 19 juin 2013

    Super totaldead trés intéressant j’ai appris plein de chose, de plus c’est une de mes batailles préférées!!! Bravo Carthage!! je n’arrive cependant pas a comprendre pourquoi il n’a pas attaqué Rome??? :dry:

  • Participant
    Posts2629
    Member since: 6 février 2013

    Goth, ce n’est pas mon sujet. 😆

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    je n’arrive cependant pas a comprendre pourquoi il n’a pas attaqué Rome???

    Avec le recul son action est difficilement explicable, mais il faut comprendre que Carthage et Rome n’avaient pas la même façon d’envisager la guerre. Hannibal s’attendait sûrement à ce que Rome négocie la paix, mais l’Urbs a préféré se relever et infliger une sévère contre-attaque à Carthage. Bref, c’est avant tout parce que les deux belligérants n’avaient pas la même conception de l’art de la guerre que Rome a su reprendre le dessus.

    Ce sujet s’est justement intéressé à cette différence fondamentale dans la compréhension de cette décision qui aujourd’hui nous surprend. 😉

  • Participant
    Posts578
    Member since: 20 octobre 2013

    Hannibal avait pour objectif de battre rome et de forcer les alliés fideles aux romains a l’abandonner, il echoua parce que Carthage avait une politique plus dure que celle de rome avec ses alliés et les prennaient de haut dans leurs diplomatie, comme ce fut le cas en espagne, et leur religion n’etait guerre attrayante, l’immolation par le feu, voila en partie des problemes de son echec et que son armée n’avait pas de machines pour assieger Rome, de plus, la logistique sufisante et les renforts furent plus que limité par Carthage qui mit en echec sa campagne ainsi que le renouvellement successif et tres important des armées romaines.

    d’un doc tv… concernant la bataille de Cannes, les romains furent surpris de voir Hannibal etendre son front de bataille au dela de la limite normale et attaquer la ligne romaine, malgre le rapport de forces nettement defavorable, ils crurent alors la bataille gagner et engagerent leur reserve sur cette partie du champ de bataille, ce qu’escomptait Hannibal, mal leur en prit, car alors entouré frontalement d’une aile a l’autre par l’etendu plus grande de la ligne carthaginoise lors de leurs avance, recevant l’infanterie lourde d’elite sur une partie arriere de chaque aile, puis la cavalerie carthaginoise dans leur dos pour complete l’encerclement apres avoir battu la cavalerie adverse, ils n’eurent plus qu’a combattre pour sauver leurs vie dans cette situation desesperé, ou peu de soldats echapperent a la mort.

    apres cette bataille, on reprocha a Hannibal de n’avoir pas su vaincre en ne prennant pas Rome, mais en verité, il n’avait pas les machines de sieges pour cela, et qu’un siege durent longtemps, devant une Rome bien fortifié, au risque de recevoir de nouveaux renforts romains entretemps qui aurait fait echouer probablement la campagne, d’ou son refus.

    edit:
    ce dic tv etait dirigé par feu le general schwarkorf pour montrer la strategie qu’il avait employé a la guerre du golfe en s’aidant de la strategie d’Hannibal.

  • Participant
    Posts414
    Member since: 12 avril 2012

    L’un des facteurs privant Carthage de la victoire totale contre Rome après Cannes, est bien la ville de Capoue situé au Sud-est de Rome. La ville de la déchéance,des excès et autres. Les historiens donnent un nom à cet événement : “délices de Capoue”.

    En effet Hannibal après sa victoire écrasante contre Rome qui je le rappelle à ce moment-là Rome ne possède plus aucuns consuls ni proconsuls ni Légion (en Italie bien sûr, mais les flottes et garnisons romaines sont toujours là), tous morts lors de la bataille de cannes, prend ces quartiers d’hiver à Cannes. Sexe, argent ou plutôt de l’or, alcool, tout était à volonté, Hannibal n’as fait que retarder ce qui l’aurais du faire après Cannes.

    Le personnage en chef de Capoue accueillis les bras ouverts Carthage, mais son fils ne le voyait pas d’un bon oeil, fidèle aux Romains il a voulu lors d’un Banquet empoisonné les Carthaginois, il prend la fuite il me semble et se réfugie chez les Romains.

    Pourquoi prendre ces quartiers d’hiver à Capoue , pour la simple et bonne raison, la cité est riche en ravitaillement pour son armée. Le plan d’Hannibal était très simple, faute du manque d’engin de siège, après la grande victoire à Cannes, quelques cités commencées à rejoindre le camp carthaginois.

    Hannibal attendait la désintégration totale de la confédération italienne et de nouvelles alliances, dans le but de diminuer la suprématie des Romains sur mer, afin de recevoir les renforts de Carthage et avancer sur Rome.

    Comme l’as mentionné Poma.marc, Carthage ne portait pas vraiment dans son coeur Hannibal, et de peur de perdre sa flotte renonce d’envoyer les renforts tant attendus par Hannibal.

    Par contre un point à éclaircir, niveau diplomatie, Hannibal a bien géré la situation, car partout ou il passait, les peuples le suivaient, il leur promettait la liberté en échange de leurs armes afin de battre Rome, il leurs promettait de les libérer du joug Romain.

    Pour finir après la bataille de Zama, Capoue fut reprise par les Romains, et leurs terres furent confisquées à cause de leur traitrise. Le reproche fait à Hannibal de « s’être endormi dans les délices de Capoue » a abouti à un proverbe : « perdre un temps précieux, qui pourrait être avantageusement employé, et/ou s’amollir dans la facilité au lieu de se préparer à la lutte »

  • Participant
    Posts37
    Member since: 16 avril 2012

    Moi j’ai une question plus “tactique” de la bataille qui me taraude…
    A l’époque, les romains se déployaient sous la forme de “triplex acies”, hastasti devant, principes juste derrière et enfin les triarii. Les romains n’utilisaient la troisième ligne que si la situation étaient désespérés pour faire une dernière contre-attaque ou couvrir une retraite. A la bataille de Cannes, les romains se sentaient plutôt victorieux, ils n’avaient aucune raison d’utiliser la troisième ligne. Mais alors comment se fait-il que les charges de la cavalerie carthaginoises dans le dos des romains n’aient pas été absorbé par les triarii ?

  • Participant
    Posts2179
    Member since: 16 avril 2012

    C’est vraiment bizarre de poser cette question concernant les romains et pas sur une bataille hellénistique ou la cavalerie devait charger une phalange certes engagée mais pas complétement…

    Pour essayer de répondre, les latins s’étaient bien avancés. Trop même. A tel point qu’ils n’avaient plus que la place pour mourir. Donc les bataillons devaient être compressés sans possibilité de manœuvrer voir même de bouger. Dans ce cas, impossible de se retourner. Les Carthaginois n’avaient plus qu’à s’en donner à cœur joie.

  • Participant
    Posts263
    Member since: 14 février 2013

    Je rejoins Solduros. Précisions en outre que, les troupes romaines occupant le centre du dispositif de bataille (les ailes étant tenues par les auxiliaires) elles se sont d’autant plus facilement engouffrées dans la “brèche” du centre.

  • Participant
    Posts2179
    Member since: 16 avril 2012

    Relance du sujet. Est-ce que vous croyez que la bataille de Cannes ou son plan trouve son origine dans la bataille de Tunis en 255 avant J.-C. ? Les deux chocs se ressemblent dans leur physionomie au départ. Une infanterie romaine supérieure mais mal couverte par sa cavalerie et exactement l’inverse pour Carthage. Rajoutons des éléphants et une parité concernant le nombre de soldats !

    Dans les deux cas, les cavaliers carthaginois l’emportèrent sur leurs homologues latins et ils purent se rabattre sur les flancs romains. Le massacre qui s’en suivit fut comparable à Cannes en terme de pourcentage. Hannibal n’était pas présent (il n’était même pas né 😛 ) mais il a sûrement appris le déroulement de cette bataille lors de ses années d’apprentissage. Qu’en pensez-vous ?

  • Participant
    Posts5796
    Member since: 12 avril 2012

    @Solduros_390, sachant combien Hannibal ne portait pas Rome dans son cœur, il est effectivement fort probable qu’il ait pris bonne note des batailles survenues lors de la précédente guerre punique.

  • Participant
    Posts256
    Member since: 21 octobre 2014

    Les guerres puniques font partis des guerres les plus passionnantes à étudier je trouve, et ce dossier est tout simplement excellent 😉

  • Modérateur
    Posts1944
    Member since: 20 juillet 2013

    @Solduros :

    Est-ce que vous croyez que la bataille de Cannes ou son plan trouve son origine dans la bataille de Tunis en 255 avant J.-C. ?

    Je ne crois pas. Hannibal connaissait évidemment ses classiques mais Cannes exprime l’apothéose de sa propre marque de fabrique, qui est de manipuler l’adversaire en jouant sur son impétuosité pour l’amener dans la nasse qu’il lui a préparée.

    A la Trébie, il envoie des cavaliers narguer les Romains qui sortent aussitôt en désordre ;
    au lac Trasimène, il “aspire” les Romains dans une embuscade à grande échelle en leur faisant poursuivre une troupe commise à cet effet et qu’ils pensent être l’arrière-garde carthaginoise ;
    et à Cannes, il attire les Romains vers son centre qu’il a ostensiblement avancé.

    C’est spectaculaire, mais cela ne marche qu’avec un ennemi toujours prêt à foncer comme un rhinocéros. Avec des Romains devenus prudents, cela ne pouvait plus réussir et la guerre s’enlisa.

    .

    A l'inverse du généraliste, le spécialiste est celui qui en sait toujours plus sur un sujet de plus en plus restreint. Le spécialiste parfait est donc celui qui sait absolument tout sur absolument rien.

  • Participant
    Posts256
    Member since: 21 octobre 2014

    C’est sur qu’il connaissait le déroulement de cette bataille ; il a beaucoup étudié l’Histoire Militaire (dont Alexandre le Grand). Mais comme dit Kymiou, la bataille de Cannes est sa marque de fabrique.
    En fait je pense que les Romains auraient pu éviter les humiliations de la Trébie, du lac Trasimène et de Cannes s’ils n’avaient pas été autant impétueux. Mais malheuresement pour eux, Hannibal connaissaient sur le bout des doigts le système politique romain, ce qui lui a permit d’en tirer profit, de vaincre ses ennemis, et a fortiori, de graver son nom dans l’Histoire.

  • Participant
    Posts932
    Member since: 20 décembre 2014

    Si l’on en etudie les principes mis en œuvre…

    S’attaquer a la strategie romaine et appat:
    Hannibal c’est davantage attaqué a la strategie romaine manquant de souplesse, et attaque impétueusement pour rechercher la decision, exploitant cette faiblesse, il leur a montré ce qu’il voulait qu’ils voient, une armée 2 fois moins nombreuse, plus etendu que le front ennemi ( pour lui preparer le piege englobant aussi ses flancs dans le recul calculé et maitrisé ) courant apparement a sa perte, en lançant l’attaque la 1ere, cela decida les romains a l’attaque.

    L’infanterie lourde d’elite africaine etant caché, le piege se preparait.

    Le piege et perte d’initiative:
    Dupés, les romains, certains de leur victoire grace au principe de la masse et qu’Hannibal a bien voulu leur montrer, prirent la mauvaise decision d’envoyer aussi leur reserve pour vaincre totalement, et tout fut perdu.

    Ainsi l’initiative passa entièrement dans le camp d’Hannibal, plus rien desormais ne pouvait s’opposer a son plan en s’attaquant d’abord a la strategie romaine plus qu’a ses soldats.
    C’est pourquoi il est important de prendre la bonne decision.
    Influencer par ceux qu’ils avaient vu, tout leur faisait croire a la perte des Carthaginois et voulurent consommer leur défaite par l’envoie des reserves.

    le front Carthaginois plus etendu volontairement engloba completement dans son recul calculé et maitrisé les flancs romains désormais contenu, l’appat avait fonctionné.

    La maitrise du temps et la “massue”:

    L’infanterie lourde africaine d’elite, caché sur les flancs, tomba sur une partie arriere des romains quand le front recula a sa hauteur ne ce dévoilant qu’a ce moment, completa en partie ce piege pour mieux les contenir pendant que la “massue” destiné a refermer totalement le piege derriere les romains par la cavalerie d’Hasdrubal 2 fois plus nombreuse a rapidement mis en deroute son adversaire et celle face aux numides, cavalerie d’elite legere dont son role est juste de contenir l’ennemi.

    Les romains contenu de face, la cavalerie liberée et prete a refermer le piege dans un temps relativement cours prévu par Hannibal, tomba sur l’arriere de l’armée romaine qui n’eut plus d’autre choix que de sauver leur vie…inutilement.

    Compressés de toute part, les romains ne purent combattrent normalement et moururent par milliers.

    Le choc fut supporté principalement par les gaulois et ibères, alliés peu sur, Hannibal préservant ainsi son armée, comme a chaque bataille.
    Ainsi, les elements douteux etait d’abord éliminés.

    Le plus grand general de l’antiquité avait vaincu des forces double des siennes, Rome fut a portée de main, mais faute de machines de siege il refusa de marcher sur elle et fut finalement vaincu à Zama en 202 av JC.
    Rome, refusant sa defaite.

    Ce chef d’œuvre sera etudier au 20e siecle, dont Schilieffen s’en inspira et aussi au cours de la seconde guerre mondiale.

  • Participant
    Posts235
    Member since: 25 janvier 2015

    Cannes est l’une des, si ce n’est LA plus belle bataille de l’histoire, et tu l’a bien raconté. Beau dossier !

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